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mardi 2 juin 2009

Dérives allemandes

L'Allemagne n'est plus ce qu'elle était...

Elle découvre ses pauvres

-14,3% des Allemands étaient menacés de pauvreté en 2007. Ce chiffre cache de grandes disparités. Alors que ce taux était de 11% dans le sud du pays et de 15% dans le nord-ouest, il s'élevait à 20% dans les provinces de l'ancienne Allemagne de l'est. - (AFP)...
Depuis, ça a plutôt empiré
Le Plan Hartz produit ses effets...
(Martin Kronauer: Exklusion)

-Au pays de l'abondance, trop de personnes peinent à survivre:
"In Deutschland gibt es Lebensmittel im Überfluss, und dennoch haben nicht alle Menschen ihr täglich Brot."(Tafel )
(Hartz-Konzept)

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-Dans la Ruhr, pour une poignée d'euros par jour... | Mediapart:
"...A Wattenscheid , un habitant sur cinq – ils sont 75.000 – vit d'«Hartz IV»: l'allocation universelle que touchent les chômeurs comme les nécessiteux, 351 euros, somme modulée en fonction des revenus du couple, de son patrimoine et du nombre d'enfants — le loyer et le chauffage sont remboursés par l'agence pour l'emploi. «Hartz IV» est devenu synonyme de pauvreté. L'allocation tire son nom de son inventeur: Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen.-Peter Hartz était un ami du chancelier d'alors, le social-démocrate (centre gauche) Gerhard Schröder. C'est lui qui a imaginé la réforme de l'agence pour l'emploi, entrée en vigueur le 1er janvier 2005. L'économie mondiale prospérait, la crise n'était pas encore là. Dans la compétition mondiale, le modèle social allemand devait être adapté, professaient alors les politiques.La réforme devait réduire le chômage de longue durée, encourager les moins qualifiés à reprendre un travail. Peter Hartz avait avancé des mesures radicales : fusion de l'aide sociale et de l'allocation-chômage, restriction des conditions d'indemnisation. En échange, il proposait de mieux suivre les chômeurs, de les aider à retrouver un emploi, même mal payé. C'est à cette époque qu'ont fleuri les "jobs à 1 euro" comme celui d'Andreas. A cette époque qu'ont fleuri les petits boulots...
En Allemagne, il n'y a pas de salaire minimum. Les rémunérations sont négociées dans les branches professionnelles, entre patrons et syndicats. Ce modèle typique était au cœur du pacte social forgé dans l'immédiat après-guerre. Une économie industrielle robuste, des amortisseurs sociaux généreux: le diptyque avait soutenu le miracle économique, divine surprise qui avait permis de redresser un pays ruiné et dévasté.
Soixante-quatre ans après la guerre, ce consensus social se délite. De plus en plus d'entrepreneurs ne s'affilient pas aux fédérations patronales ou alors comme membres associés, ce qui leur permet de ne pas appliquer les salaires négociés. En 2007, 52% des salariés étaient payés selon les conditions négociées dans leur branche: c'était encore 66% en 1996 rappelle la chercheuse Odile Chagny dans la revue de l'Ires. Résultat, une «dualisation de l'économie» toujours plus grande. D'un côté, ceux qui bénéficient encore des tarifs négociés – de moins en moins. Derrière la vitre de l'aquarium, les salariés à temps partiel, les CDD, les intérimaires, les travailleurs à leur compte...Dans un même secteur, d'une entreprise à l'autre, les disparités de salaire sont énormes. La caissière d'un supermarché peut être payée 12 euros parce que son entreprise applique le tarif négocié, sa collègue de la chaîne concurrente moitié moins. Dans Allemagne de troisième classe, une enquête sur la pauvreté tout juste publiée, le lecteur français découvre avec stupéfaction les salaires horaires d'employés de l'Est: l'abatteur de viande de Saxe (4,50 euros), le jardinier de Thuringe (3,22 euros), la coiffeuse du Brandebourg (3,05 euros)... «Les rangs des pauvres grossissent. Ceux qui ont un travail vivent avec la peur, car ils ne sont qu'à quelques mois de la dégringolade. Du jour au lendemain, ils peuvent se retrouvent avec rien, ou presque"...
Les sanctions pleuvent: l'administration ponctionne une partie des 351 euros si elle estime que la recherche d'emploi n'est pas assez active, demande aux chômeurs de changer d'appartement parce que le leur est trop cher. «La moitié de mes mandants sont malades psychiquement, un quart souffre de troubles graves. Imaginez leur schizophrénie: ils doivent se comporter comme s'il y avait un marché du travail, alors qu'il n'y a pas d'offres!»...

Dans Allemagne de troisième classe , les auteurs, trois journalistes qui ont découvert cette «nouvelle pauvreté» en tournant des reportages pour la télévision, décrivent des constellations encore ignorées par beaucoup. Ils défrichent le champ quasi inexploré de la pauvreté extrême, des familles dont tous les membres vivent d'Hartz IV, des journées passées à allumer des cigarettes, l'abrutissement devant la télé. D'après eux, l'Allemagne a changé de visage le 9 août 2002. Ce jour-là, Peter Hartz remettait au chancelier Schröder son rapport, prélude à la «plus grande réforme sociale de la République fédérale». «Ce fut le jour où progressivement une nouvelle classe sociale est née: la classe des précaires, des gens d'en dessous, des gens en trop.»On bascule vite dans Hartz IV, le chômage n'est indemnisé qu'un an, deux pour les plus de 50 ans. Les 660 euros que touchent en moyenne les 6,7 millions d'allocataires d'Hartz IV sont inférieurs au seuil de pauvreté (880 euros). Selon une étude récente de l'IAB qui dépend de l'agence fédérale pour l'emploi, un Allemand sur cinq a eu recours à Hartz IV au moins un mois depuis 2005. Le dispositif ressemble à une trappe à pauvreté: 40% des bénéficiaires sortis du système y ont eu recours un an après.Les économistes disent que les réformes Schröder du marché du travail ont fait émerger la «pauvreté cachée». Ces pauvres à découvert atterrissent chez Manfred Baasner. Gentil papy à moustache, ancien chef d'entreprise, il dirige en homme d'affaires les Tafel de Wattenscheid. Les Tafel («table») sont l'équivalent de nos Restos du cœur...-Le 19 mai, une fédération d'associations sociales, le Paritätische Wohlfahrtsverband (PW), publiait une étude sur la pauvreté... Grande première, les chiffres étaient détaillés Etat par Etat, ville par ville. Le lendemain, cet «atlas de la pauvreté» faisait la une de la presse. «Quand vais-je devenir pauvre? Un Allemand sur 7 menacé», annonçait en énormes lettres blanches sur fond noir le quotidien populaire Bild. «Des territoires entiers risquent de dépérir, l'Ouest n'est pas épargné», renchérissait la Tageszeitung, le Libé allemand. Que la carte ait mis en avant la désolation économique de certaines zones de l'Est, notamment près de la frontière polonaise, passe encore. Mais que l'Ouest, lui aussi, ait ses ghettos de pauvres! Inimaginable il y a encore quelques années...

«L'Allemagne risque d'imploser», affirment les responsables du PW. Les inégalités de revenus sont devenues béantes. «L'évolution est effrayante», affirmait l'an dernier l'économiste Markus Grabka dans l'hebdomadaire Der Spiegel. Le chercheur de l'institut DIW de Berlin a calculé qu'entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s'est accru d'un tiers....(M.Magnaudeix)

-Pauvre pays riche ? La richesse et la pauvreté : un défi pour les Eglises:
"..."J'ai toujours cru que l'Allemagne et d'autres pays d'Europe occidentale, c'était le paradis, dit M. P. T. Basele, pasteur originaire du Botswana. Pour nous, il est très important de découvrir que la pauvreté existe aussi en Allemagne, et ce que représente la pauvreté en Europe occidentale. "Dans le cadre d'un séminaire qui s'est tenu à l'Institut oecuménique de Bossey, ce pasteur africain et 11 autres participants originaires d'Afrique, d'Asie et des Etats-Unis se sont penchés sur le thème : La richesse et la pauvreté : un défi pour les Eglises.En Allemagne, quelque 8 millions de personnes vivent en dessous de ce qu'on appelle le "seuil de pauvreté relative". On y compte des enfants et des vieillards, des travailleurs et des chômeurs, des familles et des parents célibataires ; pour vivre, ils disposent de moins de la moitié du revenu moyen net des ménages. Toujours en Allemagne, 2.8 millions de ménages sont surendettés. Pourtant, avec un produit national brut d'environ 515 milliards d'euros, l'Allemagne est, comparativement, l'un des pays les plus riches du monde...."

-Observatoire des inégalités : inégalités dans les pays riches
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- Fractures allemandes

dimanche 28 février 2010

Allemagne en crise

Crise politique sur fond de précarité, d'inégalités et de chômage croissant



-Guido Westerwelle est vice-chancelier depuis 118 jours et son couple avec la chancelière est soumis à dure épreuve, selon der Spiegel. Il multiplie les proclamations populistes comme un chef d'opposition, elle n'arrive pas à lui insuffler l'esprit de corps, de gouvernement. L'un bloque l'autre, la paralysie menace. Après quatre mois de gouvernement la coalition noir-jaune est déchirée.


-"11 millions 500 mille personnes vivent sous le seuil de la pauvreté en Allemagne, un pays représentant une géante économie.Selon un sondage, 14% des Allemands vivaient dans la pauvreté en 2008.
En dix ans, le nombre de pauvres dans ce pays a augmenté de 30%.Ceux qui gagnent moins de 20 500 dollars, ce qui signifie 60% du revenu annuel par personne, sont considérés en Allemagne comme " pauvres".Selon les résultats du sondage, 25% des jeunes allemands de 19 à 25 ans, devraient vivre dans le dénuement.Ces jeunes allemands se mettant à vivre séparés de leur famille, sont confrontés aux problèmes financiers.Le sondage en question a été réalisé par l'Institut des recherches économiques d'Allemagne et 10 mille familles ont fait l'objet du sondage.Ce sont les parents divorcés ayant des enfants, les familles ayant plusieurs enfants et les jeunes qui sont affectés le plus par la pauvreté
."
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-En Allemagne, Guido Westerwelle provoque une polémique:
"Le ministre allemand des Affaires étrangères, le libéral Guido Westerwelle, a provoqué une polémique en Allemagne. Il a déclaré que son pays était dans une situation de «décadence digne du bas empire romain», attaquant surtout le système social. Alors même que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe contraint l'État à revoir les allocations sociales
.__Dans un arrêté rendu le mardi 9 février 2010, les juges de la Cour constitutionnelle on estimé le système d’aides sociales allemand inconstitutionnel. Ils remettent en cause le système prénommé Hartz IV en vigueur dans le pays depuis 2004. La Cour de Karlsruhe a notamment pointé du doigt l’incompatibilité de ce système avec une loi allemande qui garanti à tout citoyen le droit à une existence digne. Et les juges ont demandé au gouvernement de modifier son système d’allocation avant la fin de l’année 2010.Terminé le système Hartz IV, mis en place par l’ancien chancelier, le social démocrate Gerhard Schröder. C’était alors le volet le plus controversé de ses réformes. A l’époque, l’aide sociale et les allocations versées aux chômeurs de longue durée avaient été fusionnées pour former un forfait mensuel de 359 euros. Une réforme décriée qui avait été à l’origine de nombreux mouvements de grève en 2005 mettant à mal la coalition de Gerhard Schröder dont le parti avait perdu les élections suivantes
."(P.Thibaud)
-Pauvreté en Allemagne
-Les dessous de l’Allemagne - Le travail en Allemagne

-Allemagne : le chômage grimpe à 8,5% en février
- Le débat sur l’Etat social s’enflamme

-L'Allemagne, victime du tout export
-Hartz IV:Le juge constitutionnel et la justice sociale
-Dans la Ruhr, pour une poignée d'euros par jour
"A Wattenscheid , un habitant sur cinq – ils sont 75.000 – vit d'«Hartz IV»: l'allocation universelle que touchent les chômeurs comme les nécessiteux, 351 euros, somme modulée en fonction des revenus du couple, de son patrimoine et du nombre d'enfants — le loyer et le chauffage sont remboursés par l'agence pour l'emploi. «Hartz IV» est devenu synonyme de pauvreté. L'allocation tire son nom de son inventeur: Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen.__Peter Hartz était un ami du chancelier d'alors, le social-démocrate (centre gauche) Gerhard Schröder. C'est lui qui a imaginé la réforme de l'agence pour l'emploi, entrée en vigueur le 1er janvier 2005. L'économie mondiale prospérait, la crise n'était pas encore là. Dans la compétition mondiale, le modèle social allemand devait être adapté, professaient alors les politiques.La réforme devait réduire le chômage de longue durée, encourager les moins qualifiés à reprendre un travail. Peter Hartz avait avancé des mesures radicales : fusion de l'aide sociale et de l'allocation-chômage, restriction des conditions d'indemnisation. En échange, il proposait de mieux suivre les chômeurs, de les aider à retrouver un emploi, même mal payé. C'est à cette époque qu'ont fleuri les "jobs à 1 euro" comme celui d'Andreas. A cette époque qu'ont fleuri les petits boulots..."
-En Allemagne, les désaccords minent la coalition d'Angela Merkel
"...Dénonçant un possible relèvement des minima sociaux après qu'une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe eut jugé leur niveau insuffisant pour garantir "une existence digne", le vice-chancelier et chef de file des libéraux a multiplié ces dernières semaines les déclarations provocatrices sur l'Etat-providence. Il a réclamé un durcissement du régime d'indemnisation des chômeurs de longue durée et a mis en garde contre une "décadence digne du bas empire romain". Ces mots ont enflammé le débat avec la CDU-CSU. "Nous n'avons pas besoin d'un débat fantôme qui n'apporte aucune proposition concrète", s'irrite le député CDU Wolfgang Bosbach..."
-Après le «chaos», les baisses d'impôt du nouveau gouvernement allemand:
"...Principal point de discussion, le déficit budgétaire. Pour les libéraux, il fallait aller plus loin dans les réductions d'impôt: le FDP souhaitait 35 milliards d'euros de réduction, il en obtiendra 24, écrit le Spiegel. C'est plus qu'Angela Merkel ne l'avait envisagé. La chancelière et ses alliés sont restés vagues sur le financement des mesures fiscales, estime l'AFP, qui profiteront aux foyers et aux entreprises allemands. La dette allemande s'élève déjà à plus de 1.500 milliards d'euros, soit environ 20.000 euros par personne, et l'Allemagne dépense plusieurs dizaines de milliards par an en intérêts de sa dette. Quant à la croissance, elle a plongé: les prévisionnistes allemands voient le PIB reculer de 5% en 2009 avant de croître en 2010..."
-Guido Westerwelle tente de reprendre l'offensive face au malaise de son parti
_____-__ELENA – un fichier national des « mauvais salariés »_______________
-Une autre Allemagne ?
- Dérives allemandes
- Fractures allemandes
- Les Allemands désorientés

lundi 20 octobre 2008

Une autre Allemagne ?

21 mai 2008 - Selon le dernier rapport du gouvernement allemand sur la pauvreté et la richesse en Allemagne, la pauvreté concernerait 13% de la population outre-Rhin. Un chiffre qui serait deux fois plus élevé sans les prestations sociales (allocation de chômage de longue durée, aide au logement, allocations familiales…)

Allemagne : trop de justice pour les pauvres - ça va changer !

"L’octroi de l’aide juridique aux personnes de faibles ressources revient trop cher à l’Etat. Cette aide est doublement inconfortable pour le gouvernement, car les pauvres l’utilisent pour gagner des procès contre lui. Concernés sont surtout des travailleurs pauvres et des chômeurs relevant de la loi Hartz 4, mais plus général toute personne qui ne dispose que de faibles revenus.
Une justice accessible à tous, que l’on soit riche ou pauvre, c’est bien naturel pour un pays démocratique faisant partie des puissances économiques des G8. Le dispositif qui réalise cette accessibilité est l’aide juridique, un acquis social bien ancré en Allemagne et dans bien d’autres pays. Mais, à en croire le Conseil fédéral, les pauvres en abusent : le 10 octobre 2008, il a décidé un projet de loi[1] qui vise à rendre plus difficile l’octroi de cette aide permettant aux indigents d’avoir un conseil ou une assistance juridique professionnelle quand ils en ont besoin. Maintenant c’est au Parlement fédéral de s’en occuper..."

-Les dessous de l’Allemagne- Université de Hambourg : des scientifiques à un euro:
"Une douzaine de scientifiques sans emploi ont été obligés par la “Bundesagentur für Arbeit” (agence allemande pour l’emploi) à travailler pour l’université de Hambourg. Il s’agit du fameux “travail à un euro introduit” par la réforme Hartz IV. Si on a cru que ces mesures de coercition ne sont appliquées que sur des chômeurs peu qualifiés, on doit revoir ses convictions. Pourquoi faire venir des gens diplômés de pays lointains pour un salaire “compétitif” si on dispose de scientifiques chez soi qui, de plus, font un travail hautement qualifié pour un euro de l’heure, et ceci sans que l’employeur ait à payer ni cotisations sociales ni salaires ?...
>>
Actu6 Chomage : Les dessous du plan Hartz
>>Réformes Hartz - Wikipédia
>>Berlin: 50000 plaintes contre Hartz 4
>>Allemagne : le rouleau compresseur de la précarité
->>Allemagne : le retour du STO pour les chômeurs est une réalité -
>>La pauvreté explose en Allemagne
-La surveillance en Allemagne
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- Les Allemands désorientés
-Allemagne : la crise se confirme
-Le Temps - international-CRISE: une nouvelle chance pour le SPD ?

samedi 22 juin 2019

Sous le régime de la précarité

Qui gagne encore du terrain
                                         Petits boulots, travail partiel imposé, travail fractionné, plusieurs métiers nécessaires pour (sur)vivre, etc..

    On sait qu'une certaine population, quand elle a du travail, est soumise à ce régime aux USA, au RU, en Allemagne...et même chez nous, de plus en plus.
     Certes la notion de précarité recouvre plusieurs sens,  peut même être  équivoque, mais comporte des aspects qui s'entremêlent assez souvent.
     Elle n'est pas seulement l'effet de la mobilité, parfois extrême, du travail sous l'effet de capitaux voyageurs, elle s'insinue de plus en plus dans les services que certains s'obstinent encore à appeler  publics ou d'intérêt public. Et on ne serait, disent certains qu'au début d'un processus, déjà annoncé ou en préparation, comme à la Poste, où travaillent de plus en plus d'auxiliaires. Sans parler des obscurs travailleurs du clic., payés au lance-pierres.
    C'est le cas aussi dans l'Education Nationale. Elle gagne aussi de plus en plus ce domaine où la précarité n'est plus l'exception,même dans la recherche et l'enseignement supérieur.
  Pourtant la ministre est en guerre, dit-elle, contre ce phénomène. Une déclaration qui  ne mange pas de pain et qui ne vise que le chômage affectant certaines populations, dans certaines zônes où l'emploi est devenu quasi inexistant. Et il existe aussi des travailleurs pauvres. La rupture du lien social n'est pas sans conséquences, affectant une diversité de population.
     C'est devenu un mode de gestion comme un autre, où la réduction des dépenses et le changement des esprits est le but recherché. Un mode à court terme, devenu contre-productif, qu'on justifie comme on peut. La vie,elle aussi est précaire...disait naguère Mme Parizot. De quoi entretenir un peu plus les idées reçues.
    Pourquoi pas du travail gratuit, tant qu'on y est, ou des contrats 0 heures?
  Le problème ne date pas d'aujourd'hui et ne résulte pas (seulement) d'un effet de la crise. Il s'est banalisé et même institutionnalisé.
 Les mini-jobs fleurissent comme roses au printemps et l'uberisation s'installe peu à peu dans divers secteurs.
     En Allemagne, les choix de Schröder-Hartz ont imposé des règles plutôt draconiennes, malgré la bonne santé revendiquée de ce qu'il est convenu d'appeler le miracle allemand, dans une société qui, comme ailleurs, allie chômage (masqué) et salaires très bas, où souvent, entre chômage et mendicité, il faut choisir. Unmiracle bien relatif.
   Hartz IV est passé par là. 
         "L'allocation Hartz-IV pour les chômeurs de longue durée s’élève au départ à 374 euros. "C’est comme lorsque vous circulez en voiture, continue le porte-parole de l’Agence fédérale, il y a des règles auxquelles il faut se tenir. Si vous ne les respectez pas, vous encourrez des sanctions." 
    L'Allemagne connaît une situation qui semble économiquement confortable sur le papier. «Il y a un effet psychologique. Les gens ont peur de la précarité. Ils font plus de concessions, ils sont prêts à prendre des emplois moins bien payés ou qui ne correspondent pas à leur qualification», analyse Lars Andresen, de l'agence pour l'emploi.
 

Les chômeurs et les précaires paient le prix fort, parfois très fort.
      Travailler "à tout prix", tel est le slogan.

____Au Royaume-Uni, les jobcenters font encore moins de sentiments. Les règles sont drastiques.
             A l'américaine.
Les jobs zéro heure se multiplient. Un modèle de flexibilité....
____ En France, les évolutions de pôle emploi créent un malaise, pas seulement à cause des charges de travail qui rendent la fonction de conseiller souvent dénuée de sens.
  Ce qu'on a appelé le grand manège technocratique s'est adapté finalement aux exigences à courte vue des instances patronales, dans le contexte économique actuel, où triomphe les principes hayeko-reaganiens
  Les tours de passe-passe bien connus permettent de manipuler les vrais chiffres du chômage et de jouer avec des leurres. 
              Cachez-moi cette précarité que je ne saurais voir...

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mardi 28 novembre 2017

Jobcenters en tous genres 

Les jobcenters, c'est super
                       En période de chômage ou d'emplois aléatoires et précaires.
               Mieux vaut être informé et orienté que pas du tout.
       Mais selon quels critères? Sur fond de quels choix économiques et sociétaux? Avec quels moyens?
    Chaque pays a ses particularités, malgré certaines similitudes.
      En Allemagne, les choix de Schröder-Hartz ont imposé des règles plutôt draconiennes, malgré la bonne santé revendiquée de ce qu'il est convenu d'appeler le miracle allemand, dans une société qui, comme ailleurs, allie chômage (masqué) et salaires très bas, où souvent, entre chômage et mendicité, il faut choisir. Un miracle bien relatif.
   Hartz IV est passé par là. 
         "L'allocation Hartz-IV pour les chômeurs de longue durée s’élève au départ à 374 euros. "C’est comme lorsque vous circulez en voiture, continue le porte-parole de l’Agence fédérale, il y a des règles auxquelles il faut se tenir. Si vous ne les respectez pas, vous encourrez des sanctions." 
    L'Allemagne connaît une situation qui semble économiquement confortable sur le papier. «Il y a un effet psychologique. Les gens ont peur de la précarité. Ils font plus de concessions, ils sont prêts à prendre des emplois moins bien payés ou qui ne correspondent pas à leur qualification», analyse Lars Andresen, de l'agence pour l'emploi.
  Les chômeurs et les précaires paient le prix fort, parfois très fort.
      Travailler "à tout prix", tel est le slogan.
____Au Royaume-Uni, les jobcenters font encore moins de sentiments. Les règles sont drastiques.
             A l'américaine.
Les jobs zéro heure se multiplient. Un modèle de flexibilité....
____ En France, les évolutions de pôle emploi créent un malaise, pas seulement à cause des charges de travail qui rendent la fonction de conseiller souvent dénuée de sens.
  Ce qu'on a appelé le grand manège technocratique s'est adapté finalement aux exigences à courte vue des instances patronales, dans le contexte économique actuel.
  Les tours de passe-passe bien connus permettent de manipuler les vrais chiffres du chômage et de jouer avec des leurres. 
     Cachez-moi cette précarité que je ne saurais voir...
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mercredi 6 septembre 2017

Comme les Allemands?

C'est comme si c'était fait.
                                           Elle a déjà gagné.
                C'est peu de dire que non-débat entre les deux candidats à la chancellerie a déçu.
      C'était attendu, vu l'inertie de la vie politique allemande depuis des années.
    Pas d'aspérités, de contradictions, du moins en apparence.. Du consensus et du conformisme à l'envi. C'est normal. Il n'y a plus vraiment d'opposition dans la Bundesrépublik, Depuis le virage ultra libéral schröderien, la fin du capitalisme rhénan, son entrée dans le libéralisme sous sa forme germanique, l'ordolibéralisme.
    Et pourtant...
        On a parlé de miracle économique lors de la reconstruction et de réindustrialisation rapide du pays, sous Ehrard, avec l'aide américaine, soucieuse de créer un îlot de prospérité aux limites du rideau de fer. Quelques économistes médiatiques ou de politiques à courte vue parlent aujourd'hui de nouveau miracle, en présentant la politique économique et sociale de Berlin comme l'exemple à suivre.
   Mais il y a une grande part d'illusion, comme le remarquait, entre autres, l'auteur de Made in Germany, qui analyse finement les dessus d'un système mal connu et qui n'est pas transposable.
   Et puis, c'est un  économiste allemand qui le dit: «le miracle économique allemand doit peu aux réformes structurelles.»  Selon lui, «La raison pour laquelle les réformes Hartz ont acquis un statut mythique, c'est parce qu'elles ont été mises en œuvre au bon moment». L'Allemagne, en particulier parce qu'elle disposait d'un panier d'exportation adapté à la demande des pays émergents, a pu profiter pleinement du boom économique mondial. «L'Allemagne a eu la chance que la demande extérieure soit venue à son secours», explique Odendhal. 
     Un virage qui coûte cher au pays, malgré la montée en force des exportations, et qui n'est pas sans incidences négatives sur ses partenaires, dans le cadre de l'euro, une monnaie pleinement adaptée à son économie mercantile, essentiellement tournée vers les exportations et bénéficiant des faibles salaires de ses ouvriers de son Hinterland. Des réformes sont encore attendues...Mais les Allemands on des problèmes avec  leur monnaie: " La monnaie est conçue en Allemagne comme bien plus qu’un instrument économique et commercial : comme une sorte de totem, de fétiche sacré sur lequel est chargée de veiller, hors de la portée du gouvernement et du Parlement, une institution échappant à tous les risques de faiblesse envers n’importe quelle influence extérieure, ouverte ou dissimulée, qui viserait d’autres buts que la lutte contre l’inflation."
    Même le FMI  commence à s'inquiéter, pas seulement pour le système des retraites.
         Le système Hartz a produit des milliers de précaires et a créé des inégalités inédites. On parles peu de la fracture sociale en Allemagne
    Les excédents commerciaux font plus qu'agacer. Conjugués aux restrictions salariales et au manque d'investissements publiques, ils créent un déséquilibre dommageable pour ses partenaires proches et pour eux-mêmes. (*)
   Donc, évoquer une  adaptation du modèle allemand  est un non sens, d'autant plus que les histoires et les traditions sont différentes.
  Il y a des mythes qu'il faut dissiper.
       Le miracle Allemand a donc du plomb dans l'aile, ne serait-ce qu'au niveau des réformes sociales
    Angela promet le "plein emploi"  . Mais que sens cela a-t-il?
        Cela fait partie d'un jeu politique, qui est un leurre de moins en moins crédible.
   La France va-t-elle suivre le "modèle allemand" et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres?
               Autrement dit, risque-t-elle de se hartziser? La tentation est grande dans certains milieux.
    L'Allemagne de Merkel conjugue la force et la faiblesse, menant une politique à courte vue, qui n'arrange rien aux affaires de ses partenaires les plus proches.
   Il y aurait donc plus d'une raison de refuser le modèle allemand.
          Certains  Allemands sont parfois plus critiques que nous sur certains aspects de leur vie politique.
_____
(*) Par ex. dans l'"industrie" porcine.
_____«Sur l’Europe, Berlin ne répond pas»
__Ni germanomanie, ni germanophobie
__ L’enfer du miracle allemand
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vendredi 26 septembre 2014

Bons élèves européens

  Qui est premier de la classe?               
                                                Il arrive fréquemment que, par contraste avec la situation économique française jugée critique, certains déclinistes, revendiquant le titre d'éminents économistes, officiant sur les ondes ou ailleurs, nous indiquent doctement et régulièrement quels pays voisins méritent d'être pris comme exemples pour leurs efforts, leurs réformes et leurs performances.
______L'Espagne, qui, bien que revenant de loin, serait, nous dit-on, sur la voie du redressement.       
L’Allemagne tient le continent européen
   Mme Merkel aurait félicité récemment Mr Rajoy. Il faut dire que, peu avant, elle a fait de même avec la Grèce, dont on connaît l'état, mais qui aurait la vertu de savoir se vendre.
  Non, l'Espagne n'est pas sur la voie du redressement, même si certains secteurs, dopés par la baisse des salaires et un tourisme exceptionnel semblent reprendre vie. Le chômage y reste massif et toute une jeunesse bien formée s'exile toujours. Globalement, l'Espagne ne va pas mieux.
  Ne parlons pas du Portugal qui sombre, que le tourisme ne sortira pas de sa détresse.
_________ L'Italie, elle, rechute.   Sous la houlette de son nouveau et dynamique leader, elle ne va guère mieux.
"...Le vrai problème financier est lié à l’encours de la dette, accumulé à la suite d’une longue série de déficits. Il est frappant d’ailleurs de constater qu’au cours de la récente période d’austérité, le ratio de la dette sur PIB a augmenté. Il est aujourd’hui de plus de 130 % du PIB.
Si l’économie stagne et que les prix chutent, alors le PIB nominal va diminuer lui aussi et mécaniquement, cela va provoquer une très nette dégradation du ratio de dette/PIB même si le budget est en équilibre (c’est d’ailleurs exactement ce phénomène qui explique que l’endettement de la Grèce continue à augmenter alors que ce pays a bénéficié de plusieurs énormes plans d’aide).
L’Italie est très proche de la situation que les économistes appellent « le piège de la dette », c’est-à-dire lorsque le ratio de la dette augmente de façon exponentielle.
La seule issue possible est soit par l’inflation, soit par le défaut..."
_____La Suède, n'est plus ce qu'elle était. Souvent présentée comme un modèle par notre Président, elle est à bout de souffle, connaissant d'importants problèmes, suite à des privatisations menées tambour battant.
  Les inégalités y sont croissantes.
Elève impuissant
_____L'Allemagne (LA référence permanente!) ne va pas si bien que cela et se trouve dans une situation de profonde fragilité, soignant d'abord sa Chine.    J.Fisher l'a dit lui-même. Pas si vertueuse que cela...
  Un modèle que fait problème, commençant d'ailleurs à se remettre en question. A ne pas suivre, comme dit Christian Chavagneux et d'autres, du moins sur tout.
    En Allemagne un enfant sur 5, donc 20% des enfants, vit dans la pauvreté !
        Est-ce vraiment un modèle à suivre ?
La dite réussite économique allemande n’a-telle-pas été construite en faisant des « économies » dans l’éducation, l'investissement public, comme dans la réduction des prestation sociales ... Le modèle Hartz IV est loin de faire l’unanimité. Ce modèle Hartz IV reste un modèle répressif qui fait le bonheur du « MEDEF » allemand: faire travailler des gens pour 1 Euro / heure !
       L’Allemagne, serait-elle même l’homme malade de l’Europe? malgré sa suprématie économique de fait, nécessitant une sortie négociée du carcan de l'euro ("Aujourd’hui, l’Allemagne refuse toute inflexion dans le sens d’une politique européenne de l’investissement et de la relance de la demande globale dont elle devrait prendre une part substantielle à sa charge. Or, si nous suivions le chemin voulu par l’Allemagne, si nous l’accompagnions dans sa fuite en avant ordo-libérale, le seul résultat en serait l’entrée combinée en récession et en déflation de l’Europe, nonobstant les efforts tentés par Mario Draghi, le seul dirigeant européen à sembler avoir un minimum de lucidité dans les temps présents...)
     Comme le dit Bernard Maris  « ...Sortir de l’euro permettrait de retarder la conquête de notre marché du travail par la Chine.
Existe-t-il un autre modèle que le modèle Valls – Fillon – Juppé – Sarkozy ? Oui, il y en a un, et un seul. C’est le modèle macroéconomique fondé sur une sortie totale ou partielle de la zone euro. Autrement dit, et je pèse mes mots, si on ne sort pas partiellement ou totalement de la zone euro, la seule politique macroéconomique possible est celle de Valls-et-les-autres.
– Si l’on garde l’euro, le seul moyen de ne pas crever face à la politique menée par l’Allemagne est de mener une politique de contre-offensive en vendant nos produits faits par nos petites mains, travaillant plus dur et plus longtemps pour des salaires plus faibles. A cette seule condition, on peut espérer tenir sur le radeau. Combien de temps ? Un demi-siècle environ. Après, toute la technologie sera passée aux Indiens et aux Chinois, qui deviendront nos employeurs.
– Une sortie totale ou partielle de la zone euro permettrait à l’économie française de se redresser plus rapidement, avec un coût inférieur en termes de pouvoir d’achat et de souffrance sociale. On gagnerait 25 ans environ par rapport au plan Juppé-Valls. Une génération de gagnée. Une cohésion sociale plus forte, pour envisager l’avenir (les conditions de travail offertes par nos futurs employeurs, les Chinois et les Indiens ; les conditions de rivalité de nos anciens amis – les Espagnols, les Allemands, etc, à qui nous aurions damé le pion).
Je ne vais pas exposer à nouveau les conditions d’une sortie intelligente et raisonnée de l’euro, négociée avec nos partenaires de la zone.
On aura beau dire que, français ou étranger, un patron est d’abord un patron, et que son capital comme son âme, par définition, sont mondialistes ou apatrides ou internationaux, un gouvernement français dominé par des patrons étrangers serait totalement soumis, muselé, sans aucun pouvoir.
Un gouvernement français dominé par des patrons français aurait plus d’autonomie parce qu’il pourrait négocier ses prébendes, fiefs, affermages contre quelques avantages sociaux relevant du modèle dit « français ». Or, pour pouvoir négocier ces fiefs, affermages (ainsi les concessions des autoroutes honteusement refilées par Villepin), il faut au moins être propriétaire du bien public fondamental qu’est l’argent.
Donc il faut sortir partiellement ou totalement de l’euro. Pourquoi l’euro ? Pour l’Europe fédérale. Qui veut de l’Europe fédérale ? Hollande et Bayrou. C’est peu. L’Allemagne ne veut pas d’Europe fédérale, ni l’Espagne, ni l’Italie, ni personne. Peut-être la Belgique et le Luxembourg, mais certainement pas le Royaume-Uni, la Pologne ou l’Irlande. Ou l’Italie. Ciao l’euro, et vraiment pas de regret ! (Charlie Hebdo, mercredi 24 septembre 2014, page 6)
________________Arrêtons donc de chercher des modèles à l'extérieur. Il est urgent de repenser et de rebâtir une Europe qui ne soit pas celle qui rende possible de tels contre-modèles.
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jeudi 25 février 2016

Précarité montante

Précarité d'hier et d'aujourd'hui
             Au coeur de nos société industrielles dites "en crise" (financières et de surproduction surtout), mais où la répartition d'une richesse de plus en plus grande pose problème, s'incruste une tendance lourde liée à la rareté montante de l'emploi,sous le double effet de la délocalisation de pans entier de secteurs de production et d'une mécanisation-robotisation toujours plus poussée, pour abaisser les coûts de production, dans une concurrence devenue mondialisée, de guerre économique, de conquête de marchés, devenus l'alpha et l'omega des majors de la production de masse.
_____ Ce n'est plus le louage de la force de travail du début du 19° siècle, liée à la bonne volonté de l'employeur, au gré des circonstances.. Des luttes et des lois sociales sont passées par là. Même si aujourd'hui on cherche à les remettre du moins partiellement en question ou à les dénaturer. L'exemple le plus extrême est le "contrat zéro heure", développé aux Royaume-Uni, qui ne peut exister que dans le contexte d'un chômage de masse, que l'on veut ainsi masquer, malgré les excès et le mal vivre. Mieux vaut un emploi (très) mal payé que pas d'emploi du tout, comme on le proclame en Allemagne dans le cadre du système mis en place par les lois Schröder-Hartz.
__ Inévitablement, quand monte ces formes de précarité, plus nombreux dans les services, les salaires ont tendance à s'aligner sur les moins offrants. L'intérim existe depuis les années 70 et tend dans certains secteurs à se rapprocher des conditions notées plus haut.
________ Serions-nous condamnés à une précarité à vie?
A. Smith ne considérait pas ce processus comme inévitable. Mais il ne prévoyait pas l'évolution du capitalisme sous sa forme actuelle.
Sa réduction supposerait de profondes réformes économiques et financières.
_____ Le libéralisme nous conduit par essence à l'incertitude, comme le disait cyniquement Mme Parizot (La vie est faite d'incertitude, pourquoi le travail ne le serait-il pas?). Pierre Bourdieu constate que « La précarité affecte profondément celui ou celle qui la subit, en rendant tout l’avenir incertain, elle interdit toute anticipation rationnelle et, en particulier, ce minimum de croyance et d’espérance en l’avenir qu’il faut avoir pour se révolter, surtout collectivement, contre le présent, même le plus intolérable ».
_ Cette précarité n’est pas que le produit du mauvais fonctionnement du marché et de la répétition des crises du capitalisme. Il a été pensé comme une donnée inévitable dans le cadre du marché repensé par les ultra-libréraux de l'école de Chicago, dans l'héritage de Hayeck.
____ Si on se fie aux chiffres plus ou moins officiels et toujours mouvants, la précarité touche plus de 3 millions de travailleurs en France. Chez les jeunes elle concerne environ 50%. Dont 1 million de travailleurs pauvres.
En Allemagne, le nombre de travailleurs précaires-pauvres, c’est-à-dire gagnant moins des deux tiers du ­salaire horaire médian, a explosé : ils représentent désormais 22% du salariat, contre moins de 7% chez nous. Au total, près de 6,5 millions d’Allemands sont aujourd’hui payés moins de 8,50 euros l’heure, surtout dans la distribution et l’hôtellerie-restau­ration
En Espagne, la précarité explose. Aux USA, elle est devenue massive. .
                La précarité serait-elle en voie de devenir le régime normal?
____ On peut toujours aller plus loin: lois Hartz en Allemagne et contrat zéro heure en Grande-Bretagne...La menace permanente du déclassement et de l'extrême pauvreté entraine la résignation. Il n'y a pas d'alternative, leur répète-t-on...
___ La montée de l'incertitude au coeur de l'emploi, la précarité, devient un problème majeur au coeur de l'économie dérégulée, issue de l'application du néolibéralisme financier et de la concurrence mondiale sans frein.Le témoignage de l'expérience volontaire de Florence Aubenas (1) nous en donne un exemple limité mais vivant. .Il semble que la déstructuration de l'organisation du travail ne connaisse pas de limites, comme le montre l'étude suivante: L'auteur de cette recherche décrit un système.______ Etymologiquement,précaire vient du latin juridique precarius, désignant ce qui était "obtenu par la prière", supplique généralement adressée à celui dont on dépend, suzerain ou maître...La précarité implique un rapport social inégal, dans lequel le bénéficaire d'une faveur se soumet à celui à qui la lui accorde.
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____Certaines dispositions si contestées de notre projet de nouveau droit du travail "modernisé et allégé" macronisé, ne vont-elles pas dans cette direction régressive possible?

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mercredi 1 octobre 2014

L'Allemagne, encore

 Vers un échec?
                         L'Allemagne n'a pas fini d'être au centre de vifs débats, notamment dans l'eurozône, plus directement concernée.. 
   Sa puissance industrielle et exportatrice, son intransigeance financière fascinent et inquiètent à la fois. Pas seulement la France et ses voisins  qui souffrent de sa politique mercantiliste. et de son refus d'un minimum d'inflation, qui relancerait les exportations et allégerait la dette. Mais même des économistes d'Outre-Atlantique, comme Stiglitz et Krugman, notamment, s'inquiètent.
  Ce n'est pas, bien sûr, l'Allemagne elle-même qui fait problème, mais sa ligne actuelle de  politique économique néolibérale.
   ___________Ce qui est nouveau, c'est que des économistes d' Outre Rhin commence à  donnenr l'alerte publiquement sur les orientations de la politique économique de l'équipe Merkel.
  La fragilité de sa puissance économique n'est pas sans les inquiéter.
Certains parlent même de mirage économique.
   Manque d'investissements, natalité toujours en baisse, délabrement des infrastructures publiques, etc...: certains indicateurs ne sont pas bons, au point que la Chancelière commence à être attentive à certains signaux, qui compromettent l'avenir.
   L'Allemagne, dans sa politique à courte vue, ne sait plus très bien où elle va. D'autant que ses voisins en difficultés deviennent des clients problématiques.
        Si on se projette vers avenir assez court, l'Allemagne ne va pas si bien qu'elle le croit...
Fratzsher va même jusqu'à parler d'échec.
     Certains pronostiquent même un renversement probable de situation.
Cela fait un certain temps que des Allemands critiquent les choix économiques et monétaires de celle qui "tient l'Europe": Jochka Fisher et Helmut Smidt notamment.
_____________L'Allemagne ne va donc pas si bien que cela, contrairement à ce que prétendent les médias dominants français, qui en font un modèle mythique permanent.
 Un modèle que fait problème, commençant d'ailleurs à se remettre en question. A ne pas suivre, comme dit Christian Chavagneux et d'autres, du moins sur tout.
    En Allemagne un enfant sur 5, donc 20% des enfants, vit dans la pauvreté !
        La dite réussite économique allemande n’a-telle-pas été construite en faisant des « économies » dans l’éducation, l'investissement public, comme dans la réduction des prestation sociales? ... Le modèle Hartz IV est loin de faire l’unanimité. Ce modèle Hartz IV reste un modèle répressif qui fait le bonheur du « MEDEF » allemand: faire travailler des gens pour 1 Euro / heure !
       L’Allemagne, serait-elle même l’homme malade de l’Europe? malgré sa suprématie économique de fait, nécessitant une sortie négociée du carcan de l'euro tel qu'il est ("Aujourd’hui, l’Allemagne refuse toute inflexion dans le sens d’une politique européenne de l’investissement et de la relance de la demande globale dont elle devrait prendre une part substantielle à sa charge. Or, si nous suivions le chemin voulu par l’Allemagne, si nous l’accompagnions dans sa fuite en avant ordo-libérale, le seul résultat en serait l’entrée combinée en récession et en déflation de l’Europe, nonobstant les efforts tentés par Mario Draghi, le seul dirigeant européen à sembler avoir un minimum de lucidité dans les temps présents...)
      Bernard Maris, naguère fédéraliste va jusqu'à dire que   « ...Sortir de l’euro permettrait de retarder la conquête de notre marché du travail par la Chine...."
            Personne n'a intérêt à voir l'Allemagne régresser, mais tout le monde  gagnerait  à une inflexion rapide et sérieuse de se ligne rigide actuelle.
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lundi 24 avril 2017

Allemagne incertaine

  Sonderweg
                    Force et faiblesses d'un "modèle"
                                             Nos attitudes vis à vis d'une Allemagne qui a opéré il y a plus de dix ans un virage ordo-libéral radical sous l'impulsion de Schröder, poursuivi par la droite au pouvoir, sont le plus souvent équivoques. A la fois tantôt admiratives vis à vis de ses performances industrielles, ou tantôt inquiètes ou critiques par rapport au coût social interne et à ses choix vis à vis de ses partenaires européens.
Au delà des mythes
   lI y a un problème avec l'Allemagne, telle qu'elle fonctionne actuellement, sous la houlette du couple Merkel-Schlaüble.
    D'abord il y a une croyance un peu mythique qui tourne autour d'une l'Allemagne dite forte
  Cette force a une histoire, elle est relative et connaît des fragilités dont beaucoup d'Allemands avertis s'inquiètent. Son hégémonie pose problème ainsi que la question de ses excédents commerciaux, préoccupant et source de profonds déséquilibres.
    Le modèle allemand n'est pas ce qu'on croit
        Il y a bien des nuances à apporter. Les sous-investissements publics, la faiblesse de la consommation intérieure et des naissances, le nombre élevé de travailleurs pauvres posent des problèmes parfois préoccupants.
 ...Dans la capitale allemande, qui se veut « pauvre, mais sexy », un Berlinois sur cinq vit désormais des allocations de chômage Hartz IV. Face aux prix immobiliers qui explosent, les sans-logis se multiplient et la pauvreté visible s’accroît sensiblement dans les plus grandes villes allemandes. Plusieurs groupes sont particulièrement exposés au risque de pauvreté : les chômeurs, les familles monoparentales et nombreuses, les personnes âgées et les personnes issues d’un contexte migratoire. Les experts allemands s’inquiètent en particulier de la situation des enfants : on estime que 19% des enfants grandissent actuellement dans un contexte défavorisé, au sein de familles bénéficiaires de l’allocation Hartz IV, et que l’augmentation du nombre de parents célibataires expliquerait la précarisation des plus jeunes. Ce constat laisse perplexe : comment l’économie allemande, caractérisée par son insolente croissance, son taux de chômage proche du plein emploi et son budget quasi équilibré, peut-elle produire autant de laissés pour compte du système ? L’éthique protestante serait-elle donc soluble dans cet esprit du capitalisme délétère qui creuserait les inégalités ? Pis encore, il y aurait donc une fabrique spécifiquement teutonne de la pauvreté ?...
     De là à dire que notre voisin est un colosse aux pieds d'argile, il n'y a qu'un pas.
Diplomatiquement, l'Allemagne se retrouve forte mais souvent seule:
        L’Allemagne fait aujourd’hui face au risque de la solitude géopolitique à l’égard de ses alliés traditionnels. Elle réalise pourtant un notable aggiornamento diplomatique et militaire. Mais la relation privilégiée avec les Etats-Unis, le couple franco-allemand, son influence en Europe et les liens historiques avec la Turquie se dégradent inexorablement. Fondée sur le « Plus jamais ça ! » (Nie wieder) en rejet de l’impérialisme militaire, l’action extérieure de l’Allemagne s’est déployée en Afghanistan et au Sahel dans le cadre du « Jamais seule » (Nie allein) exigeant l’action en coalition. A la veille d’une série d’élections majeures, l’Allemagne saura-t-elle rompre la spirale qui la coupe de ses alliances historiques ?..
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- Point de vue
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