Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête russie. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête russie. Trier par date Afficher tous les articles

samedi 21 janvier 2023

Casse tête géopolitique

Surtout mis en évidence par l'actualité

           Un peu d'histoire ne nuit pas.   ___  La Russie et son environnement.

                      " L’année 2022 a remis en question de multiples paradigmes qui semblaient constitutifs du monde tel qu’il s’est construit après la fin de la guerre froide. L’espace post-soviétique, composé des quinze républiques issues de la dislocation de l’URSS en 1991, était depuis cette date largement dominé par la Russie. La donne change rapidement sous l’effet de la guerre en Ukraine.    Fortement déstabilisé par une série de conflits – affrontements sanglants au Kazakhstan en janvier, début de la guerre en Ukraine en février, nouvelles flambées de violence entre le Tadjikistan et le Kirghizistan en septembre et entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en novembre, l’ancien pré carré de la Russie est aujourd’hui un laboratoire géopolitique captivant.                                                                             De nouveaux rapports de force peuvent y naître… à condition que les puissances extérieures, notamment l’Union européenne, les États-Unis et la Chine, réagissent intelligemment à cette sortie de la « vassalité » établie par Moscou vis-à-vis de son « étranger proche ».  Depuis le début des années 1990, les trajectoires des républiques post-soviétiques oscillent entre des périodes de rapprochement et de mise à distance avec la Russie, visibles notamment dans des « révolutions de velours » survenues, avec des succès divers, en Géorgie en 2003, en Ukraine en 2004 puis en 2013-2014, en Biélorussie en 2005 ou au Kirghizistan également en 2005.         L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et, surtout, le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022 ont conduit la plupart de ces pays à une nouvelle quête d’émancipation. L’édifice géopolitique construit par Moscou dans son pré carré prend désormais l’apparence d’un château de cartes aux fondements fragiles, bien loin de la forteresse incarnée notamment par la complexe architecture institutionnelle érigée par le Kremlin sous les trois formes de l’Organisation du traité de sécurité collective, de la Communauté de États indépendants et de l’Union économique eurasiatique.                                                             Bien que très hétérogène, l’espace post-soviétique (à l’exception de la Biélorussie) donne de multiples signaux de prises de distance vis-à-vis de Moscou. Leurs modalités varient de signaux très symboliques (manquements aux rencontres officielles) jusqu’aux demandes d’adhésion à l’UE déposées par la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, les deux dernières étant devenues officiellement pays candidats en juin 2022. L’Ukraine est naturellement aujourd’hui le pays ex-soviétique dont la coupure avec la Russie est la plus nette et, sans doute, définitive. L’ensemble du voisinage de la Russie est concerné. 


                                                                             En Asie centrale, le Kirghizistan a refusé en octobre dernier d’accueillir les manœuvres militaires annuelles de l’Organisation du traité de sécurité collective, sous l’égide de la Russie, et mène des
 négociations de partenariat avec Washington. Le Kazakhstan a annulé la parade militaire du 9 mai, un acte particulièrement symbolique au regard du poids historique que porte cette date dans l’espace post-soviétique. L’Ouzbékistan et le Kazakhstan ont envoyé une aide humanitaire en Ukraine dès le début de la guerre, et l’ont rendue publique. Au cours du dernier sommet de la Communauté des États indépendants à Astana, le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon, a dénoncé l’attitude de la Russie vis-à-vis des pays d’Asie centrale, acte significatif pour un pays resté sous la mainmise russe depuis la dislocation de l’URSS.   La situation est similaire du côté des pays du Caucase du Sud. L’Arménie, qui avait soutenu la Russie au sein des Nations unies et du Conseil de l’Europe après l’annexion de la Crimée, a refusé de signer, en novembre dernier, la déclaration finale du sommet de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) en raison de son « inefficacité dans la gestion du conflit arméno-azerbaïdjanais ».                             L’Azerbaïdjan, premier pays à avoir promis et fourni une aide humanitaire à l’Ukraine, semble également avoir changé de ton vis-à-vis de la Russie en autorisant, par exemple, la télévision d’État à parler d’agression russe en Ukraine. Plus récemment, en décembre, le transfert d’équipements azerbaïdjanais à l’Ukraine dans le cadre de l’aide humanitaire a suscité une réaction immédiate de la part de la Russie.                                                                                                                                                         Les tentatives des républiques post-soviétiques de s’affranchir de l’emprise russe font naturellement l’objet de multiples commentaires dans les médias occidentaux et semblent tout particulièrement attirer l’attention des gouvernements des États de l’UE et des États-Unis. Cependant, bien que le Kremlin ne puisse y être indifférent, il ne semble pas s’en l’inquiéter outre mesure et, en tout cas, s’efforce de maintenir les apparences de relations habituelles avec les pays de son voisin.   La médiatisation du premier Forum économique eurasiatique tenu à Bichkek en mai 2022 (avec promesse d’ouverture de nouveaux dossiers de coopération) et d’une possible « union gazière » avec le Kazakhstan et l’Ouzbékistan annoncée fin novembre, plusieurs rencontres de Poutine avec ses homologues de l’« étranger proche » en cours d’année ainsi que le rôle de médiateur joué par la Russie dans le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ne sont que quelques exemples parmi d’autres de la stratégie de continuité adoptée par Moscou.  Le 26 décembre, lors de la réunion de fin d’année des chefs d’État et de gouvernement de la CEI, et de manière outrageusement symbolique, Poutine a redessiné les contours de sa zone d’influence en offrant à ses homologues des bagues sur lesquelles sont sculptés le symbole de l’organisation régionale ainsi que les mots « Bonne année 2023 » et « Russie ».   
                               Le Kremlin semble parier sur les limites, nombreuses, de l’émancipation de son pré carré. En effet, ces républiques subissent les conséquences de leur enclavement, puisqu’elles sont coincées, coté Asie centrale et Caucase du Sud (hors Géorgie) entre Russie, Chine, Iran, Afghanistan et Turquie ou transformées en zone tampon entre Russie et Union européenne pour ce qui est de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Moldavie. Privés pour la plupart de débouchés maritimes, ces États demeurent étroitement liés à la Russie : marchés économiques et notamment énergétiques (l’Arménie, par exemple, dépendant presque exclusivement de la Russie pour ses approvisionnements en céréales, en gaz ou en pétrole), voies de communication, dont réseaux routier et ferroviaire, investissements dans le secteurs bancaire et des assurances, accords relatifs à la présence des bases militaires (d’ailleurs prolongés en 2022 jusqu’en 2042 au Tadjikistan et 2044 en Arménie), sans compter la présence de minorités russophones très nombreuses et en pleine expansion depuis de début de l’offensive contre Ukraine. Le choc de la guerre n’entraîne visiblement pas une rupture de ces dépendances structurelles à court terme.                                                Dans cette situation, d’autres acteurs et tout particulièrement l’UE, les États-Unis et la Chine se retrouvent face à un véritable casse-tête géopolitique. Quelles stratégies établir afin d’aider les républiques post-soviétiques à rompre le cercle vicieux des dépendances héritées et/ou accumulées depuis l’effondrement de l’URSS tout en évitant le déclenchement de nouveaux conflits dans des pays déjà fragilisés par leurs contradictions internes (Kirghizistan, Kazakhstan, Biélorussie, etc.) ?                                       Les décisions prises par les Occidentaux courant 2022 témoignent d’une certaine prise de risque. L’UE a, on l’a dit, octroyé à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’adhésion. Elle mène des négociations en ce sens avec la Géorgie, et a conclu un accord énergétique avec l’Azerbaïdjan, incluant notamment le projet d’un nouveau câble sous-marin contournant la Russie. Elle renforce également son rôle de médiateur dans le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en envoyant une « mission civile ». Elle a aussi lancé un « partenariat stratégique » avec le Kazakhstan sur l’hydrogène vert et les matières premières.                                                           Côté États-Unis, le constat est similaire : les Américains profitent de l’affaiblissement de la Russie afin d’étendre leur influence dans la région, sans pour autant en faire une priorité. Les responsables américains ont intensifié les contacts avec les élites d’Asie centrale, tant dans les domaines de la coopération militaire qu’économique. L’Initiative américaine de résilience économique lancée cet automne en est l’une des modalités.                                                                                                   Enfin, la Chine, bien que prudente vis-à-vis de la Russie sur le dossier ukrainien, cherche elle aussi à étendre son influence en profitant du nouveau contexte géopolitique. Les entreprises chinoises, déjà largement présentes dans le secteur minier, des transports et des hydrocarbures, intensifient leurs investissements, comme au Kazakhstan, où la Chine soutient une cinquantaine de projets qui doivent s’achever en 2023. Le projet phare de Xi Jinping, la « nouvelle route de la soie », continue son déploiement, notamment avec le démarrage prévu en 2023 de la ligne de train connectant la Chine à l’Ouzbékistan en passant par le Kirghizistan.                         Cependant, malgré ces évolutions qui semblent présager un pas vers une nouvelle « fin de l’histoire » dans les anciennes républiques soviétiques, la situation demeure ambivalente et la prudence s’impose. La politique jusqu’au-boutiste de Poutine, dont il a fait la démonstration en 2022, mais aussi les interdépendances encore très pesantes entre la Russie et ses pays frontaliers, d’une part, ainsi qu’entre la Russie, l’Europe (notamment dans le domaine de l’énergie) et la Chine (notamment dans leur stratégie d’opposition aux puissances occidentales), d’autre part, restent des freins majeurs à un véritable changement de paradigme à court terme.                   Reste aussi, surtout en Asie centrale, à convaincre les populations locales, dont l’attitude vis-à-vis des États-Unis et de la Chine est plutôt méfiante depuis les années 2000, que la présence de ces pays ne se traduirait pas à terme par une nouvelle forme de vassalité. Pour l’heure, les sondages d’opinion montrent que les sociétés deviennent de plus en plus réticentes à « accueillir » ces puissances extérieures. Selon, par exemple, le Baromètre de l’Asie centrale, les projets d’infrastructures sous l’égide de la Chine suscitent de nombreuses inquiétudes au sein de la population kirghize.       L’année 2023, et les suivantes, seront sans doute conditionnées par l’aptitude des Occidentaux et des Chinois (mais aussi des Turcs et des Iraniens, également actifs dans le Caucase et en Asie centrale) à consolider leur présence sans pour autant franchir une ligne rouge à l’égard de la Russie qui reste, pour l’heure, et malgré tout, la puissance dominante dans l’espace post-soviétique." [Merci à Katsiaryna Zhuk]

  ___ Géopolitique de la Russie        __________________

mercredi 26 octobre 2016

Poutine or not Poutine?




    Diaboliser Poutine?                                                             [Eléments d'interprétation]
                                             C'est le pire que l'on puisse faire.
         On ne négocie pas avec ses amis ou avec ses proches...Couper les liens avec la Russie ou la clouer au pilori serait contre-performant, lourd de risques.
     Il a raison Vladimir Fédorovski : Il ne faut surtout pas humilier la Russie.
    Quoi qu'on pense de lui et de ses choix politiques ou ce que l'on croit en connaître, à travers une information souvent partielle ou partisane, discutable.
        Poutine est ce qu'il est.
    Personnage controversé, certes, mais on ne peut se contenter de gloser jusqu'au roman sur ce que l'on sait de l'homme et de ses motivations, mais il importe de recadrer la politique russe du moment, qui ne se ramène pas à de la psychologie de bazar, à une imageries people, dans l'histoire récente et les rapports géostratégique du moment.
             L’anti-poutinisme de principe, qui en est encore aux fantasmes de la Guerre froide, est absurde.
      C'est Henry Kissinger, qui n'est pas un enfant de choeur, qui le dit, comme d'autres Américains un peu lucides: il a expliqué à de nombreuses reprises ces derniers mois que « l’anti-Poutinisme » hystérique des Etats-Unis et de la presse américaine, ne constituait nullement une politique mais était en réalité une réponse à l’absence de politique. Il n’y a rien de plus exact. Il le dit dans une interview qu’il a donnée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel le 13 novembre. Le niveau de délire de la presse américaine a été bien analysé par Robert Parry, l’un des plus grands journalistes indépendants des Etats-Unis. Il est aujourd’hui tragique de voir que ce discours, qui est une véritable propagande de guerre, envahit les médias en France et en Grande-Bretagne.
        Celui que l'on nomme à tort le nouveau tsar est, dans une large mesure, la produit de l'ère post-gorbatchevienne-eltsinienne et de ses dérives, de son effondrement économique évitable du pays mis en pièces, en coupes réglées, largement encouragée par certaines forces états-uniennes, comme le reconnaît J.Stiglitz, alors à la direction de la banque mondiale, du retournement qui s'en suivit ainsi que la réaction nationale prévisible. Dans le cadre d'une démocratie encore à construire...ON ne peut reprocher à Vladimir P. de n'avoir pas procédé à un certain endiguement de la corruption et d'avoir sorti le pays du marasme des premiers temps.
(On n'oubliera pas que les acquis de la Révolution Française ont mis un siècle à se stabiliser tant bien que mal, avec les régressions autocratiques que l'on connaît..).
       Il n'est pas facile de comprendre vraiment le véritable jeu du Kremlin en Syrie, la vérité étant la première victime de la guerre, au coeur de ses intérêts géostratégiques.. Et que savons-nous, dans le brouillard ( ou brouillage) médiatique et des légitimations officielles, de tous les tenants et aboutissants de ce conflit? Une révolution fomentée en partie de l'extérieur. De toutes façons, dans ce terrible affrontement évitable à multiples bandes, personne n'est innocent, surtout pas les puissances occidentales, surtout pas ceux qui ont, par la destruction de l'Irak, mis délibérément  le désordre dans cette région, qui, au, nom d'un chaos créateur à la Dick Chesney, ont procédé aux démantèlements qui a fait fructifier tous les fondamentalismes, quand ils n'ont pas été instrumentalisés.
    Rien n'est aussi simple que ce qui est diffusé sur nos  antennes pressées et formatées.
        Les USA, via  l'Otan, continuent leur jeu d'encerclement, dans le sillage de la guerre froide, ce qui ne peut qu'irriter la Russie déjà amputée. (*)
      Face à l'hypocrisie et le double jeu occidental, Poutine suit sa logique propre où la mémoire joue son rôle.   " Quand il arrive au pouvoir, présenté par ses promoteurs les oligarques, Berezovsky, Abramovitch et consorts, comme un pantin manipulable, V. Poutine trouve un pays économiquement en ruines. La crise de 1998, provoquée par une insertion trop brutale dans le marché mondial, a été catastrophique pour la Russie. Il a donc hérité d’une situation très compliquée avec une corruption galopante qui perdure d’ailleurs aujourd’hui. Le premier succès de V. Poutine, celui sur lequel il capitalise toujours en réalité, a été de sortir le pays de la crise en reprenant en main les actifs gaziers et pétroliers des oligarques pour les placer sous tutelle de l’Etat, inaugurant une nouvelle période de prospérité. Les Russes lui sont toujours reconnaissants de cela ce qui explique en grande partie sa popularité. D’un autre côté il faut également comprendre que le contrat social russe se fonde sur une délégation de pouvoir absolu contre la prospérité et une certaine forme de grandeur du pays ; c’est en ce sens que V. Poutine peut être vu comme l’héritier tant des tsars que des dirigeants soviétiques. Il se place ainsi dans la droite ligne de ses grands prédécesseurs vus comme les bâtisseurs de la Russie et d’une certaine façon à contre-courant de B. Eltsine, même si c’est lui qui l’a amené au pouvoir."
   Un héritage et une situation complexes  où nous comptons si peu, ccomme le dit Védrine.
           Le sénateur McGovern met en garde son pays contre toute tentative de mésinterprétation et de diabolisation à l'encontre d'une Russie supposées encore agressive, comme au temps de Reagan, qui avait temps besoin de cet ennemi.
          La Russie est bien que plus proche de nous culturellement qu'on ne dit.  La réduction simplificatrice et la diabolisation de nos si proches voisins revient périodiquement en force. Comme il est dit:  il y a eu peu de discussions intelligentes à propos de ces risques dans les grands médias américains ou même, apparemment, dans les salles du pouvoir à Washington. On dirait un somnambule marchant vers un abîme."
  Le pire serait de se couper d'un peuple si proche, en attendant des jours meilleurs, des institutions plus conformes à nos traditions héritées de 89.
       Mais les hydrocarbures sont, encore une fois, l'enjeu masqué de l'affrontement. 
_________________
       (*)  Comme le dit Stephen Cohen:
1)  La décision d’étendre l’OTAN jusqu’à la frontière même de la Russie:  ça n’a aucun sens de dire que Poutine a violé l’ordre de l’après-Guerre-Froide en Europe. La Russie a été exclue de l’ordre de l’après-Guerre-Froide en Europe du fait de l’expansion de l’OTAN. La Russie a été repoussée « quelque part au-delà » (au-delà d’une zone de sécurité). La Russie insistait: « Procédons à un arrangement de Sécurité Pan-Européenne comme Gorbatchev et Reagan le proposaient. » Les expansionnistes de l’OTAN dirent : « Ceci n’a rien de militaire, c’est une question de démocratie et de libre échange, ce sera bon pour la Russie, avalez le poison et souriez ! » Et quand les Russes n’avaient pas le choix, dans les années 1990, ils l’ont fait; mais lorsqu’ils sont redevenus plus forts et se sont retrouvés dans la possibilité de choisir, ils ont cessé de subir en silence.
  La Russie commença à se défendre, comme l’aurait fait tout dirigeant russe qui aurait été sobre et qui avait le soutien de son pays. Je ne dis pas ça pour rire. A la fin, Eltsine pouvait à peine marcher. Il a été poussé hors de la présidence, il n’a pas démissionné volontairement. Mais le fait est que n’importe qui aurait pu prédire cette situation dans les années 1990 – et certains d’entre nous l’ont fait, souvent et aussi fort qu’il nous était permis.
  2)  Le refus de la part des Etats-Unis de négocier au sujet des missiles de défense: les missiles de défense sont maintenant un projet de l’OTAN. Ceci veut dire que les installations de missiles de défense, sur terre ou sur mer (celles sur mer étant les plus dangereuses) font maintenant partie de l’expansion de l’OTAN et de son encerclement de la Russie. La défense anti-missiles fait partie de ce système de défense. Les Russes sont absolument certains que ce sont leurs capacités de représailles nucléaires qui sont visées. Nous disons : « Oh, non, cela concerne l’Iran, cela ne vous concerne pas. » Mais allez donc vous entretenir avec Ted Postel à l’MIT [Massachussetts Institute of Technology]. Il explique que les missiles de défense des dernières générations sont des armes offensives qui peuvent frapper les installations russes. Entre-temps, nous accusons la Russie de développer à nouveau des missiles de croisière; et ils ont recommencé à le faire parce que nous sommes retournés à une course aux armements « œil-pour-œil, dent-pour-dent, » pour la première fois depuis nombre d’années.
  3)  Le fait de nous mêler des affaires intérieures de la Russie au nom de la promotion de la démocratie:  en plus de financer les programmes d’ « opposition politique » du National Endowment for Democracy partout en Russie et en Ukraine––êtes-vous conscients du fait que lorsque Medvedev était Président de Russie et que Mme Clinton et Michael McFaul procédèrent à leur merveilleuse « réinitialisation, » (c’était un jeu diplomatique truqué, si vous en regardez les conditions), le Vice-Président  Biden se rendit à l’Université d’Etat de Moscou et déclara que Poutine ne devait pas retourner à la Présidence. Il le lui répéta ensuite à la figure. Imaginez Poutine venant ici dans les semaines à venir et disant à Rubio ou à Clinton d’abandonner la course pour la Présidence!
  Reste-t-il encore des lignes rouges quand il est question de notre attitude envers la Russie ? Avons-nous le droit de dire et de faire tout ce que nous voulons ? Ceci s’étend à tous les domaines, et certainement à la politique. La Maison Blanche ne peut simplement pas se taire, harcelée comme elle l’est par les lobbies anti-russes accrédités et les médias dominants. Nous croyons tous en la démocratie, mais que cela nous plaise ou non, nous ne pourrons pas imposer la démocratie à la Russie; et si nous pouvions le faire, nous ne serions peut-être pas contents des résultats produits.
  Alors posez-vous la question, y-a-t-il une position sur la Russie qui devrait être prudemment repensée, dans l’après-Paris? Et la Russie aurait-elle à tout le moins quelques intérêts légitimes dans le monde ? Et si oui, lesquels ? Qu’en est-il de leurs frontières? Ont-ils des intérêts légitimes en Syrie?
  4)  Mon dernier point est un espoir prescriptif (avant Paris, je ne pensais pas qu’il y avait d’espoir du tout). Maintenant il y existe encore une chance de réaliser le partenariat perdu avec la Russie...
________________________________

vendredi 29 août 2008

Russie : réaction prévisible ?

Imprévoyance occidentale ou aventure pétrolière programmée?

Zbigniew Brzezinski : « La Géorgie nous ouvre l'accès au pétrole et bientôt au gaz de l'Azerbaïdjan, de la Mer Caspienne et de l'Asie centrale. ELLE REPRESENTE POUR NOUS UN ATOUT SRATEGIQUE MAJEUR ."
_______________

Du Sud au Nord, la crise bascule!

".... Simon Jenkins a publié une remarquable tribune, hier dans le Times également, qui se termine par ses observations sur la situation et, précisément, sur les dirigeants européens: «Yet history shows that “going to war” is never an intention. It is rather the result of weak, shortsighted leaders entrapped by a series of mistakes. For the West’s leaders at present, mistake has become second nature.»
L’“Ouest”, c’est-à-dire les USA principalement puisque les autres ne font que courir derrière en se donnant ainsi l’impression d’exister, n’a strictement aucune politique pour cette circonstance extraordinaire qu’il a pourtant tout fait, depuis 17 ans, pour susciter. L’“Ouest” a prévu les JO de Pékin, la visite du Dalaï Lama en France, les débats pompeux sur l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN, l’installation du BMDE en Pologne et toute cette sorte de choses, mais pas de politique qui prenne en compte la réaction de la Russie. La Russie est soumise depuis 17 ans à un traitement qui aurait dû suggérer, ou pour le moins faire envisager qu’elle réagirait un jour ou l’autre; rien de cela mais beaucoup de gémissements et de jérémiades. Dans cet article qui devrait devenir fameux de l’International Herald Tribune sur le thème “oh là là, nous avons beaucoup à perdre avec la Russie”, un Strobe Talbott, vétéran des rapports avec la Russie de la fin des années 1980 et des années 1990, s’insurge contre les réactions de Washington qui semblent se réduire justement à ces gémissements et à ces jérémiades:
«“Outrage is not a policy,” said Strobe Talbott, who was deputy secretary of state under President Bill Clinton and is now president of the Brookings Institution. “Worry is not a policy. Indignation is not a policy.” “Even though outrage, worry and indignation are all appropriate in this situation, they shouldn't be mistaken for policy and they shouldn't be mistaken for strategy,” he added.»...
Il semble que les USA, tout en machinant un nombre considérable d’entreprises de subversion contre la Russie, aient considéré ce théâtre d’activité comme considérablement secondaire, si tant est qu’ils l’aient considéré comme un “théâtre”. Il semble par conséquent que les USA n’aient pas considéré comme une possibilité que la Russie pourrait réagir. (Et, par conséquent, leur annonce d'une “nouvelle Guerre froide” n'était qu'une aimable incitation faite à la Russie de capituler une fois de plus.) Cette attitude vient pour une bonne part du jugement méprisant sur la Russie après que la chute de l’URSS ait été assimilée et interprétée comme une “victoire” formidable de l’Amérique, jugement méprisant devenu un stéréotype de la pensée washingtonienne qui ne fonctionne effectivement que par le moyen du stéréotype accompagnant le conformisme et l’enfermement qui la caractérisent. Pour cette pensée, la Russie n’est plus quelque chose de sérieux depuis l’effondrement de l’URSS qui est effectivement présenté comme une défaite irrémédiable, et cette situation donnait le champ libre à toutes les machinations subversives possibles, à visage découvert, comme s’il existait un blanc-seing à cet égard...
La crise géorgienne comme matrice de la crise du continent européen poursuivi jusqu’à ses confins n’est pas la crise irakienne. Par définition et par ses caractéristiques, elle implique directement l’Europe et peut déboucher sur un conflit majeur. Il est bien possible que nous ne ferons pas cette fois l’économie de la démonstration tragique de notre irresponsabilité et, au bout du compte, de la nécessité d’envisager de prendre des décisions. La parenthèse indigne de l’irresponsabilité confortable est en train de se fermer, elle laisse place à la crise de l’irresponsabilité tragique."

-Russie - Yahoo! Actualités
-Recherche Google : Georgie
-Otan et Russie : les animaux malades de la peste | AgoraVox
-------------------------------------------------------------------
-Que veut la Russie?
- Où va la RUSSIE ?
- Géorgie : revers occidental ?
- Enjeux caucasiens

-

mercredi 29 juillet 2009

Russie: menace démographique?

La vodka n'explique pas tout...





-Un déclin démographique qui pose problème-
_________Des chiffres qui peuvent inquiéter______
____Une démographie problématique___

>Où va la RUSSIE ?
________________________


Vivre et mourir en Russie - AgoraVox:

"La Russie irait mal, elle serait sur la pente descendante et tous les efforts faits actuellement pour la transformer en un géant économique moderne seraient menacés par la régression démographique. Presque partout ailleurs dans le monde, c’est le phénomène inverse qui menace. La surnatalité absorbe la croissance de l’Afrique même dans les pays qui arrivent encore à croître comme l’Ouganda ou le Ghana. L’Inde et la Chine malgré leurs efforts ne sont pas à l’abri d’un redémarrage de la croissance de la population avec des hommes surnuméraires condamnés au célibat et à l’onanisme. Le Bangladesh, le Nigeria, l’Egypte deviennent des fourmilières. La Russie se singularise par une décroissance démographique et un surplus de femmes. Catastrophe annoncée, pas si sûr.
Si l’on se réfère à l’article de Marie Jégo, la nouvelle prospérité russe risque d’être mise à mal à terme par le déclin de la population. L’article du quotidien le Monde est sobre et possède le mérite de ne pas tomber dans le sensationnel. Le phénomène est plus ancien cependant, mais il est souvent de bon ton de critiquer dans la presse la Russie en décrivant le pays actuel sous son aspect le plus noir et de faire état de la mafia, de la violence et de l’atavisme un leitmotiv capable d’expliquer tous les malheurs de la Russie. Ces critiques sont hélas souvent plus proche du fantasme que de la réalité. La population baisse en Russie, c’est un fait, l’espérance de vie des hommes est au plus bas, mais le pays est-il au bord de la catastrophe inéluctable, rien n’est moins sûr.
Certes, « il existe un solde négatif et une baisse durable de la population, passée de 148,9 millions d’habitants au début de 1993, à 141,9 millions en avril 2009, selon le comité d’Etat aux statistiques (Rosstat) ». Mais essayons d’analyser cette situation.
Selon l’Article du Monde :
L’alcool serait à l’origine de 500.000 décès par an !
Non sans humour (ou alors il est involontaire), le porte-parole de la Chambre civique déclarait que l’"épidémie d’alcoolisme a débouché sur le fait que la mortalité des hommes en liberté est trois fois supérieure à celle des hommes de la même tranche d’âge qui sont en prison". De là à mettre en tôle tous les hommes pour qu’ils arrêtent de s’en prendre une, de tôle, il n’y a qu’un pas. Mais si une Bachelot russe décidait subitement de l’incarcération de tous les grands buveurs (majeurs comme mineurs) comme mesure de santé publique, les « droits de l’hommistes » et même les Verts du monde occidental crieraient à l’infamie et à l’atteinte aux libertés. La prison n’est donc pas la solution idéale au sevrage, ni en Russie, ni ailleurs.
L’alcool serait aussi à l’origine de la criminalité et du suicide, (80% des meurtriers seraient ivres et 40% des suicidaires). Mais l’alcool est-il une cause de crime ou de suicide ou bien les assassins et les suicidaires se donnent-ils le courage du passage à l’acte en buvant ? Les deux options sont valables et ne sont point contradictoires. Car il est des hommes qui n’auraient jamais été violents s’ils étaient restés à jeun, mais d’autres qui boivent sans se bagarrer. Et puis, la société russe accepte beaucoup plus la violence et la force physique comme moyen d’expression naturelle des conflits entre individus, du moins beaucoup plus que les Européens d’aujourd’hui, qu’ils soient scandinaves ou latins. Les politiciens russes, qu’ils soient sobres ou quelquefois bourrés, cela arrive de temps en temps à la Douma, n’hésitent pas à faire le coup de poing dans l’hémicycle sans que cela choque particulièrement les Russes.
La vodka n’explique pas tout !
Le déficit natalité/mortalité :
La natalité européenne est faible, tant en Russie qu’en Espagne, Italie ou Allemagne. Elle est de 1.4 par femme en Russie, ce qui met ce pays dans la moyenne basse européenne. Seule la France possède depuis peu un regain démographique et une relativement importante natalité (au début surtout d’origine immigrée, la natalité gagne de plus en plus la population de souche en France depuis une dizaine d’années). Ce qui caractérise la Russie, c’est la forte mortalité, en particulier celle des hommes. Si l’on en croit l’article du Monde,"Un homme sur trois meurt entre 20 et 60 ans. Si nous ne venons pas à bout de ce problème, la population va décroître encore plus vite". L’homme jeune est donc une denrée rare, ce qui entraîne des veuves et des célibataires en surnombre.
Encore, selon l’article, "Les enjeux de la crise démographique en Russie" qui a été publiée, en juin, Les hommes russes ont aujourd’hui une espérance de vie de 61,4 ans (73 ans pour les femmes) alors qu’elle était de 63,8 ans dans les années 1960 (75 ans dans les pays développés).58.8 ans. Le jeune adulte russe serait donc une espèce en voie de disparition. On peut se demander pourquoi. La population russe décline, et pourtant le gouvernement fait tout pour inciter les Russes à avoir des enfants : prime à la naissance du deuxième enfant de plus de 7000 euros, allocations familiales doublées. Mais ce que font timidement les mères, les hommes le gaspillent en ayant le mauvais goût de mourir jeunes. Et puis, l’argent ne fait pas tout en la matière. Les Japonais ont bien plus de moyens, mais ne font pas d’enfants. Ils ont par contre un record de vieillards et de centenaires qui pèsent de plus en plus sur l’économie du pays. Et ils ont en commun avec les Russes une défiance envers l’émigration. ...
De quoi meurent donc les hommes en Russie ? D’alcoolisme, de tabagisme, d’une alimentation inadaptée dit l’article. Cela est vrai dans une certaine proportion, mais il faut aussi prendre en compte une plus grande prise de risque au quotidien. Risque qui est quasiment éradiqué en occident au nom du principe de précaution, du fait de lois répressives sur l’alcool, le tabac, la sécurité routière. Et aussi, il ne faut pas le nier la dévirilisation de la société occidentale ne permet plus les audaces des Russes. Cette mode n’a pas encore atteint la Russie, la conduite sportive, les excès de vitesses, les bagarres, les comportements téméraires, le sentiment qu’il ne faut pas prendre trop de précautions interviennent aussi dans la mortalité. Un sociologue russe disait d’ailleurs il y a quelques années que l’homme russe vis-à-vis du danger se comportait souvent encore adulte comme un adolescent ou un militaire. Se faire tuer dans une rixe par inadvertance lors d’une fête n’entraîne que rarement une vive réprobation, sauf si des Caucasiens y sont mêlés, entre Russes, cela est presque naturel. On ne parle pas de roulette russe pour rien, ce « sport » n’aurait jamais pu être conçu en Suisse.
L’Union Soviétique regorgeait de médecins et de centres de santé. Il y aurait beaucoup à dire sur la qualité et l’efficience des ces soins, mais la médecine russe existait bel et bien ainsi que les services sociaux et du temps du communisme, l’accès aux soins était une réalité. Et puis, il existait une médecine de pointe et des scientifiques de renom international. Aujourd’hui, la médecine n’a pas disparue du paysage russe, mais l’entrée du pays dans le modèle libéral fait que l’accès aux soins n’est pas identique pour tous. Certains services sont devenus obsolètes et inadaptés et certains Russes n’ont plus les moyens d’accéder aux médicaments et aux soins.
La correspondante du Monde reconnaît que : « Contrairement à une idée reçue, cette crise démographique n’a pas débuté avec la difficile transition économique et politique des années 1990. "Le pays ne participe plus à la baisse générale de la mortalité depuis plus de quarante ans",… ».
Le système médical soviétique n’était pas idéal, il s’est effrité au fil des ans, il a vu arriver un nouveau déclin sanitaire, mais il n’était pas non plus catastrophique. Le communisme soignait imparfaitement tout le monde, le nouveau régime par excès de privatisation, ne permet qu’à certains d’avoir accès aux soins.
D’autres phénomènes participent aussi à l’augmentation de la mortalité. En Russie, le Sida est d’apparition plus tardive qu’en Occident, mais il fait désormais des ravages comme dans les prisons, où il est souvent associé à la tuberculose multi résistante.
La toxicomanie aux drogues dures injectables peut aussi expliquer une surmortalité chez les jeunes (overdoses, septicémies et Sida).
Sans compter le nombre élevé de handicapés, environ 13 millions, souvent des victimes d’accidents domestiques ou de la route.
Il n’est pas certain que le déficit en hommes puisse être compensé par l’émigration étrangère. Contrairement aux idées reçues, la Russie accueille déjà sur son territoire de nombreux étrangers dont une majorité vient des anciennes républiques de l’Union Soviétique, devenues indépendantes. En 2008, la Russie comptait quelques 10 millions d’émigrés. Cela fait au bas mot, 7% de la population du pays, ce qui est loin d’être négligeable.
Selon le Monde : « L’hostilité tenace de la population à l’égard des migrants et l’absence de consensus sur ce sujet font obstacle ».
La venue de migrants Chinois, il en arrive de fait plusieurs milliers chaque année en Extrême-Orient russe, ou Indiens (ils ne viennent pas encore), deux pays présentant un déficit en femmes, n’est non plus une solution au problème démographique, avant tout pour des raisons culturelles et d’acceptation par l’immense majorité de la population russe.
L’église orthodoxe envisage même d’évangéliser les Chinois pour mieux les intégrer, mais le résultat pour l’instant est mince. Dionissi Pozdniaïev, chargé des communautés orthodoxes de Chine, déclarait en 2006, « J’estime que l’attitude envers les Chinois s’améliorera en Russie s’ils acceptent la religion orthodoxe et s’ils en parlent ouvertement. Il serait effectivement souhaitable d’éviter la création de communautés purement chinoises sur le territoire de la Russie, car l’Eglise se forme selon le principe territorial, et non pas ethnique ».
L’exemple de Khabarovsk, (cf. l’article du Figaro du 20 mai 2009, de Fabrice Nodé-Langlois) n’incite pas à voir l’immigration chinoise comme une solution au déficit en hommes en Russie et au déclin démographique. Cet autre article du Monde confirme cette impression.
La robotisation poussée à l’extrême au Japon permet de pallier le déficit des naissances. Mais la Russie ne peut hélas espérer le même résultat que les nippons. D’abord du fait de l’immensité du territoire et des faibles densités de population. D’autre part, les Japonais ont un excès de vieillards, ce que n’ont pas les Russes. La technologie russe est capable d’automatiser certaines activités et remplacer la main d’œuvre subalterne, mais elle ne peut l’obtenir aussi rapidement que son voisin oriental.
L’exportation de femmes russes :
Sur Internet et via des agences matrimoniales spécialisées, de nombreuses femmes russes se disent prêtes à quitter leur pays en vue d’accéder à de meilleures conditions d’existence en Europe occidentale, au Canada ou aux Etats-Unis. Cette pratique n’améliore en rien la situation démographique russe, car les partantes iront faire leurs enfants dans les pays d’où viennent ceux qui les ont choisies sur catalogues. Il serait plus judicieux de faire venir ces occidentaux en Russie, faciliter leur installation et leurs investissements par un système de primes et de prêts s’ils résident en Russie, et y travaillent avec des avantages fiscaux. L’intérêt serait double. D’abord un regain de natalité d’enfants vivant en Russie, donc parlant russe et en acquérant la culture et deuxièmement une diminution du nombre de femmes célibataires, sans pour autant pénaliser les hommes du pays qui ne sont pas assez nombreux. Enfin, les femmes russes connues pour leur caractère entier n’ayant pas la réputation de se laisser marcher sur les pieds et les occidentaux actuels venant de pays où la société se dévirilise de plus en plus, les nouveaux époux arrivant n’auraient ni la force ni l’audace d’imposer leur langue, leur culture et leur religion à leurs épouses et à leurs enfants. Cela conviendrait mieux aux aspirations de la population russe qui craint plus la perte identitaire que le métissage.
Le fossé démographique se creuserait donc dramatiquement de 700.000 chaque année, selon Vladimir Koulakov de l’Académie des sciences de Russie, même si les experts du Kremlin minimisent ce chiffre. En plus de la surmortalité masculine, la stérilité serait importante et l’avortement, bien que moins pratiqué que du temps soviétique serait encore non négligeable. Le niveau de vie s’accroît proportionnellement plus qu’en Occident, la crise actuelle est trop récente pour influer. Un nombre croissant de Russes vit mieux qu’avant, les vieux sont nettement moins bien lotis et les retraites sont faibles, mais si leurs conditions d’existences sont peu enviables, elles n’interfèrent pas sur la natalité. Les plus de soixante ans n’ont du fait de leur âge qu’un nombre négligeable d’enfants. Le problème vient des plus jeunes ayant une faible natalité probablement par choix. La liberté individuelle a donc un prix, celui de l’espérance de vie ! Et puis, partout sur la planète, l’accès à la consommation et au luxe diminue les ardeurs reproductives. L’enfant est un luxe pour le très riche et une catastrophe pour le pauvre qui vient de sortir de la misère.
Paradoxe apparent les Russes ne veulent pas beaucoup d’enfants, continuent à boire, à fumer, à prendre des risques dans leur vie quotidienne et ils n’en perdent pas pour autant la joie de vivre et une incroyable résistance à l’adversité. Les anciens parleront de l’âme russe romantique et fantasque, les psychologues qui nous pourrissent la vie en Europe utiliseront le terme de résilience.
La Russie en a vu d’autres depuis Ivan et Pierre le Grand, sans même parler de Staline. Elle saura s’adapter d’une façon ou d’une autre. Et puis de gens qui veulent coûte que coûte préserver leur mode de vie tout en faisant la fête ne peuvent être foncièrement mauvais..."(G.Yang)