Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 24 juillet 2018

Israël: vers un apartheid renforcé?

Un pas important vers un apartheid de fait.
                       Beaucoup d'Israëliens, qui ne sont pas tous juifs ou croyants le disent et s'en alarment:
   Certains Israëliens semblent avoir la tête ailleurs.
       Alors que d'autres, et non des moindres, sonnent le tocsin.
              IL y a une absolue priorité actuellement.
 Le chef d'orchestre israëlien Daniel Barenboim s'exprime avec véhémence.
      On se demande si c'est la vraie nature du régime qui se révèle ainsi?
      En effet, sachant qu'il y a tant d'arabes en Israël, on peut s'inquiéter, dans l'intérêt même du pays, du fait que le Parlement israélien a adopté jeudi 19 juillet un projet de loi définissant Israël comme "l'Etat-nation du peuple juif", dont un article controversé qui prévoyait de réserver de nouvelles localités à des juifs a été amendé. Ce texte adopté par 62 voix contre 55 stipule notamment que l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient jusqu'à présent tous les deux considérées comme des langues quasi-officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.  Le projet de loi stipule également que les "implantations juives en Israël relèvent de l'intérêt national".
    Une régression, que cette démocratie seulement définie pour les citoyens juifs.
     Un réel renforcement des discriminations, les arabes  étant déjà des citoyens de seconde zône, qui ne réclament, en tant qu' Israëliens, que d'être des citoyens à part entière et parfois de ne plus être des arabes méprisés.
  La droite extrême, majoritaire à la Knesset, se rend t-elle compte qu'elle prépare des jours plus que difficiles en votant une telle loi?
  L'obstination et l'aveuglement continuent sous Netanyahu, dans sa vision à court terme et étroitement identitaire et nationaliste.
   Un Netanyahu qui ne craint pas des fréquentations douteuses en politique étrangère, même vis à vis de régimes peu favorables à la judéité: Nos amis les antisémites, comme titrait Haaretz; ironiquement, mais amèrement....
   Et il est de moins en moins admis de critiquer la politique d'israel, comme si cela revenait à se ranger du côté de l'antisémitisme. Argument bien rodé, maai qui passe de moins en moins bien.
         [Composant près de 18 % de la population israélienne, soit près de 1,4 million d'habitants, ces descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël possèdent en théorie les mêmes droits que leurs compatriotes juifs israéliens. Ils disposent même de 13 députés au Parlement (la Knesset), au sein de la Liste unifiée, une coalition regroupant le parti d'extrême gauche Hadash ainsi que trois formations arabes...]
         Est-ce que les critiques minoritaires qui fusent à Tel Aviv parviendront à se faire entendre?
             ... C'en est fini du camouflage hypocrite : le parlement israélien a adopté le 19 juillet une loi qui reconnaît la vraie nature de l’État d’Israël : nationaliste, ségrégationniste, raciste et communautaire. Par 62 voix contre 55, avec deux abstentions et un absent, la Knesset a approuvé un texte qui définit Israël comme « l’État-nation du peuple juif ». La loi  proclame  « le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif », déclare l’hébreu seule langue nationale, rétrograde l’arabe à un « statut spécial » et affirme que « Jérusalem entière et unifiée »est la capitale de l’État.
    Ce document législatif qui confère « une valeur nationale » au « développement et à la consolidation d’implantations juives » entre dans la catégorie des « lois fondamentales » qui font, en Israël, office de constitution. C’est dire son importance historique.
    Abolie, donc, la vieille fiction de « l’État juif et démocratique » telle qu’il était défini par la déclaration d’Indépendance. « Si l’État est juif, il ne peut être démocratique, observe dans Haaretz l’éditorialiste Gideon Levy, car il n’existe pas d’égalité, dans ce cas, entre les citoyens juifs et les citoyens non-juifs. S’il est démocratique, il ne peut être juif car la démocratie ne peut instaurer un privilège fondé sur l’ethnicité. Israël déclare qu’il est l’État-nation du peuple juif et non l’État de ses citoyens ou l’État des deux peuples qui vivent en son sein, poursuit Gideon Levy, il a donc cessé d’être une démocratie égalitaire, pas seulement en pratique, mais aussi en théorie. C’est pourquoi cette loi est aussi importante. C‘est une loi de vérité ».
      Cette « loi de vérité », qui organise l’établissement de communautés séparées, fondées sur l’ethnicité ou la religion et crée les conditions d’une situation légale d’apartheid dénoncée par les défenseurs des droits humains, a été a adoptée après un débat incendiaire au terme duquel les 13 députés représentant la minorité arabe (près de 20 % de la population israélienne) ont quitté la salle après avoir déchiré le texte soumis au vote.
     « C’est la fin de la démocratie, a tweeté le député arabe Ahmed Tibi, membre de la Knesset depuis près de vingt ans. Et le commencement officiel du fascisme et de l’apartheid. Un jour noir. Un nouveau jour noir. » Yael German, député du parti centriste d’opposition Yesh Atid estime, de son côté, que « cette loi est une pilule de poison pour la démocratie ». « C’est une loi raciste », résume Dan Yakir, conseiller juridique de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI).
   Proposée et défendue par la majorité d’extrême droite, ultranationaliste et religieuse sur laquelle s’appuie Benjamin Netanyahou, elle a été combattue en vain par ce qui reste du centre et de la gauche dans ce parlement qui dérape un peu plus vers le culte de l’intolérance et de la violence à chaque élection. Un dérapage que Netanyahou, menacé par plusieurs poursuites judiciaires pour corruption et enrichissement illicite, se garde bien de contenir, multipliant au contraire les postures et propos démagogiques à l’encontre des Palestiniens et de leurs droits, pour conserver le soutien du noyau dur de ses partisans.
           Même le président de l’État, Reuven Rivlin, pourtant membre du Likoud, – parti du premier ministre –, et le procureur général de l’État Avichai Mandelblit, ancien procureur militaire, ont manifesté leurs réserves ou leurs réticences. En vain. « Cette loi, a averti le chef de l’État, sera une arme entre les mains des ennemis d’Israël ». « Attention aux ramifications internationales », a insisté le magistrat. Ni l’un ni l’autre, manifestement, n’ont été entendus par le premier ministre et sa majorité de colons et de religieux, favorables à la ségrégation entre les citoyens juifs et arabes et partisans de l’annexion de la Cisjordanie occupée.
     Il est vrai que depuis la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, puis le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, et les multiples manifestations d’amitiés et signes d’encouragement prodiguées par Donald Trump, Netanyahou juge avoir les mains libres pour agir à sa guise. Ce dont il ne se prive pas.
   Après avoir fait abattre par les tireurs d’élite de l’armée plusieurs centaines de Palestiniens non armés qui manifestaient le long de la barrière qui sépare Israël de la bande de Gaza, il a renforcé le blocus de ce territoire surpeuplé qui manque déjà de tout – à commencer par l’eau potable – avant d’ordonner des frappes aériennes contre des cibles du Hamas. Le tout dans l’impunité totale et l’indifférence quasi globale de la communauté internationale. Malgré le risque d’embrasement que les attaques du Hamas et les offensives israéliennes font peser sur la région.... [René Bacckman]
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- ...La langue arabe étant jusqu'à présent  une langue nationale ; désormais, elle ne bénéficie plus que d'un « statut spécial ». Ce point contredit une des conditions posées par l'ONU en 1949 lors de l'entrée d'Israël dans l'organisation internationale.
Les craintes portent donc désormais sur le caractère discriminatoire de cette loi : puisque le mot « démocratie » en est absent et que le caractère juif de l'État est renforcé, comment être sûr que cela ne donnera pas lieu à une inégalité entre citoyens ? demandent les députés arabes de la Knesset...
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