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samedi 14 octobre 2017

Réparer les injustices

Il n'y en a que pour eux.
                           On ne parle que des pauvres et des précaires.
     Mais les riches, surtout les ultra-riches, bien qu'en hausse constante, subissent un sort injuste.
  Accablés de taxes diverses, on ne dira jamais leurs terribles souffrances.
        Ils méritent d'être aidés.
.   Taxer les riches, c'est tuer la poule aux oeufs d'or.
 Il faut encore favoriser la  montée des toujours plus fortunés.
        Ce sont les pauvres qui devraient se sentir culpables ainsi que les envieux, les fainéants de tous ordres. qui foutent le bordel.
  On peut être milliardaire assez vite; il suffit de le vouloir. C'est possible.
       Il suffit de mettre en oeuvre le cercle vertueux de l'abondance.
   "Plus on est riche, plus on est riche. Et plus on est pauvre, plus on le reste....
           Une bonne chose pour les plus méritants, les self made men. Il faut cesser de faire grossir la masse des assistés.
    C'est la condition du développement. La théorie du ruissellement, ce n'est pas pour les chiens, comme le suggère Philippe Aghion.
         Mais patatras! voilà que le FMI plaide pour taxer davantage les riches.
           Et même Le Monde se fait critique.
    A qui se fier? 
    Déjà un certain Roosevelt n' y était pas allé avec le dos de la cuilliére.
     Selon le FMI, cette institution, qui n'est pas une oeuvre de charité, taxer les riches ne nuit pas à la croissance, 
  Mais comment expliquer cela à Bercy, qui veut alléger la "sur-réglementation" de la finance?
     A l'Elysée,  la finance a pignon sur rue et la réglementation  bancaire est plutôt mal perçue.
   La finance a droit à son tapis rouge. Enrichissez-vous ! disait déjà le bon Mr Guizot.
      La richesse est en marche, de manière résolue
        Le futur a de l'avenir...
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mardi 21 novembre 2017

L'ïle enchantée

Enfin seuls!
                 On y pense depuis longtemps:
         Construire ou reconstruire un monde nouveau, une humanité régénérée, dans un lieu à l'écart, si possible sur une île, où de nouveaux rapports humains pourraient être instaurés. Pour une vie rebâtie sur de nouvelles bases, un monde idéal. 
    Depuis Platon, en passant pas la Renaissance, notamment chez Thomas More, cette nostalgie surgit périodiquement sous des formes diverses, surtout dans des périodes jugées troublées, avec des appellations diverses: Ile des Bienheureux, îles Fortunées....
     Une aspiration qui se fait jour aujourd'hui du côté de la Silicon Valley, qui serait un lieu parfait si les mastodontes qui dominent le monde pouvaient coexister en toute harmonie, loin des masses médiocres qui ne veulent pas travailler, des pauvres qui puent,
     Loin surtout du pouvoir politique, cette anomalie qui n'existe qu'en spoliant les plus méritants, ceux qui ont fait fortune à la sueur de leur front. Ce Léviathan qui taxe, qui impose, qui fait de la redistribution néfaste pour le dynamisme économique, qui enfreint par ses lois la liberté totale d'entreprendre. Les paradis fiscaux ne suffisent pas à échapper aux contraintes néfastes de l'Etat.
     Bref, il s'agit de créer un entre-soi parfait.
         Un monde ultralibéral enfin réalisé. Un monde libertarien tel que Hayek n'aurait pas osé y penser.
   Ici le paradis sera autogéré et il n'y régnera que complicité, luxe, calme et volupté...
 Ce serait l'univers exclusif des happy fews, des self made men des nouvelles technologies et des start-up qui ont grandi à la force des neurones. Bref, un hâvre de paix mérité.
     Un des têtes pensantes, Peter Thiel, ne manque ni d'idées ni d'audace.
Un milliardaire veut créer une île, flottante et libre,  pour des libertariens enfin comblés,, pour ceux qui le méritent.
    Le créateur de Paypal fait rêver les plus grands.
       Quand 1% de la population détient la moitié de la richesse mondiale, c'est exaltant, quoi qu'en dise le  FMI. La pauvreté des uns fait la jouissance des autres...Une jouissance qui pourrait bien un jour durer sans fin si l'homme augmenté numérisé parvient à l'éternité.
  Le petit-fils de Milton Friedman projette déjà la construction d'îles flottantes parfaitement autonomes:
                         «Il y a tellement de choses importantes et enthousiasmantes que nous pourrions faire, mais nous en sommes empêchés parce qu’elles sont illégales», déplorait Larry Page, fondateur de Google. C’est exactement ce à quoi Patri Friedman envisage de répondre, et ce n’est pas anodin que ce trentenaire ait fait ses premiers pas dans la vie professionnelle comme ingénieur logiciel chez Google. C’est à l’intention de ces patrons, dans le but de se débarrasser de tout carcan gouvernemental, pour innover à plein tube sans qu’une loi ou un impôt ne vienne les contraindre, que Friedman veut créer des cités autonomes, sans État, sur la mer. Patri Friedman est issu d’une lignée d’économistes pour lesquels la liberté ne doit avoir aucune limite. Ses grands-parents, Milton et Rose Friedman, sont d’ardents défenseurs du libéralisme, qu’ils ont théorisé jusque dans ses pires vices, comme le chômage naturel. Son père, David Friedman, promeut une forme d’anarcho-capitalisme, où les lois, l’ordre et l’État deviendraient des produits privatisés. «L’influence de mon grand-père est génétique», explique Patri Frideman. «Nous sommes tous deux petits, et de fervents libertariens.» Le petit-fils est même plus radical que son aïeul, puisqu’il préfère la suppression pure et simple de l’État, ce qu’il entend bien réaliser dans des cités offshore. C’est ainsi qu’il a fondé le Seasteading Institute, dans le but de rassembler des financements, et négocie actuellement avec le Honduras, qui pourrait envisager l’installation du projet au large de ses côtes. Un choix logique, puisque ce pays est dirigé par une droite ultralibérale, à la suite d’un coup d’État de l’armée qui a déposé Zelaya en 2009. Mais l’idée première de Patri Friedman était d’installer sa cité flottante dans la baie de San Francisco, puisque les libertariens sont plus qu’intimement liés à la Silicon Valley, cette oasis technophile coupée des réalités sociales où règnent l’ultra-individualisme et la recherche de la rentabilité à tout prix. D’ailleurs, dans l’esprit de Patri Friedman, parce qu’elle gagne des milliards de dollars, Google n’est-elle pas mieux gérée que les États, lourds et endettés ? «J’ai la vision de dizaines de millions de personnes qui vivraient dans des pays Apple ou Google. Les géants des nouvelles technologies gouverneraient et leurs résidents n’auront pas le droit de vote. Si les gens sont libres d’aller et de venir, on peut développer des dictatures à succès», explique Friedman. Car si la liberté d’entreprendre ne doit pas avoir de limite, ces libertariens ne sont pas de grands démocrates. «La liberté n’est pas compatible avec la démocratie», assène même Peter Thiel, devenu milliardaire pour avoir créé PayPal et principal mécène de Patri Friedman, en plus de financer des recherches pour devenir immortel...
           Et si les pauvres ont envie d'être riches, il suffit qu'ils travaillent...Ce n'est pas bien compliqué.
               Donc tout le monde pourra  accéder à ce rêve nouveau, régénéré, où tout sera possible, même la vie éternelle...
                        Amen!
                            Jusqu'où peut aller l'art d'ignorer les pauvres!...               
                                                                                                    Des projets qui font rêver ou frémir?...

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mercredi 20 septembre 2017

Oui, c'est possible!

Merci à Challenges
                           De nous présenter le palmarès des plus belles fortunes de France, qui réjouit les coeurs.
       Il n'y a pas que des fainéants et des assistés dans notre pays; il faut le dire.
    Pour être (très) riche, il suffit de le vouloir.
           Ce n'est pas moi qui le dit.
   Les  self made men en sont d'ailleurs de brillantes démonstrations.
       On ne va pas leur faire l'injustice de les écraser avec l'ISF.
                     Laissez-les vivre!

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mercredi 21 février 2018

Héroïsme contributif


Quand des très riches veulent contribuer
                                                     Sans qu'on ne leur demande rien...  
     Mais qu'est-ce qu'il lui prend à Bill Gates de vouloir soudain vouloir jouer son rôle citoyen, de (déclarer) vouloir payer plus d'impôts.
   Repentance? défense et illustration de son image de marque? soif de notoriété, comme pour la charity-business?...Mais que va-t-il lui rester?
   Après tout, comme disait l'autre, il y a assez de pauvres pour payer, ils sont nombreux. En plus on risque d'avoir moins de ruissellement. Et les libéraux se méfient des prélèvements néfastes, Comme disait JB Say: 
  • L'impôt est une agression et une pénalité contre la propriété acquise et produite, qui conduit nécessairement à une réduction de la création de richesse incorporée dans cette propriété, et à un abaissement du niveau général de vie. L'impôt est un transfert forcé, non consenti, d'actifs patrimoniaux.
        Etre très riche, ça se mérite et cela donne des droits hors du commun
  C'est comme l'archi-milliardaire un peu farceur, Warren Buffet, qui déclarait naguère: ..."Nous espérons que nos impôts vont continuer à augmenter à l'avenir - cela voudra dire que nous prospérons -, mais nous espérons également que le reste du monde américain des affaires place la barre aussi haut que nous"
  Nobles intentions. Suivies d'effets? On ne sait trop. En proportion de ses revenus? On demande à voir. Avec les conséquences attendues? On en doute.
   Plus sérieux, le richissime Bill Gross met les pieds dans le plat, trahissant les siens. Il défend une réforme fiscale qui taxe davantage les revenus du capital. "La culpabilité me gagne et je commence à me désoler pour les gens moins gâtés", écrit-il à ses clients. "Si vous faites partie des 1% de privilégiés, vous devriez (...) être prêts à payer des impôts plus élevés" sur les profits tirés des actifs financiers, poursuit ce résident de Californie âgé de 69 ans, au nom de la "croissance économique".
        Ah! la culpabilité... Mais aux States, c'est ainsi: l'émotion prend le plus souvent le pas sur la réflexion et l'exigence simplement démocratique de justice.
  Et quand l'Etat laisse faire ou se fait complice. La justice distributive perd son sens.
        Faut-il faire payer les riches? Question récurrente, qui scandaliserait B. Arnaud, F.Pinault et les autres...qui aiment trop la douceur des paradis exotiques. Un peu mais pas trop...C'est déjà assez difficile de tenir son rang.
  On ne leur a pas expliqué que la juste fiscalité est un simple devoir civique et que  les plus riches, qui ne sont pas tous des self made men, peuvent coûter cher.
    Roosevelt, pourtant pas gauchiste pour un sou, n'avait pas hésité à taxer lourdement les grosses fortunes pour contribuer à l'effort de redressement national d'après crise. Après tout, elles avaient bien contribué aux dérives financières qui mirent le pays à genoux, et il leur resta assez pour ne pas se pointer à la soupe populaire.
      Vieux problème
  Déjà sous Colbert et Mazarin, on se creusait la tête:
                   Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…
Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État… L’État, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.
Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?
Mazarin : On en crée d’autres.
Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.
Mazarin : Oui, c’est impossible.
Colbert : Alors, les riches ?
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…
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mercredi 30 mars 2016

“Merci patron !”

Toujours plus haut!
                          Alors que le smic connaît (de plus en plus rarement, il faut dire_ faut pas exagérer!-) des augmentations, que certains jugent scandaleuses (quelques euros quand même!), d'autres caracolent... très loin en tête:
   Les meilleurs, les vrais self made men, qui doivent tout à leurs talents et à leurs mérites.
  Il est normal que les grands patrons entrepreneurs, comme B.Arnault et les autres aient aussi leur part de gâteau.
   Et comme ils ont fait le gâteau, ils peuvent se servir à leur guise
       Merci les actionnaires!
  Le travail, ça paie et il faut faire rêver un peu le peuple et Gala.
     Qu'est-ce qu'on a aujourd'hui avec 15000 euro par jour, je vous le demande?
          Une misère... vu le prix d'un yacht et d'un 500m2 à St Cloud.
Et même pas le bonheur, si ça se trouve!
    Donc  “Merci patron !” pour ce success story
Des grincheux disent par euphémisme que la hauteur stratosphérique de ces rémunérations pose problème.
   Mais ce sont des jaloux, voilà!
    PSA  a joué franc-jeu et s'envole vers des bénéfices mérités
                Merci qui?
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mercredi 5 juillet 2017

Nobody

Les losers
             Ceux dont ne parle pas. Pauvres, précaires de toutes sortes....
Ceux ne comptent pas, ceux qui ne sont rien...ou si peu
               Ceux qui n'ont pas su réussir. De leur faute.
                          Et qui ne peuvent rivaliser avec les zeureux winners, les self made men de l'époque dite moderne.
   C'est vrai qu'on peut rencontrer des gens qui réussissent et d'autres qui ne sont rien.
  C'est une évidence. Enfin, presque...Le Figaro n'est pas d'accord.
    Comme à une autre époque, on pouvait trouver les hidalgos et les autres.
  Etre Hidalgo, ce n'était pas rien,
        Selon wiki,  "Le mot castillan hidalgo vient de hijodalgo ou fijodalgo, contraction de hijo ou fijo et de algo qui signifie « fils de quelque chose… », comprendre: fils de quelqu'un (...d'important). Il s’applique très vite à l’ensemble du groupe nobiliaire qui jouit d’un même statut juridique se transmettant héréditairement (exemption fiscale, privilèges honorifiques et judiciaires comme le droit de ne pas être soumis aux châtiments corporels). Des droits similaires à ceux de cette hidalguia castillane se retrouvent chez les petits nobles appelés infanzones dans la partie castillane du royaume de Navarre."  
       De basse extraction ou miséreux, on ne pouvait être que nadie ou personne. Existant à peine, quoique souvent utile...
  Quelques siècles sont passés, ainsi que quelques révolutions.
       Mais une nouvelle aristocratie est venue chasser l'autre.
       L'aristocratie d'argent a aujourd'hui pignon sur beaux quartiers et sur paradis fiscaux... La réussite sociale a changé de sens.
    Place aux winners! Honte aux losers, ces autres qui ne comptent pas...ou si peu. Ces pauvres qui pourront tout de même voyager plus librement...
   Devenir millardaires, voilà l'objectif pour une jeunesse désemparée. Le ruissellement fera le reste....
    L'avenir sourit toujours aux audacieux nouveaux chanceux, héritiers.
        Quand on vient des Hauts de France, on voit forcément les choses de haut.
               Dans les gares ou ailleurs...Mépris ou inconscience?
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lundi 16 septembre 2013

Ton univers impitoyâ-a-ble!...

     Dallas n'était qu' une romance sentimentalo-affairiste à l'eau de rose pour ménagères désoeuvrées de plus de 40 ans.....
                    Les méga-riches d'aujourd'hui ne sont pas forcément Texans, ils ont aussi Chinois, Mexicains, Français...avec leurs réussites flamboyantes et leurs pratiques léoniennes.
   Voici venu le temps des riches, des très riches, des toujours plus riches, des superhéritiers, des  immensément riches  décomplexés, au patrimoine autoreproducteur, à croissance géométrique.
 Ils vivent le plus souvent entre eux, hors sol, à mille lieues de la vie commune des simples mortels, dont ils n'ont qu' une idée distante et abstraite, presque irréelle.
Rares sont ceux, qui, comme W.Buffet, déclarent (pour la forme?) ne pas payer suffisamment d'impôts et s'engagent (par mauvaise cosncience?) dans le  Charity business (même si un Américain sur cinq doit se battre pour manger à sa faim).
 La théorie Le fantasme du ruissellement de la richesse ne fonctionne à l'évidence pas bien.
        Mais, il ne faut pas croire, les très riches de l' oligarchie financière, ceux qui accumulent et spéculent plus qu'ils n'investissent, quand ils investissent, qui n'ont comme perspective que la jouissance immédiate et la transmission patrimoniale, ont tout de même bien des soucis...
Même si V. Hugo disait,  "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches", beaucoup de ceux-ci ne connaissent pas la félicité promise aux z'heureux z'élus du business et de la Bourse...
Ne disons pas qu'ils vivent un enfer, mais les contrariétés ne manquent pas. 
"Un jour, c'est la Jaguar vandalisée ou la villa sur la Côte cambriolée. Le lendemain, mini-krach à la Bourse. Plus de liquidités! Le stress...Harcelés toute leur vie par un Etat inquisiteur, un entourage qui peut vite devenir envieux, les riches n'ont qu'une idée: éviter à leurs enfants de revivre cette épreuve." 
 De plus, ils se disent  maltraités par  un Etat spoliateur, sauf au bord du Lac Léman, où les cieux fiscaux sont plus favorables. 
("Vous sentez le vent de la liberté sur le lac Léman...C'est un pays où l'absence de contrôle permet la créativité. Je suis venu ici pour cette liberté d'entreprendre et d'opérer des mouvements bancaires ou financiers sans qu'ils soient suspects, dit sur Arte Radio le millionnaire Eric Cormier, qui a fui l'Hexagone à cause de 'l'inquisition" anti-riches, se considérant comme "un justicier qui défend la causes des riches..."
[Il fut cependant un tempsRoosevelt ne ménageait pas les riches en temps de crise et ses mesures confiscatoires lui ont succédé un certain temps...]
Ils ne dorment pas toujours très bien,car, quo iqu'ils disent, ils savent que la situation sociale est explosive, du fait d'une situation qui les avantage,  d'une baisse généralisée des impôts pour les plus favorisés, d'une spéculation effrénée à l'échelle de la planète, d'une redistribution en panne..
                 Les superwiners, les prétendus self made men sont souvent rongés par de terribles et destructeurs enjeux de pouvoir.
On l'a vu dans l'univers impitoyable de la famille Bettancourt.
La violence des riches, ce n'est pas seulement la fraude fiscale.
Ce sont aussi le luttes de pouvoir qu'on a pu voir chez Goldman Sachs et ses gentils collaborateurs.
Ce sont aussi les effets psychologiques d'un certain type d' éducation, dont Zorn nous parle dans son roman-confession. 
Alors, Bienheureux les pauvres? 
Non, bienvenues seront les règles qui sauveront les riches des pièges dorés mais mortels dans lesquels ils sont enfermés et remettront en valeur un minimum de redistribution pour un vrai progrès social et humain à l'échelle planétaire. Pour changer les règles d'un tel jeu pervers, un nouveau Roosevelt suffira-t-il?
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- Derrière les 400 Américains les plus riches, les inégalités explosent
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mardi 28 juillet 2009

Rêve américain

L'usine à rêves, des origines à nos jours
__Une destinée manifeste?
____De la fondation à l'Empire








-Du
puritanisme des origines à la fascination contemporaine
-Origine du puritanisme
-Le calivinisme comme ciment
-Puritanisme et internationalisme

-Manifest destinity

-Les revers du rêve:
-USA: Obama et la santé
-USA: déclin programmé ?
-USA : séisme social
- USA : inégalités
-Colosse aux pieds d'argile?
-Howard Zinn: un Américain
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Le rêve américain : dissection - AgoraVox:

" « Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération : la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. » (B.Obama)

Évoqué par un président métisse, beau et charismatique fraîchement élu, porté par la chaleur et le magnétisme de sa voix suave, le rêve américain ne peut exercer plus fortement son pouvoir mythique. Il ne peut être plus réel. Néanmoins, son sens reste toujours obscur. Comme si, du fait d’une utilisation récurrente et presque obsessionnelle, il n’était pas nécessaire de le définir.
-Qui voudrait d’un rêve pour trois dollars ? Qui peut encore, dans l’Amérique de 1931, alors en pleine Grande Dépression, croire que la prospérité est au coin de la rue, à portée de travail, de courage et de détermination ? Personne, calcule un éditeur. Il faut donc changer le titre de l’ouvrage qui lui a été proposé. The American Dream, une histoire des États-unis en un volume, devient The Epic of America [2].
Mais l’auteur, James Truslow Adams [3] - à qui l’on attribue la création de l’expression "rêve américain" [4], n’en démord pas : pas une ligne de son oeuvre ne sera modifiée. Son passage par la banque d’investissement - après des études de philosophie à Yale (!), lui permet de prendre ce risque. Ses arrières sont assurés. Sa motivation n’est pas pécuniaire. Il peut défendre son idée selon laquelle l’épopée américaine s’explique par l’existence d’un "rêve" :
... that American dream of a better, richer and happier life for all our citizens of every rank which is the greatest contribution we have as yet made to the thought and welfare of the world. [5]
Un rêve de dimension matérielle, et surtout spirituelle. Un rêve comme toile de fond du combat du quotidien, des privations, de la détresse éprouvée par les millions de victimes du marasme économique. Une réponse au vide moral creusé par l’avidité du milieu des affaires et le consumérisme ambiant. Un message d’espoir et de réconfort qui veut restaurer la confiance dans l’avenir, cruciale pour la reprise. Un héritage qui, James Truslow Adams en est convaincu, est la clé du sursaut. Son livre sera un succès. [6]
-Pour les tous premiers colons, des marchands aventuriers et des pauvres des campagnes de l’Angleterre, l’Amérique est un réservoir potentiel de richesses. Mais après quatre mois d’un voyage épuisant, la Compagnie de Virginie n’est pas au bout de ses peines. Jamestown [7] est une ville marécageuse très insalubre dans laquelle prolifèrent les maladies (scorbut, malaria, typhoïde, diphtérie etc.) qui déciment la population et l’empêchent de travailler. Ce qui fait dire au gouverneur de la colonie en 1611 que « chacun ou presque se plaint d’être ici ». Pas vraiment le rêve.
Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que débarquent les colons qui vont être à l’origine du mythe américain. Ils sont des puritains, des dissidents persécutés par l’église anglicane officielle. Réfugiés en Hollande, ils décident de vendre leurs biens pour partir en famille, direction l’Amérique. Ils font étape en Angleterre, dans le port de Southampton, pour embarquer à bord du Mayflower (en 1620), qui doit les conduire en Virginie. Leurs motivations sont avant tout religieuses. Leur Amérique est rêve parce qu’échappatoire au cauchemar de l’intolérance et de l’oppression. Là-bas, les pèlerins pourront vivre leurs convictions en toute liberté et établir le royaume de Dieu sur terre. Une fois arrivés dans les territoires qu’ils baptiseront la Nouvelle-Angleterre - au lieu de la Virginie, ils découvrent une terre ingrate et isolée, un climat rude. Mais rien ne peut avoir raison de leur foi. Jamais les puritains ne doutent de leur succès. Chaque difficulté est surmontée en levant les yeux vers le ciel. C’est Dieu, qui a fait l’Amérique.
Cependant, derrière la lecture épique de cette histoire se cache une réalité moins reluisante. La traversée de l’Atlantique reste très éprouvante : l’insalubrité, la faim et la soif emportent souvent un voyageur sur dix. Sur place, les témoins déplorent la dépravation morale et dénoncent les nombreux adultères, l’indécence des tenues féminines, le développement de la prostitution etc. La pauvreté est souvent très mal vécue. Enfin, l’afflux constant d’immigrés d’origines de plus en plus diverses souffle sur les braises des tensions sociales. Les catholiques, les juifs, les irlandais et les pauvres forment la masse des indésirables. Les premiers puritains font montre d’une belle tolérance... à l’égard de leurs semblables.
Mais peu importe. Le décor est planté, le rêve est là et il magnétise déjà toutes les lettres qui sont envoyées en Angleterre. Celles-ci décrivent une terre magnifique, un jardin d’Eden qui apporte les trois bénédictions : la paix, la santé et l’abondance. Elles promettent à chaque immigrant une terre pour y construire sa maison, un champ propre à la culture et un pré le long du cours d’eau. Les âmes pieuses lisent cette publicité avec crédulité et sont irrésistiblement attirées. Plus rien ne les retient.
Deux cent ans plus tard - les années 1820, les lettres sont devenues des brochures qui parcourent toute l’Europe pour le compte des compagnies maritimes, des spéculateurs fonciers, des sociétés ferroviaires et des chefs d’entreprise qui ont besoin de main d’oeuvre et peuvent offrir des terres vacantes. Après les temps de l’indépendance [8] et la guerre de Sécession [9], l’immigration reprend donc de plus belle. Les histoires de self-made men (Carnegie [10], Rockefeller [11]) aiguisent les appétits des nouveaux arrivants en grande majorité sans qualification professionnelle. Ils espèrent, à force d’un labeur acharné, de frugalité et de sobriété, parvenir à la richesse - matérielle s’entend. Il s’agit de la deuxième version du rêve américain.
A la foi aveugle des pilgrims [12] se substitue tout un édifice philosophique : le darwinisme social. Cette doctrine est celle de Herbert Spencer, un philosophe anglais du XIXème siècle. Celui-ci explique grosso modo que la lutte pour la survie théorisée par Darwin [13] est également à l’oeuvre dans la société des hommes. Dans le capitalisme sauvage de la révolution industrielle états-unienne [14], la bataille du quotidien voit ainsi triompher les plus forts qui sont les plus doués, les plus méritants. Mais c’est la loi de la nature. Cette idée plutôt simple en apparence inspire les grands industriels de l’époque - Carnegie a révélé en avoir été illuminé, et sera chérie et développée par l’élite intellectuelle du pays.
Et comme d’habitude, les tenants du mythe omettent de découvrir le serpent derrière les fleurs : les millionnaires produits par la sélection "naturelle" le sont assez souvent devenus en utilisant les pires méthodes et se séparent très vite de l’ascétisme dont ils se parent volontiers devant leurs admirateurs. Ils prêchent, de surcroît, la liberté d’entreprendre tout en construisant des trusts prédateurs et liberticides.
C’est du côté que personne n’attend, d’une industrie que personne n’attend, et par l’action d’individus que personne n’attend que surgit la version moderne du rêve américain : Hollywood. Quelques juifs d’Europe centrale - Carl Laemmle (Universal Pictures), Adolph Zukor (Paramount Pictures), William Fox (Fox Film Corporation), Louis B. Mayer (Metro Goldwyn Mayer), Benjamin Warner (Warner Brothers) - qui ont pour trait commun une enfance vécue dans l’indigence, fondent dans la première moitié du XXème siècle l’empire des studios de cinéma, lequel sera jusqu’à aujourd’hui le principal vecteur de la culture américaine. Les projecteurs transmettent les images d’une Amérique parfaite fantasmée par ces hommes qui sont en quête d’anoblissement. Leur complexe d’infériorité vis-à-vis de l’establishment new yorkais les pousse à maquiller la réalité, à en recouvrir la moindre impureté. La pauvreté, l’alcoolisme et les violences domestiques sont très peu reflétés par les caméras. Avec l’arrivée du costume designer au sein des productions, le vêtement de scène n’est déjà plus celui de la ville et les films commencent de véhiculer des modes vestimentaires inaccessibles pour la majorité.
Ce matraquage marketing opéré par les studios, combiné avec l’émergence du tayloro-fordisme [15] et la réduction de la durée de vie des produits, engendre une certaine manière de vivre américaine, un certain art de vivre (!) consumériste : l’American Way of Life. La famille américaine modèle appartient à la classe moyenne. Le père et la mère, qui se sont rencontrés au lycée ou à l’université (et qui s’aiment toujours), et leurs deux enfants vivent dans une maison Levitt [16] située dans les suburbs [17]. Devant le garage trônent deux (au moins) magnifiques voitures flambantes neuves - très vraisemblablement de marque Ford, Chrysler ou General Motors. A l’entrée flotte un imposant drapeau américain gage d’un patriotisme sans faille. Les progrès techniques comblent la famille : le réfrigérateur, le lave-vaisselle et le lave linge facilitent la tâche de la mère au foyer ; papa s’est offert un rasoir électrique et peut désormais arriver à l’heure au bureau - il ne se coupe plus ; les enfants découvrent la radio, le poste de télévision couleur, et la publicité.
L’Amérique des trente glorieuses [18], en particulier, baigne dans le mythe de l’abondance cher à Jean Baudrillard [19]. Les malls, les grands magasins, les rues commerçantes et leurs étalages assènent « l’évidence du surplus, la négation magique et définitive de la rareté » [20]. Ils miment une « nature retrouvée, prodigieusement féconde » [21] - peut-être celle décrite par les premières lettres envoyées en Angleterre trois cent ans auparavant. Vus par un homme qui a connu la pénurie, la misère et le goulag de l’autre côté du rideau de fer, les États-unis ne sont pourtant pas le pays du rêve. L’Amérique est, pour Soljenitsyne [22], un supermarché ambulant dont l’impératif de consommation piétine toute dimension spirituelle. Une société matérialiste à l’excès créatrice de frustrations et de malheur. Dans Revolutionary Road [23], le romancier américain Richard Yates montre comment la douce léthargie du quotidien, son confort et la sécurité qu’il procure peuvent brider et emprisonner des individus mus par la fantaisie. Son jeune couple, bien conscient de l’illusion et de l’impossibilité du modèle américain, ne parvient pourtant pas à y renoncer.
Mais la classe moyenne n’est pas la plus à plaindre. Car le projet américain a toujours compris, depuis ses origines, son lot de laissés pour compte. Comment ne pas rappeler, tout d’abord, que les colonies ont été bâties en spoliant les Indiens déjà sur place, lesquels, s’ils osaient manifester la moindre réticence - et même s’ils n’osaient pas, étaient massacrés ou repoussés plus à l’Ouest - pour être massacrés un peu plus tard. Quant à ceux qui y échappèrent, ils furent décimés par les maladies, l’alcool et les armes. La naissance des États-unis repose donc en grande partie sur un génocide.
Leur développement économique et surtout agricole a eu pour socle une autre méthode douce : l’esclavage. Dans le cadre du commerce triangulaire [24], les descendants de Cham [25] étaient amenés par bateau pour travailler dans les plantations de coton, de tabac, de canne à sucre, de riz et de chanvre. Ils représentaient, dans certains états du Sud, plus de la moitié de la population. En dépit de l’abolition de l’esclavage, le racisme et la ségrégation légale puis de facto continuèrent de répandre du sel sur les plaies. Jusqu’au fameux discours de Martin Luther King - I have a dream [26] - et le concept de nouvelle frontière [27] - New Frontier - de John F. Kennedy qui revendiquent tous deux le rêve pour tous, sans considération de race ni de couleur de peau. Considérations qui, finalement, ont pris toute leur importance dans l’établissement des politiques de quotas de l’Affirmative Action [28].
Le critère éternellement discriminant reste, en définitive, le niveau de revenu. L’Amérique n’a jamais su ni jamais réellement voulu protéger ses pauvres de l’appétence de ses puissants. Des premiers indigents, dont les puritains regrettaient qu’ils ne se résolvent à leur sort, aux travailleurs pauvres modernes surexploités, surendettés, et souvent en surpoids, en passant par les misérables Okies [29] expropriés à l’usure magnifiquement dépeints par John Steinbeck dans Les raisins de la colère, il n’a jamais fait bon être pauvre aux États-unis. Malgré la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la promotion de l’esprit d’entreprise, la mobilité sociale américaine est une chimère : elle est la deuxième plus basse des pays à haut revenus - après le Royaume-Uni. Pas vraiment de quoi pavoiser.
L’épaisse couche de fard qu’est le rêve américain ne résiste pas à l’éclairage des faits. L’Amérique est maquillée comme une voiture volée dont la couleur originelle apparaît à qui se donne la peine de gratter. L’élection de Barack Obama est le dernier coup de peinture en date, celui qui permet encore d’affirmer que le projet américain est « quelque chose de plus grand que la somme (des) ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l’appartenance à une faction » [30]. Celui qui permet de redonner consistance à un hypothétique rêve.
Certes, tout n’est pas noir en Amérique. Et pourtant. Difficile de ne pas y voir l’intolérance des communautarismes, la violence, le consumérisme poussé à son paroxysme, la négation du spirituel. L’empilement branlant des ambitions personnelles. Une minorité qui vit son rêve, et une majorité aliénée qui se contente de le rêver. (Romain LEFFERT)

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