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vendredi 4 avril 2008

Bruxelles : intense lobbying


-Europe : feu la démocratie
- Bilderberg & Co : le lobbying de l’European Round Table à Bruxelles

" .... le lobbying court circuite littéralement le processus démocratique.Les cas sont innombrables, AMI, REACH, réforme des retraites pronée par les compagnies d’assurance privée, OGM, graisses et sel dans l’agrolimentaire, campagnes de vaccination, nucléaire, guerres etc...je me permets... de mettre un lien vers un article qui parle du lobbying au niveau européen pour "réformer" l’école, c’est-à-dire la diparition programmée des enseignants et les bienfaits des logiciels, (la formation tout au long de la vie) et la privatisation complète du système éducatif. C’est écrit dans les rapports des lobbies et groupes d epression, et recopié tel quel dans les textes de la Commission...Les gens vont dire "oui mais les syndicats aussi ce’st des lobbies". Certes, mais comparé aux multinationales les syndicats n’ont aucun poids, ni nationalement, ni internationalement (sinon les choses se passeraient autrement).Tiens, un truc à savoir: Frederic Lefebvre, député UMP et membre de la commission sur l’avenir de l’audiovisuel public, a un cabinet de lobbying (pic conseil) dont sont clientes de grosses multis concernées par ce domaine (et d’autres , Suez, Bouygues, Alcatel, Sodexho, les casinos Lucien Barrière, le fabricant de rhum Bacardi, le cigarettier Altadis) Mais ce ’nest pas le seul, ce qui se passe à l’Assemblée se passe dans toutes les institutions, nationales ou internationales, loin du regard des citoyens à qui on demande seulement de payer leurs impots et de se taire." (Ceri)

La Planète des Lobbies.
".. Bienvenue dans la « Lobbycratie » bruxelloiseLa complexité des procédures de prise de décision, le fait que les décideurs n’aient pas toujours de comptes à rendre et le manque de véritable débat public au niveau européen font de Bruxelles un petit paradis pour les lobbyistes des entreprises. Bruxelles rivalise désormais avec Washington D.C. pour le titre de capitale mondiale du lobbying. La scène du lobbying industriel à Bruxelles compte plus de mille lobbies, des centaines d’entreprises de relations publiques et de cabinets d’avocats proposant des services de lobbying, des douzaines de thinktanks financés par les intérêts industriels ainsi que les « bureaux des affaires européennes » de plusieurs centaines d’entreprises différentes. La grande majorité des 15.000 professionnels du lobbying qui travaillent à Bruxelles représente les intérêts de grandes firmes..."

-Novethic.fr:
"...L'Observatoire européen des entreprises, une ONG néerlandaise créée en 1997 pour surveiller le lobbying des multinationales, assure au contraire qu'il est très difficile de savoir à quel point la Commission est influencée et regrette que l'Union européenne ne se soit pas dotée d'une réglementation semblable à celle qui existe aux Etats-Unis et qui force les multinationales à publier les informations relatives à leurs activités de lobbying. "Mais de toute façon, d'un point de vue démocratique, le système des lobbies ne nous semble pas une bonne solution, note Erik Wesselius de l'Observatoire européen des entreprises, Dans la "lobbycratie", on paie pour avoir de l'influence et cela renforce le côté bureaucratique de l'Europe. Il vaudrait mieux que les questions européennes aient plus de place dans le débat public."
Autre argument des anti-lobbies : le manque de contre-pouvoir. Face aux entreprises, ONG, syndicats et associations humanitaires disposent en effet de peu de moyens. Selon l'Observatoire européen des entreprises, seul 10 % des lobbyistes travaillent ainsi pour des ONG. Ils ne sont par exemple qu'une petite centaine dans les organisations de défense de l'environnement. "Ce déséquilibre pose problème, souligne Paul Lannoye, député européen écologiste, Car les entreprises financent toujours des quantités d'études pour justifier leur point de vue et les ONG ne peuvent pas en faire autant."
-
Le lobbying à Bruxelles : une menace pour la démocratie ?
--Les lobbies, instrument de la démocratie ?
-Lobbying au Parlement Européen : l’heure des comptes |

vendredi 21 janvier 2011

Lobbies, lobbying, lobbyistes

Groupes de pression et démocratie


Conflits d'intérêts

Quand les lobbies (dé)font les lois

_La récente affaire du Médiator est venu nous rappeler la secrète mais efficace et incroyable influence de certains groupes (pharmaceutiques _-Servier_ en l'occurence-_, un monde d'influences à une plus large échelle) sur les centres de décision publics voués à l'habilitation des médicaments et sur la pratique des visiteurs médicaux, qui se comportent plus en lobbyistes qu'en informateurs. Un monde d'influences dont on découvre tous les jours la puissance et les ramifications.
Quand des intérêts privés viennent interférer avec des intérêts publics, surtout quand il s'agit de questions aussi importantes que la santé, il y a lieu de se poser des questions.
__La pression des lobbies, aussi divers que multiples, peut s'exercer à tous les niveaux des instances de décision: au niveau local, pour emporter un marché immobilier sans appel d'offres, par exemple, régional, national (pression sur les élus, corruption par l'argent). Elle peut être même princiére.
Aux USA
, cette pratique est institutionnalisée et fait partie de la vie parlementaire courante. Même les marchands d'armes (NRA) font la loi au Congrès, pour ne pas parler de la puissance du lobby pro-israëlien.Les débats sensibles n'échappent pas à la pression des lobbies.
____Même si, en Europe, cette pratique est théoriquement contrôlée et réprouvée en parole , elle n'en existe pas moins, même au niveau des instances européennes, où de puissantes mutinationales et des groupes bancaires ont pignon sur rue. Il existe même un Institut Supérieur Européen du Lobbying..et une Association Française des Conseils en Lobbying.
________Dans son principe, la pratique du lobbying, semble pourtant neutre et légitime. Une pratique déjà ancienne, présente déjà dans le monde romain.

"Le mot anglais lobby signifie vestibule, pièce d’entrée d’un édifice. «Chez les Romains, précise le Littré, le vestibulum est l'espace laissé entre la porte de la maison et la rue, pour que ceux qui venaient saluer le maître de la maison, ne fussent pas dans la rue, sans être pourtant dans la maison.» Selon le poète Ovide, le mot vestibulum vient de Vesta; cette pièce d’entrée contenait un feu allumé en l’honneur de Vesta, déesse protectrice du foyer...
On appelle aujourd’hui lobbyistes ceux qui attendent le maître de la maison gouvernementale dans le vestibule à la place d’un tiers qui les paie pour remplir cette tâche. Il arrive parfois que cette antichambre du pouvoir soit aussi une antichambre de la mort politique. Le mot lobby désigne aussi un groupe de pression.
Comme nous le rappelle Florence Dieupart, «C'est en Grande-Bretagne que le lobbying a acquis ses lettres de noblesse. Il désigne les corridors ou couloirs de la Chambre des Communes britannique. C'est aux environs de 1830, que le terme de lobby désigne le groupe de pression qui influence les deux chambres britanniques.»
Source: Florence Dieupart, Le rôle des groupes d'intérêt en France.
" (Agora)

_______C'est une notion assez ambivalente, car si le lobbying est souvent décrié, il peut parfois représenter des causes légitimes, par exemple, les pressions faites au Parlement européen par des groupes d'alertes anti-OGM ou de lutte contre l'influence de Monsanto; ce sont souvent des anti-lobbyistes.
Mais, nous ne retiendrons que les aspects négatifs de la notion, celle qui va contre le libre débat, la libre concurrence, la transparence, l''intérêt général..
"Selon une définition largement admise, un lobby est une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts particuliers d'un groupe donné. Pour ce faire, il exerce une activité de lobbying qui consiste « à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement les processus d'élaboration, d'application ou d'interprétation de mesures législatives, normes règlements et plus généralement, de toute intervention ou décision des pouvoirs publics »[. La définition du consacrée au lobbying est très proche : « le rôle d'un lobby est d'infléchir une norme, d'en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes » (Wiki)

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Aujourd'hui, les moyens du lobbying (financiers, communicationnels...) sont beaucoup plus considérables qu'autrefois et s'exercent dans un plus grand nombre de domaines.
En France, on a voulu édicter des règles parlementaires pour encadrer et limiter ces pratiques, mais de manière trop tardive,trop peu contraignante, trop peu efficace. La transparence n'est pas encore d'actualité....
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-Connaisances climatique et lobbying
-
Lobbying sectaire en Europe
- Grosses ficelles d’hier et lobbying d’aujourd’hui

jeudi 16 septembre 2021

Le frein des lobbies

 Freiner des quatre fers. Une lutte indécise, quand l'urgence s'impose.

                                                                       Seules les décisions d'ordre politique, considérant le seul intérêt public à long terme, peuvent faire infléchir certaines options économiques qui compromettent un peu plus la santé publique et l'avenir de notre milieu naturel, surtout à l'heure où le rapport alarmant du Giec nous incite à des reconversions rapides et radicales.     Les plus puissants lobbies agissent dans l'ombre pour tenter d'influencer , souvent avec succès, les décisions prises au plus haut niveau des institutions nationales ou encore européennes. Même contre les normes signées au plus haut niveau, les intérêts privés primant sur l'intérêt général.  

                    "...Certaines des industries  les plus polluantes d’Europe ont déjà exprimé leur opposition à des mesures clés et, contrairement à leurs homologues du mouvement écologiste, elles disposent de ressources financières importantes et de formidables armes de lobbying qu’elles peuvent utiliser à leur avantage.  le principal groupe de lobbying européen de l’aviation, Airlines for Europe, insiste sur le fait qu’il soutient les objectifs climatiques généraux de l’UE, il a averti après la publication du plan par la Commission que « des taxes européennes mal conçues ne rédéceront pas les émissions.. (notamment) l’Association du transport aérien international (IATA), un autre groupe industriel, s’est dit encore plus explicite quant à son opposition à la levée de l’échappatoire. Le jour du déploiement du plan climatique, il a publié un communiqué de presse surmonté du titre « La taxe n’est pas la réponse à la durabilité de l’aviation ». Les deux sont des forces avec lesquel il faut compter à Bruxelles. Selon des informations accessibles au public, Airlines for Europe a dépensé plus de 1 million d’euros en efforts de lobbying auprès des responsables de l’UE l’année dernière, tandis que l’IATA a dépensé plus de 900 000 euros de 2019 à début 2020. Les membres individuels des groupes ont également dépensé beaucoup pour amasser leurs propres armées de lobbying. L’avionneur Airbus a dépensé plus de 1,75 million d’euros en lobbying auprès de l’UE en 2019, l’année de ses dernières divulgations disponibles. La compagnie aérienne Air France-KLM, quant à elle, a doublé ses dépenses de lobbying au cours de l’année dernière, déboursant plus de 900 000 euros alors qu’elle négociait avec succès un énorme plan de sauvetage de 10 milliards d’euros des gouvernements Français et néerlandais qui nécessitait le feu vert de la Commission européenne. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a dépensé plus de 300 000 € en lobbying auprès des responsables de l’UE, tandis que le géant des bas coûts Ryanair a déboursé plus de 200 000 €, selon leurs dernières divulgations annuelles.  Le plan climatique de l’UE verrait également le secteur du transport maritime perdre son exemption des droits sur les carburants – une mesure qui a déjà ébranlé le lobby de l’industrie. Dans une déclaration à la suite de la publication de la proposition, les associations d’armateurs de la Communauté européenne ont fait valoir que « la suppression de l’exonération fiscale actuelle pour le carburant n’est pas une voie cohérente à suivre ». Le groupe, qui a déclaré plus de 500 000 euros de dépenses de lobbying dans ses dernières divulgations, a déclaré qu’il « attendait avec impatience un dialogue étroit avec les décideurs politiques de l’UE pour s’assurer que les ambitions climatiques sont respectées et que la compétitivité du transport maritime européen est préservée...»                                                                                                                       D'autres lobbies dépensent des sommes faramineuses pour faire pression sur diverses institutions, nationales ou transnationales, notamment dans le domaine des énergies fossiles, pour faire annuler certaines dispositions ou les retarder le plus possible, influencer les votes. Le problème du pot de fer contre le pot de terre reste d'actualité....._____________________

jeudi 23 décembre 2021

Vous avez dit souveraineté?

     Indépendance et lobbying.

                                     Le retour à la souveraineté, à une souveraineté raisonnable, on en parle, mais de quelle manière? Contre les effets de la mondialisation "heureuse" que certains gourous néolibéraux nous ont vanté sans nuances et sans freins depuis des décennies, un retour de balancier semble se dessiner enfin, pour un retour à une maîtrise raisonnable et raisonnée des affaires de la nation, surtout en matière économique, parfois décisives. Les récents événements  incitent à le faire, notamment en matière industrielle. Quand, par exemple, dans le secteur du médicament, la production dépend de la fabrication d'un pays étranger, cela pose un problème. Il en est ainsi de beaucoup d'autres produits. Il suffit de rappeler l'affaire Framatome. Céder aux dures lois des marchés internationaux, sans frein, sans horizons est plus qu'une erreur...Si l'autonomie économique absolue est un rêve qui peut s'avérer ruineux, le libre échange tous azimuts peut rendre nos dépendances mortelles.                                                                             _____Mais les décisions nationales peuvent être biaisées par le jeu de lobbies puissants qui agissent en toute impunité à Paris comme à Bruxelles. Certains organismes commencent enfin à en dénoncer les effets pervers, qui mettent en péril certaines décisions jugées indépendantes. mettent en garde contre des « liaisons dangereuses ». "...Elles redoutent l’intrusion d’intérêts privés dans la décision publique à Bruxelles, alors que vont se négocier, en 2022, « plusieurs législations cruciales pour l’avenir de l’Europe », sur l’urgence climatique, la santé ou les fonds de relance, avec, à la clé, d’importants financements publics..."   _ Autre aspect de ce mélange des genres, de cette confusion d' intérêts: "...les aller-retours de conseillers qui vont alternativement défendre des intérêts privés ou (en théorie) l’intérêt général. « Par exemple, un conseiller en énergie à la représentation française à Bruxelles a travaillé pour TotalEnergies. À l’inverse, d’anciens conseillers en énergie de la représentation occupent désormais des postes stratégiques chez Engie et ArianeEspace à Bruxelles », précise le rapport. La France a aussi accepté de faire sponsoriser sa présidence par deux entreprises automobiles : Renault et Stellantis (qui possède Peugeot et Citroën). Elles fourniront des véhicules électriques ou hybrides à la présidence française. En échange de leur parrainage, les logos des sponsors sont affichés sur les sites officiels, leurs produits et services pourront être promus auprès des décideurs et hauts fonctionnaires...."                                                                                             Le rôle des lobbies ne faiblit pas, faussant des décisions se voulant neutres et conformes à l'intérêt général. Des groupements d'intérêts privés, quel que doit le domaine, sont toujours plus puissants qu'on ne le croit et savent se faire discrets, pour orienter les décisions dans le sens de leurs intérêts souvent à court terme.  Les exemples surabondent.     _____ Seules les décisions d'ordre politique, considérant le seul intérêt public à long terme, peuvent faire infléchir certaines options économiques qui compromettent un peu plus la santé publique et l'avenir de notre milieu naturel, surtout à l'heure où le rapport alarmant du Giec nous incite à des reconversions rapides et radicales.     Les plus puissants lobbies agissent dans l'ombre pour tenter d'influencer , souvent avec succès, les décisions prises au plus haut niveau des institutions nationales ou encore européennes. Même contre les normes signées au plus haut niveau, les intérêts privés primant sur l'intérêt général.  

                    "...Certaines des industries  les plus polluantes d’Europe ont déjà exprimé leur opposition à des mesures clés et, contrairement à leurs homologues du mouvement écologiste, elles disposent de ressources financières importantes et de formidables armes de lobbying qu’elles peuvent utiliser à leur avantage.  le principal groupe de lobbying européen de l’aviation, Airlines for Europe, insiste sur le fait qu’il soutient les objectifs climatiques généraux de l’UE, il a averti après la publication du plan par la Commission que « des taxes européennes mal conçues ne récéderont pas les émissions.. (notamment) l’Association du transport aérien international (IATA), un autre groupe industriel, s’est dit encore plus explicite quant à son opposition à la levée de l’échappatoire. Le jour du déploiement du plan climatique, il a publié un communiqué de presse surmonté du titre « La taxe n’est pas la réponse à la durabilité de l’aviation ». Les deux sont des forces avec lesquelles il faut compter à Bruxelles. Selon des informations accessibles au public, Airlines for Europe a dépensé plus de 1 million d’euros en efforts de lobbying auprès des responsables de l’UE l’année dernière, tandis que l’IATA a dépensé plus de 900 000 euros de 2019 à début 2020. Les membres individuels des groupes ont également dépensé beaucoup pour amasser leurs propres armées de lobbying. L’avionneur Airbus a dépensé plus de 1,75 million d’euros en lobbying auprès de l’UE en 2019, l’année de ses dernières divulgations disponibles. La compagnie aérienne Air France-KLM, quant à elle, a doublé ses dépenses de lobbying au cours de l’année dernière, déboursant plus de 900 000 euros alors qu’elle négociait avec succès un énorme plan de sauvetage de 10 milliards d’euros des gouvernements Français et néerlandais qui nécessitait le feu vert de la Commission européenne. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a dépensé plus de 300 000 € en lobbying auprès des responsables de l’UE, tandis que le géant des bas coûts Ryanair a déboursé plus de 200 000 €, selon leurs dernières divulgations annuelles.  Le plan climatique de l’UE verrait également le secteur du transport maritime perdre son exemption des droits sur les carburants – une mesure qui a déjà ébranlé le lobby de l’industrie. Dans une déclaration à la suite de la publication de la proposition, les associations d’armateurs de la Communauté européenne ont fait valoir que « la suppression de l’exonération fiscale actuelle pour le carburant n’est pas une voie cohérente à suivre ». Le groupe, qui a déclaré plus de 500 000 euros de dépenses de lobbying dans ses dernières divulgations, a déclaré qu’il « attendait avec impatience un dialogue étroit avec les décideurs politiques de l’UE pour s’assurer que les ambitions climatiques sont respectées et que la compétitivité du transport maritime européen est préservée...»                                                                                                                       D'autres lobbies dépensent des sommes faramineuses pour faire pression sur diverses institutions, nationales ou transnationales, notamment dans le domaine des énergies fossiles, pour faire annuler certaines dispositions ou les retarder le plus possible, influencer les votes. Le problème du pot de fer contre le pot de terre reste d'actualité....._____________________

lundi 23 mai 2022

Lobbies à Bruxelles ou ailleurs

 Nos chers lobbies

                                Ils sont partout. Partout là où se décident les orientations et les affaires importantes, à Paris ou à Bruxelles. Quand leurs intérêts souvent puissants l'exigent. Par exemple quand il est débattu de la pêche industrielle, un problème qui n'est pas mineur, à l'heure où se pose la question de la surpêche et de la réduction des ressources. Ils ne sont pas toujours gagnants, mais ils peuvent influencer plus d'une décision. Edifiant!    "...Une étude scientifique publiée en 2018 dans la revue Science montre même que 59 % des aires marines protégées sont soumises à un chalutage commercial, que l’intensité moyenne du chalutage dans ces aires est au moins 1,4 fois supérieure à celle des zones non protégées et que l’abondance des espèces sensibles — requins et raies notamment — a diminué de 69 % dans les zones fortement chalutées. Globalement, la situation est catastrophique. 43 % des stocks des poissons sont surexploités en Atlantique-Nord, et jusqu’à 83 % en Méditerranée. Il faut aussi se représenter la taille des chaluts, leurs énormes filets lestés de chaînes et leurs immenses panneaux métalliques. Ils sont traînés dans les sédiments, y délogeant le carbone qui y est naturellement stocké, et attrapent tout ce qu’ils croisent, sans aucune sélectivité. C’est comme si, en arboriculture, au lieu de cueillir les pêches ou les abricots sur les branches, vous abattiez les arbres avec des bulldozers !..."                                                                                                                                            L'intérêt public et la transparence sont rarement au rendez-vous. La souveraineté est souvent mise à mal.  Freiner des quatre fers est souvent la règle. Une lutte indécise, quand l'urgence s' impose.  Seules les décisions d'ordre politique, considérant le seul intérêt public à long terme, peuvent faire infléchir certaines options économiques qui compromettent un peu plus la santé publique et l'avenir de notre milieu naturel, surtout à l'heure où le rapport alarmant du Giec nous incite à des reconversions rapides et radicales.     Les plus puissants lobbies agissent dans l'ombre pour tenter d'influencer , souvent avec succès, les décisions prises au plus haut niveau des institutions nationales ou encore européennes. Même contre les normes signées au plus haut niveau, les intérêts privés primant sur l'intérêt général.  

                    "...Certaines des industries  les plus polluantes d’Europe ont déjà exprimé leur opposition à des mesures clés et, contrairement à leurs homologues du mouvement écologiste, elles disposent de ressources financières importantes et de formidables armes de lobbying qu’elles peuvent utiliser à leur avantage.  le principal groupe de lobbying européen de l’aviation, Airlines for Europe, insiste sur le fait qu’il soutient les objectifs climatiques généraux de l’UE, il a averti après la publication du plan par la Commission que « des taxes européennes mal conçues ne rédéceront pas les émissions.. (notamment) l’Association du transport aérien international (IATA), un autre groupe industriel, s’est dit encore plus explicite quant à son opposition à la levée de l’échappatoire. Le jour du déploiement du plan climatique, il a publié un communiqué de presse surmonté du titre « La taxe n’est pas la réponse à la durabilité de l’aviation ». Les deux sont des forces avec lesquel il faut compter à Bruxelles. Selon des informations accessibles au public, Airlines for Europe a dépensé plus de 1 million d’euros en efforts de lobbying auprès des responsables de l’UE l’année dernière, tandis que l’IATA a dépensé plus de 900 000 euros de 2019 à début 2020. Les membres individuels des groupes ont également dépensé beaucoup pour amasser leurs propres armées de lobbying. L’avionneur Airbus a dépensé plus de 1,75 million d’euros en lobbying auprès de l’UE en 2019, l’année de ses dernières divulgations disponibles. La compagnie aérienne Air France-KLM, quant à elle, a doublé ses dépenses de lobbying au cours de l’année dernière, déboursant plus de 900 000 euros alors qu’elle négociait avec succès un énorme plan de sauvetage de 10 milliards d’euros des gouvernements Français et néerlandais qui nécessitait le feu vert de la Commission européenne. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a dépensé plus de 300 000 € en lobbying auprès des responsables de l’UE, tandis que le géant des bas coûts Ryanair a déboursé plus de 200 000 €, selon leurs dernières divulgations annuelles.  Le plan climatique de l’UE verrait également le secteur du transport maritime perdre son exemption des droits sur les carburants – une mesure qui a déjà ébranlé le lobby de l’industrie. Dans une déclaration à la suite de la publication de la proposition, les associations d’armateurs de la Communauté européenne ont fait valoir que « la suppression de l’exonération fiscale actuelle pour le carburant n’est pas une voie cohérente à suivre ». Le groupe, qui a déclaré plus de 500 000 euros de dépenses de lobbying dans ses dernières divulgations, a déclaré qu’il « attendait avec impatience un dialogue étroit avec les décideurs politiques de l’UE pour s’assurer que les ambitions climatiques sont respectées et que la compétitivité du transport maritime européen est préservée...»                                                                                                                       D'autres lobbies dépensent des sommes faramineuses pour faire pression sur diverses institutions, nationales ou transnationales, notamment dans le domaine des énergies fossiles, pour faire annuler certaines dispositions ou les retarder le plus possible, influencer les votes. Le problème du pot de fer contre le pot de terre reste d'actualité....._____________________

samedi 20 novembre 2010

Le Congrès et les lobbies


Influences au coeur de l'Etat

__Sport national et pratiques juteuses_

"Je crois qu'il y a plus de cas de réduction des droits des gens par des empiètements graduels et discrets par ceux au pouvoir que par une usurpation soudaine et violente. "(J. Madison)

__Malgré de timides efforts des démocrates pour contrer la corruption au coeur des instances législatives des USA , la mise en place d'organismes de contrôle purement formels, certaines initiatives citoyennes, force est de constater que la vieille pratique du lobbying a encore de beaux jours devant elle, selon une tradition maintenant bien établie.
La démocratie américaine ne serait-elle pas un mirage, les élus une caste?
Les limites institutionnelles et le fonctionnement de ce grand pays ne contribuent pas à la guérir de ses tares.
Tocqueville en avait déjà pointé certains aspects.

On peut se demander si les lobbyistes n'ont pas acheté le Congrès américain...__Par exemple"...C’est en toute légalité que des groupes d’intérêt ont dépensé 32 523 dollars par jour de session et par parlementaire pour acheter leurs votes (des élus). Ce qui ailleurs est jugé comme une activité criminelle est admis comme un simple business dans un pays qui refuse la notion d’intérêt général et fonde la représentativité parlementaire sur des coalitions d’intérêts particuliers..."

Priorité est souvent donnée aux intérêts privés "...Si le Congrès fédéral des États-Unis est un haut lieu de trafic d’influence, sa médiatisation permanente oblige les parlementaires à la retenue. Au contraire, l’indifférence qui entoure les Congrès des États fédérés y a facilité une généralisation de la corruption. Non seulement celle-ci n’y est pas réellement réprimée, mais elle a été légalisée au travers de « règles éthiques » qui obligent les élus locaux à se vendre de manière transparente au plus offrant en établissant entre eux une libre-concurrence. Une enquête du CPI montre que chaque parlementaire local reçoit légalement en moyenne 150 000 $ par an de pots-de-vins.
___Pour le président James Madison (1751-1836), l’un des pères fondateurs des États-Unis, «
Le système politique États-unien fut basé sur l’inégalité naturelle des hommes ». En effet, la valeur philosophique triomphante étant la richesse et la richesse engendrant le pouvoir, les personnes exerçant le pouvoir -une minorité supérieurement douée et essentiellement composée d’hommes blancs- n’ont de compte
s à rendre qu’à leurs pairs. La population, quant à elle, doit se contenter de la lutte économique pour répondre à sa quête de sens. On ne s’étonnera donc pas de constater que les législateurs états-uniens se présentent comme les défenseurs de groupements d’intérêts et non de l’intérêt général. Et que, dans la pratique, ils défendent souvent leurs intérêts personnels plutôt que ceux des groupes coalisés qu’ils prétendent représenter...
__Capitol Offenders
rappelle à plusieurs reprises des faits essentiels : en 1999, 36.959 entreprises, entités commerciales ou groupements d’intérêts étaient répertoriés comme faisant du lobbying auprès des législateurs des États fédérés, ce qui équivaut à 6 groupes de lobbying pour chaque élu ! Par ailleurs, 18 % des parlementaires d’État ont des liens financiers avec des entités commerciales ou organisations faisant du lobbying auprès des gouvernements fédérés. Au cours des périodes électorales de l’année 1998, individus et organisations ont versé plus de 1,1 milliard de dollars aux candidats, ce qui revient à une effarante moyenne de plus de 150.000 dollars de contribution pour chaque élu en fonction. Enfin, entre 1998 et 2002, plus de 100.000 lois ont été adoptées par les États fédérés, affectant la vie de chaque citoyen états-unien...
___La morale puritaine, dont se prévaut la classe dirigeante aux États-Unis, condamne sévèrement non seulement la corruption active, mais aussi l’acceptation de situations où l’on est susceptible de céd
er à un conflit d’intérêt. Le département d’État conduit des campagnes au sein des institutions internationales, comme l’OCDE ou l’ONU, pour sanctionner des comportements qui portent atteinte à la libre-concurrence. La NED/CIA, via l’association Transparency International, dénonce les États qui tolèrent les bakchichs. Cependant, la même morale puritaine s’accommode sans difficulté des mêmes pratiques lorsqu’elles sont légalisées. Elle ne s’indigne pas des flots d’argent versés par de grandes entreprises sur les élus locaux états-uniens pour acheter leurs votes dès lors que les lobbyistes sont dûment répertoriés et les sommes déclarées. Dans la pratique, les lois d’encadrement éthique aux États-Unis n’ont pas pour finalité d’interdire la corruption, mais de la légaliser et de la rendre transparente. Le marché des élus est érigé en libre-marché et les élus eux-mêmes se vendent en respectant des règles de libre-concurrence. Dans les États du tiers-monde, on encaisse discrètement des dessous-de-table. Aux États-Unis on déclare des pots-de-vins sous le nom politiquement correct de « contributions ». Dans les États du tiers-monde, on peut acheter des dérogations aux lois. Aux États-Unis, on peut acheter les lois..."

-On peut par exemple, trouver
huit lobbyistes santé pour chaque élu à Washington, un puissant lobby des opérateurs auprès du congrès américain. Le poids du lobby pro-israëlien est particulièrement puissant: des relations très particulières. L'AIPAC est devenue incontournable. L'écologie(à l"américaine) fait aussi l'objet d'un lobbyisme intense
....

___________________________________________Bruxelles n'est -il pas devenu aussi un carrefour privilégié d' intense lobbying, comme le pense l'ancien expert européen Raoul M. Jennar?

mardi 1 mai 2012

Ces lobbies qui "tiennent la France"

 ____________________________________________________Papier du 1°Mai
  Pouvoirs sous influences

____Les lobbyistes, ces hommes de couloirs, ne sont pas seulement et surtout ceux qui viennent donner des conseils aux hommes politiques, éclairer leurs choix sur des questions qu'ils méconnaissent, avant de voter une loi ou de prendre une décision, ils se comportent, surtout s'ils ont de forts intérêts économiques ou idéologiques à faire valoir, comme de véritable chevaux de Troie. Comme le groupe Monsanto ou telle secte religieuse, par exemple. Tout un métier...
Dans sa lutte anti-crise, il est arrivé qu'un président des USA se dresse avec vigueur et détermination contre leur pouvoir envahissant et contradictoire avec l'intérêt général:
 "Lutter contre les vieux ennemis de la paix - le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l'esprit de clan. Ceux-là considèrent le pouvoir [...] comme un simple appendice de leurs affaires privées. Jamais dans toute notre histoire ces forces n'ont été aussi unies contre un candidat, unanimes dans leur haine à mon endroit. Et leur haine me fait plaisir." (Franklin Roosevelt_ discours prononcé au Madison Square Garden en octobre 1936)

___La République est perméable aux lobbies, de manière très peu apparente.
Certains, très puissants, tiennent la France  et rencontrent souvent une oreille attentive, vu la porosité qui s'est installée entre le public et le privé, où s'opère la circulation des élites, et le recul du sens de l'intérêt général, par affaiblissement des institutions et plus grande soumission de l'Etat à la puissance des intérêts privés,voire à la corruption.
En cette période de nouvelle donne politique, ils s'activent plus que jamais pour poser des jalons, tester leur pouvoir d'influence, nouer des relations utiles, comme les banquiers, la grande distribution, les grands groupes industriels, pharmaceutiques, du bâtiment...
"... A l'ivresse rooseveltienne de défier tous les lobbys semble succéder aujourd'hui le besoin de les rassurer, l'obligation de composer avec eux. Sous surveillance - forcément négative -, le prochain président de la République, au seuil de lendemains redoutables, se prépare fébrilement à les rencontrer. Certains y verront la couardise d'une classe politique française désarmée. Peut-être. Mais ce sont surtout les lobbys qui se sont renforcés par rapport au passé. Plus nombreux, mieux organisés, plus riches aussi. Quelques chiffres suffisent à s'en convaincre : capitale européenne du lobbying, Bruxelles compte environ 30 000 lobbys, soit en moyenne 40 par député européen, et un pour deux fonctionnaires. En France, au registre légal de l'Assemblée nationale, ouvert en 2009 pour améliorer la transparence, figurent seulement 153 "pros" de l'influence. Chiffre officiel. L'Assemblé est largement ouverte aux "visiteurs". Mais rien n'empêche les lobbys non inscrits d'aller frapper à la porte d'un député. Et ils se font rarement prier..."
____________Le  lobbying europeen est intense et permanent. Bruxelles en est le grand centre.
 " Les cabinets de lobbying l’ont bien compris qui sont nombreux à disposer d’une représentations dans la capitale belge. 15.000 lobbyistes professionnels sont présents dans la ville pour porter la bonne parole de leurs intérêts : cela va de la région Bretagne aux producteurs de lait, aux fabricants d’acier, aux défenseurs des femmes ou à Volkswagen et aux chimistes...
Dans cette ville de pouvoirs où se négocient les futures réglementations européennes, les enjeux sont cruciaux pour quantités d’acteurs. Le grand public se désintéresse trop de cette question pourtant essentielle : comment les lois sont-elles votées ?.."
 Raoul Marc Jennar, ancien cadre européen  a bien décrit ce qu'on peut appeler souvent une certaine trahison des élites.
L'urgence, plus qu'à l'époque de Roosevelt: encadrer le lobbying, briser son pouvoir de nuisance, le cas échéant et d'abord, informer.

vendredi 13 novembre 2009

Banques: hold-up sur l'Europe

Lobbying financier antiréforme au coeur du système


Quand Bruxelles favorise ce qu'elle condamne



La
"trahison des élites" continue...

-« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait ; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas ; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’oeil »(P.Bourdieu)

-"Les accords conclus aujourd'hui entre 27 grands pays sont essentiels, car ils établissent de nouvelles règles de régulation bancaire et de surveillance, à l'échelle globale"( le président de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude Trichet)
Vraiment?

___Réguler les régulateurs?_______
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La régulation financière joue l'arlésienne - AgoraVox:
"C’est ALTER EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation), un groupe d’information sur le lobbying à Bruxelles, qui met les points sur les ’i’ : la grande majorité des experts financiers qui conseillent la Commission européenne représentent des banques et des investisseurs responsables de la crise économique globale. C’est ce que dit un rapport intitulé "Une Commission captive".
On sait au vu des textes européens que ladite Commission a une fâcheuse tendance à prêter une oreille attentive aux lobbies divers et variés. Mais, surtout ceux des banques (cf. CECA, Marché commun, "concurrence libre et non faussée", euro etc.).
En général, les lobbies et autres s’incrustent dans les groupes d’experts que la commission réunit systématiquement avant de légiférer. Ou alors, ils sont carrément à l’origine des textes.
En l’occurrence, il s’agit de peser sur les décisions qui seront prises (ou pas, du coup), en matière de régulation.
Le système est simple : des "groupes d’experts" (qui pullulent) conseillent les représentants européens de la Commission en matière de finances.
Détail important : les groupes d’experts en question sont largement composés de personnes issues de l’industrie financière, y compris celle des paradis fiscaux. Dans les 19 de ces groupes qui conseillent en matière de politique financière, il y a 229 personnes issues de ladite industrie, contre 150 issues de la société civile.
Et c’est pareil dans tous les groupes, en fait. Alter Eu a observé au moins 110 groupes d’experts dans lesquels les représentants du monde des affaires sont le groupe le plus important, et 40 dans lesquels ils sont plus nombreux que les représentants de la société civile, les élus, les syndicats etc.
Du coup, pour résumer, les banques fixent elles-mêmes les risques qui leur conviennent. Comme par hasard, depuis des plombes, la tendance est au laxisme. Ce qui nous a amené là où on en est aujourd’hui. Mais, bref.
C’est ainsi que, par exemple :
- la régulation des hedge fund a été confiée à des groupes d’experts qui ont recommandé de continuer avec la régulation "light" qui a tant bénéficié à tout le monde...
- les agences de notation des crédits (qui sont censées évaluer les risques encourus avec un crédit ou une obligation) ont expliqué à la Commission que des règles de notation n’étaient pas nécessaires. Pourtant, il est vrai que les notations excessivement euphoriques desdites agences ont largement contribué à l’emballement sur les crédits pourris qui a mené à la crise.
On retrouve donc des personnes représentant de banques telles que Barclays, ABN Amro, Merrill Lynch, Lloyds, Goldman Sachs, Paribas, BNP… qui ont participé aux groupes de travail préparatoires au FSAP (Financial Services Action Plan) de la Commission, censé réguler le secteur financier européen. Sans surprise, les normes sont un peu moins contraignantes à chaque révision.
Après avoir établi ces normes, la Commission s’est occupée en 2001 de réformer la manière dont sont prises les décisions européennes en matière de régulation financière, afin de les « harmoniser » et de créer un marché commun des services financiers. Détail significatif : on appelle ça le « Lamfalussy Process », du nom du banquier qui a piloté le groupe de travail.
Je vous le donne en mille : ledit groupe était composé de huit personnes, dont 4 membres de fonds d’investissement, deux banquiers nationaux, et un du New York Stock Exchange.
Ce sont des groupes comme le Committee of European Banking Supervisors (CEBS), le Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors (CEIOPS, dont 14 des 17 membres sont liés au secteur financier privé), et le Committee of European Securities Regulators (CESR, composé de 13 représentants du secteur financier privé) qui mettent les réformes sur les rails et les font avancer jusqu’au bout.
En pleine crise, le « groupe de Larosière », du nom du leader du groupe1] qui est aussi conseiller du PDG de BNP Paribas, est mis en place pour conseiller la Commission sur les moyens de réformer l’industrie financière. La Commission, fort conciliante (ou confiante, on ne sait trop), a déclaré d’avance qu’elle serait d’accord avec les conclusions du groupe, histoire de mettre tout le monde en confiance.
Sur huit membres, quatre sont liés aux grandes multinationales de la finance impliquées dans la crise, à savoir Lehman Brothers (représentée par Rainer Masera), Goldman Sachs (par Otmar Issing), BNP Paribas (de Larosière) et City group (Onno Ruding). Un cinquième, Callum McCarthy était à la tête de l’autorité de régulation des Services Financiers anglais, et un autre s’est déjà affiché par son opposition à toute régulation.
Au final, au lieu de régulation, on a parlé de mettre en place des « systèmes d’alerte ». Même Le Monde l’a dit : « Le groupe d’experts renoncerait, en revanche, à la mise au point de règles de contrôle uniformes pour l’ensemble des Vingt-Sept, comme le réclamaient certains Etats ». Et hop, un beau travail de sape de réussi ! A aucun moment le parlement n'a été consulté.
Le processus normatif : entre initiés
__________Les propositions de la Commission en matière financière sont principalement initiées par la Direction Générale du Marché Intérieur, dirigée par Charlie Mc Creevy. Cette DG utilise les expertises de 19 groupes composés de 538 experts. Un seul de ces groupes a à peu près autant de membres issus des ONG que des entreprises financières. Au final, 84% des « membres de la société civile » viennent tout droit de l’industrie financière, en particulier de la Deutsche Bank, BNP Paribas, la Société Générale et SWIFT, un système d’échanges européen.
Pourquoi la crise est elle survenue ? A cause de l’absence de contrôle et de régulation des activités spéculatives. Alors le citoyen peut s’interroger : pourquoi a-t-on laissé des margoulins jouer avec des milliards, sans aucun contrôle ?
Eh bien, tout simplement parce que ce sont les margoulins en question qui ont fait les règles en matière de contrôle et de régulation. Conclusion : l’auto régulation fut un bide. Total.
En 2004, le Basel Committee on Banking Supervision (BCBS), le comité de Bâle, crée par les gouverneurs des banques centrales d’une dizaine de pays, a élaboré la norme Basel II ( ou Bâle II). Le but était officiellement de calculer un standard de cash que les banques doivent avoir pour assurer leurs énormes crédits. Mais au final, la norme n’est pas obligatoire…
Bâle II, évidemment, a été élaborée par les mêmes groupes d’experts que les « normes » précédentes, si toutefois on peut encore parler de normes, et le BCBS est composé de représentants des banques centrales et des pays du G-10.
Bâle II, donc, permettait aux banques d’évaluer elles-mêmes les risques liés à leurs investissements, ce qui leur a permis de faire apparaître des actifs toxiques comme solides. On ne s’étonnera donc pas que Lehman Brothers, par exemple, était encore notée AAA la veille de sa faillite.
Et puis, les agences de notation des crédits n’ont pas été regardantes non plus : normal, elles sont payées par les banques et assurances qu’elles auditent !
Le processus a été le même pour réguler les hedge fund, les agences de notation de crédit etc. Pour ces dernières, c’est un groupe d’experts composé de KPMG, Price Waterhouse Coopers, Deloitte, Ernst & Young et surtout l’European Round Table qui est si souvent à l’origine des directives de la commission, qui a travaillé sur la réforme.
Si bien qu’il a été impossible de créer des standards comptables pertinents : l’International Accounting Standards Board (IASB) était encore le fruit d’une auto régulation. Certaines normes, comme IAS 32 et IAS 39, portant sur les fonds propres, ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses et vives polémiques.
Les agences de notation de crédit sont des institutions privées qui analysent et classifient les risques liés aux différents produits financiers. Le hic : les spéculateur leur ont fait une confiance aveugle. Le scandale Enron, où on a vu l’agence d’audit Andersen surnoter la boîte dont les comptes bidon étaient en réalité dans le rouge depuis des plombes. Au final l’Etat avait (un peu) resserré la vis aux dites agences.
En 2004, la Commission consulte le Committee of European Securities Regulators afin qu’il mette au point un système de régulation. Que fait le CESR en premier lieu ? Nommer un groupe d’experts. Et pour ceux qui ont suivi, quel est le point de vue dudit groupe d’experts ? Qu’il n’y a pas besoin de réguler les agences de notation, pardi !...
On aurait pu croire qu’avec la crise, les banquiers et spéculateurs de tout poil auraient compris qu’il est temps de réformer sérieusement les choses. Sarko s’est agité tout l’hiver pour réformer la finance mondiale, paraît-il, et les médias français n’ont pas manqué d’applaudir (on a eu droit à des titres tels que « Sarkozy a transcendé les écarts sur la régulation » ou « Accord historique au G 20 », etc »…).
En fait -qui s’en serait douté ?- rien n’a changé, non rien de rien.
____Prenons juste un exemple : au G 20, en fait, il a surtout été question de ne rien changer. Et les quelques timides décisions qui ont été prises n’ont toujours amené aucune réforme, six mois après. On a parlé d’un nouveau monde, ou presque, mais de quelles mesures s’agit-il ?
- augmentation des pouvoirs et des fonds du FMI (quant à la « réforme » annoncée, je me demande de quoi il s’agit : le fonctionnement et les principes sont les mêmes, les Etats-Unis ont toujours un droit de veto avec 17% des voix, les conditions des prêts n’ont pas changé non plus)
- fixation presque maniaque sur les rémunérations des traders. Ce qui, en plus d’être accessoire, n’a servi à rien,
- pseudo contraintes à quelques paradis fiscaux, mais en effet quand on sait que BNP Paribas, par exemple, a 189 filiales dans des paradis fiscaux, on comprend que les mesures n’aient pas été contraignantes là non plus
- « maintien des politiques expansionnistes » pilotées par les banques centrales et ce « d’une manière compatible avec la stabilité des prix » (c’est-à-dire qu’il faut limiter l’inflation, donc les salaires, selon la logiques desdites banques centrales)
- « renforcement » de la coopération internationale pour établir des systèmes d’alerte précoces en cas de crise. Bonne idée, mais comment ? Avec quels instruments ? Quelle autorité ? Quels pouvoirs ?
- reconnaissance de la nécessité d’améliorer les normes comptables. Super, et après ?
Au final, on a continué avec exactement les mêmes acteurs, les mêmes règles et le même système. On a endormi l’opinion publique avec des titres grandiloquents et des discours, mais rien ne se passe...."
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-Banques choyées
-G-20 en vain?