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vendredi 27 mars 2009

L'Italie m'inquiète aussi

L'effet Berlusconi

Les héritiers du fascisme (pour paraitre plus respectables?)ont dissous leur mouvement, Alliance nationale, pour fusionner avec le parti conservateur de Silvio Berlusconi, Forza Italia, donnant naissance à un grand parti de droite baptisé Peuple de la liberté (PDL)

"Peuple de la liberté": Orwell y aurait-il pensé ?

"Aujourd'hui, Alliance Nationale cesse d'exister, le Peuple de la liberté voit le jour et notre amour pour le peuple italien se poursuit", a déclaré en concluant les travaux du dernier congrès d'AN son leader Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés.

-"En Italie,l'opposition n'existe plus, mais il y a un phénomène bien pire: il n'y a plus d'opinion publique. La mainmise de Berlusconi sur la télévision a ravagé la façon de penser des Italiens"(Nanni Moretti)
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Marco Revelli: «L'Italie n'a plus rien de démocratique» | Mediapart

"..le système politique italien est dans un état de liquéfaction comparable à celui vécu aux pires heures de l’histoire italienne. C’est une crise institutionnelle très profonde, alors que vingt ans à peine se sont écoulés depuis les années d’extrême tension que le pays a connu dans les années 1980.L’ordre du discours politique est aboli et le lien entre la culture politique traditionnelle qui depuis toujours structure le discours politique en Italie a disparu. On assiste au même phénomène au sein de la gauche et du Parti démocrate. Même s’il est toujours préférable d’entendre Fini défendre le parlement ou venir soutenir les immigrés, plutôt que de le voir guider des campagnes xénophobes et demander le rétablissement de la peine de mort...
nous avons assisté à une brusque accélération de la déliquescence du système sous le gouvernement Romano Prodi.

Nous avons définitivement quitté un système parlementaire pur, où les partis politiques jouaient un rôle central et étaient établis sur la base de cultures politiques différentes, pour entrer dans une dimension de démocratie plébiscitaire qui donne les apparences trompeuses d’un bipartisme. Or, aucun des deux blocs n’est constitué en parti politique. Ce ne sont que des conglomérats de professionnels de la politique. De plus ils ont été créés de manière instantanée et sont éphémères. C’est en sortant de sa voiture, en réponse à des journalistes, et non pas à travers un processus démocratique qu’à l’automne 2007, Silvio Berlusconi a annoncé la création du Parti des libertés. C’est cela qui est terrifiant....La charpente de la politique italienne a été modifiée sans que les citoyens en aient été avertis. Aujourd’hui, le cadre politique et les critères qui le régissent et qui permettent de savoir où chacun se situe exactement ont disparu. Le système politique italien est une anomalie, qui n’a plus rien à voir avec un processus démocratique, ce qui le rend d’autant plus dangereux...La droite partage avec Benito Mussolini cette volonté d’obtenir et de conserver le pouvoir à tout prix. Aucune alliance, même avec le diable, n’est à exclure. Tous les coups sont permis. Le rapport avec l’électorat se fait sur la base d’un rapport populiste et émotif sur tous les thèmes abordés et de délégation explicite aux élites gouvernantes et non pas sur celui de la représentation démocratique...
Avec l'aide de la Ligue du Nord et d'Alliance nationale, toutes les opérations de Silvio Berlusconi servent l’objectif d’occupation hégémonique du pouvoir. Jusqu’au vertige, la mise en scène nous offre le spectacle d’un Umberto Bossi, jouant le rôle d’un vieux fasciste, et de Gianfranco Fini, celui d’un vieil antifasciste. Toutes les fractures internes à ces partis qui participent au sentiment de confusion sont dérisoires, seul le maintien au pouvoir compte...
A 90 ans de la naissance du fascisme, différentes formes coexistent en Italie. Il n’y a pas un seul élément de culture fasciste mais plusieurs. Et Alliance nationale continue de distiller ce mode de pensée vénéneux. En dépit de ces choix pragmatiques, en dépit du Congrès de Fiuggi (où a été décidée la scission entre AN et les néo-fascistes les plus durs), il existe un noyau très enfoui de cette culture qui relève plus du sentiment que de l’idéologie et qui se propage tel un virus.Dans la mesure où les anticorps sont totalement neutralisés, la situation est extrêmement préoccupante. En cas d’aggravation de la crise économique mondiale et du contexte social, il est difficile de savoir jusqu’où l’édifice tiendra puisqu’il n’existe pas de structure institutionnelle solide à moyen et long terme. Je suis très inquiet."
-La gauche italienne a-t-elle fait le lit de Silvio Berlusconi? | Mediapart
-Gianfranco Fini se pose en successeur de Berlusconi | Mediapart
-La droite italienne rejoint Berlusconi
-RFI - Italie - Un pacte entre Berlusconi et la mafia ?
-Berlusconi : les liaisons dangereuses
-Malaise à l'italienne
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- l ' ITALIE m'inquiète...
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Citizen Berlusconi -
Berluscobonapartisme ?

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