Quant on est chercheur de très haut niveau en mathématique Et que l'on se voit devancé, voire déclassé, par l'IA, dans des recherches pointues, engagées souvent depuis longtemps et réputées de longue haleine dans des domaines ultra complexes et d'une grande abstraction, qui laissent les béotiens comme moi perplexes. Oui, un chercheur en a pleuré, comme il l'avoue. (de dépit et de rage, sans doute). Certains ont vécu cela comme une dépossession, une blessure narcissique en quelque sorte. Comme une sorte de crise existentielle . Comme si le sol se dérobait sous leurs pieds. Pour certains, c'est un choc, comme un cauchemar. Villani campe une une position ambivalente, mais ne cache pas son inquiétude. Kaspavov avait dû s'avouer vaincu devant Deep blue . Assiste-t-on à un processus de même nature avec Open IA concernant les questions mathématiques les plus complexes? Sans doute les maths furent une proie plus facile que d'autres dans le domaine des connaissances scientifiques, étant donné leur caractère purement formel et parfaitement déductif. Mais la difficulté des questions traitées laissent tout de même pantois. Même si l'avancée est moins spectaculaire quoique prévisible, la crainte d'une dépossession est bien réelle et les réactions publiques agitent aussi le monde de la presse, du cinéma, des entreprises. "Ralentir", disent certains, oui, mais pour combien de temps?...ce sont des révolutions qui se préparent dans de nombreux domaines, alimentées par la concurrence féroce entre les super puissances et la guerre des puces. A quoi bon faire de longues études? se demandent certains.... qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, faisant fi de la créativité de l'esprit humain.
« Mardi, dans la nuit, j’ai pleuré et cela a réveillé ma fille », a confessé le mathématicien Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022, lors d’une visioconférence organisée par la Société mathématique de France, jeudi 8 octobre. La raison de ses larmes ? L’entreprise américaine d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a mis en ligne plus de 719 manuscrits, répartis en 372 familles, prétendant résoudre de nombreux problèmes mathématiques encore ouverts. Pas moins de 16 questions qui intéressaient le chercheur français sont concernées. « Ils ont annihilé mon domaine de recherche », a-t-il calmement précisé. Il a diffusé une diapositive, générée par IA, montrant le dessin d’un lapin écrasé par plusieurs camions. « Ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient nous massacrer », a-t-il ajouté, avant de parler dans la session de questions-réponses « d’un démantèlement de notre activité ». Depuis un mois, la communauté mathématique vit un cauchemar. Le 8 septembre, OpenAI, déjà, avait mis en ligne des éléments prouvant que ses programmes avaient résolu un problème mis à prix 1 million de dollars depuis 2000 (le problème de Navier-Stokes). Un choc. C’était déjà le troisième pour Hugo Duminil-Copin qui, dès le mois d’avril, avait réalisé le potentiel de ces IA. Avec un collègue, il avait compris qu’une IA d’Anthropic, concurrente d’OpenAI, pouvait résoudre un problème difficile, avec une preuve élégante et courte. Le 2 septembre, Anthropic avait proposé la preuve du problème phare de sa discipline, sur la piste duquel il était lui-même sur le point d’aboutir avec des collègues. Mais, avant de donner crédit à l’entreprise, ils préfèrent ne rien dire et se sont lancés dans la vérification patiente du travail… Le déluge du mardi 6 octobre est, en quelque sorte, le coup de grâce. « Chacun aurait été ravi de démontrer un seul de ces problèmes », a souligné le mathématicien, qui ne déprécie pas la valeur des publications. Dans un de « ses » problèmes, c’est même tout un programme de recherche qui a été accompli par les IA d’OpenAI, avec, par exemple, 13 articles d’un coup, comme autant d’étapes-clés d’un vaste projet de recherche. Et la fin de la croyance que ces outils ne sont que des machines à ajouter un mot après l’autre, répétant des choses déjà vues., médaille Fields 2022, lors d’une visioconférence organisée par la Société mathématique de France, jeudi 8 octobre. La raison de ses larmes ? L’entreprise américaine d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a mis en ligne plus de 719 manuscrits, répartis en 372 familles, prétendant résoudre de nombreux problèmes mathématiques encore ouverts. Pas moins de 16 questions qui intéressaient le chercheur français sont concernées. « Ils ont annihilé mon domaine de recherche », a-t-il calmement précisé. Il a diffusé une diapositive, générée par IA, montrant le dessin d’un lapin écrasé par plusieurs camions. « Ils ont voulu prouver qu’ils pouvaient nous massacrer », a-t-il ajouté, avant de parler dans la session de questions-réponses « d’un démantèlement de notre activité ». Depuis un mois, la communauté mathématique vit un cauchemar. Le 8 septembre, OpenAI, déjà, avait mis en ligne des éléments prouvant que ses programmes avaient résolu un problème mis à prix 1 million de dollars depuis 2000 (le problème de Navier-Stokes). Un choc. C’était déjà le troisième pour Hugo Duminil-Copin qui, dès le mois d’avril, avait réalisé le potentiel de ces IA. Avec un collègue, il avait compris qu’une IA d’Anthropic, concurrente d’OpenAI, pouvait résoudre un problème difficile, avec une preuve élégante et courte. Le 2 septembre, Anthropic avait proposé la preuve du problème phare de sa discipline, sur la piste duquel il était lui-même sur le point d’aboutir avec des collègues. Mais, avant de donner crédit à l’entreprise, ils préfèrent ne rien dire et se sont lancés dans la vérification patiente du travail… Le déluge du mardi 6 octobre est, en quelque sorte, le coup de grâce. « Chacun aurait été ravi de démontrer un seul de ces problèmes », a souligné le mathématicien, qui ne déprécie pas la valeur des publications. Dans un de « ses » problèmes, c’est même tout un programme de recherche qui a été accompli par les IA d’OpenAI, avec, par exemple, 13 articles d’un coup, comme autant d’étapes-clés d’un vaste projet de recherche. Et la fin de la croyance que ces outils ne sont que des machines à ajouter un mot après l’autre, répétant des choses déjà vues...." ( Le Monde)

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