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mercredi 4 mars 2009

Mexique : narcoétat ?



Un pays fascinant , devenu un des plus dangereux de la planète

[A Ciudad Juarez en 2008, on déplorait plus de morts qu’à Bagdad : 1800. ]

-"Elena Azoala ( conseillère du procureur général de la République et professeur de sociologie) : « Les causes fondamentales de cette violence sont liées aux énormes inégalités de la société. Non seulement il y a la pauvreté qui explique la violence, mais surtout l’écart qui existe entre ceux qui gagnent peu et ceux qui sont immensément riches », explique-t-elle. Il est effectivement incroyable que le Mexique ait 12 milliardaires en dollars et 60 % de sa population qui vit avec moins de 3 dollars par jour."
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Desaparecido | AgoraVox
"...Il faut souligner "Le rôle et la responsabilité de son voisin(USA) qui a tout fait pour faire du Mexique son arrière-cour de manoeuvres corvéables à merci, de politiques complaisants et d’industriels pas regardant envers les (rares) lois défendant le travailleur...
Jusqu’au haricot rouge et noir -élément nutritif principal des modestes gens et fierté du pays jusqu’à maintenant- que les E.U. exportent maintenant au Mexique qui doit sortir des devises rares pour celà ! C’est le monde à l’envers.
Il ne fait pas bon du tout d’être voisin des U.S.A. et en état d’infériorité...
"

-Vivre au Mexique pendant la guerre contre les « narcos »:

« Les Etats-Unis ont reconnu leur co-responsabilité dans cette guerre. C’est un premier pas, mais bien sûr ce n’est pas suffisant », estime M. Alejandro Díaz de León Carrasco, directeur de la coopération internationale au ministère de la justice. Le discours américain ne s’est en effet pas traduit par des actes. Les « narcos » profitent sans encombre de la « sacro-sainte » liberté qui, aux Etats-Unis, permet de posséder des armes. Ce qui n’existe pas côté mexicain. « Nous savons, comme le sait le gouvernement américain, que les trafiquants se fournissent dans les cent mille armureries installées au nord de la frontière ou lors des trois mille foires d’armement [gunshows] qui se déroulent chaque année dans les Etats du Texas, de l’Arizona et de la Californie, ajoute le fonctionnaire. Il suffit d’avoir une carte de résident pour acquérir un, dix ou vingt-cinq fusils-mitrailleurs AK-47. Il n’y a ni limite d’achat ni contrôle sur leur destination. »

Selon les chiffres du ministère de la justice mexicain, 90 % des armes confisquées aux « narcos » proviennent du « grand voisin du Nord ». Et les chiffres augmentent de manière spectaculaire : entre 2002 et 2006, la moyenne des confiscations annuelles était de deux mille cinq cents armes lourdes et quatre cent cinquante mille munitions ; entre janvier et septembre 2008, l’armée assure avoir récupéré plus de neuf mille six cents armes lourdes et un million deux cent mille munitions . Et elle reconnaît que la différence n’est pas la seule conséquence de la lutte du gouvernement, mais bien une augmentation des achats d’armement de la part des narcotrafiquants. Les luttes pour le territoire exigent du matériel.« Le pire, dans ce trafic, poursuit M. Díaz, c’est que l’argent de la drogue est blanchi dans l’industrie d’armement américaine. La route de la drogue et celle des armes sont exactement les mêmes. » Un tel discours peut surprendre : jusqu’à présent, le gouvernement mexicain n’avait jamais fait un tel aveu publiquement. Mais, devant la faible coopération américaine sur le sujet, les langues se délient. Même le très conservateur président Calderón n’a pas hésité à déclarer : « Il est devenu prioritaire de freiner le trafic des milliers d’armes qui proviennent des Etats-Unis et entrent au Mexique. Ce sont elles qui contribuent fortement à l’augmentation de la violence et sont responsables de la mort de dizaines de policiers et de soldats mexicains chaque année...-M. Arenas ne nie pas les faits, mais s’irrite quand on n’évoque qu’un aspect du problème : « On croit toujours que seuls les policiers mexicains sont corrompus. Ce n’est évidemment pas aussi simple. Plusieurs de mes collègues américains viennent d’être incarcérés pour avoir reçu de l’argent des “narcos”. Cela coûte simplement bien plus cher de corrompre côté américain ; dix fois plus cher. Reste que la drogue ou les armes, quand elles passent ainsi la frontière, ont besoin de relais des deux côtés. » Que penser alors de l’initiative Merida, cette aide américaine de 500 millions de dollars reconductible sur trois ans pour le Mexique, et de 50 millions de dollars pour l’Amérique centrale, afin de lutter contre le narcotrafic ? Censée améliorer la formation comme l’armement des policiers, elle est peu appréciée par les intéressés. « Une fois de plus, les Etats-Unis refusent de regarder ce qui se passe chez eux, s’insurge M. Arenas. Avant de venir nous former, qu’ils réduisent leur consommation de drogue ! » Sur son sol, le premier pays consommateur de drogues du monde consacre trois fois plus d’argent à la détention des consommateurs et des trafiquants qu’à la prévention."

-Le Mexique vit dans la violence de la guerre anti-"narcos"

-Mexique: la drôle de lutte antidrogues du président Calderon | Rue89

-Le Mexique confronté à la puissance des narco-trafiquants:
"LE Mexique est pire que la Colombie. En Colombie, l’Etat combat les cartels. Ici, l’Etat, ce sont les cartels », n’hésite pas à affirmer l’économiste Eduardo Rebeles. Pour provocante qu’elle soit, la formule met en évidence la plaie du pays : la corruption."

-Les narcos mexicains posent leurs valises à Los Angeles | Rue89
-Drogues et violence : les espoirs démocratiques du Mexique s’effondrent
-Carlos Fuentes: "Conjuguer sécurité et démocratie"

- Géopolitique des drogues au Mexique
-Le narco-Mexique:
"...M. Calderón commet une grave erreur en ne comptant que sur la force militaire pour casser les narcos. Le Mexique de Calderón ressemble à s'y méprendre, ces temps-ci, à la Colombie d'Alvaro Uribe, où la militarisation de la lutte antidrogue, financée à coups de milliards de dollars depuis le début des années 2000 par les États-Unis, est pourtant loin d'avoir donné des résultats probants.
D'abord, les 25 000 soldats et policiers déployés dans la poignée d'États chauds n'a pas endigué l'activité narcotrafiquante au Mexique, par lequel transite 90 % de la cocaïne colombienne à destination des narines américaines. Au contraire, les cartels -- qui se livrent en parallèle à des guerres intestines sanglantes pour le contrôle des routes de contrebande -- se trouvent en fait à avoir étendu leurs tentacules à presque tout le pays. Évidemment, M. Calderón aurait plus de succès si les narcos ne pouvaient si facilement s'approvisionner en AK-47 dans les gun shows américains et chez les marchands d'armes de Houston et de Phoenix...
Surtout, les gouvernements mexicains successifs n'ont jamais trouvé le courage, pour des raisons qu'on devine, de s'attaquer aux réseaux de corruption et de protection extrêmement complexes liant les gangs aux milieux politiques, judiciaires et d'affaires. En mai dernier, l'aisance avec laquelle les cartels ont pu assassiner l'un des grands chefs de la lutte antidrogue, Edgar Eusebio Millan, a montré le degré d'infiltration criminelle aux seins des structures censées les combattre. À moins que Calderón ne s'attaque aux complicités qui tiennent l'État en laisse, les cartels continueront de prendre de l'expansion et de faire des affaires d'or. "

-Monde diplo :Mexique
- Le Mexique, Etat failli
-Lutte antidrogues: le Mexique sous perfusion des Etats-Unis | Rue89
-La drogue, alibi de Washington en Amérique latine,
-Dedefensa.org : Les armées du Sud:
"... L’article du Washington Times du 3 mars produit un choc, sans aucun doute à cause de ce qu’il décrit des conditions de “militarisation” de ce qui est de plus en plus identifiable comme une “guerre” sur la frontière Sud des USA et au Mexique même. Le choc principal pour l'information spectaculaire, c’est l’information exclusive sur laquelle le journal fait son “accroche”, qui est l’estimation du Pentagone que l’“armée” des cartels de drogue, les soi disant “foot soldiers”, atteint 100.000 hommes. L’armée mexicaine compte, elle, 130.000 hommes.Il est très significatif que le Washington Times se soit adressé au Pentagone pour obtenir une information complète sur la situation. Désormais l’évaluation est qu’il s’agit d’une “crise” de première dimension, et elle vient du Pentagone: «“It's moving to crisis proportions,” a senior U.S. defense official told The Washington Times. The official, who spoke on the condition that he not be named because of the sensitive nature of his work, said the cartels’ “foot soldiers” are on a par with Mexico's army of about 130,000.Les divers organismes de sécurité nationale US placent le Mexique en tête de liste des menaces contre les USA, souvent à égalité avec le Pakistan, ou avec l’Iran, ou avec les deux et, en général, au-dessus de l’Irak et de l’Afghanistan. On a déjà eu des échos de ces évaluations, et les nouvelles qui nous viennent maintenant les confirment...."
- Mexique : les cartels disposeraient de 100 000 « soldats »
-"L'économie du Mexique est infiltrée à 78 %" par les cartels
-Déluge de feu au nord du Mexique - AgoraVox
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-Etat grangrené ?
-L'opium , instrument de pouvoir

lundi 2 juillet 2018

Quel avenir mexicain?

     Avec Obrador aux commandes       [Notes et hypothèses]
                                     Quelles seront ses marges de manoeuvre, dans ce pays en partie en déshérence, où la violence, la loi des cartels et la corruption dominant le quotidien de nombreux Mexicains?
   On peut se prêter à espérer, sur la base de l'exaspération populaire.
-A télécharger-
     Si des espoirs sont permis, il faudra du temps, du courage et de la ténacité pour remettre en fonctionnement des institutions qui ont failli depius longtemps.
     Les cartels notamment défendront le pouvoir qui leur fut laissé sous la pression de la terreur, de la complicité et des intérêts financiers internes et externes.
        Le Mexique peut sortir des ornières où la droite l'a mis depuis des décennies.
             La moitié des Mexicains et le tiers des entreprises du pays déclarent verser des pots-de vin aux fonctionnaires. Selon la Banque mondiale, l’activité économique liée à la corruption aurait représenté 9 % du PIB en 2015 ! Le pays est malade du narcotrafic, comme l’illustre le taux record d’homicides en 2017 (25 339 homicides). Des meurtres en hausse de 58 % depuis l’arrivée au pouvoir de Peña Nieto en 2012, selon le site d’information indépendant Animal politico. L’élection de l’actuel président avait alors été facilitée par les lobbies pétroliers et Televisa, le n°1 des médias au Mexique, au détriment déjà de Lopez Obrador.     La violence n’a pas non plus épargné la campagne électorale. Depuis septembre 2017, au moins 116 personnalités politiques ont été assassinées. et 400 agressées, toutes tendances politiques confondues, à un rythme qui ne cesse d’augmenter à mesure que le scrutin s’approche.
         Les relations, déjà compliquées avec le voisin du Nord, vont devoir changer, pour sortir de la dépendance établie et, actuellement, avec les provocations de Trump
« Depuis quarante ans, avec des hauts et des bas, les présidents américains avaient toujours souligné l'importance du partenariat avec le Mexique, explique Andrew Selee, directeur du Migration Policy Institute de Washington et auteur de Vanishing Frontiers, un livre qui vient de paraître aux États-Unis et raconte comment les deux pays, au-delà des anathèmes, sont en réalité toujours plus interconnectés....
    Malgré les dépendances largement unilatérales.
       « Mais avec Trump, dit-il, c'est la première fois qu'une administration reprend à son compte de tels propos sur les Mexicains...L'époque de l'immigration de masse des Mexicains est terminée, les études montrent par ailleurs que les immigrés commettent moins de crimes que les Américains, mais rien n'y fait : pour une partie du pays, le Mexique symbolise toutes les peurs, poursuit Selee. Donald Trump et ses soutiens n'en parlent pas de façon rationnelle. Pour eux, ce n'est pas un vrai pays, pas vraiment un voisin : c'est une métaphore des maux de la société, le miroir de leur interrogation sur la place des États-Unis dans le monde. ».....Lopez obrador a le projet de défendre les intérêts du Mexique. Ce discours « mexicaniste », qui remet en cause le suivisme des administrations précédentes vis-à-vis du voisin américain, est une des raisons majeures de sa popularité, dans un pays gangréné par les inégalités sociales, la corruption et une sanglante décennie de guerre aux cartels.
    Cette « guerre contre la drogue », menée depuis 2006 et soutenue militairement par les États-Unis, n'a guère eu de résultats probants. Si ce n'est une spirale de règlements de comptes et un atroce bain de sang : 240 000 morts – dont la moitié sous le seul mandat du président sortant Enrique Peña Nieto –, 340 000 déplacés et de très nombreux disparus.
     Depuis dix ans, le Pentagone américain fait ce qu'il veut au Mexique, poursuit Laura Carlsen. La guerre contre la drogue et la gestion de la frontière sont devenues les sujets principaux de la relation entre les deux pays. Pour beaucoup de Mexicains, c'est la preuve que leurs gouvernements successifs ont bradé l'intérêt national. » López Obrador n'a pas promis la fin de la guerre contre la drogue mais il est favorable, dit la chercheuse, « à un nouveau paradigme ». À part une amnistie pour les petits producteurs de drogue, ses projets en la matière restent toutefois peu précis.
  Quant à l'immigration, « Obrador est sceptique sur le rôle de tampon migratoire que son pays joue pour les États-Unis », juge Andrew Selee, le directeur du Migration Policy Institute. « Le Mexique expulse aujourd'hui plus de ressortissants de pays d'Amérique centrale que les États-Unis. Va-t-il pour autant changer de politique ? Pas sûr, à moins que les politiques de Trump vis-à-vis des migrants ne placent ce sujet au cœur de l'agenda médiatique au Mexique. »
   Une guerre qui est aussi économique.
      On attendait le changement... Le narcoétat va-t-il enfin changer de nature, en restaurant l'Etat de droit?
          Est-ce cette fois-ci l'occasion d'un tournant  radical?
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mardi 10 juin 2008

Etat gangrené ?


Le double jeu des USA et de certains Etats vis à vis des narcotrafiquants et de l'argent de la drogue...

-Selon Line Beauchesne, criminologue à l’U d’O: « le marché illicite des drogues actuel est une création occidentale ». Les profits vont essentiellement aux Occidentaux et surtout aux Américains, dit-elle. « Les profits ne vont donc pas aux pays du tiers monde comme on le laisse supposer dans les médias. »

-" L’exemple typique étant celui du commerce de la drogue en Asie centrale qui est intimement liée aux activités secrètes de la CIA. Avant la guerre URSS-Afghanistan, il n'y avait pour ainsi dire presque pas de production locale d'héroïne dans cette région. Puis, en quelques années, les territoires près de la frontière pakistano-afghane devenaient le principal fournisseur d'héroïne pour le marché mondial, répondant à 60 % de la consommation d'héroïne au États Unis. Pendant ce temps, au Pakistan, le nombre de personnes dépendantes de l'héroïne est passé de près de zéro en 1979 à 1,2 million en 1985…
Nombre de dictatures et de multinationales se financent aussi avec la drogue parce que son statut illicite permet d'établir des marges de profit incomparables. La prohibition, en permettant l'enrichissement de ses protagonistes, est donc l'un des premiers facteurs de succès du commerce de la drogue."

-Catherine Austin Fitts était directrice du Dillon Read, une banque d’investissement au Wall Street. Elle dévoila lors d’un congrès les rouages du blanchiment de 500 à 1000 milliards de dollars d’argent de la drogue aux USA
Nous finançons la croissance avec l’argent de la drogue
...Officiellement le directeur de la CIA n’a pas de compte à rendre à la brigade des stupéfiants US. S’il est prouvé que des agents de la CIA ont revendu de la drogue, ils sont couverts par le secret défense. Ainsi dans cette économie souterraine, on ne distingue plus les agents d’état, des mafias installées sur les places financières ou ayant leur propre banque. On ne distingue plus l’intérêt de l’état de l’intérêt des mafias, on ne distingue plus le pouvoir des états, des syndicats du crime. La "Congress Woman" Cynthia Mac Kinney considère qu’aujourd’hui le peuple américain a probablement un syndicat du crime aux commandes du gouvernement...Tous les services occidentaux fonctionnent à peu près de la même manière en acheminant des armes vers les pays qui leur fournissent de la drogue. Ainsi, ils se constituent des cagnottes en vue d’opérations dont les coûts ne figurent pas dans le budget de l’Etat. Ce qui étonne aux USA c’est que ce système s’est institutionnalisé rendant toute l’économie dépendante de l’argent de la drogue. Sans ces centaines de milliards qui gonflent artificiellement l’économie américaine, les USA subiraient une crise plus dure que celle de 1929 ... Une manière de financer la croissance des multinationales, des banques et du Dow Jones est de vendre de la drogue à nos enfants. C’est le business le plus lucratif des Etats-Unis".

-William S. Lind : Le Mexique, Etat failli

"Les processus de la mondialisation, en arrachant des dizaines de millions de paysans à la terre pour les rassembler dans des mégalopoles faites de bidonvilles, ont créé de gigantesques espaces de non droit où prospèrent gangs et mafias de la drogue. Colombie, Brésil, Mexique, sont confrontés à une violence meurtrière endémique, sur laquelle règnent les barons de la drogue et les trafiquants. Mais leur pouvoir ne s’arrête pas à la porte des barrios et des favellas. Corruption, intimidation, liquidations, leur ont permis de gangrener l’état, qui devient une coquille vide à leur service. L’expert militaire William S. Lind décrit le cas du Mexique, qu’il assimile à nouvelle forme imprévue de la G4G, la guerre de quatrième génération..."

-Lutte antidrogues: le Mexique sous perfusion des Etats-Unis:
"....Depuis son arrivée au pouvoir, Felipe Calderon, bien plus que son prédécesseur Vicente Fox, a insisté sur les "responsabilités américaines" dans ce dossier. Les Mexicains reprochent en effet aux Américains de ne pas contrôler la vente d’armes et de ne pas réussir à réduire la consommation interne. Résultat: les narcos se fournissent en armes aux Etats-Unis et les Américains consomment toujours plus de drogues..."

-Les limites de la politique antidrogue au Mexique:
"...Le trafic de drogue au Mexique a été subordonné, depuis sa naissance, à la sphère politique, et cette relation s’est consolidée avec l’avènement de la structure de pouvoir postrévolutionnaire. La relation historique qui liait le trafic au pouvoir politique hégémonique et aux institutions de sécurité et de justice qui en émanaient s’est transformée de plus en plus rapidement, au cours des quinze dernières années, pour évoluer vers une plus grande autonomie relative des narcotrafiquants vis-à-vis d’une structure de pouvoir où le parti d’État a cessé d’être en situation de monopole et où il a perdu progressivement son hégémonie pour devenir un parti simplement dominant puis, récemment, un parti banni des principaux lieux de pouvoir...."

-Qui profite du trafic des drogues ?:
"...« les États-Unis sont devenus les principaux acteurs (à 90 p. cent) de la guerre à la drogue, autant pour des raisons géopolitiques que pour continuer de gérer les problèmes sociaux. »« La situation s’avère extrêmement dangereuse, poursuit-elle, parce que les grands marchés des drogues sont de plus en plus aux mains de forces relativement autonomes. » La solution viendrait de l’Europe qui, de dire la criminologue, amorce un discours extrêmement fort pour modifier les conventions internationales sur les drogues. « L’enjeu actuel est d’unifier l’Europe sur cet enjeu pour former le seul contre-poids suffisamment fort pour contrecarrer la force américaine et ses intérêts dans la guerre à la drogue. »
-Nous finançons la croissance avec l'argent de la drogue

-Commerce sur fond de bruit de bottes
-La drogue, alibi de Washington en Amérique latine
-Le nord du Mexique est ébranlé par la violence des affrontements entre les cartels de la drogue
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-Guerre contre la drogue, arme de l'Etat et instrument de contrôle social
-Narco Etats(Objet application/pdf)
-Le recyclage de l'argent de la drogue...
-La Turquie, plaque tournante du trafic de drogue
-Programme mondial contre le blanchiment d’argent

jeudi 17 mars 2011

Pauvre Mexique!

Evolution inquiétante


Le Mexique sombre (un peu plus) dans la violence

Le bilan est effrayant. Un des pays où l'on meurt le plus de mort violente.
Même si le touriste ne voit rien, de Monterrey à Merida.
Certains diront que la violence est inhérente à l'histoire du Mexique, depuis ses origines aztèques. Une hypothèse discutable, car combien de pays sont nés dans la violence et se sont apaisés avec le temps, les rencontres, les échanges, les brassages culturels?
Le fascinant et merveilleux Mexique est devenu une sorte de narcoétat , avec des ramificatio
ns et des complicités à tous les niveaux, même si c'est la zône frontalière avec les USA qui est la plus touchée (ce n'est pas un hasard), avec le Chiapas.
Le puissant voisin du nord n'est pas étranger à cette gangrène qui gagne, notamment depuis les accords Bush-Calderon. Les enlèvements contre rançon affectent de nombreuses villes du pays. Restera-t-il dans ce pays magnifique beaucoup de havres de paix dans quelques années?
Les métastases gagnent le corps social tout entier. La corruption atteint la plus haute administration, la police, l'armée, le sommet de l'Etat.
La violence semble être devenue "hors de contrôle".
La terreur silencieuse est si répandue qu'elle est devenue une manière de vivre en certains lieux.
Certains osent témoigner, comme certains écrivains ou certains journalistes
___Comme dit l'historien Alèssi Dell'Umbria,

"....Si le Mexique existe encore en 2110, il se souviendra que 2010 aura été l’une des années les plus sanglantes de toute son histoire. La « guerre au narcotrafic » aura fait à ce jour 34 000 morts, et près de la moitié ont été tués en 2010. Une grande partie de ces morts sont considérés comme dommages collatéraux.
_Faut-il dresser l’épouvantable comptabilité ? Le 22 octobre 2010, le journal
Reforma recensait 9 598 exécutions dans le pays depuis le 1er janvier. Mais l’addition augmente d’heure en heure ; ce même jour, 14 jeunes étaient tués dans une fête d’anniversaire à Ciudad Juarez, Chihuahua. Le 24, 13 jeunes en désintoxication étaient tués dans un centre de cure à Tijuana, Basse Californie. Le 28, des pistoleros attaquaient trois bus transportant le personnel d’une maquiladora de Ciudad Juarez, tuant cinq o
uvriers et en blessant quatorze. Le 30, 15 jeunes, dont onze en cure de désintoxication, étaient tués dans un carwash à Tepic, Nayarit. En janvier 2011 le porte-parole du cabinet de sécurité nationale a admis 13 593 exécutions pour toute cette année 2010. Ce qui ferait donc, en rapprochant ce chiffre de celui de la Reforma, 3 995 pour les seules dix dernières semaines de l’année…
_Ceux qui ne font que passer en direction des USA n’échappent pas davantage au danger. Ce sont les
Zetas qui, avec la complicité notoire de la pol
ice, contrôlent le racket des immigrants et exécutent les récalcitrants. Durant le même mois d’octobre 2010, une fosse était découverte à San Fernando, Tamaulipas, à une centaine de kilomètres de la frontière. Les cadavres de 72 immigrants d’Amérique centrale y avaient été entassés. On peut seulement supputer que cette fosse constituait un message…
_C’est que plus la frontière se rapproche, plus le danger se précise. La frontière n’est plus seulement une ligne de démarcation entre le
primer mundo et les autres, faite de murs et de barbelés. La frontière est devenue un rapport social, qui implique la violence – quiconque exploite la frontière en trafiquant doit contrôler les voies de passage, éliminer les concurrents et intimider les mauvais payeurs. La drogue, comme l’immigrant clandestin, sont deux marchandises qui démultiplient leur valeur du simple fait de passer la frontière. À un certain point, cependant, la balance commerciale entre les deux côtés tend à se stabiliser : si la drogue latino traverse la frontière dans un sens, les armes de fabrication yankee la traversent en sens inverse....

Le grand frère yankee, plutôt que d’assumer la « guerre au narcotrafic » à l’intérieur de ses propres frontières, préfère l’exporter au-delà. Histoire de neutraliser un pays qui constitue depuis 1994 une poudrière. Cela fait donc quatre ans que le Mexique tout entier, et plus spécialement le Nord, vit dans un état d’exception non déclaré. L’article 29 de la Constitution permettrait au pouvoir législatif de déclarer un tel état ; les généraux mexicains, gênés de n’avoir aucun cadre légal précis pour soutenir leur action, y seraient favorables. En réalité, la déclaration ne serait plus qu’une formalité juridique, dont le gouvernement peut aussi bien se dispenser. Le général Guillermo Galván, Secrétaire à la Défense nationale, a déclaré en janvier 2011 que la présence militaire dans les rues du pays va devoir durer encore dix ans. Le général regrette qu’il en soit ainsi, et suggère qu’une coopération plus étroite avec les USA pourrait raccourcir ce délais… Il se dit prêt à accepter toute proposition en ce sens. Ce petit chantage semble préparer le terrain à une présence militaire US sur le territoire mexicain, selon les dispositions appliquées en Colombie où, depuis 2009, une dizaine de bases américaines ont été installées en accord avec le gouvernement, au nom de la « lutte contre le narcotrafic et le terrorisme », ce dernier étant assimilé aux mouvements de guérilla. Amalgame sur lequel Hillary Clinton insiste lourdement en évoquant le spectre d’une narcoinsurgencia lors de ses déplacements dans la capitale mexicaine. Ajoutons que des milliers de soldats et d’officiers mexicains reçoivent périodiquement un entrainement militaire en Colombie....
Aujourd’hui, les narcos ne sont plus seulement des trafiquants de substances illicites. L’accumulation primitive qu’ils ont réalisée en si peu de temps leur permet de contrôler des secteurs entiers de la vie sociale, d’investir où ils veulent et de taxer qui ils veulent. Les narcos sont à présent un pouvoir qui a infiltré une société méthodiquement désarmée.
La force capable de les contrer ne viendra pas d’en haut, de l’État, mais d’en-bas, de communautés organisées et armées prêtes à défendre leur territoire. Le monopole de la violence qui caractérise l’État n’a au Mexique plus rien de légitime...
." (Alèssi DELL’UMBRIA, _Oaxaca janvier 2011.)

vendredi 28 mai 2010

BP(ollution): fin du début...?

Barack Obama englué dans la marée noire

-Des dommages immenses et durables, en surface et en profondeur, une "catastrophe terrible" (Obama)...mais pas une fatalité
__Déjà en Alaska, en 2006



-Une pollution longtemps sous-estimée(sans doute l'équivalent d'un Exxon Valdez par semaine), des dégâts sans doute minimisés par la Compagnie _-L'impact environnemental de la marée noire sera "très modeste" selon le patron de BP_, des problèmes sanitaires graves ("L’environnement n’est pas le seul à payer le prix de la corruption, de l’indifférence et des agissements criminels du gouvernement et du secteur privé. Tout comme dans le cas du 9/11, c’est les travailleurs et les équipes de secours qui s’intoxiquent suite à l’utilisation de produits toxiques sans qu’on leur apporte les protections nécessaires. Des pêcheurs rapportent aussi des malaises causés par les produits chimiques utilisés par BP.-François Marginean)
Des conséquences économico-politiques prévisibles...

________-Même si la fuite de pétrole a officiellement cessé dans le golfe du Mexique -[Opération "top kill"]- , ce qui n'est pas encore assuré, les dégâts sont déjà considérables
-Les négligences coupables de BP sont maintenant clairement et publiquement soulignées
-Sous la pression d'une campagne de presse devenue virulente et d'une opinion révoltée, Obama va créer une commission d'enquête, après avoir beaucoup tergiversé, et commence à évoquer la question du tout pétrole et de l'addiction à l'"excrément du diable"...
-Début d'une réflexion majeure sur l'american way of live ou posture de circonstance?
______-
Opération 'Top Kill' pour Obama
-
-L'insupportable impuissance face à la marée noire-
-Le trou noir du Golfe
-BP achète des mots de clé sur Google et Yahoo
-Les marées noires oubliées du delta du Niger
___________________

-
Deepwater Horizon Le geyser de pétrole se poursuit
"Tel que vu dans l’article « Le Tchernobyl des pétrolières », la situation dans le golfe du Mexique n’est guère reluisante. En fait, il pourrait s’agir de la pire catastrophe pétrolière jamais connue. Et cela se poursuit de plus belle : le geyser de pétrole perforé par l’avarice des pétrolières dans une des réserves les plus profondes et pressurisées de la planète continue de jaillir sans arrêt dans le fond du golfe.-Requiem pour le golfe du Mexique-..._
_Les compagnies pétrolières... ont profité d’une protection provenant du Oil Pollution Act qui inclut une limite maximale de $75 millions en responsabilité civile pour les dommages que BP, ou tout autre compagnie pétrolière pourrait être forcée de payer les coûts autres que le nettoyage du pétrole, qui demeure sous leur entière responsabilité.__Pour mettre ce $75 millions en perspective, il faut noter que BP a fait $93 millions de profits chaque jour lors des trois premiers mois de 2010. En d’autres mots, il faut moins d’une journée de profit à BP pour couvrir les frais qui leur sont imposés. Le coût des dommages causés par BP sont enlevés de leurs épaules pour être ensuite placés sur le dos des gens et de la communauté qui doivent alors payer pour ce désastre corporatif. (Source)
__Il y a eu des tentatives aux États-Unis pour faire augmenter ce plafond de $75 millions en responsabilité civile des compagnies pétrolières à $10 milliards, mais elles ont été contrecarrées par la Républicaine de l’Alaska, Lisa Murkowski, qui a opposé son objection.

by SkyTruth

Cette fuite constante de pétrole pourrait être 19 fois pire qu’il a été initialement estimé. Des images vidéos du geyser de pétrole situé dans les profondeurs du golfe du Mexique ont été rendues publiques il y a environ une semaine. Il apparait que ce serait autour de 95 000 barils de pétrole, soit un peu plus de 15 millions de litres, qui s’échapperaient quotidiennement, selon ce qu’a indiqué un professeur en ingénierie au Congrès américain la semaine passée.__________Ces images vidéos ne sont pas venues immédiatement après l’explosion de la plate-forme du Deepwater Horizon, comme il aurait dû logiquement se passer, mais bien un mois plus tard, seulement après que des scientifiques et membres du Congrès aient forcé BP de le faire. BP a d’ailleurs été accusée, en consultation du Congrès, de retenir des informations pertinentes concernant le fond marin, ainsi que de bloquer les efforts de scientifiques indépendants pour déterminer la quantité réelle de pétrole brut s’échappant quotidiennement dans le golfe du Mexique...

__BP a concédé qu’effectivement, il y a beaucoup plus de pétrole qui se disperse dans le golfe du Mexique qu’ils ne le présageaient, alors que le pétrole brut lourd commence à toucher les zones humides de la Louisiane, 35 jours après l’explosion du Deepwater Horizon. D’ailleurs, il semble que ce qui est visible à la surface n’est que la pointe de l’iceberg. En effet, des scientifiques ont découvert qu’il existait de vastes colonnes de pétrole à la dérive sous la surface, dont une mesurant plus de 16km de long, 4km de large et 100 mètres d’épaisseur.__Des chercheurs de l’Institut national de la science et la technologie sous-marine disent avoir détecté plusieurs nappes de pétrole tentaculaire se déployant juste sous la surface de la mer et à des profondeurs de 1200 mètres. Les scientifiques ont déclaré que les dispersants chimiques utilisés par BP dans le golfe du Mexique semblent avoir pour effet d’empêcher le pétrole de faire surface. Essaient-ils de dissimuler le pétrole sous le tapis ?...

Une chose est certaine, ces corridors sous-marins de pétrole s’étendant sur des kilomètresempoisonner et suffoquer le vie marine à travers la chaîne alimentaire, entrainant des dommages pour les décennies à venir. Une menace non seulement à la faune marine, mais aussi pour la pêche commerciale et l’industrie touristique de la Louisiane jusqu’en Floride. Selon Samantha Joye, professeur en science marine à l’Université de la Géorgie, les chercheurs ont trouvé davantage de colonnes de pétrole sous l’eau qu’ils ne peuvent compter. Les principales conséquences de celles-ci sont de retirer de vastes quantités d’oxygène de l’eau par les microbes qui consomme le pétrole, un phénomène amplifié par les dispersants chimiques qui nourrissent ces microbes. Ainsi, cette eau mélangée au pétrole est toxique pour certains organismes et néfaste pour la quantité d’oxygène contenu dans l’eau et cela peut interrompre la chaîne alimentaire à son plus bas échelon, ce qui aura un impact sur les autres organismes qui en dépendent. C’est pourquoi l’écosystème pourrait bien prendre des années, ou même des décennies pour s’en remettre.__le pétrole brut a fait ses premières apparitions sur les berges et dans les marais de la LouisianeEn Floride, on se prépare d’ores et déjà à l’arrivée de ce cauchemar et des impacts sérieux à leur industrie du tourisme. La côte Atlantique est maintenant menacée au fur et à mesure que le pétrole se répand dans la région. et une partie de ce dégât est entrée dans un puissant courant qui pourrait le porter vers la Floride, Cuba et au-delà.

Mais BP insiste qu’il s’agit d’un déversement modéré.__Pourtant, le pétrole visqueux se retrouvant dans le dédale de marais le long de la côte du golfe pourrait se révéler impossible à nettoyer, laissant un ragoût toxique mortel pour les poissons et la faune, selon des fonctionnaires et des scientifiques indépendants. Les fonctionnaires envisagent des solutions radicales et risquées : ils pourraient mettre le feu à des zones humides, ou inonder des zones dans l’espoir de faire flotter l’huile et la récupérer.
Ils ont averti qu’un nettoyage agressif pourrait ruiner les marais et faire plus de mal que de bien. La seule option viable pour de nombreuses zones touchées est de ne rien faire et laisser la nature dissoudre le pétrole. C’est précisément ce que la déréglementation dans le secteur pétrolier a finalement créé : des ravages écologiques.

L’environnement n’est pas le seul à payer le prix de la corruption, de l’indifférence et des agissements criminels du gouvernement et du secteur privé. Tout comme dans le cas du 9/11, c’est les travailleurs et les équipes de secours qui s’intoxiquent suite à l’utilisation de produits toxiques sans qu’on leur apporte les protections nécessaires. Des pêcheurs rapportent aussi des malaises causés par les produits chimiques utilisés par BP. Mais d’un autre côté, les médias ignorent le fait que Goldman Sachs, le Blackstone Group et Apollo Management sont propriétaires de Nalco, le fabriquant du dispersant Corexit utilisé par BP. La question posée par la journaliste Paula Quinlan du New York Times est bien simple : pourquoi utilise-t-on Corexit alors qu’une douzaine d’autres dispersants sont moins toxiques et plus efficaces...___Mais BP a refusé les demandes de l’EPA d’utiliser des dispersants moins nocifs, alors la Maison-Blanche a donné l’ordre à BP de couper de moitié les quantités de Corexit dispersées dans l’eau du golfe du Mexique. Le problème est qu’il y a déjà plus de 2 500 000 litres de dispersants chimiques déversés dans l’eau.___La Garde côtière américaine assure désormais la protection des intérêts financiers des sociétés privées en essayant de censurer une histoire que le public a besoin de connaitre. Comme l’a rapporté CBS News : « Quand CBS News a tenté de rejoindre la plage couverte d’huile, un bateau d’entrepreneurs de BP, avec deux officiers de la Garde côtière à bord, nous a dit de faire demi-tour sous la menace d’arrestation."
La Garde-côtière affirment qu’ils agissent sous l’autorité de BP
: "Ce sont les règles de BP, pas les nôtres". Voir cette vidéo. Ainsi, la Garde-côtière menace des journalistes d’arrestation pour vouloir documenter ce désastre pétrolier.

Conclusion:Personne ne semble savoir quoi faire pour colmater ce puissant geyser de pétrole. BP a essayé différentes solutions, mais aucune ne fonctionnent, et selon la American Association of Petroleum Geologists, on peut envisager que cette situation perdure pendant des années. Une nouvelle donne est le benzène qui s’évapore continuellement dans l’atmosphère et qui présente un danger non seulement pour les personnes âgées et les gens ayant des problèmes respiratoires, mais aussi pour la population vivant dans la région du golfe du Mexique en entier."___.-Par François Marginean

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-Pétrole à tout prix ?


jeudi 19 mai 2022

Un Etat à la dérive

Soumis à la loi des narcotrafiquants

                    C'est une vraie faillite des institutions, face aux tout puissants barons de la drogue, qui continuent de faire la loi, du moins dans les Etats les plus exposés. Le pouvoir est sans moyens, les forces de l'ordre souvent corrompues, un gang chasse l'autre sans ménagement, la population subit les conséquences d'une violence souvent d'une grande cruauté. Le narco-état est soumis à un traitement sans égal, à l'ombre de son partenaire du Nord. Malgré les déclarations et les engagements successifs, rien ne change. Le pays s'enfonce toujours plus dans la tourmente où le droit du plus fort souvent s'impose. C'est comme une guerre. Une histoire déjà longue. Sale temps pour les journalistes et pour ceux qui se trouvent sur le chemin des narcos. C'est souvent un régime de terreur. Le nombre des disparus ne cesse de croître, la violence urbaine ne connaît pas de pause. Les armes circulent, faisant les affaires des marchands US.                                                                                                                                       Les USA , avec lequel le Mexique partage une frontière de 3 000 kilomètres sont le premier consommateur de drogues du monde . Selon le gouvernement mexicain, 90 % des armes saisies aux narcotrafiquants proviennent des Etats-Unis ; 2 000 armes passeraient chaque jour la frontière, du nord vers le sud. L’argent du narcotrafic emprunte cette même route nord-sud et est blanchi dans les banques tant mexicaines qu’américaines avec une facilité déconcertante.        Une guerre qui ne dit pas son nom et qui vient de loin. Une situation qui se dégrade encore depuis 2016.            "...Lorsque le Congrès  des États-Unis vota le Harrison Narcotics Tax Act en 1914, le pavot à opium était cultivé au Mexique depuis déjà longtemps. Cette loi américaine avait pour cibles l’opium et la coca ainsi que leurs produits dérivés. La marijuana, dérivée du cannabis, ne préoccupait pas encore les Américains. À l’inverse du pavot et du cannabis la coca n’a jamais été cultivée au Mexique. La production et la commercialisation de marijuana furent interdites au Mexique en 1920, celles de l’opium en 1926. Les zones de production de pavot à opium étaient alors concentrées dans le nord-ouest du pays, principalement dans les États de Sonora, Sinaloa, Chihuahua et Durango, Sonora et Chihuahua étant frontaliers des États-Unis.


                                                                                                    
« Les Etats-Unis ont reconnu leur co-responsabilité dans cette guerre. C’est un premier pas, mais bien sûr ce n’est pas suffisant », estime M. Alejandro Díaz de León Carrasco, directeur de la coopération internationale au ministère de la justice. Le discours américain ne s’est en effet pas traduit par des actes. Les « narcos » profitent sans encombre de la « sacro-sainte » liberté qui, aux Etats-Unis, permet de posséder des armes. Ce qui n’existe pas côté mexicain. « Nous savons, comme le sait le gouvernement américain, que les trafiquants se fournissent dans les cent mille armureries installées au nord de la frontière ou lors des trois mille foires d’armement [gunshows] qui se déroulent chaque année dans les Etats du Texas, de l’Arizona et de la Californie, ajoute le fonctionnaire. Il suffit d’avoir une carte de résident pour acquérir un, dix ou vingt-cinq fusils-mitrailleurs AK-47. Il n’y a ni limite d’achat ni contrôle sur leur destination. »       Selon les chiffres du ministère de la justice mexicain, 90 % des armes confisquées aux « narcos » proviennent du « grand voisin du Nord ». Et les chiffres augmentent de manière spectaculaire : entre 2002 et 2006, la moyenne des confiscations annuelles était de deux mille cinq cents armes lourdes et quatre cent cinquante mille munitions ; entre janvier et septembre 2008, l’armée assure avoir récupéré plus de neuf mille six cents armes lourdes et un million deux cent mille munitions . Et elle reconnaît que la différence n’est pas la seule conséquence de la lutte du gouvernement, mais bien une augmentation des achats d’armement de la part des narcotrafiquants. Les luttes pour le territoire exigent du matériel.« Le pire, dans ce trafic, poursuit M. Díaz, c’est que l’argent de la drogue est blanchi dans l’industrie d’armement américaine. La route de la drogue et celle des armes sont exactement les mêmes. » Un tel discours peut surprendre : jusqu’à présent, le gouvernement mexicain n’avait jamais fait un tel aveu publiquement. Mais, devant la faible coopération américaine sur le sujet, les langues se délient. Même le très conservateur président Calderón n’a pas hésité à déclarer : « Il est devenu prioritaire de freiner le trafic des milliers d’armes qui proviennent des Etats-Unis et entrent au Mexique. Ce sont elles qui contribuent fortement à l’augmentation de la violence et sont responsables de la mort de dizaines de policiers et de soldats mexicains chaque année...-M. Arenas ne nie pas les faits, mais s’irrite quand on n’évoque qu’un aspect du problème : « On croit toujours que seuls les policiers mexicains sont corrompus. Ce n’est évidemment pas aussi simple. Plusieurs de mes collègues américains viennent d’être incarcérés pour avoir reçu de l’argent des “narcos”. Cela coûte simplement bien plus cher de corrompre côté américain ; dix fois plus cher. Reste que la drogue ou les armes, quand elles passent ainsi la frontière, ont besoin de relais des deux côtés. » Que penser alors de l’initiative Merida, cette aide américaine de 500 millions de dollars reconductible sur trois ans pour le Mexique, et de 50 millions de dollars pour l’Amérique centrale, afin de lutter contre le narcotrafic ? Censée améliorer la formation comme l’armement des policiers, elle est peu appréciée par les intéressés. « Une fois de plus, les Etats-Unis refusent de regarder ce qui se passe chez eux, s’insurge M. Arenas. Avant de venir nous former, qu’ils réduisent leur consommation de drogue ! » Sur son sol, le premier pays consommateur de drogues du monde consacre trois fois plus d’argent à la détention des consommateurs et des trafiquants qu’à la prévention."                          Le trafic d'armes est bien le problème majeur, gangrénant le pays. La presse est menacée. Le problème est politique.  __________

jeudi 15 novembre 2018

Il était une fois, le Mexique

Relations compliquées
                                  L'histoire commence mal avec le nouvel occupant du Nord.
                     Le Texas était en jeu.
         Le secrétaire à la guerre de l'ancien président JacksonLewis Cass, indique que « nous ne voulons des Mexicains ni comme citoyens, ni comme sujets. Tout ce que nous voulons, c'est une portion de territoire
   La destinée manifeste de la jeune  nation en pleine expansion devait se réaliser. Comme disait  John L. O'Sullivan : « C'est manifestement notre destinée de nous répandre sur le continent que la Providence nous a alloué pour y assurer le libre développement d'une population qui, chaque année, se multiplie par millions. »
       La phase actuelle des relations  représente un virage, où il est question de mur, comme promis par Trumpus imperator.

   Un retour aux années trente où tant de Mexicains furent expulsés?

        Mais sans la main d'oeuvre du pays du Sud, l'économie des USA ne tournerait pas ou mal, surtout dans le domaine agricole, où les clandestins sont légions. C'est toujours bon pour les salaires.
    Même si le repli s'annonce, les gardes se renforcent aux frontières, le mur devient problématique, la perméabilité existera toujours.
    L'économie avant tout: des relations asymétriques, indispensables et reconduits, à l'avantage du cousin du  Nord, où la langue espagnole s'étend, pour qui le Mexique reste la variable d'ajustement dans de nombreux secteurs. Les maquiladoras à bas salaires restent une aubaine pour les constructeurs automobiles, notamment.
       Le néocolonialisme continue sous d'autres formes.
 Mais l'avenir du Mexique est incertain.
    Obrador est sceptique sur le rôle de tampon migratoire que son pays joue pour les États-Unis », juge Andrew Selee, le directeur du Migration Policy Institute. « Le Mexique expulse aujourd'hui plus de ressortissants de pays d'Amérique centrale que les États-Unis. Va-t-il pour autant changer de politique ? Pas sûr, à moins que les politiques de Trump vis-à-vis des migrants ne placent ce sujet au cœur de l'agenda médiatique au Mexique. »
   Une guerre qui est aussi économique.

       Mais l'interconnexion entre les deux pays n'est pas prête de s'éteindre, Trump ou pas.      
    On attendait le changement... Le narcoétat va-t-il enfin changer de nature, en restaurant l'Etat de droit?
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