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vendredi 21 août 2026

Cet homme est dangereux

 Un certain Baruch Spinoza  mis à l'index

                            Et certains de ses pairs. La pensée libre est en danger. A Rome, aujourd'hui. Demain, chez nous? La pensée critique ne fait pas bon ménage avec la droite extrême.  Pauvre Baruch! Mais l'incompréhension et même la persécution, même de la part de certains proches, il a connu.                                                                                                               Il dérange encore, comme d'autres...C'est la liberté de pensée qui est en question. L'éternel exclu vient de subir les foudres de Meloni, si avenante en apparence . Une pensée libératrice qu'on veut faire taire. C'est grave. Orwell avait déjà bien montré qu'on pouvait détruire des oeuvres qui dérangent quand on veut contrôler les esprits. Il y a des précédents. Sous Mussolini, l'idole de Meloni,  et surtout sous Adolf, on allait jusqu'à l'exil et l'autodafé .  Orwell  avait été lucide sur ce sujet, prédisant même la destruction de certaines oeuvres. Voltaire disait déjà que certains livres pouvaient être "dangereux".  La banalisation en cours est le plus grand risque.     A Rome, c'est plus qu'une inflexion ideologique.                     Des réactions n'ont pas manqué, mais c'est très minoritaire. 


                                                 " Les associations et les séminaires spinozistes actifs dans différentes parties du monde s’élèvent vigoureusement contre la décision du gouvernement italien d’exclure le philosophe juif hollandais d’origine ibérique, des programmes des lycées. Et plusieurs autres grands philosophes classiques de la pensée critique : Marx, Fichte, Schelling…                     En 1670, au cœur de la Libre République des Provinces Unies, en publiant son Tractatus theologico-politicus, Spinoza défendait la liberté de philosopher mise en danger par les partisans d’un pouvoir monarchique et d’une théologie intolérante adversaire du pluralisme des opinions, des croyances et de la libre recherche en philosophie et dans les sciences. S’attaquer aujourd’hui à la pensée de Spinoza, aux racines historiques du rationalisme et de la pensée critique, c’est vouloir bâillonner la liberté de pensée et de parole que l’École a pourtant pour devoir d’apporter à l’ensemble des citoyens.  Exclure des études la philosophie de Spinoza (ainsi que des penseurs fondamentaux formateurs de la pensée critique) est aussi absurde que dangereux. Comme l’enseigne le Tractatus theologico-politicus, la liberté de philosopher est indispensable à la paix et à la sécurité de la République et vouloir la réduire c’est nécessairement engendrer la corruption des principes de la vie commune. Par leur signature, les associations et séminaires spinozistes de 17 pays demandent donc solennellement au ministère italien de l’éducation de réinscrire au programme de philosophie des lycées, les noms de Spinoza et de tous les philosophes écartés de l’enseignement secondaire par les Indicazioni Nazionali du 23 avril 2026...."                                                                                                                                 Sans vigilance citoyenne, cela peut arriver chez nous.    Dans certaines municipalités FN, des bibliothèques se voient obligées d'éliminer certaines oeuvres jugées non orthodoxes. Ce qui est devenu monnaie courante dans certains états des USA
                                                                                                                  ___  [  Larges horizons:  Pierre TROTIGNON, "Bergson et Spinoza" (p. 3-12);
André COMTE-SPONVILLE, "Le dieu et l'idole. Alain et Simone Weil face à Spinoza" (p. 13-38);
Didier GIL, "Le `vrai´ spinoziste de Brunschvig à Bachelard" (p. 41-69);
Bruno HUISMAN, "Cavaillès et Spinoza" (p. 71-87);
Wim KLEVER, "Annotations sur Gueroult" (p. 89-101);
Gerassimos VOKOS, "Ferdinand Alquié, lecteur de Spinoza" (p. 105-112);
Jean-Toussaint DESANTI, "Spinoza et la phénoménologie" (p. 113-127);
Robert MISRAHI, "Le désir, la réflexion et l'être dans le système de l'Éthique. Réflexions sur une appréhension existentielle du spinozisme aujourd'hui" (p. 129-139);
Hélène POLITIS, "Déplorer ou comprendre : le Spinoza de Chestov" (p. 143-157);
Jean-Jacques SZCZECINIARZ, "Spinoza et Koyré" (p. 159-173);
Laurent BOVE, "Spinoza dans le cours d'Alexandre Kojève" (p. 177-201);
Antonio NEGRI, "L'antimodernité de Spinoza" (p. 203-220);
Jean-François REY, "Lévinas et Spinoza" (p. 225-235);
François ZOURABICHVILI, "Deleuze et Spinoza" (p. 237-245);
Manlio IOFRIDA, "La fonction de l'écriture dans la pensée de Spinoza, ou Spinoza après Derrida" (p. 247-257);
Bernard ROUSSET, "Spinoza et l'enseignement de la philosophie en France au XXe siècle" (p. 259-265);
Alain BOYER, "Spinoza et Karl Popper : rationalisme absolu ou rationalisme critique ?" (p. 269-281);
Pierre MACHEREY, "La dissociation de la métaphysique et de l'éthique. Russell lecteur de Spinoza" (p. 285-305);
Bernard BALAN, "Spinoza et la théorie de l'identité dans la philosophie de l'esprit" (p. 307-325);
Etienne BALIBAR, "Heidegger et Spinoza" (p. 327-343);
Günther MENSCHING, "Spinoza dans l'école de Francfort" (p. 345-359);
Manfred WALTHER, "Carl Schmitt et Baruch Spinoza ou les aventures du concept du politique" (p. 361-372);
Myriam REVAULT D'ALLONNES, "Hannah Arendt et Spinoza : le politique sans la domination" (p. 375-390);
Paolo CRISTOFOLINI, "Spinoza dans les ouvrages italiens d'histoire de la philosophie" (p. 391-404);
Emilia GIANCOTTI, "Giovanni Gentile, éditeur et exégète de l'Ethique" (p. 405-417);
Jacques MOUTAUX, "Exotérisme et philosophie : Leo Strauss et l'interprétation du Traité théologico-politique" (p. 421-441);
Elhanan YAKIRA, "Spinoza et les sionistes" (p. 445-457);
Anne LAGNY, "Spinoza personnage de roman chez B. Auerbach (Spinoza. Ein Denkerleben) et E. G. Kolbenheyer (Amor Dei)" (p. 459-482);
Jacques DAMADE, "Le Saint et l'Hérétique. Borges et Spinoza" (p. 483-492);
René ZAPATA, "Spinoza en URSS" (p. 495-498);
Jean-Pierre COTTEN, "Althusser et Spinoza" (p. 501-513);
André TOSEL, "Des usages `marxistes´ de Spinoza. Leçons de méthode" (p. 515-524);
Frank BURBAGE et Nathalie CHOUCHAN, "Freud et Spinoza : la question de la transformation et le devenir actif du sujet" (p. 527-545);
Bertrand OGILVIE, "Spinoza dans la psychanalyse" (p. 549-571);
Elisabeth ROUDINESCO, "Lacan et Spinoza. Essai d'interprétation (1916-1964)" (p. 577-586).
Index du Bulletin de Bibliographie Spinoziste]          __________

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