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lundi 25 août 2025

Propagande d'hier et d'aujourd'hui

 Un problème récurrent

                   Cette notion n' a pas qu'un sens dans le contexte des conflits armés. La propagande, qui vise à conditionner les esprits dans un sens ou l'autre, sans jamais faire appel au libre arbitre, s'exerce aussi dans d'autres contextes. Il s'agit d' Influencer les idées et les comportements dans un sens donné, en vue de les préparer à être réceptifs à tel mot d'ordre, telle injonction, telle option, telle impulsion, tel achat, tel engagement. C'est dire que nous sommes presque en permanence exposés à des discours de ce type, sans que nous nous en rendions compte, le plus souvent, soumis aux les pressions de toutes sortes qui s'exercent sur nous. Parfois pour le pire...                 On a pu parler de fabrique du consentement pour désigner ces types de mécanismes d'adhésion, marchands ou idéologiques, dont nous sommes souvent les victimes consentantes, conditionnées par des facteurs qui nous échappent trop souvent. Toute une histoire.... que le document ci-dessus expliquent  en partie, dans le processus du conditionnement de l'opinion, trop souvent vers le pire;                                                                             ___    L'opinion, ça se travaille, c'est évident, pour ne pas se laisser entraîner sans réflexion critique par les premières idées venues, les conditionnements de toutes sortes. Bernays fut un des premiers qui réfléchit à cette question, en donnant  des moyens et des  recettes psychologiques pour mieux peser sur les idées et les volontés, surtout dans le domaine commercial. On peut voir aujourd'hui que ce problème reste intact, surtout dans le domaine des conflits. On se souvient des discours de G.Bush pour justifier l'intervention en Iraq notamment, sans parler d'autres faits, plus anciens ou plus récents. Dans le contexte de guerre, le discours persuasif est décisif. On lee voit aussi aujourd'hui en Russie, où la communication sous diverses formes est une arme de guerre.           On peut se faire des ennemis en toute bonne conscience, jusqu'à en mourir...                                                                                                         __  A propos de Edward Bernays et de son impact   


                                                                                                                                                                        Les conflits passent aussi par les armes du langage, la rhétorique de guerre, l'autojustification plus ou moins grossière, la diabolisation de l'agresseur désigné.                   La fabrique de l'ennemi est une constante, qui n'est pas toujours perçue comme telle dans la préparation et l'action guerrière. Mobiliser les esprits par toutes sortes de moyens est une condition nécessaire pour entretenir l'animosité, voire l'hostilité, la justification de l'agression.   Les images sont souvent trompeuses, pendant et même après les épisodes belliqueuses et nécessitent un décryptage, un recul critique, même longtemps après. Des récits mobilisateurs de la guerre de 14, de part et d'autres des frontières, au mauvais mensonges de Colin Powell préparant la guerre d'Iraq jusqu'au discours de Poutine sur l'Ukraine, les méthodes changent, pas l'intention ni le fond. La manipulation des esprits par tous les canaux disponibles reste une constante. Les fake news sont aujourd'hui à l'oeuvre, comme les nouveaux canaux de communication, ajoutant souvent à la confusion des esprits. 


             La propagande, presque invisible ou grossière, a ses principes, que ce soit pour justifier l'agression, entretenir la résistance (parfois justifiée) ou soutenir le moral, même quand la situation est désespérée. Des constantes que l'on retrouve souvent quelle que soit l'époque. Comme la guerre de l'information: 
  • "   nous ne voulons pas la guerre ;
  • le camp adverse est le seul responsable de la guerre ;
  • le chef du camp adverse a le visage du diable (ou « l'affreux de service ») ;
  • c'est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers ;
  • l'ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c'est involontairement ;
  • l'ennemi utilise des armes non autorisées ;
  • nous subissons très peu de pertes, les pertes de l'ennemi sont énormes ;
  • les artistes et intellectuels soutiennent notre cause ;
  • notre cause a un caractère sacré ;
  • ceux (et celles) qui mettent en doute notre propagande sont des traîtres....
  • ___________________Super Poutine dans ses oeuvres. Ceci n'est pas une guerre, mais une "opération spéciale"________


lundi 27 novembre 2023

Black Friday

 Black is back!

Mimétisme marchand.et hameçonnage

                                       Il est souvent de bon ton, surtout en certaines périodes, comme celle du Black Friday, de fustiger le consumérisme parfois débridé de nos sociétés. Or, il faut introduire ici des distinctions et des nuances. Quelle type de consommation? Consommation pour qui? A-t-elle son sens en elle-même ou n'est-elle pas d'abord l'effet d'un certain type de production? Un effet et non pas une cause. Comme le remarquait un intervenant sur la Cinq hier soir, c'est la production qui crée les besoins, qui sophistique à l'infini ceux qui sont naturels et nécessaires, qui en invente sans cesse de nouveaux par des incitations largement inconscientes, comme le préconisait déjà Bernays à son époque, à l'aube de l'American Way of live. Le marketing (même vert), sans cesse renouvelé) en est devenu  le moteur de fonctionnement. La jouissance et la frustration permanente sont les ficelles du système, dans une optique uniquement court-termiste. L'aboutissement: une sous-citoyenneté infantilisée, une solidarité en miettes, des générations du tout-à-l'ego.                                                                                                               ______C'est le temps de la fièvre acheteuse, habilement créée par le système et les médias à son service. Si certains peinent à terminer leurs mois et comptent leur derniers euros, d'autres se laissent happer par le fièvre acheteuse. Acheter pour exister, c'est ce à quoi nous pousse un système productif et ses relais marchands. Je consomme, donc je suis. Tout nous pousse à trouver le sens de notre vie dans l'acte marchand et dans la différenciation sociale qu'il confère: consommer, c'est se distinguer. Pas seulement pour les voitures et les objets aussi luxueux qu'inutiles. L'image de soi en dépend. Le narcissisme est fondateur. C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.

    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..

    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.

  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?

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samedi 26 novembre 2022

Consommez, disent-ils...

           Mimétisme marchand.

                                       Il est souvent de bon ton, surtout en certaines périodes, comme celle du Black Friday, de fustiger le consumérisme parfois débridé de nos sociétés. Or, il faut introduire ici des distinctions et des nuances. Quelle type de consommation? Consommation pour qui? A-t-elle son sens en elle-même ou n'est-elle pas d'abord l'effet d'un certain type de production? Un effet et non pas une cause. Comme le remarquait un intervenant sur la Cinq hier soir, c'est la production qui crée les besoins, qui sophistique à l'infini ceux qui sont naturels et nécessaires, qui en invente sans cesse de nouveaux par des incitations largement inconscientes, comme le préconisait déjà Bernays à son époque, à l'aube de l'American Way of live. Le marketing (même vert), sans cesse renouvelé) en est devenu  le moteur de fonctionnement. La jouissance et la frustration permanente sont les ficelles du système, dans une optique uniquement court-termiste. L'aboutissement: une sous-citoyenneté infantilisée, une solidarité en miettes, des générations du tout-à-l'ego.                                                                                                               ______C'est le temps de la fièvre acheteuse, habilement créée par le système et les médias à son service. Si certains peinent à terminer leurs mois et comptent leur derniers euros, d'autres se laissent happer par le fièvre acheteuse. Acheter pour exister, c'est ce à quoi nous pousse un système productif et ses relais marchands. Je consomme, donc je suis. Tout nous pousse à trouver le sens de notre vie dans l'acte marchand et dans la différenciation sociale qu'il confère: consommer, c'est se distinguer. Pas seulement pour les voitures et les objets aussi luxueux qu'inutiles. L'image de soi en dépend. Le narcissisme est fondateur. C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.

    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..

    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.

  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?

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samedi 19 juin 2021

Fièvre acheteuse

 Je consomme, tu consommes, nous sur-consommons

                                                         Si certains peinent à terminer leurs mois et comptent leur derniers euros, d'autres se laissent happer par le fièvre acheteuse. Acheter pour exister, c'est ce à quoi nous pousse un système productif et ses relais marchands. Je consomme, donc je suis. Tout nous pousse à trouver le sens de notre vie dans l'acte marchand et dans la différenciation sociale qu'il confère: consommer, c'est se distinguer. Pas seulement pour les voitures et les objets aussi luxueux qu'inutiles. L'image de soi en dépend. Le narcissisme est fondateur. C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.
    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..

    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.

  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?

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samedi 6 mars 2021

Fabrique de l'ignorance

Vérité mise à mal

                       Bernays avait été un pionnier dans le domaine de la "propagande", c'est à dire dans l'art, parfois subtil, de faire valoir un produit, de lui donner une valeur quasi indispensable pour le consommateur. Toute une technique où les ruses du langage sont mobilisées pour atténuer le sens critique, entraîner la séduction et donc l'acte d'achat le plus impulsif possible. Dans l'intérêt des fabricants et des industriels, qui ont absolument besoin de publicité, de plus en plus élaborée, pour vendre à tous prix.   


                                                                               Arte a diffusé récemment un document  s'intéressant aux techniques actuelles visant dans ce domaine à présenter des produits comme utiles, voire nécessaires, qu'elle qu'en soit la valeur intrinsèque. "Tromper le client", comme on disait autrefois, le séduire, dirait-on aujourd'hui, en masquant soigneusement les inconvénients ou parfois les effets nocifs, que ce soit une cigarette, un produit alimentaire ou phytosanitaire.       __La stratégie est de maintenir l'ignorance, autant que possible et d'entretenir le doute, quand c'est nécessaire, contre l'avis des experts et de la science avérée. Une ignorance tout à fait stratégique. Il arrive parfois que certains scientifiques entrent dans le jeu des intérêts des fabricants, non de manière désintéressée, comme on l'a vu en matière pharmaceutique.  Le détournement de la science est aussi devenu un grand classique. Distiller le doute aussi, quand les critiques se font trop fortes, ".. pour contrer une vérité dérangeante, car susceptible d’entraîner une réglementation accrue au prix de lourdes pertes financières, l’industrie imagine alors en secret une forme particulière de désinformation, qui se généralise aujourd’hui : susciter, en finançant, entre autres, abondamment des études scientifiques concurrentes, un épais nuage de doute qui alimente les controverses et égare les opinions publiques..."         Non pas que le doute soit à rejeter, au contraire, mais ici il s'agit d'un doute calculé, stratégique.      Le doute, qu'il soit cartésien, méthodique ou plus modeste et circonscrit, est toujours une attitude qu'il importe de valoriser en toutes circonstances. Que soit dans la vie quotidienne, dans la recherche d'informations, ou dans celui de la recherche ou des débats scientifiques.

     Le doute est libérateur quand il est animé par le désir de sortir d'un dogmatisme trompeur,  de rechercher une vérité plus satisfaisante, d'oser penser par soi-même, comme disait Kant. C'est toujours possible, à des degrés divers, toujours libérateurs.
    Mais le doute peut être instrumentalisé, utilisé à dessein comme un moyen d'instiller un soupçon, de faire naître une résistance vis à vis de connaissances pourtant bien ou assez bien établies. Parce qu'elles gêneraient, remettraient en question des vérités qui dérangent, qui mettent en péril des intérêts bien établis, un business fructueux, contestés par des esprits suffisamment éclairés et indépendants.
     C'est le cas bien connu des défenseurs du business de l'amiante, ce poison qui n'a pas fini de faire des ravages et dont les dangers ont été signalés dès le début du XX° siècle.
   C'est le cas, tout aussi connu du lobby des cigarettiers, toujours en action, qui dépensent des sommes pharaoniques pour produire des rapports à l'aspect "scientifique" pour justifier la poursuite de leurs affaires très juteuses, au détriment de la santé publique.
   Le plus insidieux, c'est lorsque une industrie, aux productions dûment contestées pour leurs méfaits, soudoient des "experts" complaisants pour susciter des questions là où il n'y a plus lieu d'en poser, pour relancer des recherches biaisées, pour éviter que le dernier mot de soit donné à ceux qui  ont fermement établi la nocivité de produits devenus d'un usage commun. 
    Au niveau politique, local ou plus large, des firmes savent aussi y faire pour influencer les débats sur les questions sur les réglementations ou des interdictions. Parce qu'elles ont de puissants moyens.
  C'est ce que montre bien, et depuis des années, certaines enquêtes, comme celle sur les produits à base de glyphosate,la molécule la plus utilisée au monde.
    Le dossier est déjà lourd. Les études de Marie-Monique Robin sur le sujet sont décisives, mais pas uniques.
    Ce qu'on a appelé la manufacture du doute dans différentes productions contestées, dont le monde rapidement grandissant des perturbateurs endocriniens.
   Parfois des questions légitimes peuvent encore se poser, mais il est des points qui ne peuvent plus être contestés sans être partisans intéressés.
   Mettre la science à l'abri des pressions de certains intérêts privés, dont le but est de distiller le doute, est aujourd'hui plus qu'hier un projet nécessaire, un combat permanent.       _________

mercredi 22 mai 2019

Si vous m'appelez "docteur"...


Bernés par Bernays?

                 C'est tout un art que celui  de l'influence, de la persuasion et du conditionnement.
      Pour le meilleur ou pour le pire.
  Agir sur les esprits par toutes sortes de biais, notamment médiatiques, est devenu tellement courant et banal qu'on ne s'en rend souvent même plus compte. Dans toutes sortes de domaines.
    C'est ainsi que nous sommes, de manière non critique, conditionnés  à suivre telle injonction, à faire confiance à telle recommandation supposée bonne pour nous, parfois avec une caution présentée comme scientifique.
     La publicité use et abuse de procédés, toujours renouvelés, pour conditionner des habitudes de vie par des produits valorisés comme positifs, pour notre bien et parfois notre santé. Avec une prétendue caution scientifique et parfois l'utilisation de blouses blanches autoproclamées médicales.
    C'est ainsi que les Américains, les premiers, ont été incités à changer leurs modes de petit déjeuner et leurs habitudes alimentaires (pour leur bien) et même à se livrer aux délices de la cigarette et de boissons énergisantes, comme Coca-Cola.
   C'était l'époque où l'industrie alimentaire voulait se tailler des parts de marché en jouant sur le conditionnement des esprits. Plus tard, furent vantés aussi comme nécessaires les produits phytosanitaires, notamment le glyphosate, présentés comme salvateurs par des experts dûment rétribués. Il y avait de tels marchés, presque illimités...
    Bernays, au début du 20° siècle, fut la première personne a voir compris l'importance de la parole et de l'image pour inciter la publicité à prendre conscience de ses moyens et de son avenir, la malléabilité de l'esprit humain étant ce qu'il est. Le principe de compétence et d'autorité étant valorisé par l'apparition de la bouse blanche sur les écrans, pour faire vendre aussi bien du dentifrice que des produits alimentaires au bénéfice discutable.
   L'image incontesté du "docteur" s'impose, qui fait autorité.
Commence le règne de l'organisation systématique de l'influence, naïve puis subtile, qu'un auteur récent qualifie d'opération de lobbytomie.
    On ne parle plus de propaganda, on fait appel à des notions plus subtiles tirées du monde de la communication supposée neutre. On ne conditionne plus le consommateur, on l'informe, par le truchement de la blouse blanche, s'il le faut, en allant contre les résistances et les doutes. 
     Le bonheur du consommateur repose sur sa confiance, même s'il doit abandonner sa citoyenneté. Les relations publiques étaient nées. L'inconscient était au service du marché.  Avec une efficacité parfois redoutable.
   Une vraie fabrique du consentement.
  D'autres, moins scrupuleux que Bernays, sauront s'en inspirer pour le conditionnement des foules

[Textes et images]
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samedi 24 novembre 2018

Fièvre acheteuse

Je consomme, tu consommes, nous sur-consommons
                                                         C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.
    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..
    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.
  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?
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