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mardi 19 janvier 2010

Israël: surdité

- GAZA: un an après...

Rien n'a changé.La situation empire dans l'indifférence générale et dans le silence des principaux medias israëliens. Quelques voix essaient de réveiller les esprits, en Israël.

-Des Juifs sont déchirés.
Après les maux de la guerre, opération pour rien , c'est la guerre des mots, celle de l'information ou de la désinformation
L'opinion israëlienne semble être dans le coma, captive .

-Seul, le Journal Haaretz garde ses distances( "Gaza, de jeunes conscrits parlent." ) ;
Le
pacifisme est en recul
L'avenir semble bien compromis, d'un côté comme de l'autre
. Israël joue contre son camp
Refus pathologique de la paix ?
______[Le maire chrétien de Bethléem dénonce la "surdité d'Israël"]
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« La mission conclut que le comportement des forces armées israéliennes constitue une grave violation de la quatrième Convention de Genève concernant les meurtres délibérés et la volonté de causer de grandes souffrances à des personnes protégées », souligne le rapport. « Elle a aussi découvert que viser directement et tuer arbitrairement des civils palestiniens est une violation du droit à la vie ».Le rapport critique « la politique délibérée et systématique des forces armées israéliennes de cibler des sites industriels et des installations d'eau », et l'usage de civils palestiniens comme boucliers humains.Concernant les objectifs et la stratégie de l'opération militaire israélienne, la mission a conclu que les stratèges militaires ont suivi délibérément une doctrine impliquant « l'usage d'une force disproportionnée et suscitant de gros dégâts et des destructions de biens et d'infrastructures civils, et des souffrances chez les populations civiles »(Rapport Goldstone -ONU)

"La menace est là. Et surtout la menace de faire taire tous ceux qui refusent la politique israélienne à l’endroit des Palestiniens telle qu’elle se déploie et ses retombées inacceptables pour les citoyens d’un pays peuplé d’hommes et de femmes dont les aïeux ont subi dans le passé les pires persécutions"(Esther Benbassa)>-Être juif après Gaza: recensions et interviews -

-"Mettre une pression internationale massive sur Israël, c’est le seul moyen de garantir que la prochaine génération d’Israéliens et de Palestiniens – mes deux fils parmi eux – ne grandissent pas dans un régime d’Apartheid." (N.Gordon)
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-Gideon Levy : "J'essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu'il ne veut pas entendre":
" Je suis un « bon garçon » typique de Tel Aviv, un produit banal du système éducatif israélien. Je ne viens pas d’une famille engagée et j’ai fait mon service militaire quand j’ai eu l’âge. J’ai même fait pire que ça : j’ai travaillé pour Shimon Perès pendant quatre ans... Pendant tout ce temps, on m’a dit que les Arabes étaient mauvais et cherchaient à nous détruire, qu’Israël était David et faisait face au Goliath Arabe. J’ai écouté Golda Meir quand elle disait qu’après la Shoah, les Israéliens pouvaient tout se permettre. J’aurais dû rester dans cet état d’esprit, normalement. Mais voilà, je suis allé dans les territoires palestiniens, j’y ai rencontré des gens, et j’ai évolué du tout au tout. Depuis 25 ans j’essaye de raconter au peuple israélien une histoire qu’il ne veut pas entendre.
L’homme qui parle ... et décrit ainsi son parcours s’appelle Gideon Levy. Israélien, il est journaliste à Haaretz, unique grand quotidien du pays à laisser s’exprimer des voix discordantes sur la question palestinienne. Le dernier sanctuaire d’une presse qui a abdiqué toute velléité de discours critique pour servir la soupe au gouvernement et à Tsahal. Il y tient une chronique hebdomadaire intitulée « Twilight Zone » (Zone d’ombre). Par ses papiers aussi limpides que glaçants, il tente de sortir la population israélienne de son apathie et de son indifférence au sort des territoires occupés. Avec sa confrère Amira Haas, il fait partie des rares Justes à ne pas baisser les bras devant l’horreur, à tenter de stopper cette machine de guerre qui toujours se relance. Tâche ingrate : « Ce supplice de Sisyphe que nous nous étions imposé pendant des années – couvrir l’occupation israélienne pour le lecteur israélien qui ne veut rien savoir, rien voir, rien entendre. », écrit-il...
___Chaque chronique tonne, hurle, s’indigne. Contre les médias à la botte du régime. Contre ces hommes politiques qui consolident leur popularité sur le sang des Gazaouis. Contre une société qui mène la belle vie alors qu’on tue en son nom. Et contre des guerres à répétition, surtout, des déluges de bombes contre des populations sans défense. Les catastrophes s’abattent sur Gaza (opération Pluie d’ÉtéPlomb Durci lancée en décembre 2008) et Gideon Levy fait le décompte macabre des dommages collatéraux, égrène les crimes de guerre. Ce soir, il revient d’une voix mesurée et calme, sans haine, sur son rôle de mauvaise conscience de tout un pays. À ses côtés, le documentariste Eyal Sivan (réalisateur notamment de Route 181, fragments d’un voyage en Israël Palestine), autre révolté israëlien anime le débat. Extraits entrecoupés de passages du livre....
____« L’occupation n’est pas terminée, loin de là. Elle est aujourd’hui plus brutale, perverse et inhumaine que jamais. » Et de continuer en rappelant les terribles événements enclenchés en décembre 2008, faisant environ 1 300 morts, dont un tiers d’enfants : « Des bombes au phosphore qui brûlent les chairs vives, des bombes à fragmentation qui dispersent des clous dans tous les sens, des avions avec ou sans pilote, qui lancent des missiles, des bombardements à tout va, des centaines d’innocents tués, dont la seule faute était d’être des Gazaouis.
en 2006, opération »___« [C’est] peut-être la seule guerre de toute l’histoire menée contre un territoire entièrement enfermé derrière des grillages. », écrit-il le 12 janvier 2009. Une autre journaliste israélienne, Amira Hass, résumait la situation il y a deux semaines, en affirmant : « Gaza est un camp de concentration dont nous sommes tous les gardiens. » Des gardiens qui dans leur grande majorité ont la conscience tranquille, convaincus de la justesse des agressions de Tsahal. C’est une guerre contre le terrorisme qui est menée, affirment-ils, donc une guerre juste. Dans « Qui a commencé » (9 juillet 2006), Gideon Levy écrivait : « Israël coupe l’électricité, impose un siège, bombarde, fait sauter, liquide et emprisonne des gens, tue et blesse des civils, dont des enfants et des bébés en nombre terrifiant, mais "ils ont commencé." »...
__À une personne de l’assistance l’accusant de « diaboliser Israël et de ne pas parler des pleurs de ses habitants », il répond ainsi : Il est très important de soulever cette question. Mais avant de critiquer qui que ce soit d’autre, il faut avoir les mains propres. Ce n’est pas le cas. Il n’y a aucune symétrie entre les deux cas, ce ne sont pas deux peuples qui luttent sur un pied d’égalité. D’un côté il y a l’occupant surpuissant, et de l’autre l’occupé, sans défense. L’occupant continue à faire ce que pas un pays au monde ne reconnaît comme légitime. Ne me demandez pas de comparer ces deux situations, d’avoir une position équilibrée...."

-Gideon Levy, éternel poil à gratter d'une société «en plein coma» : "...Quand je regarde en arrière, je suis encore plus fier de mon positionnement qu'il y a un an. Aujourd'hui, la situation apparaît plus claire, et davantage de gens pensent comme moi. Cette idée que parce que vous êtes seul à penser quelque chose, vous vous trompez forcément, est une idée que l'histoire a démentie tant de fois. Je ne peux donc qu'être fier de ce que le premier jour de cette guerre, que je n'appelle pas guerre d'ailleurs, mais bien une attaque brutale contre une population sans défense, ce premier jour j'ai vu ce que Richard Goldstone a vu un an plus tard.)Aujourd'hui, alors que la frontière se «réchauffe», c'est très clair : cette attaque n'a servi à rien. Le Hamas est toujours aussi fort, Gilad Shalit est toujours otage... aucun des objectifs affichés pour justifier cette attaque n'a été atteint..."

-Propagande et désinformation à l'israélienne:
"Je signalais, dans un précédent envoi, cet article de Serge Dumont dans le quotidien suisse Le Temps (8 janvier) : « Israël muscle sa riposte sur le Net ». On y lisait notamment : « Peu après la fin de l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a rapidement pris conscience de l’ampleur de la vague de protestations soulevée par la destruction massive des infrastructures civiles palestiniennes. Elle a alors autorisé son département à recruter des jeunes fans d’informatique pratiquant parfaitement une ou plusieurs langues étrangères afin de répondre aux critiques qui fusaient dans les blogs ainsi que dans le courrier électronique des grands journaux européens et américains. »

Au-delà, c’est toute une entreprise de propagande qui se met en place à partir d’Israël. Et elle se traduit par un manuel diffusé par The Israel Project, une officine de désinformation très professionnelle, et dont l’exergue est : « Pour la liberté, la sécurité et la paix » – celle des Israéliens, bien sûr, et d’eux seuls. Ce manuel s’intitule The Israel Project’s 2009. Global Language Dictionary (PDF) et est destiné à la propagande aux Etats-Unis, mais ses « règles » s’appliquent sans doute ailleurs.

C’est un document d’une centaine de pages, divisé en dix-huit chapitres. Curieusement, il porte la mention « interdit à la distribution et à la publication ». Il semble que ce texte n’était donc pas destiné à être diffusé largement.


-Selon l'Onu, Israël a bel et bien commis des crimes de guerre à Gaza | Mediapart
>Gaza : L'ONU a des preuves de crimes de guerre commis par les deux côtés
>Nous sommes la Cruauté, nous sommes le Pouvoir - Gideon Levy
- Israel/Palestine-

mardi 10 février 2009

Israël :à droite, toute...



Une société qui va mal,qui a peur de la paix, qui ne veut pas se regarder dans le miroir

Etant donnés le système électoral , la composition de la Knesset et les conflits internes, le pays risque de devenir ingouvernable, ce qui pourrait avantager un peu plus la prédominance des faucons, favorisés par une opinion publique préparée aux positions les plus dures

"Une majorité d'Israéliens aujourd'hui ne croient plus à la paix. Ils récoltent les fruits de la deuxième intifada, et ceux de l'opération militaire du mois dernier qui n'a évidemment pas aidé à résoudre le problème des relations avec les Palestiniens. Mais il faut mettre la question de la paix en perspective avec le rôle que l'armée joue au sein de la société israélienne, c'est-à-dire un rôle de lavage de cerveau. Actuellement, les recrues hommes font trois ans de service militaire, et les femmes deux ans. L'occupation des Territoires palestiniens, la colonisation et les opérations militaires ponctuelles ont créé un climat de violence dont les effets se font de plus en plus sentir sur la situation interne en Israël. On voit par exemple émerger une extrême-droite, qui n'est pas celle des ultra-orthodoxes, mais celle du parti Israël Beitenou de Lieberman. C'est un signe extrêmement inquiétant pour la société israélienne."(P.Bocco)
>La percée politique de l'ultra-nationaliste Lieberman inquiète en Israël < -Israël: Avigdor Lieberman, l'ultra- nationaliste qui bouleverse la donne :
"Liebermania... Les titres des trois grands journaux israéliens de ce week-end pré-électoral se concentrent sur celui qui pourrait être le grand gagnant des élections. Mardi, les Israéliens iront voter pour l'un des trente-trois partis en lice. Le parti qui aura le plus grand nombre de voix sera désigné pour essayer de former un gouvernement. Que ce soit Kadima et Tzipi Livni ou le Likoud de Netanyahou, placés par les sondages au coude à coude pour la première place, Lieberman pourrait décider qui deviendra premier ministre. Car il sera impossible de former un gouvernement sans Israel Beitenou («Israël notre maison»), le parti de ce Moldave russophone venu en Israël dans les années 1970. Son slogan de campagne ? «Pas de loyauté à Israël, pas de citoyenneté»... Et aussi : «Lieberman est le seul qui sait parler arabe.» L'homme s'en prend régulièrement aux parlementaires arabes qu'il voit comme « plus dangereux que le Hamas » parce que « la vraie terreur est celle de l'intérieur », et a promis : «Je m'occuperai de tous ces terroristesDepuis quelques années, la police enquête sur une affaire de blanchiment d'argent et d'escroquerie dans laquelle seraient impliqués Lieberman et ses proches. Lieberman dénonce cette enquête comme une persécution politique et raciste. La semaine dernière, une enquête du quotidien Haaretz dévoilait sa participation au parti de Meir Kahana, KACH, à la fin des années 1970. Ce parti extrémiste a fini par être interdit pour son racisme violent....
Au parti travailliste, certains parlementaires, comme Shelly Yehimovich, refusent l'idée d'une coalition : « Le phénomène Lieberman est obscur et dangereux, il s'agit d'une personne qui joue sur les plus violents désirs de l'opinion israélienne, ses slogans sont un danger pour notre démocratie, c'est la ligne rouge qu'il nous est interdit de franchir...
Simah Kadmon: « Dans une semaine, on se demandera où l'on était quand le parti de Lieberman est devenu le troisième parti en Israël (...) Le poids croissant d'Israel Beitenou trouble le système politique, comme en Europe. Là-bas, la source de l'attrait de ces partis est la haine envers les immigrants, ici c'est la haine envers les Arabes. Le public sait que Lieberman ne résoudra pas notre ancienne peur des Arabes israéliens, mais il cherche quelqu'un qui les menacera, qui leur fera peur. »
-Courrier international, ISRAËL -Juifs de Russie • Ivres de guerre et de haine

-Elections en Israël: un fossé de plus entre citoyens juifs et arabes | Mediapart:
"...Qui sont les Arabes d'Israël ? Pour la plupart, des descendants des quelque 160.000 Palestiniens restés dans les frontières de l'État juif au moment de sa création en 1948. En 2005, ils constituaient une communauté de 1.340.000 individus selon les estimations du Central Bureau of Statistics du gouvernement israélien.À l'origine de l'exclusion des deux partis arabes, le parti d'extrême droite Israël Beiteinu et son leader, Avigdor Lieberman, qui préside la commission électorale. Son programme ? Transférer les citoyens arabes hors d'Israël, le rêve de toujours d'une partie de la droite ultra-nationaliste qui considère qu'en 1948, l'armée israélienne n'a pas «fini le travail».Enterrée au cœur des années 1990, l'idéologie du transfert de ces citoyens arabes a reverdi ces dernières semaines avec une ténacité qui surprend les observateurs. Avigdor Lieberman est désormais le troisième homme (avec la possibilité d'emporter 17 sièges dans la future Knesset, il dépasserait Ehoud Barak et son parti travailliste, crédité de 14 députés) d'une campagne dominée par la montée en puissance des partis de l'extrême droite. On ne s'offusque d'ailleurs plus, ou à peine, de ce que ses représentants les plus contestables soient choisis pour venir observer le scrutin dans les villes arabes israéliennes...."

-En Israël, la fin de la gauche? | Mediapart:
"...«Le parti travailliste est en train de couler corps et biens, et Barak n'est pas le moins responsable de cette longue agonie, poursuit Elie Barnavi. La perte d'âme et de substance du parti travailliste date certes d'avant son arrivée. Mais Barak a accéléré le processus après l'échec des négociations de Camp David. Ce fut une catastrophe. L'homme qui est censé se tenir à la tête du camp de la paix et offrir une alternative au Likoud et à Kadima a, au final, contourné Olmert sur sa droite.»....
Daniel Ben-Simon l'avoue franchement: «Le parti travailliste a fait toutes les gaffes possibles. Depuis 1977, lorsqu'il est "tombé", et pendant la montée du Likoud, le parti n'a pas su se réorganiser et, surtout, bâtir une nouvelle identité. Au lieu d'accepter d'aller à l'opposition et de rentrer dans une période de réflexion, ce parti a joint presque toutes les coalitions possibles, et surtout les coalitions de droite. Il a participé à toutes les bourdes possibles, dans les domaines économique, militaire, et même à la deuxième guerre du Liban, pour laquelle le parti travailliste s'est prononcé favorablement. Le parti a aussi grandement contribué au passage de la social-démocratie à cette espèce d'hyper-capitalisme israélien que nous avons aujourd'hui. Après toutes ces gaffes, les gens se sont dit : si on veut un parti de gauche, on préfère aller directement au Meretz. Si on veut un parti de droite, on préfère aller au Likoud. Et le parti travailliste a commencé à perdre ses chefs un par un, ses électeurs et son idéologie. La base de la crise du parti aujourd'hui, c'est qu'il n'a pas su se pencher sur lui-même pour se renouveler, et trouver le temps de présenter un nouveau visage aux électeurs israéliens.»...

-Guerre de Gaza : l’ultime victoire d’Ariel Sharon | Mediapart:

Ariel Sharon est toujours vivant. Depuis trois ans, il est hospitalisé à Tel-Aviv, plongé dans un coma jugé irréversible. Mais l'ancien premier ministre, celui qui a participé ou a conduit toutes les guerres depuis la création de l'Etat hébreu en 1948, pèse encore de tout son poids sur la politique israélienne. La guerre de Gaza peut apparaître comme son ultime victoire, l'une des dernières pages de son testament. Car cette offensive israélienne est la suite logique de l'équation politique que «Arik», comme le surnomment ses proches, a méthodiquement construite depuis 2000.

Alors qu'entre en vigueur un cessez-le-feu à Gaza, un premier bilan peut être dressé. Il recoupe largement tous les objectifs visés par Ariel Sharon lorsqu'il a été premier ministre de mars 2001 à janvier 2006.1.- L'Autorité palestinienne et le Fatah sont les principaux perdants de cette guerre.2.- Défait militairement, le Hamas sort renforcé politiquement de ce conflit.3.- Ce poids redoublé du Hamas rend plus improbable encore la tenue d'élections palestiniennes alors que le mandat présidentiel de Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne, a expiré le 9 janvier. Les instances officielles palestiniennes, reconnues par la communauté internationale, voient ainsi leur légitimité démocratique un peu plus entamée encore.4.- Le processus de paix est sinistré: comment une reprise des négociations pourrait-elle durablement ignorer celui qui est devenu l'un des principaux acteurs, le Hamas ?5.- Après l'échec de la guerre du Liban à l'été 2006, Israël a réussi la démonstration de la supériorité retrouvée de son armée, Tsahal. 6.- La question des frontières de l'Etat hébreu est à nouveau posée. A tous ceux qui pensaient que le retrait israélien de la bande Gaza, en 2005, était définitif, le pouvoir israélien fait savoir que rien n'est acquis et qu'il a pleine capacité à réoccuper ce territoire. 7.- Mettre les Etats-Unis devant le fait accompli en ayant profité de la «période de transition» à Washington pour bousculer la donne...."

-Obama, Israël et la Palestine: où se joue la paix du monde | Mediapart:
"...Une ombre gâche la fête, et elle se nomme Gaza. Après trois semaines d'une guerre israélienne écrasante contre le minuscule territoire palestinien, guerre dont les populations et les infrastructures civiles payent le prix le plus lourd dans une infinie disproportion des forces – 1.300 morts palestiniens, 13 victimes israéliennes –, comment éviter ce sentiment d'irréalité qui nous a saisi le jour de l'intronisation du quarante-quatrième président des Etats-Unis ? Sur notre grand livre d'images médiatiques, une Amérique toute à sa joie, rassemblée et réunifiée, apaisée et enthousiaste, remplaçait soudainement le spectacle de la désolation palestinienne, immeubles éventrés, cadavres d'enfants, foules désespérées. Comme si l'immense espérance du 20 janvier, cette arrivée à la Maison Blanche du président le plus improbable de l'histoire américaine, pouvait, d'un coup de baguette magique, faire oublier l'angoissante inquiétude qui l'a précédée, cette alarme sur la course à l'abîme d'Israël qui, sous l'apparence immédiate d'une force victorieuse, met en péril son existence durable, court à la perte de ses valeurs morales et entraîne le monde dans une guerre sans fin. On se permettra donc de jouer les trouble-fête, et de rappeler à Barack Obama qu'en Palestine se joue la paix du monde et qu'en cette matière comme en cette région, les Etats-Unis ont une responsabilité géopolitique éminente qui, seule, peut faire la décision – jusqu'alors pour le pire, hélas, plus souvent que pour le meilleur. Car seul un journalisme zappeur, chroniqueur oublieux d'une succession d'événements isolés, sans histoire ni genèse, sans liens d'intelligibilité ni contextes de pertinence, pourrait se permettre de ne pas évoquer en résonance ces deux événements, déjà imbriqués par la chronologie même de la guerre de Gaza, cessez-le-feu opportun compris : la guerre désastreuse d'Israël, la marche triomphale d'Obama.Pour deux raisons objectives : l'alliance historique qui lie l'Etat d'Israël aux Etats-Unis d'Amérique ; la dynamique décisive qui a porté Barack Obama à la présidence. La première a constamment été assumée et revendiquée par Obama lui-même. Dans son récent livre programmatique issu de sa campagne électorale, que vient de publier en français Odile Jacob (Change We Can Believe In, 2008), Israël est placé juste après l'Otan dans l'énumération de ces alliés avec lesquels l'Amérique devra «raffermir ses relations». L'engagement pris est d'un classicisme sans failles ni nuances: «Soutenir notre allié Israël. Barack Obama manifestera, à la Maison Blanche, un engagement intransigeant en faveur de la sécurité d'Israël. Il renforcera et approfondira les relations sur les questions de défense entre nos deux pays, isolera les groupes terroristes comme le Hamas, identifiera les sources de leur financement, réaffirmera le droit d'Israël à se défendre contre toutes les menaces et rappellera le droit inconditionnel à la sécurité d'Israël. Afin d'instaurer une paix durable, Barack Obama mettra tout son poids dans la recherche d'une solution permettant la cohabitation de deux Etats : Israël, vivant en paix dans des frontières sûres, et un Etat palestinien viable.»Dans ce chapitre intitulé «Reconstruire le leadership de l'Amérique» et sous-titré «Rétablir notre position dans le monde», c'est la seule mention de la question palestinienne, ainsi devenue simple codicille à la sécurité d'Israël. Que de silences et d'impasses ! L'existence d'un mouvement national palestinien, au même titre que le mouvement national juif – le sionisme avec ses diverses variantes, y compris d'extrême droite, tout comme la politique palestinienne a les siennes, du Fatah au Hamas ; la légitime revendication, portée depuis près d'un siècle par ce mouvement national, d'obtenir cette normalité qui fait les communautés de citoyens – un peuple, une nation, un Etat ; l'injustice flagrante et toujours béante de l'occupation des territoires palestiniens par Israël depuis 1967, tout comme les nombreuses résolutions de l'Onu restées lettre morte au bénéfice d'Israël : rien de tout cela n'est évoqué, ne serait-ce que de façon subliminale, par cet engagement écrit d'Obama..."
-Obama parle d'Israel et de Palestine par CHOMSKY Noam:
"Obama ne dit pas un mot sur l’extension du peuplement et des constructions en Cisjordanie, ni sur les mesures alambiquées pour contrôler la vie des Palestiniens, dans le dessein de détruire les perspectives d’une solution pacifique à deux états. Son silence est la sinistre réfutation de ses fioritures oratoires sur la façon dont “je ferais tous les efforts pour obtenir deux états vivant côte à côte dans la paix et la sécurité“.

-Elections israéliennes: l'analyse d'un spécialiste:
"... la paix ne serait pas sans dangers, car la société israélienne devra se regarder dans le miroir. Par rapport aux violences à l'égard des Palestiniens, la question « qu'avons-nous fait ? » deviendra inévitable. Sur le plan interne, ce serait l'ouverture d'une boîte de Pandore en terme de classes sociales et de 'sous-groupes' nationaux. Personne n'ose aborder certaines questions. Comme le rôle des communautés ashkénazes, qui ont gardé le contrôle de l'économie et du pouvoir, au détriment des séfarades, des Ethiopiens, par exemple. Ensuite, il y a plusieurs problèmes avec les communautés originaires de Russie. En favorisant l'immigration des Juifs de Russie dans les années 1980-90, Israël a également « importé » des réseaux mafieux. Pendant l'été 2008, il y a eu des affrontements qui n'avaient rien à envier à la mafia sicilienne ou calabraise. La contrebande d'armes, de drogue ou de voitures volées, de même que la prostitution, sont devenus des phénomènes inquiétants en Israël. ..."
--Recherche Google : elections israeliennes
-Israël : à droite toute
-Election en Israël : Rien de nouveau sous le soleil | AgoraVox
-Europe2020 : scénarios sur l'avenir d'Israël
- Israël, une société à la dérive
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- Etre arabe en Israël
- ISRAEL: opinion captive ?
- Vu de Tel-Aviv
- Israël : crises
- ISRAEL-Gaza: et après ?

mercredi 11 décembre 2024

Finir le "job"?

Nettoyage en cours

         Il n'est toujours pas question pour l'armée israëlienne de s'arrêter à Gaza. Le projet est même d'y rester "pour longtemps". "Pour l'éternité" disent les sionistes les plus radicaux. Malgré les protestations externes et aussi internes. Toute parole critique est diabolisée. Même celle d'un membre éminent du Likoud, le parti au pouvoir, comme Moshe Ya’alon, qui a déclaré notamment que: «..Israël n’est plus défini comme une démocratie et le système judiciaire n’est plus indépendant. Nous sommes en train de passer d’un Etat juif, libéral et démocratique dans l’esprit de la Déclaration d’indépendance à une dictature messianique, raciste, corrompue et lépreuse. Prouvez-moi que j’ai tort...»  "Une descente aux enfers", dit C.Enderlin... ( A revoir ici)_ Quels espoirs dans ce chaos organisé?


                      " ...Le 6 janvier,  la chaîne israélienne Channel 12 a organisé une conversation avec Moshe «Bogie» Ya’alon [membre du Likoud de 2009 à 2016, puis du regroupement Bleu et blanc de Benny Gantz en 2019-20], ancien chef d’état-major de l’armée israélienne [1999-2002] qui a ensuite occupé le poste de ministre de la Défense [2013-2017]. Au cours d’un échange intéressant, Moshe Ya’alon a insisté pour définir les actions d’Israël à Gaza comme relevant d’un «nettoyage ethnique». Il a soutenu que les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye étaient entièrement justifiés et a déclaré qu’il aurait lui-même émis de tels mandats «depuis longtemps» contre le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et peut-être même le Premier ministre Benyamin Netanyahou.                                                                                              Pour Yaron Abraham, l’interviewer de Channel 12, c’était tout à fait inattendu. Il semblait prendre pour lui le fait que Ya’alon n’était pas disposé à répéter le mantra israélien traditionnel selon lequel «Tsahal est l’armée la plus morale du monde».   Il ne fait aucun doute que de telles déclarations ont un poids particulier – venant de quelqu’un qui continue à s’identifier à la droite, qui a autrefois qualifié de «traîtres» les membres de l’ONG de gauche Breaking the Silence et qui, lorsqu’il était à la tête de la direction du renseignement militaire israélien (1995-1998), a soutenu la thèse selon laquelle le président de l’OLP, Yasser Arafat, était responsable de l’Intifada. Pour ne pas être d’accord avec Moshe Ya’alon sur le fait qu’Israël procède à un nettoyage ethnique dans la bande de Gaza – un acte qui constitue clairement un crime de guerre – il faut un mélange unique de sans-gêne et d’audace.                                                               A première vue, on pourrait penser que Ya’alon s’élève contre le nettoyage ethnique parce qu’il le considère comme une injustice morale. Cependant, le véritable motif de ses déclarations commence à apparaître vers la fin de l’entretien.  Il a déclaré: «Israël n’est plus défini comme une démocratie et le système judiciaire n’est plus indépendant. Nous sommes en train de passer d’un Etat juif, libéral et démocratique dans l’esprit de la Déclaration d’indépendance à une dictature messianique, raciste, corrompue et lépreuse. Prouvez-moi que j’ai tort.» En d’autres termes, Moshe Ya’alon ne se préoccupe pas des Palestiniens chassés en masse de leurs maisons par l’armée israélienne, mais de l’avenir d’Israël en tant qu’Etat «juif et démocratique».   Ces déclarations sont particulièrement intéressantes parce que Ya’alon a été l’une des figures les plus en vue du mouvement de protestation contre le coup d’Etat judiciaire de Netanyahou, au cours duquel le «bloc anti-occupation» [anti-colonisation] a largement échoué à convaincre les dirigeants du mouvement qu’il ne peut y avoir de véritable démocratie tant que l’occupation persiste. Ya’alon est-il en train de dire qu’en l’absence de démocratie, il y aura un nettoyage ethnique? A-t-il conclu qu’il existe un lien direct entre la réforme judiciaire, le démantèlement des institutions démocratiques de l’Etat «juif et démocratique» qui lui est cher, et le nettoyage ethnique ainsi que les crimes de guerre qu’Israël commet à Gaza?                                    Ce qui renforce ce lien, c’est le fait que le nettoyage ethnique à Gaza est mené au moment même où le gouvernement d’extrême droite intensifie sa croisade contre les libertés civiles et les institutions de l’Etat. Fin novembre, la Knesset a présenté un projet de loi qui faciliterait considérablement la disqualification des candidats et des listes électorales pour cause de «soutien au terrorisme». Ce projet de loi vise clairement à éliminer les partis palestiniens de la Knesset [les Palestiniens forment quelque 20% de la population de l’Etat hébreu défini comme «Etat juif» en 2018], ce qui rendrait les élections elles-mêmes inutiles et éliminerait virtuellement la possibilité d’une défaite de la droite.   Les médias sont également attaqués: le gouvernement Netanyahou propose une législation visant à fermer la Public Broadcasting Corporation, tout en boycottant le journal Haaretz [voir à ce sujet l’article publié sur alencontre.org le 25 novembre 2024] pour «de nombreux articles qui ont porté atteinte à la légitimité d’Israël dans le monde et à son droit à l’autodéfense», comme l’a déclaré le ministre de la Communication Shlomo Karhi [Likoud].                                                                                               Mais une autre cible centrale de cette attaque est, ironiquement, le système même dont Ya’alon est issu: l’establishment de la défense. Dans une vidéo de neuf minutes réalisée à la suite de l’inculpation d’Eli Feldstein –collaborateur et porte-parole de Netanyahou soupçonné [après une enquête initiée septembre 2024 par le Shin Bet] d’avoir divulgué [au quotidien Bild et à Jewish Chronicle] des documents militaires classifiés pour influencer l’opinion publique israélienne [sur une impossibilité de tout accord avec le Hamas sur les otages] –, le Premier ministre a décrit l’armée, le Shin Bet [sécurité intérieure], la police et, dans une moindre mesure, le Mossad [renseignement extérieur], comme un autre «front» qu’il est contraint de combattre.         Sur Channel 14, le principal organe de propagande de Netanyahou, les différentes agences de sécurité sont non seulement désignées comme les seules responsables des échecs du 7 octobre, mais elles sont également dépeintes comme sapant systématiquement la poursuite de la «victoire totale» dans la bande de Gaza. Cette attaque va au-delà de la rhétorique: des mesures telles que la «loi Feldstein» [présentée par deux membres du Likoud], qui accorderait l’immunité à ceux qui transmettent des documents classifiés de l’armée au premier ministre, et le projet de loi visant à transférer le contrôle du renseignement de l’armée au bureau du premier ministre – qui ont tous deux été adoptés en première lecture à la Knesset – visent à mettre en place un appareil de renseignement personnel pour le premier ministre, qui contourne l’armée et le Shin Bet.  Le démantèlement de l’establishment de la défense devient une réalité tangible.        Comme dans tout régime populiste, ces actions sont justifiées comme des mesures nécessaires pour mener à bien le mandat prétendument confié à Benyamin Netanyahou et à son gouvernement par «le peuple», tandis que les opposants à Netanyahou – dans l’armée, le Shin Bet, le ministère public ou les médias – sont décrits comme une élite cherchant à préserver son pouvoir de manière antidémocratique, contre la volonté du peuple. De manière absurde, la minorité palestinienne est présentée comme étant du côté des élites, qui sont supposées se préoccuper des droits des Palestiniens au détriment des droits du «peuple juif». Il est intéressant de noter que les remarques de Moshe Ya’alon sur la guerre à Gaza correspondent de plus en plus au sentiment de l’opinion publique en Israël, où les sondages indiquent que le gouvernement ne représenterait plus qu’une petite minorité. Un sondage de Channel 12 publié le week-end dernier[29 novembre] a révélé que 71% des sondés est favorable à un accord sur les otages et à la fin de la guerre à Gaza, tandis que 15% seulement sont favorables à sa poursuite.  La décision d’envoyer des soldats dans une guerre où ils risquent de perdre la vie, en particulier lorsqu’ils servent dans une armée de conscription, est au cœur du «contrat social» entre un gouvernement et ses citoyens: le gouvernement est censé assurer le bien-être des citoyens, protéger leurs droits et les défendre, et, en retour, on attend d’eux qu’ils risquent volontairement leur vie pour l’Etat. Un gouvernement démocratique est donc censé obtenir un large consensus avant d’entrer en guerre.    Après le 7 octobre, un accord massif s’est dégagé en faveur de la guerre à Gaza. De même, l’action militaire au Liban n’a rencontré que peu de résistance de la part de l’opinion publique israélienne. Mais aujourd’hui, quatorze mois après le début de la guerre, alors qu’un cessez-le-feu a été conclu dans le nord [au Liban] que les otages meurent les uns après les autres et que les soldats continuent de perdre la vie bien que le Hamas soit censé avoir été virtuellement «éliminé», les sondages indiquent que la plupart des Israéliens pensent que la guerre à Gaza se poursuit uniquement dans l’intérêt de Netanyahou et de son gouvernement.                                                          Le programme manifeste de la droite messianique est centré sur le renouvellement des colonies [voir l’article publié sur alencontre.org le 25 octobre 2024] comme objectif ultime de la guerre. Cela ne fait que creuser le fossé, car il y a une grande différence entre mourir dans une guerre contre le Hamas, qui a perpétré le massacre du 7 octobre, et mourir dans une guerre visant à rétablir le bloc de colonies du Gush Katif [au sud de la bande de Gaza], qui a été démantelé lors du «désengagement» de 2005. Le fait que des personnes comme le ministre de la Construction et du Logement Yitzhak Goldknopf [depuis décembre 2022] – un dirigeant ultra-orthodoxe [Agoudat Israel] qui n’envoie pas ses enfants combattre dans les guerres d’Israël – brandissent des cartes de colonies aux côtés de Daniella Weiss, une activiste d’extrême droite, ne fait qu’exacerber l’illégitimité croissante de la guerre aux yeux d’une grande partie de l’opinion publique.    Ce «déficit démocratique» croissant entre le gouvernement et la population peut expliquer l’attaque renouvelée du premier ministre contre la démocratie et les institutions de l’Etat. C’est comme si le gouvernement Netanyahou avait soudainement réalisé qu’il était difficile de mener une guerre impopulaire dans une société où l’armée repose sur l’enrôlement obligatoire et le service de réserve, et qu’il avait donc décidé de démanteler ce qui restait de la démocratie.  Après tout, pourquoi ne pas vider les élections de leur sens en excluant la minorité palestinienne de l’arène politique? Pourquoi ne pas écraser les médias et cultiver une propagande loyale comme Channel 14 afin d’éliminer toute critique publique de la guerre? Comme tout régime autoritaire, le gouvernement Netanyahou comprend le besoin crucial d’un contrôle sur la diffusion de l’information.   Les mesures visant à accorder à Netanyahou et à son gouvernement un contrôle direct sur l’appareil militaire et de sécurité s’inscrivent dans la même dynamique. Le chef du Shin Bet, Ronen Bar, fait l’objet d’un examen minutieux(Yediot Aharonot, 5 novembre 2024) tout comme les hauts responsables de l’armée. Le gouvernement semble croire qu’en contrôlant directement les mécanismes de la force [police, renseignement, armée, justice], il peut poursuivre la guerre à Gaza et procéder au nettoyage ethnique et à la réinstallation de colonies, même avec le soutien de seulement 30% de l’opinion publique.                   Consciemment ou inconsciemment, Moshe Ya’alon s’est fermement opposé à cette démarche: le démantèlement de la démocratie pour permettre à Smotrich et Ben Gvir de réaliser ce qu’ils appellent «l’amincissement» de la population palestinienne à Gaza. Et l’on peut croire Ben Gvir (Yediot Aharonot, 1er décembre 2024) lorsqu’il affirme que Netanyahou, qui s’est peut-être montré plus prudent à l’égard de ces crimes de guerre manifestes dans le passé, fait désormais preuve d’une certaine ouverture à l’idée d’encourager les Palestiniens à «émigrer volontairement».   Il n’est pas utile de présenter Ya’alon comme l’évangile de la démocratie et de la moralité ou comme le défenseur des droits des Palestiniens! En fait, nous pouvons comprendre ses récentes déclarations dans le contexte de son leadership militaire. Comme l’a fait valoir le sociologue israélien Lev Grinberg, l’armée dépend d’une division claire entre la «démocratie israélienne» à l’intérieur de la ligne verte  et l’occupation au-delà. L’assaut de Netanyahou contre les institutions démocratiques brouille cette frontière et, ce faisant, sape la légitimité de l’armée à poursuivre sa répression «manifestement antidémocratique» des Palestiniens.    Une réoccupation militaire complète de Gaza, un nettoyage ethnique des Palestiniens et le rétablissement des colonies effacent complètement cette frontière, et c’est la raison pour laquelle Moshe Ya’alon s’oppose à ces mesures. Il n’aborde pas le lien direct entre le nettoyage ethnique de 1948 [Nakba] et celui de 2024. Il est peu probable qu’il le fasse dans un avenir proche. Toutefois, le fait qu’un ancien ministre de la Défense et chef d’état-major devienne un opposant virulent non seulement à la révolution antidémocratique de Netanyahou, mais aussi au nettoyage ethnique de l’armée à Gaza, constitue une évolution remarquable. (Article publié sur le site du magazine +972 le 5 décembre 2024; traduction rédaction A l’Encontre)    __________________

lundi 4 mai 2026

Israel : la grande dérive

Insoutenable! 

                     Effrayant! Comment est-ce devenu possible? Les propos de haine se sont réveillés dans certains milieux de l'extrêmisme israëlien. Pas seulement les propos. Ce que dénonce un journal israëlien comme Haaretz. Un tel degré de barbarie est effrayant et inquiète pour l'avenir, ouvrant la voie vers le pire. A la suite de ces assertions déjà entendues: les Palestiniens réduits au rang d'animaux. L'exemple est venu de haut. Un grand tabou est tombé au coeur du désarroi.  Un haine sans frein, qui sert bien les colons exrêmistes. Un discours génocidaireBen Gvir a fait des émules. Où s'arrêtera cette violence non explicitement condamnée, qui fait le jeu des ambitions expansionnistes de Netanyahou?  C'est plus qu'une dérive démocratique. C'est une terrible radicalisation, qui semble maintenant tourner en roue libre, contre des critiques que l'on entend plus guère, que l'on fait taire.                                                      __  La situation est effrayante. Sur Channel 14, la parole se libère. La radicalisation atteint des sommets. Un virage inquiétant. Que va-t-il rester bientôt de la "démocratie" israëlienne? Jusqu'où iront-ils?                                             ____ Selon Wikipedia, en                                                                                        2019, Haaretz publie une enquête sur i24News dévoilant que la chaîne a effectué des changements éditoriaux afin d'éviter l'expression sur son antenne de critiques dirigées contre Benyamin Netanyahou, qu'elle a empêché l'invitation de personnalités critiques à l'égard de Netanyahou et a annulé la diffusion de programmes jugés trop à gauche. Selon Haaretz, cette ligne pro-Netanyahou est liée aux objectifs de la chaîne visant à obtenir une licence pour diffuser en hébreu en Israël,.En 2021, la chaîne reprend une fausse information, diffusée également par plusieurs blogs d'extrême droite, montrant une photographie de Grégory Villemin et le présentant comme une victime d'un bombardement israélien ; la diffusion de cette fausse information est analysée dans le HuffPost. La chaîne publie ensuite un tweet rectificatif .En 2022, Télérama souligne l'euphémisation de la colonisation israélienne sur la chaîne i24News qui appelle les colonies « implantations », et la Cisjordanie (territoire palestinien occupé) « Judée et Samarie ». Télérama rappelle que Julien Bahloul, souvent interrogé sur le plateau de i24News, y est présenté comme un simple « habitant [de] Tel-Aviv », alors qu'il a été porte-parole et community manager de l’armée israélienne. La chaîne de télévision présente l'armée israélienne de manière systématiquement positive, comme une armée qui épargne les civils. Les images diffusées à l'appui de ce discours favorable à l'armée proviennent du compte Twitter Israel Defense Forces — « la plus fiable des sources », ironise le journaliste de Télérama Samuel Gonthier[ ].Arrêt sur image en 2022 note également que Julien Bahloul, journaliste à i24News, a exercé des responsabilités dans l'armée israélienne et qu'en 2021 le magazine Marianne le comptait parmi les propagandistes français qui soutiennent Tsahal[ ]En 2023, Checknews de Libération dénonce un reportage louant les mérites d’une pièce d'artillerie utilisée par Tsahal, « truffé d'erreurs » et qui a été supprimé après avoir fait l'objet de moqueries sur les réseaux sociaux...

 En , en pleine « guerre de l'information » dans le cadre de la guerre à Gaza, la chaîne relaye une information faisant état d'une « quarantaine de nourrissons et d’enfants tués par le Hamas, dont certains décapités » dans le kibboutz de Kfar Aza, alors même que des journalistes invitent à la prudence quant à la justesse de l'information, tout en précisant qu'un important massacre de civils, incluant des enfants, a bien été commis par le Hamas ; le processus de diffusion de cette fausse information est analysée dans le quotidien Le Temps[].   En novembre 2023, Arrêt sur images critique i24News pour son invitation « en permanence » d'anciens officiers du renseignement et de l'armée israélienne, ainsi que pour l'absence d'informations sur son antenne concernant les victimes civiles palestiniennes de la guerre à Gaza. Le site accuse la chaîne d'être un relais de la propagande de guerre israélienne et la compare à RT France[ En décembre 2023, le portail d'information Yabiladi relève des propos tenus par des intervenants de CNews et de i24News qui pourraient tomber sous le coup de l'interdiction à l'incitation à la haine raciale, notamment ceux de l'écrivain franco-israélien David Antonelli qui confond la population civile de Gaza et le Hamas, leur attribue à tous une même violence antisémite et déclare : «Je me fiche éperdument des deux millions de Gazaouis». Le Conseil français du culte musulman a condamné cette intervention parmi d'autres comparables sur les chaînes françaises, qui s'en prennent aux civils palestiniens, et dans lesquelles il voit une « apologie de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide ou de nettoyage ethnique»[].   Le Monde diplomatique dénonce en mai 2024 que les autres médias français propriétés de Patrick Drahi (LibérationL'ExpressBFM TVRMC) sont contraints de couvrir la guerre à Gaza suivant les indications données par des « experts » d'i24 ..."        _____________