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vendredi 31 août 2018

Ils sont fous ces Gaulois!

Les Gaulois sont dans la peine... ♫♪             (sur un air bien connu)
                                     Pauvres Gaulois que nous sommes!
             Toujours à recevoir des coups, même de la part d'un Gaulois comme un autre.
      Si César admirait le courage des "Gaulois", comme il disait, son compatriote Macro ne fut pas de ce bois-là.
    Décidément, l'histoire et les chefs d'Etat ne vont pas ensemble.           Rappelons-nous de Sarkozy qui prenait quelques libertés avec notre histoire nationale pour en faire une histoire bling-bling, mieux l'instrumentaliser et galvaniser "son" peuple.
    Voilà notre Président, à l'étranger s'il vous plaît, qui décoche courageusement quelques flèches à notre pauvre peuple à forte tête. Comme s'il n'était pas l'un des leurs!...
     Il est vrai que nous avons souvent résisté aux pouvoirs en place, jusqu'à aller trucider un roi, à renvoyer de Gaulle à La Boiserie, à ne plus faire confiance à Hollande.
   Peuple ingouvernable? Oui sans doute, dans une certaine mesure...Encore heureux bien souvent!
     Mais l'essentiel n'est pas là.
         Dans son élan, le Président, reprenant un vieux mythe national, fait semblant de croire que les Gaulois auraient existé comme peuple.
    Non, les Gaulois n'ont jamais existé, si l'on sort du roman national conforté par Michelet et Lavisse, à l'époque où il fallait faire front à l'ennemi d'Outre-Rhin.
    Il y a des mythes qui ont la peau dure, traces de l'enseignement d'antan, mais peu à la hauteur d'une érudit déclaré comme Emmanuel.
     Il serait encore difficile de l'évoquer, même à titre déclaré ironique  pour une succès populaire facile et une critique à distance.
    On a les références que l'on peut.

  Astérix n'a rien arrangé et Macron n'est pas une assurance tout risque, malgré le génie qu'il veut incarner. Par Toutatis, revenons à plus de sérieux!
    La Gaule est une invention des Romains, ça commence à se savoir.
     Le récit "gaulois" est relativement récent.
           Qu'on se le dise, jusqu'aux confins du Danemark...
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mercredi 21 septembre 2016

Plus Gaulois que moi...

Quand l'histoire redescend dans l'arène
                                                                 Une grand classique
             La fable sarkozienne de retour.
                          Voici revenir les temps des (pré)campagnes électorales et l'éclosion des idées simples, trop simples.
      Il faut frapper les esprits endormis et faire feu de tous bois en réveillant de vieux mythes historiques et susciter attention et adhésions. L'histoire est régulièrement convoquée.
   Mais, trop souvent, l'histoire à la petite semaine.
        Revient le plat mal réchauffé de l'identité nationale, cette pente glissante, propre à tous les dérapages, qui, obsessionnellement répété, finit par ne plus avoir grand sens, comme une nébuleuse floue, objet de toutes les idées simples et de tous les amalgames, de toutes les arrière-pensées..
    Donc, il nous refait le coup, audacieux mais un peu empêtré; nous sommes tous des Gaulois, même descendants de Magyars ou petit-fils de Zorba..
      Comme si l'injonction d'assimilation à une culture avait besoin de passer par des idées simplistes.
     La manipulation des symboles et les approximations historiques ont  souvent servi les ambitions des bateleurs de préau d'école en mal de notoriété. Parler à l'inconscient des gens, même sous les formes les plus grossières, n'a pas fait reculer celui qui veut gagner les émotions, faute de gagner les intelligence.
      Revisiter l'histoire avec de gros sabots, tordre et instrumentaliser les faits de manière intéressée sur le théâtre politique ne trompent pourtant pas longtemps.
                Evoquer l'histoire avec un minimum de sérieux demande un autre esprit, d'autres moyens et d'autres circonstances.
        Les Gaulois  (noms donnés par les Romains) ne formaient pas un groupe homogène,encore moins une nation. On a beaucoup fabulé sur une réalité historique complexe .. Il y avait des peuples gaulois.
       Il faut du temps et des connaissances pour faire la part des choses et éventuellement déconstruire modestement certains mythes historiques pour façonner une image un peu moins floue de ce que l'on peut savoir de nos origines.
    L'histoire de France élaborée à une époque bien particulière par Lavisse, qui a forgé l'esprit patriotique de nos grands pères, cette histoire largement mythique et hagiographique, n'a pas encore déserté certains manuels ou certains discours engagés.     Lavisse reste encore parfois un peu présent dans les esprits, lui qui disait: « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu'il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d'Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c'est un malheur que nos légendes s'oublient, que nous n'ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie.
     Il est toujours important de s'attacher à une histoire bien enseignée, qui permette de contribuer à entretenir une mémoire essentielle, à construire un  civisme et une  vraie identité, à mieux comprendre le présent pour mieux préparer l'avenir.
          La défense de l'histoire n’est jamais bien loin de la défense de la démocratie.
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_ Les gaulois sont dans la peine
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samedi 8 novembre 2025

Question d'identité

 Les Gaulois revisités (entre autres)                                                                                                                                                                               La France "éternelle" comme disait De Gaulle: un mythe.  Plutôt un grand remplacement perpétuel                                 ...L’enquête de Jean-Paul Demoule, qui publie “La France éternelle, une enquête archéologique aux éditions La Fabrique met en lumière une population française, résultat de brassages incessants poussés par l'histoire des frontières et des mouvements de populations.  Les évènements historiques qui forment les chapitres du "roman national" contredisent l'idée reçue d'une nation forgée à partir d'un peuple homogène et éclaire sur le défi qui est celui de la France depuis les temps anciens : sa capacité à gérer la cohabitation des populations issues de ces mouvements historiques..."         La France ne vient pas "du fond des âges", elle s'est constituée tardivement, après bien des vicissitudes, dont beaucoup restent ignorées. A condition que l'on tienne compte de la préhistoire, qui est aussi de l'histoire. Et quelle histoire!                      

                                           Les "barbares" (notions toute relatives) ont aussi leur histoire propre.   Quant aux Gaulois, ils formaient une réalité multiple, éloignée des images d'Epinal encore présentes dans certains discours, idélogiques ou non.                                                    Revient le plat mal réchauffé de l'identité nationale, cette pente glissante, propre à tous les dérapages, qui, obsessionnellement répété, finit par ne plus avoir grand sens, comme une nébuleuse floue, objet de toutes les idées simples et de tous les amalgames, de toutes les arrière-pensées.. Avant et depuis Sarkozy

     Il nous refait le coup, audacieux mais un peu empêtré; nous sommes tous des Gaulois, même descendants de Magyars ou petit-fils de Zorba..
      Comme si l'injonction d'assimilation à une culture avait besoin de passer par des idées simplistes.
     La manipulation des symboles et les approximations historiques ont  souvent servi les ambitions des bateleurs de préau d'école en mal de notoriété. Parler à l'inconscient des gens, même sous les formes les plus grossières, n'a pas fait reculer celui qui veut gagner les émotions, faute de gagner les intelligence.
      Revisiter l'histoire avec de gros sabots, tordre et instrumentaliser les faits de manière intéressée sur le théâtre politique ne trompent pourtant pas longtemps.
                Evoquer l'histoire avec un minimum de sérieux demande un autre esprit, d'autres moyens et d'autres circonstances.
        Les Gaulois  (noms donnés par les Romains) ne formaient pas un groupe homogène,encore moins une nation. On a beaucoup fabulé sur une réalité historique complexe .. Il y avait des peuples gaulois.
       Il faut du temps et des connaissances pour faire la part des choses et éventuellement déconstruire modestement certains mythes historiques pour façonner une image un peu moins floue de ce que l'on peut savoir de nos origines.
    L'histoire de France élaborée à une époque bien particulière par Lavisse, qui a forgé l'esprit patriotique de nos grands pères, cette histoire largement mythique et hagiographique, n'a pas encore déserté certains manuels ou certains discours engagés.     Lavisse reste encore parfois un peu présent dans les esprits, lui qui disait: « Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu'il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d'Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c'est un malheur que nos légendes s'oublient, que nous n'ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie.
     Il est toujours important de s'attacher à une histoire bien enseignée, qui permette de contribuer à entretenir une mémoire essentielle, à construire un  civisme et une  vraie identité, à mieux comprendre le présent pour mieux préparer l'avenir.
          La défense de l'histoire n’est jamais bien loin de la défense de la démocratie.   _
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jeudi 9 février 2017

Barbares et barbaries

Ils viennent jusque dans nos bras...♪♫♪
                                                     S'il est un terme ambigü, à connotations variées et à forts jugements de valeurs, c'est bien celui-là
        Au point que l'on n'oserait plus l'employer, tant ses acceptions sont diverses et confuses
  Dans le langage courant, la connotation de ce terme est le plus souvent morale et implique une répulsion, une condamnation implicite devant des actes individuels ou collectifs marqués par l'excès de violence, la démesure dans le déchaînement du mal, de la cruauté humaine dans certaines situations.
      Mais, il faut dépasser ce point de vue spontané, comme l'avait fait  Lévi-Strauss , parlant en ethnologue,  en disant de manière en apparence paradoxale: le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie, faisant référence aux meurs de ceux qu'on appelait "primitifs" et dont on pensait qu'ils étaient hors humanité, les rejetant hors de la culture par méconnaissance et ethnocentrisme.
    Les barbares, ce sont aussi les peuples qui surtout  à la fin de l'Empire romain, ont traversé nos régions, en s'y fixant souvent, dont toute une tradition disait qu'ils semaient désolation et terreur. Ces barbares, dont beaucoup d'entre nous descendent, qu'ils soient Bourguignons ou Normands...
    Un historiens comme Bruno Dumézil nous a montré toute la diversité et les apports de ceux dont nous pensions longtemps que nous ne leur devions rien, ou pire (Les Normands pilleurs, les Huns massacreurs...selon une légende tenace)
      Les barbares viennent d'au-delà des frontières de l'Empire romain. Sur ce point, tout le monde s'accorde. Mais les origines réelles de ces populations demeurent incertaines.__Les sources des VIe et VIIe siècle affirment que les barbares ont accompli un long périple avant de franchir le limes rhéno-danubien, qui forme la limite septentrionale du monde romain.__Leur lieu de naissance serait à chercher au nord de la Germanie, voire en Scandinavie.__Toutefois, depuis une trentaine d'années, historiens et archéologues remettent en cause les affirmations des textes médiévaux.__Beaucoup de spécialistes croient désormais que les peuples barbares se sont constitués au contact direct de l'Empire, à partir de petites tribus déjà largement romanisées.   ______ Les Francs   représentent une partie de nos racines, beaucoup de Wisigoths ont fait souche et les Gaulois,,enrobés de légendes, sont loin d'avoir eu la vie fruste qu'on leur a longtemps prêtée.  Bref, le terme de barbarie est d'abord basé sur l'ignorance,historique longtemps explicable. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux..
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          Les Grecs, à l'origine de la notion de barbare, ont eux-mêmes eu du mal à la définir. L'historien Thucydide, au Ve siècle av. J.-C., y introduit déjà une nuance péjorative. Chez lui, le terme « englobe aussi bien d'authentiques non-Grecs, comme les Thraces ou les indigènes de Sicile, que des peuples du nord-ouest de la Grèce tels que les Illyriens, les Étoliens ou la Acarnaniens. Si Thucydide désigne ces derniers comme des barbares, c'est parce qu'il considère comme arriérées ces populations des marges de la Grèce qui n'étaient pas organisées en cités ».  _____À l'époque romaine ou plutôt gréco-romaine, cette vision tend à prévaloir, par exemple dans le regard que portent Grecs et Romains sur les Gaulois, au IIe siècle av. J.-C. « Que les Gaulois aient dès cette époque incarné la figure du barbare sauvage par excellence, les sources grecques en attestent amplement. L'accent est mis sur l'impiété des Gaulois, pillards, sacrilèges que seule l'intervention d'Apollon put détourner de Delphes, mais aussi sur leur férocité guerrière, comme en témoignent les statues du type du Galate mourant en provenance du royaume hellénistique de Pergame. »____Cette vision change au début de notre ère à mesure que Rome étend son empire. « L'ex-ennemi barbare devient un provincial, construit temples et thermes, et adopte la toge, en un mot se romanise (...). Ainsi, les auteurs de l'époque impériale décrivent les Germains au combat en des termes identiques à ceux dont usaient César ou Tite-Live à propos des Gaulois ». Au terme de cette évolution, après l'édit de Caracalla (212) qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire, le barbare n'est plus que l'étranger qui vit en-dehors de l'empire.

       En 235, la fin de la dynastie des Sévères marque le début du Bas-Empire ou de l'Antiquité tardive, ainsi que l'irruption des barbares sur la scène intérieure de l'empire romain. « Le péril barbare devint progressivement un facteur central de la vie de l'Empire ».___Au siècle suivant, sans que les barbares en soient forcément responsables, les richesses tendent à se concentrer. Dans les campagnes, une poignée de grandes villae au luxe démonstratif se substituent au tissu de villae antérieur. « L'ancienne pyramide sociale s'orienta dès lors vers une bipartition entre les puissants et les pauvres (...). Dès lors, les pauvres pouvaient être facilement amenés à se révolter, si le maître dont ils dépendaient était trop dur, si la pression fiscale devenait trop forte, si la justice impériale était trop favorable aux puissants. Quitte à passer dans le camp des ennemis de l'Empire s'ils estimaient ne plus rien avoir à perdre. Parmi les barbares du IVe et surtout du Ve siècle, on trouvait probablement beaucoup de Romains déclassés, notamment dans les espaces frontaliers où les identités étaient malléables ».____Les vrais barbares, en échange de leur accueil dans l'Empire, sont astreints à une forme de service, dont le plus saillant est le service militaire. Quelques-uns mènent une belle carrière et parviennent même au consulat malgré le handicap de leurs origines. Plusieurs tentent de faire oublier celles-ci. « En 397 et 398, Stilicon, devenu régent de l'Empire d'Occident, fit ainsi passer des lois pour interdire le port de vêtements non romains à l'intérieur de la ville de Rome » (hum, hum)._____À côté de ces barbares qui servent l'Empire avec loyauté et diligence, « on voit se multiplier les groupes résidant sur le sol romain mais dont le statut est difficile à définir : entrées plus ou moins légalement, ces troupes réglaient leur comportement sur l'attitude que le pouvoir impérial avait envers elles. Correctement nourries et soldées, elles soutenaient loyalement le prince qui les payait. Mais si leurs chefs s'estimaient mal traités ou mésestimés, ils menaient des opérations d'intimation, voire de pillage »._____À partir des années 370, les autorités concluent avec les nouveaux arrivants des traités (foedus) qui en font des « fédérés ». « Une fois installés dans une province, les barbares fédérés avaient le droit de conserver leurs chefs et leur organisation interne ; ils recevaient en outre un ravitaillement en vivres ou en terres permettant de se nourrir ».

     Les historiens et archéologues contemporains tendent à s'accorder sur le fait que les tribus barbares qui ont assailli l'empire romain étaient moins des ethnies que des groupes d'intérêts. ____ Pour comprendre la naissance des royaumes barbares, sans doute faut-il considérer que beaucoup de peuples dont les historiens romains nous relatent les ravages au Ve siècle étaient avant tout des groupes militaires. On y trouvait des individus d'origines très variées, et notamment beaucoup de populations de la frontière, que rejoignaient un nombre important de Romains déclassés. Parfois, il est vrai, le chef d'une armée errante s'appuyait sur une identité ethnique jugée prestigieuse : Alaric se présenta ainsi comme un roi des Goths, même si tous ses hommes n'étaient pas d'ascendance gothique.___Chez ces groupes militaires, le sentiment d'appartenance ethnique s'accroissait à mesure que l'on remportait des victoires en commun ».___Paraphrasant Simone de Beauvoir (et Guillaume Tabard, Le Figaro, 20 septembre 2016), nous pourrions écrire à la suite de Bruno Dumézil : « On ne naît pas Goth, on le devient ». À vrai dire, ce processus d'acculturation nous semble universel. Ainsi, en Afrique australe, au début du XIXe siècle, le prestigieux chef Chaka réunit autour de lui des aventuriers de diverses origines et constitue par le fer et le sang la nation zouloue. ___Aux siècles mérovingiens, les qualificatifs de Francs et Romains n'ont plus rien d'ethnique. À l'époque carolingienne, au IXe siècle, la fusion est consommée entre les différentes populations. La frontière entre civilisation et barbarie redevient géographique et distingue les chrétiens des païens. (Merci à Hérodote.net et à André Larané)

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lundi 13 décembre 2021

Trafiquants de l'histoire

 Tordre les faits  ou les respecter?

                        Pour manipuler les foules ou les éduquer?.   L'histoire peut être une connaissance rigoureuse, quand elle est confiée à des spécialistes formés et critiques, en dehors de tous préjugés, de manière neutre et documentée. Mais elle peut s'avérer dangereuse si elle est manipulée, instrumentalisée par des esprits, souvent incultes, qui veulent l'utiliser à leur convenance, sans souci d'objectivité, à seule fin de conditionner les esprits, souvent ignorants, pour les mener à une interprétation faussée et parfois dangereuse du passé. C'est ainsi que Hitler sut flatter le passé glorieux et mythique de son pays pour conditionner les esprits à épouser sa doctrine.   C'est ainsi qu'un certain Z. refait l'histoire à sa façon, selon ses visées idéologiques, après l'histoire bling bling de Nicolas  Le danger est toujours possible de faire dire au passé ce qu'il ne signifiait pas.                                                        C'est en ce sens que l'écrivain Paul Valéry disait: L’Histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. ...Oui, si le récit du passé, faussé et manipulé, devient un outil de propagande. Comme avant et après la guerre de 14, d'un côté comme de l'autre du Rhin.

                L'histoire n'est pas une science au même titre que les sciences "dures" celles de la nature. Malgré la rigueur qu'elle exige, elle laisse une large place à des interprétations rationnelles et contrôlées.    On n'a pas fini d'en débattre..   Il y a les faits et l'interprétation des faits.  _____Par exemple, au sujet de l'histoire encore chaude de la naissance  d'Israël. De nouveaux historiens commencent à être écoutés dans leur réinterprétation de l'histoire dite "officielle", notamment sur la question de la Terre dite "promise". _____ Par exemple, sur la défaite de 1940.  Une défaite qui ne doit rien au hasard. Rien n'était inéluctable. L'illusion du déterminisme est tenace. Il est toujours temps de revoir nos propres mythes et même certains fantasmes Il y peut y avoir tout un art de tordre les faits.  L'art de l'historien est de prendre la maximum de recul par rapport au présent pour interpréter, de manière toujours renouvelée, les données du passé proche ou lointain. Ce qui n'est jamais une tâche achevée, car le présent, par ses limites et ses points de vue, conditionne toujours en partie la lecture du passé. L'objectivité est un idéal vers lequel il tend en sachant que sa tâche ne sera jamais achevée , à la lumière de nouveaux documents, grâce à des méthodes renouvelées. C'est ainsi qu'on n'aura jamais fini d'écrire l'histoire de la Révolution Française.                                           ___Le danger est que le politique s'empare du passé, du moins ce qu'il veut en retenir, pour valoriser la lecture qu'il veut en donner, pour favoriser ses vues et ses projets.   Les hommes au pouvoir et qui tiennent à le conserver, comme les autocrates, souvent par tous les moyens,  n'aiment pas les historiens. L'histoire donne trop d'exemples en leur défaveur et témoigne toujours d'une chose: tout régime arbitraire connaît un jour une fin. La considération du passé souvent les gêne comme un obstacle à leur domination. Ils essaient souvent de l'instrumentaliser en leur faveur, soit en inventant des généalogies, comme autrefois, soit en idéalisant ce qu'ils considèrent comme allant dans leur sens, soit en taisant des aspects qui les désavantageraient. L'histoire peut parfois être revisitée ou peut être malmenée, jusqu'à des pressions sur les historiens eux-mêmes.

     Ainsi, "La Fédération internationale pour les droits humains publie un document, « Crimes contre l’histoire », qui recense les atteintes systématiques menées ces dernières années par Moscou contre les historiens pour imposer un récit officiel et autolégitimer le pouvoir."                __Les historiens sont parfois vus comme des gêneurs, des empêcheurs de gouverner en tond. On comprend pourquoi. Ils ravivent une mémoire qui peut en perturber plus d'un, en faisant l'histoire de l'esclavagisme, par exemple. L'équilibre entre le relativisme et l'engagement dans le présent est toujours un problème. Les dérives sont encore nombreuses  D'où l'importance de faire l'histoire de l'histoire et de son implication dans l'histoire réelle. Le récit (toujours provisoire ) du passé demande le plus souvent une approche critique.   Cela fait partie du travail de l'historien, mais pas seulement, qui sait qu' une relecture des représentations du passé fait partie intégrante de l'étude des faits, qui sont toujours établis à une époque donnée, qu'ils en portent la marque, les limites et l'idéologie.

    Hier comme aujourd'hui.
       L'histoire s'est longtemps construite sur l'idée d'un roman national, flatteur et parfois mobilisateur, mais douteux du point de vue théorique..
    Instrumentaliser les faits ou les sortir de leurs contextes pour mieux agir sur les esprits est une dérive permanente. 
   Des récits non critiqués ont toujours la vie dure dans l'imagination.

      _____Des Gaulois à De Gaulle, il y a fort à faire parfois pour établir le vrai.
                             Charlemagne a-t-il inventé l'école ? Y-a-t-il un secret des Templiers ? Jeanne d'Arc a-t-elle sauvé la France ? Marignan fut-elle une victoire si importante ? Marie-Antoinette fut-elle une ravissante idiote ? Y-a-t-il eu un génocide vendéen ? Jean Moulin a-t-il été trahi ? La France est-elle malade de la guerre d'Algérie ?..
Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution...  Une relecture des représentations populaires, plus ou moins forgées par l'école, mais aussi de leurs prédécesseurs manquant de données, de recul ou de moyens techniques (par exemple, en archéologie, en génétique, en linguistique, etc...)Il est donc dans la nature même de l'historien de produire des vérités toujours partielles, provisoires, parfois biaisées et de se donner les moyens de se corriger en permanence et de remettre en question des croyances et des mythes qui sont loin d'être toujours innocents.

          Une histoire "plurielle" dans une France qui a changé reste à réinventer, en gardant un regard critique sur ses propres productions et celles de son époque.
    Déconstruire les mythologies nationales est une nécessité permanente, malgré les résistances.
       Nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de l'histoire à la Jules Michelet.
         Des barbares aux Gaulois, en passant par Charlemagne, Charles Martel et les autres...il est essentiel de dépoussiérer, de rectifier, de relativiser. A la lumière de nouveaux faits, de nouvelles méthodes, de nouvelles recherches.
               La Vérité historique est toujours un horizon...les vérités peuvent toujours s'affiner.    ________

mercredi 11 juin 2025

Vous avez dit "barbare" ?

 Retour sur une notion qui revient en force

              Surfant sur les peurs

             On ne s'attendait pas à un tel retour sur la scène publique. Un retour de plus en plus décomplexé  en cette période que certains jugent critique du point de vue de certaines formes les plus spectaculaires de  violence publique, hautement instrumentalisée, qui serait de plus en plus ouverte, partagée, décomplexée, dangereuse, voire exponentielle.. Certains médias en font leurs choux gras. Des hommes politiques au petits pieds  et certains relais ayant pignon sur tété en font un thème central de leurs discours partisans et anxiogènes, sûrs de son impact auprès d'un population parfois déboussolée, qui ne sait voir les multiples formes de violence tues ou invisibles.  Un discours vendeur, au coeur d'une période où certains repères se volatilisent,  où le discours rationnel tend à perdre de sa possibilité de persuasion, où la notion même de justice est mise en cause...   


                                                                                             ..
.Un signe de plusCommentant les violences après la victoire du PSG, dimanche 1er juin, le ministre de l’intérieur a fustigé ces « barbares [qui] sont venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre ». Plus tard il a persisté, en conférence de presse : « Oui, ce sont des barbares. La barbarie, c’est quand tout devient prétexte à la violence, au plaisir, au désir désinhibé de la destruction et du pillage. »Des propos qui rappellent ceux de Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance police nationale, à la veille des législatives anticipées de 2024, disant en avoir « marre des raclures, des nuisibles, des jeunes d’origine étrangère »L’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison, auteur de Racismes d’État, États racistes. Une brève histoire (éditions Amsterdam, 2024), rappelle l’histoire du mot « barbares » et toutes les représentations racistes qu’il charrie. Il s’agit à ses yeux d’une stratégie électorale délibérée à l’approche des municipales et de la présidentielle, qui doit appeler une riposte unitaire de la gauche.                                                                                                 Il faut d’abord rappeler que la qualification de « barbares » n’est pas nouvelle. Michel Foucault en avait fait l’analyse dans un cours célèbre prononcé au Collège de France en 1976. Il faisait une très juste et pertinente distinction entre le « barbare » et le « sauvage ». À la différence du sauvage, qui peut être domestiqué, le barbare campe lui à l’extérieur des murs de la Cité, voire à l’intérieur, et il incarne ce faisant une menace jugée existentielle...."

       Ils viennent jusque dans nos bras...♪♫♪
                                                     S'il est un terme ambigü, à connotations variées et à forts jugements de valeurs, c'est bien celui-là. IL y aurait des hommes, au marge de l'humanité, proches de certaines formes d'animalité parmi les plus dangereuses et nuisibles, dont on ne pourrait  espérer  quelconques  améliorations.
        Au point que l'on n'oserait plus l'employer, tant ses acceptions sont diverses et confuses
  Dans le langage courant, la connotation de ce terme est le plus souvent morale et implique une répulsion, une condamnation implicite devant des actes individuels ou collectifs marqués par l'excès de violence, la démesure dans le déchaînement du mal, de la cruauté humaine dans certaines situations.
      Mais, il faut dépasser ce point de vue spontané, comme l'avait fait  Lévi-Strauss , parlant en ethnologue,  en disant de manière en apparence paradoxale: le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie, faisant référence aux meurs de ceux qu'on appelait "primitifs" et dont on pensait qu'ils étaient hors humanité, les rejetant hors de la culture par méconnaissance et ethnocentrisme.
    Les barbares, ce sont aussi les peuples qui surtout  à la fin de l'Empire romain, ont traversé nos régions, en s'y fixant souvent, dont toute une tradition disait qu'ils semaient désolation et terreur. Ces barbares, dont beaucoup d'entre nous descendent, qu'ils soient Bourguignons ou Normands...
    Un historien, Bruno Dumézil, nous a montré toute la diversité et les apports de ceux dont nous pensions longtemps que nous ne leur devions rien, ou pire (Les Normands pilleurs, les Huns massacreurs...selon une légende tenace)

      Les barbares viennent d'au-delà des frontières de l'Empire romain. Sur ce point, tout le monde s'accorde. Mais les origines réelles de ces populations demeurent incertaines.__Les sources des VIe et VIIe siècle affirment que les barbares ont accompli un long périple avant de franchir le limes rhéno-danubien, qui forme la limite septentrionale du monde romain.__Leur lieu de naissance serait à chercher au nord de la Germanie, voire en Scandinavie.__Toutefois, depuis une trentaine d'années, historiens et archéologues remettent en cause les affirmations des textes médiévaux.__Beaucoup de spécialistes croient désormais que les peuples barbares se sont constitués au contact direct de l'Empire, à partir de petites tribus déjà largement romanisées.   ______ Les Francs   représentent une partie de nos racines, beaucoup de Wisigoths ont fait souche et les Gaulois,,enrobés de légendes, sont loin d'avoir eu la vie fruste qu'on leur a longtemps prêtée.  Bref, le terme de barbarie est d'abord basé sur l'ignorance,historique longtemps explicable. Il nous reste beaucoup à apprendre sur eux..                                                                                                                ___ Les Grecs, à l'origine de la notion de barbare, ont eux-mêmes eu du mal à la définir. L'historien Thucydide, au Ve siècle av. J.-C., y introduit déjà une nuance péjorative. Chez lui, le terme « englobe aussi bien d'authentiques non-Grecs, comme les Thraces ou les indigènes de Sicile, que des peuples du nord-ouest de la Grèce tels que les Illyriens, les Étoliens ou la Acarnaniens. Si Thucydide désigne ces derniers comme des barbares, c'est parce qu'il considère comme arriérées ces populations des marges de la Grèce qui n'étaient pas organisées en cités ».  _____À l'époque romaine ou plutôt gréco-romaine, cette vision tend à prévaloir, par exemple dans le regard que portent Grecs et Romains sur les Gaulois, au IIe siècle av. J.-C. « Que les Gaulois aient dès cette époque incarné la figure du barbare sauvage par excellence, les sources grecques en attestent amplement. L'accent est mis sur l'impiété des Gaulois, pillards, sacrilèges que seule l'intervention d'Apollon put détourner de Delphes, mais aussi sur leur férocité guerrière, comme en témoignent les statues du type du Galate mourant en provenance du royaume hellénistique de Pergame. »____Cette vision change au début de notre ère à mesure que Rome étend son empire. « L'ex-ennemi barbare devient un provincial, construit temples et thermes, et adopte la toge, en un mot se romanise (...). Ainsi, les auteurs de l'époque impériale décrivent les Germains au combat en des termes identiques à ceux dont usaient César ou Tite-Live à propos des Gaulois ». Au terme de cette évolution, après l'édit de Caracalla (212) qui accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire, le barbare n'est plus que l'étranger qui vit en-dehors de l'empire.                                                     En 235, la fin de la dynastie des Sévères marque le début du Bas-Empire ou de l'Antiquité tardive, ainsi que l'irruption des barbares sur la scène intérieure de l'empire romain. « Le péril barbare devint progressivement un facteur central de la vie de l'Empire ».___Au siècle suivant, sans que les barbares en soient forcément responsables, les richesses tendent à se concentrer. Dans les campagnes, une poignée de grandes villae au luxe démonstratif se substituent au tissu de villae antérieur. « L'ancienne pyramide sociale s'orienta dès lors vers une bipartition entre les puissants et les pauvres (...). Dès lors, les pauvres pouvaient être facilement amenés à se révolter, si le maître dont ils dépendaient était trop dur, si la pression fiscale devenait trop forte, si la justice impériale était trop favorable aux puissants. Quitte à passer dans le camp des ennemis de l'Empire s'ils estimaient ne plus rien avoir à perdre. Parmi les barbares du IVe et surtout du Ve siècle, on trouvait probablement beaucoup de Romains déclassés, notamment dans les espaces frontaliers où les identités étaient malléables ».____Les vrais barbares, en échange de leur accueil dans l'Empire, sont astreints à une forme de service, dont le plus saillant est le service militaire. Quelques-uns mènent une belle carrière et parviennent même au consulat malgré le handicap de leurs origines. Plusieurs tentent de faire oublier celles-ci. « En 397 et 398, Stilicon, devenu régent de l'Empire d'Occident, fit ainsi passer des lois pour interdire le port de vêtements non romains à l'intérieur de la ville de Rome » (hum, hum)._____À côté de ces barbares qui servent l'Empire avec loyauté et diligence, « on voit se multiplier les groupes résidant sur le sol romain mais dont le statut est difficile à définir : entrées plus ou moins légalement, ces troupes réglaient leur comportement sur l'attitude que le pouvoir impérial avait envers elles. Correctement nourries et soldées, elles soutenaient loyalement le prince qui les payait. Mais si leurs chefs s'estimaient mal traités ou mésestimés, ils menaient des opérations d'intimation, voire de pillage »._____À partir des années 370, les autorités concluent avec les nouveaux arrivants des traités (foedus) qui en font des « fédérés ». « Une fois installés dans une province, les barbares fédérés avaient le droit de conserver leurs chefs et leur organisation interne ; ils recevaient en outre un ravitaillement en vivres ou en terres permettant de se nourrir ».                                                                                                                                                                                            Les historiens et archéologues contemporains tendent à s'accorder sur le fait que les tribus barbares qui ont assailli l'empire romain étaient moins des ethnies que des groupes d'intérêts. ____ Pour comprendre la naissance des royaumes barbares, sans doute faut-il considérer que beaucoup de peuples dont les historiens romains nous relatent les ravages au Ve siècle étaient avant tout des groupes militaires. On y trouvait des individus d'origines très variées, et notamment beaucoup de populations de la frontière, que rejoignaient un nombre important de Romains déclassés. Parfois, il est vrai, le chef d'une armée errante s'appuyait sur une identité ethnique jugée prestigieuse : Alaric se présenta ainsi comme un roi des Goths, même si tous ses hommes n'étaient pas d'ascendance gothique.___Chez ces groupes militaires, le sentiment d'appartenance ethnique s'accroissait à mesure que l'on remportait des victoires en commun ».___Paraphrasant Simone de Beauvoir (et Guillaume Tabard, Le Figaro, 20 septembre 2016), nous pourrions écrire à la suite de Bruno Dumézil : « On ne naît pas Goth, on le devient ». À vrai dire, ce processus d'acculturation nous semble universel. Ainsi, en Afrique australe, au début du XIXe siècle, le prestigieux chef Chaka réunit autour de lui des aventuriers de diverses origines et constitue par le fer et le sang la nation zouloue. ___Aux siècles mérovingiens, les qualificatifs de Francs et Romains n'ont plus rien d'ethnique. À l'époque carolingienne, au IXe siècle, la fusion est consommée entre les différentes populations. La frontière entre civilisation et barbarie redevient géographique et distingue les chrétiens des païens. (Merci à Hérodote.net et à André Larané)  ________

mercredi 4 avril 2012

Lumières au bout de la pelle


Nos ancêtres les Gaulois...

__Pour la compréhension de certaines périodes, surtout celles qui n'ont pas laissé de traces écrites, ou qui ont laissé des traces écrites insuffisantes, l'historien est souvent confronté au manque de documents lui permettant d'accéder à une compréhension satisfaisante des événements, des données civilisationnelles, des pratiques sociales et économiques, des changements en général.
L'archéologie, s'enrichissant de méthodes toujours plus élaborées, de techniques toujours plus fines et de moyens sans cesse renouvelés, vient souvent, comme science annexe, donner à l'historien des éclairages nouveaux pour interpréter telle période ou tel aspect d'une époque.
C'est ainsi, par exemple que la compréhension de la vie en Gaule pré-romaine ne cesse de s'approfondir grâce aux techniques expertes des fouilles méthodiques, aux décryptages des traces matérielles du passé, préservées plus ou moins partiellement.
Elles remettent souvent profondément en question des interprétations parfois naïves ou simplistes traditionnelles, des préjugés sur une époque.
__Du coup, on peut dire que l'histoire, surtout ancienne, est régulièremen
t revisitée, approfondie et corrigée.
Celle de la France, en particulier, de son passé néolithique ou plus récent.

_"Des sols de France, les archéologues rapportent en effet une nouvelle histoire, très
différente, souvent opposée à celles des textes et à une historiographie souvent dupe ou complice des idéologies. Celle de notre territoire entier et des sociétés qui l’ont occupé et non limitée à ce dont les textes anciens témoignent. De la préhistoire au néolithique, de l’âge du bronze à l’époque contemporaine, les près de 200 sites de fouilles présentés dressent par de brefs textes et des images un portrait inédit."
_L'histoire des Gaulois sort transformée de fouillles organisées dans les trente dernières années, souvent au hasard des grands travaux urbains ou autoroutiers.
Apparaît maintenant un peuple complexe,organisé,hiérarchisé, raffiné, non démuni de moyens...Une image nouvelle, qui bat en brèche les représentations naïves ou tronquées que des siècles d'écriture historienne et de manuels scolaires ont véhiculées.
L'occupation du territoire, le type d'économie, les brassages de populations, la nature des "invasions barbares"...tout prend un nouveau sens à la lumière des reliefs que le passé a laissé plus ou moins bien conservés, par une série de hasards heureux.
"L’archéologie donne là du grain à moudre à l’anthropologie, à l’histoire sociale et des idées. Pas seulement par les informations sur la vie quotidienne, l’économie, mais aussi les traces des représentations et des idéologies, comme ce glissement, il y a environ 6000 ans des images de la féminité – sexualité, fécondité – vers celles du masculin, de la guerre, de la domination, du pouvoir. Les tombes les plus riches montrent des chars, des flèches, des canines de loup, des signes solaires..."
L'archéologie
aérienne, notamment dans la France du Nord, a renouvelé complètement nos croyances concernant l'occupation du territoire pendant la période gallo-romaine.

____Les
exemples sont innombrables.
Bavay, la cité de Grand , cité-sanctuaire gallo-romaine, vouée à l'oubli pendant des siècles, ressuscitée maintenant. Le cas de Thérouanne, plus proche de nous, où les fouilles se poursuivent...
_Pour le passionné, faute de pouvoir se déplacer, il y a de quoi passer des heures, des journées à explorer virtuellement les données de ce portail sur l' archéologie, à approfondir les différents usages de la documentation archéologique, à s'intéresser aux grands sites archéologiques, dans tous les pays, à découvrir même des civilisations oubliées...
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- Petit manifeste contre le livre de Jean-François Kahn sur les Gaulois