Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 9 décembre 2020

En attendant le vaccin

L'aventure commence   (notes)

                Entre impatience et incertitudes. C'est (presque) parti .   Bojo ouvre la voie, triomphalement, pour faire oublier ses errements sur le sujet et avancer ses pions.   Rien n'est gagné; il reste des zônes d'ombre.

           Il y a un an,"... l’arrivée rapide des premiers vaccins contre le Covid-19 semblait improbable. Le temps de la recherche a donc été défié. Mais cette exceptionnelle rapidité, combinée au manque de transparence des firmes pharmaceutiques, suscite une avalanche de questions. D’abord, sur l’efficacité réelle de ces boucliers anti-Covid-19, sur leur capacité ou non à éradiquer le virus. Ensuite, sur les risques de voir apparaître des effets secondaires qui auraient été mal évalués, dans la hâte générale d’emprunter la seule porte de sortie à la pandémie qui semble à notre portée aujourd’hui.                      Les taux d’efficacité annoncés en grande pompe par les laboratoires apportent des premières indications sur la capacité du vaccin à éviter la survenue des signes de Covid-19.   Ce n’est pas parfait. Car dans l’idéal, un vaccin empêche de tomber gravement malade mais permet aussi de stopper la circulation du virus en bloquant la transmission. Les vaccins contre la fièvre jaune et la rougeole s’approchent par exemple de cet idéal.       À défaut d’entraver totalement la propagation du virus, la solution proposée actuellement par les différents laboratoires permet au moins d’éviter que les personnes infectées tombent malades, et on l’espère, contractent des formes graves.    En cela, il est comparable au sérum contre la grippe saisonnière. Avec, semble-t-il, des taux d’efficacité supérieurs, si l’on en croit les annonces spectaculaires de Pfizer-BioNTech le 9 novembre et de Moderna une semaine plus tard, au-delà de 90 % ; puis dans une moindre mesure, d’AstraZeneca, encore une semaine après. Ces résultats très partiels, mais encourageants, laissent escompter que les personnes vaccinées auront de grandes chances de moins tomber malades du Covid-19.                         En revanche, ces données communiquées par voie de presse ne livrent aucun élément sur la capacité de ces produits à empêcher la circulation du virus. Les personnes infectées de manière asymptomatique ne sont pas comptabilisées. Et pour cause, cette information n’est pas recherchée de prime abord. Cela ne fait pas partie de l’objectif principal des expérimentations menées par les fabricants.                        « Pour réussir à savoir si le vaccin limite la transmission du virus, il aurait fallu pratiquer des tests PCR tous les deux jours pour vérifier que les dizaines de milliers de volontaires des essais cliniques ne sont pas infectées par le virus, c’est inimaginable », signifie Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d’immunologie clinique et maladies infectieuses au CHU Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne).       Dans leur protocole de recherches, Moderna et AstraZeneca ont prévu des analyses de sang régulières des patients avec tests sérologiques pour tenter de déterminer dans un deuxième temps ceux qui ont été infectés, symptomatiques ou non (lire aussi Vaccin contre le Covid-19 : la guerre de communication entre les laboratoires). « En réalité, beaucoup d’asymptomatiques ne deviennent pas séropositifs : ils ont eu le virus mais cela n’est pas détecté. On risque donc de ne pas obtenir de résultats significatifs », prévient Jean-Daniel Lelièvre.      En revanche, l’immunologiste espère en récolter davantage à ce sujet en réalisant une expérimentation académique sur le vaccin Moderna. Elle sera complémentaire aux tests menés par le laboratoire dans le cadre de l’initiative Covireivac, une plateforme française d’essais cliniques sur les vaccins pilotée par l’Inserm, comme annoncé le 2 décembre. Ses conclusions sont attendues avec impatience, mais l’étude n’a pas encore débuté. La grande inconnue risque de demeurer, au moins après l’autorisation de mise sur le marché des premiers vaccins accordée en France, attendue fin décembre ou début 2021..."                   _____La prudence reste de mise. Il y a les vaccinosceptiques de toujours, systématiquement opposés à ce qui leur paraît un danger par définition, et les vaccino-prudents qui se posent légitimement des questions sut l'efficacité du produit et ses effets dans le temps. La course effrénée au "meilleur" produit stimule certes la concurrence, mais l'ampleur du marché et les aides massives d'Etat vont garantir de plus juteux profits aux plus grands groupes pharmaceutiques. Dans les Ehpads, les premiers concernés, la situation sera difficile à gérer. L'aventure est lancée, comme nous n'en avons jamais connue de cette ampleur et de cette urgence, malgré toutes les questions...____________

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