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lundi 26 mars 2012

Suisse: comme un gruyère?...

Des trous très rentables

_____Il est des banques qui poussent la sollicitude jusqu'à venir vous contacter et proposer leurs services désintéressés jusqu'au coeur de votre vie privée.
A condition que vous ne soyez pas n'importe qui, le premier smicard venu...
_UBS par exemple, est toujours au service des Français bien argentés, soucieux de bonne gestion de leur fortune jusqu'à vouloir échapper à un fisc prédateur, pratiquant un sport assez répandu appelé exil fiscal, pour fuir d'horribles spoliations
C'est chez nos voisins helvètes que l'on trouve les meilleurs refuges, une Suisse au dessus de tout soupçon, ou qui lave plus blanc écrivait déjà J.Ziegler il y a bien des années, pays accueillant s'il en est.
Que des avantages à vivre au bord du Lac ou à y déposer quelques euros...
_________________Une enquête très sérieuse, exemplaire, menée patiemment par un journaliste d'un organe non réputé de gauche,vient de le montrer: UBS organise une fraude fiscale massive à partir de la France, détournant ainsi de notre pays, par des méthodes peu orthodoxes, des sommes considérables depuis des années.
Une fraude d'une ampleur exceptionnelle révélée au grand jour, un aspect majeur de la finance prédatrice, comme disait l'excellent J.de Maillard.
On se frotte les yeux, on croit rêver, mais non, ce n'est pas une mauvaise fiction.
Un manque à gagner que l'on ne soupçonnait pas et qui ne concerne pas que la Suisse.
On ne parlera pas de la City, plus connue, mais plus polyvalente et opaque.
Et l'on s'étonne que les caisses soient vides, que la sécu aille mal, que l'investissement productif soit défaillant, etc...
Faire payer les riches, vous n'y pensez pas, mon bon Monsieur...Leur fortune profite à tous, nous disait-on...
Cet organisme bancaire un peu particulier, déjà visé en France par plusieurs enquêtes, pratique des méthodes un peu particulières, engage des traders un peu spéciaux et ne plaisante pas avec la conduite de son personnel, poussant loin le détail de ses exigences...

_"...Cette banque a déjà fait l’objet d’enquêtes et de condamnations aux Etats-Unis pour ses pratiques. Mais l’on s’aperçoit que ce qui pouvait être vu comme des dérives particulières à Miami ou à New York est en fait un système généralisé. Les mêmes méthodes, les mêmes buts se retrouvent en France. L’évasion fiscale est au cœur de ses pratiques. Les autorités françaises sont au courant. Mais tout est enterré.
Ce livre part d’une révolte de personnes, ces « héros ordinaires » comme dit Eva Joly, qui sont totalement dégoûtées par ce silence. Je sens depuis deux ans un discours d’alerte chez les fonctionnaires de la DCRI. Ce sont des policiers républicains, qui ont une conception de la sûreté au nom du peuple français. Ils jugent qu’un seuil a été franchi, qu’on leur demande de faire des choses indignes de la République. Ce sont eux qui m’ont alerté en août 2011 du scandale UBS.
__Il existe une sous-direction à la DCRI chargée de toutes les affaires économiques et financières. C’est une sous-direction très importante : l’argent reste toujours le nerf de la guerre, que ce soit en matière criminelle ou pour le terrorisme. Les enquêteurs de ce département à la DCRI se sont vu interdire d’enquêter sur UBS, en dépit des multiples alertes et documents reçus. Le dossier est classé secret défense. Tout est soigneusement contrôlé, verrouillé au plus haut niveau, et remonte jusqu’à l’Elysée. Derrière l’évasion fiscale, le financement politique n’est jamais loin..."
(A.Peillon)

___________Qui disait vouloir contrôler certaines pratiques bancaires et mettre fin aux paradis fiscaux, enfers de l'économie réelle?
____
. Le 23 septembre 2009, Nicolas Sarkozy assurait aux Français qui l'interrogeaient sur TF1 et France 2 : "les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est terminé..."
-Hum...Pourquoi tu tousses?
____
Fraude fiscale : comment le pouvoir protège UBS

L'évasion fiscale, une cagnotte de 590 milliards !
La Suisse entre principes et réalité
Evasion fiscale : ouverture d'une information judiciaire sur UBS en France
Jusqu'où iront-ils pour sauver les paradis fiscaux ?
 L’homme qui valait des milliards 
 Les banques suisses ont le blues
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La Suisse compte le plus d'expatriés français avec plus de 143 000 Français établis sur son territoire en 2010. La Suisse est principalement privilégiée par les retraités fortunés en raison d'une fiscalité avantageuse pour les rentiers et en matière de succession. La détention de biens immobiliers situés en France par l'intermédiaire d'une SCI suisse permet pour un Français résident fiscal suisse d'échapper à l'impôt de succession.
_-_UBS ou l'industrialisation de la fraude fiscale ________________
Article paru dans Agoravox

jeudi 18 février 2016

UBS: le bon sens près de chez nous

 On ne se lasse pas...
  ... De ce feuilleton
                                  La Suisse ne produit pas que du (bon) chocolat, mais aussi entretient jalousement quelques institutions admirables, prêtes à rendre service, à mettre au frais et à faire fructifier vos modestes économies.
   Que vous appeliez  Jacques ou Jérôme..Discrétion assurée. Enfin, un peu moins aujourd'hui...
             UBS est de celle-là.
   Une solide gestion, une excellente expertise, comme ils disent.
  ..Leurs rabatteurs démarcheurs ont des méthodes exquises.
   Ils adorent vous distraire, vous faire rêver, vous procurer une saine évasion vers les cimes enneigées ou les verts pâturages.
     Il n'y a pas de petites recettes compensations..
C'est 38.000 comptes et 12 milliards d'euros cachés au fisc français quand même...
_______.
-Ford aurait-il eu raison? 
   Ainsi que William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada:  « Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile…
Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois…
L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation. 
» 

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lundi 11 avril 2016

Back to Panama

Optimisons!
                        L'affaire et ses coulisses
                                                         Cette histoire du  Panama  sera peut-être oubliée demain.
    Il y eut avant bien d'autres aventures...perdues dans les sables.
A moins que...
    L'arbre cache une forêt dense et profonde. 
    Au dessus des lois, le shadow banking, aux multiples ramifications,, garde une puissance redoutable. Le comportement de la Sociaté générale, au-dessus de tout soupçon, est là pour  témoigner du pouvoir de nuisance d'une instution de premier plan...comme celui de la Deutsche Bank (1)
       Quant à l'interprétation qu'il faut donner à ce très médiatique coup de filet, il est encore trop tôt pour en comprendre les tenants, les aboutissants et les motivations.
  Certains soupçons se font jour, qui ne sont pas dénués de cohérence, quand on connaît l' opinion d'Attali ("Les Anglo-saxons n'ont pas supprimé les paradis fiscaux, ils ont éliminé leurs concurrents")
  et le flou qui entoure l'affaire, qui n'est pas seulement journalistique. 

      Que les grosses fortunes américaines soient étrangement épargnées, voilà qui peut interroger. Il ne vont pas qu'au Delaware.
 Certains y voient une sorte de contre-feu pour détourner les regards, d'autant plus que l'institut Soros semblent à l'origine des fonds
   Wikileaks y subodore une manoeuvre de Washington, ce qui ne serait pas sans fondement. Mais cela reste à démontrer, ce qui ne sera pas facile.
   Le blogueur Descartes, pour sa part, ne voit dans cette affaire qu'un intérêt marginal, par rapport à l'ampleur du problème.
     Comment se débarrasser d'un monde sans fraude, qui met les Etats dans des situations périlleuses?
        Il serait temps de penser à une sorte de cadastre financier, comme le suggère un auteur américain.
__________________
 (1) ...Les promesses ont-elles été faites depuis le début de la crise financière de 2008. À chaque nouveau scandale bancaire, d’UBS à HSBC, à chaque nouvelle révélation – OffshoreLeaks, LuxLeaks –, les responsables politiques nous assurent la même chose : les paradis fiscaux, c’est fini ! Les responsables de ces évasions fiscales ne resteront pas impunis ! Les nouvelles révélations des Panama Papers apportent la preuve du contraire. L’évasion fiscale ne s’est jamais aussi bien portée. Elle fait perdre entre 40 et 60 milliards de recettes fiscales par an à la France.
   A lui seul ce chiffre, révélé dans le cadre de ce nouveau scandale, illustre l’ampleur des engagements de la Société générale au Panama. Entre 2000 et 2015, la filiale luxembourgeoise de la Société générale a immatriculé 979 sociétés offshore avec l’aide de la société panaméenne d’avocats Mossack Fonseca. 979 ! Il ne s’agit plus d’une pratique passagère, de traiter quelques clients, mais d’une véritable industrie. Une industrie avec des milliers de personnes à son service dont le seul but est de favoriser l’évasion fiscale, de diminuer encore et toujours les rentrées fiscales des États, d’accélérer les concentrations des richesses entre quelques mains. La Société générale s’est placée volontairement au cœur de cette industrie, au même titre qu’UBS, HSBC ou le Crédit suisse, même si elle continue à le nier.
 Après avoir refusé de répondre à toutes les demandes des journalistes au cours de leurs enquêtes (voir l’émission “Cash Investigation”), la Société générale a réagi en niant toute mauvaise conduite, en dénonçant les « amalgames scandaleux et les inexactitudes ». « La Société générale n’a plus aucune implantation dans les paradis fiscaux. Il ne faut pas confondre une implantation détenue et opérée par une banque, et les sociétés et structures qui sont détenues par nos clients », a répliqué Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, dans un entretien au Figaro, au lendemain des révélations des Panama Papers. La banque, affirme-t-il, ne travaille en offshore qu’avec des clients « dont les motifs sont clairs » et le fait d’avoir recours à une entité offshore « peut avoir bien d’autres motifs que fiscaux », citant par exemple des « situations familiales complexes ». Décidément, les journalistes et l’opinion publique ne comprennent rien au monde bancaire et financier. 
Frédéric Oudéa avait déjà utilisé cette même rhétorique lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale en mai 2012 (voir le compte-rendu fait par Mediapart à l’époque). Il affichait alors la même assurance qu’il adoptera par la suite lors de son audition devant l’Assemblée nationale, au moment de la discussion de la loi sur la séparation bancaire, où il n’avait pas craint de dire que la loi ne toucherait que 1 % des activités bancaires, tant cet inspecteur des finances se sait intouchable.
Le président de la Société générale, entendu en même temps que Baudoin Prot, alors président de BNP Paribas, avait juré que sa banque n’avait plus aucun rapport avec les paradis fiscaux. « La Société générale a fermé ses implantations dans les pays qui figuraient sur cette liste grise [la liste des paradis fiscaux établie par l’OCDE et le G20 – ndlr] mais aussi dans ceux que désignait la liste comme des pays non coopératifs, c’est-à-dire pour nous, à Panama », soutenait-il alors, appuyé en écho par Baudoin Prot. Ce dernier regrettait que, pendant que BNP Paribas vendait ses filiales panaméennes, d’autres s’y renforçaient. Bref, ils étaient encore une fois les meilleurs élèves de la classe. 
Mais qu’en était-il de la Suisse, du Luxembourg et de Singapour ?, avait hasardé Éric Bocquet, rapporteur PCF de la commission sénatoriale, lors de l’audition. « Mais ce ne sont pas des paradis fiscaux ! » s’était exclamé Frédéric Oudéa. De même, celui-ci avait soutenu qu’il ne donnait aucun conseil à ses clients pour faciliter leur évasion fiscale. « Le conseil fiscal, c’est le métier des avocats, pas des banquiers », avait-il tranché d’un ton qui ne prêtait pas à la discussion.
Depuis les révélations des Panama Papers, la réalité est apparue, et elle est bien différente. Après l’abandon des filiales les plus voyantes et les plus critiquées, l’organisation s’est déplacée et opacifiée. La filiale luxembourgeoise de Société générale, SG Bank & Trusts, a vu renforcer son rôle de plaque tournante de l’activité offshore de la banque, organisant avec la société Mossack Fonseca des immatriculations à la chaîne. Mais il paraît qu’il y a des escouades de contrôleurs de la banque pour s’assurer de la conformité de ses actions... 
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lundi 31 août 2009

Pouvoir des banques (suite)


L'autre façon d'être une banque

Vers des formes nouvelles de services banquaires?
Pour gérer l'ambivalente monnaie

Décentraliser, diversifier, responsabiliser,inventer, réparer un système défaillant et prédateur
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-[Photo UBS]
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-"Si vous voulez rester esclaves des banquiers et payer le coût de votre propre esclavage, laissez-les continuer à créer de l'argent et contrôler le crédit de la nation" (Sir Josiah Stamp, directeur de la Banque d'Angleterre de 1928 à 1941).


-"Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont ainsi conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
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Déposséder les banques du pouvoir de faire la monnaie:
"Ne dites pas à Roland Canonica qu'il contribue à changer le monde, il croit qu'il est banquier... Et c'est d'un ton placide, avec un bel accent helvète de Neuchâtel, qu'il explique au journaliste français étonné que la Banque Wir existe depuis 1934, et que, oui, elle gère sa propre monnaie, et que, ma foi, ça marche bien : 60 000 entreprises participent au système. Bien sûr, on a été un peu prudents, on visite tous les clients avant d'ouvrir un compte. Ah, un détail, les wirs ne rapportent pas d'intérêts. Si M. Canonica est très heureux que vous l'appeliez, il n'est pas du genre à vous promettre que sa banque se pliera en quatre pour vous, et qu'il multipliera vos économies par miracle. "On vise le long terme", dit-il. Et, en passant : "C'est une opportunité pour résister à la mondialisation." En fait, la Banque Wir, dont M. Canonica se présente comme "le technicien", est un archétype des systèmes monétaires indépendants que de plus en plus de groupes divers veulent créer à travers le monde : elle crée et gère sa propre monnaie.
Elle est née en Suisse en 1934, au coeur de la crise économique, de l'union d'une quinzaine de petites entreprises : celles-ci voulaient pouvoir s'échanger leurs produits, alors même que, faute d'argent, le commerce était au point mort. L'idée était de s'ouvrir des crédits mutuels au sein d'un Wirschaft Ring ("cercle économique"). Ils seraient comptabilisés en une unité spécifique, le wir, de valeur égale à un franc suisse. Comment cela fonctionne-t-il ? Quand l'entreprise A achète quelque chose à B, A reçoit un crédit et B enregistre le débit correspondant. Le débit en wir sera compensé par les ventes de B à un participant C, ou réglé en francs suisses, avec lesquels la convertibilité est totale. Le système a fait ses preuves, de nombreuses autres entreprises s'y sont agrégées, l'organe de comptabilité a obtenu le statut bancaire. Mais cette banque présente une caractéristique remarquable : elle ne cherche pas à gagner de l'argent, juste à faciliter les transactions entre les participants. "Nous pratiquons un taux de 0,8 %, pour couvrir les frais, dit M. Canonica d'un ton détaché. C'est beaucoup moins qu'ailleurs." Le système prospère : soixante-quinze ans après sa création, il fait circuler chaque année plus de 1,7 milliard de francs suisses (1,1 milliard d'euros), et il est cité en exemple par un des meilleurs spécialistes mondiaux des monnaies complémentaires. "Vous l'aimez cuit comment, votre saumon ? - Euh, comme vous voulez, ça ira." Bernard Lietaer reçoit très gentiment dans son grand appartement de Bruxelles, décoré de masques africains et asiatiques et de centaines de livres. Plutôt que de vous retrouver dans un restaurant, il prépare - avec talent, il faut le dire - le repas, tout en poursuivant la conversation. Son amabilité recouvre une longue et originale expérience de financier. Au sein de la Banque royale de Belgique, il a appartenu à la petite équipe qui a conçu le système monétaire qui a conduit à l'euro ; puis, il est devenu gérant d'un des premiers fonds spéculatifs, le Gaia Fund, au début des années 1990. Il était alors un des plus gros acheteurs "d'options" à la City de Londres. Mais, aussi étrange que cela paraisse, il a quitté ce jeu qui ne répondait pas à ses aspirations, et a commencé à se passionner en intellectuel sur le phénomène monétaire, avant de promouvoir les monnaies complémentaires.

Pour comprendre sa démarche ou celle de la Banque Wir, il faut se rappeler un fait, si contraire au sens commun : la monnaie n'est pas fabriquée par une autorité centrale qui l'adosse à des réserves d'or ou d'argent ; elle est créée par les banques privées à partir des promesses de remboursement des emprunteurs. Et durant les dernières décennies, les banques se sont émancipées de toute autorité - avec les résultats que l'on sait. "L'homogénéisation monétaire, dit M. Lietaer, a incontestablement facilité les échanges à chacune des étapes historiques, le passage à l'Etat-nation, puis la mondialisation. Mais elle a aussi pénalisé la capacité de gérer les problèmes qui se manifestent dans les économies locales. En même temps, la puissance financière a tendance à se concentrer dans un nombre sans cesse plus réduit de centres de décision de plus en plus éloignés du citoyen ." Les conséquences sont néfastes. La monnaie est indifférente à la finalité de l'échange, et se moque de servir à enfouir des déchets toxiques ou à dispenser des cours d'alphabétisation. Elle pousse à des activités susceptibles de détruire l'environnement : "Quand une banque prête 300, il faut lui rendre 600. La croissance est nécessaire pour créer les 300 supplémentaires", explique Bernard Lietaer. La création monétaire étant aux mains des banques, elle conduit à la concentration d'argent d'un côté et à la sous-monétarisation d'une partie de la population mondiale de l'autre : "Cette rareté, écrit un autre spécialiste, Patrick Viveret, oblige les dominés à n'utiliser qu'une faible partie de leur potentiel d'échange et d'activité." Et puis, comme l'expérience actuelle le montre, le système financier est intrinsèquement instable.

La solution de Bernard Lietaer à tous ces maux ? "Il faut de la diversité monétaire, comme il y a de la biodiversité dans une forêt, afin d'amortir les chocs. Les sociétés matriarcales ont toujours eu un système de double monnaie : une pour la communauté dans laquelle on vit, l'autre pour les échanges avec l'extérieur. Il nous faut créer des monnaies complémentaires qui permettent aux communautés de satisfaire leurs besoins d'échange sans dépendre d'une autorité extérieure." Le plus étonnant est que déjà, nombre de monnaies s'émancipent du système dominant : les bons de réduction dans les supermarchés, les "miles" des compagnies aériennes ou les chèques-déjeuner sont si courants qu'on n'y prête plus attention. A une échelle plus impressionnante, les "marchés d'émissions de gaz à effet de serre" mis en place par les Nations unies ou par l'Union européenne afin de parer au changement climatique ne créent rien moins qu'une nouvelle monnaie, la monnaie carbone.

Partout dans le monde, des communautés créent de nouvelles monnaies : les SEL (système d'échange local) permettent aux individus d'échanger leurs compétences, comptées en unités de temps. Les SOL (abréviation de solidaire), expérimentés en France par une dizaine de communes, fonctionnent sur carte à puce comme une carte de fidélité dans un magasin - sauf que c'est tout un réseau de magasins et d'institutions qui participent au système. En Allemagne, plus d'une trentaine de monnaies régionales (appelées regio) ont cours. L'Argentine a passé le pire moment de sa crise financière, entre 1998 et 2002, avec des systèmes privés d'échange qui ont impliqué jusqu'à six millions de personnes. Au Brésil, dans un bidonville de Fortaleza, la Banco Palmas délivre depuis dix ans des microcrédits avec le palma , sa monnaie, qui présente un taux d'intérêt très faible. Elle a ainsi créé 3 200 emplois. D'autres villes brésiliennes commencent à imiter cette démarche.

Le mouvement est stimulé par l'affaissement du système financier capitaliste, et va prendre une autre ampleur grâce aux nouvelles technologies. Les téléphones portables deviennent un moyen de paiement électronique. Une possibilité de plus en plus appréciée en Afrique, où le système bancaire est défaillant : au Ghana, par exemple, TradeNet permet d'effectuer les transactions des matières premières agricoles sur le téléphone.Internet pourrait permettre à des communautés autonomes de créer leur propre monnaie. Un réseau discret prépare cette mutation, dont Jean-François Noubel, cocréateur en son temps du serveur AOL, est un prophète : "La philosophie d'Internet peut s'appliquer à la monnaie comme elle l'a fait avec les médias, où l'on passe d'un système centralisé à un système où chacun est producteur et transformateur d'information. Il y aura ainsi des millions de monnaies, comme il y a maintenant des millions de médias. Il s'agit maintenant de fabriquer les outils d'interopérabilité, les protocoles permettant de mettre en réseau ce qui est fait." Concrètement, des groupes expérimentaux commencent à définir des règles d'échanges et des registres de crédit, avec deux caractéristiques essentielles : les monnaies ne peuvent générer de phénomène spéculatif, et elles peuvent être pondérées par des paramètres définis en commun, comme par exemple la bonne réputation que s'attire chaque membre du réseau. De la même manière qu'Internet repose sur des protocoles tels que HTML (format de données conçu pour représenter les pages Web), le réseau "Metacurrency project" (projet monnaies libres) achève d'élaborer un protocole pour des monnaies libres. Les banquiers qui tiennent les rênes des institutions monétaires laisseront-ils ce bouleversement arriver ? Jean-François Noubel ne s'en inquiète pas : "Le processus est énorme, il est dans l'air, il est en train d'arriver. On va déposséder les banques du pouvoir de faire la monnaie." (Hervé Kempf)

-Small is Beautiful ! - AgoraVox:
"... la Caroline du Nord, le Massachusetts ou encore l’Arizona impriment depuis quelques mois leur propre monnaie afin de favoriser leurs entreprises locales dans un contexte de perte totale de confiance dans le système financier traditionnel ! Cette devise locale - et légale selon la réglementation US ! - permettant aux régions de se protéger partiellement vis-à-vis des aléas et des tourmentes affectant l’économie nationale...Ces Devises régionales, qui ont prospéré à l’époque de la Grande Dépression, permettent souvent de sauver un commerce local à l’agonie, l’expérience actuelle la plus efficace étant conduite en Caroline du Nord où la monnaie régionale, le "Plenty", est acceptée en guise de règlement par de plus en plus de commerces et de professions ! Certaines entreprises locales sembleraient même sur le point de payer leur salaire à leurs employés en Plenty, monnaie dont les billets sont conçus par des artistes locaux et où l’on peut lire la Devise : "In Each Other We Trust"
-L'innovation financière : une malédiction ? - AgoraVox
_________________
-La vérité sur la dette et la création de monnaie:
"...en 1945 le Général de Gaulle nationalise la Banque de France, le crédit est sous tutelle publique, l'’État a recouvré son autorité sur la monnaie, ce qui ne durera pas. L'article 25 de la loi du 3 janvier 1973 de Pompidou et Giscard d'Estaing "interdit au Trésor public d’être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France". La France ne peut plus emprunter à sa banque centrale sans intérêt ! Elle doit désormais emprunter sur les marchés financiers avec intérêt : fini l’ordre des salariés et des entrepreneurs, finies les Trente Glorieuses, la monnaie se renforce, le chômage augmente, les salaires stagnent, la dette explose...
Un exemple, "l'emprunt Giscard" : pour 6 milliards de francs empruntés en 1973, l'Etat a finalement remboursé au total 80 milliards de francs en 1988 !!
Comment voulez-vous que les finances de la nation se portent bien avec un tel déséquilibre entre le montant emprunté et le montant remboursé ?
La raison évoquée de limiter l'inflation n'est pas valable (puisque ce qu'on interdit aux Etats, on le permet aux banques commerciales qui, par leur nombre, sont beaucoup plus créatrices de monnaie
..."

-Le gang des banquiers d'UBS
-Marchés boursiers: l'insoutenable victoire des banques:
"...paradoxalement, le secteur bancaire sort considérablement renforcé. Les plus grandes banques savent désormais de manière certaine qu’elles ont droit à une assurance-vie accordée gracieusement par les Etats, du fait du risque systémique qu’elles font porter sur l’économie mondiale. Quoi qu’elles fassent, elles seront toujours soutenues : changement de règles comptables pour éviter des dépréciations, prêts, prise de participation au capital, garantie de plusieurs centaines de milliards d’euros sur leur bilan dans les pays européens, rachat de créances pourries…
Tout a été fait pour les sauver de leurs excès, de leurs mauvais modèles, de leurs règles prudentielles qui n’avaient de prudentielles que le nom. « Le laisser faire a conduit au laisser aller » pour citer Dominique de Villepin. Mais le plus incroyable est l’absence totale de remise en cause de ce système qui a failli mener le monde dans une nouvelle Dépression. Les cours de bourse ne font que sanctionner cet état de fait : les banques ont triomphé sur toute la ligne
."
-En panne d'arguments? Les banques passent à la com'
-Une lueur de changement dans les transactions?:-Le gendarme de la City se prononce pour la taxe Tobin
-Pour lutter contre la spéculation : un pôle financier public
_________________
- Aide aux banques: qui va payer ?
-Comment (peut-on) être banquier ?
- Redoutable pouvoir des banques
-Métastases financières

samedi 13 février 2021

Paradis fiscaux (suite...sans fin?)

 D'ici et d'ailleurs.

                   Enjeux géopolitiques.

   Officiellement, ils auraient disparu, ou presque.
  Cela fait des années que certains proclament que le ménage a été fait, qu'ils n'existeraient même plus. Miracle du verbe! De la part de Moscovici et des autres. Ces derniers jours encore pourtant le problème rebondit. A nos portes.
      La fête paradisiaque continue, malgré les dénégations, de manières diverses et variées
Aux dépends des budgets publics, de la redistribution et de l'investissement productif.
Beaucoup de gesticulations médiatiques à ce sujet  de la part de l' OCDE et de pays pourtant directement concernés...
    La grande évasion continue, sous des formes toujours plus sophistiquées et plus ou moins "légalisées".
   Le feuilleton de l'évasion fiscale continue...
                          "   Loin d être un nouveau catalogue des différentes techniques de l'évasion fiscale tentative vouée généralement à l échec tant l' astuce des fiscalistes est sans limite et la réglementation en perpétuel changement , loin d être une démonstration apportant une impossible solution définitive aux dérives de la finance offshore, ce livre retrace par l histoire les enjeux géopolitiques qui ont toujours dominé le sujet des paradis fiscaux. Si, depuis la crise économique de 2008, l' opinion publique a pris conscience du phénomène, l actualité nous montre que l on est loin des déclarations du président français de l époque affirmant : « Les paradis fiscaux, c est fini ! ». SwissLeaks, LuxLeaks, affaire UBS, etc., chaque mois apporte son lot de scandales. 
     La raison en est simple : les paradis fiscaux ne sont pas un problème pour les grandes puissances tant qu elles réussissent à conserver leur pré carré offshore. Toucher à ces territoires, c est toucher à leur contrôle sur le système financier mondial et donc à leur souveraineté. Loin d être à la marge, la finance offshore est au coeur du capitalisme financier et chaque puissance lutte pour gagner en influence ; le règlement FATCA américain en est un parfait exemple. Ni sujet financier ou fiscal, ni sujet juridique, les paradis fiscaux sont le nouveau grand jeu des rivalités de pouvoir géopolitique entre puissances impliquant aussi certains lobbies industriels et financiers. Destiné au plus grand nombre et illustré de cas concrets, l' angle inédit proposé satisfera autant le lecteur curieux que le connaisseur souhaitant un éclairage nouveau. Il est temps de considérer le paradis fiscal comme une représentation, une construction géopolitique, afin que le débat soit enfin abordé sous son vrai visage...."

         Le problème des paradis fiscaux dépasse largement le cadre fiscal, il remet en cause la souveraineté des États et le consentement des peuples à mettre en commun des efforts - via l’impôt – pour financer un choix de société. Il est donc majeur.

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mardi 26 novembre 2013

L’Illusion Obama.

Aurait pu mieux faire...
                                             Un rêve semble bien passé.
            C'est peu de dire que le Président a déçu une grande majorité d'Américains.
Ils attendaient un changement de nature du pouvoir surtout après l'ère Bush, l'aventurier texan.
     Un an après, des critiques se faisaient déjà jour sur les grandes lignes de la politique menée.
           [  « Is Obama Punking Us ? se demandait le NYTimes  "Obama est de plus en plus emporté par les événements, en même temps qu’il en est leur prisonnier"]
            Il est déjà broyé par le système, diagnostiquaient certains observateurs
"Soucieux de ne pas paraître radical, le président démocrate s’est montré velléitaire, cédant souvent aux pressions de ses ennemis. Nombre des promesses faites en 2008 sont ainsi demeurées lettre morte. Tout en trouvant « injuste que la secrétaire de Warren Buffett paie un taux d’impôt supérieur à celui de Warren Buffett », M. Obama n’a pas modifié la fiscalité des plus riches. Sa réforme du système financier s’est limitée à une panoplie relativement indolore pour Wall Street. Le président démocrate a, et ce n’est pas rien, assuré une couverture santé à des millions de citoyens, notamment aux femmes pauvres, mais son nouveau système d’assurance-maladie a laissé la part belle aux lobbies médicaux. Il n’a pas non plus abrogé les lois hostiles aux syndicats, ni levé les entraves aux libertés publiques mises en place par M. Bush. Quant à la prison de Guantánamo, qui détient indéfiniment et sans jugement des dizaines de « combattants ennemis », elle est toujours ouverte.
Désormais, les Américains eux-mêmes l’éprouvent : leur modèle est malade. Il n’assure plus le changement, même lorsque celui-ci est ardemment désiré ; il menace de déclassement ceux qui imaginent encore que le rêve de mobilité sociale est compatible avec le capitalisme financier.."       
                             La démocratie US ne serait-elle qu'un mirage? se demande un bon connaisseur de la vie politique de ce pays.
La question se pose depuis 2009: qui gouverne à la  Maison Blanche?
    Certains, d'habitude modérés, comme André Kaspi, parlaient déjà d'énigme ou de grande désillusion.
  En 2010, on évoquait la fin d''une sorte de bulle, d'enthousiasme du début, 
On attendait une rupture. Il fut l'otage des lobbies.
   Dans un contexte parfois difficile, il fut certes la cible d'une opposition souvent violente et bornée des Républicains ou de celle, encore plus ultraconservatrice, de Tea Party
    Sur le Moyen-Orient, Guantanamo, l'usage militaire des drones et surtout sur les questions financières et sociales, le bilan n'est pas à la hauteur des espérances..
      Le changement attendu n'a pas lieu, selon le directeur du Harper's Magazine.
Tant de projets abandonnés, de renoncements, de compromissions, juge-t-il
  "...Le 28 septembre 2008, alors qu’un plan de sauvetage des banques agréé par le candidat Obama allait leur allouer une aide d’urgence de 700 milliards de dollars, un parlementaire de gauche, M. Dennis Kucinich, interpella ses collègues : « Sommes-nous le Congrès des Etats-Unis ou le conseil d’administration de Goldman Sachs ? » La question demeure assez pertinente pour que le président américain ait jugé récemment utile de préciser : « Je n’ai pas fait campagne pour aider les gros bonnets de Wall Street. » Toutefois, en 2008, Goldman Sachs, Citigroup, JPMorgan, UBS et Morgan Stanley figurèrent sur la liste des vingt principaux bailleurs de fonds de sa campagne . Le journaliste William Greider résume la situation : « Les démocrates sont placés devant un dilemme : peuvent-ils servir l’intérêt public sans mécontenter les banquiers qui financent leurs carrières ? »
    On peut se demander si on peut réformer les Etats-Unis...
Mc Arthur n'est cependant pas pessimiste. 
     Espère-t-il la venue d'un nouveau Roosevelt?
 Sans doute faudrait-il pour cela une crise majeure, qui mette le pouvoir au pied du mur, pour que se produise une vraie rupture...
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- Obama n’est pas aussi réformateur que Roosevelt ou Kennedy
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vendredi 28 août 2009

Denis Robert: dernières nouvelles

Actualité d'un combat

-"La crise financière internationale fait que le citoyen se sent en droit de demander des comptes à ceux qui ont profité d'un système et entraîné des catastrophes financières et humaines pour des millions d'individus."(D.R.)

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"Le journaliste doit toujours être un contre-pouvoir. Un poil à gratter. Je ne vais pas déroger à la règle."(D.R.)
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-Denis Robert: «Le procès Clearstream sera celui d'une époque»:
"...BibliObs. – Depuis le début de la crise financière, on assiste à une déferlante de déclarations de guerre aux paradis fiscaux. Qu'en pensez-vous ? .
-Denis Robert. – Tout le monde joue en mode «transparency». Les paradis fiscaux sont effectivement au cœur du cyclone. Gouvernements et banquiers cherchent des parades pour sortir des «bad lists» de l'OCDE. Il y aurait beaucoup à dire sur les critères et la qualité de ces listes-.BibliObs. – Par exemple ?
D. Robert. Elles ne sont pas assez radicales. Elles sont faites sous la pression des Etats. Les critères de sélection sont discutables. Les informations fournies par les paradis fiscaux restent floues et peu vérifiables. Tout se fait dans la précipitation. Mais c'est un début. Et on voit bien que contrairement à ce qu'on nous faisait croire - souvenez-vous de Jospin qui avouait sa démission face aux puissances économiques - les politiques peuvent avoir un réel pouvoir quand ils sont acculés. On l'a vu avec Obama qui a poussé UBS à lever une partie de son secret bancaire. Et à un degré moindre avec Nicolas Sarkozy amenant Jean-Claude Junker à trouver des accords de divulgation avec le Luxembourg. C'est embryonnaire compte-tenu de l'ampleur des dégâts. Et si l'opinion et les médias ne maintiennent pas une pression, le soufflé va retomber.-BibliObs. – Et que vous a inspiré le dernier G20 ?
D. Robert
. Les annonces du G20 sont évidemment sans rapport avec la réalité des marchés financiers. Il rentre dans un simple canton suisse deux fois plus d'argent que dans les quatre pays - Costa Rica, Uruguay, Malaisie et Philippines - cités par le sommet comme étant les plus noirs de la planète ! Seulement, même si elles sont critiquées, les annonces du G20 passent. Elles participent du bruit ambiant. On est en situation de crise. Les risques de débordement et de blocage existent. Les politiques redoutent le chaos social. Ils n'ont de cesse de prendre le pouls des citoyens, de construire des messages ad hoc et la stratégie pour les faire passer. On joue la montre et l'isolement des différents lieux où des luttes pourraient dégénérer. On en revient à la maîtrise de la communication....-BibliObs. – Depuis 1996, date à laquelle vous fédériez des juges européens autour de «L'appel de Genève» contre les paradis fiscaux, vous mettez en garde contre la circulation de cet argent invisible. Pensez-vous que la crise vous donne raison ?
D. Robert
. Je ne vais pas m'en réjouir. Une crise liée à la criminalité financière était inévitable. Nous sommes nombreux à avoir essayé d'alerter les politiques à ce propos. Bernard Bertossa, Edmondo Bruti Liberati, Gherardo Colombo, Benoît Dejemeppe, Baltasar Garzon Real, Carlos Jimenez Villarejo et Renaud Van Ruymbeke ne sont pas des naïfs, ni des utopistes. Ce sont des magistrats anticorruption qui, par cet appel, demandaient la création d'un espace judiciaire européen pour lutter contre les malversations financières.-BibliObs. – Comment expliquez-vous que des mesures aient tant de mal à se mettre en place ?
D. Robert
. Il y a un problème d'information. Plus le public sera informé sur ce qu'on peut appeler «les circuits de l'argent invisible», plus la pression se fera sur les politiques et donc sur les banquiers. Les politiques ont laissé les banquiers s'auto-contrôler depuis tant d'années. J'avais posé la question en 2002 à Jean-Claude Trichet alors gouverneur de la Banque de France du contrôle exercé sur les filiales des banques françaises à Vanuatu ou à Caïman. M'inspirant des listings de comptes de Clearstream, je lui avais livré des faits précis. Il avait répondu que ces filiales de banques françaises dépendaient des autorités judiciaires des pays en question. Le patron de la COB avait confirmé. L'hypocrisie du système est résumée dans ces réponses. Aujourd'hui elles ne pourraient plus passer. Donc, la situation évolue positivement. La crise financière internationale fait que le citoyen se sent en droit de demander des comptes à ceux qui ont profité d'un système et entraîné des catastrophes financières et humaines pour des millions d'individus.
BibliObs. –
Qu'est-ce qui pourrait évoluer, concrètement ?
D. Robert
. Par exemple, le rôle des chambres de compensation internationales dans la régulation des marchés financiers. D'ailleurs Barack Obama est en train de créer une chambre de compensation internationale pour les banques américaines qui va concurrencer les deux chambres de compensation européennes existantes : Clearstream et Euroclear. Ces deux multinationales ont le monopole du marché obligataire. Elles sont présentes sur toute la planète et dans tous les paradis fiscaux. Elles voient passer chaque année près de 150 trillions d'euros (150 000 000 000 000 000 000 €). Contrôler les flux de ces monstres financiers permet d'avoir un contrôle sur l'évasion fiscale...."

-Denis Robert - AgoraVox
-Liberté dInformer

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- Journaliste ou journaleux ?

lundi 4 août 2014

Dérapage portugais

 Sainte mais grande piraterie
                                                              Qui compromet un peu plus l'avenir de ce  pays, qui n'avait pas besoin de cela. 
    Il est parfois des banques qui ne sont saintes que de nom...
                               C'est toujours la tourmente et l'hémorragie sociale à Lisbonne.
       Au-delà de la paupérisation et de la souffrance sociale d'un pays, c'est l'exode massif de sa population qui traduit tout le mal-être de la société portugaise face à l'austérité. Soixante-dix mille Portugais quitteraient le pays chaque année pour l'OCDE, 120 000 pour le gouvernement. Quelle que soit l'origine des chiffres, ils font état d'une véritable hémorragie, signe que le pays se vide de ses forces vives. Un exode qui n'est pas sans rappeler celui des années 70 sous la dictature lazariste, un traumatisme encore présent dans tous les esprits. Au total, on estime entre 300 000 et 700 000 le nombre de Portugais qui auraient émigré depuis 2011. Une hypothèque sur l'avenir d'un pays qui voit partir toute une génération de jeunes, le plus souvent diplômés.
     La rigueur se porte bien, l'évasion fiscale mieux encore..
Plus dure sera la chute...si chute il doit y avoir encore. 
         L'Esprit (Espirito) n'a pas inspiré l'élite portugaise et la sainteté (Santo) n'est pas d'actualité...
On est plus proche de la finance criminogène que de la saine gestion bancaire, qui ne fait pas que dysfonctionner...
                De l’évasion fiscale à grande échelle en somme, qui puise son modèle dans les méthodes de la célèbre banque suisse UBS. D’anciens cadres de l’institution helvète se retrouvent d’ailleurs à la tête du réseau portugais, Michel Canals en particulier, en charge du convoi des fonds. Un long voyage. De Lisbonne à Zurich, Genève puis au Cap Vert où l’argent arrivait sur un compte de la banque BPN (Banco Português de Negócios) avant d’être rapatrié au Portugal sur les comptes d’une autre banque, la BCP. D’importants mouvements, dans différents établissements qui n’ont curieusement pas immédiatement éveillé les soupçons des autorités de régulation. 
      Une affaire grave et sans précédent  
                                   Aujourd'hui, il est difficile de connaître l'impact que les prochains scandales à propos de la gestion de la banque auront sur l'économie portugaise. Néanmoins, cité par I, l'analyste Pedro déclare : "Une situation de ce type dans une entreprise cotée en Bourse – la BES a été la plus grande banque du pays en terme de capitalisation boursière cette année – affecte l'image de toutes les autres entreprises." Après l'annonce de la hauteur des pertes de la BES, le titre a perdu 26,6% dans la matinée, devenant ainsi la plus grande chute de tous les temps d'une action à la Bourse de Lisbonne. 
    C'est bien sûr l'Etat qui va opérer le renflouement, pour éviter l'effondrement de ce qui reste de l'économie nationale, voire la contagion aux autres pays.
          Mais quelles poches l'Etat va-t-il faire? La nouvelle Bad Bank va-t-elle laver plus blanc?
"...Les actionnaires et créanciers non prioritaires de Banco Espirito Santo seront appelés à « assumer les pertes » découlant « d'une activité bancaire qu'ils n'ont pas suffisamment contrôlée », a prévenu dimanche le ministère des finances du Portugal. Parmi les actionnaires figure, avec une part de 14,6 %, le groupe français Crédit agricole, qui devra dévoiler  l'ampleur des dégâts lors de la présentation de ses comptes mardi..."
  There is no alternative, disent-ils...
                  Comme disait un ancien directeur de la Banque Mondiale:
                  "Les banques sauvées grâce à l'argent public se retournent vers ceux qui les ont sauvées en disant: payez vos dettes! Leur arrogance est inacceptable " (J Stiglitz)
     Plus que des ravalements de façade, on attend encore une Nuit du 4 Aout dans le domaine des féodalités financières. 
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-L'avis d'un banquier
-Finances et relations politico-médiatiques au Portugal 
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-Relayé par Agoravox
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samedi 22 novembre 2014

Au fil du net

*   Plus de souci pour le secteur bancaire?
   Un jeu truqué.
Faites comme je dis...

*  Quand  Google fait dans la diplomatie secrète.
      Google tisse sa toile...

Une Suisse toujours  accueillante pour les Français. 
     UBS surtout...

*  Nouvelle route de la soie?

Dernières nouvelles de Fukushima.

*  Un mathématicien atypique et hors du commun:  Alexandre Grothendieck.
      Atypique, vraiment.

*  La Chine n'est pas pressée...

*  Etats-Unis : après les subprimes, une crise de la dette étudiante ?
      La fabrique de l'étudiant endetté.

*  SDF en hausse de 44% en 11 ans.

*  Areva va pas...
     Des surcoûts importants. Un fiasco industriel?   Sans avenir?
    «On ne sait pas si on va réussir à le construire. On ne se sait pas à quel prix, il peut être réalisé. De 3,5 milliards d'euros, on est passé à 5 milliards maintenant on évoque le chiffre de 6 ou 7 milliards. Quant à savoir s'il est rentable, on ose même pas se poser la question», résume un cadre dirigeant d'EDF.
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 -Photos
- Revue de presse
- Un film pas comme les autres
 - Anticipation?
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