Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 23 décembre 2020

Vaccination: question de croyance?

Un pari rationnel

                       A-t-on le choix?  On peut se poser bien des questions sur l'extrême et exceptionnelle rapidité de la mise sur le marché d'une parade jugée pour l'instant suffisamment efficace pour parvenir à atténuer de manière relativement efficace les effets d'un virus qui redouble d'activité, voire à les neutraliser au plus vite.     Ce n'est pas le virus qui tue, mais les réactions qu'il suscite dans certains organismes par de violentes et parfois fatales réactions auto-immunes. Face aux critiques systématiques de tous poils, il faut y aller, au vu des tout premiers résultats.  Ce qui n'empêche pas de se poser quelques questions légitimes, comme ce médecin qui se situe sur une ligne de crête, prudent mais résolu. La perfection rationnelle est hors de notre portée, dans une médecine qui gardera toujours un part d'empirisme,  mais faut le faire, surtout vu l'urgence, avec les connaissances que l'on a. Nous n'avons pas le choix, le court terme et le souci altruiste nous impose sa loi. Et mieux vaut rire que périr...:

          * Point de vue:                .."Nous sommes fin mars 2020. Depuis plusieurs semaines maintenant, nous augmentons jour après jour le nombre de lits de réanimation de notre hôpital. Il y a désormais plus de 60 lits de réanimation, deux fois plus qu’en temps normal. Cinq médecins réanimateurs dorment à l’hôpital tous les soirs, contre deux médecins habituellement. Il faut s’occuper des patients hospitalisés, très souvent intubés et endormis profondément, parfois même mis sur le ventre. Il faut également s’occuper des appels incessants du Samu qui cherche des lits disponibles pour accueillir des patients en réanimation. Le téléphone sonne quasiment en continu. Et puis, il faut aller voir régulièrement ces quatre ou cinq patients que nous avons laissés dans les salles d’hospitalisation traditionnelle, faute de place en réanimation, sous de très forts débits d’oxygène et qui nécessiteraient d’être surveillés de plus près. Cinq médecins, ce n’était pas trop.        Cette nuit-là, il aura fallu également répondre plusieurs fois au téléphone pour parler à la famille de monsieur V., un patient d’une quarantaine d’années hospitalisé en réanimation pour une forme foudroyante de pneumonie Covid. Cette famille, qui n’avait pas le droit à l’époque (et comme toutes les autres familles) de sortir de chez elle, de se rendre à l’hôpital et d’espérer pouvoir apporter un peu de réconfort à leur proche ou en puiser un peu auprès de lui en pouvant le voir, le toucher, lui parler. Nous ne comptons plus le nombre d’appels qu’il y a eu cette nuit-là et toutes celles qui l’ont précédée. Ils nous imploraient et nous suppliaient d’administrer de l’hydroxychloroquine à leur proche. Parfois avec des larmes, parfois avec des cris.                              Quand bien même nous aurions cru aux prophéties de l’époque, ce médicament n’aurait eu pour vocation que d’éviter la maladie ou d’éviter une forme grave. Dans tous les cas, c’était déjà trop tard. Monsieur V. est décédé quelques jours plus tard. Malgré les interdictions en vigueur, nous avions fait venir ses proches auprès de lui quelques minutes avant son dernier souffle.    Monsieur V. n’est pas décédé parce qu’il n’a pas eu d’hydroxychloroquine. Monsieur V. est décédé parce que la médecine n’a pas réussi à le sauver. Monsieur V. est décédé parce que la science du mois de mars 2020 ne savait pas quelle était la bonne thérapeutique pour éviter cela. Aujourd’hui, nous savons.    Qu’on le veuille ou non, la médecine française, la médecine européenne, la médecine du monde occidental est une médecine de preuves. Nous avons cru pendant des mois avoir la solution sous nos yeux, cachée subtilement dans un médicament qui existerait déjà et que nous utiliserions tous les jours, mais pour lequel nous serions incapables d’en voir les facultés aseptisantes. Maintenant que nous avons une solution sous nos yeux, nous ne voulons plus voir.    La médecine de preuves, pragmatique, scientifique, n’est peut-être pas la meilleure manière de la pratiquer mais c’est celle que la société et nos ancêtres ont choisie au cours du temps. C’est celle qui est enseignée dans toutes les facultés de médecine et qui est pratiquée partout en France, en Europe, en Occident. Elle n’est pas parfaite. Elle ne permet pas de guérir tout le monde ni de soigner toutes les maladies. Mais elle est notre repère.          Une solution est là. Oui, nous le savons, beaucoup de gens feront des réactions mineures à l’injection du vaccin. Quelques personnes feront probablement des réactions plus graves et certaines en décéderont peut-être, indéniablement. Le moins possible, nous l’espérons. Certaines personnes ne seront pas suffisamment protégées par le vaccin et attraperont tout de même le coronavirus. Certains diront «ça n’a servi à rien». D’autres diront «je n’aurais pas dû». Oui, tout cela est vrai. Cette pandémie a fait prendre conscience à la population que la médecine n’est pas une science exacte. L’être humain n’est pas toujours exact.   Les mêmes personnes qui étaient prêtes à intoxiquer la population tout entière de médicaments détournés de leur intérêt initial et associés à des effets indésirables notables sont aujourd’hui les premières à retrouver un faux-semblant d’esprit scientifique et à tenter de décrier l’intérêt d’une vaccination de masse, tant attendue par la population il y a encore peu de temps.        Après plus de huit mois d’une lutte acharnée, nous nous apprêtons à débuter un nouveau combat. Pendant des mois, la société nous a torturé l’esprit en nous demandant quelles seraient, le cas échéant, nos stratégies de triage ou de priorisation pour l’admission des patients en réanimation. Pendant des mois, des milliers de patients ont eu le sentiment d’avoir de la chance d’être hospitalisés en réanimation, tellement la peur de suffoquer à l’entrée de l’hôpital sans pouvoir y entrer se faisait sentir. Ils ont parfois même culpabilisé d’avoir pris la place de quelqu’un d’autre. Pourtant, il serait maintenant si simple de ne plus avoir à mener ces réflexions insolvables.     Il n’est plus question de croyances. Il n’est pas non plus question de politique. Il s’agit d’une question d’humanité, de société et de respect. Vaccinons-nous !.."

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