HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)

CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!

Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
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mercredi 16 janvier 2019

Paradoxale Allemagne

Allemagne incertaine
                                      [Quelques notes sur un pays qui (s')interroge]
   Si la France ne va pas bien, l'Allemagne chancelle.
         La compétitivité Outre-Rhin est en question.

 Certes, la croissance reste présente, mais semble moins assurée. Elle est au prise avec les incertitudes européennes et l'isolationnisme US du moment.
   Le secteur automobile est le plus fragile, accentué par un manque de personnel qualifié.
 Le système serait-il arrivé au bout de sa logique, étant donné le contexte international et les incertitudes politiques internes?
  Un excédent budgétaire problématique.
    Le moteur économique semble caler.
La fin de l'euphorie? comme titre un quotidien, malgré une croissance assez robuste pour l'instant.
        Mais il y a la face cachée du système, l'héritage de Schröder, une précarité et une pauvreté qui contrastent avec la rutilante façade et l'insolente résussite relative. Presque 8 millions de personnes concernées.
    Ce n'est pas le pays de cocagne pour 40% des habitants.
     La question   mérite toujours d'être posée:  avec ses contradictions, ses tensions et le nouvel horizon qui se dessine à ses frontières et en interne, où va l'Allemagne?
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mercredi 26 novembre 2025

Aux armes citoyennes!

Pour un réarmement démographique? 

                      Une question centrale, sans doute, mais incertaine et paradoxale.                                                                                                                                                                        L'heure est grave, a-t-il dit. Le réarmement s'impose, même si on peut en rire... On ne va pas suivre les pas de l'Allemagne ou même de la Chine. Il faut réagir, car on va manquer de bras si ça continue.           Même si la baisse récente de la natalité  n'est pas facile à expliquer, même si les causes sont multiples et interdépendantes. . Pour le démographe Hervé Le Bras, l'expression utilisée à l'Elysée est "grotesque":   "....il y a eu beaucoup d’études réalisées sur la relation entre croissance économique et croissance démographique, et on n’a jamais pu mettre en évidence la moindre causalité. L’Allemagne en fournit la preuve : le pays a mieux réussi économiquement que la France en ayant une fécondité, pendant près de 50 ans, d’un demi-enfant de moins qu’en France. ..." Et le type 'économie de demain, de plus en plus digitalisée, va-t-elle demander une main d'oeuvre aussi importante que pendant les périodes antérieures.. On n’est plus du tout aujourd’hui dans cette idée du nombre qui fait la force..."    conformément à la doctrine de Bodin ou des obsessions nationales, voire nationalistes de la III° République, ou de l'après-guerre.         Voilà un signal qui plaît à l'extrême-droite, comme il était au coeur des discours de Pétain, dans la perspective culpabilisante du "redressement national"                 Donner des injonctions ne suffit pas, surtout sans réflexion sur les causes d'un phénomène peut-être provisoire, circonstanciel. Cela relève de la pensée magique. En tout cas, le message passe mal, surtout auprès des femmes. Cela se comprend.


                                                                                   ___                                   
"...C’est une rhétorique nataliste. Ce phénomène est ancré dans le temps long : déjà à l’époque de la IIIe République, il y avait cette idée que les individus « doivent » des bébés à l’État pour participer à l’effort collectif. Historiquement, c’est quelque chose qu’on retrouve dans les mouvements conservateurs - de droite comme de gauche - et qui a été largement dénoncé par les progressistes.   Je n’ai pas connaissance d’un autre usage, dans l’histoire, des mots « réarmement démographique ». Mais simplement faire référence au réarmement, c’est utiliser un champ lexical très viriliste, guerrier et violent. Quand je l’ai entendu, j’y ai immédiatement vu un écho à la période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : une période de développement conjoint du capitalisme et du nationalisme, où sont apparus les termes de « chair à canon » et de « chair à usine », pour parler de personnes qui n’avaient pas de droits, si ce n’est de produire quelque chose pour la nation.  S’inscrire dans cette lignée, c’est tenir un discours très conservateur. L’usage de cette expression rejoint un discours gouvernemental qui met l’accent sur le travail, l’apologie de la productivité... Elle donne une ligne claire : pour répondre à la crise économique et à la crise démographique, il faut se reproduire. C’est un cadre très patriarcal et hétéronormé, duquel découlent plusieurs problèmes.  Si on fonde un projet social sur la reproduction, il y a forcément le risque d’instrumentaliser le corps des personnes qui peuvent enfanter. Ce fut le cas en 1920, au moment de la criminalisation des publicités sur la contraception et de la répression de l’avortement.  Sans que ce soit explicite, ces termes renforcent un projet de société dans laquelle la vie doit suivre un ordre linéaire : le couple, le mariage, la grossesse. Il y a alors le risque que toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans ce modèle, notamment les personnes LGBT, soient encore plus invisibilisées et précarisées....Les politiques natalistes ne sont pas l’apanage de l’extrême droite et ont historiquement été également tenues par la frange conservatrice de la gauche de l’échiquier politique. Toutefois, dans ce discours, il y a aussi l’idée de faire « barrage à l’immigration », et l’affichage d’un choix clair : faire des futurs travailleurs plutôt que d’accueillir des travailleurs immigrés comme cela a été le cas pendant les trente glorieuses, par exemple...".                                                                                  Le natalisme national laisse des souvenirs mitigés.                                                                                   "...Il y a un autre problème qui semble important. À une période ou des associations, des chercheurs et chercheuses n’arrêtent pas d’appeler à transformer nos pratiques, choisir de s’inscrire dans la lignée de la rhétorique capitaliste et nationaliste du XIXe siècle, c’est nier toutes les crises sociales et écologiques que nous vivons. De nombreux chercheurs et chercheuses ont écrit sur les tendances d’Emmanuel Macron à « flirter avec l’extrême droite », aujourd’hui, c’est quelque chose d’absolument décomplexé. Un terme comme « réarmement démographique », c’est un signal extrêmement inquiétant, et qui appelle à la vigilance quant aux évolutions politiques à venir...."                                            _______________________________________________                                                   La question de la natalité n'est pas que franco-français, mais aussi européen et mondial. __ Les démographes sont en pleine interrogation. Ils savent qu'ils ne pratiquent une science exacte (il n'en existe aucune dans les sciences humaines), mais ils se donnent les moyens d'y voir plus clair dans les mouvements de populations à un moment donné et surtout les tendances profondes sur le long terme ou le court terme. Modifications sur le taux de natalité, qui a des incidences sur l'histoire d'un peuple ou d'un continent, chutes brutales d'une population après un événement naturel, comme la peste noire ou une profonde modification climatique, etc... Autant d'objets d'étude qui peuvent en apprendre beaucoup sur l'histoire locale, régionale, voire mondiale...                                                                                                                                                   Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes en la question s'interrogent sur les tendances de la population mondiale, qu'on a vu monter rapidement depuis le début de l'ère industrielle. Assistons-nous en ces dernières décennies à une chute programmée de la population mondiale, de manière différenciée, une chute qui ne serait pas provisoire, mais tendancielle, sous l'effet de facteurs divers, naturels comme culturels? Certains pays s'interrogent déjà sur une moindre natalité en leurs sein, leur apparaissant problématique en leur, comme l'Allemagne qui peine à renouveler sa population. Mais ce pays n'est pas le seul. D'autres voient leur natalité baisser régulièrement, comme certains pays de l'Afrique du Nord, tandis que le Sahel connaît une explosion problématique, pour des raisons surtout culturelles. La démographie peut souvent aider l'historien sur les modifications profondes à venir.   


                                                                                 __  La France n'est plus la grande puissance quelle était au XVIII° siècle, mais sa politique de soutien familial lui permet de ne pas être affectée comme certains de ses voisins. Mais des données nouvelles pourraient modifier la tendance: les effets (relatifs) de la covid sur l'espérance de vie, les données récemment enregistrées sur la baisse de la fécondité masculine, les résistances psychologiques liées à une certaine angoisse écologique...Quelques facteurs partiels qui ne sont pas sans doute à eux seuls des éléments explicatifs, mais qui contribuent à mieux saisir ce qui s'annonce sans doute comme une régression, voire une stabilisation de la population mondiale. Ce qui ne serait pas en soi un drame, si l'économie s'adapte aux nouvelles donnes, ce qui serait pour d'autres une chance de voir se réduire une pression excessive sur le milieu vital, aux ressources limitées. Un débat en cours qui n'est pas anodin...                                                                                              En tout cas la "bombe démographique" n'aura pas lieu, si les tendances constatées continuent à se vérifier. Des questions d'ordre moral et politique se posent. Faut-il d'urgence "arrêter le enfants" comme il est parfois préconisé?... Un grand défi attend l'humanité, que ne résoudront pas les démographes, qui ne peuvent que poser des diagnostics à partir de leurs données chiffrées et de leurs projections et leurs hypothèses..   ___________________

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mercredi 8 mai 2019

Point d'hitoire (1)

Mai 1945                                                                   [éléments pour une recherche]
                 Ils furent environ un million, du moins au début.
   Un million de soldats allemands prisonniers des forces alliées, sur le territoire français ou ailleurs, qui furent mobilisés pour travailler au titre de la reconstruction du pays, selon le principe: qui détruit répare.

   Un épisode mal connu jusqu'ici et vite oublié, mais qui laissa des traces.
  L'armée américaine concéda à la France une charge qu'elle ne voulait pas ou ne pouvait pas assumer elle-même.
       On trouvera ici de nombreux détails à approfondir sur une question refoulée, mais qui revient sur le devant de la scène, notamment par l'intermédiaire d'un livre lu récemment, qui se fait l'écho du témoignage d'un soldat allemand, capturé en Norvège, mais qui se retrouva pas hasard en France dans des conditions parfois extrêmes, à peine imaginables, pour être affecté notamment dans des opérations de déminage dans l'Ouest du pays. Jusqu'en 1948, le début de la guerre froide amenant les rapports franco-allemands à évoluer vers une certaine formes de réconciliation. Pour le cas du premier conflit, ce fut au maximum 1920.
    C'est en lisant le livre de Werner Schneider, écrite pas sa fille sous sa dictée, que l'on peut prendre un contact intime avec un aspect de cette captivité paradoxale. 
    Oui, ce fut vraiment un sale temps pour les Allemands, dont beaucoup vécurent dans des conditions à peine descriptibles, subissant la vindicte ou au mieux le mépris ou l'indifférence et affrontant des conditions matérielles parfois terribles. Le boche paiera, cela paraissait la norme, sauf dans les campagnes où les relations au travail furent moins rudes et où certains prisonniers se fixèrent définitivement, souvent pour ne pas retourner dans l'Est d'une Allemagne encore exsangue. Les institutions de la Croix Rouge ne fit pas vraiment leur. travail.
      La question resta longtemps taboue, comme les conditions souvent arbitraires et cruelles de certaines détentions. Les archives ne manquent pas, ainsi que de nombreux documents.  (1)
  Un dossier toujours controversé, plus par les conditions d'existence des "PG", que par le fait de leur mise au travail forcé, dans des conditions très contrastées.
     L'historien Théofilakis a consacré sans doute une des meilleures études sur ce phénomène auquel mirent fin les aléas de l'histoire, au cours de cette période tragique. (*):
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      (*)        "...Les 700 000 prisonniers allemands se sont vite transformés en main-d'oeuvre bon marché. Histoire inédite d'une captivité qui marqua les prémices de la réconciliation.  "Il est si gentil, Rodolf." A Chambéry, le patron qui l'emploie depuis 1945 comme ouvrier carrossier ne tarit pas d'éloges sur les manières irréprochables et le fabuleux rendement de son prisonnier de guerre allemand. Rodolf mange à la table familiale, accompagne ses hôtes à la promenade du dimanche et reçoit même en cadeau un dictionnaire pour améliorer son français. Un scandale aux yeux du Dauphiné libéré, qui s'émeut en août 1946 : "A lui, évidemment, nous n'avons rien à reprocher. Il aurait bien tort de repousser la gentillesse de la famille. Mais contre celle-ci - et tous ceux qui ont souffert de l'Occupation seront d'accord avec nous -, nous demandons à M. le préfet des sanctions sévères."     L'épisode est révélateur de la situation créée par la présence en France de 700000 prisonniers allemandsentre 1944 et 1948. Une étrange captivité de guerre en temps de paix, étudiée par Fabien Théofilakis dans cette somme nourrie d'archives inédites. Histoire oubliée aux conséquences pourtant décisives sur l'avenir des relations franco-allemandes. _____Entre punition et rachat: Parmi ces prisonniers, 70% ont été cédés aux Français par les Américains, qui se délestent ainsi d'une charge onéreuse. Renversement des rôles : la défaite du Reich fait de l'occupant un captif de l'occupé. Après quatre années de souffrances et de ruines, l'Allemand doit payer. Insultes, crachats, coups de crosse, entassement dans des camps insalubres où sévissent le typhus, la faim, le froid : les soldats tombés sous la coupe des Français commencent leur captivité dans des conditions douloureuses. Prévoyant une catastrophe sanitaire, la Croix-Rouge sonne l'alarme dès 1944. 
     Comment employer ces centaines de milliers de bras ? Ils répareront tout simplement ce qu'ils sont censés avoir détruit. Pour les vainqueurs, ce labeur forcé vaut à la fois punition et rachat. Par dizaines de milliers, les prisonniers vont travailler au fond de la mine. A eux de gagner la bataille du charbon ! D'autres seront affectés au secteur agricole ou aux travaux de déminage. N'est-ce pas à ceux qui ont posé les mines de les enlever ? Il y en a plus de 100 millions sur le territoire.
    Peu à peu, la logique de rentabilité l'emporte pourtant sur la volonté de punir. Au fil des mois, les prisonniers sortent des camps pour participer à l'économie civile et sont placés chez des particuliers. A travers ces contacts quotidiens, les relations entre vainqueurs et vaincus se libèrent du manichéisme hérité de la guerre. Avant de s'évader, le captif d'un notable de Pauillac, en Gironde, lui laisse ces quelques mots : "Travail bon, mangé très bon, contant très bon. Mais liberté." 
     La captivité allemande, souligne Théofilakis, fut une étape capitale sur la longue route menant du statut de "Boche" à celui de compatriote européen. Un premier pas vers la réconciliation. A l'heure des débuts de la guerre froide, elle fut aussi un enjeu diplomatique entre la France et les Etats-Unis, soucieux de faire se relever l'Allemagne face à la menace communiste.  (Les Prisonniers de guerre allemands. France, 1944-1949, par Fabien Théofilakis. Fayard, 758p)
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- Prisonniers de guerre français en 1914-1918
-        "                   "       allemands "   "
-         "                   "       français    en 39-45
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- Retour  sur quelques vérités
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lundi 13 février 2017

Turquie : vers le sultanat

     Erdogan fait un pas de plus...
             ...Vers le renforcement de son pouvoir personnel et un avenir de plus en plus incertain.
       Après le troublant coup d'Etat manqué, la répression continue.
  La presse, logiquement, en est une des premières victimes.
          Erdogan est en route vers une concentration de pouvoirs encore plus larges.
     Vers une nouvelle forme de sultanat:
....Le projet de réforme constitutionnelle qui doit être soumis à référendum à la mi-avril prévoit le basculement de l’exécutif entre les mains du président sans contre-pouvoir.
      Les électeurs turcs se rendront aux urnes, le 16 avril, poudécider si oui ou non ils acceptent le renforcement des prérogatives du président Recep Tayyip Erdogan, neuf mois après la tentative de putsch qui a failli le renverser dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016. Vendredi 10 février, le chef de l’Etat a signé la loi modifiant la Constitution, ce qui ouvre la voie à l’organisation d’un référendum pour une « hyperprésidence », une concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul homme, à un niveau jamais vu en Turquie ....
    Au-delà du costume d’« hyperprésident » que M. Erdogan est pressé d’endosser, un nouveau roman national est en train d’émerger. « On va reconstruire l’Etat à partir de zéro », avait-il prévenu quelques jours après le putsch manqué du 15 juillet 2016. La rupture n’est pas nouvelle. Depuis leur arrivée au pouvoir en 2002, les islamo-conservateurs n’ont qu’une idée en tête : « fermer la parenthèse du kémalisme ». Pour eux, le projet modernisateur de Mustafa Kemal, dit Atatürk, la figure tutélaire du pays, a manqué son but. La laïcité tout comme l’arrimage à l’Occident sont des orientations dépassées...
     C'est le soutien confirmé à l'islamisme à la turque et la fin définitive du kémalisme
     On assiste au passage de ce qu'on a appelé une démocrature à une nouvelle forme de dictature...
         Le silence  de l'Europe est assez assourdissant face au caratère louvoyant de la politique d'Ankara.
    Avec l'Allemagne,  l'ambiguïté est de rigueur.
     Le rapprochement tardif avec Moscou sur la question syrienne est parfaitement intéressée et instable.
         Outre les problèmes énergétiques, la question kurde reste plus que jamais dans les préoccupations du régime, dont la paradoxale popularité ne se dément pas.
    La Turquie est partie pour des aventures périlleuses, comme beaucoup de voix d'opposants, souvent partis du pays, le disent à forte voix, comme Asli Erdogan.
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_ Le retour de l'ordre islamique
_ Islamisation de la modernité:
                 "...C'est à partir de cette perspective qu'apparaît une autre constante d'Erdogan, en l'espèce, sa capacité à rebondir et son habilité, sinon son flair politique. Celui-ci lui a manqué au moment des printemps arabes, lorsqu'il a été littéralement intoxiqué par les fausses informations ou les approximations fournies par les opposants, islamistes ou pas (relayées avec complaisances par les médias, occidentaux notamment), aux régimes autoritaires et "laïcs" en place en Tunisie, Egypte, Lybie, et surtout en Syrie.
     Mais sa résilience personnelle est apparue au grand jour lorsqu'après un revers aux législatives du printemps 2015, il a réussi à rebondir, opportunément, lors d'une "session de rattrapage" quelques mois plus tard, servi par un mystérieux attentat en octobre de la même année qui loin de le desservir lui a permis de rallier une partie de la population inquiète d'un saut dans l'inconnu et à nouveau séduite par la rhétorique de l'homme fort, seul capable de stabiliser le pays.
    De même que sa capacité à terrasser ses opposants issus de la puissance confrérie guleniste (autrefois alliée) et les derniers kemalistes de l'armée et au sein de l'appareil judiciaire, s'est concrétisée à la faveur du coup d'Etat manqué de juillet 2016 (ce que l'on a aussi appelé le "coup dans le coup"). Cependant, cette possible renaissance d'une AKP enfin sortie d'une zone intense de turbulence reste sous la menace d'une "épée de Damoclès" avec la question kurde, qui menace l'unité nationale, et qu'Erdogan aurait à dessein réactivée dans une fuite en avant nationaliste, afin de rassembler de la façon la plus large autour de lui et aussi pour faire taire les critiques visant sa politique étrangère ou les performances économiques, moins brillantes que par le passé.
    Cette épineuse question, d'une forme de soutien à ce que certains n'hésitent plus à qualifier de stratégie d'entrisme frero-musulman, ou de diplomatie "géo-culturelle" en France, et ailleurs en Europe, explique, en grande partie, la perception biaisée voire irrité qui caractérise, désormais, la relation entre la Turquie et l'UE, notamment quant au cahier des charges qu'elle entend imposer, non sans résistance, à Ankara.
   Il est aussi une autre question complexe, tout aussi polémique, quant à la réelle capacité, voire la volonté d'Ankara d'aider l'UE dans sa nouvelle politique migratoire, à l'aune des six milliards d'euros que les Européens ont promis de mettre à disposition d'Ankara pour éviter que les migrants ne se rendent en Europe.
    Autant d'incertitudes qui doivent amener les occidentaux à juger, à l'avenir, le pays moins quant à ses comportements passés voire son discours souvent maximaliste, mais sur ses actes et sa capacité à sortir d'une certaine ambiguïté, en particulier en politique étrangère. Ainsi, et alors qu'il n'existe pas de consensus sur le fait de savoir si la Turquie est aujourd'hui ou pas une "République islamique" ou est en passe de le devenir, une question majeure reste de savoir si Erdogan cherche véritablement à moderniser l'islam comme il le prétend parfois ou est-ce qu'il ne vise pas plutôt islamiser la modernité, y compris par le biais de relais pro-turcs en Europe ?..
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vendredi 6 juillet 2007

Edf. Privatisation


Privatisation EDF : le courant ne passe plus
DATE DE PUBLICATION EN LIGNE : 2 JUILLET 2007 AIDE
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EDF péterait-il les plombs ?

Marcel Boiteux, président d’honneur d’EDF, s’exprimait récemment sur le processus de privatisation de l’entreprise qu’il dirigeait autrefois : "Il ne s’agit plus d’ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d’élever les prix pour permettre la concurrence." (Revue Futuribles de juin 2007) (1)

Ce paradoxe apparent nous met face à un des problèmes majeurs que soulève la question de la privatisation de cette entreprise pas comme les autres, qui connaît aujourd’hui son ouverture officielle.

Le problème a été déjà analysé sur Agoravox, notamment par Forest Ent, mais il serait bon aujourd’hui d’y revenir un peu, le processus de privatisation étant enclenché. Mon but est limité, m’exprimant comme citoyen de base, consommateur d’énergie, et non comme expert... Je veux seulement souligner les grands points qui me paraissent faire problème, qui sont au cœur des débats d’aujourd’hui et qui n’ont pas fini de hanter ceux de demain :

- Si on fait un bilan de l’ouverture de la concurrence, on constate que, quel que soit le pays, les prix du marché se sont envolés : 39 % en Espagne ; 49 % en Allemagne, 67 % en Finlande, 77 % en Suède, 81 % au Royaume-Uni, 92 % au Danemark... En France, les entreprises qui ont choisi de sortir du marché public ont subi une augmentation moyenne de 76 %, les tarifs EDF restant relativement stables. Situation pour le moins paradoxale : l’ouverture au privé devait faire baisser les prix...

- L’ouverture à la concurrence pousse au sous-investissement. Investir dans les services en réseaux coûte cher. Il faut le faire là où le retour sur investissement prend du temps, beaucoup de temps... Cela n’est pas compatible avec la logique des marchés financiers, qui n’opèrent qu’à court terme. Ce qu’analysent lucidement Marcel Boiteux, ainsi que l’économiste Fitoussi. La volatilité des prix sur le marché de l’électricité et l’absence de visibilité sur leur évolution renforcent cette tendance au sous-investissement qui produit inévitablement des risques grandissants de ruptures d’approvisionnement des usagers

- De plus, l’électricité ne peut se stocker. L’ajustement constant de l’offre à la demande est un équilibre qui est déjà difficile à assurer pour un seul opérateur. Si on multiplie les intervenants, surtout avec leurs objectifs de rentabilité immédiate, on peut se demander comment cela pourra être gèrable (voir l’exemple californien).

-Le transport de l’électricité ne se fait pas sans pertes importantes. Quel sens cela a-t-il de produire de l’électricité dans un pays pour aller le revendre très loin de là ? N’est-il pas surréaliste de parler d’un "grand marché européen de l’électricité" ? Et plus les réseaux sont interconnectés, plus les risques de dysfonctionnement peuvent augmenter (voir les pannes géantes de novembre 2006 en Europe).

- Au moment où les problèmes du réchauffement climatique nous obligent à des choix fondamentaux en matière énergétique, à des orientations nouvelles, la concurrence n’est certainement pas le meilleur moyen de prendre les bonnes décisions pour l’avenir. La sobriété énergétique s’impose. Or la libéralisation n’est pas compatible avec des choix judicieux dans ce domaine. Aucune entreprise, rivée sur son chiffre d’affaires, n’a intérêt à ce que la consommation diminue. Elle incite donc au gaspillage.

- Des problèmes de sécurité risquent de se poser, car les marchés vont avoir tendance à prolonger au-delà du raisonnable la durée de vie des centrales nucléaires (au-delà de 2050 pour les plus récentes). On peut redouter aussi une réduction des frais de maintenance, au nom de la réduction des coûts, la masse salariale servant de variable d’ajustement.

Il apparait donc que l’électricité est un domaine qui semble échapper à la théorie libérale, car la concurrence n’y est pas totale. Il n’y a qu’un seul réseau de transport pour plusieurs producteurs. RTT doit gérer l’ensemble en ajustant en permanence l’offre et la demande d’un produit qui a la particularité d’être non stockable. Comme dit Marcel Boiteux « l’électricité est un cas extrême, pour ne pas dire un cas d’école, des exceptions à la théorie libérale. ». De plus, les nouveaux défis qui nous attendent en matière d’investissement exigent une stratégie industrielle cohérente, des choix politiques à long terme ne sont pas compatibles avec une vision étroitement libérale.

L’ouverture européenne a défavorisé les consommateurs français. Le consommateur allemand bénéficie du nucléaire français, mais le consommateur français paie le prix plus élevé de l’électricité produite par les centrales allemandes au charbon, plus onéreuses. Les prix risquent de monter encore rapidement, « certains producteurs trouvent un intérêt stratégique à demeurer en sous-capacité chronique : les prix monteront sur le marché et ils seront en quelque sorte récompensés de ne pas avoir investi » remarquent
des spécialistes de RTE, dans un ouvrage : "Les Réseaux électriques au cœur de la civilisation industrielle ".

Certes l’Etat doit garder au moins 70 % du capital d’EDF. Mais la partie cessible vaut aujourd’hui 23 milliards d’euros Comment l’Etat résistera -t-il à ne pas céder de nouveaux actifs ? N.Sarkozy ne l’avait pas exclu pendant sa campagne électorale...

(1)http://www.faitpasser.org/spip.php?article62 (ouvrir le dossier PDF)

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/09/45/99/ceco-henry.pdf

http://www.ofce.sciences-po.fr/fitoussi/presse/obs_24-10-05.html

http://www.reseau-ipam.org/aitec/colloque/documents/jeanmarcelmoulin.pdf

http://forum.alta.bz/kikoi2007/Programme-de-Francois-Bayrou/edf-gdf-sujet_31_1.htm

http://www.appeldes200.net/imprimer.php3?id_article=1156

http://www.dossiersdunet.com/spip.php?article645

http://www.dossiersdunet.com/rubrique63.html

http://sudenergieedf.free.fr/sections/EDF/CR/exégèse.h


ZEN (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=26451)

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mardi 17 mars 2015

Questions en débat

1. ___   Pour une Europe viable, Yanis Varoufakis propose d'autres pistes 
                              Un des hommes-clés du redressement en cours de la Grèce, toujours dans l'incertitude,  prend un peu de recul.
        Il fait un rappel assez pertinent de ce que  N.Kaldor disait à une époque:
                     "...En mars 1971... Nicholas  Kaldor, écrivit la chose suivante dans un article publié dans The New Statesman, qu'on peut juger prémonitoire :
« …C’est une dangereuse erreur de croire qu’une union économique et monétaire peut précéder une  union politique,  ou qu’elle agira (selon les termes du rapport  Werner) ‘comme un catalyseur pour l’évolution vers une union politique dont, à long terme, elle ne pourra se passer pour fonctionner.’
Car si la création d’une union monétaire et d’un contrôle   communautaire   sur   les   budgets   nationaux   engendre   des   pressions   qui entraînent l’écroulement du système tout entier, il empêchera le développement d’une union politique, au lieu de la promouvoir. »
         Malheureusement, l’avertissement prophétique de Kaldor fut ignoré et remplacé par un optimisme touchant selon lequel l’union monétaire forgerait des liens plus forts entre les nations européennes et que, à la suite de grandes crises du secteur financier (comme celle des années 2000), les circonstances forceraient les dirigeants européens à mettre en place l’union politique qui avait toujours été nécessaire..."

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2.___.  Question taboue, mais récurrente, car jamais trop éclaircie ou renvoyée...aux calendes grecques:
          Ce que l'Allemagne doit à la Grèce

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3.   2015: un tournant dans les relations USA/Russie?
                            Peut-on reconstruire la confiance entre Obama et Poutine?
Le problème de l'Ukraine, en partie fabriqué, continue à empoisonner le climat diplomatique.
     L'antipoutinisme primaire se donne souvent libre cours
            Ray McGovern est un des rares aux USA à inciter à reconstruire la confiance entre Obama et Poutine, en prenant des distances avec la pensée néoconservatrice qui fait pression à la Maison Blanche.


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4.____ Droit du travail:
                                        Un droit du travail trop lourd ou plutôt mal respecté?  Dans le cadre du détricotage du droit du travail, c'est plutôt la flexibilité et l'allégement qui est d'actualité.
                   "... Si la justice est si peu sensible au droit du travail, c’est aussi parce que ce droit est délégitimé par le pouvoir politique lui-même. Le droit du travail est d’abord délégitimé par un discours idéologique récurrent, pour ne pas dire omniprésent : l’idée selon laquelle le droit du travail serait « trop rigide », « trop complexe », un « frein à l’emploi », à la « croissance », etc. Ce discours pour le moins « compréhensif » est remarquable sur fond d’inflation du discours sécuritaire fustigeant depuis près de 20 ans un supposé « laxisme » judiciaire.
Un tel discours a pour conséquence de légitimer les employeur(euses) en infraction, qui non seulement ne se vivent pas comme des délinquant(.es), mais se sentent conforté.es à contester le bien-fondé des contrôles de l’inspection du travail. Fanny Doumayrou relevait que « la déréliction qui frappe ce corps de fonctionnaires s’explique en premier lieu par l’injonction paradoxale qui fonde sa mission : maintenir dans les clous du code du travail des chefs d’entreprise que les gouvernements encouragent par ailleurs à prendre leurs aises ; offrir un garde-fou contre l’exploitation, mais sans jamais recevoir de l’Etat, également garant de la liberté d’entreprendre, les moyens d’assurer une réelle protection des salarié(es) »
   Mais surtout, ce discours s’est incarné depuis 30 ans en une succession de réformes visant à déréguler le droit du travail. Ce processus s’est accéléré ces 10 dernières années, avec l’extension continue des possibilités de déroger, par  accord collectif, à la loi au code du travail dans un sens défavorable aux salarié.es. La loi a ainsi perdu de son importance au profit de la règle négociée. Parallèlement s’est opéré un renversement de la hiérarchie des normes au sein de la négociation collective avec primauté à l’accord d’entreprise, c’est-à-dire là où le rapport de force est le plus défavorable aux salarié(es). On observe ainsi un mouvement de fond vers un éclatement et une individualisation de la règle de droit, notamment sur des sujets aussi importants que la durée du travail, la rupture du contrat, la majoration des heures supplémentaires,…) Mouvement de fond qui a pour effet d’éclater le salariat et sa capacité de réponse collective..."
   ____ Il existe des patrons décomplexés concernant le droit du travail: Lors des entretiens filmés de Royaumont, Alexandre de Juniac s’est dit prêt à remettre tous les acquis sociaux en cause, y compris l’interdiction du travail des enfants et le droit de grève. Pas étonnant que les syndicats de la compagnie aérienne ne veuillent plus discuter avec lui....
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Posted by Etienne Celmar at 09:07 Aucun commentaire:

lundi 3 décembre 2018

Après la sidération

La réflexion
                    « La vérité et la politique sont en assez mauvais terme. » Hannah Arendt
                    Point de vue:
                                      Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung appelait mercredi Emmanuel Macron à jouer l’ouverture à l’égard des « gilets jaunes ». « Dans une démocratie, cela ne suffit pas d’avoir raison », avance le journal munichois. Sauf que le problème réside peut-être précisément dans cette certitude d’avoir raison. Nourrie par l’hypothèse d’une « inculture économique des Français », cette vision semble, en réalité, être un des nœuds gordiens de cette crise.
    Face aux demandes venues d’en bas, le pouvoir répond en effet par plusieurs « impossibilités » qui seraient dictées par la macroéconomie. Les deux principales sont l’impossibilité de réduire le poids de la fiscalité en maintenant le même niveau de service public et l’impossibilité d’augmenter davantage les salaires, et singulièrement les bas salaires, dans le contexte de la compétition internationale.
       Dès lors, il ne reste plus aux mécontents inquiets pour leur pouvoir d’achat qu’à accepter la logique défendue par Emmanuel Macron : gains de compétitivité coûts et déconstruction du système social. Mais qu’en est-il vraiment ? Quelle est la valeur de ces deux impossibilités ? Sont-elles gravées dans le marbre de la science, ou sont-elles des choix politiques ? Et alors en quoi représentent-elles des impossibilités ?
    Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin… Pas un qui n’ait répété ces derniers jours la même ritournelle : il est « paradoxal » de réclamer moins d’impôts et plus de services publics. Pourquoi ? Le 27 novembre, le président de la République a dénoncé cette « injonction paradoxale » : « Nous ne pouvons pas demander de manière indifférenciée sur la même affiche ou dans le même slogan : “Baissez les taxes et créez-nous plus de crèches, plus d’écoles, plus de droits, plus de services publics .” »
     Pour lui, cela relève de la démagogie et « finit sincèrement très mal ». Emmanuel Macron ne décrit pas ici cette mauvaise fin, mais elle a été développée par Édouard Philippe : c’est l’épouvantail de la dette publique. Voici donc le schéma de l’impossibilité mise en musique par le pouvoir : vous voulez payer moins pour avoir plus, ce qui va faire exploser la dette et saper la confiance des marchés. Les taux vont alors exploser et cela mènera nécessairement à une crise économique et financière majeure. Autrement dit, il faut choisir entre la baisse des taxes et la bonne gestion nécessaire des finances publiques.
     Cette démarche pose cependant plusieurs problèmes. Le premier, c’est que ce mécanisme est loin d’être évident. Si le ratio dette publique sur PIB est une aberration statistique qui compare un stock composé de dettes de divers montants et maturités à un flux, le PIB, qui n’est pas dirigé directement vers le remboursement de la dette, est souvent avancé pour prétendre à une « non-soutenabilité » de la dette. Les investisseurs observeraient ce ratio pour savoir s’ils prêtent ou non à l’État concerné.  
     Or, on constate que ce n’est pas le cas. Certains États peuvent être en crise avec un ratio faible (c’était le cas de l’Espagne et de l’Irlande) et d’autres être des rocs de confiance avec un ratio très élevé (c’est le cas du Japon ou des États-Unis). La France a plutôt tendance, du reste, à être dans cette dernière catégorie. Les taux demandés à la France (0,74 % pour le 10-ans mercredi 29 novembre) sont ainsi plus proches de ceux d’États moins endettés comme l’Autriche (0,64 % pour le 10-ans, avec une dette publique de 78 % du PIB) que de ceux de l’Espagne (1,5 % pour le 10-ans, pour 98 % du PIB de dette publique).
    Il n’existe pas de règles dans ce domaine et il est donc mensonger d’affirmer qu’il en existe une. La dette est, pour reprendre le titre d’un ouvrage récent de l'économiste Jacques Rigaudiat, une « arme de dissuasion sociale massive ». On l’utilise pour pouvoir obtenir une adhésion nécessaire à la politique de déconstruction du système social en vertu d’un « ordre économique transcendant » que Friedrich von Hayek, le penseur du néolibéralisme, appelait « catallaxie ».
     Mais cet ordre est immanent, il est le fruit d’un choix politique. Car, on l’oublie souvent, la dépense publique est… une dépense. Elle contribue donc à l’activité économique. Construire une école ou une crèche, donner de nouveaux droits ou créer des services publics, pour reprendre les exemples d’Emmanuel Macron, sont autant d’éléments qui, comme la dépense privée, alimentent l’économie à court et long terme.
    La dette n’est pas le produit d’un « trou noir » où l’argent public serait dissipé. C’est le cas dans certains pays fortement corrompus, où cette dépense peut aller alimenter des fortunes personnelles qui s’enfuient à l’étranger. Ce n’est pas le cas en France. Le mal, ce n’est donc pas la dette publique. Et, contrairement à ce que prétend cet éditorialiste du Monde dans cette analyse sur l'« inculture économique » des citoyens, il n’existe pas, loin de là, un consensus sur son caractère néfaste dans la communauté économique.
     Car l’économie n’est pas statique. Dans le choix imposé par Emmanuel Macron, on a le sentiment qu’une baisse d’impôts ne produit rien et que de nouveaux services publics ne produisent rien non plus. Si l’on enlève des recettes, on doit donc couper proportionnellement dans les dépenses afin de ne pas alourdir le déficit. Dans cette vision, il n’y a pas d’effet des recettes sur les dépenses, et inversement. Il faut choisir, nécessairement. Tout ceci relève de l’habituel anthropomorphisme des néolibéraux, qui usent et abusent de la comparaison entre les États et les ménages. Lorsqu’un ménage a moins de ressources, il lui faut s’endetter ou réduire ses dépenses.
     Mais on ne raisonne pas ici dans le vase-clos d’une économie domestique. Le raisonnement doit être macroéconomique. Or, un État agit sur l’activité : c’est ce qu’on appelle l’effet multiplicateur. Si l’on baisse les impôts, on peut ainsi avoir un dynamisme économique renforcé en favorisant la consommation ou l’investissement. La croissance est plus forte et, partant, les recettes fiscales de l’État, qui peut donc dépenser plus sans s’endetter davantage. En passant, on peut même faire baisser l’absurde ratio dette publique sur PIB nominal en agissant sur ce dernier 
     Or, certains « gilets jaunes » demandent précisément des baisses d’impôts ciblées sur les classes les plus susceptibles d’en faire profiter l’ensemble de l’économie, y compris l’État. Leurs exigences, qu’on peut discuter du point de vue du consentement à l’impôt ou de l’efficacité réelles des dépenses publiques en termes de redistribution, ne sont pas « impossibles », ni « irréalistes », mais au contraire fort cohérentes.
     En réduisant l’impôt sur les plus prompts à consommer, on favorise davantage la croissance, donc les recettes fiscales. Ce que l'on ne fait pas en défiscalisant l'entreprise et le capital. Ceci suppose évidemment de préserver le système de financement et de redistribution du modèle social (donc la cotisation que le gouvernement a attaqué de front). Mais, bien ciblée, une baisse d'impôt sur les plus fragiles peut répondre à une demande de pouvoir d'achat et donner des moyens à l’État d’investir dans les services publics. On le voit, l’inculture économique n’est pas toujours où l’on croit. Et ne saurait se justifier que par l'idéologie (ou l'intérêt).
       C’est un non-dit dans cette crise. Les « gilets jaunes » préfèrent se battre contre les taxes que pour leurs salaires. Or, le salaire est l’élément clé du pouvoir d’achat. C’est lui qui, en théorie, peut s’adapter à l’évolution des prix. Beaucoup de mécontents en jaune le reconnaissent : les salaires ne suivent plus. Les syndicats tentent de raviver cette demande. Mais ils peinent à le faire. Tout se passe comme s’il y avait là une autre impossibilité, qui, cette fois, n’est pas qu’avancée par le gouvernement, mais aussi par une partie de la population.
     Pourquoi ? Les salaires français ont, durant les années 2000, progressé relativement vite. « Relativement », parce que, comme l’ont montré dans leur ouvrage Against The Troïka (Verso, 2015) Costas Lapavitsas et Heiner Flassbeck, « la croissance des salaires nominaux en France a suivi un chemin raisonnable » compte tenu de la croissance de la productivité. Leur hausse a rarement dépassé de 2 % celle de la productivité, ce qui signifie que cette croissance respectait l’objectif d’inflation de la BCE (l’écart entre salaire nominal et productivité définit l’inflation à moyen terme).
    En revanche, l’Allemagne a, elle, fortement modéré ses salaires, au niveau (et parfois en deçà) de l’évolution de sa productivité. Cette déflation salariale sur une économie affichant une forte compétitivité hors coût a été redoutable pour la compétitivité de ses partenaires de la zone euro (car la compétitivité est toujours relative). Cette nuance est importante : la France n’a pas trop augmenté ses salaires, c’est l'Allemagne qui ne les a pas assez augmentés, réduisant ainsi par ailleurs la demande en zone euro et affaiblissant ses voisins. 
    Avec la crise, la France s’est retrouvée piégée dans une compétitivité inadaptée et a engagé une politique de réduction de ses coûts salariaux par des cadeaux fiscaux, mais aussi par une réduction de sa croissance des salaires. Celle-ci a été obtenue par une série de dérégulations du marché du travail (lois Rebsamen en 2015, El Khomri en 2016 et ordonnances Macron en 2017). Ces mesures visent à réduire la capacité de formation des salaires par les travailleurs, notamment par les accords dits de compétitivité, la fin des négociations annuelles obligatoires ou la réduction du rôle des représentants du personnel dans les entreprises. Parallèlement, le développement de la précarité et du temps partiel a favorisé une « sagesse » salariale.
     Cette dernière ne saurait être niée si l’on observe l’évolution du salaire réel, qui prend donc en compte l’inflation. Au troisième trimestre 2018, le salaire moyen de base (hors primes) n’a sur un an, d’après la Dares, la direction du ministère du travail, progressé que de 1,5 %, alors que l’inflation a augmenté de 1,9 %. La chute en termes réels est nette et ceux qui prétendent que la hausse de l’inflation n’est que provisoire ne peuvent nier que les salaires n’ont pas été en mesure de répondre à cette hausse des prix. Il y a donc un affaiblissement de la capacité des travailleurs de peser sur le salaire. Sur l’ensemble de l’année, l’Insee prévoit certes une hausse de 2 % des salaires par tête dans le secteur marchand non agricole, mais cela signifie une hausse réelle, hors inflation, de 0,4 %, un rythme égal à celui de 2017.
     Parallèlement, sous prétexte de créer des emplois peu qualifiés, les gouvernements ont subventionné les emplois au salaire minimum par deux biais : une évolution a minima du Smic (confirmée encore par Édouard Philippe sur 2019) depuis dix ans (hormis une exception en 2012) et une forte baisse des cotisations (encore amplifiée en 2019) à ce niveau de salaire. Tout cela a créé une « trappe à bas salaires », qui a pesé sur les revenus des ménages. Selon l’étude publiée récemment par l’OFCE sur l’évolution des revenus des ménages, on constate que les revenus d’activité des couches les plus pauvres de la société française ont fortement chuté entre 2008 et 2016, et pas seulement à cause du chômage, mais bien en raison de la modération salariale. Cette politique pratiquée au nom de la compétitivité et de l’emploi a été fortement intégrée par une grande partie des salariés, qui jugent que, pour sauver leurs emplois, ils doivent modérer leurs demandes salariales. Salariés qui, donc, naturellement, pour augmenter leur pouvoir d’achat, se tournent vers l’État en réclamant la baisse des taxes et des cotisations.  Pourtant, cette politique est loin d’être indiscutable. Comme l’a récemment rappelé dans les colonnes de Mediapart l’économiste de l’OFCE Éric Heyer, « les politiques de compétitivité coûts sont des impasses ». Il est vain de tenter de regagner des parts de marché par la baisse du coût du travail, à moins d’accepter, comme en Espagne, mais en pire, une paupérisation massive de la population. La clé est évidemment la montée de gamme. Cette dernière permettrait, du reste, d’améliorer la productivité et donc de donner plus d’espace pour l’augmentation des salaires. Mais l’investissement français, un des plus élevés de la zone euro, ne participe que très peu à l’amélioration de la productivité et de la compétitivité hors coûts. Les choix faits par les entreprises semblent donc mauvais.        Or, en favorisant les bas salaires et la baisse du coût du travail par des mesures comme le CICE ou les baisses de cotisations, ainsi que par la dérégulation du marché du travail, les gouvernements ont incité à réduire la productivité (par un travail moins bien rémunéré) et n’ont pas « fléché » le soutien à l’investissement qui aurait pu découler d’une amélioration des marges. Une récente étude a d’ailleurs fait le lien entre précarité et baisse de la productivité, donc des salaires. On le constate : le coût du travail non qualifié ne cesse de baisser et le chômage reste élevé.        Et de fait, le coup du travail unitaire, qui intègre la productivité et est un des critères pour juger de la compétitivité coûts, a évolué de façon très modérée en France au cours des dernières années. Le pays figure parmi les pays de l’OCDE les plus « sages » sur ce plan en 2016, avec une hausse de 0,4 %. Dans l’industrie, le coût de l’heure française est désormais inférieur à celui de l’heure allemande. Mais la compétitivité demeure faible et les gains de parts de marché inexistants. Les exportations françaises restent centrées sur quelques secteurs clés et la base se réduit. Bref, cette politique est perdante.

LIRE A L USSI

  • «Gilets jaunes»: Macron répond a minimaPAR MATHILDE GOANEC, ROMARIC GODIN, DAN ISRAEL ET ELLEN SALVI
  • La finance, rêve somnambulique de la majoritéPAR ROMARIC GODIN
  • Prix du carburant: le gouvernement paie cher une vision économique simplistePAR ROMARIC GODIN
  • «Gilets jaunes»: le gouvernement pris au piège de sa propre démagogie fiscalePAR ROMARIC GODIN
Dans un tel contexte, une hausse plus appuyée des salaires est-elle absurde ? Pas vraiment si elle est accompagnée d’investissements publics (pourquoi pas dans la transition écologique, puisque le secteur privé peine à jouer ce rôle ?) et d’un réel effort de formation (former les salariés en subventionnant les bas salaires, comme le fait l’actuel gouvernement, est peu cohérent). La hausse des salaires contribue par ailleurs à une hausse de l’activité par le canal de la demande. Rappelons que l’inflation sous-jacente, celle qui ne dépend pas de l’énergie et de l’alimentation, mais bien plutôt de l’activité, demeure faible, aux alentours de 1 %.   La BCE sort prudemment de son programme de soutien pour cette raison. Du reste, on peut également envisager une meilleure coordination des politiques européennes, où l’Allemagne accélèrerait ses salaires pour favoriser une impulsion de la demande dans la zone qui permettrait de créer des emplois mieux payés chez ses partenaires.
Bien sûr, ces hausses doivent rester raisonnables, mais l’économie française n’a rien à gagner à poursuivre une politique de course à l’échalote sur le coût du travail et, comme le rappelait l’économiste Antonio Fatas en 2014, les salaires sont un élément clé du niveau de vie et ne sont pas les seuls déterminants de l’inflation et de la perte de compétitivité. Les salaires peuvent donc retrouver une place importante dans la formation du pouvoir d’achat, à condition d’être accompagnés d’une politique publique ambitieuse.    Les impossibilités soulevées par Emmanuel Macron et le gouvernement ne sont donc rien d’autre que les limites de sa propre vision économique. Une vision néoclassique, étriquée, déconnectée des réalités. Tout se passe comme si l’exécutif s’était effectivement enfermé dans sa propre conviction de sa supériorité intellectuelle. Mais si, comme le dit la Süddeutsche Zeitung, « avoir raison ne suffit pas », qu’en est-il d’avoir tort seul contre tous ?  ___(Merci à R.Godin)________________
- La faute de l'abbé Macron. - Précarité en question. _ Sécession des élites. -L  'évitement fiscal. - -Inégalités: point critique  - Transfert de souveraineté.- La question de la dette
_______________________________________________
Posted by Etienne Celmar at 09:52 Aucun commentaire:
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Humeurs et humour de toutes couleurs


- Vélovirus
- Restons modestes
- Sur le pied de guerre
- La royauté
- Ne m'appelez pas Président
- Délinquance pondérale
- Virus ultra résistant
- De pape en pape
- Roule ou grève!
- On ne sait pas où on va
- Retraite 2.0
- Personne n'est parfait
- Faute de goût
- Modestes propositions
- Ailes présidentielles
- Black is black
- Macro-incertitudes
- Cliquez pour prier
- Homo ratatinus
- Cochons à la barre
-Macdonaldisation planétaire
- L'Evangile selon Donald
- Back to the Past
- Tant de sollicitude...
- Pas de croissance?!
- Comme j'aime
- Histoires d' O...-pital
- Un sans-culotte culotté
- C'est bien le meilleur
- Reconquista
- Si j'aurais su...
- Rien n'arrête Mr Ping
- Barbe au poil
- Procrastination
- Tout s'explique
- Encore un ver?
- Batifolage
- On en parle
- Benalla, ah! ah!
- J'arrête le vélo!
- Ben OSS117
- Ronds points citoyens
- Civisme topless
- L'essence et l'existence
- Les tribulations de Jean-Claude
- La connerie, son avenir
- Elysée enlisé?
- Boutique élyséenne
- Jupiter et l'horticulteur
- Passé compliqué
- Enfer pour Jupiter?
- Pas si nul que ça!
-Ils sont fous ces Gaulois
- Brigitte en clair
- Abandon
- Pedalo, ergo sum
- On se calme!
- Un putain de pognon
- La paille et la poutre
- Pognon de dingue
- Pas de kawa pour les fatmas
- Tueries US: la solution
- Chers collaborateurs
- Thaumaturgie
- Pauvre cochon!
- Et pont et pont...petit patapon ♪♫♪
- You are fired!
- Miracle en Alabama
- Vandalisme ou trumperie?
- Plantation et plantage
- Echos du Palais
- Pas de chance!
- Ce n'est pas un poisson d'avril
- IL est temps d'investir
- Macron et le loup
- Petit voyage en absurdie
- Le roi du kit nous quitte
- Tout ça pour ça!
- Maussade
- Procrastinez-vous?
- Le ministre et le pizzaïolo
- La 2 CV de Mr HULOT
- Y voir clair
- Cancans du Vatican
- Dieu est-il en RTT?
- Et rebelotte!
- Qui n'aime pas les paradis?
- Cordée en péril?
- Terreur à Washington
- Tempête ...:
- Vie de cochon
- Jamais plus sans mon chien
- En marge
- Pédaler speed and free
- Culottés!
- Barbe chic et choc
- Nobody
- Garder la mémoire
- En avoir ou pas?..
- Vers une assemblée godillot?
- Les tribulations de l' abbé Roux
- Pourquoi pas "Président à vie"?
- Philosophiquement non conforme
- Jeux de mains
- I like!
- Chicken Jail
- Il se veut « jupitérien »:
- Procastinatio
- Riches: une montée "fulgurante"...
- Elle est encore là..
- Familles recomposées
- :Cherche donateur:
- Trouver son chemin
_ Retour au chateau
- L'évangile selon Donald
- Où va-t-on?
- Cuisine pré-électorale
- Débat crucial Outre-Manche
- Barack s'en va:
- Donald à l'école
- Auchan: à fond la caisse!:
- Macronite aiguë?:
- Post-vérité?
- Fessées qui se perdent
- Histoire de chaises
- Christine coupable?
_ La primaire
- Mais, qui va garder le château?
- On a beau dire...
- En rire ou pas
- Facéties préelectorales
- Il Papa, la pizza et the Mc Do
- Hillarant!_

_
Alertez B. Bardot.!_
_
Il a raison, Gérard:
- Les pauvres exagèrent
- So smart!:
- Economies faciles
-
Toujours plus haut
- Tabarnak!
- Etrangeté
- Suffit pas d'être blonde
- Urinothérapie
- Audaces rhétorico-politiques
- Mettez un tigre dans votre smartphone:
- Sans blagues!:
-Bac: l'art d'enfiler les perles
- A tu et à toi
- Humour et politique:
- Brunus Imperator
- Oh-rage!..
- L'habit ne fait pas le ministre
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Cumulards:
- L'art du défilé:
- Normal!:
- Inépuisable!
- Elle n'en manque pas une!
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Brocantes présidentielles
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Jeanne à toutes les sauces:
- Siné: dernière envolée
- C'est ballot!
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Enquête à "Ménard-ville"
- Police de la croûte:
- Coiffure élyséenne:
- Histoire de brasseurs
- Les pôvres!
- To be or nor to be (happy)
- Paléo et néo-crétinisme
- Pommes trop chères
- Demain je me mets à l'élevage
- Histoire à dormir debout
- Te plains pas..
- Mea culpa
- C'est grave, docteur?
- Mourir cher?
- Histoire à dormir debout
- Pause pipi, c'est fini?
- Le retour des druides
- Petite pédagogie du fouet
- Art hors-sol
- Panique à Passy
- Postures
- Merci pour le séjour!
- Question de standing
- Qu'est-ce qu'elle a ma gueule?
- Quand on partait de bon matin...
- Pas de kawa pour les fatmas
- Hibernatus 2
- Le bonheur est dans le sable
- Erreur de casting
- Les soucis de Valéry
- Demain peut-être...
- Blanche-Neige au Qatar
- Cachez-moi ces nus!
- De si belles pommes!
- S comme...
- Et mon câlin?
- Relooking
- La bécane de Christiane
- De si belles pommes!
- Cachez-moi ces nus!
- Sarko neuf
- Vodka de la résurrection
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La belle et les Monsignori
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Pamela chez les mangeurs de foie gras
-Brève bafoulle au Trés-Haut
- Pour une bonne année
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Grosse fatigue
-Mange pas ci, mange pas ça...
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Des millions d'amis
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Toussaint: les saints sont à la fête
-
Humeur d'août
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Boss de Davos
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Cher Président!
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Gourou de chez nous
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Dangereux vélo
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Sport o no Sport?
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Cachoteries bancaires
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Cons anciens et nouveaux
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Les plus riches coûtent cher
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Ultima verba
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Rien...ou si peu
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Vieux banc
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Ils s'y préparent!
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Do it yourself
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Désespérer le peuple
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Lettre à Elise
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Pourquoi pas le dimanche?
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8 euros pour un dentier
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Un mal étrange
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Scepticisme et ciconspection
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Valse des régions
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Ménage linguistique
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Armes: spéciale braderie
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Chouette, la philo!
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Les barbares à Zemmour
-Ballon pas rond
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Les pompes de la discorde
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Purge grecque
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François au FMI?
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Google en-pire
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Précarité: règime normal?
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La faute aux pauvres
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Un ex-ministre au poil
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C'est décidé, je reste!
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Les vaches!
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Avoir la patate
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La faucille et le goupillon
-Politiquement hilarant
-
En rire ou en pleurer
-
Tous des singes !
-
(Sans) horizons et coup de ...blues
-
Marre d'être gentil!
-Elles osent tout
-Vivement Noël!
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Encore un ver?
-Le filon vélo
-Mourir pas cher
-
Le retour des blaireaux
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Quand Jésus tweetait...
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De foire en foire
-T'as ti ta e-watch?
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Stop aux taupes!
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Toutoubars, minoubars
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Décalé
-Vive la sieste!
-Royal baby
-Du boulot pour François
-Le tour du Tour
-Histoire de lunettes
-Nouveau voyage en Amazonie
-Ventre plat et tête creuse
-Généalogies
-Petits et grands jouets
-Rond-point
-Mourrez, nous ferons le reste
-De choc en choc
-Pâques aux tisons...
-Pas (très) sérieux...
-On a tout essayé...
-Le vélo: en parler ou en faire
- Certains l'appellent Pancho
-La pluie et le beau temps
-En attendant la fumée..
-Devenir arriviste...pour les nuls
-Mail de Jésus
-
Guerre de Hollande
- Belgique: j'y vais, une fois
-Je twitte, mais je me soigne..
- La fin du monde aura bien lieu
-Drôle de bonhomme, le Chat!
-Touche pas à mon pain...au chocolat!
- Braves pigeons!
-La (com)plainte des banquiers
-Que pense Dieu de tout ça?...
- De la pomme: d'Adam à Apple
-Demain, j'apprends le SMS
- L'humour de Dieu
-Homo caniensis
-Qui sont les (vrais) cochons?
-Modestes propositions..
-Billet pour rien..
- Air Sarko One
-
Stop aux taupes!
-Oh! my Dog!..
-Humour noir
-Homo larbinus
-Pendant les fêtes...

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La curiosité est mon plus vilain défaut, le non-conformisme éclairé, ma ligne de conduite et l'humour, mon arme préférée.
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