Une divine surprise? Les hypothèses vont bon train. Parierait-on sur l'avenir, nos ressources, nos capacités de rebond ? Certains s'en réjouissent, quand d'autres soulignent un scandale. D'autres se demandent plus fondamentalement: "A quoi servent les agences de notation ? Ce sont elles qui établissent le « Nutri-Score » de la dette. Le Nutri-Score informe sur la qualité nutritionnelle d’un produit, quand S&P, Moody’s ou Fitch donnent la probabilité de défaut d’un émetteur. Tel un consommateur qui pousse son chariot dans les rayons du crédit, l’investisseur qui hésite entre 1 kilo d’obligations LVMH ou un baril d’emprunts souverains allemands arbitre dès lors en fonction du prix et des lettres plus ou moins prometteuses imprimées sur le paquet – sauf quand les A, B ou C ne donnent plus le bon compte.... les économistes Olivier Blanchard, Daniel Leigh et Prachi Mishra comparent les notations souveraines établies par les trois grandes agences américaines aux fondamentaux des économies concernées. Ils pointent des « différences frappantes » d’appréciation vis-à-vis de pays présentant pourtant des profils de risque similaires. Une sorte de note à la tête du client qui montre à quel point la politique se mêle à l’analyse technique. A la surprise générale, l’agence Moody’s a maintenu la notation de la France à Aa3, vendredi 23 octobre, quand beaucoup pariaient sur un abaissement, compte tenu de l’incapacité du pays à redresser sa trajectoire budgétaire. L’agence veut croire que le budget va faire un pas dans la bonne direction. Elle a toutefois maintenu une perspective négative, ce qui signifie qu’une dégradation est seulement partie remise. En attendant, les obligations d’Etat françaises se retrouvent avec une notation bien plus favorable que la perception qu’en ont les investisseurs. Comme si votre paquet de céréales affichait un A flatteur quand vous êtes convaincu qu’il vaut en réalité un B, voire un C. L’emprunt à dix ans émis par la France affiche en effet un rendement qui correspond à un Baa pour Moody’s (BBB selon la terminologie de S&P), soit quatre crans en dessous du Aa3 officiel Si le premier ministre, Sébastien Lecornu, a salué dans la décision de Moody’s un « signal qui déjoue les pronostics déclinistes » de « ceux qui spéculent sur la dette française », il est bien le seul à voir cela. Le seul signal donné par Moody’s, c’est que le moment est trop inflammable pour craquer une allumette. A se demander, finalement, si ces notes souveraines ont encore un sens...."
Mais à quoi servent les agences de notation? Sont-elles des arbitres neutres et sur quels intérêts s'appuient-elles. On se souvient du cas de la dette grecque et du rôle qu'elles y ont joué. Ces agences sont tout sauf désintéressées: [La "Moody's" (qui veut dégrader la France) est détenue partiellement par le milliardaire Warren Buffett, un des pontes de Wall Street qui s'enrichit en touchant des commissions sur les emprunts des Etats. Il a fait récemment, une trés bonne opération avec l'Etat espagnol qu'il a obligé à emprunter à un taux élevé ! ] _Comme dit un banquier parisien : « Finalement, il aurait mieux valu que la France continue à emprunter au paysan corrézien ou ’à la veuve de Carpentras plutôt qu’à un spéculateur de Wall Street ou à un banquier de Hongkong. » Ce n’est pas le ministre japonais des Finances qui pourrait le contredire Le fonctionnement est trés empirique et moutonnier, dépendant de la haute spéculation. Elles sont bien trop médiatisées, dans l'espace mondial ultra financier. Les agences de notation refont parler d'elles après la crise de 2008 et ses conséquences délétères sur les finances publiques. Il s'agissait de "sauver le triple A", la fameuse valeur fétiche de référence à Wall Street, qui sévit même aux USA, sans qu'on s'interroge sur le sens de la dette publique, montrée du doigt. ___ Beaucoup se demandent s'il ne conviendrait pas d'abord de noter les noteurs. De quel droit distribuent- ils les bons ou les mauvais points? Qui contrôle les agences notatrices... et leurs décisions arbitraires, qui ont accentué la crise financière ? Les Big Three ne sont pas des entités hors-sol. Elles font des affaires, de bonnes affaires, et leur objectivité est en question: "...Trois entreprises de notation, toutes américaines, se partagent l’essentiel du marché au niveau mondial : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. En 2022, les « Big Three », comme elles sont surnommées, détenaient 93 % des parts du marché de l’Union européenne. Et, malgré la recommandation de l’Autorité européenne des marchés financiers de favoriser l’une des dix-sept autres agences accréditées minoritaires, ces trois mastodontes continuent de régner sur les notations. Les entités publiques françaises ayant commandé des notations financières depuis 2017 n’ont d’ailleurs pas suivi cette recommandation et ont toutes recouru à l’un des trois géants. L’un des « Big Three », Fitch, a eu jusqu’en 2018 des capitaux français..." Et pourtant la dette française reste très demandée. Ouf! Oui, mais à quel taux!

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