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jeudi 26 mars 2015

Allemagne: nach Osten

 De Berlin à Shanghaï
                                  C'est vers l'Est aussi que regarde de plus en plus Berlin...
              ...Qui a la tête le porte-monnaie ailleurs.
  Vers une redistribution des cartes, une recomposition des alliances?
            Depuis la réunification et l'ère Schröder, l' Allemagne, malgré ses failles, amorce à bas bruit un changement de cap économique et géostratégique, une sorte de  lent glissement de plaques géo-économico-politiques. Un Drang nach Osten progressif et pacifique, celui-là, une offensive mercantile guidée en coulisse par les grands groupes industriels allemands, inspirateurs de la nouvelle voie allemande, qui modifie peu à peu  ses rapports au monde de l'Ouest dictés par l'après-guerre.
    Avec Poutine se dessine, malgré les vicissitudes, une convergence d'intérêts.
  Avec la Chine, un partenariat très avantageux et sans doute durable est engagé
________On a ainsi pu parler d'une Allemagne devenant progressivemnt post-occidentale
                                       On peut lire à ce sujet le blog de Coralie Delaume, qui  renvoie à un article de Hans Kundnani, paru dans la revue Foreign affairs de janvier-février 2015. Hans Kundnani est un spécialiste de la politique étrangère allemande et officie notamment au sein d'un Think Tank, le Conseil européen pour les relations internationales: 
                                      ( Extraits)   "... La réponse germanique à la crise ukrainienne doit être replacée dans le contexte d'un affaiblissement de long terme de ce qu'on nomme la Westbindung, c'est à dire l'arrimage du pays à l'Ouest, en vigueur depuis l'après-guerre. La chute du mur de Berlin et l'élargissement de l'Union européenne ont libéré le pays de la dépendance à l'égard des États-Unis que lui imposait l'impératif de se protéger contre l'Union soviétique. Dans le même temps, l'économie allemande, très dépendante aux exportations, est devenue plus tributaire de la demande des marchés émergents, notamment du marché chinois.
  Le pays a beau rester attaché à l'intégration européenne, ces facteurs permettent tout à fait d'imaginer une politique étrangère allemande post-occidentale. Un tel changement a des enjeux de taille. Étant donnée la montée en puissance de l'Allemagne au sein de l'UE, les relations du pays avec le reste du monde détermineront dans une large mesure celles de tout l'Europe...
    Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne de l'Ouest participe à l'intégration européenne, et, en 1955, elle rejoint l'OTAN. Pour une bonne quarantaine d'années, la Westbindung conduit l'Allemagne à prendre des initiatives de sécurité conjointes avec ses alliés occidentaux, ce qui représente pour elle une nécessité existentielle l'emportant sur tout les autres objectifs de politique étrangère. Le pays continue de se définir comme une puissance occidentale tout au long des années 1990. Sous le chancelier Kohl, l'Allemagne réunifiée décide d'adopter l'euro. À la fin de la décennie, elle semble même se réconcilier avec l'utilisation de la force militaire pour s'acquitter de ses obligations de membre de l'OTAN. Après le 11 septembre 2001, Gerhard Schröder promet aux États-Unis une « solidarité inconditionnelle » et engage des troupes en Afghanistan.

    Toutefois, au cours de la dernière décennie l'attitude de l'Allemagne envers le reste du monde occidental change. Dans le débat sur l'intervention en Irak en 2003, Schröder évoque l'existence d'une « voie allemande », qui se distingue de la « voie américaine ». Et depuis lors, la République fédérale n'a cessé d'affermir son opposition à l'usage de la force armée. Après son expérience en Afghanistan, elle semble avoir décidé que la meilleure leçon à tirer de son passé nazi n'était pas « plus jamais Auschwitz » - l'argument précisément invoqué pour justifier la participation à l'intervention l'OTAN au Kosovo en 1999 - mais « plus jamais la guerre ». D'un bout à l'autre de l’échiquier politique, les responsables allemands définissent désormais leur pays comme unFriedensmacht , une « puissance de paix »...
  L'une des raisons pour lesquelles l'Allemagne a négligé ses obligations envers l'OTAN est que la Westbindung n'apparaît plus comme une nécessité stratégique absolue. Après la fin de la guerre froide, l'Union européenne et l'OTAN se sont élargies aux pays d'Europe centrale et orientale, ce qui fait que l'Allemagne est désormais « entourée d'amis» et non plus d'agresseurs potentiels, comme l'a dit un jour l'ancien ministre de la Défense Volker Rühe. Elle est donc bien moins dépendante des États-Unis pour sa sécurité.
     Dans le même temps, son économie est devenue plus dépendante des exportations, notamment en direction de pays non-occidentaux. Durant la première décennie de ce siècle, alors que la demande intérieure restait faible et que les entreprises gagnaient en compétitivité, l'Allemagne devenait de plus en plus accro aux débouchés extérieurs. Selon la Banque mondiale, la part des exportations dans le PIB du pays a bondi de 33% 2000 à 48% en 2010. Ainsi, à partir de l'ère Schröder, l'Allemagne commence orienter sa politique étrangère en fonction de ses intérêts économiques et plus particulièrement en fonction des besoins de son commerce extérieur.
      Un autre facteur a également contribué à cette réorientation. Il s'agit de la montée d'un sentiment anti-américain dans l'opinion publique. Si la guerre en Irak a rendu les Allemands confiants dans leur capacité à se montrer autonomes vis à vis des États-Unis sur les questions militaires, la crise financière de 2008 a fait naître l'idée qu'ils pouvaient également s'autonomiser dans le domaine économique. Pour beaucoup d'Allemands, la crise a mis en évidence les lacunes du capitalisme anglo-saxon et validé le bien fondé d'une économie sociale de marché comme la leur. En 2013, les révélations relatives aux écoutes de la NSA y compris sur le téléphone portable de Merkel, ont encore renforcé ce sentiment anti-américain. Désormais, beaucoup d'Allemands disent qu'ils ne partagent plus les mêmes valeurs que le États-Unis. Certains avouent même qu'ils ne les ont jamais partagées....
       La politique russe de l'Allemagne a longtemps été basée sur l'échange politique et sur l'interdépendance économique. Lorsque Willy Brandt devient chancelier de la RFA en 1969, il essaie de contrebalancer la Westbindung en recherchant une relation plus ouverte avec l'Union soviétique. Il inaugure une nouvelle approche devenue célèbre sous le nom d'Ostpolitik (ou « politique orientale »). Brandt pensait que l'approfondissement des entre les deux puissances pourraient éventuellement conduire à la réunification allemande, une conception que son conseiller Egon Bahr baptisa Wandel durch Annäherung: le « changement par le rapprochement ».
    Depuis la fin de la guerre froide, les liens économiques entre Allemagne et Russie se sont encore renforcés. Invoquant le souvenir de l'Ostpolitik, Schröder entreprit lui-même une politique de Wandel durch Handel , ou « changement par le commerce ». Les responsables politiques allemands, en particulier les sociaux-démocrates, se sont faits les hérauts d'un « partenariat pour la modernisation », au titre duquel l'Allemagne fournirait à la Russie la technologie pour moderniser son économie - puis, idéalement, ses pratiques politiques.
    L'existence de ces liens aident à comprendre la réticence initiale de l'Allemagne à l'idée d'imposer des sanctions après l'incursion russe en Ukraine en 2014. Avant de décider si elle emboîterait ou non le pas aux États-Unis, Mme Merkel a subi les pressions de puissants lobbyistes de l'industrie, emmenés par le Comité pour les relations économiques en Europe de l'Est...
 La forte dépendance allemande à l'énergie russe a également conduit Berlin à redouter les sanctions. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, la République fédérale a en effet décidé de sortir du nucléaire plus tôt que prévu, ce qui a rendu le pays plus dépendant encore au gaz russe. En 2013, la Russie fournissait environ 38% de son pétrole à l'Allemagne et 36% de son gaz. L'Allemagne pourrait certes diversifier ses sources d'approvisionnement, mais un tel processus prendrait des décennies. Dans l'immédiat, elle se montre donc réticente à toute perspective de contrarier Moscou....
  Les industriels allemands ont eu beau accepter les sanctions, ils n'en ont pas moins continué à faire pression sur Merkel pour les assouplir. En outre, l'Allemagne a clairement fait savoir qu'aucune option militaire n'était sur la table. Au moment du sommet de l'OTAN au Pays de Galles en septembre, Merkel s'est opposée au projet d'établir une présence permanente de l'Alliance en Europe orientale, et a fait valoir qu'une telle initiative constituerait un viol de l'acte fondateur OTAN-Russie 1997. Pour le dire autrement, la République fédérale n'a aucune volonté de mener une politique de containment de la Russie.

                              Le pivot vers la Chine
     L'Allemagne s'est également rapprochée de la Chine, un indice encore plus probant de l'amorce d'une politique étrangère post-occidentale. Comme avec la Russie, les liens sont de plus en plus étroits. Durant la décennie écoulée, les exportations vers la Chine ont augmenté de façon exponentielle. En 2013, elles sont montées jusqu'à 84 milliards de dollars, presque le double du montant vers la Russie. L'Empire du Milieu est devenu le deuxième plus grand marché pour les exportations allemandes hors de l'UE, et pourrait bientôt dépasser les États-Unis pour devenir le premier. Il est d'ores et déjà le principal marché pour Volkswagen et pour la Classe S de Mercedes-Benz....
     Pour l'Allemagne, la relation est essentiellement économique, mais pour la Chine, qui souhaite une Europe forte pour contrebalancer la puissance américaine, elle est également stratégique. Pékin voit l'Allemagne comme une clé pour obtenir le type d'Europe qu'elle désire, d'abord parce que la République fédérale semble être de plus en plus puissante au sein de l'Union européenne, mais peut-être aussi parce que les tropismes allemands semblent plus proches des siens que ne le sont ceux, par exemple, de la France ou du Royaume-Uni.
      Le rapprochement Berlin-Pékin intervient cependant que les États-Unis adoptent une approche plus dure envers la Chine dans le cadre de ce qu'on appelle leur pivot vers l'Asie. Ceci pourrait poser un problème majeur à l'Occident. Si Washington venait à se trouver en conflit avec la Chine sur des questions économiques ou de sécurité, s'il venait à y avoir une « Crimée asiatique » par exemple, il y a une possibilité réelle que l'Allemagne demeure neutre. Certains diplomates allemands en Chine ont déjà commencé à prendre leurs distances avec l'Ouest. En 2012 par exemple, l'ambassadeur d'Allemagne à Pékin, Michael Schaefer, déclarait dans une interview: « je ne pense pas qu'il y existe encore une chose telle que l'Occident ». Compte tenu de leur dépendance croissante au marché chinois, les entreprises allemandes seraient encore plus opposées à l'idée de sanctions qu'elles ne le furent contre la Russie. Le gouvernement allemand serait d'ailleurs plus réticent à en prendre, ce qui creuserait encore les divisions au sein de l'Europe, puis entre l'Europe et les États-Unis.
..
 ...    L'Allemagne se trouve à présent dans une position plus centrale et plus forte en Europe. Pendant la guerre froide, la RFA était un État faible et quasi marginal de ce qui est devenu l'Union européenne. A l'inverse, l'Allemagne réunifiée est aujourd'hui l'une des plus fortes, si ce n'est la plus forte puissance d'Europe. Ceci étant donné, une Allemagne post-occidentale pourrait emporter à sa suite nombre d'autres pays, en particulier les pays d'Europe centrale et orientale dont les économies sont profondément imbriquées avec la. Si le Royaume-Uni quitte l'UE, comme il est en train de l'envisager, l'ensemble sera encore plus susceptible de s'aligner sur les préférences germaniques, en particulier pour tout ce qui concerne les relations avec la Russie et la Chine. Dans ce cas, l'Europe pourrait se trouver en opposition avec les États-Unis – et une faille pourrait s'ouvrir au sein du monde occidental, pour ne jamais se refermer..." (Merci à Coralie Delaume)_______________________________

mercredi 12 septembre 2012

Hollande: comme Schröder?

 Tournant?

_____On attendait Roosevelt, on pourrait avoir Schröder.

Ce matin sur France-Culture, Nicolas Baverez, avec son sens habituel de la nuance de décliniste-provocateur de droite, proposait comiquement pour notre néo-Président deux voies, sinon rien : soit Schröder soit Papandréou... 
_ Plus sérieusement, alors que le mot rigueur n'est officiellement plus tabou, les  accents furent plutôt churchilliens (du sang et des larmes...) et le ton plus notarial et technique que politique: il fut beaucoup question d'agenda.
 « Je dois fixer le cap et le rythme. Le cap, c’est le redressement de la France. (Le rythme, c’est) l’agenda du redressement de deux ans », a expliqué d’emblée le chef de l’État, parlant de deux « batailles » : contre le chômage et contre la dette. La rhétorique rappelle l’Agenda 2010 lancé en 2003 par l’ancien chancelier allemand, le social-démocrate Gerhard Schröder, qui avait imposé de brutales et profondes réformes à Allemagne. François Hollande a, lui, voulu ancrer à gauche cet «agenda» et a pour cela confirmé la taxe, hautement symbolique, à 75 % pour les plus hauts revenus. « Sans exception », a dit dimanche François Hollande. Mais avec quelques aménagements tout de même...."
Heureusement le mot gauche apparaît encore dans ses propos...
Les aménagements divers risquent tout de même de dénaturer le projet initial et les engagements électoraux.On peut le craindre, après seulement cent et quelques jours, qui devait être décisifs, disait-on
Bref, il n'a pas suscité l'enthousiasme, ce qui n'est pas bon signe.
Il a beaucoup parlé des effets, mais pas des causes, internes et externes, circonstancielles et structurelles.
Un  voile est-il tombé?
Le seul remède est-il seulement la règle de plomb du TSCG?
L' austérité, qui est une impasse et qui aggrave le mal,  serait-elle notre seul avenir? La potion peut parfois être mortelle, quand nulle croissance ne se pointe à l'horizon.
Bercy,  le nez dans les cahiers de compte,  aura-t-il le dernier mot?
_______Cet automne, la bataille va être rude au sein même de la nouvelle majorité
"Ce traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » (TSCG), déjà ratifié par onze pays, qui renforce la discipline et introduit une règle d’équilibre budgétaire, la fameuse règle d'or : pas plus de 0,5 % de déficit « à moyen terme ». Un traité controversé, puisque les écologistes et une partie du PS menacent de ne pas le ratifier, tandis que le Front de gauche votera non et réclame un référendum. De son côté, Jean-Marc Ayrault met la pression sur sa majorité pour qu’elle l'adopte. "
 Piketty, l'initiateur du projet de refonte de l'impôt au PS,  juge la copie insuffisante et exprime sa déception. Des économistes de gauche disent leur inquiètude.
Ne plus inquièter les marchés (sans remettre en question leur dictature), est-ce un objectif politique suffisant?

dimanche 28 février 2010

Allemagne en crise

Crise politique sur fond de précarité, d'inégalités et de chômage croissant



-Guido Westerwelle est vice-chancelier depuis 118 jours et son couple avec la chancelière est soumis à dure épreuve, selon der Spiegel. Il multiplie les proclamations populistes comme un chef d'opposition, elle n'arrive pas à lui insuffler l'esprit de corps, de gouvernement. L'un bloque l'autre, la paralysie menace. Après quatre mois de gouvernement la coalition noir-jaune est déchirée.


-"11 millions 500 mille personnes vivent sous le seuil de la pauvreté en Allemagne, un pays représentant une géante économie.Selon un sondage, 14% des Allemands vivaient dans la pauvreté en 2008.
En dix ans, le nombre de pauvres dans ce pays a augmenté de 30%.Ceux qui gagnent moins de 20 500 dollars, ce qui signifie 60% du revenu annuel par personne, sont considérés en Allemagne comme " pauvres".Selon les résultats du sondage, 25% des jeunes allemands de 19 à 25 ans, devraient vivre dans le dénuement.Ces jeunes allemands se mettant à vivre séparés de leur famille, sont confrontés aux problèmes financiers.Le sondage en question a été réalisé par l'Institut des recherches économiques d'Allemagne et 10 mille familles ont fait l'objet du sondage.Ce sont les parents divorcés ayant des enfants, les familles ayant plusieurs enfants et les jeunes qui sont affectés le plus par la pauvreté
."
_____________________________
-En Allemagne, Guido Westerwelle provoque une polémique:
"Le ministre allemand des Affaires étrangères, le libéral Guido Westerwelle, a provoqué une polémique en Allemagne. Il a déclaré que son pays était dans une situation de «décadence digne du bas empire romain», attaquant surtout le système social. Alors même que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe contraint l'État à revoir les allocations sociales
.__Dans un arrêté rendu le mardi 9 février 2010, les juges de la Cour constitutionnelle on estimé le système d’aides sociales allemand inconstitutionnel. Ils remettent en cause le système prénommé Hartz IV en vigueur dans le pays depuis 2004. La Cour de Karlsruhe a notamment pointé du doigt l’incompatibilité de ce système avec une loi allemande qui garanti à tout citoyen le droit à une existence digne. Et les juges ont demandé au gouvernement de modifier son système d’allocation avant la fin de l’année 2010.Terminé le système Hartz IV, mis en place par l’ancien chancelier, le social démocrate Gerhard Schröder. C’était alors le volet le plus controversé de ses réformes. A l’époque, l’aide sociale et les allocations versées aux chômeurs de longue durée avaient été fusionnées pour former un forfait mensuel de 359 euros. Une réforme décriée qui avait été à l’origine de nombreux mouvements de grève en 2005 mettant à mal la coalition de Gerhard Schröder dont le parti avait perdu les élections suivantes
."(P.Thibaud)
-Pauvreté en Allemagne
-Les dessous de l’Allemagne - Le travail en Allemagne

-Allemagne : le chômage grimpe à 8,5% en février
- Le débat sur l’Etat social s’enflamme

-L'Allemagne, victime du tout export
-Hartz IV:Le juge constitutionnel et la justice sociale
-Dans la Ruhr, pour une poignée d'euros par jour
"A Wattenscheid , un habitant sur cinq – ils sont 75.000 – vit d'«Hartz IV»: l'allocation universelle que touchent les chômeurs comme les nécessiteux, 351 euros, somme modulée en fonction des revenus du couple, de son patrimoine et du nombre d'enfants — le loyer et le chauffage sont remboursés par l'agence pour l'emploi. «Hartz IV» est devenu synonyme de pauvreté. L'allocation tire son nom de son inventeur: Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen.__Peter Hartz était un ami du chancelier d'alors, le social-démocrate (centre gauche) Gerhard Schröder. C'est lui qui a imaginé la réforme de l'agence pour l'emploi, entrée en vigueur le 1er janvier 2005. L'économie mondiale prospérait, la crise n'était pas encore là. Dans la compétition mondiale, le modèle social allemand devait être adapté, professaient alors les politiques.La réforme devait réduire le chômage de longue durée, encourager les moins qualifiés à reprendre un travail. Peter Hartz avait avancé des mesures radicales : fusion de l'aide sociale et de l'allocation-chômage, restriction des conditions d'indemnisation. En échange, il proposait de mieux suivre les chômeurs, de les aider à retrouver un emploi, même mal payé. C'est à cette époque qu'ont fleuri les "jobs à 1 euro" comme celui d'Andreas. A cette époque qu'ont fleuri les petits boulots..."
-En Allemagne, les désaccords minent la coalition d'Angela Merkel
"...Dénonçant un possible relèvement des minima sociaux après qu'une décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe eut jugé leur niveau insuffisant pour garantir "une existence digne", le vice-chancelier et chef de file des libéraux a multiplié ces dernières semaines les déclarations provocatrices sur l'Etat-providence. Il a réclamé un durcissement du régime d'indemnisation des chômeurs de longue durée et a mis en garde contre une "décadence digne du bas empire romain". Ces mots ont enflammé le débat avec la CDU-CSU. "Nous n'avons pas besoin d'un débat fantôme qui n'apporte aucune proposition concrète", s'irrite le député CDU Wolfgang Bosbach..."
-Après le «chaos», les baisses d'impôt du nouveau gouvernement allemand:
"...Principal point de discussion, le déficit budgétaire. Pour les libéraux, il fallait aller plus loin dans les réductions d'impôt: le FDP souhaitait 35 milliards d'euros de réduction, il en obtiendra 24, écrit le Spiegel. C'est plus qu'Angela Merkel ne l'avait envisagé. La chancelière et ses alliés sont restés vagues sur le financement des mesures fiscales, estime l'AFP, qui profiteront aux foyers et aux entreprises allemands. La dette allemande s'élève déjà à plus de 1.500 milliards d'euros, soit environ 20.000 euros par personne, et l'Allemagne dépense plusieurs dizaines de milliards par an en intérêts de sa dette. Quant à la croissance, elle a plongé: les prévisionnistes allemands voient le PIB reculer de 5% en 2009 avant de croître en 2010..."
-Guido Westerwelle tente de reprendre l'offensive face au malaise de son parti
_____-__ELENA – un fichier national des « mauvais salariés »_______________
-Une autre Allemagne ?
- Dérives allemandes
- Fractures allemandes
- Les Allemands désorientés

mardi 2 juin 2009

Dérives allemandes

L'Allemagne n'est plus ce qu'elle était...

Elle découvre ses pauvres

-14,3% des Allemands étaient menacés de pauvreté en 2007. Ce chiffre cache de grandes disparités. Alors que ce taux était de 11% dans le sud du pays et de 15% dans le nord-ouest, il s'élevait à 20% dans les provinces de l'ancienne Allemagne de l'est. - (AFP)...
Depuis, ça a plutôt empiré
Le Plan Hartz produit ses effets...
(Martin Kronauer: Exklusion)

-Au pays de l'abondance, trop de personnes peinent à survivre:
"In Deutschland gibt es Lebensmittel im Überfluss, und dennoch haben nicht alle Menschen ihr täglich Brot."(Tafel )
(Hartz-Konzept)

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-Dans la Ruhr, pour une poignée d'euros par jour... | Mediapart:
"...A Wattenscheid , un habitant sur cinq – ils sont 75.000 – vit d'«Hartz IV»: l'allocation universelle que touchent les chômeurs comme les nécessiteux, 351 euros, somme modulée en fonction des revenus du couple, de son patrimoine et du nombre d'enfants — le loyer et le chauffage sont remboursés par l'agence pour l'emploi. «Hartz IV» est devenu synonyme de pauvreté. L'allocation tire son nom de son inventeur: Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen.-Peter Hartz était un ami du chancelier d'alors, le social-démocrate (centre gauche) Gerhard Schröder. C'est lui qui a imaginé la réforme de l'agence pour l'emploi, entrée en vigueur le 1er janvier 2005. L'économie mondiale prospérait, la crise n'était pas encore là. Dans la compétition mondiale, le modèle social allemand devait être adapté, professaient alors les politiques.La réforme devait réduire le chômage de longue durée, encourager les moins qualifiés à reprendre un travail. Peter Hartz avait avancé des mesures radicales : fusion de l'aide sociale et de l'allocation-chômage, restriction des conditions d'indemnisation. En échange, il proposait de mieux suivre les chômeurs, de les aider à retrouver un emploi, même mal payé. C'est à cette époque qu'ont fleuri les "jobs à 1 euro" comme celui d'Andreas. A cette époque qu'ont fleuri les petits boulots...
En Allemagne, il n'y a pas de salaire minimum. Les rémunérations sont négociées dans les branches professionnelles, entre patrons et syndicats. Ce modèle typique était au cœur du pacte social forgé dans l'immédiat après-guerre. Une économie industrielle robuste, des amortisseurs sociaux généreux: le diptyque avait soutenu le miracle économique, divine surprise qui avait permis de redresser un pays ruiné et dévasté.
Soixante-quatre ans après la guerre, ce consensus social se délite. De plus en plus d'entrepreneurs ne s'affilient pas aux fédérations patronales ou alors comme membres associés, ce qui leur permet de ne pas appliquer les salaires négociés. En 2007, 52% des salariés étaient payés selon les conditions négociées dans leur branche: c'était encore 66% en 1996 rappelle la chercheuse Odile Chagny dans la revue de l'Ires. Résultat, une «dualisation de l'économie» toujours plus grande. D'un côté, ceux qui bénéficient encore des tarifs négociés – de moins en moins. Derrière la vitre de l'aquarium, les salariés à temps partiel, les CDD, les intérimaires, les travailleurs à leur compte...Dans un même secteur, d'une entreprise à l'autre, les disparités de salaire sont énormes. La caissière d'un supermarché peut être payée 12 euros parce que son entreprise applique le tarif négocié, sa collègue de la chaîne concurrente moitié moins. Dans Allemagne de troisième classe, une enquête sur la pauvreté tout juste publiée, le lecteur français découvre avec stupéfaction les salaires horaires d'employés de l'Est: l'abatteur de viande de Saxe (4,50 euros), le jardinier de Thuringe (3,22 euros), la coiffeuse du Brandebourg (3,05 euros)... «Les rangs des pauvres grossissent. Ceux qui ont un travail vivent avec la peur, car ils ne sont qu'à quelques mois de la dégringolade. Du jour au lendemain, ils peuvent se retrouvent avec rien, ou presque"...
Les sanctions pleuvent: l'administration ponctionne une partie des 351 euros si elle estime que la recherche d'emploi n'est pas assez active, demande aux chômeurs de changer d'appartement parce que le leur est trop cher. «La moitié de mes mandants sont malades psychiquement, un quart souffre de troubles graves. Imaginez leur schizophrénie: ils doivent se comporter comme s'il y avait un marché du travail, alors qu'il n'y a pas d'offres!»...

Dans Allemagne de troisième classe , les auteurs, trois journalistes qui ont découvert cette «nouvelle pauvreté» en tournant des reportages pour la télévision, décrivent des constellations encore ignorées par beaucoup. Ils défrichent le champ quasi inexploré de la pauvreté extrême, des familles dont tous les membres vivent d'Hartz IV, des journées passées à allumer des cigarettes, l'abrutissement devant la télé. D'après eux, l'Allemagne a changé de visage le 9 août 2002. Ce jour-là, Peter Hartz remettait au chancelier Schröder son rapport, prélude à la «plus grande réforme sociale de la République fédérale». «Ce fut le jour où progressivement une nouvelle classe sociale est née: la classe des précaires, des gens d'en dessous, des gens en trop.»On bascule vite dans Hartz IV, le chômage n'est indemnisé qu'un an, deux pour les plus de 50 ans. Les 660 euros que touchent en moyenne les 6,7 millions d'allocataires d'Hartz IV sont inférieurs au seuil de pauvreté (880 euros). Selon une étude récente de l'IAB qui dépend de l'agence fédérale pour l'emploi, un Allemand sur cinq a eu recours à Hartz IV au moins un mois depuis 2005. Le dispositif ressemble à une trappe à pauvreté: 40% des bénéficiaires sortis du système y ont eu recours un an après.Les économistes disent que les réformes Schröder du marché du travail ont fait émerger la «pauvreté cachée». Ces pauvres à découvert atterrissent chez Manfred Baasner. Gentil papy à moustache, ancien chef d'entreprise, il dirige en homme d'affaires les Tafel de Wattenscheid. Les Tafel («table») sont l'équivalent de nos Restos du cœur...-Le 19 mai, une fédération d'associations sociales, le Paritätische Wohlfahrtsverband (PW), publiait une étude sur la pauvreté... Grande première, les chiffres étaient détaillés Etat par Etat, ville par ville. Le lendemain, cet «atlas de la pauvreté» faisait la une de la presse. «Quand vais-je devenir pauvre? Un Allemand sur 7 menacé», annonçait en énormes lettres blanches sur fond noir le quotidien populaire Bild. «Des territoires entiers risquent de dépérir, l'Ouest n'est pas épargné», renchérissait la Tageszeitung, le Libé allemand. Que la carte ait mis en avant la désolation économique de certaines zones de l'Est, notamment près de la frontière polonaise, passe encore. Mais que l'Ouest, lui aussi, ait ses ghettos de pauvres! Inimaginable il y a encore quelques années...

«L'Allemagne risque d'imploser», affirment les responsables du PW. Les inégalités de revenus sont devenues béantes. «L'évolution est effrayante», affirmait l'an dernier l'économiste Markus Grabka dans l'hebdomadaire Der Spiegel. Le chercheur de l'institut DIW de Berlin a calculé qu'entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s'est accru d'un tiers....(M.Magnaudeix)

-Pauvre pays riche ? La richesse et la pauvreté : un défi pour les Eglises:
"..."J'ai toujours cru que l'Allemagne et d'autres pays d'Europe occidentale, c'était le paradis, dit M. P. T. Basele, pasteur originaire du Botswana. Pour nous, il est très important de découvrir que la pauvreté existe aussi en Allemagne, et ce que représente la pauvreté en Europe occidentale. "Dans le cadre d'un séminaire qui s'est tenu à l'Institut oecuménique de Bossey, ce pasteur africain et 11 autres participants originaires d'Afrique, d'Asie et des Etats-Unis se sont penchés sur le thème : La richesse et la pauvreté : un défi pour les Eglises.En Allemagne, quelque 8 millions de personnes vivent en dessous de ce qu'on appelle le "seuil de pauvreté relative". On y compte des enfants et des vieillards, des travailleurs et des chômeurs, des familles et des parents célibataires ; pour vivre, ils disposent de moins de la moitié du revenu moyen net des ménages. Toujours en Allemagne, 2.8 millions de ménages sont surendettés. Pourtant, avec un produit national brut d'environ 515 milliards d'euros, l'Allemagne est, comparativement, l'un des pays les plus riches du monde...."

-Observatoire des inégalités : inégalités dans les pays riches
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- Fractures allemandes

lundi 8 octobre 2012

Que veut l'Allemagne?

Allemagne: Ostpolitik et délitement de l'UE
_______________________________________Angela regarde vers l'Est

____Au milieu de ses contradictions actuelles, de ses conflits, des critiques internes et externes, l'Allemagne sait-elle ce qu'elle veut et le savons-nous nous-mêmes clairement?
A.Merkel, contestée dans sa politique européenne ambiguë, s'est trouvée fragilisée lors des dernières élections et prépare les prochaines dans des conditions peu favorables. Même son père politique, Helmut Kohl, critique la position européenne de la chancelière, qui va jusqu'à envisager l'hypothèse d'une Europe à deux vitesses. Avec les petits patrons, A Merkel  est en train de perdre ses soutiens les plus fidèles.
L'Allemagne commence à souffrir de la crise en Europe et prend conscience de ses  points faibles (il est le pays où les inégalités salariales s'accroissent le plus rapidement»), traversée par de fortes contradictions.
 L'Allemagne, qui n'est pas si vertueuse, est à la croisée des chemins, dans une Europe qui a perdu ses repères.
 En tout cas, elle semble sans boussolle politique, sans plan B.
__________Depuis la réunification et Schröder, les intétêts économiques de l'Allemagne se situent de plus en plus dans la Mitteleuropa.
Malgré son ancrage à l'Ouest, les intérêts allemands, qui ont misé sur le tout-export, s'éloignent de la zône d'influence américaine, depuis la chute du Mur et la douloureuse réunification. Un nouvelle Ostpolitik, initiée par W.Brandt au niveau surtout politique et culturel, est devenue surtout économique et commerciale...jusqu'à la Chine, un des principaux débouchés pour le technologie allemande. (Handel durch Annäherung)
 "L’intérêt que porte l’Allemagne à l’Europe de l’Est, et en particulier à la Russie, ne
concerne pas uniquement sa politique énergétique ; il est aussi motivé par la perspective du commerce extérieur allemand. L’économie allemande repose pour une large part sur la production de biens industriels, et se trouve donc en très bonne position pour satisfaire le besoin urgent qu’ont l’Europe de l’Est et la Russie de construire des infrastructures modernes et de mettre en place des capacités de production efficaces. L’Allemagne bénéficie en outre de sa relative proximité pour les transports vers l’Europe de l’Est, et peut s’appuyer sur un réseau dense de contacts politiques et économiques. Le niveau relativement élevé d’engagement des entreprises allemandes en Europe de l’Est apparaît nettement lorsqu’on le compare à la présence des entreprises françaises..."

___Berlin, de par sa position européenne centrale (Mittellage) se trouve dans la nécessité  de nouer un nouveau partenariat avec Moscou.
______________________________Wolfgang Münchau, journaliste au Spiegel, très pessimiste sur l'avenir de l'Union européenne dans ces conditions, estime que  "La réunification allemande est notre péché originel"
"L'Allemagne ne se considère plus comme un membre de l'Union européenne mais comme une puissance autonome, traitant d'égale à égale avec les Américains, les Russes et les Chinois sans se préoccuper de petits importuns comme les Etats européens...
  Au début des années 90, il était inconcevable que l'Allemagne se détache un jour du consensus proeuropéen. Ce glissement s'est en partie opéré avec l'arrivée de responsables politiques est-allemands, comme Angela Merkel, qui n'avaient pas de lien personnel avec le projet européen et se sont détournés de l'intégration européenne.
La réintégration de l'ex-Allemagne de l'Est ne suffit toutefois pas à expliquer cette évolution. Dans les pays occidentaux aussi, les priorités ont changé. L'une des raisons est économique. A cause du poids de la réunification, l'Allemagne a adopté la monnaie unique avec un cours surévalué. Résultat, durant 10 ans, la politique économique de l'Allemagne a consisté à augmenter sa compétitivité au lieu d'essayer de renforcer la productivité de l'espace européen dans son ensemble. C'est là l'une des principales causes de la crise actuelle.
La réunification de l'Allemagne et celle de l'Europe ne vont pas de pair, toutes deux ont économiquement mal tourné. Les futurs historiens porteront, à mon avis, un regard plus critique sur la réunification et les mérites du chancelier Kohl qu'à l'heure actuelle."

H.Schmidt:"Die Europäische Union kann scheitern"

______Selon le Céri, "les Allemands appréhendent le monde en des termes plus géoéconomiques que géostratégiques : il y a quelques années, Peter Struck, alors ministre de la Défense, avait déclaré que la défense de l’Allemagne commençait à l’Hindu Kusch. Celle de l’économie allemande débute à Shangaï et Guenzhou, pas à Paris ou à Londres.
Le progressif délitement de la cohésion et de l’esprit européens, conséquence à la fois directe et indirecte de la réunification de l’Allemagne et de l’Europe, est en revanche une donnée nouvelle. Naguère, l’OTAN et la Communauté européenne ancraient la République de Bonn en Occident. Le concept d’Occident dissimule (mal) le rétrécissement du monde occidental, les tensions diffuses et centrifuges entre les Etats, le fossé transatlantique, le désenchantement européen et le désamour des Allemands pour l’Amérique comme pour l’Europe. L’extraordinaire parenthèse des relations germano-américaines, ouverte en 1949 avec la mise en place du pont aérien, s’est refermée à la fin des années 1970. Avec la disparition de la menace soviétique, l’Allemagne n’a plus eu à importer sa sécurité des Etats-Unis. Les erreurs et le discrédit de George W. Bush ont fait le reste. La République de Berlin n’avait plus de leçons à recevoir de personne, comme l’a rappelé Gerhard Schröder à la veille de la guerre contre le régime de Saddam Hussein.
Dans l’Union européenne, l’élargissement ne s’est pas accompagné d’un véritable approfondissement. L’élargissement n’a pas entraîné de dysfonctionnement institutionnel mais aucun gouvernement européen ne s’investit aujourd’hui dans les biens communs européens. Les Britanniques n’ont jamais caché leur intérêt limité dans l’Union (à l’exception du grand marché intérieur), les Français utilisent la cause européenne à des fins intérieures, les Hongrois ou les Italiens se sont désengagés de la cause européenne et les Allemands, élites et opinion publique confondues, ne croient plus à une embellie démocratique. Pour Berlin, les Vingt-sept sont au mieux un marché ou un régulateur du marché), la démocratie étant garantie par les institutions allemandes, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle de Karlsruhe à deux reprises, en 1994 et en 2009. Au pire, l’Europe est un gouffre financier dans lequel disparaissent les contributions allemandes, comme l’avait souligné de façon peu élégante Gerhard Schröder en 1999. Le sauvetage de la Grèce a ainsi fait l’objet de nombreuses critiques. Les Allemands estiment avoir beaucoup payé pour la réunification et, surtout, s’être vu imposer une union monétaire qui à aucun moment ne devait devenir une union de transfert redistributrice..."

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-Vers un fédéralisme bismarkien?

mardi 4 mars 2014

Précarité: régime normal?

Minijobons
                     Non, il ne faut pas avoir peur des minijobs.
Ils sont créateurs d'emplois, comme ils disent...
    Pas plus que de la précarité, qui permet souplesse et mobilité sur notre bonne planète ouverte à tous les vents du profit à court terme et des capitaux hautement volatiles...Faut pas contrarier  les marchés!
En matière de flexibilité, on peut toujours faire mieux.
    Comme disait Mâme Parisot: « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »
Que répondre à une telle évidence? Presque un axiôme. CQFD!
   Donc, plus besoin de contrat.Ni CDI, ni CDD, qui sont d'anachroniques contraintes. La notion de contrat tend à disparaître, comme le poussiéreux Code du Travail. Des veilleries..Des obstacles au business.
              Certains pionniers audacieux défendent le contrat de travail zéro heure, condition pour une embauche aléatoire...C'est déjà mieux.
    D'autres, plus visionnaires encore, prônent le travail gratuit. 
Ils poussent un peu le bouchon, mais il faut reconnaïtre qu'il y a vraiment des gens qui pensent...
     Mme Merkel, sur les traces de Schröder, fait ce qu'elle peut..
Du boulot à un euro , du « Kurzarbeit », on peut trouver...  Le système Schröder-Haartz se poursuit sous toutes ses formes, imprimant son innovation partout, inspirant même notre Président.
   Pourquoi même ne pas prendre Emmaus comme  modèle?
Ils sont en avance sur leur temps...
   Ce n'est au fond qu'un retour au bon vieux temps d'autrefois... et même à le bonne vieille antiquité.
                 ...Et dire qu'il y a encore des attardés qui affirment que la flexibilité nourrit le chômage!
Pff!
             Le travail durable et assuré ne devrait plus être de mise. Il génère monotonie, ennui et paresse, habitudes néfastes  des avantages zaquis? La vie, c'est le changement..
   Un ouvrier assuré de son poste devient vite moins performant et s'installe dans le confort d'une vie qui devient vite routinière et terne. Il devient aussi plus exigeant, profitant de la solidarité crée avec ses homologues pour revendiquer plus d'avantages. Il est même prêt à cesser momentanément le travail pour ça afin d'augmenter ses gains, prenant l'entreprise en otage et mettant en péril la production. Il oublie vite que le travail, sans lequel il ne vivrait pas, lui a été accordé par pure générosité. Et puis, en vieillissant, au delà de quarante ans, il perd son efficacité et coûte trop cher....Il faut recycler!
  Le marché, c'est le mouvement, comme la vie, c'est aussi la rationalité, comme disaient Hayek et son disciple Friedman, l'expression de la main de Dieu...
                  Donc, il ne faut pas avoir peur des  mini-jobs
Et puis, l'argent n'est pas tout. Il ne fait pas le bonheur... 
 Il faudrait, comme les sages d'autrefois savoir se contenter de peu en renonçant aux surenchères salariales qui finissent par rendre perpétuellement insatisfait.
            Il importe donc de «détabouïser(sic!)le mot de "flexibilité"», comme ils disent...
.Déjà en Grèce ou en Espagne, par exemple, la précarité est devenue généralisée, au delà même des pratiques américaines. 
Nul doute que ces pays vont sortir ainsi plus vite de la crise, car  en matière de compétitivité, l'Espagne défie la France». On pourrait aussi dire que le Portugal défie l'Espagne, que la Chine défie le Portugal, que le Vietnam défie la Chine, et que le Bangladesh défie le Vietnam, vu que l'on peut toujours chercher un pays où l'on accepte de travailler plus en gagnant moins.."
            La précarité, c'est la norme du futur
La rigidité, la stabilité, voilà l'ennemi!
   C'est du moins ce qu'on dit dans les sphères généralement bien informées intéressées... 
 Jonathan Swift_n'aurait pas raisonné autrement... 
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-Relayé par Agoravox
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mercredi 14 août 2024

Vers une précarité généralisée?

 Régime (devenu) "normal"?

            La précarité devient de plus en plus un régime normal dans l'espace européen. Mais pas seulement. Pas seulement pour les juniors. Les femmes sont le plus concernées. On peut toujours faire mieux. Précariser le travail, c'est précariser la vie sous ses différents aspects, de manière souvent irréversible. La flexibilité est une exigence de nos sociétés libérales et financiarisées, où se creusent comme jamais les inégalités de revenus 


  ___  Non, il ne faut pas avoir peur des minijobs.
Ils sont créateurs d'emplois, comme ils disent...
    Pas plus que de la précarité, qui permet souplesse et mobilité sur notre bonne planète ouverte à tous les vents du profit à court terme et des capitaux hautement volatiles...Faut pas contrarier  les marchés!
En matière de flexibilité, on peut toujours faire mieux.
    Comme disait Madame Parisot: « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »
Que répondre à une telle évidence? Presque un axiôme. CQFD!
   Donc, plus besoin de contrat.Ni CDI, ni CDD, qui sont d'anachroniques contraintes. La notion de contrat tend à disparaître, comme le poussiéreux Code du Travail. Des vieilleries..Des obstacles au business.
              Certains pionniers audacieux défendent le contrat de travail zéro heure, condition pour une embauche aléatoire...C'est déjà mieux.
    D'autres, plus visionnaires encore, prônent le travail gratuit. 
Ils poussent un peu le bouchon, mais il faut reconnaïtre qu'il y a vraiment des gens qui pensent...
     Mme Merkel, sur les traces de Schröder, fait ce qu'elle peut..
Du boulot à un euro , du « Kurzarbeit », on peut trouver...  Le système Schröder-Haartz se poursuit sous toutes ses formes, imprimant son innovation partout, inspirant même notre Président.
   Pourquoi même ne pas prendre Emmaus comme  modèle?
Ils sont en avance sur leur temps...
   Ce n'est au fond qu'un retour au bon vieux temps d'autrefois... et même à le bonne vieille antiquité.
                 ...Et dire qu'il y a encore des attardés qui affirment que la flexibilité nourrit le chômage!
Pff!
             Le travail durable et assuré ne devrait plus être de mise. Il génère monotonie, ennui et paresse, habitudes néfastes  des avantages zaquis? La vie, c'est le changement..
   Un ouvrier assuré de son poste devient vite moins performant et s'installe dans le confort d'une vie qui devient vite routinière et terne. Il devient aussi plus exigeant, profitant de la solidarité crée avec ses homologues pour revendiquer plus d'avantages. Il est même prêt à cesser momentanément le travail pour ça afin d'augmenter ses gains, prenant l'entreprise en otage et mettant en péril la production. Il oublie vite que le travail, sans lequel il ne vivrait pas, lui a été accordé par pure générosité. Et puis, en vieillissant, au delà de quarante ans, il perd son efficacité et coûte trop cher....Il faut recycler!
  Le marché, c'est le mouvement, comme la vie, c'est aussi la rationalité, comme disaient Hayek et son disciple Friedman, l'expression de la main de Dieu...
                  Donc, il ne faut pas avoir peur des  mini-jobs
Et puis, l'argent n'est pas tout. Il ne fait pas le bonheur... 
 Il faudrait, comme les sages d'autrefois savoir se contenter de peu en renonçant aux surenchères salariales qui finissent par rendre perpétuellement insatisfait.
            Il importe donc de «détabouïser(sic!)le mot de "flexibilité"»comme ils disent...
.Déjà en Grèce ou en Espagne, par exemple, la précarité est devenue généralisée, au delà même des pratiques américaines. 
Nul doute que ces pays vont sortir ainsi plus vite de la crise, car  en matière de compétitivité, l'Espagne défie la France»On pourrait aussi dire que le Portugal défie l'Espagne, que la Chine défie le Portugal, que le Vietnam défie la Chine, et que le Bangladesh défie le Vietnam, vu que l'on peut toujours chercher un pays où l'on accepte de travailler plus en gagnant moins.."
            La précarité, c'est la norme du futur
La rigidité, la stabilité, voilà l'ennemi!
   ...C'est du moins ce qu'on dit dans les sphères généralement bien informées intéressées... 
 Jonathan Swift_n'aurait pas raisonné autrement... 
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jeudi 16 mai 2013

Retour sur le "modèle allemand"

L'actualité  oblige à revenir une fois de plus sur la politique économique de la droite libérale allemande.
___________L'Allemagne semble avoir les clés du désarmement, du point de vue fiscal notamment, dans le cadre de la  tension larvée ou ouverte qui l'oppose aux pays européens qui souffrent de sa suprématie exportatrice et de l'usage qu'elle fait d'un euro taillé à sa mesure.
_L'Allemagne (comme l'Angleterre) "a joué sa partie dans la compétition fiscale et sociale. Elle ne laisse ainsi aux pays périphériques d'autre option que celle de jouer la partition de la concurrence fiscale et sociale. Si l'on veut sortir l'Europe du marasme, c'est à l'Allemagne de cesser cette absurde compétition fiscale et de sonner l'heure de la désescalade : elle doit remonter son impôt sur les sociétés."
___La personne d'Angela  Merkel (au parcours complexe), d'ailleurs prise entre deux feux dans son pays, n'est pas le problème, même si elle est représentative d'une rigidité contestée, d'une irrationnelle et dangereuse fixation sur des positions antiinflationnistes de principe.  Le problème est la ligne de la politique économique allemande suivie depuis Schröder et les défaillances des instances européennes, vouées aux dogmes ultralibéraux, qui ont laissé faire ou encouragé le dumping fiscal et social, les dérives de l'euro.
L'Allemagne n'est pas ce que l'on croit.
L'Allemagne n'est pas ce que l'on dit.
Elle compte plus de pauvres que la France, par exemple.
Les salariés low cost se multiplient. 
Le précariat y est banalisé.
Elle ne joue pas le jeu d'une solidarité minimale, mais suit la logique propre de ses intérêts à courte vue, depuis Schröder, plus tournée vers l'Est que vers ses partenaires traditionnels.
___ Le succès des Allemands n'a rien à voir avec leurs efforts, pourtant vantés par les éditocrates.
  L’Allemagne est une championne inatteignable,  estime même die Welt.
C'est comme si ce pays était « off shore »,  selon l'expression de JL Gréau, comme dans une bulle artificielle, dont la fragilité est pourtant manifeste, bénéficiant de surcroît d'une nouvelle immigration intraeuropéenne.
 _________Oskar Lafontaine, ex-ministre des finances, qui voit où est le problème, apportant un peu de bon sens économique, prône un nouveau système monétaire européen, avec dévaluation de l'euro, car il ne s'agit pas d'accabler l'Allemagne, mais de l'amener à voir où est son véritable intérêt. J.Sapir considère cette position comme un changement significatif, pour sortir d'inerties dangereuses.
Il serait tragique de s'obstiner dans l'erreur...
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