Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 31 mai 2010

Crise: raisons de la colère

Les Raisins de la colère s'inscrivaient déjà dans un contexte de crise et de dettes, mais les raisons de la colère n'étaient pas explicitées, le désespoir submergeant les pauvres en errance.





[-C'est l'histoire de la famille Joad, lors de la Grande dépression américaine marquée par les séquelles de la crise économique et le Dust Bowl dans le sud du pays. Il raconte la vie des Américains poussés sur les routes et plongés dans la misère pendant la crise économique de 1929 lorsqu'ils sont chassés de leurs terres par les banques qui prennent possession de leurs biens fonciers
. Déjà, l'activité des banques, mal régulée, a conduit non plus à financer l'économie réelle, mais la spéculation malsaine...]
___________Aujourd'hui, dans un contexte différent, mais au coeur d'une même errance financière et économique, à l'aube d'une dépression qui s'annonce peut-être , en tous cas d'une rigueur d'une grande brutalité , tous dans le même bateau, un premier bilan sur les causes est possible

Crise: les raisons d'être en colère:
"...Partie des Etats-Unis, la crise financière s'est transmuée progressivement en une crise économique historique, sans doute même en une crise de civilisation, et par un effet domino interminable, c'est l'Europe qui en fait aujourd'hui les frais, avec en bout de chaîne une cascade de plans d'austérité, dans la foulée de celui décidé par la Grèce, le plus violent de tous.
__Une punition sociale à l'échelle de toute l'Europe, comme pour apaiser des marchés financiers et la spéculation, dont tout ce maelström provient: on comprend qu'il y ait de quoi s'indigner ou de s'inquiéter!En prélude à cette journée de grève et de manifestations...
__Une crise qui résulte de 25 ans de dérégulation
-S'il y a une première raison d'être en colère, c'est évidemment que cette crise qui secoue la planète depuis plus de deux ans vient de loin, de très loin: c'est en quelque sorte l'aboutissement de 25 ans de politiques de dérégulation, qui, dans la foulée des années Reagan aux Etats-Unis, et des années Thatcher en Grande-Bretagne, ont amoindri les pouvoirs de régulation des Etats et donné aux marchés financiers des pouvoirs exorbitants, sinon même tyranniques.
__En Europe, et donc en France, pays rattaché au modèle rhénan, cette vague de dérégulation a pris une force considérable et a modifié toutes les règles non seulement économiques et sociales, mais aussi sociétales. Réforme financière et boursière, libération définitive des mouvements de capitaux, démantèlement de la fiscalité de l'épargne pour accompagner cette réforme des mouvements de capitaux, très fort allègement de la fiscalité sur le capital, déréglementation du marché du travail et démantèlement du droit du licenciement: la France a vécu depuis le milieu des années 1980 une véritable implosion de son modèle économique. Une implosion voulue, planifiée, organisée, de sorte que les marchés financiers deviennent les gardes champêtres de la vie économique...

__"...La spéculation se localise là où il y a une opportunité créée par une anomalie de marché: la spéculation a un rôle régulateur du marché, c'est le gendarme du marché. Vouloir la supprimer, c'est ne pas comprendre le fond de la philosophie du marché
.» (Acte du colloque organisé par la Commission des finances, de l'économie générale et du plan, page 41.Patrick Devedjan)

__Voilà quel a été le credo des politiques libérales et ultra-libérales qui ont été menées tout au long des années 80 et 90: celui de la soi-disant efficience des marchés, qui seraient les meilleurs juges de paix des pratiques de saines gestions...
________La deuxième raison de la colère, c'est assurément la situation des banques qui peut la fournir.Le sauvetage précipité de la CajaSur par la Banque d'Espagne ramène à une réalité que le monde financier et politique aurait bien voulu oublier: quoi qu'elles en disent, les banques sont loin d'avoir assaini leur situation. Pourtant, les gouvernements ont dépensé des fortunes pour éviter l'écroulement du système financier. Ces aides se traduisent par un besoin de financement accru des Etats: 14.300 milliards de dollars en 2010, soit 10.583 milliards d'euros, selon la Cour des comptes.
__Au cœur de la crise financière, la France a mis en place un dispositif très favorable aux banques: 20,7 milliards d'euros ont été accordés aux six principales banques (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel, Caisses d'épargne et Banques populaires), sous forme de titres subordonnés et d'actions préférentielles...
__Malgré ce soutien, les banques n'ont pas tenu leurs engagements d'augmentation de crédit à l'économie (voir en particulier notre article Les banques n'ont pas tenu leurs engagements). Faiblesse de la demande, comme l'invoquent les banquiers ou réticence à prêter? «Les banques avaient plus comme objectif de refaire leur bilan», note la Cour
. Pourtant, en dépit de toutes ces aides, la situation est loin d'être totalement assainie contrairement à ce que voudrait faire croire le monde bancaire...
Protégées par les Etats, qui s'interdisent d'avoir la moindre visibilité sur la situation exacte des banques et encore plus de faire le ménage entre les établissements sains et les autres, ces dernières continuent à faire payer à l'ensemble de l'économie leurs errements passés. Après avoir transmis la charge de la crise financière aux Etats, elles s'érigent en professeur de vertu budgétaire auprès des gouvernements. La charge n'est pas désintéressée: conscientes qu'elles vont avoir besoin de lever énormément de capitaux pour renforcer leurs fonds propres sur des marchés très encombrés – Etats, collectivités locales, entreprises ont aussi besoin de se financer –, elles tentent d'évincer les Etats, concurrents dangereux car les plus crédibles, du marché de la dette...

Des sommets internationaux impuissants-En dix-huit mois, les réunions internationales n'ont pas manqué (voir en particulier nos articles Régulation financière: Etats-Unis 1, Europe 0, La régulation financière européenne se hâte lentement, Réguler la finance et sortir de l'économie de la dette) . Au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, les chefs d'Etat et de gouvernement du G-20 se retrouvaient à Washington le 15 novembre 2008 pour tirer les premiers enseignements de la crise. Défaillance des marchés financiers, opacité et fragilité du système, endettement excessif, cupidité et irresponsabilité des acteurs, paradis fiscaux, bonus et rémunération des dirigeants bancaires et des traders: tout devait être mis sur la table et rediscuté.__A Londres, le 2 avril 2009, les premières résolutions devaient tomber. Que vit-on? Une focalisation sur les paradis fiscaux, qui en quelques jours quittèrent tous les listes noires et grises de l'OCDE et redevinrent tous fréquentables par une opération de secours mutuel. Une surenchère politique dans la dénonciation des bonus et des rémunérations, comme si le sujet était au cœur de la crise financière, mais sans réelle retombée pratique. Sinon, une bataille entre Etats-Unis et Europe pour définir les normes prudentielles les plus favorables à leurs banques...
__La punition grecque:"Ce programme censé assainir la situation de la Grèce risque de l'emmener dans une spirale déflationniste sans issue. D'autant qu'elle n'a ni la ressource d'une dévaluation monétaire, étant dans l'euro, ni celle d'un réaménagement de la dette, refusé par les autres Etats européens plus prompts à défendre leurs banques qu'Athènes.__Selon les prévisions du gouvernement, la récession ne sera pas de 2% du PIB comme prévu antérieurement mais de 4% du PIB cette année et 2,6% en 2011. Au mieux. L'endettement public qui représente 114% du PIB devrait atteindre 148% du PIB en 2013, avant de diminuer, selon les estimations. Autant dire que la charge de la dette sera insupportable dans une économie en récession.__De nombreux économistes ont souligné le danger d'explosion de l'économie grecque confrontée à ce plan de redressement jugé irréaliste. Ni ces avertissements ni les manifestations de la population de la Grèce n'ont amené des changements de programme..."
-«L'abeille et l'économiste», une lecture iconoclaste de la crise financière
-La mémoire courte des marchés
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-La Grèce, l'euro et les spéculateurs

- Finance prédatrice
-Rigueur: pour qui?
-Fin de crise ?

dimanche 30 mai 2010

Martine à l'heure anglaise

Do you care ?

Yes we care !

Un remède à la souffrance sociale?
__Soigner les plaies ou traiter les causes?
-Une société plus douce ou plus juste ? ou plus douce parce que plus juste?

-Après "Désir d'avenir",une formule magique en l'absence de vrai projet, après le déclin?
Un
"artifice de communication"?(JL Bianco)

-Le "care"(difficilement traduisible en français): une notion riche de sens, féconde pour certains, intéressante dans ses dimensions philosophiques, contestée par d'autres au sein du PS.
Vraiment adaptée aux valeurs républicaines?
Une sorte de
néo-blairisme flou, avec des accents reaganiens compassionnels?
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Querelle de mots ou divergences politiques?
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"Martine Aubry parle d'une société du "soin mutuel". L'idée, je crois, c'est que la crise de confiance qui traverse notre pays est une crise du lien social et de la réciprocité. Pour dire les choses autrement, il existe un désir de donner et une crainte de ne pas recevoir"
. Il poursuit : "Plus fondamentalement, ce qui me paraît fécond dans ce concept, c'est la volonté de promouvoir une société plus douce par rapport à celle, très dure, qu'incarne Nicolas Sarkozy, qui semble dire au plus grand nombre : "I don't care"[ce n'est pas mes affaires] ! (...) Le care, à l'inverse, c'est le souci des autres contre le seul souci de soi, c'est la société des égaux contre la folie des egos. Ce que dit Martine Aubry, c'est : "Yes, we care !"(GF)
____-Jack Lang préfère « Yes we can »
Décrétant que ses propos battent un "record de banalités et de poncifs au cm²", le journaliste de RTL, Jean-Michel Aphatie, décerne à l’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité, un "prix de nunucherie".
Il est vrai que la proposition de Martine Aubry a suscité des prises de position passionnées, aussi bien à droite que à gauche.
___
Manuel Valls, le député-maire d'Evry, déclare au journal Le Monde que "cette intention, si noble soit-elle, est une erreur profonde et constitue même un recul pour la gauche et pour le pays". Il considère que c'est une "vieille idée des années 1980" qui "n'est en rien adaptée à la société française d'aujourd'hui dont le modèle de l'Etat providence est à bout de souffle".
De son côté, Jack Lang, interrogé par Le Parisien Dimanche/Aujourd'hui commente :
"quitte à reprendre un terme anglo-saxon, je préfère le "yes we can", plus volontaire, au "yes we care", au goût un peu compassionnel ".
___Dans une tribune au Monde également,
Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'économie numérique répond à Martine Aubry au nom de l’UMP. Elle insiste sur l’angle féministe : "Rien de nouveau sous le soleil, sinon le retour à un discours de l'assistanat social et des bons sentiments, dont je doute qu'il rende justice aux femmes". Le concept est selon elle dépassé car "il enferme les femmes et la réflexion politique dans la seule considération de la souffrance sociale"
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-Mais que veut Martine Aubry?
-La gauche que veut Martine Aubry
:
"...Je crois que nous avons à l'évidence sous-estimé les conséquences du bouleversement du monde du travail et notamment la montée de la précarité et des travailleurs pauvres. Nous n'avons pas réussi à recréer le lien entre les jeunes et la société, dans laquelle ils peinaient de plus en plus à trouver leur place. Et de manière plus globale, c'est l'éclatement même de la société que nous n'avons pas suffisamment pris en compte.
Mais il faut aussi porter beaucoup plus loin l'analyse: le 21 avril, c'est déjà loin, huit ans ont passé depuis. _______Aujourd'hui, il y a d'autres problèmes lourds qui se sont ajoutés comme la dévalorisation du travail, la mainmise de la finance sur l'économie, le repli sur soi...Des replâtrages ne suffiront pas. Le système libéral financier actuel est devenu tellement inefficace et socialement inacceptable, qu'il oblige à repenser un nouveau système fondé sur des valeurs. On ne peut plus donner l'impression de suivre le cours du temps, sous couvert de modernité..
Je pense qu'il faut réguler fortement les marchés. Des outils existent pour remettre la finance au service de l'économie réelle.

__
Séparons par exemple les banques de dépôt et les banques d'affaires et imposons à celles-ci des règles prudentielles pour éviter la spéculation financière. Ou créons un fonds d'intervention public, pouvant accompagner les PME ou soutenir l'innovation. Fixons des taux différenciés d'impôt sur les sociétés, moins élevés pour les profits réinvestis dans l'économie que pour ceux redistribués aux actionnaires... Les travaillistes anglais agissent en ce sens en ce moment: ils créent une nouvelle tranche d'impôt, ils taxent les bonus et les stock-options. La fiscalité reste un instrument majeur pour agir sur la société.
__Il faut réarmer l'Etat dans son action et aussi idéologiquement, au sens plein du terme. Je le redis: le prochain rendez-vous avec les Français se jouera sur les valeurs....
__Une évolution fondamentale est le passage du matérialisme et du «tout-avoir» à une société du bien-être. Il faut pour cela se reposer les questions essentielles. Que produire? Comment produire? Comment distribuer?
__Que produire? Quelle part de ses richesses la nation doit-elle consacrer aux biens communs, comme la santé, le logement et l'éducation? C'est de cela dont nous devons débattre avec les Français. Cela demande de redéfinir ce qui dépend de la puissance publique et ce qui relève du rôle du marché, mais aussi de promouvoir une économie verte et durable, une agriculture raisonnée et responsable, des services ouverts et accessibles à tous, notamment via les nouvelles technologies... C'est presque une nouvelle révolution industrielle que l'on doit mener, où l'Etat doit intervenir dans le marché...."


-La "société du care" de Martine Aubry fait débat:

"...Cette "société du bien-être", du "soin" ou du "care" ("soin" en anglais) va devenir le socle de la réflexion de Martine Aubry. Le "care" est en fait une notion de philosophie anglo-saxonne (David Hume et Adam Smith notamment) qui se centre sur les interactions empathiques, sur le souci de l'autre. L'idée a été modernisée par le mouvement féministe américain des années 1960, devenant une forme de "moralité des femmes", une éthique particulière développée notamment par Carol Gilligan.[Un "care" qui n'a rien de communautariste]
Cette figure du féminisme américain postulait une vision proprement féminine de l'éthique et des rapports sociaux, centrée autour de la notion de prendre soin des autres, qu'elle souhaitait enseigner à l'ensemble de la société et aux hommes. Ses travaux ont inspiré ceux de Joan Tronto, une autre universitaire américaine, qui a modernisé la notion dans Un monde vulnérable, pour une politique du care, paru en 1993. Martine Aubry s'inspire visiblement de cet ouvrage lorsqu'elle résume sa vision du "care" comme un "autre modèle de développement économique, social et durable, mais aussi un autre rapport des individus entre eux". (Lire "Martine Aubry cherche à redynamiser la pensée sociale progressiste".)
___La première secrétaire du PS utilise cette grille de lecture, déjà employée par Anthony Giddens, l'un des stratèges de Tony Blair, dans une tribune consacrée aux retraites et publiée dans Le Monde du 14 avril. Elle y explique qu'il faut "aller vers une société du soin" : "aucune allocation ne remplace les chaînes de soins, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage, l’engagement de la société tout entière. A ce prix, la réhumanisation de notre société prendra tout son sens", estime Martine Aubry...."

-Les mésaventures(et les malentendus)du "care" dans le débat politique français:
"... Le seul scénario retenu par toutes ces critiques(du care)reste celui de l'homme entrepreneur de lui-même, bien loin de toute notion de solidarité et de réciprocité.
Les éthiques du care ne reprennent pas cette option anthropologique, et récusent toute référence à une autonomie décontextualisée.
Leur urgence relève d'une compréhension fine de la réalité humaine et du monde comme interdépendance et vulnérabilité.
A l'heure de la globalisation, de l'ère numérique et d'une crise que beaucoup pensent structurelle, en appeler au care aujourd'hui n'est pas le fruit du hasard, mais participe d'un diagnostic du présent.
L'effet domino de la
crise financière
actuelle en Europe, les délocalisations qui engendrent chômage et précarité, les crises environnementales, les migrations internationales attestent d'une réalité où les vies sont de plus en plus liées les unes aux autres.Il en résulte de nouvelles épreuves sociales de désaffiliation, la contestation de modes de vie considérés comme allant de soi, l'extension de la population subalterne. Il en résulte aussi l'incapacité à imaginer un futur durable au profit de logiques financières à court terme.
Il reste que le care, s'il ne doit pas être la nouvelle formule magique de la gauche, peut être l'occasion de sa remise au travail selon les trois niveaux de la protection, du développement des capacités individuelles et de l'environnement...."

-Martine Aubry cherche à redynamiser la pensée sociale progressiste
-Martine Aubry veut mettre du care dans l’idéologie du Parti socialiste
-Qu'est-ce-que le "care" cher au PS?
-Politique du care contre société du soin
-
Je ne veux pas qu'on prenne soin de moi

samedi 29 mai 2010

Schocking !

Tony et les siens

Money, money, money...

Contrastes en U.K.

Partisan d'une "troisième voie", il devait sortir le Royaume de l'état de coma où l'avait laissé la brutale politique sociale de la Dame de fer
Adepte des vertus du marché au sens néo-libéral, érigés en dogme, il a contribué à la poursuite de la désindustrialisation de son pays et au développement de la finance dérégulée, dont nous constatons aujourd'hui les effets et leurs conséquances: l'effondrement spéculatif


Le bilan est plus que mitigé.
_________________Il s'est assuré une retraite bien occupée et financièrement plus que confortable, jouant sur tous les tableaux, s'assurant des contrats juteux,tout en se donnant une image de grand philanthrope, toujours sans regrets. __(Ici)
________Ce serait moins choquant, si la crise ne créait autant de problèmes, si autant de ses compatriotes ne subissaient une précarité grandissante
.
("Le quotidien de Londres " The Guardian " analysait hier le fossé, qui s’est élargi depuis vingt ans, entre les plus riches et les plus pauvres. " Cela résulte en grande partie de l’augmentation du chômage mais également du marché du travail et de la politique fiscale qui a favorisé les mieux lotis. Plus inquiétant encore, ces difficultés se transmettent de génération en génération. " Pour le journal, " c’est pure hypocrisie " que d’évoquer la création d’une méritocratie quand le système éducatif est plombé en faveur des riches. " La nature autoreproductrice du système est évidente […] . Tout cela se répercute sur le marché du travail. Ces deux dernières décennies, les revenus des 10 % de salariés les mieux payés ont augmenté cinq fois plus que les plus bas.."

-"Place, désormais, au Royaume-Uni « modèle d’austérité »...
Au-delà de la poursuite de la financiarisation de l’économie du pays, le bilan travailliste c’est aussi la création de 4 300 nouveaux types de crimes et délit depuis 1997 ; 86 637 personnes qui servent des peines de prison à perpétuité (le chiffre le plus important de tous les pays siégeant au Conseil européen) ; l’enfermement de 600 enfants de 12 à 14 ans ; la transformation de l’école, la réduction de moitié du nombre de lits d’hôpitaux depuis 1997) ; l’instillation d’outils de gestion d’entreprise dans les services publics et l’accroissement des inégalités. Quel « nouveau départ » espérer des responsables d’un tel bilan ?...
" (R.Lambert)


___En trois ans, 17 millions d'euros : les lucratifs « ménages » de Blair

-Observatoire des inégalités: R.U.
-La pauvreté en Angleterre

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- UK: fin de cycle
-Crise en Grande Bretagne

- -Mirage outre-Manche ?
-Faillite d'un modèle

vendredi 28 mai 2010

BP(ollution): fin du début...?

Barack Obama englué dans la marée noire

-Des dommages immenses et durables, en surface et en profondeur, une "catastrophe terrible" (Obama)...mais pas une fatalité
__Déjà en Alaska, en 2006



-Une pollution longtemps sous-estimée(sans doute l'équivalent d'un Exxon Valdez par semaine), des dégâts sans doute minimisés par la Compagnie _-L'impact environnemental de la marée noire sera "très modeste" selon le patron de BP_, des problèmes sanitaires graves ("L’environnement n’est pas le seul à payer le prix de la corruption, de l’indifférence et des agissements criminels du gouvernement et du secteur privé. Tout comme dans le cas du 9/11, c’est les travailleurs et les équipes de secours qui s’intoxiquent suite à l’utilisation de produits toxiques sans qu’on leur apporte les protections nécessaires. Des pêcheurs rapportent aussi des malaises causés par les produits chimiques utilisés par BP.-François Marginean)
Des conséquences économico-politiques prévisibles...

________-Même si la fuite de pétrole a officiellement cessé dans le golfe du Mexique -[Opération "top kill"]- , ce qui n'est pas encore assuré, les dégâts sont déjà considérables
-Les négligences coupables de BP sont maintenant clairement et publiquement soulignées
-Sous la pression d'une campagne de presse devenue virulente et d'une opinion révoltée, Obama va créer une commission d'enquête, après avoir beaucoup tergiversé, et commence à évoquer la question du tout pétrole et de l'addiction à l'"excrément du diable"...
-Début d'une réflexion majeure sur l'american way of live ou posture de circonstance?
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Opération 'Top Kill' pour Obama
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-L'insupportable impuissance face à la marée noire-
-Le trou noir du Golfe
-BP achète des mots de clé sur Google et Yahoo
-Les marées noires oubliées du delta du Niger
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Deepwater Horizon Le geyser de pétrole se poursuit
"Tel que vu dans l’article « Le Tchernobyl des pétrolières », la situation dans le golfe du Mexique n’est guère reluisante. En fait, il pourrait s’agir de la pire catastrophe pétrolière jamais connue. Et cela se poursuit de plus belle : le geyser de pétrole perforé par l’avarice des pétrolières dans une des réserves les plus profondes et pressurisées de la planète continue de jaillir sans arrêt dans le fond du golfe.-Requiem pour le golfe du Mexique-..._
_Les compagnies pétrolières... ont profité d’une protection provenant du Oil Pollution Act qui inclut une limite maximale de $75 millions en responsabilité civile pour les dommages que BP, ou tout autre compagnie pétrolière pourrait être forcée de payer les coûts autres que le nettoyage du pétrole, qui demeure sous leur entière responsabilité.__Pour mettre ce $75 millions en perspective, il faut noter que BP a fait $93 millions de profits chaque jour lors des trois premiers mois de 2010. En d’autres mots, il faut moins d’une journée de profit à BP pour couvrir les frais qui leur sont imposés. Le coût des dommages causés par BP sont enlevés de leurs épaules pour être ensuite placés sur le dos des gens et de la communauté qui doivent alors payer pour ce désastre corporatif. (Source)
__Il y a eu des tentatives aux États-Unis pour faire augmenter ce plafond de $75 millions en responsabilité civile des compagnies pétrolières à $10 milliards, mais elles ont été contrecarrées par la Républicaine de l’Alaska, Lisa Murkowski, qui a opposé son objection.

by SkyTruth

Cette fuite constante de pétrole pourrait être 19 fois pire qu’il a été initialement estimé. Des images vidéos du geyser de pétrole situé dans les profondeurs du golfe du Mexique ont été rendues publiques il y a environ une semaine. Il apparait que ce serait autour de 95 000 barils de pétrole, soit un peu plus de 15 millions de litres, qui s’échapperaient quotidiennement, selon ce qu’a indiqué un professeur en ingénierie au Congrès américain la semaine passée.__________Ces images vidéos ne sont pas venues immédiatement après l’explosion de la plate-forme du Deepwater Horizon, comme il aurait dû logiquement se passer, mais bien un mois plus tard, seulement après que des scientifiques et membres du Congrès aient forcé BP de le faire. BP a d’ailleurs été accusée, en consultation du Congrès, de retenir des informations pertinentes concernant le fond marin, ainsi que de bloquer les efforts de scientifiques indépendants pour déterminer la quantité réelle de pétrole brut s’échappant quotidiennement dans le golfe du Mexique...

__BP a concédé qu’effectivement, il y a beaucoup plus de pétrole qui se disperse dans le golfe du Mexique qu’ils ne le présageaient, alors que le pétrole brut lourd commence à toucher les zones humides de la Louisiane, 35 jours après l’explosion du Deepwater Horizon. D’ailleurs, il semble que ce qui est visible à la surface n’est que la pointe de l’iceberg. En effet, des scientifiques ont découvert qu’il existait de vastes colonnes de pétrole à la dérive sous la surface, dont une mesurant plus de 16km de long, 4km de large et 100 mètres d’épaisseur.__Des chercheurs de l’Institut national de la science et la technologie sous-marine disent avoir détecté plusieurs nappes de pétrole tentaculaire se déployant juste sous la surface de la mer et à des profondeurs de 1200 mètres. Les scientifiques ont déclaré que les dispersants chimiques utilisés par BP dans le golfe du Mexique semblent avoir pour effet d’empêcher le pétrole de faire surface. Essaient-ils de dissimuler le pétrole sous le tapis ?...

Une chose est certaine, ces corridors sous-marins de pétrole s’étendant sur des kilomètresempoisonner et suffoquer le vie marine à travers la chaîne alimentaire, entrainant des dommages pour les décennies à venir. Une menace non seulement à la faune marine, mais aussi pour la pêche commerciale et l’industrie touristique de la Louisiane jusqu’en Floride. Selon Samantha Joye, professeur en science marine à l’Université de la Géorgie, les chercheurs ont trouvé davantage de colonnes de pétrole sous l’eau qu’ils ne peuvent compter. Les principales conséquences de celles-ci sont de retirer de vastes quantités d’oxygène de l’eau par les microbes qui consomme le pétrole, un phénomène amplifié par les dispersants chimiques qui nourrissent ces microbes. Ainsi, cette eau mélangée au pétrole est toxique pour certains organismes et néfaste pour la quantité d’oxygène contenu dans l’eau et cela peut interrompre la chaîne alimentaire à son plus bas échelon, ce qui aura un impact sur les autres organismes qui en dépendent. C’est pourquoi l’écosystème pourrait bien prendre des années, ou même des décennies pour s’en remettre.__le pétrole brut a fait ses premières apparitions sur les berges et dans les marais de la LouisianeEn Floride, on se prépare d’ores et déjà à l’arrivée de ce cauchemar et des impacts sérieux à leur industrie du tourisme. La côte Atlantique est maintenant menacée au fur et à mesure que le pétrole se répand dans la région. et une partie de ce dégât est entrée dans un puissant courant qui pourrait le porter vers la Floride, Cuba et au-delà.

Mais BP insiste qu’il s’agit d’un déversement modéré.__Pourtant, le pétrole visqueux se retrouvant dans le dédale de marais le long de la côte du golfe pourrait se révéler impossible à nettoyer, laissant un ragoût toxique mortel pour les poissons et la faune, selon des fonctionnaires et des scientifiques indépendants. Les fonctionnaires envisagent des solutions radicales et risquées : ils pourraient mettre le feu à des zones humides, ou inonder des zones dans l’espoir de faire flotter l’huile et la récupérer.
Ils ont averti qu’un nettoyage agressif pourrait ruiner les marais et faire plus de mal que de bien. La seule option viable pour de nombreuses zones touchées est de ne rien faire et laisser la nature dissoudre le pétrole. C’est précisément ce que la déréglementation dans le secteur pétrolier a finalement créé : des ravages écologiques.

L’environnement n’est pas le seul à payer le prix de la corruption, de l’indifférence et des agissements criminels du gouvernement et du secteur privé. Tout comme dans le cas du 9/11, c’est les travailleurs et les équipes de secours qui s’intoxiquent suite à l’utilisation de produits toxiques sans qu’on leur apporte les protections nécessaires. Des pêcheurs rapportent aussi des malaises causés par les produits chimiques utilisés par BP. Mais d’un autre côté, les médias ignorent le fait que Goldman Sachs, le Blackstone Group et Apollo Management sont propriétaires de Nalco, le fabriquant du dispersant Corexit utilisé par BP. La question posée par la journaliste Paula Quinlan du New York Times est bien simple : pourquoi utilise-t-on Corexit alors qu’une douzaine d’autres dispersants sont moins toxiques et plus efficaces...___Mais BP a refusé les demandes de l’EPA d’utiliser des dispersants moins nocifs, alors la Maison-Blanche a donné l’ordre à BP de couper de moitié les quantités de Corexit dispersées dans l’eau du golfe du Mexique. Le problème est qu’il y a déjà plus de 2 500 000 litres de dispersants chimiques déversés dans l’eau.___La Garde côtière américaine assure désormais la protection des intérêts financiers des sociétés privées en essayant de censurer une histoire que le public a besoin de connaitre. Comme l’a rapporté CBS News : « Quand CBS News a tenté de rejoindre la plage couverte d’huile, un bateau d’entrepreneurs de BP, avec deux officiers de la Garde côtière à bord, nous a dit de faire demi-tour sous la menace d’arrestation."
La Garde-côtière affirment qu’ils agissent sous l’autorité de BP
: "Ce sont les règles de BP, pas les nôtres". Voir cette vidéo. Ainsi, la Garde-côtière menace des journalistes d’arrestation pour vouloir documenter ce désastre pétrolier.

Conclusion:Personne ne semble savoir quoi faire pour colmater ce puissant geyser de pétrole. BP a essayé différentes solutions, mais aucune ne fonctionnent, et selon la American Association of Petroleum Geologists, on peut envisager que cette situation perdure pendant des années. Une nouvelle donne est le benzène qui s’évapore continuellement dans l’atmosphère et qui présente un danger non seulement pour les personnes âgées et les gens ayant des problèmes respiratoires, mais aussi pour la population vivant dans la région du golfe du Mexique en entier."___.-Par François Marginean

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-Pétrole à tout prix ?


jeudi 27 mai 2010

Europe vassalisée

Comment l'Europe s'est soumise

-Vers une Europe encore plus asservie ?

P.Mendés-France: " L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale. "


-"Il était naïf de croire que grâce à un simple coup de peinture, l’UE deviendrait un poids lourd politique mondial. Pendant des années, nombreux ont été ceux qui ont cru a une « Europe-puissance » autonome sur la scène internationale. L’entrée des nouveaux membres depuis les années 90 a fait basculer les rapports de force internes et tué définitivement les velléités de ceux qui rêvaient d’une Europe politiquement forte. C’est donc le schéma anglo-saxon qui s’est imposé, une Europe de plus en plus réduite à une zone de libre-échange très intégrée dans un ensemble politico-économique transatlantique au sein duquel ce qui faisait la force et l’originalité du « modèle européen », cède chaque jour un peu plus de terrain devant l’avancée des conceptions les plus ultralibérales." (P.Charasse)
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Points de vue:
-Entretien avec Pierre Charasse sur la crise européenne:
__________________________"...Il faut resituer cette crise dans le cours des événements de ces 20 dernières années et dans une perspective géopolitique à moyen et long terme. La crise grecque et ses derniers développements ont confirmé, si c’était nécessaire, que l’Europe politique n’existe plus. L’Europe a projeté l’image de sa désunion et a révélé sa faiblesse au reste du monde. La monnaie européenne aurait dû être l’expression la plus forte d’une union politique achevée. Phénomène incroyable, on a instauré l’Euro sans créer un gouvernement économique. Entre les présidents de la BCE, de l’Eurogroupe, de la Commission, du Conseil, la présidence semestrielle (Espagne) et les “poids lourds Européens” Sarkozy, Merkel, c’est une belle cacophonie !

Il est ahurissant que les gouvernements de la zone euro se soient interdits de contrôler leur monnaie ! Aucun pays au monde, même le plus libéral, n’applique avec autant de zèle le dogme ultra-libéral du “laisser-faire”. La BCE ne répond à personne, les gouvernements sont impuissants, mais apparemment satisfaits de l’être, car aucun ne propose de remettre la BCE et l’euro sous contrôle ! La nature ayant horreur du vide, à partir du moment où l’on demande au FMI de participer au plan d’aide à la Grèce, on place l’Europe sous la coupe des Etats-Unis, puisque aucune décision du FMI ne peut se prendre sans l’accord des américains. La réforme des droits de vote au FMI annoncée au G20 va réduire le poids des européens, mais les Etats-Unis conservent intacte leur minorité de blocage (16% des votes).

Donc, la concertation entre les présidents Obama, Sarkozy, et la chancelière Angela Merkel s’inscrit tout à fait dans le cadre d’un transfert du pouvoir de décision aux Etats-Unis puisque les Européens ne peuvent plus rien faire sans l’accord de Washington. C’est pourquoi le Président Obama se sent tout à fait autorisé à prescrire aux pays en crise les conditionnalités de l’aide : réduire les dépenses publiques, diminuer les retraites, les salaires des fonctionnaires etc. Lui, au moins exerce sans états d’âme le pouvoir que lui donne l’architecture financière mondiale. Et nos gouvernements se disent soulagés que les Etats-Unis, enfin, les « prennent en charge » ! C’est sans doute ce qu’ils entendent par « gouvernance mondiale »...

La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis. Les gouvernants pensent qu’ils sont « mandatés » pour suivre cette ligne, qu’ils ont été élus sur ce programme, le seul possible, et c’est pourquoi ils n’ont pas le sentiment de trahir les intérêts européens. D’une part ils sont convaincus qu’ils incarnent le désir conscient ou inconscient des européens de se sentir de plus en plus américains.
D’autre part, ils pensent que « soudés » aux Etats-Unis ils seront plus forts pour faire face à la montée en puissance des pays émergents non-européens ou aux éventuelles « menaces » réelles ou supposées contre l’ordre occidental du monde. Dans ces conditions, on ne peut même pas définir l’UE comme une organisation régionale. C’est un espace politique, économique, financier et militaire européen subsidiaire du territoire nord-américain. Paradoxalement, avec la crise de l’euro cet ensemble transatlantique achève de se structurer au moment où les Etats-Unis s’enfoncent dans une crise profonde et où leur leadership mondial est contesté. Avec le traité de Lisbonne on a confié à l’OTAN la défense de l’Europe, maintenant c’est la monnaie qui passe sous contrôle américain : défense et monnaie sont les deux attributs fondamentaux de l’indépendance auxquels l’Europe a renoncé.
La politique américano-britannique a finalement atteint son objectif de torpiller le projet d’une Europe politiquement et économiquement forte et indépendante.
..

Avec une Europe contrôlée par les Etats-Unis il me paraît logique que l’Euro tende progressivement vers la parité avec le dollar, c’est à dire que l’on s’achemine vers une dollarisation de la zone euro. Dans la logique économique et financière dominante, ceci conviendrait à la fois à l’Europe car elle retrouverait la compétitivité qu’elle a perdue avec un euro fort et aux Etats-Unis qui parachèveraient ainsi leur main mise sur l’Europe. __Le poids de l’Europe dans le commerce mondial diminue rapidement, et face à l’irruption de nouveaux acteurs commerciaux comme la Chine, l’euro ne pourra pas conserver sa place de grande monnaie d’échange à côté du dollar. Il faut aussi se souvenir qu’avec l’élargissement à l’Est de l’UE dans les années 90, les nouveaux venus se sont ouvertement prononcés pour la dollarisation de l’Europe. Leur aspiration profonde est d’appartenir à la zone dollar, ce qui « verrouillerait » le dispositif de sécurité au sens large que leur donne leur appartenance à l’OTAN : ils souhaitent un double parapluie américain, la défense et la monnaie. Pour eux l’euro c’est bien, mais le dollar c’est mieux ! Et peu importe si l’économie américaine est en ruine. Ce sont des restes des traumatismes de la guerre froide et de leur perception de la « menace » que constitue toujours pour eux la Russie.

Le plan de « sauvetage » euro-américain fera d’une pierre deux coups :
d’une part il permettra de consolider le leadership américain face aux BRIC et en particulier à la Chine, qui est la véritable obsession des américains. L’Europe comme centre de pouvoir mondial pouvant faire contrepoids aux Etats-Unis dans la « famille » occidentale » est rayée de la carte. La consigne est donc de faire bloc derrière le leader naturel du monde occidental, c’est ce qu’Obama a demandé à ses alliés européens dès son élection, pour tenter d’enrayer une perte inexorable d’influence dans le monde. Mais de la part des européens c’est une politique à courte vue, une fuite en avant, qui nie la réalité des nouveaux rapports de force qui se mettent en place dans le monde.
D’autre part, il donnera le coup de grâce à ce qui reste du modèle social européen en généralisant le tatcherisme à tout le continent.

Pourtant il n’y avait aucune fatalité dans cette évolution de l’Europe, elle a été délibérément décidée. Au risque de paraître nostalgique et ringard, je pense que l’Europe aurait dû et pouvait suivre un autre chemin que celui de sa dissolution/désintégration dans le bloc occidental. Mais y a-t-il aujourd’hui une majorité d’européens pour partager cette aspiration ? Les élections qui ont lieu dans les différents pays n’indiquent pas que les européens demandent un changement de cap. Malgré les mouvements sociaux qui commencent à se manifester, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de se plier aux injonctions du FMI et du marché. Les « socialistes » au pouvoir ou dans l’opposition acceptent comme inévitable le traitement de choc imposé par leur ami Dominique Strauss-Khan...

Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. Elle a su habilement tirer profit de son appartenance à l’UE tout en gardant les mains libres. Son déficit public est colossal, mais elle invente l’expression péjorative des « PIGS » pour désigner les parias de l’Europe (en majorité méditerranéens). Elle ne participe pas au sauvetage de la Grèce, et bloque toute tentative de réguler les fonds spéculatifs situés dans leur grande majorité à la City de Londres. Très fort ! L’Allemagne est aussi très proche des Etats-Unis mais défend des intérêts qui lui sont propres. Quand au Président Sarkozy, sa crédibilité est très faible. Tout en prétendant peser sur les grands débats mondiaux et « refonder le capitalisme », il accepte en réalité que tout continue comme avant. La réforme du système financier international est en panne, ses grandes déclarations contre les spéculateurs ou les excès du marché ne sont suivis d’aucun effet. Au-delà de nos frontières, son discours n’est pas pris au sérieux et ses gesticulations paraissent bien dérisoires...."

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La vision Européenne de Pierre Charasse
_______-Geopolintel
- PROPOSITION DE RÉSOLUTION DU PARLEMENT EUROPÉEN, par Pervenche Berès
- Pourquoi il faut sortir de l'U.E
-
L’architecture du bloc euro-atlantique
-Régulation financière: Etats-Unis 1-Europe 0
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- Vers deux euros ?
-Une France américanisée ?
-Nouvel ordre politique mondial ?
- Vers l'Union atlantique ?
-Vers une Europe asservie ?

mercredi 26 mai 2010

Gaza: jours ordinaires

Plus d'un an après...

Le bout du tunnel est encore loin

-Après« choc et effroi », une terre maudite, asphyxiée, comme le processus de paix



La vie malgré tout...

____-Une flottille de sept navires veut briser le blocus israélien de Gaza
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-Sous terre et sous les bombes, le quotidien des Gazaouis de Rafah
"Creuser, étayer, déblayer sans relâche : voilà le quotidien des ouvriers d'Abu Sleeman, propriétaire d'un tunnel à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, régulièrement bombardée par les F-16 israéliens.
Depuis le début du blocus, des centaines de ces tunnels permettent à la population de subsister. Dans un passionnant documentaire diffusé sur LCP-AN, deux reporters racontent ce périple sous le sable.Le film s'appelle « Rue Abu Jamil », du nom de la dernière artère de la ville palestinienne de Rafah avant la frontière égyptienne. Il commence fin décembre 2008, quand Israël bombarde la bande de Gaza. Trois semaines plus tard, il ne reste plus rien des centaines de tunnels qui permettent aux Gazaouis de respirer pendant le blocus imposé par Israël depuis la victoire du Hamas.Alexis Monchovet et Stéphane Marchetti nous racontent le travail de fourmi d'Abu Sleeman et des autres, qui reconstruisent peu à peu le boyau avant de recommencer leur contrebande de marchandises, du sac de ciment au lama vivant.
Ces deux reporters français connaissent bien la ville frontalière, où ils ont vécu et qu'ils ont dépeinte dans « Rafah, chroniques d'une ville dans la bande de Gaza » (2006). Diffusé dans le monde entier, ce film leur a valu le prix Albert-Londres en 2008.Cette fois, ils s'enfoncent dans le tunnel et narrent cet étrange quotidien, entre le travail de forçat sous terre et les bombardements de F-16 la nuit, en surface. Le film, en arabe sous-titré, est dépourvu de voix off. Choix appréciable qui a pour effet de réduire la distance entre le téléspectateur et les protagonistes du documentaire.
__Au lendemain des bombardements, les Gazaouis évaluent les dégâts et commencent immédiatement à réparer les tunnels bombardés
.

Depuis juin 2008, Israël et le Hamas ont signé un cessez-le-feu. Les habitants de Rafah n'en voient pas vraiment la couleur. Après leur journée de travail, les ouvriers rentrent chez eux pour, parfois, devoir en sortir fissa en raison de l'arrivée des F-16.__Dans cet extrait, on suit Abu Sleeman qui cherche un refuge avec sa famille pendant des bombardements. « N'ayez pas peur ! », répète-t-il sans cesse à ses fillettes. Mais la caméra montre qu'il n'est lui-même pas très rassuré…

Loin de l'immédiateté parfois spectaculaire des reportages de JT, « Rue Abu Jamil » montre très pudiquement le quotidien de ces Gazaouis de Rafah. Sans parti pris, le film se contente de recueillir leur parole."

-Dialoguer avec le Hamas
Paroles de soldats israëliens:
"L’opération Plomb Durci prétendait arrêter les tirs de missiles du Hamas. Mais la question des missiles Qassam avait été résolue avant que l’opération ne commence. L’accord de cessez-le feu entre le Hamas et Israël depuis le 19 Juin 2008 avait amené une réduction drastique du nombre de missiles tirés depuis Gaza, qui était passé de quelques centaines par mois à environ une douzaine sur une période de cinq mois. C’est Israël qui n’a jamais appliqué son engagement de mettre fin au siège de Gaza, a violé le cessez-le feu en novembre 2008 en attaquant des cibles dans la bande de Gaza, a pour l’essentiel ignoré la proposition du Hamas pour renouveler la trêve et a finalement lancé l’opération Plomb Durci quelques semaines plus tard.

__
Le véritable objectif de cette opération était différent de celui annoncé par les autorités israéliennes. Le véritable objectif n’était pas d’arrêter les Qassams, mais de renverser le gouvernement du Hamas. En tant que telle, l’opération a échoué. Le Hamas à Gaza est plus fort que jamais.
__Un an après cette guerre brutale, il est nécessaire de changer de stratégie. Israël devrait commencer à entamer immédiatement des pourparlers avec le Hamas, à négocier non seulement un cessez-le feu, mais aussi sur les « questions fondamentales » qui doivent entrer dans un accord de fin de conflit. Il est clairement dans l’intérêt d’Israël d’entamer un dialogue ouvert avec le Hamas.__Tout d’abord, parce que le Hamas ayant été démocratiquement élu à Gaza et ayant gagné la confiance et le respect d’une partie importante du peuple palestinien, tous ceux qui espèrent résoudre ce conflit seront finalement obligés de négocier avec ce groupe.
__Deuxièmement, le Hamas s’est montré capable d’offrir la paix et la tranquillité aux citoyens vivant au sud d’Israël. Comme il l’a démontré précédemment, le Hamas a une forte emprise sur toutes les organisations agissant dans la bande de Gaza et peut faire appliquer une trêve.
__En troisième lieu, un échange de prisonniers est notre seule chance de libérer Gilad Shalit, le soldat enlevé. En retour, Israël libérera des centaines de prisonniers du Hamas, parmi les 8000 palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Un tel marché peut avoir une influence apaisante sur l’opinion publique tant en Israël qu’en Palestine et pourrait marquer une étape importante vers la réconciliation entre les deux peuples.
__Le Hamas est actuellement l’ennemi d’Israël, mais on fait la paix avec ses ennemis, pas avec ses amis. Le Hamas est également un mouvement puissant, pragmatique et bien organisé, qui peut-être un futur partenaire avec lequel Israël peut « conclure un marché ». Les réticences à reconnaître le Hamas comme étant la partie au pouvoir dans la bande de Gaza résultent en une stratégie qui a échoué et doit être remplacée. Une nation qui est à la recherche d’une paix véritable ne peut se permettre d’ignorer ses partenaires.
Arik Diamant et David Zonsheine sont les fondateurs de Courage to Refuse, un mouvement de soldats réservistes israéliens qui refusent de servir dans les territoires occupés. En Novembre 2009, ils ont lancé une initiative appelant Israël à ouvrir un dialogue avec le Hamas..."
_______-
D'autres Juifs déchirés______
___-En Israël des voix s'élèvent pour dénoncer la guerre contre le Hamas et Gaza ainsi que les calculs de politique intérieure des dirigeants israéliens.
______Israël: rompre l'engrenage
__Palestine: blocus
-Les tunnels de Gaza : au jour le jour
-Les tunnels de Gaza
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-GAZA: un an après

mardi 25 mai 2010

Quelle délinquance?

Délinquance:
_____________un phénomène complexe, à redéfinir,relativiser, à contextualiser, à dédramatiser, à
analyser, contre les fantasmes,détournements, mises en scènes médiatiques et instrumentalisations de la peur



Les violences urbaines en d'autres temps

Une délinquance peut en cacher d'autres d'une autre ampleur, autrement dévastatrices...
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- Au VIIIème siècle avant J.-C., Hésiode écrivait, dans Les travaux et les jours : « Je n'ai plus aucun espoir pour l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. Notre monde atteint un stade critique. Les enfants n'écoutent plus leurs parents ».
C'est donc à bon droit que le sociologue M. Sébastian Roché, lors de son audition par la commission d'enquête, a constaté à titre liminaire que «
Structurellement, la délinquance des jeunes a toujours existé ».
[ -L'Encyclopédie de L'Agora: Délinquance]
____- La République, la politique et l’émeute
__
Prévention de la délinquance
_Evolution de la délinquance juvénile en France

___Délinquance et immigration en France : un regard sociologique
_Délinquance, justice et autres questions de société
___Conférence de Gérard Mauger
_La révolte des banlieues à travers les livres
___Les habits nus de la République
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-"La frénésie sécuritaire qui tient actuellement lieu de politique n’est en réalité qu’une forme particulière de gestion de l’urgence. Elle ne voit guère plus loin que le bout de son nez. Une politique digne de ce nom est une politique volontariste qui, au contraire, se projette dans le temps, qui veut changer la donne et qui fait pour cela un pari sur l’avenir. Ainsi la prévention n’est pas une vague sensiblerie que des personnes « laxistes » ou « droits-de-l’hommistes » développeraient envers et contre tout « bon sens ». Elle n’est pas une attitude compatissante qui s’opposerait à la ferme répression. Prévention et répression sont deux choses fondamentalement différentes, qui se situent dans des temporalités différentes. La répression n’est qu’une façon de gérer l’instant, seule la prévention est une véritable politique au sens où elle cherche à préparer l’avenir. La gestion de l’urgence se limite fatalement à désigner des coupables (les jeunes et leurs parents)." (L.M.)

-" On vit dans une société vieillissante, donc c’est un enjeu électoral pour les politiques. Ce gens plus âgés se sentent plus vulnérables, c’est le mot-clé. Leur sentiment d’insécurité est en fait un sentiment de vulnérabilité.Il ne leur arrive pas grand chose, mais au cas où ça arriverait... ça fait très peur à l’avance.
Ce sont des gens, ils l’ont toujours été à toutes les époques, qui sont aussi très sensibles aux discours décadentistes - « c’est de pire en pire, ils sont de plus en plus jeunes, il y a de plus en plus de violence, etc. ».
Au moment des blousons noirs, dans les années 50, ils disaient « c’est quoi cette jeunesse ? Ils écoutent une musique de fou, ils s’habillent n’importe comment, ils ne respectent plus rien, il n’y a plus de valeurs... ». Il y a une récurrence. Sauf que dans notre société les gens sont plus nombreux, ils sont encore plus anonymes et individuels et ils sont matraqués au quotidien, d’un côté par les discours des politiciens intéressés, et de l’autre par un traitement médiatique des faits-divers qui les terrifient lorsqu’ils regardent la télévision..."(L.M.)
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-Violence des jeunes : vrai ou faux problème ?
"... Laurent Mucchielli ,Sociologue et historien, directeur de recherches au CNRS, auteur, notamment, de nombreux ouvrages de référence sur la délinquance, co-signe avec Véronique Le Goaziou La violence des jeunes en question (Champs social
éditions), une étude basée sur des données statistiques, historiques et judiciaires qui démonte la plupart des idées reçues sur le sujet.
Il replace également la délinquance des jeunes dans le contexte socio-politique actuel alors que les rapports entre la population et la police (et la gendarmerie) se dégradent et que se réduit notre seuil de tolérance face aux petits litiges quotidiens.
Il y a plus de délinquants car il y a plus d’infractions nouvelles. Ce qui n’était pas considéré comme un infraction en est devenue une. Cela vaut pour toute la société et pas seulement pour les jeunes. On finira bientôt par admettre que des policiers gardent à vue des enfants pour un vol de goûter.
« Nos sociétés sont rendues amnésiques par des médias en quête de nouveauté et de sensation qui se complaisent souvent dans le traitement de faits-divers », écrit Laurent Mucchielli. Des médias qui brodent sans cesse sur de vagues concepts - violence gratuite, zones de non-droits, ultra violence - qui ne recouvrent rien de concrets dans les faits.
Laurent Mucchielli ne nie pas qu’il existe une violence des jeunes, il analyse les discours qui la mettent en exergue pour mieux nous faire peur avec la figure récurrente de l’ennemi intérieur..."
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-L'école brûle-t-elle?
-Enfance et violence
-Futurs délinquants?
-Ghettos: maux et mots
-Enfant-roi ou parents infantilisés ?
- Individualisme: positif ou négatif ?