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samedi 9 mars 2019

Diable de femme

Inégalités et représentations
                             On l'a dit et répété: dans notre tradition occidentale, à partir d'une certaine époque bien identifiable, la femme, à des degrés divers,  n'a pas toujours eu le beau rôle. C'est le moins que l'on puisse dire. Pas seulement sur le plan des droits et des fonctions, mais déjà sur le plan des représentations, conscientes ou non. L' idéologie justifiant des rapports de pouvoir et d'ascendance.
    Dans son rapport avec la masculinité, elle fut  et elle reste marquée par le sceau de l'infériorité, parfois de l'opprobre. Pouvant aller jusqu'à l'identification à des forces du mal, à cause de sa prétendue perversité. de ses pouvoirs de séduction.
      Depuis Simone de Beauvoir, le statut féminin au sein de la société patriarchale a été mieux analysé, même si d'autres femmes avant elle avaient ouvert des voies depuis le 18° siècle.
    Il fallut du temps pour que le sexe faible perde peu à peu son statut diabolique dans nos sociétés. Séductrice, tentatrice, rusée, elle fut un temps assimilée au diable. Surtout depuis le début de la civilisation chrétienne, avec les premiers Pères de l'Eglise, comme Tertullien,  Déjà l'apôtre Paul affirmait:
 « Toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef. [...] L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l'homme. Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme »(Première épître aux Corinthiens, vers 55).
     Ministre du péché, elle ne pouvait prétendre à une dignité égale à celle de l'homme. Même si une partie du Moyen-Age a vu naître des périodes plus valorisantes pour elles. Sans parler d'autres cultures, où son pouvoir pouvait être grand et sans évoquer le prestige qu'elle a pu avoir pendant la période du néolithique.
   Eve n'eut pas le plus beau rôle dans la mythologie chrétienne et les musulmans radicaux développent encore une misogynie marquée, comme une frange de rabbins intégristes.
   Certains dictons portent encore la marque d'un époque qu'on croyait révolue.
    Femmes et sorcières et les fantasmes, suivent encore leurs cours, marqués par l'ambiguïté: le femme serait ange ou démon. Selon les cas.
      Il est instructif de refaire  l'histoire des femmes sous ses aspects divers.
  Le Droit des femmes  est encore une tâche à venir.
           "Ô la grande fatigue que d'avoir une femme, et qu'Aristote a bien raison, quand il dit qu'une femme est pire qu'un démon !" [Le Médecin malgré lui, I, 1]
                                                   Si la liberté des femmes n'a cessé d'être contestée, c'est qu'elle entraîne toutes les autres...

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samedi 28 novembre 2009

Climatologie et démographie


Réguler la population mondiale au nom de son impact climatique?

Est-ce rationnel et raisonnable
?

Un problème plus complexe qu'il n'y paraît, qu'il importe de relativiser.
Sinon il y a risque permanent de néomalthusianisme, de solutions aberrantes... ou de délires absolus ,au nom d'intérêts économiques avoués ou non:
["Dans le National Security Memo 200, daté du 24 avril 1974, et intitulé « Implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et ses intérêts à l’étranger », on peut lire :
"Le Dr. Henry Kissinger proposa dans son mémorandum au NSC que la dépopulation devrait être la plus haute priorité de la politique étrangère des Etats-Unis en ce qui concerne le Tiers-Monde. Il invoqua des raisons de sécurité nationale, parce que l’économie US aura besoin de quantités importantes et croissantes de matières premières de l’étranger, en particulier des pays moins développés... Là où une diminution de la population peut augmenter la perspective d’une telle stabilité, la politique démographique devient en rapport avec les ressources, les fournitures et les intérêts économiques des Etats-Unis." Kissinger prépara un manifeste de dépopulation pour le président Jimmy Carter appelé Global 2000 qui détaillait l’usage de la nourriture comme une arme pour dépeupler le Tiers-Monde.
http://www.schillerinstitute.org/food_for_...sm_jb_1995.html]

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-"Des démographes mandatés par l'ONU (UNFPA) auraient identifié la cause du réchauffement climatique qui menace l'humanité. Serait-ce notre frénésie de consommation, qui a épuisé en moins d'un siècle des combustibles fossiles accumulés dans le sous-sol pendant 60 millions d'années ? Pas du tout. La faute en reviendrait principalement aux bébés nés ou à naître, autant de consommateurs-pollueurs en puissance..."-
La faute aux bébés ?

--"La démographie est rebelle aux calculettes des experts, même ONUsiens"
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-UNFPA - État de la population mondiale 2009
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-Faim, climat, démographie : quand les problèmes font boule de neige:
-"une vache européenne reçoit plus de subventions que le revenu moyen d'un paysan africain"-
-Population mondiale : réguler les naissances
-Un débat difficile
-Les défis de la population mondiale
-Le fantasme idiot de l'explosion démographique
_____-Copenhague 2009: quels enjeux?
-______Faim au Sommet
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________________________ "...Soulignons (d'abord) que la bombe P (comme population) annoncée par le prophète Paul Ehrlich en 1970 n'explosera pas. La population mondiale a franchi le seuil du milliard au milieu du XIXe siècle et celui des 6 milliards en 1999.
Contre toute apparence, elle est en voie de stabilisation rapide.
___En 1969, la Terre comptait 3,6 milliards d'habitants ; aujourd'hui, 40 ans plus tard, elle en compte 6,8 milliards (+84%) et dans 40 ans, elle en comptera environ 9,4 selon les estimations de l'ONU.
Cet accroissement à venir peut sembler important en valeur absolue. Il n'est que de +38%, soit deux fois moins rapide que dans la période antérieure.Sur les 2,6 milliards d'hommes supplémentaires qui peupleront la Terre en 2050, 900 millions seront en Afrique et 1,7 milliard dans le reste du monde, ce qui correspond pour celui-ci à un accroissement de «seulement» 28%.Les démographes sont à peu près d'accord pour considérer que la population mondiale ne devrait pas dépasser les 10 milliards à la fin du siècle. «Mais c'est 3 milliards de gens en plus qui vont réclamer comme les autres de brûler du pétrole et consommer du steak, disent en substance les rapporteurs de l'ONU. Ne faut-il pas intervenir dès maintenant pour amplifier la baisse de la natalité, en premier lieu dans les pays riches, qui ont le plus d'impact sur l'environnement ?»
- Effet d'inertie :Ici intervient un premier principe : l'«inertie démographique», qui montre les limites de cette action. Les naissances des 30 prochaines années sont en effet déjà très largement programmées... de même que les décès !En voici un exemple : l'Algérie affiche cette année 0,4 décès pour 100 habitants (taux de mortalité) soit deux fois moins que la France (0,9%) ! Ne croyons pas que le soleil et la nourriture méditerranéenne entretiennent la santé... Simplement, les Algériennes, il y a un demi-siècle, faisaient de très nombreux enfants : plus de 6 en moyenne (c'est ce qu'on appelle l'indice de fécondité).- Comme l'Algérie n'avait alors que 9 millions d'habitants, le nombre annuel de naissances n'était jamais que de 270.000 naissances par an (soit un taux de natalité de 3% par an).- La population algérienne dépasse aujourd'hui les 35 millions d'habitants tandis qu'arrivent à la fin de leur vie les générations peu nombreuses nées du temps où l'Algérie était peu peuplée.De là ce taux de mortalité très bas (nombre de décès actuels / population actuelle).Depuis une vingtaine d'années, les Algériennes ont vu leur indice de fécondité chuter de plus de 6 enfants par femme à un plus de 2 aujourd'hui. D'ici une génération, elles auront le même comportement démographique que les Européennes actuelles (c'est aussi le cas des Tunisiennes, des Marocaines, des Iraniennes,...).__________En attendant, l'«inertie démographique» nous réserve là aussi un singulier paradoxe : la population de l'Algérie continue d'augmenter à un rythme soutenu alors que la fécondité a beaucoup baissé !...C'est que les jeunes Algériennes nées il y a vingt ans ou plus ont le désir de fonder une famille comme la plupart des femmes. Même si elles ne doivent avoir qu'un ou deux enfants, ces naissances seront beaucoup plus nombreuses que les décès concomitants de personnes nées il y a plus de 50 ans.Il s'ensuit que la population algérienne poursuivra sa croissance pendant une génération avant de se stabiliser. Si l'on voulait la stabiliser au plus vite, il y faudrait des mesures dictatoriales pour empêcher des femmes d'enfanter. Cela ne serait pas seulement immoral ; ce serait également stupide avec le risque de déboucher sur un «coup d'accordéon»...On a connu ce type de phénomène dans les années 1970 quand nos dirigeants ont jugé qu'il y avait trop de médecins et pas assez de pêcheurs : ils ont donc brutalement fermé l'accès aux facs de médecine et subventionné l'achat de bateaux, cela pour s'apercevoir aujourd'hui que l'on manque cruellement de personnel médical et que l'on a beaucoup trop de chalutiers !De la même façon en démographie, les ruptures débouchent au bout d'une génération sur des tensions inédites : c'est le dictateur roumain Ceaucescu qui interdit brutalement les avortements en 1967, d'où, l'année suivante, un trop-plein d'enfants qui ne trouvent pas d'accès dans les institutions et les écoles.
- Contrastes démographiques :Interpellé sur l'explosion démographique des années 1960-1970, Alfred Sauvy ne manquait jamais de souligner l'extrême diversité des situations : chaque région du monde a ses problèmes et requiert des solutions spécifiques ; on ne peut guérir l'une en soignant l'autre, de même qu'on ne guérit pas un obèse en mettant son voisin à la diète, surtout si ce dernier souffre d'anorexie._______La diversité des situations est aujourd'hui tout aussi manifeste. On peut distinguer :- L'Europe et l'Amérique du Nord : fécondité très faible (1 à 2 enfants par femme) et immigration importante,- L'Extrême-Orient et l'Asie du sud : fécondité faible (environ 2 enfants par femme) et ratio très déséquilibré des sexes avec jusqu'à 140 garçons pour 100 filles à la naissance au lieu d'un ratio naturel de 110/100 ; pour des raisons culturelles en effet, les fillettes sont éliminées avant l'accouchement (ou après), ce qui risque de provoquer dans les pays concernés de très graves tensions sociales dans un- Le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Amérique : fécondité déclinante (2 à 3 enfants par femme),- L'Afrique subsaharienne : fécondité toujours très élevée (5 à 7 enfants par femme sauf en Afrique du Sud).Le planning familial (promotion de la contraception) a facilité la transition démographique chaque fois que le contexte politique et culturel s'y prêtait ; elle reste inefficace quand ce n'est pas le cas, comme aujourd'hui dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne._____En-dehors de cette région, les rares pays qui conservent une fécondité élevée sont l'Afghanistan (5,7 enfants par femme), les territoires palestiniens (4,6), l'Irak (4,4), le Guatemala (4,4), Haïti (4) et le Pakistan (4 enfants par femme alors que le Bangladesh, ex-pays frère, a un indice de seulement 2,5 enfants par femme)._________Notons qu'à l'exception du Guatemala, il s'agit de pays en état de guerre et dépourvus d'institutions étatiques crédibles, tout comme l'Afrique subsaharienne... Notons aussi qu'Israël est, de tous les pays développés, celui qui affiche de loin l'indice de fécondité le plus élevé : 2,9 enfants par femme. On peut y voir le réflexe de survie d'une population confrontée au spectre de sa propre destruction.
Tout cela nous montre combien la démographie est rebelle aux calculettes des experts, même ONUsiens
. Le démographe Hervé Le Bras rappelle qu'il est illusoire de prétendre gouverner les mouvements de population. «L'invocation de la population mondiale donne l'illusion qu'on peut la modifier mais il n'existe aucune institution capable d'imposer une législation destinée à limiter la croissance démographique (ou à l'encourager)», écrit-il (Vie et mort de la population mondiale, Le collège de la cité, 2009).
- Avantage à la jeunesse :___L'état de la planète gagnerait-il à une réduction de la natalité dans les pays riches ? Cela paraît évident si l'on s'en tient, comme les rapporteurs de l'ONU, à une vision arithmétique de la population : moins de naissances = moins de pollueurs. Mais la démographie a ses lois que l'arithmétique ignore !________Il va de soi qu'une population ne peut pas croître indéfiniment, comme aujourd'hui en Afrique subsaharienne, sans déboucher sur un drame. Mais elle ne peut pas non plus décroître indéfiniment. L'optimum sur lequel s'accordent les démographes et les dirigeants politiques raisonnables est un indice de fécondité égal au «seuil de remplacement des générations», soit un peu plus de 2 enfants par femme, de façon que, sur le long terme, les naissances équilibrent les décès._____Il n'y a en tout cas nulle part de progrès possible sans une jeunesse nombreuse (mais pas trop) ; c'est l'observation du démographe Jean-Claude Chesnais qui a analysé le décollage de différents pays du tiers-monde (La revanche du tiers-monde, Robert Laffont, 1987).
Ce principe s'applique bien évidemment à la
France, qui n'a jamais été aussi créative et ouverte sur le monde que dans les périodes de forte natalité, au XVIIIe siècle et durant les Trente Glorieuses (1945-1973). A contrario, elle a été gagnée par la sclérose et tentée par le repli entre les deux guerres mondiales, quand sa fécondité était au plus bas. La même sclérose (politique, culturelle, économique, sociale,...) s'observe aujourd'hui dans des pays européens comme l'Italie, frappés par une fécondité très en-dessous du seuil optimum.On peut se l'expliquer par le fait que les ménages en charge de jeunes enfants éprouvent le besoin d'un avenir meilleur avec plus d'acuité et d'énergie que les seniors (comme l'auteur de ces lignes) plus naturellement orientés vers la conservation de leurs acquis (santé et biens matériels)... Il serait donc malvenu de réduire le nombre déjà très faible de jeunes susceptibles d'inventer dans les universités et les laboratoires de demain les solutions aux défis d'aujourd'hui.
Si l'on veut sincèrement agir sur l'état de la planète et l'avenir, il y a sans doute plus facile et plus efficace que de pénaliser les futures mères : réduisons notre consommation de viande (ruineuse en céréales) ; réduisons notre usage de l'automobile (ruineux en pétrole et agrocarburant)."

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mercredi 21 novembre 2012

Le pantalon, problème politique?

 Conquête d'une liberté
____________________Le pantalon est aujourd'hui la pièce de vêtement la mieux partagée, une des des plus banales en apparence, mais qui a déjà une longue histoire.
Ce n'est pas seulement un élément d'habillement, mais un objet culturel, un marqueur social, expression d'un clivage ancien entre hommes et femmes.
Un symbole de pouvoir masculin auquel la femme a eu des difficultés à accéder partiellement.
Il n'est pas si loin le temps où il était interdit dans les églises ou à l'Assemblée nationale pour le sexe dit faible. Ils restent encore bien présents les préjugés selon lesquels la robe ou la jupe seraient naturellement féminines, le pantalon représentant comme une usurpation de pouvoir, une transgression, une inversion dans l'ordre des choses, parfois une revendication indécente.
 _______Le pantalon est sans doute lié au début à la domestication et donc à la pratique du cheval, il devint courant pour les hommes au début du 19°s comme tenue urbaine.
" Le port du pantalon était d’usage chez les peuples cavaliers  nomades telles que les Scythes iranienset leAchémides . Les Celtes et les Romains adoptèrent cette tenue appelée communément braies. Les Perses, quant à eux, portaient sous leur robe un pantalon, signe de leur rang social élevé.
En Chine  antique, le pantalon n’était porté que par la cavalerie. D’après la tradition, il a été introduit par le roi Wu de Zhao en 375 av. JC, copiant la coutume de cavaliers turco-mongols de la frontière nordique de la Chine.
Le pantalon a été introduit en Europe occidentale à plusieurs reprises au cours de l’Histoire, notamment par les Hongrois et les Turcottomans, mais il est devenu courant seulement à partir du XVIe siècle", si l'on en croit Wiki
_________Il a fallu du temps pour que le pantalon pour femmes soit accepté socialement, que son port devienne légal.
En 1830, il leur faut encore une autorisation préfectorale pour l'adopter
"Deux circulaires de 1892 et 1909 autorisent le port féminin du pantalon... si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval !
En fin d'année 2003, le député UMP de l'Indre Jean-Yves Hugon a demandé au gouvernement français, par le biais d'une lettre envoyée à la ministre déléguée à la Parité et l'Egalité professionnelle, Nicole Ameline, de revenir sur cette loi datant du début du XIXe siècle qui interdit toujours aux femmes le port du pantalon.

En 2004, à l'occasion du bicentenaire de l'écrivain George Sand, "qui avait dû se soumettre à cette autorisation pour porter le pantalon auprès de la Préfecture de l'Indre", le député suggère "de mettre en conformité notre droit avec une pratique incontestée et incontestable des femmes
"....

_____Il est intéressant de suivre l'histoire politique du pantalon

Dans son livre, Catherine Bard " montre.., avec un grand luxe de sources, que l'interdit, au XIXe siècle, doit se comprendre et s'inscrire dans une prohibition plus générale du travestissement. La femme qui s'habille en homme, c'est un trouble à l'ordre public, mais un homme qui s'habille en femme, ce n'est pas plus supportable. On découvre encore que la lutte pour le "droit au pantalon" pour tous n'a pas toujours fait l'unanimité dans les rangs des militantes féministes. Nombreuses sont celles qui redouteront de voir leur combat pour l'égalité des droits compliqué par les manières provocantes des "garçonnes" sans parler même des audaces des sulfureuses lesbiennes. Féminisme et féminité, droits égaux dans la différenciation des sexes, accès au symbole de l'autorité masculine ou simplement droit au confort d'un vêtement pratique, la conquête du pantalon par les femmes aura posé assez de problèmes pour que son histoire ne se résume pas à un manifeste de "Chiennes de garde". 
En outre, que la revendication actuelle puisse exiger le droit de ne pas porter le pantalon et qu'il faille oser des "journées de la jupe" devrait nous vacciner contre les facilités d'un féminisme sommaire.
__________Est-ce la fin de  l'apartheid vestimentaire, avec la tendance à l'égalisation des conditions et à l'homogénéisation des pratiques vestimentaires?
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**** "...Mais, quelques jours plus tard, volte-face, Jeanne revient sur son abjuration et reprend ses habits d’homme, une manifestation d’insoumission intolérable aux yeux de l’Eglise.
Selon un témoin, elle aurait décidé de reprendre ses vêtements d’homme parce qu’elle a été malmenée dans la prison, un lord anglais tentant même de la violer.
Mais ce n’est pas la réponse qu’elle donne à Cauchon et à ceux qui l’interrogent le 28 mai. Elle déclare qu’elle a pris cet habit parce qu’elle se trouve parmi des hommes. Elle l’a fait « de sa volonté, sans nulle contrainte ». Elle indique même qu’elle « aime mieux l’habit d’homme que celui de femme ».
Les juges peuvent enfin s’appuyer sur un texte pour condamner Jeanne. Porter des habits d’homme est en effet, sauf cas de nécessité, interdit par le Deutéronome 22-5.
« Une femme ne portera point un habillement d’homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel, ton Dieu. »
_________________
-Le jeans, de Lévi Strauss à Calvin Klein (1)

samedi 10 septembre 2011

Genre: polémique orchestrée


Masculin/féminin: faux problèmes?

Le sexe n'est pas que construction, mais l'anatomie n'est pas un destin

"Et Dieu créa la femme..."

_L'épiscopat français, Mme Boutin , l'UMP et nombre d'associations catholiques ne peuvent supporter une autre vision du monde que celle qui s'est imposée à travers les siècles de christianisme.
Le débat sur la "
théorie du genre" ( mais un tel débat a-t-il lieu d'être?), qui refait surface à l'occasion de nouveaux programmes en SVT au lycée, dérange beaucoup leur vision créationniste de l'image et des rapports hommes/femmes et d'une sexualité conforme à la morale dominante. Comme si un programme scolaire en ce domaine comportait des jugements de valeur, notamment en matière de préférence sexuelle.... Ils veulent de la biologie et surtout de la biologie, pour restaurer une vision conservatrice de la société. La biologie, c'est rassurant, mais l'homme n'est pas un animal comme les autres...
___"On ne naît pas femme , on le devient", disait Simone de Bauvoir, voulant dire par là que les caractéristiques de la féminité sont , dans une large mesure, les produits d'une éducation particulière, à une époque donnée. Elena Belotti l'a largement démontré dans son étude Du côté des petites filles. L'histoire et l'ethnologie le confirment abondamment.
"...
L'éthologie, l'anthropologie et la sociologie nous confirment qu'il n'y a là aucune dérive, et encore moins de dégénérescence. Combien de grands personnages de l'histoire - pour ne parler que de la société occidentale - sont connus par la diversité de leurs préférences sexuelles ? Et puis il y a la grande diversité des pratiques sexuelles, plus ou moins contrôlées, ritualisées, participant aux initiations parmi les centaines de cultures étudiées par les ethnologues. L'anthropologie culturelle a bien établi l'importance de la construction du genre, et il s'agit bien d'une théorie scientifique, comme celle de l'évolution, avec des concepts et des paradigmes confrontés aux observations, autrement dit aux faits sociaux ..." (P.Picq)
On pourrait dire tout aussi bien qu'on ne naît pas homme, avec toutes les caractéristiques masculines attribuées traditionnellement à l'homme et à ses fonctions, dans telle culture donnée, on le devient.
_Les stéréotypes, représentations explicites ou implicites des deux sexes sont d'ailleurs toujours en miroir, même dans leur opposition supposée, même au niveau des préjugés, des croyances, des dogmes, et renvoient à un certain type d'organisation sociale, de pouvoir, patriarcal, par exemple.
Ceux-ci sont en voie d'effritement, à l'heure où la masculinité, sous sa forme traditionnelle, vacille, où la femme revendique une autre image, d'autres droits. Les mutations sociales et économiques ont engendré des remises en question profondes en cette matière, notamment en matière de maternité et de prises de responsabilités.
Aux USA surtout, cette question a pris une tournure souvent compliquée et polémique, dans le cadre des mouvements féministes dès les annnées 70.
En France, ce problème prend aussi une tournure légitimement politique, dans la revendication de l'égalité féminine, qui ne reste bien souvent que formelle, même après des décennies de prise de conscience et de luttes. La notion d'identité sexuelle a été approfondie.
___Une certaine droite s'est donc emparée de cette question, projetant dans les questions d'ordre purement scolaire ses propres obsessions (homophobes?)et s'engage dans une bataille d'un autre âge, malmenant les principes de la laïcité.

"...Aujourd’hui, refuser qu’un manuel consacre une page au « genre, construction sociale », c’est faire de l’ordre sexuel un ordre purement naturel. « Devenir homme ou femme » : le programme de SVT fait écho à une phrase célèbre de Simone de Beauvoir : « on ne naît pas femme, on le devient. » Jacques Myard, député des Yvelines, répond au nom de la Droite populaire : « on naît homme, on naît femme. » Autrement dit, l’anatomie est un destin."
La droite conservatrice et traditionaliste fait donc chorus avec la hiérarchie catholique, en faisant intrusion dans le programme de SVT des lycées, en défendant un naturalisme dépassé et en mélangeant tout, confondant
genre et sexualité.
"Contrairement à ce que la cathosphère veut faire croire, les études du Genre ne nient pas les différences biologiques. Elle distingue le sexe biologique du « sexe social ». Inspirées de penseurs français comme Deleuze, Foucault ou Derrida, les « gender studies » se sont développées aux Etats-Unis. En résumé, elle cherche à démontrer que c'est l'éducation au sens large, dans le contexte historique et social, qui construit le «genre» de l'individu."
Mais il n'y pas unanimité sur cette question dans le monde des croyants
Beaucoup de confusions et de mauvais procès donc dans cette polémique,
qui n'est pas sans arrière-pensées, dans le contexte d'ordre moral inaugurée par le Chanoine de Latran, valorisant le prêtre contre l'instituteur, et dans l'offensive des églises contre les principes républicains.

mardi 30 décembre 2025

Le mythe Bardot

 

Brigitte: mythe social?

                      Point de vue.

      Elle a fait (et contribue à faire) couler beaucoup d'encre. L'avalanche de commentaires post mortem jette une lumière toujours ambiguë sur l'actrice et la femme publique, que le  RN semble ne plus reconnaître comme sienne.. Pas si ingénue que ça...Un phénomène de société qui amène à jeter un coup d' oeil rétrospectif sur l'époque où Brigitte engendra tant de polémiques moralisantes ou de fascination équivoque.                                                                                                                                                 Simone de Beauvoir, auteur notamment du Deuxième sexe, en parla comme un phénomène social, un peu à la manière de Roland Barthes dans ses Mythologies. Une femme qui a marqué son époque à coup sûr, à un tournant historique, un profond changement des moeurs et du statut et de l'image de la femme. Mais une  influence qui ne ressemble en rien à celle de   Monique Bourroux et du  MLF.


 Une légende créée par les autres, " ...Un mythe façonné par les regards, les attentes et les contradictions de la France d’après-guerre. Beauvoir observe un pays pris entre deux pôles : une morale bourgeoise encore pesante et une culture de masse qui accélère la circulation des images, des désirs, des fantasmes. Bardot surgit là, au point de tension. «Elle ne correspond pas aux catégories traditionnelles», note Beauvoir ; c’est précisément cette inadéquation qui la rend à la fois fascinante et insupportable....Réduire Bardot à une projection masculine serait trop simple. Beauvoir s’y refuse. Elle observe un autre malaise, plus discret, mais tout aussi révélateur : celui des femmes. Beaucoup la jugent « facile », voire indécente, tout en reconnaissant son pouvoir d’attraction. Pourquoi ? Parce que Bardot rompt avec un modèle encore dominant — celui de l’épouse vertueuse, de la mère légitime.  «Elle ne demande rien», écrit Beauvoir, «ni approbation ni pardon». Bardot ne justifie pas son existence, ne s’excuse pas d’être regardée. Cette autonomie symbolique — fragile, ambiguë, mais réelle — déstabilise. Elle cristallise un conflit de normes : entre une féminité codifiée et une autre, plus flottante, qui semble se suffire à elle-même....Le contexte est décisif. En 1959, Bardot a 25 ans. Sa célébrité est mondiale. La France entre dans une modernisation accélérée : télévision omniprésente, vedettariat industriel, consommation de masse. Que cet essai paraisse d’abord en anglais n’a rien d’anecdotique. Beauvoir s’adresse à un lectorat américain curieux de comprendre pourquoi cette actrice française suscite des passions aussi violentes...."                                                                                                                                   _____  L'analyse déployée par Beauvoir en 1959, soit trois ans seulement après la sortie d’Et Dieu… créa la femme, est l’analyse d’une ambiguïté. D’une part, le personnage construit par Brigitte Bardot, alors âgée de 25 ans, « ne s’écarte pas du mythe traditionnel de la féminité » : « Elle est une force de la nature, dangereuse tant qu’elle n’est pas disciplinée, mais il revient à l’homme de la domestiquer » ; « Elle est gentille, bien intentionnée » ; elle « n’a pas été marquée par l’expérience ». « Sans mémoire, sans passé », sans histoire, privée d’une ouverture à la transcendance, Bardot est cantonnée au temps de l’immanence, à un éternel présent – celui d’une jeunesse fantasmée, d’une « parfaite innocence », d’une « enfance mythique ». Cette enfance est, d’emblée, déterminée par un regard masculin. Dans la France de l’époque, où les conditions se nivellent, « la femme adulte habite le même monde que l’homme ». Le schéma historique du désir masculin, celui d’un érotisme fondé sur l’altérité oppressive, succombe à l’excès de « familiarité » des sexes. La « lolita », « femme-enfant », justement, « se meut dans un univers où il ne peut pénétrer et ainsi la différence d’âge ré-établit entre eux la distance nécessaire au désir..." _  

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lundi 5 août 2024

Le vélo, la femme, la liberté

Un instrument efficace d'émancipation progressive.

                  On le sait maintenant: la pratique du vélo par la femme n'a pas compté pour rien dans son émancipation . Surtout depuis le début du 20ième siècle. La figure de Jeannie Longo a fini par représenter une sorte de mythe moderne, mais elle est une sorte d'exception dans la masse des femmes dont la pratique de la petite reine est devenue souvent quotidienne dans les rues de Paris ou à la campagne. Mais cela a demandé un certain temps:                                                                     "...La bicyclette est au départ essentiellement masculine. Une femme qui ouvre les jambes, c’est obscène.   Pour conquérir un nouveau marché, des inventeurs vont même tenter de concilier vélo et dignité féminine, « ce qui donne des objets loufoques et ridicules en termes de mécanique, avec des vélos aux pédales sur le côté » pour que les femmes pédalent en amazone, explique Margot Abord de Chatillon, coautrice de l’article « Le vélo : un objet qui révèle, renforce et perturbe l’ordre du genre » et sociologue des mobilités. « On préférait inventer des objets aberrants plutôt qu’accepter que des femmes se déplacent par elles-mêmes. »...Liberté, confiance en soi. Dans une interview en 1896, la suffragette américaine Susan Anthony résume le lien entre féminisme et vélo : « Je pense que la bicyclette a fait plus pour émanciper les femmes que n’importe quoi d’autre dans le monde. [...] Cela […] fait sentir [à la femme] qu’elle est indépendante. À l’instant où elle monte sur sa selle, elle sait qu’elle est à l’abri du danger jusqu’à ce qu’elle en descende, et quand elle roule, j’y vois l’image d’une féminité libre et sans entraves. »...



                         _____ Dans la longue marche vers l'émancipation toujours en cours, à des degrés divers selon les pays et les cultures, le vélo prend une place à part dans l'univers féminin, depuis le début du XX° siècle. Dans les rêves d'enfant déjà, le vélo a depuis longtemps été associé à l'autonomie (rouler tout seul) et à la liberté (sortir plus loin, s'échapper pour un temps du cadre familial) Dès le début du succès de la petite reine (bien féminine), certaines femmes participèrent à ce symbole d'émancipation, bien relatif, mais dans une bien moins grande mesure que les hommes, qui en firent le plus souvent un instrument de déplacement au travail comme dans leurs loisirs..   


                                                                                                       ___ Le chemin que prirent les femmes fut plus long. Il est des pays où il s'ouvre seulement, avec des réserves, comme en Arabie Saoudite. En Occident, il fallut du temps pour vaincre les préjugés concernant la pratique féminine du vélo, malgré l'audace de certaines pionnières, même si l'origine de l'expression "petite reine" est féminine:  "...Dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que le vélocipède devient un symbole de la modernité, une moitié de l'humanité en est encore privée. Le débat entre les hygiénistes –partisans d'une activité physique pour tous– et les conservateurs fait rage. Dans «Le corps des jeunes filles de l'Antiquité à nos jours», on lit: «La crainte d'une virilisation excessive des filles, par le muscle aussi bien que par l'emprunt de la culotte au costume masculin, freine l'usage de la bicyclette.» Les quelques voyageuses à vélo présentes sur les routes de France sont accusées par les chroniqueurs des années 1890 d'appartenir à un genre à part. Le Progrès Illustré décrit Annie Londonderry, première femme à accomplir un tour du monde cycliste, comme un «être neutre» appartenant au «troisième sexe»

                                                                                                               Les fantasmes sur la sexualité et les conséquences sur la reproduction allaient bon train...                     Le vélo nous apprend beaucoup de choses sur nos représentations, sur nous-mêmes. Quand il se laisse aller aux confidences... ou non, surtout si on est un familier de ce morceau de ferraille ( ou de carbone) monté sur roues, reposant toujours sur les mêmes principes de base, malgré les variantes et quelques mutations.

    Sur l'histoire récente aussi.
Depuis le fin de XIX° siècle, les Français ont entretenu une relation particulière avec la petite reine.
  Il s'est intégré peu à peu dans leur vie de loisirs, de travail, de luttes aussi (pendant la guerre, le vélo avait une valeur militante, combattante...), d'émancipation des femmes.
" Depuis sa naissance à Paris, le vélo a parcouru toutes les évolutions de notre pays, jusqu’à devenir aujourd'hui le porte-drapeau de l’écologie. Le vélo, la bicyclette, le biclou, c'est l'histoire d'un mythe populaire, nourri par nos souvenirs personnels et par des luttes politiques et sociales...le vélo est un symbole qui incarne des évolutions économiques, environnementales et politiques, pour nos arrières grands-parents comme pour nos enfants. Le vélo n’est pas un véhicule comme les autres : véritable prolongement de notre corps, il nous rend sensibles aux autres et à l’environnement."
    Elle est devenue reine... Une histoire bien française.
Sa préhistoire remonte à 1817: du vélocipède à la bicyclette
 Peugeot a très tôt imposé son hégémonie dans le PVF (Paysage vélocipédique français)   En Arabie saoudite...Il sera permis aux femmes d'avoir un permis. Après le vélo, on progresse. En Arabie Saoudite, les femmesprennent le pouvoir_. sont aussi autorisées enfin à voter pour la premiere fois. Mais attention, seulement aux municipales... C'est toujours ça, après le vélo à petite dose...et le fouet pour les stimuler.  Quelques libertés se mettent en place peu à peu, sous la pression et la nécessité d'un avenir plus problématique.
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lundi 29 décembre 2025

Le vélo, la femme...

 Un instrument efficace d'émancipation progressive.   [Bis repetita...]

                  Toutes ne sont pas championnes...On le sait maintenant: la pratique du vélo par la femme n'a pas compté pour rien dans son émancipation . Surtout depuis le début du 20ième siècle. La figure de Jeannie Longo a fini par représenter une sorte de mythe moderne, mais elle est une sorte d'exception dans la masse des femmes dont la pratique de la petite reine est devenue souvent quotidienne dans les rues de Paris ou à la campagne. Mais cela a demandé un certain temps:                                                                     "...La bicyclette est au départ essentiellement masculine. Une femme qui ouvre les jambes, c’est obscène.   Pour conquérir un nouveau marché, des inventeurs vont même tenter de concilier vélo et dignité féminine, « ce qui donne des objets loufoques et ridicules en termes de mécanique, avec des vélos aux pédales sur le côté » pour que les femmes pédalent en amazone, explique Margot Abord de Chatillon, coautrice de l’article « Le vélo : un objet qui révèle, renforce et perturbe l’ordre du genre » et sociologue des mobilités. « On préférait inventer des objets aberrants plutôt qu’accepter que des femmes se déplacent par elles-mêmes. »...Liberté, confiance en soi. Dans une interview en 1896, la suffragette américaine Susan Anthony résume le lien entre féminisme et vélo : « Je pense que la bicyclette a fait plus pour émanciper les femmes que n’importe quoi d’autre dans le monde. [...] Cela […] fait sentir [à la femme] qu’elle est indépendante. À l’instant où elle monte sur sa selle, elle sait qu’elle est à l’abri du danger jusqu’à ce qu’elle en descende, et quand elle roule, j’y vois l’image d’une féminité libre et sans entraves. »...



                         _____ Dans la longue marche vers l'émancipation toujours en cours, à des degrés divers selon les pays et les cultures, le vélo prend une place à part dans l'univers féminin, depuis le début du XX° siècle. Dans les rêves d'enfant déjà, le vélo a depuis longtemps été associé à l'autonomie (rouler tout seul) et à la liberté (sortir plus loin, s'échapper pour un temps du cadre familial) Dès le début du succès de la petite reine (bien féminine), certaines femmes participèrent à ce symbole d'émancipation, bien relatif, mais dans une bien moins grande mesure que les hommes, qui en firent le plus souvent un instrument de déplacement au travail comme dans leurs loisirs..   


                                                                                                       ___ Le chemin que prirent les femmes fut plus long. Il est des pays où il s'ouvre seulement, avec des réserves, comme en Arabie Saoudite. En Occident, il fallut du temps pour vaincre les préjugés concernant la pratique féminine du vélo, malgré l'audace de certaines pionnières, même si l'origine de l'expression "petite reine" est féminine:  "...Dans la seconde moitié du XIXe siècle, alors que le vélocipède devient un symbole de la modernité, une moitié de l'humanité en est encore privée. Le débat entre les hygiénistes –partisans d'une activité physique pour tous– et les conservateurs fait rage. Dans «Le corps des jeunes filles de l'Antiquité à nos jours», on lit: «La crainte d'une virilisation excessive des filles, par le muscle aussi bien que par l'emprunt de la culotte au costume masculin, freine l'usage de la bicyclette.» Les quelques voyageuses à vélo présentes sur les routes de France sont accusées par les chroniqueurs des années 1890 d'appartenir à un genre à part. Le Progrès Illustré décrit Annie Londonderry, première femme à accomplir un tour du monde cycliste, comme un «être neutre» appartenant au «troisième sexe»

                                                                                                               Les fantasmes sur la sexualité et les conséquences sur la reproduction allaient bon train...                     Le vélo nous apprend beaucoup de choses sur nos représentations, sur nous-mêmes. Quand il se laisse aller aux confidences... ou non, surtout si on est un familier de ce morceau de ferraille ( ou de carbone) monté sur roues, reposant toujours sur les mêmes principes de base, malgré les variantes et quelques mutations.

    Sur l'histoire récente aussi.
Depuis le fin de XIX° siècle, les Français ont entretenu une relation particulière avec la petite reine.
  Il s'est intégré peu à peu dans leur vie de loisirs, de travail, de luttes aussi (pendant la guerre, le vélo avait une valeur militante, combattante...), d'émancipation des femmes.
" Depuis sa naissance à Paris, le vélo a parcouru toutes les évolutions de notre pays, jusqu’à devenir aujourd'hui le porte-drapeau de l’écologie. Le vélo, la bicyclette, le biclou, c'est l'histoire d'un mythe populaire, nourri par nos souvenirs personnels et par des luttes politiques et sociales...le vélo est un symbole qui incarne des évolutions économiques, environnementales et politiques, pour nos arrières grands-parents comme pour nos enfants. Le vélo n’est pas un véhicule comme les autres : véritable prolongement de notre corps, il nous rend sensibles aux autres et à l’environnement."
    Elle est devenue reine... Une histoire bien française.
Sa préhistoire remonte à 1817: du vélocipède à la bicyclette
 Peugeot a très tôt imposé son hégémonie dans le PVF (Paysage vélocipédique français)   En Arabie saoudite...Il sera permis aux femmes d'avoir un permis. Après le vélo, on progresse. En Arabie Saoudite, les femmesprennent le pouvoir_. sont aussi autorisées enfin à voter pour la premiere fois. Mais attention! seulement aux municipales... C'est toujours ça, après le vélo à petite dose...et le fouet pour les stimuler.  Quelques libertés se mettent en place peu à peu, sous la pression et la nécessité d'un avenir plus problématique.______________