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jeudi 4 mai 2017

Le nucléaire demain

Quelques notes sur un problème escamoté                             
                                                        On en parle, mais si peu et si peu souvent.
                             Dans les échanges qui animent la campagne présidentielle, le nucléaire et son avenir ne sont abordés que marginalement et occasionnellement, il n'est pas au cœur des débats. 
   Alors que des choix importants se profilent devant nous, au coeur de la question de la nécessaire transition énergétique, si souvent retardée.
    Le problème est loin d' être seulement technique. Il est fondamentalement politique, comme le choix initial fait sous Messmer. Dès son début, dans son développement et ses prolongements.
       L'Allemagne a fait un choix, comme d'autres pays d'Europe. Choix parfois difficile et problématique, qui se situa dans le sillage de l' effet Fukushima.
    Des effets d'annonce n'ont pas abouti à des tournants décisifs, comme dans les débats un peu vides sur la fermeture de certaine centrales vieillissantes.
   C'est peu dire que l'avenir du nucléaire en France est incertain 
      Le lobby nucléaire a paralysé l'urgente transition énergétique.
 Les débats sur l'avenir de cette question citoyenne n'ont pas eu lieu ou restent confinés à certains cercles, étant donné, notamment, les intérêts en jeu.
   Et pourtant, le temps du démantèlement est venu ou viendra très vite pour nombre de centrales, une opération lourde de conséquences financières et de choix douloureux, faute d'anticipation, de provisions pourtant annoncées, de préparations scientifiques et techniques.
     La France est le pays le plus dépendant de l’énergie nucléaire au monde : l’atome représente 75% de sa production électrique. Pourtant, aucun réacteur français n’a jamais été complètement démantelé, même ceux fermés depuis plus de trente ans. Un rapport d’une mission parlementaire paru le 1er février accable EDF (Electricité de France), qui aurait largement sous-estimé les coûts et la difficulté de la déconstruction de ses centrales nucléaires.
      « La mission d’information a abouti à un certain nombre de conclusions qui tempèrent fortement l’optimisme des responsables d’EDF qu’elle a pu rencontrer. » Voilà, en substance, le message lancé par les parlementaires qui ont rédigé le rapport d’information sur la « faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires ».    En cause : la sous-évaluation des coûts et des difficultés techniques des opérations. Certains postes de dépenses ne sont même pas pris en compte dans les prévisions d’EDF, comme la remise en état des sols après le démantèlement des centrales, pourtant obligatoire selon la loi, ou encore le coût social du démantèlement (licenciements).   L’entreprise a promis que les comptes qu’elle présenterait le 14 février ont été modifiés selon les recommandations de la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) formulées l’année dernière. Mais le rapport du 1er février construit sur la base de six mois d’enquêtes demeure alarmant...Le rapport parlementaire reproche à EDF d’avoir calculé l’ensemble des coûts de démantèlement de ses réacteurs à eau pressurisée (REP) sur le modèle de la centrale de Dampierre. Or, la diversité des situations ne permet pas d’extrapoler un coût total à partir d’un seul cas particulier – même si l’électricien s’est défendu, affirmant que les comptes qu’il présentera le 14 février seront ajustés en fonction des spécificités propres à chaque réacteur.  Le physicien nucléaire Bernard Laponche, qui a été interrogé par la Commission parlementaire, le rappelle : « en France, on n’a encore jamais fini de démanteler un réacteur ». La comparaison internationale apparaît donc comme le seul moyen d’anticiper le coût des démantèlements. Au niveau européen, les exploitants mettent généralement de côté entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros par réacteur à démanteler. EDF, par contre, ne provisionne en moyenne que 350 millions d’euros par réacteur.  Exemple marquant de la probable explosion à venir de la facture du nucléaire français : la centrale de Brennilis (Finistère). Ses réacteurs à eau lourde ont fonctionné pendant moins de deux décennies. Leur démantèlement, en cours depuis plus de 30 ans, a vu son coût multiplié par 20 par rapport aux prévisions initiales d’EDF comme le constatent les parlementaires....
        Un dossier récent du Monde explore les entrailles du démantèlement nucléaire et donne une idée de l'immense chantier qui nous attend.
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jeudi 2 juin 2011

Europe: effets Fukushima

Après Fukushima, un tournant?..

Il y a bien un avant et un après.
Quel sera cet après?

________________Hypothèses, questions et incertitudes__

__Au Japon, rien ne se passe comme "prévu" (?) et (officiellement ) annoncé par Tepco et le gouvernement, au fur et à mesure que des langues continuent à se délier.
Fukushima n'a sans doute pas encore révélé toute sa capacité de nuisance...
Le moins que l'on puise dire est que le dossier Fukushima n'a pas été géré de manière exemplaire depuis le début de la catastrophe sismique

Des risques "sous-estimés" selon l'euphémisme de la toujours trop prudente AIEA.
Un désastre longtemps nié, dont on est loin de mesurer l'ampleur.

Un démantèlement qui s'annonce comme très long et
ruineux.
Tous les jours, on apprend des
nouvelles sur cette catastrophe rampante.
Le dossier est très lourd. De nombreuses incertitudes demeurent. La polémique continue.
-70 000 personnes sont trop exposées à la radioactivité.

______________
_Premiers effets Fukushima en Europe:
______L'Allemagne débranche le nucléaire en 2022
Le débat sur l'énergie nucléaire civile est engagé depuis longtemps, mais connaît maintenant une accélérati
on et une tournure vive.
La sortie du nucléaire civil divise les pays et, à l'intérieur des pays, diverses tendances. L'Allemagne elle-même a connu des tensions sur ce sujet, jusqu'à 2009.
L'Italie renonce à l'a
venture du nucléaire civil et va organiser un référendum .
La Suisse va démanteler progressivement ses centrales
__La décision de l'Allemagne , assez ambigüe jusqu'ici, qui se déclare " mûre pour sortir du nucléaire", réveille en France clivages et débats. Elle provoque espoir et inquiétudes et on lui reproche de n'êtr
e pas dépourvue d'opportunisme. Le choix de Merkel de sortir du nucléaire installe les Verts au centre du jeu .
__La France dit ne pas
vouloir changer de cap, malgré les risques possibles...
Mais le
PS et les Verts se
proposent de modifier progressivement le cours des choses.
Jusqu'où ira la controverse entre les deux pays, dont l'un accuse l'autre de "décision politique" , comme si un telle décision n'était pas "politique"?...et non purement technique. Un choix de société qui engage l'avenir, tout simplement.
Il est vrai que la France n'est pas l'Allemagne
: "En France, près de 80% de l'électricité est d'origine nucléaire. En Allemagne, seul 22% de l'électricité vient de l'atome. Il est donc beaucoup plus facile pour l'Allemagne de quitter le nucléaire que pour la France. En moyenne les plans de sortie du nucléaire les plus optimistes dans l'Hexagone comptent sur un minimum de 20-25 ans, tandis que l'Allemagne vient de scénariser une sortie sur 10 ans. Le temps que le pays parvienne à ses objectifs en éolien et en solaire, il devra néanmoins approvisionner la population en électricité. Pour ce faire, l'Allemagne sera donc obligée soit de consommer plus de charbon - fortement émetteur de gaz à effet de serre- soit d'importer d'avantage de gaz russe, soit de faire venir plus d'électricité française, d'origine nucléaire ! Et cela pour un temps indéterminé."
Comment Berlin va-t-il réaliser son pari sans tomber dans des contradictions manifestes?
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Eléments pour un débat:
________________________L'épisode Fukushima relance aussi les débats de fond sur le sens et les risques de la technologie nucléaire civile ainsi que sur l'avenir énergétique de nos pays industriels, à l'heure où le pic pétrolier est sans doute atteint ou dépassé et à la lumière de certaines évolutions climatiques, souvent difficiles à interpréter.

___Les
idées reçues sur le nucléaire sont nombreuses, selon certains spécialistes.
Dans: "« Nucléaire : le déclin de l'empire français » (voir ici), le nouveau numéro des Cahiers de Global chance, la revue de l'économiste et ingénieur Benjamin Dessus et du physicien Bernard Laponche, conçu et réalisé avant l'accident de Fukushima. _Experts en énergie, ils dénoncent depuis plusieurs décennies les failles de l'énergie nucléaire et le discours dominant qui les occulte. Dans le nouveau numéro de leur revue, ils passent au crible l'ensemble du système français : son modèle industriel sous tension, son manque de sécurité, son mauvais bilan énergétique, ses problèmes de démantèlement et de déchets... C'est un réquisitoire factuel, précis, chiffré. « On s'est pris un mur de béton pendant si longtemps, avec face à nous l'appareil d'Etat, les corps, EDF... ça représente une puissance énorme », soupire Bernard Laponche, inquiet de ce que l'actuelle catastrophe japonaise n'ébranle pas la croyance hexagonale collective en la supériorité du nucléaire sur les autres sources d'énergie. Mais « est-ce qu'on accepte collectivement que tous les quinze ou vingt ans se produise un accident grave ? Non, je ne crois pas », poursuit-il... (lire directement le contenu passionnant, voir ici).."

__Selon Mycle Schneider: «L'énergie nucléaire n'a plus de perspective», affirmant notamment, de manière plutôt optimiste, que :" Le choix d'Angela Merkel s'appuie sur un texte, le rapport de la Commission éthique pour l'approvisionnement énergétique sûr, qui analyse la situation énergétique et propose un ensemble de mesures cohérentes pour remplacer le nucléaire. Ce rapport a été demandé par le gouvernement, et la commission est présidée par Klaus Töpfer, ancien ministre de l'environnement, qui a aussi été directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). La commission Töpfer estime que sortir du nucléaire en dix ans n'est pas un problème et qu'il serait même souhaitable d'aller encore plus vite !_Selon le rapport, des changements systémiques profonds s'imposent dans la manière de gérer l'énergie. Et Töpfer défend l'idée intéressante que la sortie du nucléaire peut être un «booster de croissance». La campagne pour les élections législatives allemande de 2013 pourrait tourner autour de la question « qui sortira le plus vite du nucléaire?... »
Mais est-il possible d'atteindre
80%, 50% ou 30% d'énergies renouvelables en 2050 ?

_L'énergie nucléaire serait la plus chère , si l'on tient compte de tous les coûts, de la construction des centrales aux démantèlements et à l'enfouissement contrôlé (voir Bure)

_L'UE réglemente les bananes, mais pas le le nucléaire. Chaque pays fait à peu près ce qu'il veut en ce domaine, dans la plus grande l'opacité.

__L'avenir du nucléaire ne serait pas qu'un problème technique. De sa conservation ou de son abandon dépendrait en partie l'avenir de l’humanité .
__Le nucléaire ne représenterait-il pas l'expression la plus forte et la plus périlleuse d'une sorte d' "extase technologique" propre à l'humanité en cette période historique, où la relative maîtrise des moyens finit par supplanter la considération des fins, où nos modes de vie et nos rapports avec la nature demandent des changements profonds pour un avenir viable?
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-
Corinne Lepage : La vérité sur le nucléaire
-La droite allemande pour la sortie du nucléaire
-Comment l'Allemagne va sortir du nucléaire: le détail du plan
-L'avis d'un spécialiste

samedi 2 juin 2018

EDF: zône rouge

Obstination dans l'erreur
                               Qui paiera la future facture du nucléaire civil?
    Des choix discutables et aventureux ont amené  le géant historique de l'énergie à des problèmes non anticipés, à une croisée des chemins difficile et à certaines impasses manifestes.
  Un récent débat public a mis une nouvelle fois en évidence certains errements, souvent reconnus et critiqués en interne.

        Que EDF soit endetté, rien de plus normal dans un société d'utilité nationale, qui fut subventionnée depuis son origine. Mais la nouvelle gestion, technocratique, sans débat parlementaire dès l'origine, dans le cadre de la financiarisation et de la privatisation exigée par Bruxelles, a débouché, depuis les années 1980-2000, sur des choix successifs qui posent aujourd'hui problème.   Des aventures spéculatives, à l'étranger notamment, ont compromis la santé du groupe.
   Le choix de l'EPR se révèle avoir être mal pensé et l'aventure française comme finlandaise pèse lourd dans la trésorerie. Une accumulation de bévues, d'erreurs et d'échecs qui compromet l'avenir du nouveau projet, qui semble bien compromis, alors que la direction l'annonçait naguère comme prometteur.
  Le fiasco de feu  Areva a aggravé les choses.
     D'autres pays voisins ont fait d'autres choix. prenant des chemins moins risqués et à terme moins coûteux. L'Allemagne, l' Italie, l'Autriche comme la Suisse..., chacune à sa manière, se désengagent ou renoncent. La Belgique se pose des questions.
   L'effet Fukushima n'a pas fini de se faire sentir.
  La question épineuse de l'enfouissement des déchets, notamment à Bure, n'est pas résolue et le coût astronomique des démantèlements à venir, dont on nous avait dit qu'il était provisionné, continue à susciter les interrogations. (*)
   Le talon d’Achille  du nucléaire civil français apparaît de plus en plus crûment.
  Les lendemains de l'aventure gaullo-messemerienne ne seront sûrement pas  comparables à l'emballement et l'euphorie officielle des années 1970.
           Comment sortir de l'impasse?
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(*)   Et pourtant, le temps du démantèlement est venu ou viendra très vite pour nombre de centrales, une opération lourde de conséquences financières et de choix douloureux, faute d'anticipation, de provisions pourtant annoncées, de préparations scientifiques et techniques.
     La France est le pays le plus dépendant de l’énergie nucléaire au monde : l’atome représente 75% de sa production électrique. Pourtant, aucun réacteur français n’a jamais été complètement démantelé, même ceux fermés depuis plus de trente ans. Un rapport d’une mission parlementaire paru le 1er février accable EDF (Electricité de France), qui aurait largement sous-estimé les coûts et la difficulté de la déconstruction de ses centrales nucléaires.
      « La mission d’information a abouti à un certain nombre de conclusions qui tempèrent fortement l’optimisme des responsables d’EDF qu’elle a pu rencontrer. » Voilà, en substance, le message lancé par les parlementaires qui ont rédigé le rapport d’information sur la « faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires ».    En cause : la sous-évaluation des coûts et des difficultés techniques des opérations. Certains postes de dépenses ne sont même pas pris en compte dans les prévisions d’EDF, comme la remise en état des sols après le démantèlement des centrales, pourtant obligatoire selon la loi, ou encore le coût social du démantèlement (licenciements).   L’entreprise a promis que les comptes qu’elle présenterait le 14 février ont été modifiés selon les recommandations de la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) formulées l’année dernière. Mais le rapport du 1er février construit sur la base de six mois d’enquêtes demeure alarmant...Le rapport parlementaire reproche à EDF d’avoir calculé l’ensemble des coûts de démantèlement de ses réacteurs à eau pressurisée (REP) sur le modèle de la centrale de Dampierre. Or, la diversité des situations ne permet pas d’extrapoler un coût total à partir d’un seul cas particulier – même si l’électricien s’est défendu, affirmant que les comptes qu’il présentera le 14 février seront ajustés en fonction des spécificités propres à chaque réacteur.  Le physicien nucléaire Bernard Laponche, qui a été interrogé par la Commission parlementaire, le rappelle : « en France, on n’a encore jamais fini de démanteler un réacteur ». La comparaison internationale apparaît donc comme le seul moyen d’anticiper le coût des démantèlements. Au niveau européen, les exploitants mettent généralement de côté entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros par réacteur à démanteler. EDF, par contre, ne provisionne en moyenne que 350 millions d’euros par réacteur.  Exemple marquant de la probable explosion à venir de la facture du nucléaire français : la centrale de Brennilis (Finistère). Ses réacteurs à eau lourde ont fonctionné pendant moins de deux décennies. Leur démantèlement, en cours depuis plus de 30 ans, a vu son coût multiplié par 20 par rapport aux prévisions initiales d’EDF comme le constatent les parlementaires....
        Un dossier récent du Monde explore les entrailles du démantèlement nucléaire et donne une idée de l'immense chantier qui nous attend.
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vendredi 17 mai 2019

Où va EDF?

Incertitudes.
                     Pour Jupiter, travail d'Hercule.
                                    A l'heure de profondes remises en question, l'horizon n'est pas clair pour la veille maison, qui se trouve face à des défis de grande ampleur et à des choix majeurs, déterminant pour l'avenir., notamment des investissements massifs.
   ....avec 33 milliards d’euros de dette, il doit investir dans les prochaines années entre 55 et 75 milliards d’euros pour mettre aux normes son parc nucléaire. Sans compter l’interminable chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et le financement d’éventuelles nouvelles centrales. 
      Des choix, forcément politiques, s'imposent et on commence à comprendre les grandes lignes de ce qui se prépare, à l'heure où Bruxelles sonne impatiemment l'heure de la privatisation.
   Une privatisation et un démantèlement discutables, mais qui a déjà produit certains effets, notamment avec la multiplication des distributeurs, installant une fausse concurrence.
  Le monde de la distribution est déjà devenu un maquis, qui crée la confusion et le désarroi chez beaucoup de consommateurs, se trouvant acculés parfois à des choix peu clairs ou surfaits.
    Les factures, dont on annonce qu'elles vont bientôt s'élever, deviennent parfois illisibles. Mais n'est-ce pas une pratique habituelle que de brouiller les pistes, quand une certaine concurrence devient une règle imposée.
   ...La direction d’EDF mène actuellement  un lobbying intense auprès du gouvernement sur un sujet technique, mais majeur : la répartition de la rente nucléaire. Un mécanisme complexe appelé Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) impose à EDF de vendre un quart de la production nucléaire à ses concurrents, à un prix fixe. L’objectif de ce dispositif était de favoriser la concurrence et de tempérer la volonté de Bruxelles de découper l’opérateur historique.  ... EDF juge dorénavant que cette régulation tue l’entreprise à petit feu, l’obligeant à vendre à un prix inférieur au marché une part significative de sa production, qui provient de centrales largement amorties. Depuis cinq ans, Jean-Bernard Lévy demande au gouvernement de supprimer ce mécanisme, avec un argument : il empêche EDF de financer correctement ses investissements, alors que l’entreprise p produit la quasi-totalité de l’électricité en France.

           ___  EDF serait-elle menacée de se transformer finalement en Bad bank du nucléaire?
    C'est ce que pense Martine Orange:
               "   ...A l'avenir , EDF ne serait qu'un producteur public d'électricité nucléaire
....Jean-Bernard Lévy risque cependant d’avoir un deuxième mandat beaucoup plus compliqué, même si sa feuille de route a été très allégée. Plus question de « participer à la transition énergétique, d’anticiper les mutations à long terme, de montrer l’exemplarité du groupe en matière d’animation des filières industrielles ; d’être un acteur emblématique du service public », comme le gouvernement précédent le lui avait demandé, lors de sa nomination en 2014.      Le président d’EDF n’a plus qu’une mission, comme le lui a indiqué le gouvernement dès février : préparer une évolution de l’organisation de l’entreprise pour assurer la pérennité et le développement du nucléaire.      Ainsi se confirment nombre de rumeurs, les propos esquissés par Emmanuel Macron et les appréhensions de Nicolas Hulot lors de sa démission en fin août 2018. La transition et la sécurité énergétique, les enjeux climatiques, le service public de l’énergie, tout cela n’est que secondaire. Pour l’Élysée, EDF, c’est le nucléaire, point.    « Emmanuel Macron ne croit pas aux énergies renouvelables. Pour lui, la réponse au réchauffement du climat, la transition énergétique, passe par le nucléaire », confirme un proche du dossier. Mais un nucléaire à la main de l’État, faisant assumer toutes les charges et tous les risques au public et aux consommateurs, en masquant les échecs, les impasses et le coût véritable.    Dès sa reconduction, Jean-Bernard Lévy est prié de s’attaquer au plus vite à cette « grande transformation ». Le lancement officiel de ce projet, nommé Hercule, devait être officialisé lors d’un comité stratégique le 28 mai. Après les élections européennes.       Mais à la grande fureur de l’Élysée, les grandes lignes du projet ont été révélées par le Parisien avant. L’État projette de renationaliser EDF – il détient actuellement 83,67 % du capital – et de scinder le groupe entre la production nucléaire d’un côté et toutes les autres activités de l’autre. La seule solution, selon le gouvernement, pour permettre à EDF, déjà très endetté, de faire face au mur d’investissements qu’il doit affronter dans les années à venir pour maintenir et développer son parc nucléaire.     Normalement, la direction d’EDF a jusqu’en décembre pour présenter son projet. Dans les faits, il est déjà bien avancé. Depuis plusieurs mois, l’Agence de participations de l’État (APE) et la direction d’EDF travaillent à la demande de l’Élysée à ce projet. Aidés par des banques-conseils, dont UBS, ODDO, J.P. Morgan ou Natixis, ils ont conçu un schéma qui ressemble très fort aux idées qui trottaient dans la tête d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie.   Celui-ci estimait alors qu’il fallait revoir le statut et l’organisation d’EDF. « Autant le statut de société cotée est une solution pertinente pour se diversifier ou développer le nucléaire à l’international, autant il ne me semble pas optimal pour ce qui concerne le nucléaire en France, compte tenu des contraintes de production, du parc installé, de la régulation. (…) Il serait extrêmement difficile, toutefois, de sortir de ce statut de société cotée. Il faudrait soit trouver énormément d’argent pour racheter toutes les actions, soit rompre le lien entre les activités dans le domaine du nucléaire en France et le reste du groupe », affirmait alors Emmanuel Macron devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 22 mars 2016, en soulignant que si cette solution était choisie, elle « impliquerait donc un démantèlement du groupe ».     Heureux hasard ! L’APE et la direction d’EDF aboutissent au même plan que celui défendu par Emmanuel Macron lorsqu’il était à Bercy. C’est bien un schéma de démantèlement que le gouvernement est en train de concocter pour EDF.    Afin de pouvoir renationaliser le nucléaire, EDF serait découpé en plusieurs morceaux. D’un côté,
une structure serait créée, qui détiendrait 100 % du parc nucléaire, les principaux barrages hydrauliques (la liste ne semble pas arrêtée), ainsi que les centrales thermiques d’appoint. En gros, tous les moyens de production d’EDF. Cette structure serait totalement détenue par l’État.   De l’autre, toutes les autres activités d’EDF en aval, comme la distribution (Enedis – ex-ERDF), les énergies renouvelables (EDF EN), les services (Dalkia) seraient placées dans une autre structure dont le capital serait ouvert au privé. Dans quelles proportions ? À ce stade, tout semble encore à calculer.     Car dans un premier temps, cette scission doit permettre de faciliter l’opération de reprise publique du nucléaire. Lors du rachat par l’État, les actionnaires actuels d’EDF, selon les schémas étudiés par les banques-conseils, pourraient soit apporter leurs titres à l’opération et se faire rembourser en numéraire, soit convertir leurs actions du groupe en actions nouvelles de la société regroupant toutes les autres activités du groupe.       Cette solution d’échanges de titres pour des actions nouvelles permettrait de réduire le coût de la renationalisation complète d’EDF. Selon des chiffres qui circulent, l’État espérerait ainsi ramener le prix du rachat de l’électricien public autour de 700 à 800 millions d’euros au lieu de 6 à 8 milliards d’euros. De plus, à l’occasion de la scission, le bilan d’EDF serait « retravaillé », une partie des dettes du groupe – plus de 33 milliards d’euros – étant transférés dans la nouvelle structure.     Enfin, cette cotation pourrait permettre de lever de l’argent et conforter les fonds propres d’EDF, nettement insuffisants par rapport aux engagements pris et à venir de l’entreprise, sans que l’État, qui a déjà dû participer à une augmentation de capital de 3 milliards d’euros en 2017 pour effacer en partie le désastre de la faillite d’Areva, ait besoin de remettre la main à la poche.   Pour l’instant, la direction d’EDF est muette sur les négociations qu’elle a engagées avec l’État. Interrogé sur les projets à venir, le groupe n’a pas répondu à nos questions. Sans information autre que celles qui fuitent dans la presse ou les rumeurs de couloir, les salariés en sont réduits à essayer de comprendre ce qui se trame. Les premières réactions cependant au projet sont largement négatives.     « Ce projet n’a aucun sens industriel. Il conduit à la désintégration du système électrique, sans apporter de réponse à un vrai problème : l’électricité n’est pas soluble dans la concurrence libre et non faussée », assure François Dos Santos, secrétaire CGT du Comité central d’entreprise d’EDF.     « L’avenir d’EDF, c’est avant tout une question de régulation dans l’intérêt du groupe et non de réorganisation dans l’intérêt des banques d’affaires », réagit de son côté Alexandre Grillat, responsable de la CFE-CGC, qui dénonce une « tambouille financière qui réduit l’avenir d’EDF à un Meccano capitalistique ».     « Il n’y a aucun projet industriel et économique derrière ce plan. Ce gouvernement, avec l’aide de l’Europe, ne sait faire qu’une chose : privatiser », ajoute Anne Debregeas, responsable de SUD Énergie. « Ce projet ? Ce n’est qu’un charcutage comptable et financier qui ignore tout des problèmes de l’électricité », renchérit un ancien responsable du groupe.     Même les salariés actionnaires s’énervent. Ils ont adressé plusieurs questions écrites aux administrateurs d’EDF avant l’assemblée générale, en leur demandant comment ils entendaient défendre « l’affectio societatis des salariés, des actionnaires et des consommateurs » dans les opérations à venir et en réclamant que les administrateurs représentant l’État ne puissent pas prendre part ni aux délibérations ni au vote sur l’éventuelle mise sur le marché des filiales d’EDF, afin de prévenir tout conflit d’intérêts.     La désintégration du groupe, séparé entre un amont nationalisé et un aval libéralisé – et sans doute à terme totalement privatisé, redoutent certains –, fait courir un grand risque à EDF, de l’avis de nombreuses personnes, et même plus largement à l’ensemble du système électrique français.    À terme, c’est toute l’organisation actuelle qui disparaît. Plus de distributeur public, disparition programmée des tarifs régulés de l’électricité, soumis alors à la libre concurrence du marché, et peut-être même remise en cause de la péréquation tarifaire qui permet d’offrir un prix équivalent aux consommateurs sur le territoire.    Mais ce sont aussi les contrats individuels et collectifs qui pourraient être remis en cause, en cas de privatisation. Enedis travaille avec des contrats de concession avec les collectivités locales, est garante des installations électriques dans les copropriétés depuis la loi Élan et est propriétaire des compteurs individuels posés dans chaque domicile. Le chambardement juridique paraît immense, voire insurmontable, sans parler des risques financiers qui y sont associés. « Une folie », à entendre ceux qui connaissent le groupe.     « C’est vraiment un projet de banquier d’affaires. Leur intérêt est de tronçonner EDF en morceaux les plus petits possible. Forcément, à chaque opération de découpage, ils touchent leurs commissions. Mais on va mettre en pièces le formidable outil dont nous disposons, à savoir un opérateur d’un service public intégré. En désintégrant EDF, on perd tous les effets de taille critique, la complémentarité des moyens de production, la gestion du réseau », relève un cadre du groupe.      « Séparer la production de la distribution, c’est exactement ce que les responsables politiques avaient juré de ne pas faire. Cela donne des catastrophes comme l’effondrement du réseau électrique en Californie en 2001. Cela a coûté des milliards par la suite », analyse Anne Debregeas. La responsable de SUD Énergie souligne elle aussi les risques de désoptimisation, de rupture du système, qui demande une gestion encore plus fine depuis l’émergence des énergies renouvelables. « On risque d’aboutir à un système complexe, opaque, illisible. C’est dans ces situations que surviennent les accidents et les crises », prévient-elle.     Même si, selon nos informations, certains directeurs d’EDF sont très opposés à ces scissions, l’APE et le gouvernement les jugeraient comme des contreparties indispensables à la nationalisation du nucléaire, pour obtenir l’accord de la Commission européenne. Renationaliser la production nucléaire serait perçu comme une subvention d’État, expliquent-ils. D’autant que le gouvernement ne veut plus privatiser les barrages, comme la Commission européenne l’exige....."
   (Affaire à suivre...)
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mardi 28 août 2018

Construire, démanteler...

   Brennelis : 
              C'est une masse de béton gris improbable au milieu des Monts d'Arrée
    Une présence qui dure, inerte en apparence, mais où l'on continue à s'activer, loin des rares regards curieux. On finirait par oublier son existence et sa banalité triste ne suscite que peu d'interrogations pour le passant ordinaire
Une question de fond
    C'est Brennilis,  la centrale nucléaire de première génération mise en arrêt depuis 1985 et toujours en cours de démantèlement. Cela peut durer encore bien longtemps.

   Après seulement 18 ans d'activité et bien des surprises et des dysfonctionnements, un démantèlement fut décidé, qui devait servir de vitrine, mais qui fut plein de surprises, d'incertitudes et de rebondissements. Une opération qui paraît interminable, même si on l'annonce régulièrement en bonne voie. En 2040 tout de même....
     Le site de Creys-Malville, supposé super-générateur miracle à l'époque de Giscard, fut vite arrêté tant pour des raisons techniques que politiques. On ne sait quand se terminera l'énorme chantier de démantèlement.
     A Chooz, les choses se passent plus classiquement, mais c'est souvent l'improvisation, comme si rien  n'avait été vraiment anticipé. Peut-être en 2030, une partie essentielle des travaux complexes sera arrivé à terme.. Mais il reste bien des incertitudes.
     Il restera toutes les autres centrales dans les prochaines années, qui n'ont pas une vie éternelle, même si on en prolonge le fonctionnement, pas toujours dans les meilleures conditions.
    Un travail pharaonique qui durera des décennies, pas vraiment anticipé et non provisionné, contrairement à ce qu l'on avait voulu nous faire croire à une certaine époque. Des opérations longues et complexes, parfois pleines d'incertitudes.
       Une tâche immense qui atteindra des dizaines de milliards, sans possibilité de chiffrer avec certitude le coût de chantiers qui ne sont jamais de routine.
 ...." Personne ne sait aujourd'hui évaluer le coût du démantèlement-retraitement. " Cette saillie ne vient pas d'un militant écologiste, mais d'Emmanuel Macron. Le démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets constituent en effet la grande inconnue de l'industrie nucléaire......Lorsque les premières centrales sont sorties de terre dans les années 1950, l'idée de les démonter un jour n'avait pas été anticipée par les ingénieurs d'EDF et du CEA. " On était alors en pleine euphorie, il fallait construire des réacteurs très vite et on se disait qu'avec les progrès de la technologie, on trouverait une solution plus tard ", indique un expert du secteur. Mais comme le dit Barbara Romagnan, " rien ne s'est passé comme il aurait fallu ". Les neuf premiers réacteurs d'EDF - six unités UNGG (uranium naturel graphite gaz) et trois tranches issues de trois technologies différentes - sont maintenant à l'arrêt depuis parfois plusieurs décennies. La centrale expérimentale de Brennilis (technologie à eau lourde), en Bretagne, a fonctionné seulement dix-huit ans avant d'être arrêtée en 1985. Le démantèlement de ce petit réacteur de 70 mégawatts a débuté il y a six ans et devrait être achevé en 2032, soit quarante-sept ans après sa mise à l'arrêt. En 2006, la Cour des comptes avait évalué l'opération de Brennilis à 482 millions d'euros, vingt fois plus que l'estimation initiale.....
         On ne peut faire l'économie de cette question dans le débat sur le nucléaire.
  Sans évoquer le problème du stockage des déchets, et des pièces irradiées des centrales démantelées, toujours en suspens.
    Le rapport de l'assemblée nationale donne à réfléchir. Des failles à plusieurs niveaux.
           Le chantier de Flamanville ne porte pas à l'optimisme quant à l'avenir du nucléaire.
  On ne prend pas la voie d'une réflexion de fond, alors que l'Italie et d'autres pays ont déjà tranché.
                  Cela risque de durer.
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mercredi 1 juillet 2020

On arrête tout

A Fessenheim
                     Le démantelement, c'est parti...
   C'est donc décidé, après de si longues tergiversations d'Etat, les indécisions d'EDF et les pressions des Etats riverains.
  Des années de travail attendent Fessenheim, avec une grande zône d'incertitudes. Un problème qui suscitera encore longtemps de vifs débats.
   Construire, ça va (quoique Flamanville démontre le contraire), déconstruire, c'est une autre paire de manches. L'impréparation technique et financière laissent songeur
     La vieille centrale de  Brennelis en donne une idée. C'est une masse de béton gris improbable au milieu des Monts d'Arrée
    Une présence qui dure, inerte en apparence, mais où l'on continue à s'activer, loin des rares regards curieux. On finirait par oublier son existence et sa banalité triste ne suscite que peu d'interrogations pour le passant ordinaire
Une question de fond
    C'est Brennilis,  la centrale nucléaire de première génération mise en arrêt depuis 1985 et toujours en cours de démantèlement. Cela peut durer encore bien longtemps.
   Après seulement 18 ans d'activité et bien des surprises et des dysfonctionnements, un démantèlement fut décidé, qui devait servir de vitrine, mais qui fut plein de surprises, d'incertitudes et de rebondissements. Une opération qui paraît interminable, même si on l'annonce régulièrement en bonne voie. En 2040 tout de même....
     Le site de Creys-Malville, supposé super-générateur miracle à l'époque de Giscard, fut vite arrêté tant pour des raisons techniques que politiques. On ne sait quand se terminera l'énorme chantier de démantèlement.
     A Chooz, les choses se passent plus classiquement, mais c'est souvent l'improvisation, comme si rien  n'avait été vraiment anticipé. Peut-être en 2030, une partie essentielle des travaux complexes sera arrivé à terme.. Mais il reste bien des incertitudes.
     Il restera toutes les autres centrales dans les prochaines années, qui n'ont pas une vie éternelle, même si on en prolonge le fonctionnement, pas toujours dans les meilleures conditions.
    Un travail pharaonique qui durera des décennies, pas vraiment anticipé et non provisionné, contrairement à ce qu l'on avait voulu nous faire croire à une certaine époque. Des opérations longues et complexes, parfois pleines d'incertitudes.
       Une tâche immense qui atteindra des dizaines de milliards, sans possibilité de chiffrer avec certitude le coût de chantiers qui ne sont jamais de routine.
 ...." Personne ne sait aujourd'hui évaluer le coût du démantèlement-retraitement. " Cette saillie ne vient pas d'un militant écologiste, mais d'Emmanuel Macron. Le démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets constituent en effet la grande inconnue de l'industrie nucléaire......Lorsque les premières centrales sont sorties de terre dans les années 1950, l'idée de les démonter un jour n'avait pas été anticipée par les ingénieurs d'EDF et du CEA. " On était alors en pleine euphorie, il fallait construire des réacteurs très vite et on se disait qu'avec les progrès de la technologie, on trouverait une solution plus tard ", indique un expert du secteur. Mais comme le dit Barbara Romagnan, " rien ne s'est passé comme il aurait fallu ". Les neuf premiers réacteurs d'EDF - six unités UNGG (uranium naturel graphite gaz) et trois tranches issues de trois technologies différentes - sont maintenant à l'arrêt depuis parfois plusieurs décennies. La centrale expérimentale de Brennilis (technologie à eau lourde), en Bretagne, a fonctionné seulement dix-huit ans avant d'être arrêtée en 1985. Le démantèlement de ce petit réacteur de 70 mégawatts a débuté il y a six ans et devrait être achevé en 2032, soit quarante-sept ans après sa mise à l'arrêt. En 2006, la Cour des comptes avait évalué l'opération de Brennilis à 482 millions d'euros, vingt fois plus que l'estimation initiale.....
     On ne peut faire l'économie de cette question dans le débat sur le nucléaire.
  Sans évoquer le problème du stockage des déchets, et des pièces irradiées des centrales démantelées, toujours en suspens.
    Le rapport de l'assemblée nationale donne à réfléchir. Des failles à plusieurs niveaux.
           Le chantier de Flamanville ne porte pas à l'optimisme quant à l'avenir du nucléaire.
  On ne prend pas la voie d'une réflexion de fond, alors que l'Italie et d'autres pays ont déjà tranché.
                  Cela risque de durer.
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jeudi 17 septembre 2009

EDF: privatisation en vue


Quand l'Europe libérale dicte sa loi

-Vers un démantèlement d'EDF et son entrée dans la sphère de la logique marchande
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-Les effets attendus de la commission Champsaur: à la vente virtuelle de centrales nucléaires à des concurrents, EDF continuant juste à en assurer l'exploitation et les risques.
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-"A l'avenir, EDF n'aura plus le monopole du nucléaire en France. Ce que Nicolas Sarkozy avait déjà laissé entendre en indiquant que Suez-GDF était tout à fait habilité à construire le troisième EPR en France. Sans parler d'E.On, qui demande aussi à construire des centrales nucléaires en France puisque cela lui est interdit en Allemagne.
La suite? C'est la Bourse qui donne en partie la réponse. Dès que le marché a appris l'intention du gouvernement, le cours d'EDF a flambé.
"(M.O.)

-"Il ne s’agit plus d’ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d’élever les prix pour permettre la concurrence." (Marcel Boiteux, ex pdg d'EDF :Revue Futuribles de juin 2007)
_________L'Union européenne a décidé d'ouvrir le secteur de l'électricité à la concurrence et la dernière étape sera franchie en juillet 2007 en France. Mais la concurrence, qui est supposée entraîner une baisse des prix et une amélioration de la qualité des services, risque en l'espèce de n'entraîner aucun de ces bienfaits, affirme ici le président d'honneur d'Électricité de France (EDF).-D'abord, parce que les prix d'EDF étaient déjà très en-deçà des autres prix en vigueur en Europe grâce à la gestion très rigoureuse qui a été celle de l'entreprise depuis toujours, ce facteur jouant bien plus que celui tenant à la rente dont EDF bénéficierait, aux yeux de certains, en raison de son parc nucléaire. Ensuite, parce que la concurrence inévitablement rencontre des limites en raison, par exemple, des « monopoles naturels » que constituent les réseaux.
Finalement, Marcel Boiteux, en s'appuyant sur l'expérience d'EDF, nous met en garde contre la foi trop aveugle accordée en l'espèce au libéralisme par les autorités de Bruxelles. Il montre, en effet ici, exemples à l'appui, combien il est naïf d'imaginer qu'en tout domaine l'optimum est spontanément atteint par l'économie pure de marché. Au passage, au demeurant, il s'explique sur le choix nucléaire fait par la France, les investissements consentis en la matière, rappelant que si EDF a bénéficié d'un certain soutien financier de l'État, la réciproque fut bien plus importante.

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-EDF: le travail de sape de Matignon | Mediapart:
" La complexité technique risque d'occulter le débat politique. Pourtant, ce que le gouvernement prépare n'est rien de moins que l'affaiblissement voire le démantèlement d'EDF. Sans discussion préalable, sans débat public, Matignon vient d'annoncer ce mardi 15 septembre une grande réforme du marché de l'électricité, qu'il souhaite voir mise en œuvre dès le 1er juillet 2010. Le projet doit être discuté au préalable au parlement, mais le gouvernement a déjà donné toutes les orientations.
Reprenant les conclusions du rapport Champsaur remis au printemps qui visait à préparer le terrain, le projet de Matignon prévoit la fin des tarifs réglementés pour les grands clients à partir de 2015, mais leur maintien pour les particuliers et les petites entreprises. Une façon de rassurer une opinion publique et des parlementaires de plus en plus inquiets sur l'évolution des prix et sur le maintien des services publics.
Ces assurances, cependant, risquent de se révéler des faux semblants. Car en parallèle, le projet gouvernemental, reprenant les recommandations du rapport Champsaur, prévoit que tous les fournisseurs d'électricité en France pourront s'approvisionner auprès d'EDF. En clair, les électriciens privés, qui n'ont consenti aucun investissement, pourront bénéficier des efforts financiers qu'ont consentis les Français depuis trois décennies et auront leur part de la rente nucléaire.
Cette grande idée s'impose, selon le gouvernement, pour mettre un terme aux contentieux entre la France et Bruxelles. Depuis des années, EDF est une des bêtes noires de la Commission européenne. Ce monopole public, capable de produire de l'électricité à un des prix les moins élevés d'Europe, est une hérésie par rapport à sa vision de la concurrence. Au nom de la libéralisation du marché de l'énergie donc, la commission européenne ne cesse d'exiger de nouvelles concessions de la part d'EDF. Il y a d'abord eu l'ouverture du marché français. Pour donner le change, EDF a soutenu certains petits acteurs comme Poweo. Il a renoncé à tout projet de rapprochement avec GDF, comme Bruxelles le lui avait interdit, alors que l'allemand E.ON en position aussi dominante en Allemagne a obtenu de racheter le distributeur historique Ruhrgaz, l'équivalent de GDF.
Mais tout cela ne suffit pas aux yeux de la Commission. Pour elle, la concurrence est insuffisante sur le marché de l'électricité. Les concurrents n'arrivant pas à s'implanter sur le marché français compte tenu de l'avantage historique dont dispose EDF – curieusement, GDF qui est dans la même situation ne se voit plus adresser ce genre de reproches depuis sa privatisation – du fait de la rente nucléaire. Il fallait donc casser cela.

Tout en tenant un discours volontariste sur l'avantage immense que procure un actif comme EDF, en mettant en avant la réussite française dans le nucléaire vantée à chaque voyage présidentiel, le gouvernement a accepté sans discuter les injonctions de Bruxelles. Des milliards d'amende étaient en jeu, a-t-il expliqué. Surtout, en dépit des discours tenus pendant la crise, il partage en tous points les vues libérales de la Commission.

La France propose donc de partager la rente nucléaire avec les concurrents privés. L'argument laisse rêveurs certains experts: «Au nom de quoi prive-t-on un groupe d'avantages concurrentiels qu'il a financés pendant des années et dont il a fait bénéficier ses clients?», s'étonne l'un d'entre eux. «D'autant qu'il n'est même pas sûr que les concurrents d'EDF retournent l'avantage à leurs clients», relève un autre. Pareille mésaventure est arrivée à France Télécom. Bruxelles avait imposé au groupe, au nom de sa position d'opérateur historique, une très forte diminution des coûts de re-routage des liaisons téléphoniques. Les clients n'ont jamais vu la couleur de ces rabais, les autres opérateurs préférant conserver la marge pour eux.

«La France n'a jamais voulu tenir un discours politique face à la commission. Elle ne répond à chaque fois que par des arguments de marché. Cette fois encore, elle cède sans vision sur l'avenir d'EDF, sans prendre en compte ce qui pourrait être une politique énergétique de long terme, se préoccupant des problèmes de développement durable», explique Philippe Pesteil, administrateur représentant la CFDT au conseil d'administration d'EDF. Dès la publication du rapport Champsaur, la CFDT avait d'ailleurs demandé une nouvelle concertation.
Même écho du côté de la CGT qui avait dénoncé une privatisation qui ne dit pas son nom: «C'est le hold-up du siècle. Les centrales nucléaires appartiennent aux Français. Ce sont eux qui les ont payées. Comme le gouvernement n'a pas osé vendre le parc nucléaire par appartement, il en organise une vente virtuelle, laissant à EDF toutes les charges. C'est une fonction très puissante de la destruction de référence au tarif», s'indignait dès mai Claude Pommery, responsable de la fédération Mines Energie CGT.
Le hold-up risque même de prendre des proportions inconnues. D'abord, EDF, au nom de la transparence du marché, risque de perdre la maîtrise de son parc nucléaire. «A terme, cela porte en germe l'éclatement d'EDF. La production pourrait être placée sous la responsabilité d'un super RTE, qui assurait le partage pour tous», redoute Philippe Pesteil.Mais les coûts eux resteront bien à la charge d'EDF. Dans son communiqué, Matignon indique que les concurrents pourront bénéficier de l'électricité «aux conditions économiques du parc nucléaire historique». Toute la difficulté va consister à déterminer ce prix: va-t-on prendre en compte les frais financiers passés, les coûts de gestion, les coûts futurs de gestion de déchets et de démantèlement des centrales? Pas sûr.
Une chose est claire en tout cas: le coût du renouvellement du parc ne sera pas inclus. Ce choix a une portée politique non négligeable: à l'avenir, EDF n'aura plus le monopole du nucléaire en France. Ce que Nicolas Sarkozy avait déjà laissé entendre en indiquant que Suez-GDF était tout à fait habilité à construire le troisième EPR en France. Sans parler d'E.On, qui demande aussi à construire des centrales nucléaires en France puisque cela lui est interdit en Allemagne.
La suite? C'est la Bourse qui donne en partie la réponse. Dès que le marché a appris l'intention du gouvernement, le cours d'EDF a flambé. En une séance, il a gagné 6,72% pour s'inscrire au-dessus des 40 euros. Car les financiers spéculent sur un avenir prévisible: pris dans l'écheveau des dettes et des contradictions imposées par le gouvernement, le groupe va vite être rattrapé par la réalité économique et financière et sera contraint d'évoluer. EDF tombera comme un fruit mûr dans les mains du marché. La rente nucléaire deviendra alors financière.
" (M.Orange)

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-EDF :déréglementations
-Privatisation EDF : le courant ne passe plus