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vendredi 2 octobre 2026

Une dette obsédante

 Y revenir...

           On l'évoque sans arrêt Elle pèse sur le débat politique, insidieusement, comme une fatalité, , comme étant d'ordre domestique, culpabilisante, comme une faute collective dont il serait demandé réparation, dont hériteraient nos enfants, une charge qui pèserait obsessionnellement, au sens quasi-religieux, comme le  répétait Mr Bayrou?            __   Or la dette d'Etat n'a rien à voir avec la morale ni avec la dette privée. Elle n' pas non plus qu'une question technique, mais  est un problème social, voir politique. La présentation et la pédagogie sur cette question, qui devient obsessionnelle, sont biaisées. "  Certains en tirent profit....L'action pour la réduire doit s'attaquer aux causes structuelles (externes et internes) et non aux "méchants français trop dépensiers"     François Bayrou, en sacrifiant son poste au nom de la « vérité » sur les comptes publics, avait rejoué une vieille pièce : celle de la menace planant sur les « générations futures ». Une rhétorique éprouvée depuis des décennies, qui masque les rapports de force sociaux que la dette organise.  La dette publique a des effets distributifs, mais ils ne sont pas déterminés dans l’absolu. Elle peut opérer une redistribution des plus riches vers les plus pauvres si elle permet d’étendre les services publics, en privilégiant leurs qualités plutôt que la baisse de leurs coûts, et si le système de financement par l’impôt est progressif  ...Derrière le « nous » collectif des Français endettés invoqué par les gouvernants, se cache un clivage social : pour les fractions les plus aisées de la population, loin d’être un problème, la dette représente une possibilité de placement prospère quand la majorité la finance et en endure les conséquences. Pour les fonds financiers internationaux, une aubaine...La dette ne représente pas un danger universel. Elle est devenue un instrument de sécession d’une classe rentière. La véritable fracture n’est pas générationnelle, mais sociale. Une minorité, qui se mobilise pour protéger ses avoirs, se soustrait à l’impôt, pousse des cris d’orfraie face à la taxe Zucman, et réclame que l’effort soit porté par la majorité : plus de travail, moins de jours fériés, des droits sociaux rabotés et la régulation de l’environnement saccagée au nom d’une politique économique favorable au capital, censée tirer la croissance et garantir la continuité du service de la dette..."                          __________Une étude de Benjamin Lemoine, remet en question la vision qui nous est généralement présentée de la "dette publique", dans le contexte actuel: L'ordre de la dette  et sa suite récente: La démocratie disciplinée.    Il n'est pas le premier, mais il est sans doute un des  rares à avoir analysé cette question de manière historique autant qu'économique en remettant certains mythes tenaces en question.       Après un temps d'accalmie (covid oblige et le "quoiqu'il en coûte" étant devenu une sorte de parenthèse) la question de la dette revient: la dette serait le mal qu'il faudrait prioritairement combattre, notamment en rognant encore plus sur les dépenses publiques.                                 __La Cour des comptes et P. Moscovici y vont de leur couplet bien connu. La dette revient en force comme une obsession, objet d'inquiétude depuis des années dans les sphères étatiques. Alors que la dette américaine, stratosphérique, n'obsède pas, pas plus que la dette japonaise, plus élevée que la nôtre.                                                                                                                                                                    La question de la dette est devenu un épouvantail, qui arrange bien ceux qui en profitent



         "...
À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d’airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l’« ordre de la dette » a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite – parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn… Autrement dit, il fut le fruit d’un choix politique...."        "L'État s'est lui-même désarmé de ses outils de financement directs (comme l'emprunt auprès de sa banque centrale ou la contrainte imposée aux banques commerciales) pour se soumettre aux règles et à la discipline des marchés financiers. Ce choix a eu pour conséquence de transformer la dette en un instrument de justification des réformes de rigueur et de réduction des dépenses publiques..."
                                                                            Quel est le problème de fond? Pas là où on le croit. Il n'y a pas de fatalité.

                       La question de la dette est devenu un épouvantail, qui arrange bien ceux qui en profitent                                              Le débat est donc plus politique que purement technique et économique.      _ Un nécessaire besoin de croissance, contre la désindustrialisation.

                                                             

lundi 14 septembre 2026

Faiseur de rois

 Les ambitions d'un marchand                                                                                                                                      Devenu "empereur" en Afrique,  où il se constitua les bases d'un pouvoir financier qui ne fera que croître, le fils de son père gravit méthodiquement les marches d'une ascension qui fit de lui l'homme incontournable connu ou trop méconnu d'aujourd'hui. Le fervent catholique breton sut se rendre indispensable auprès de certains amis de l'impénétrable villa Montmorency, dont un de ses illustres habitants, devenu président, sut lui renvoyer l'ascenseur. Il continue à recevoir les présidentiables, à les conseiller et à les soutenir généreusement de ses deniers, qu'il a en abondance. En toute générosité. Certains l'appellent le grand influenceur. Ses bonnes oeuvres en faveur des médias, qu'il affectionne,  à condition qu'ils soient en sa faveur, se poursuivent sans relâche. Il contribue généreusement, comme un nouveau croisé, à faire l'opinion. Toujours à la droite de Dieu, comme un bon breton qui se respecte et cherche son salut...       


                                                                                                                                __  Un homme très discret, finalement. On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  _____ __   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...                                                                                                
 Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les Échos, Le Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit ]            __Le pouvoir du livre, vu par Bolloré             __________________

mardi 1 septembre 2026

Peril en la demeure

Folle fuite en avant

   C'est un  grand pari et un grand risque                                                                                                                                   Un bulle financière se prépare aux USA, concernant le domaine de  l'IA et de la course folle aux Data centers, dans une concurrence effrénée qui semble se présenter comme un piège. Cela commence à se savoir et à inquiéter les esprits les mieux informés et le plus concernés, dépassés par la vague qui monte. Et quand on sait qu'une crise bancaire de cette nature ne se contente pas de se limiter aux frontières, pas plus qu'un nuage radioactif, c'est tout le système bancaire mondial qui pourrait être affecté. Comme en 1929. Comme en 2008. Malgré la diversité des causes et des contextes. On sait que dans ces cas, ce sont pas QUE les grandes banques qui s'effondrent....L'effet cascade est assuré, malgré quelques contrôles minimaux sur le tard.  Le fol engouement constaté n'est pas un bon signe.  L'orage monétaire vient (presque) toujours des USA.         


                                                                              ___  Le conditionnel s'impose, bien sûr, on n'est pas dans l'ordre de la prédiction, mais de l'hypothèse haute, envisagée par des personnalités qui sont au coeur du réacteur. Et pas des moindres.  Nous irions vers une bulle financière d'ampleur, un tsunami, dont l'issue est très périlleuse dans le contexte actuel de course en avant enfiévrée,  de forte concurrence et d' IAIflation.    Ainsi, le géant Apple a annoncé, jeudi 25 juin, des hausses de prix de 100 à 300 dollars (de 88 à 265 euros) sur ses MacBook et ses iPad, provoquant un dévissage de l’action de 6 %. En cause, la pénurie de composants électroniques et l’explosion des prix. « C’est une crue centennale, a déclaré Tim Cook, patron d’Apple au Wall Street Journal. Je n’ai jamais rien vu de tel, où que ce soit, en plus de quarante ans. »                                               Un choc de rentabilité, dit la Tribune, qui n'est pas un organe de gauche. La perte de contrôle est évidente.                                    Même Anthropic alerte. Altman parle de risques de faillite. D'autres, d'avenir incontrôlé.  Oracle s'effondre. En sous-estimant sans doute le problème, disent d'autres, plus critiques encore. Le climat est délétère  et peu propice à un virage salvateur.                                                       __________ Certains sont plus clairs et affirmatifs, allant aux problèmes de fond, comme on peut l'entendre  ici.                             Wait and see... and pray (?)   
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mercredi 22 juillet 2026

Loi d'urgence

Il y avait urgence à légiférer

     Un gouvernement divisé. Le vote de la honte... lit-on dans une presse plutôt soucieuse des problèmes agricoles et de santé.     Une démission qui s'imposait.                                                                     Les attentes de ceux qui luttent pour une autre forme d'agriculture ont été compromises, contre les intérêts bien compris de la vie paysanne et la santé de tous. L'environnement n'est pas, une fois de plus une priorité, dans une vision à court terme qui fait fi de l'avenir.                                                                                                         " L'écologie est une chose merveilleuse. Surtout en période de canicule.  À chaque épisode de chaleur, les mêmes responsables politiques apparaissent devant les caméras avec un air grave. Ils parlent de "défi climatique", de "résilience", d'"adaptation" ( comme si on pouvait s'adapter à un climat de +4)) et, si l'émotion est au rendez-vous, ils ajoutent même qu'il faut "agir". C'est beau. On croirait entendre un documentaire animalier où tout le monde veut sauver la planète.   Puis ils retournent voter.   Et là, c'est un peu comme découvrir que le président de la Ligue contre l'alcoolisme inaugure une distillerie.    Parce qu'entre les discours et les bulletins de vote, il existe parfois un gouffre si profond qu'on pourrait y installer une station de ski. 


                                                                                                                                           
Prenons les faits. On nous explique qu'il faut protéger les ressources en eau. Très bien. Puis on facilite les projets de mégabassines, dont le principe consiste à pomper une ressource devenue rare pour la stocker dans d'immenses réserves artificielles. C'est un peu comme répondre à une pénurie de pain en construisant des silos... sans se demander pourquoi les champs produisent moins.   On nous explique ensuite qu'il faut préserver la biodiversité. Excellente idée. Puis on affaiblit la protection des zones humides, ces terrains qui rendent pourtant quelques menus services : absorber les crues, filtrer l'eau, stocker du carbone, rafraîchir les paysages et héberger une quantité impressionnante d'espèces vivantes. En résumé, les zones humides sont les reins de la nature. Mais visiblement, certains pensent qu'on peut très bien vivre sans reins. C'est audacieux.      Vient ensuite la question des pesticides.  Pendant des années, scientifiques, médecins et agences sanitaires nous ont expliqué que certaines molécules posaient problème pour les insectes pollinisateurs, les écosystèmes et parfois la santé humaine puis qu'une récente étude nous affirme que le nombre trés élevé de cancers du pancréas vient des pesticides (remarquez bien que je n'écris pas viendrait, j'écris vient). Résultat ? On trouve une jolie formule administrative : "réintroduire à titre dérogatoire". Le mot "dérogatoire" est merveilleux. C'est un peu le passe-partout de la politique. On ne revient jamais en arrière, voyons. On crée simplement une petite exception. Puis une autre. Puis encore une autre. À la fin, l'exception finit par devenir la règle, mais tout le monde dort tranquille parce que le vocabulaire est resté élégant.                                                                 Le plus fascinant reste toutefois la communication.    Il y a quelques années encore, une partie de la droite et de l'extrême droite expliquait que les écologistes exagéraient tout, qu'ils voulaient revenir à la bougie et qu'ils inventaient une "écologie punitive". Aujourd'hui, difficile de nier les canicules, les sécheresses, les incendies ou les inondations. Alors le discours a changé. Désormais, tout le monde est sensible au climat. Tout le monde aime les arbres. Tout le monde trouve que l'eau est importante. C'est presque touchant.        Mais lorsqu'il s'agit de voter des mesures concrètes qui protègent les sols, réduisent les pollutions ou préservent les milieux naturels, il semble qu'une mystérieuse allergie se déclare au moment d'appuyer sur le bouton.    On pourrait appeler cela le syndrome du climat sympathique.  On aime beaucoup le climat. On lui souhaite bon courage. On pense très fort à lui.   Mais surtout, qu'il ne vienne pas perturber les habitudes économiques.    Car il ne faudrait pas que l'écologie devienne... écologique.   Le plus extraordinaire est cette capacité à invoquer la science uniquement lorsqu'elle conforte une opinion déjà existante. Pour le climat ? "Écoutons les scientifiques." Pour les pesticides, les sols, les zones humides ou la biodiversité ? "Écoutons surtout les impératifs économiques." Les chercheurs deviennent alors un peu comme ces cousins qu'on invite uniquement aux repas de famille lorsqu'ils sont d'accord avec nous.   Pendant ce temps, les conséquences, elles, ne votent pas.  Les sécheresses ne regardent pas la couleur politique des départements.   Les inondations ne demandent pas la carte d'un parti avant d'entrer dans les maisons.   Les incendies ne distinguent pas un électeur de droite d'un électeur de gauche.   La physique possède un défaut insupportable : elle refuse obstinément de négocier.          Alors, bien sûr, il faut soutenir les agriculteurs. Personne ne conteste qu'ils affrontent des difficultés immenses. Mais les aider à traverser le changement climatique n'est pas la même chose que les encourager à poursuivre des pratiques qui aggravent les problèmes auxquels ils devront faire face demain.                                                               Au fond, cette politique ressemble à un médecin qui, voyant son patient souffrir d'un emphysème, lui offrirait une cartouche de cigarettes "pour soutenir le commerce local". Le geste est généreux. Le pronostic l'est un peu moins.  À force de présenter chaque recul environnemental comme une victoire du bon sens, on finit par oublier une évidence : la nature n'a pas d'opinion politique. Elle ne lit pas les programmes électoraux. Elle applique simplement les lois de la chimie, de la biologie et de la physique.  Et ces lois-là ont une particularité assez agaçante : elles ne connaissent ni la droite, ni l'extrême droite, ni le centre. Elles se contentent de présenter l'addition. Et, comme toujours, ce ne sont pas ceux qui l'ont rédigée qui la paieront en premier, mais ceux qui hériteront du paysage qu'ils auront laissé derrière eux...."

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dimanche 12 juillet 2026

Petit billet du dimanche

__  Divisions

__ Magouilles

__ Divergences

__ Courtisanerie     

__ Fragilisation

__ Merci patron!

__ Sous estimation

__ Permis dangereux

__ 15 ans d'affaires

__ Echappée à gauche

__ Impérialisme financier

__ Erdogan: dérives autoritaires

__ IA comme technologie opérante

                        _____  Revue (libre) de presse  ___________

vendredi 10 juillet 2026

Pour une police exemplaire

 Une décision lourde de sens

                                                   ".... Les policiers et gendarmes disposent déjà du pouvoir de recourir à la force, y compris d’ouvrir le feu. Encore faut-il que ce pouvoir soit contrôlé et exercé de manière légitime : que la réponse soit proportionnée à la menace et que celle-ci soit suffisamment grave et immédiate pour ne laisser aucun autre choix. Une telle présomption de légitime défense permettra aux agents d’ouvrir le feu sur des personnes considérées comme suspectes, quels que soient les circonstances et le niveau de menace réel que ces personnes représenteraient. On compte déjà en France des dizaines de personnes tuées par balles, dont certaines dans des circonstances floues, voire opaques. Les enquêtes impartiales et procès, qui permettraient d’y voir plus clair sur la légitimité ou non de l’action policière dans certains cas, demeurent encore trop rares. Instaurer une telle présomption de légitime défense ne fera que renforcer cette opacité, ainsi que l’impunité d’agents qui ont pu abattre des personnes sans que cela soit nécessaire...."                                                                                                                                                                                                                 Une mesure comme nulle part ailleurs en Europe.  Les inquiétudes sont vives. Trop de zônes d'ombre et de victimes. S'agirait-il d'un permis de tuer?   "... Un « permis de tuer » dénoncé par l’ensemble de la gauche. Mais aussi par les associations des droits humains (Amnesty international France, Ligue des droits de l’homme…) qui s’étaient rassemblées devant le Palais-Bourbon dans l’après-midi pour protester contre une réforme « risqu[ant] d’augmenter le nombre de personnes tuées et blessées » par l’envoi d’« un signal de désinhibition » aux policiers et gendarmes, ainsi que l’écrivait le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans une lettre envoyée aux députés le 29 juin..."                                                                 "La question centrale  est celle de la restauration du lien de confiance entre la police et la population"                                                                                                                 Face à la pression de certains syndicats tout puissants de police. Il y a lieu de s'inquiéter de cette pression qui somme le pouvoir exécutif de répondre à leurs exigences et met le pouvoir judiciaire sous pression, provoquant des réactions prévisibles et normales de la part de magistrats en vue. Que certaines forces de police aient été très sollicitées depuis un moment, on le comprend. Personne ne remet en cause certaines exigences légitimes de leur part. Mais qu'elles imposent leur "droit", outrepassant certaines limites constitutionnelles, voilà qui n'est ni recevable, ni acceptable constitutionnellement, surtout quand de hauts responsables renchérissent. Mitterrand avait sanctionné une fois de telles dérives. Quels que soient leurs droits, un traitement d'exception ne peut être toléré, sous peine de remettre en question les fondements de l'Etat de droit.                                     Revoir les conditions d'exercice des forces de police, oui, le fonctionnement des chaînes de commandement, bien sûr, l'usage d'armes qui devraient être prohibées, comme dans d'autres pays, cela va de soi. Comme revoir la formation d'ensemble des forces du maintien de l'ordre, notoirement insuffisante et des méthodes de gestion de foules qu'on réprouve dans des pays voisins. Le maintien de l'ordre se définit et se décide au niveau de l'exécutif et de l'Assemblée conjointement, de l'instance gouvernementale. Il serait bon de relire Montesquieu. Céder aux forces de l'ordre par crainte ou par démagogie est une dangereuse dérive pour le pouvoir et le pays.                    Les forces doivent être au service des citoyens, de manière strictement encadrée, et doit en recevoir une juste reconnaissance. Ni plus ni moins. Rappel:                                                           Force est de le reconnaître, contre Mr Darmanin et son discours réducteur et souvent manichéen, on assiste en France à une "brutalisation des forces de l'ordre" lors des événements tels que ceux qu'on a connu depuis plusieurs semaines. Des instances européennes et même mondiales le reconnaissent aussi. Pas seulement à l'occasion de Ste Soline. Il s'agit surtout de la gestion de certaines forces policières lors de manifestations qui tournent mal.   


               __     Il y a d'évidence quelque chose à faire et il serait bon d'imiter certains pays pour gérer autrement des situations particulièrement compliquées. Une police plus exemplaire. C'est ce à quoi aspire tout citoyen. C'est ce qu'évoquent les différents responsables politiques qui en ont la charge, ministres de l'intérieur surtout. L'ordre républicain ne peut se passer d'elle. Tous souhaitent son efficacité, mais pas à n'importe quel prix. Il arrive trop souvent qu'elle soit mal préparée aux tâches qui seront le siennes, que son encadrement laisse à désirer, qu'elle soit un milieu où même des "bavures" ne sont pas rares, comme les organes de presse s'en font trop souvent l'écho. Et on peut comparer, d'un pays à l'autre, la manière dont la police se comporte, dans l'exercice de ses fonctions. La France hérite d'un tradition particulière dans ce domaine: depuis Papon sans remonter plus haut.  Une tradition qui n'est pas toujours à sa gloire et qui nécessiterait certaines réformes profondes. Il existe une certaine tradition d'impunité au sein des forces de l'ordre et des complicités qui commencent à être mieux connues. Un esprit de corps du plus mauvais effet et qui suscite des interrogations légitimes dans le public. Il y a aussi, sans vouloir généraliser trop de "management" discutable au sein de la hiérarchie, trop d'hommes de terrain qui souffrent et dont le désespoir peut pousser aux extrêmes. En plus haut lieu, certains organes signalent des disfonctionnements parfois graves. C'est le pouvoir de tutelle qui est interpelé, même si les conditions du maintien de l'ordre se sont complexifiées.                                                                                                                                                                         On aimerait une police plus policée. La France n'a pas la plus mauvaise police du monde. Elle est même bien meilleure que dans beaucoup d'autres pays industrialisés. La comparaison avec celle qui (dys)fonctionne aux USA notamment , au vu des affaires récentes, le montre bien. Le problème n'est pas tant celui des hommes que celui de leur recrutement, de leur formation, de leur gestion et du contrôle de leurs actions, à quelque niveau que ce soit. Si on a la police que l'on mérite, les modalités de son fonctionnement spécifique demandent une remise en question.  La police française n'est pas toujours exemplaire reconnaissent certains premiers concernés, qui en souffrent et qui le disent. Ce n'est plus celle qui fonctionnait aux ordres de Pétain ou plus tard pendant la guerre d'Algérie et les consignes de Papon. Mais, c'est bien connu, il y a encore des efforts à faire. On a réduit drastiquement les effectifs, introduit comme ailleurs un lean management, délaissé la police de proximité, abandonné les quartiers difficiles, livrés à eux-mêmes, et on a sommé pendant longtemps la police de faire du chiffre.

       
  ___   "...La France, qui était un État précurseur en matière de contrôle de sa police avec la création en 1986 du Code de déontologie de la Police nationale, puis avec la création de la CNDS en 2000, est devenue une nation frileuse depuis trop longtemps en ce qui concerne le traitement des comportements inadaptés des policiers qui entachent toute l’institution.   Par la mise en place de pratiques réflexives basées sur le modèle anglais, par la redéfinition des missions de l’IGPN et par la création d’une Commission nationale de déontologie de sa sécurité dotée de moyens suffisants, la police et les policiers pourraient retrouver une certaine légitimité et la population, une police sur laquelle elle pourrait compter...."            La perméabilité au racisme n'est pas nouvelle dans certains milieux de la police, depuis un certain nombre d'années, comme en Allemagne, ce qui est plus nouveau.
    Les policiers sont des gardiens de la paix avant tout, et leur formation ne doit pas être seulement technique. Depuis que la police de proximité a été négligée puis abandonnée, depuis qu'on a supprimé un très grand nombre de postes et redéfini sa mission dans un sens plus répressif, moins préventif, que les quartiers à risques furent abandonnés à leur sort, il ne faut pas s'étonner de certaines dérives dans des situations de méfiance réciproque et de confrontations parfois violentes, dans les situations conflictuelles plus nombreuses.
    L'impunité doit être bannie, comme ailleurs
                ____Dans son dernier rapport annuel, l’inspection générale de la police nationale se défend fermement d’être « la police des polices », mission qui « reste dans l’imaginaire populaire ». Sa directrice fait même assaut de transparence : son « ambition première » n’est pas de contrôler mais de « valoriser l’institution et ses agents ».    Cet aveu, en bonne place (dans l’éditorial dudit rapport), est certainement le meilleur effort de sincérité auquel s’est livré l’IGPN depuis des années. Une institution qui n’hésite pas à légitimer, de la part des forces de l’ordre, « des ripostes plus nombreuses et plus fermes et donc des blessés » du fait « des violences exercées contre [elles] lors des manifestations ».   Attendre de cette instance un devoir d’impartialité serait donc vain. Et depuis plusieurs mois, au regard de certains dossiers emblématiques, l’idée s’est installée que la police des polices n’inspectait rien sinon les meilleurs moyens de préserver les forces de l’ordre.     Encore fallait-il démontrer cette impression, ou la démonter. C’est tout l’objet d’Allô IGPN, suite logique du travail entamé il y a 18 mois avec Allô Place Beauvau sur Twitter puis sur Mediapart, qui visait à recenser les abus policiers survenus dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, et à interpeller le ministère de l’intérieur....La non-identification de policiers à l’origine de violences est l’un des motifs fréquents des classements sans suite.   « L’IGPN ne se donne pas réellement les moyens d’identifier les policiers qui ont commis des violences ayant entraîné des blessures ou des mutilations », déplore l’avocate rouennaise Chloé Chalot, qui depuis l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes travaille sur les violences policières.    « Les enquêteurs se contentent des déclarations des policiers sans aller plus loin. Il n’y a pas d’investigations complémentaires pour les vérifier », poursuit-elle..."             Ce métier si difficile et exigeant, qui n'a pas toujours les moyens de son fonctionnement normal, mérite mieux que les quelques justifications d'un préfet de police, dont la nomination n'est pas due au hasard.                                  ___ Les drones ne suffiront pas.         ___Approches filmiques. ____________