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vendredi 28 août 2026

La patate n'a pas la frite

 Cette année

       On comprend pourquoi                                                                                                                                                La base de notre alimentation va faiblir et la frite se fera petite et rare. Les patates ressemblent souvent à des chiques cette année. Au grand désespoir de Mac Cain... Nous sommes -momentanément- dans la purée....                                      La patate en Europe n'a pas une si longue histoire, même si ses origines andines sont lointaines. Sur le marché européen, sa production est importante, plus ou moins constante. Elle a monté en flèche. La frite surgelée ne connaît pas de frontières. La frite industrielle inonde le marché mondial.  Une spirale productiviste et des patatiers asservis. Il va falloir progressivement choisir entre son commerce sans frein et les exigences climatiques. Mais ce n'est qu'un exemple...

                    " Le commerce des frites surgelées résume parfaitement ce qu’est capitalisme mondialisé et dévoile l’hypocrisie du rituel des COP « pour sauver le climat et la planète ».Un rappel d’abord, même si l’histoire de la pomme de terre est bien connue. Nous ne mangerions pas de pomme de terre en Europe si les populations andines d’Amérique du Sud ne l’avaient cultivée depuis plus de 8 000 ans. Les conquistadors espagnols arrivés beaucoup plus tard ont rapporté des pommes de terre en Espagne au début du XVIème siècle, mais le développement de sa culture et de sa consommation en Europe fut lent. En France, par exemple, jusqu’au XVIIIème siècle, la pomme de terre était considérée comme une plante toxique dont l’usage devait être réservé aux animaux. Il fallut que Parmentier, prisonnier des Prussiens pendant la guerre de sept ans, consomme les pommes de terre servies par ses geôliers, en apprécie les qualités et revienne en France convaincu de son intérêt pour alimenter la population encore fréquemment victime de disette, voire de famine et mène une grande campagne de promotion de la pomme de terre jusqu’à la table du roi, pour que sa culture se développe jusqu’à faire de ce tubercule un élément majeur de notre alimentation.                       Pour remercier ceux qui nous ont apporté ce bienfait, voilà que l’Union européenne attaque la Colombie devant l’OMC pour la contraindre à acheter des pommes de terre dont nous ignorerions l’existence s’ils n’en avaient cultivé bien avant nous.     L’agro business a transformé la culture de la pomme de terre en une industrie vouée à l’exportation. La Belgique, pays emblématique de cette culture, a obtenu que la frite soit inscrite à l’inventaire du patrimoine mondial de l’humanité. Pourtant, ce qu’elle produit aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec la frite traditionnelle vendue dans des cornets, avec ou sans mayonnaise, qu’elle a remplacé, pour l’essentiel, par un affreux produit surgelé. Les surfaces consacrées à la culture de la pomme de terre ont progressé de 50% depuis le début des années 2000 pour atteindre 100 000 hectares, soit 11% des terres cultivées du pays. La Belgique a produit dix fois plus de pommes de terre en 2021 qu’en 1990 : 5 millions de tonnes contre 500 000 tonnes. Mais comme cela ne suffit pas aux industries de transformation, les importations de pommes de terre (en provenance de France notamment) ont été multipliées par trois en 20 ans, passant de 0,9 millions de tonnes en 2000 à 2,6 millions en 2018.  Ces pommes de terre ne sont pas achetées par les ménages belges pour qu’ils préparent leurs frites à la maison. 90% des pommes de terre belges sont transformées par des grands groupes internationaux en frites surgelées, croquettes et autres produits transformés issus des pommes de terre pour être exportés aux quatre coins de la planète. C’est ainsi que la Belgique est devenue le premier exportateur mondial de produits surgelés à base de pommes de terre. Cinq millions de tonnes de pommes de terre sont transformées par l’industrie pour produire 2,3 millions de tonnes de frites, 700 000 tonnes de purée, des chips, des croquettes, etc. Entre 40 et 50% des pommes de terre sont perdues dans le processus de transformation industrielle, une partie de ces pertes étant récupérées pour l’alimentation animale. Le groupe belge Clarebout Potatoes est devenu le premier producteur européen et le 4ème producteur mondial de produits surgelés à base de pommes de terre avec une production annuelle estimée à environ 800.000 tonnes de produits transformés et un chiffre d’affaires de 1,3 milliards d’euros en 2019. Clarebout va d’ailleurs installer prochainement une usine de production de frites surgelées dans le port autonome de Dunkerque qui en produira 1400 tonnes par jour (7j/7j, soit une production annuelle de plus de 500 000 tonnes) qu’il sera facile de charger sur un bateau pour l’exporter… en Amérique du Sud par exemple. D’autres groupes internationaux sont présents en Belgique et en France, comme le canadien Mc Cain, un géant du secteur, le néerlandais Farm Frites, ou encore Nestlé. La France a connu une évolution similaire. Elle produit 5 à 6 millions de tonnes de pommes de terre sur 150 000 hectares. 43% de la production sont exportés, 21% sont utilisés dans les usines de transformation pour la production de produits surgelés (à leur tour souvent exportés), 19% sont incorporés dans l’alimentation du bétail. Le marché national de consommation de pommes de terre fraîches n’absorbe que 17% de la production. La pomme de terre est devenue la matière première d’une industrie de transformation qui a accompagné la généralisation de la distribution des produits alimentaires par les grandes surfaces notamment sous forme de produits surgelés. L’exportation de produits surgelés est l’objectif principal de cette industrie. Culture de la pomme de terre et disparition des paysans Au XXème siècle, les pommes de terre étaient produites sur l’ensemble du territoire français par de petites exploitations agricoles et dans les jardins familiaux. Elles constituaient un élément important de l’alimentation de la population, encore très largement rurale. Chaque Français mangeait en moyenne 95 kilos de pommes de terre par an en 1960 ; il n’en mange plus que 52 kilos en 2022. En conséquence de quoi les surfaces consacrées à cette production ont fortement diminué, jusqu’au début des années 2000 où elles ont recommencé à croître. Les rendements à l’hectare ont beaucoup augmenté et la production s’est concentrée dans 3 régions : les Hauts-de France (65% de la production nationale), le Centre- Val de Loire (environ 10%) et le Grand Est (11%). Dans ce secteur comme dans tous les autres secteurs de l’agriculture, nous assistons à une véritable délocalisation de la production qui est désormais plus liée aux réseaux de transport, à la localisation des industries de transformation, qu’au climat ou à la qualité des sols. On constate les mêmes phénomènes chez les autres grands producteurs européens, Belgique, Allemagne et Pays-Bas. En Belgique, la moitié de la production est réalisée par 5% des producteurs de pommes de terre. En France, comme en Belgique ou en Allemagne les producteurs de pommes de terre ne sont plus majoritairement des petits agriculteurs indépendants, vivant de leur travail en approvisionnant les marchés locaux, en faisant vivre les circuits courts et tout ce qui est vanté comme devant être le cœur de la transition écologique souhaitée par la population et les gouvernements. C’est tout le contraire : les agriculteurs sont devenus des « travailleurs à façon » placés dans une situation de dépendance économique vis à vis des industries de transformation. Ils sont liés par des contrats qui leur imposent les volumes, la qualité et les conditions de production. Ils doivent fournir chaque année un volume donné de pommes de terre. S’ils ne sont pas capables d’honorer cet engagement, les sanctions sont variables : pénalités ou bien facturation par le transformateur des pommes de terre qu’il a dû acheter ailleurs. Les trois quarts des pommes de terre, en Belgique comme en France, sont produites par des « agriculteurs » sous contrat avec les groupes de transformation. Le développement de cette industrie a donc accéléré la disparition des exploitants agricoles indépendants en Europe, avant de faire la même chose dans les pays de destination des exportations européennes, en Amérique du Sud notamment. Pour conquérir ces marchés, les industriels font payer cher leurs produits sur le marché européen et pratiquent le dumping sur les marchés d’Amérique du Sud. Le Brésil et la Colombie ont adopté des mesures antidumping en 2017 et 2018 après avoir constaté que les prix de vente des produits européens sur leur marché étaient inférieurs de 18 à 41% à ceux qui étaient pratiqués pour les mêmes produits vendus par les Belges ou les Allemands au Royaume-Uni. Ce dumping a eu des conséquences dramatiques pour les agriculteurs en Colombie ou au Pérou. Depuis l’entrée en vigueur des accords de libre-échange entre ces pays et l’Union européenne, en 2013, les exportations européennes ont grimpé en flèche. Celles de frites congelées ont augmenté de 915% en Colombie, à tel point que les petits producteurs colombiens se sont mis en grève et ont exigé l’arrêt des importations de pommes de terre européennes.                                           La pomme de terre ne se développe que si elle trouve suffisamment d’eau dans le sol. Ce besoin d’eau augmente considérablement pour atteindre les rendements très élevés exigés par les industries de transformation, compris entre 40 et 50 tonnes à l’hectare, de surcroît avec des pommes de terre d’un calibre suffisamment gros pour se prêter aux besoins de l’industrie.  C’est pourquoi l’irrigation des champs plantés en pommes de terre s’est beaucoup développée dans la région des Hauts de-France qui n’est pourtant pas réputée comme l’une des plus sèches du pays. Les problèmes, déjà très importants, de qualité de l’eau dans cette région, provoqués par une urbanisation et une industrialisation anciennes, s’en trouvent aggravés.  Comment peut-on justifier le développement de telles pratiques agricoles alors que le changement climatique pose des problèmes de disponibilité de la ressource en eau de plus en plus importants y compris en France ?  De plus, la culture de la pomme de terre intensive fait un usage immodéré des produits phytosanitaires pour lutter contre le mildiou et les autres maladies. Jusqu’à 20 pulvérisations de produits phytosanitaires par récolte sont nécessaires. En moyenne, 17,6 kilos de substances actives sont épandus par hectare en Belgique, contre 6,4 pour la betterave et 2,8 pour le froment. Les engins agricoles utilisés pour cette culture industrielle pèsent des dizaines de tonnes et contribuent à renforcer le tassement des sols qui fait obstacle à l’infiltration des eaux de pluie. A terme c’est tout simplement la capacité de production des sols qui sera affectée.   Enfin, produire en Europe des pommes de terre que l’on transforme en frites surgelées auxquelles il faudra faire traverser l’océan atlantique dans des bateaux réfrigérés, représente une consommation d’énergie contribuant au changement climatique parfaitement aberrante et à laquelle il est urgent de mettre fin.  Les discours alarmistes sur la situation alimentaire d’une partie de la planète méritent d’être mis au regard de telles aberrations. En effet, la vente de pommes de terre européennes en Amérique du Sud n’a pas pour but d’assurer l’alimentation de populations sous-alimentées. Au contraire, elle ruine la possibilité des pays importateurs de produire leur propre alimentation grâce à une agriculture paysanne beaucoup moins polluante et plus conforme à l’orientation qu’il faudrait donner à l’organisation de notre société pour l’adapter aux changements climatiques en cours.  En même temps que les pays européens et la commission de l’Union européenne font de grands discours à Charm El-Cheikh à l’occasion de la COP 27 et protestent de leur engagement dans la lutte contre le changement climatique, ils mènent un combat acharné au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en faveur de ce commerce aberrant des produits transformés surgelés issus de la transformation de la pomme de terre. Ce combat a payé puisqu’ils ont obtenu la condamnation de la Colombie par l’organisme de règlement des différends de l’OMC. Si la Colombie respecte cette décision scandaleuse, elle devra donc supprimer les droits de douane qu’elle avait instaurés, qui n’ont même pas suffi à protéger son marché intérieur. Quelques grands groupes internationaux continueront à faire de plantureux profits grâce à ce commerce qui représente l’exact opposé de ce que nos sociétés prétendent vouloir faire pour éviter la catastrophe annoncée.  D’un côté l’Union européenne fait des discours sans conséquences dans des conférences internationales, de l’autre elle défend des mesures bien concrètes pour développer le commerce international dans ce qu’il a de pire, au prix de la pollution des sols, de l’eau et de l’air, au bénéfice d’une activité économique inutile et destructrice.  La COP 27 est focalisée sur les compensations financières qu’il faudrait accorder au pays en développement au titre de la responsabilité passée des pays développés dans le changement climatique. Des promesses seront faites, comme elles ont déjà été faites dans le passé, et seront certainement tenues de la même façon. Mais le vrai sujet n’est-il pas de préparer l’avenir avant de réparer le passé ? Les pays développés devraient d’abord cesser de ruiner l’économie des pays moins riches, en faisant disparaître leur agriculture paysanne victime d’exportations à bas prix de produits transformés très consommateurs d’énergies fossiles. Faisons cela sans attendre, il sera toujours temps de parler des compensations financières.  Nul besoin de mesures complexes, de contrôle international bureaucratique des tonnes de carbones émises ou économisées par les États signataires de la convention de l’ONU sur le climat. Il suffit de déclarer un moratoire sur le commerce international de tous les produits transformés surgelés issus de la pomme de terre.  Pour atteindre cet objectif, pourquoi ne pas lancer une campagne mondiale de boycott des frites surgelées, dont la production n’est pas moins coupable que l’activité des groupes pétroliers du changement climatique ?   Pourquoi ne pas suspendre l’activité de l’OMC jusqu’à ce que ses règles de fonctionnement aient été mises en cohérence avec les exigences de la lutte contre le changement climatique ? Cela permettrait aux États qui le souhaitent de relocaliser une partie de la production dont ils ont besoin et de remettre un peu de bon sens dans les échanges commerciaux internationaux. Puisque la mode est à la sobriété et aux petits gestes, épluchons nos pommes de terre fraîches, ce sera bien meilleur dans nos assiettes et pour l’environnement que d’accepter de consommer ces horribles produits surgelés, d’ailleurs très indigestes. Quant à l’Union européenne, qu’elle abandonne immédiatement ses actions contre la Colombie qui a déclaré son intention de faire appel de la décision prise par l’OMC ! Si la Commission de l’UE ne le fait pas, elle confirmera la vacuité de ses discours sur le climat." [ Jean-François Collin]______

mardi 25 août 2026

Sécheresses et pénuries (suite)

 Point d'histoire 

               __  Le climat a son histoire propre, comme il est naturel. Des cycles longs ou courts, réguliers ou non, selon ce qu'on peut saisir à travers les données de la climatologie, des témoignages indirects de la géologie, des quelques récits plus récents du vécu marquant  des hommes ou de ce qu'il nous en reste.  Il nous semble que nous sommes à un tournant majeur. Il conviendrait de relativiser le catastrophisme ambiant, sans remettre en question les analyses et les signaux du Giec.  La sécheresse récente n'est pas la première.           __ Quand on relit certaines annales, on voit que des canicules parfois terriblement meurtrières ont déjà frappé la France, notamment en 1636 et des années après.  Ce qui est singulier, c'est le fait qu'elles soient si répétitives et qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'un réchauffement global, dont les effets se font sentir dans diverses parties du monde, de façon spectaculaire, là où on l'attendait le moins et qu'il est nécessaire d'interroger.    Ce n'est pas seulement la France qui fut touchée par de tels phénomènes extrêmes. En Angleterre, et sans doute ailleurs, des témoignages rapportent des conditions de de sécheresse extrêmes, avant le "petit âge glaciaire":                "En Angleterre, le XIIIᵉ siècle a été marqué par des sécheresses extrêmes, des incendies urbains dévastateurs et des épidémies. L’été exceptionnellement sec de 1212 a notamment favorisé la propagation du grand incendie de Southwark, à Londres, qui a fait des milliers de morts.   Les chroniqueurs médiévaux de l’époque rapportent aussi une sécheresse d’une gravité exceptionnelle en 1252. Le moine bénédictin anglais Matthieu Paris décrit ainsi quatre mois de « chaleur et de sécheresse insupportables », de mars à juillet, sans qu’« aucune pluie ni même aucune rosée » ne vienne soulager les terres.   Les Annales de Tewkesbury, une chronique rédigée à l’époque par les moines de l’abbaye de Tewkesbury (dans le Gloucestershire), confirment que « la sécheresse dura quatre mois, faisant disparaître l’herbe ». Elles rapportent qu’il suffisait de frotter les brins d’herbe entre ses mains pour les réduire en poussière.                                                                                                                             La Chronique des princes (Brut y Tywysogion), un récit médiéval de l’histoire galloise, dresse un constat similaire :

« La chaleur du soleil fut si intense que toute la terre en devint si sèche qu’aucun fruit ne poussa sur les arbres, ni aucune récolte dans les champs ; et l’on ne prit plus ni poisson de mer ni poisson de rivière. »

Matthieu Paris poursuit en décrivant la disparition des pâturages, qui entraîna le dépérissement des bovins et du bétail. Les températures élevées favorisèrent également une « prolifération de puces, de mouches et de moucherons » et s’accompagnèrent d’une recrudescence des maladies, avec des cas de paludisme (alors désigné sous les noms de « fièvre des marais » ou « fièvre intermittente ») signalés dans les zones marécageuses de basse altitude.   Les comptes seigneuriaux confirment les difficultés rencontrées par les agriculteurs. Dans un domaine relevant de l’évêché de Winchester, il est ainsi rapporté que le sol était devenu si dur qu’il fut impossible de le labourer pendant six semaines..."                              Une "anomalie" semblant assez localisée, qui n'est pas du même ordre que celle que nous connaissons aujourd'hui, aux causes passablement différentes.  


       La température à l’échelle mondiale a augmenté de 1.2°C depuis l’époque préindustrielle

          Il y a encore du travail pour les climatologues... Une désinformation en hausse...        ________________

jeudi 20 août 2026

Climato scepticisme en question

  Une année dans les annales                                                                                                                                       Même si des années exceptionnelles connues sont nombreuses. Notamment, celles de sécheresses intenses et durables. 1976 est restée dans les mémoires. Donc, rien d'inédit. Sauf que le débat sur les causes profondes et  la longue durée s'est approfondi, malgré ses limites. Avec ses polémiques et ses dénégations, engendrant des approches souvent brouillées. Ces catastrophes ne sont plus seulement considérées comme "naturelles".  On le sait mieux depuis les premiers rapports du Giec.        Malgré les oppositions des industries fossiles, on ne peut contester l'essentiel des conclusions du Giec, même établies sur une période relativement courte historiquement.  Trump est aujourd'hui à l'avant garde de la dénégation.

[On comprend mieux...]

                          _ Malgré les confirmations répétées du Giec et l'évidence des faits accumulés, on pourrait croire qu'il n'y a plus de doute à avoir sur ce qui pour de nombreux spécialistes est devenu un quasi-évidence: les données climatiques, dûment mesurées et confirmées, convergent toutes vers une certitude partagée: il existe une transformation rapide du climat vers un réchauffement généralisé, dû largement à l'activité humaine galopante, surtout industrielle, surtout notamment depuis ses débuts. Il y a bien un large consensus sur ce constat.

      ___________Mais une frange non négligeable de personnes er d'institutions contestent encore ce constat, attribuant les transformations climatiques à des causes (surtout) naturelles, comme les très nombreux changements qui ont affecté l'histoire de la terre. Une remise en question liée encore à l'ignorance ou au déni, mais aussi à l'intérêt, au refus de remise en cause de pratiques, industrielles ou agricoles notamment,  qui sont soupçonnées être des  facteurs d'accélération et d'aggravation du climat local ou général. C'est ce appelle parfois le  grand déni, qui domine encore dans plusieurs pays du monde, notamment aux USA, dans les milieux industriels et conservateurs. Il fut un temps où en France Claude Allègre se faisait le champion de cette cause, au nom de données prétendument scientifiques. On ne l'entend plus. Mais une vague médiatique continue la même musique en France et même au sein d' institutions européennes. Diverses formes de climato-scepticisme continuent à se manifester.  Aux USA, c'est plus généralisé et affiché, souvent sans complexe, au service d'intérêts affirmés. Business first!  Au nom du " libre marché". Refusant les évidences et ramenant tout à un éco-pessimisme punitif et catastrophiste.   Comme dit Naomi Klein « c’est peut-être au moment du désastre ou juste après, qu’il est possible de reconstruire autrement. »


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mardi 11 août 2026

Nouveau paradigme mondial?

     Horizons, projections et hypothèses                                                                                                                                             Choix énergétiques  en question

                      " Deux puissantes révolutions technologiques sont en cours. La première concerne l’intelligence artificielle et fait l’objet d’une attention particulièrement soutenue de la part de la presse. Elle est présentée par certains comme le signe avant-coureur de changements massifs, voire du remplacement des êtres humains par une « super-intelligence ». En 2018, Sundar Pichai, le directeur général de Google ne déclarait-il pas : « L’IA est plus profonde que le feu ou l’électricité » ?        _____La seconde, en revanche, suscite un intérêt bien moindre : il s’agit d’un ensemble interconnecté de technologies, comprenant l’énergie solaire, les batteries et les véhicules électriques. Nous appellerons cet ensemble la « triade des technologies propres » ou TTP. Sa diffusion et son adoption permettent aujourd’hui de remplacer les combustibles fossiles. C’est elle aussi qui deviendra le fondement énergétique de l’économie politique et qui aura l’impact le plus grand sur la vie des populations à l’échelle mondiale. En effet, la TTP répond directement à un grand nombre de défis. Elle est déjà une réalité et son adoption est motivée par des intérêts économiques de plus en plus évidents. À l’inverse, l’ampleur et l’impact de l’IA sont encore incertains.                                                      Les révolutions technologiques les plus cruciales pour la société sous-tendent ce que Carlota Perez appelle un nouveau paradigme techno-économique (PTE). Un PTE repose sur un facteur de production clef, dont la technologie doit réunir plusieurs propriétés : être bon marché et voir son prix baisser continûment ; elle doit être inépuisable dans un avenir prévisible ; elle doit avoir des applications variées ; enfin, elle doit augmenter la productivité tout en réduisant le coût du capital et de la main-d’œuvre .    À ces quatre critères, il faut en ajouter deux autres : elle doit répondre à des besoins fondamentaux existants ou en créer de nouveaux (par exemple, le téléphone mobile est désormais un besoin qu’on peut qualifier de « fondamental » dans la majeure partie du monde) et permettre à de nouvelles entreprises de se développer et de devenir incontournables.                                                                                  Les nouveaux paradigmes techno-économiques devraient avoir un impact sur tous les aspects de notre vie socio-économique. Les trois derniers PTE que nous avons connus sont : l’ère de l’acier et de l’électricité, l’ère du pétrole et des moteurs à combustion interne ; et, plus récemment, l’ère des technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans ce dernier cas, c’est le semi-conducteur qui en a été le « moteur » principal, indispensable au bon fonctionnement des ordinateurs et des logiciels qui les rendent utiles.                                    Les États-Unis ont dominé ces trois périodes. Si des entreprises européennes et japonaises occupaient également des positions de premier plan lors des deux premiers, dans le domaine des TIC, les États-Unis ont néanmoins imposé leur hégémonie. En 2026, ils tentent toujours de préserver cette domination mondiale dans les deux premiers paradigmes en contrôlant l’énergie issue des combustibles fossiles et en repoussant la menace qui pèse désormais sur leur domination dans le troisième paradigme, en empêchant la Chine de se procurer des semi-conducteurs, des équipements de pointe et les logiciels nécessaires à leur production. L’objectif est de freiner son essor dans le domaine de l’informatique, et plus précisément de l’intelligence artificielle. La supériorité américaine dans l’économie pétrolière et dans les PTE liés aux semi-conducteurs est en effet remise en cause par la Chine : dans le premier cas, via la triade des technologies propres ; dans le second, via la mise en place d’une pile (stack) informatique parallèle.                                                                                                                     La technologie sous-jacente au prochain PTE pourrait ne pas être l’IA, mais la TTP, qui répond directement à certains des « grands défis » actuels : le changement climatique et la pollution liées aux transports et au chauffage, causées en grande partie par l’utilisation de combustibles fossiles ; l’accès à une énergie moins coûteuse et plus durable, afin de répondre à des besoins fondamentaux tels que l’accès à l’eau potable, la production alimentaire, les communications et les transports.                                                                                                    Face à cet engouement mondial et, apparemment, inépuisable, suscité par l’IA et ses grands modèles de langage, il est crucial de déterminer si elle est seulement un outil ou si elle représente quelque chose de plus puissant encore. Si elle est largement adoptée, l’IA pourrait-elle transformer l’économie politique mondiale et faire advenir un nouveau PTE ? Pour répondre à cette question, examinons la stratégie des États-Unis, pour l’heure dominante, puis celle de la Chine, dont les modes de développement de l’IA sont très différents...                                                                                                                                  Le premier critère d’un nouveau PTE est que la technologie qui le sous-tend doit devenir de moins en moins coûteuse au fil du temps. Le coût réel de l’IA reste opaque : les entreprises américaines ont d’abord commercialisé des services informatiques basés sur l’IA à des prix bien inférieurs à leur coût de production et n’ont augmenté le prix d’utilisation que récemment, afin de récupérer au moins une partie des sommes investies. La stratégie américaine en matière d’IA repose sur des investissements massifs dans des centres de données, qui nécessitent des quantités colossales d’électricité et, par conséquent, de nouvelles capacités de production, que les consommateurs actuels devraient subventionner...                                                                                              La rapidité, l’ampleur et la concentration des investissements dans l’IA sont sans doute sans précédent dans l’histoire mondiale et pourraient même dépasser celles observées lors de la bulle Internet de la fin des années 1990. Toutes les entreprises les plus valorisées au monde, à l’exception de Saudi Aramco, investissent actuellement dans l’IA. À titre d’exemple, au premier trimestre 2026, Google, Amazon, Microsoft et Meta ont déclaré avoir investi plus de 130 milliards de dollars dans la construction de centres de données 5 D’autres estimations prévoient que les entreprises américaines, notamment les géants de la technologie et d’autres acteurs, investiront environ 1 000 milliards de dollars en 2027 dans des installations et des équipements liés à l’IA 6. Toutes ces infrastructures nécessiteront une capacité massive de production d’électricité. Les géants américains de la technologie sont ainsi, de fait, en train de passer du statut d’entreprises de logiciels à faible intensité d’actifs à celui de propriétaires de centres de données à forte intensité d’actifs. Leur pari repose sur l’espoir d’une IA qui sera d’une productivité telle que tous ces investissements en capital dans les logiciels et les centres de données – des actifs dont l’obsolescence est pourtant rapide – généreront des rendements exceptionnels.                                                                                                                                                    Le phénomène est si important qu’il contribue de manière tangible à la croissance du produit intérieur brut américain. Par exemple, les économistes de la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis ont calculé que les investissements dans l’IA avaient contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à la croissance du PIB réel au premier trimestre 2025 et de 1,16 point de pourcentage au deuxième trimestre, avant de se stabiliser à 0,48 point de pourcentage au troisième trime8. Selon la Banque : « Cette contribution a permis d’éviter une contraction plus marquée au premier trimestre et a représenté 30 % de la croissance du PIB au deuxième trimestre et 11 % de celle du troisième trimestre. » 9 À l’heure où nous écrivons ces lignes, il semble que l’ampleur de cet investissement se soit maintenue en 2026. Ces chiffres sont clairs : l’avenir de l’économie américaine repose sur le succès de l’IA. Si l’on considère les dépenses d’investissement en pourcentage du PIB, il s’agit du plus grand boom d’investissement de l’histoire des États-Unis.                         Aucun autre pays, pas même la Chine, son principal concurrent dans le domaine de l’IA, n’investit à une telle échelle ni avec une telle intensité, concentrée sur un si petit nombre d’entreprises.     L’ampleur des montants n’est pas le seul élément stupéfiant : les pertes qui en découlent le sont tout autant. Par exemple, OpenAI affirme avoir réalisé un chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars en 2025, mais avoir enregistré une perte de 8 milliards. Cette tendance n’est pas près de prendre fin, car l’entreprise continue de subventionner l’utilisation de l’IA tout en prévoyant de consacrer autour de 600 milliards de dollars aux infrastructures d’ici 2030 10. En mai 2026, Anthropic a déclaré que son chiffre d’affaires annualisé avait dépassé les 47 milliards de dollars . Cependant, à l’instar d’OpenAI, l’entreprise perd des milliards de dollars chaque année .                Bien que le coût unitaire d’utilisation de l’IA (par « token », c’est-à-dire l’incrément de puissance de calcul consommé) ait connu une baisse, la dynamique semble s’inverser en 2026 et son coût s’apprête à augmenter. Cela s’explique en partie par une nouvelle tendance : les fournisseurs d’IA modifient leur mode de facturation. Ils ont commencé à facturer un montant par « token », au lieu du forfait d’abonnement très bas, utilisé initialement comme produit d’appel. En réaction, bon nombre des plus importants utilisateurs ont réduit leur consommation. En juin 2026, Uber a ainsi annoncé limiter l’utilisation des outils d’IA par ses employés, alors même qu’il les avait auparavant encouragés à y recourir autant que possible 13.                                                                                           La vision actuellement défendue par la Silicon Valley est celle du remplacement prochain de tous les travailleurs par des IA. Si elle se concrétisait, le capital remplacerait les travailleurs. La promesse de l’IA est qu’elle rendra les travailleurs restants plus productifs. En ce qui concerne le capital, si les entreprises ne parviennent pas à fixer le prix de leurs offres à un niveau suffisamment élevé pour récupérer leurs coûts, les investissements massifs dans les centres de données pourraient ne pas rendre le capital plus productif. Ce problème est grave, car, contrairement à la bande passante et aux chemins de fer, les semi-conducteurs se déprécient rapidement en raison du rythme des améliorations technologiques. Enfin, en raison de la construction massive de centres de données, qui devrait se poursuivre dans les prochaines années, la demande en électricité devrait augmenter rapidement, ce qui nécessitera des investissements considérables.               Pour qu’une technologie puisse servir de base à un PTE, elle doit non seulement continuer à s’améliorer en termes de fonctionnalités, mais aussi en termes de coût. En 2026, on ignore si l’application de l’IA à une même tâche, comme le codage, permettra d’améliorer en continu la qualité du code, tout en réduisant les coûts. Permettra-t-elle d’améliorer la qualité de la production ou de réduire les coûts de manière économiquement significative ? En d’autres termes, les rendements ne devraient pas diminuer.                      Comme tout logiciel, l’IA n’est pas directement consommable. Son utilisation vise à créer de la valeur ajoutée ou à réduire des coûts en proposant de nombreux services qui n’étaient pas disponibles auparavant. À ce jour, l’IA ne semble pas répondre directement à des besoins fondamentaux identifiés. Cependant, l’application de l’IA à l’ingénierie, à la culture des plantes, à la médecine et à d’autres domaines pourrait apporter de nouvelles perspectives susceptibles de déboucher sur de nouveaux produits. À l’avenir, l’IA pourrait également répondre à des besoins fondamentaux, comme le désir d’avoir des « amis » ou des « partenaires », même s’ils sont numériques, grâce à des chatbots.                                                                      Dans le secteur émergent de l’IA, OpenAI et Anthropic font figure d’entreprises emblématiques. Cependant, contrairement aux entreprises phares des PTE précédents, ces deux sociétés sont totalement imbriquées aux géants des logiciels, des semi-conducteurs et désormais de l’IA — Amazon, Google, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla/SpaceX (xAI) — et en dépendent entièrement. Comme évoqué précédemment, ces deux entreprises sont dans une situation financière précaire, l’action SpaceX affichant des résultats décevants en juillet 2026, après son introduction en bourse le mois précédent.        Par conséquent, la croissance d’OpenAI et d’Anthropic semble bien accréditer la thèse d’une technologie capable de favoriser la montée en puissance de nouvelles entreprises, mais sans qu’elles soient à ce jour rentables. Il est par ailleurs possible que les géants technologiques existants finissent par absorber cette technologie. Cette éventualité montre que l’IA n’est peut-être pas suffisamment transformatrice pour constituer le fondement d’un nouveau PTE.                                                                         Ces éléments ne permettent pas de tirer de conclusions, mais ils suggèrent néanmoins qu’en 2026, l’IA pourrait continuer à avoir un coût relativement bas pour certains usages grâce aux subventions, et que les consommateurs commencent à réduire leur utilisation des modèles plus avancés et plus chers. La trajectoire reste ouverte...                                                                                                                La stratégie chinoise, très différente de celle des États-Unis 16, serait-elle plus à même de faire de l’IA le fondement d’un nouveau PTE ?  Le développement de l’IA en Chine a connu une accélération inattendue, propulsant ses modèles au niveau des innovations de pointe américaines 17. La Chine ne se contente toutefois pas de suivre l’exemple américain : les entreprises chinoises ont en effet adopté une stratégie open source qui consiste à mettre leurs modèles d’IA à la disposition de tous les utilisateurs. Ces derniers peuvent les télécharger, les modifier et les exécuter librement. En 2026, ces modèles se sont déployés à l’échelle mondiale en raison de leur faible coût, y compris dans des entreprises américaines, qui cherchent à réduire leurs dépenses, et qui se détournent des modèles propriétaires américains, très onéreux. Ce succès se généralise, alors même que l’administration américaine cherche à le freiner, voire à y mettre un terme, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier                                                                                                     . Selon les analystes de Goldman Sachs, les développeurs chinois sont parvenus, en 2026, à créer des modèles de classe mondiale, tout en investissant bien moins de capitaux que les entreprises américaines. C’est là que réside l’avantage concurrentiel de la Chine : elle propose des modèles de haute qualité à moindre coût, dans le but de conquérir des parts de marché et ainsi de fidéliser les utilisateurs à l’échelle mondiale....                                                                                                               Comme aux États-Unis et en Europe, les entreprises chinoises appliquent l’IA à la recherche, à la publicité en ligne ou à la production de logiciels. En revanche, ce qui distingue la Chine, c’est le concept d’IA « incarnée », c’est-à-dire le fait d’intégrer l’IA à des agents physiques, tels que les robots ou les drones 19. Pékin déclare que ces outils ne sont pas conçus pour remplacer les travailleurs, mais plutôt pour les assister.    Si l’on en revient aux conditions nécessaires à l’avènement d’un nouveau PTE, le modèle de développement chinois est en mesure de réduire le coût de l’IA, permettant ainsi sa diffusion et sa généralisation à grande échelle. Le choix de l’open source permettra à un nombre et à une diversité bien plus grands d’utilisateurs d’innover, en créant de nouvelles applications et de nouveaux usages de l’IA, tout en réduisant le coût de son adoption et de son utilisation. Toutefois, les cas d’usage véritablement transformateurs restent à identifier, en Chine comme aux États-Unis.                               Intéressons-nous plus précisément à la « triade des technologies propres » ou TTP, certes bien moins médiatisée et à première vue moins séduisante, mais qui pourrait servir de manière plus plausible de fondement à la naissance d’un nouveau PTE.    Depuis deux cents ans, les combustibles fossiles, transformés en énergie par combustion, constituent la principale source d’énergie mondiale. Ils sont présents dans la plupart des aspects de nos vies, qu’il s’agisse du transport de marchandises, de la mobilité des personnes ou du chauffage. Le remplacement d’une telle ressource entraînera des changements profonds à plusieurs niveaux : dans la vie quotidienne, dans la circulation des flux d’énergie, dans les sources de pollution, mais aussi dans la répartition du pouvoir, à la fois politique et financier à l’échelle mondiale. En 2025, les investissements pour la transition énergétique s’élevaient à 2 300 milliards de dollars, et devraient encore croître compte tenu du climat géopolitique actuel et à mesure que la demande en véhicules électriques, en batteries et en installations solaires augmente   20.   Les promesses de cette énergie propre avaient d’abord suscité l’intérêt dans l’espoir de trouver une réponse à la pollution et au changement climatique, causés en partie par l’utilisation de véhicules thermiques. Jusqu’à très récemment, elle était toutefois coûteuse et peu efficace, en particulier dans le domaine des transports. Elle n’était économiquement viable que sur des marchés de niche ou grâce à d’importantes subventions. Cependant, les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, tant sur le plan technologique que dans la production, ont non seulement permis une amélioration rapide des performances, mais aussi une baisse des prix. Une meilleure mise au point des batteries est le facteur clef qui explique le succès croissant des énergies propres et des véhicules électriques.  Le premier véritable progrès dans l’utilisation des batteries a été l’arrivée sur le marché au Japon, en 1997, de la Prius, un véhicule hybride de Toyota, resté pendant deux décennies la vitrine de l’électrification automobile. Cette innovation a considérablement stimulé la demande de batteries plus performantes, car la Prius dépendait encore des combustibles fossiles. La deuxième étape de cet essor a été l’utilisation de batteries au lithium, initialement employées dans l’électronique grand public, qui ont connu des progrès technologiques rapides et une baisse significative de leurs coûts.   Les progrès considérables réalisés dans ce domaine ont permis de remplacer les combustibles fossiles dans un nombre croissant d’applications. Les batteries présentent deux caractéristiques qui facilitent cette transition. Tout d’abord, elles rendent économiquement viable l’intervalle de temps entre la production et la consommation d’énergie électrique. C’était un point capital pour que l’énergie renouvelable puisse être exploitée, alors que les combustibles fossiles peuvent naturellement stocker de l’énergie. Deuxièmement, cette capacité à conserver suffisamment d’électricité sans perte économique permet d’exploiter l’énergie qu’elles contiennent sans se connecter à un réseau. Les batteries peuvent donc désormais servir à stocker de l’énergie et à la rendre disponible partout. C’est ce qui permet aujourd’hui aux véhicules électriques de s’imposer comme une alternative viable aux véhicules thermiques.                                                                               En 2026, l’électricité photovoltaïque associée à un stockage par batterie est la forme la moins coûteuse de production et d’approvisionnement en énergie dans la plupart des régions du monde. Les avantages de cette technologie ne cessent par ailleurs d’être mis en lumière, grâce aux progrès constants réalisés tant au niveau de la production photovoltaïque que de la rentabilité des batteries et des moteurs électriques. Ces avancées sont en passe de faire de la TTP la source d’énergie dominante, en remplacement des combustibles fossiles.                          L’électricité peut désormais remplacer l’essence et le diesel dans les transports, et le gaz naturel dans la cuisine et le chauffage, à des conditions économiques favorables. Cela est rendu possible par l’amélioration constante des batteries en termes de densité énergétique, de temps de charge et de sécurité, tandis que leur coût continue de baisser. Il devient donc de plus en plus rentable de décaler la production d’électricité dans le temps, ce qui permet de lisser la production intermittente, caractéristique des sources d’énergie renouvelables dépendantes des conditions météorologiques. Des batteries suffisamment légères et à haute densité énergétique permettent d’accéder à l’énergie sans connexion physique à une source. La capacité à produire de l’électricité partout, tant qu’il y a du soleil ou du vent, puis à la stocker pour une utilisation ultérieure, a des implications profondes : ces caractéristiques remettent en cause les fondements mêmes de l’économie du XXe siècle, centrée sur les combustibles fossiles.    En 2025, le cabinet de conseil en recherche énergétique Ember, spécialisé dans les TTP, observait que les énergies renouvelables étaient de plus en plus souvent privilégiées pour les nouveaux projets énergétiques . Ce sont leurs avantages en termes de coûts qui ont motivé ce choix. Par exemple, le coût de l’énergie pour un projet hybride solaire-batterie s’élève à 59 dollars par mégawattheure, contre 102 dollars par mégawattheure pour un projet combinant une turbine à gaz naturel. Même en prenant en compte le stockage, les énergies renouvelables constituent désormais l’option la moins coûteuse, et les prix continuent de baisser rapidement...... " (Merci à Le grand Continent -souligné par mes soins-)

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