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samedi 9 septembre 2017

Bonnes affaires

...Dans le funéraire.
                        Il est temps d'en profiter, avant les fêtes de la Toussaint et la flambée des prix.
    Il n'y a pas que chez  Leclerc que c'est moins cher.
  On trouve aussi  ce qu'il faut sur Cdiscount, comme chez ebay et même sur Le bon coin. D'un click.
        On n'arrête pas le progrès, comme le drive funéraire, pour aller plus vite.
Des sociétés vous proposent des offres sans soucis, des funeral packages: pay now, die later...
   Un management qui vous libère.
          Mourir pas cher n'est plus un problème.
   Même pour les pauvres. Le carton se porte bien et n'est pas du tout triste.
       Le low cost a le vent en poupe
                Il connaît un développement foudroyant dans tous les domaines, pas seulement pour s'envoyer en l'air, comme avec Ryanair.
L'industrie de la mort n'y échappe pas (*)
  On peut faire aujourd'hui des économies appréciables jusque dans ses derniers instants et au delà... 
    Il faut dire que les nouveaux croque-morts, qui font un métier utile, mais sans risque de chômage, ne vivent pas toujours de peu, certains même se faisant remarquer par des pratiques douteuses. 
    Le marché est considérable et la guerre des prix sans pitié.
" Le secteur et ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel est même «porteur», comme le rappelle Philippe Martineau, directeur général du Choix Funéraire, le 2e groupe français du marché, qui a organisé mardi une conférence de presse sur les tendances de la saison hiver 2013-2014 en prévision de la Toussaint. «Nous sommes sur un environnement économique atypique», poursuit-il en pesant chaque mot pour ne pas faire le bateleur. Quand il évoque la légère hausse du nombre de décès entre 2011 (534 000) et 2012 (571 000), synonyme d’affaires au beau fixe, il se sent obligé d’ajouter «malheureusement».
   Business is business! 
      Le bénévolat d'autrefois n'existe plus qu'à l'état de traces.
La gestion numérique du deuil reste encore l'exception...
   Les funérailles d'antan se passaient avec moins de pompes qu'aujourd'hui, avec plus de lenteur et de convivialité.
   "Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert, Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert, Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin, D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin... "•
   Aujourd'hui, c'est de la folie: un petit bout de terre peut vous coûter une petite fortune et un modeste cercueil en chêne peut ruiner vos économies. 
   Mais une honnête boîte en carton, 100% écolo,vous laissera quelques réserves. Dans le domaine du recyclable, on n'arrête pas le progrès...
         Sans tralala, on peut donc mourir sans se ruiner
  " 15% des obsèques célébrées en 2012 au Choix Funéraire étaient low-cost. Il y a une dynamique d'appel sur les autres offres, affirme Philippe Martineau, «à l'instar d'un produit tel que la Renault Logan». Et puis, comme partout, certains cassent les prix. Depuis juillet 2012, les services funéraires de Paris proposent eux-même des obsèques à moindre coût. Prix : 789€... cet enterrement via la mairie de Paris s'organise exclusivement en ligne sur le site révolution-obsèque.fr..." 
       Inutile donc de se croire obligé de faire construire de somptueux monuments, comme certains coqs de village, comme les bourgeois ou les célébrités du Père Lachaise. De toute manière, la reproduction symbolique ultime du rang social ne fait pas gagner une place de choix au paradis, du moins pour ce que l'on en sait...
   Il faut revenir à plus de modestie, à une mort discrète, à une post-mort effacée. Plus la peine de faire les malins. Et puis ce n'est pas si terrible, si on maîtrise son imagination baladeuse. C'est même philosophiquement naturel et nécessaire. Il faut s'y faire. Sans drame. Comme disait le vieil Epicure ou notre bon Montaigne.
  Jusqu'au bout on peut faire de bonnes affaires, comme dirait Michel Leclerc, qui fait des promotions avant la Toussaint. On en profite! ☻ 
___On peut toujours se confier à Google.
            Sans morbidité..._________________ 
                                   (*) L'abus d' humour noir  n'est pas préjudiciable à la santé... 
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lundi 1 novembre 2021

Mourir oui, mais à quel prix?

 Mourir aujourd'hui  devient inabordable

.                         .Pourtant il reste de bonnes affaires dans le funéraire..

                        Il est temps d'en profiter, avant les fêtes de la Toussaint et la flambée des prix.
    Il n'y a pas que chez  Leclerc que c'est moins cher.
  On trouve aussi  ce qu'il faut sur Cdiscount, comme chez ebay et même sur Le bon coin. D'un click.
        On n'arrête pas le progrès, comme le drive funéraire, pour aller plus vite.
Des sociétés vous proposent des offres sans soucis, des funeral packages: pay now, die later...
   Un management qui vous libère.
          Mourir pas cher n'est plus un problème.
   Même pour les pauvres. Le carton se porte bien et n'est pas du tout triste.
       Le low cost a le vent en poupe
                Il connaît un développement foudroyant dans tous les domaines, pas seulement pour s'envoyer en l'air, comme avec Ryanair.
L'industrie de la mort n'y échappe pas (*)
  On peut faire aujourd'hui des économies appréciables jusque dans ses derniers instants et au delà... 
    Il faut dire que les nouveaux croque-morts, qui font un métier utile, mais sans risque de chômage, ne vivent pas toujours de peu, certains même se faisant remarquer par des pratiques douteuses. 
    Le marché est considérable et la guerre des prix sans pitié.
" Le secteur et ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel est même «porteur», comme le rappelle Philippe Martineau, directeur général du Choix Funéraire, le 2e groupe français du marché, qui a organisé mardi une conférence de presse sur les tendances de la saison hiver 2013-2014 en prévision de la Toussaint. «Nous sommes sur un environnement économique atypique», poursuit-il en pesant chaque mot pour ne pas faire le bateleur. Quand il évoque la légère hausse du nombre de décès entre 2011 (534 000) et 2012 (571 000), synonyme d’affaires au beau fixe, il se sent obligé d’ajouter «malheureusement».
   Business is business! 
      Le bénévolat d'autrefois n'existe plus qu'à l'état de traces.
La gestion numérique du deuil reste encore l'exception...
   Les funérailles d'antan se passaient avec moins de pompes qu'aujourd'hui, avec plus de lenteur et de convivialité.
   "Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert, Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert, Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin, D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin... "•
   Aujourd'hui, c'est de la folie: un petit bout de terre peut vous coûter une petite fortune et un modeste cercueil en chêne peut ruiner vos économies. 
   Mais une honnête boîte en carton, 100% écolo,vous laissera quelques réserves. Dans le domaine du recyclable, on n'arrête pas le progrès...
         Sans tralala, on peut donc mourir sans se ruiner
  " 15% des obsèques célébrées en 2012 au Choix Funéraire étaient low-cost. Il y a une dynamique d'appel sur les autres offres, affirme Philippe Martineau, «à l'instar d'un produit tel que la Renault Logan». Et puis, comme partout, certains cassent les prix. Depuis juillet 2012, les services funéraires de Paris proposent eux-même des obsèques à moindre coût. Prix : 789€... cet enterrement via la mairie de Paris s'organise exclusivement en ligne sur le site révolution-obsèque.fr..." 
       Inutile donc de se croire obligé de faire construire de somptueux monuments, comme certains coqs de village, comme les bourgeois ou les célébrités du Père Lachaise. De toute manière, la reproduction symbolique ultime du rang social ne fait pas gagner une place de choix au paradis, du moins pour ce que l'on en sait...
   Il faut revenir à plus de modestie, à une mort discrète, à une post-mort effacée. Plus la peine de faire les malins. Et puis ce n'est pas si terrible, si on maîtrise son imagination baladeuse. C'est même philosophiquement naturel et nécessaire. Il faut s'y faire. Sans drame. Comme disait le vieil Epicure ou notre bon Montaigne.
  Jusqu'au bout on peut faire de bonnes affaires, comme dirait Michel Leclerc, qui fait des promotions avant la Toussaint. On en profite! ☻ A Béthune ou ailleurs...
___On peut toujours se confier à Google.
            Sans morbidité..._________________ 
                                   (*) L'abus d' humour noir  n'est pas préjudiciable à la santé... 

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lundi 3 novembre 2008

Retraite : vers les 70 ans ?

"La mesure serait presque passée inaperçue. Voté par les députés – dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale –, peu avant minuit, la veille du week-end de la Toussaint, cet amendement permet à tous les salariés de plus de 65 ans de poursuivre leur activité, «sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention, et dans la limite de cinq années» (soit...70 ans)._Mediapart_

Un amendement voté à la sauvette...
Bien sûr, on ne sera pas" obligé" de travailler jusqu'à 70 ans.Mais le volontariat est un alibi.
Et ceux qui voudront une retraite convenable ne pourront que cotiser auprès d'instances privées
Un pas de plus vers les retraites par capitalisation ?
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"L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans. Gageons que dans quelque temps, cette limite deviendra l'âge officiel de départ en retraite"( Martine Billard)_______

-De moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite"(JC Le Digou)__________

-Il n’est plus acceptable, aujourd’hui, qu’un homme ou un femme, agé de 65 ans soit mis à la retraite, contre son gré, du seul fait de son age, alors qu’il n’a pas forcément, toutes ses annuitées d’assurances, ou qu’il souhaiterait prolonger son activité, pour améliorer sa pension" .(D.Jacquat UMP)___________


La retraite à 70 ans, nouvelle entaille dans notre modèle social | Rue89

"C'est à coups de canif, réputés moins douloureux, que Nicolas Sarkozy et la majorité UMP sont en train de remettre en cause, sans le dire, le modèle social français. Quelques euros de franchise médicale par ci, un peu de travail le dimanche par là, des réductions d'effectifs et des coupes budgétaires tous azimuts... Et voilà désormais la retraite à 70 ans!Les Français qui n'ont pas bien suivi ont dû être surpris d'apprendre samedi 1er novembre -jour de la Toussaint!-, que leurs députés avaient voté dans la nuit, sans que l'on y prenne garde, une disposition permettant aux salariés de travailler jusqu'à l'âge de 70 ans, sur une base volontaire évidemment.Les réactions de plusieurs porte paroles de la gauche et des syndicats ne s'y sont pas trompés. Il est clair, comme l'a déclaré la député des Verts, Martine Billard, que "l'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans".Le volontariat n'est, à ce stade, qu'un cache sexe d'une réforme fondamentale à venir, du fait que, selon toute vraisemblance, de moins en moins de salariés auront suffisamment cotisé à leur arrivée à l'âge de la retraite légale, à 65 ans...
Ce qui est plus grave aujourd'hui, c'est que la crise financière et la récession dans laquelle est entrée la France -les chiffres du dernier trimestre le confirmeront dans quelques jours- servent de prétexte à accélérer et légitimer ces évolutions. Au début de l'année, le refrain était "les caisses sont vides"; désormais, ça va être "on n'y peut rien, c'est la crise"...Ce serait acceptable si le président de la République tenait un discours de vérité aux Français, non pas sur l'ampleur de la crise, de ce point de vue, il en a rajouté dans le rôle du chef des pompiers planétaires envoyés sur le front du "11 Septembre de la finance"...Non, c'est sur sa vision de l'évolution de la société française que le chef de l'Etat ne dit pas aux Français où il nous entraîne..."
-Et bientôt, la retraite à 70 ans | Mediapart
-Retraite à 70 ans: le PS demande le retrait de l’amendement
-Une idéologie en fin de vie : la retraite à 70 ans | AgoraVox
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- Retraites: Logique purement comptable ?
>>Critique de la logique comptable en matière de retraites | AgoraVox
>>Défendre le principe du système de retraite par répartition | AgoraVox

-Fonds de pension : alerte !

mercredi 9 octobre 2013

Mourir pas cher

Dans la série on n'arrête pas le progrès...
                                                                  Le low cost s'envole
                                 Il connaît un développement foudroyant dans tous les domaines
L'industrie de la mort n'y échappe pas (*)
  On peut faire aujourd'hui des économies appréciables jusque dans ses derniers instants et au delà...
Il faut dire que les nouveaux croque-morts, qui font un métier utile, mais sans risque de chômage, ne vivent pas toujours de peu, certains même se faisant remarquer par des pratiques douteuses. 
    Le marché est considérable et la guerre des prix sans pitié.
" Le secteur et ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel est même «porteur», comme le rappelle Philippe Martineau, directeur général du Choix Funéraire, le 2e groupe français du marché, qui a organisé mardi une conférence de presse sur les tendances de la saison hiver 2013-2014 en prévision de la Toussaint. «Nous sommes sur un environnement économique atypique», poursuit-il en pesant chaque mot pour ne pas faire le bateleur. Quand il évoque la légère hausse du nombre de décès entre 2011 (534 000) et 2012 (571 000), synonyme d’affaires au beau fixe, il se sent obligé d’ajouter «malheureusement».
   Business is business!
      Le bénévolat d'autrefois n'existe plus qu'à l'état de traces
La gestion numérique du deuil reste encore l'exception...
   Les funérailles d'antan se passaient avec moins de pompe qu'aujourd'hui, avec plus de lenteur et de convivialité.
   "Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert, Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert, Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin, D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin... "•
Aujourd'hui, c'est de la folie: un petit bout de terre peut vous coûter une petite fortune et un modeste cercueil en chêne peut ruiner vos économies. 
Mais une honnête boîte en carton, 100% écolo,vous laissera quelques réserves. Dans le domaine du recyclable, on n'arrête pas le progrès...
  Sans tralala, on peut donc mourir sans se ruiner
" 15% des obsèques célébrées en 2012 au Choix Funéraire étaient low-cost. Il y a une dynamique d'appel sur les autres offres, affirme Philippe Martineau, «à l'instar d'un produit tel que la Renault Logan». Et puis, comme partout, certains cassent les prix. Depuis juillet 2012, les services funéraires de Paris proposent eux-même des obsèques à moindre coût. Prix : 789€... cet enterrement via la mairie de Paris s'organise exclusivement en ligne sur le site révolution-obsèque.fr..."
       Inutile donc de se croire obligé de faire construire de somptueux monuments, comme certains coqs de village, comme les bourgeois ou les célébrités du Père Lachaise. De toute manière, la reproduction symbolique du rang social ne fait pas gagner une place de choix au paradis, du moins pour ce que l'on en sait...
 Il faut revenir à plus de modestie, à une mort discrète, à une post-mort effacée.
Jusqu'au bout on peut faire de bonnes affaires, comme dirait Michel Leclerc, qui fait des promotions avant la Toussaint. On en profite! ☻ 
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(*) L'abus d' humour noir  n'est pas préjudiciable à la santé... 
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-Publié dan Agoravox 
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vendredi 2 novembre 2018

Toussaint

Ces morts qui nous habitent
                                  Chaque année, chez nous, c'est le même rituel. On vient fleurir les tombes.
        Par habitude ou par conviction. Par convention ou choix.
  Chacun avec ses propres souvenirs, qui aident souvent à exister, même s'ils peuvent longtemps peser ou parfois paralyser.
En bière, oui, mais pas s'importe laquelle..

    On a beau savoir que la mort est nécessaire, incontournable, elle restera toujours une expérience existentielle spécifique, suscitant par anticipation appréhension sourde et parfois angoissée. La crainte de la mort peut être atténuée, mais elle est rarement domestiquée, abolie.
  Même si on se répète, comme Brel, la belle affaire!, si on suit Epicure, pour qui la mort n'est rien pour nous, puisqu'elle est par définition absence d'expérience vécue, si on lit Montaigne.
    Il n' empêche, la mort fait de la résistance.
     Elle ne se laisse pas facilement et d'emblée maîtriser', même quand son parti est pris, même dans la sérénité affichée, la rationalité affirmée. Il restera toujours non pas la mort en soi, mais les conditions d'une mort que la nature ou les circonstances nous imposent.. Même si certains choisissent avec détermination et paix intérieure, dans certaines situations, de l'anticiper pour mourir dans la dignité.
    Le problème est le morbide, pathologique ou culturellement entretenu. qui par anticipation compromet l'instant et sa possible jouissance.
  L'ambiguïté à l'égard de l'échéance suprême perdure et ce qu'il est convenu d'appeler chez nous le travail du deuil est diversement perçu:
           "En France, le deuil est encouragé par les institutions et les professionnels, un phénomène que décrit la sociologue Dominique Memmi dans La Revanche de la Chair. Elle montre comment la mort est cadrée, notamment matérialisée dans les corps, les lieux, les objets. ...
Dans l'enquête que j'ai menée et qui a donné lieu à l'ouvrage Au bonheur des morts , les personnes m’ont raconté des histoires qui ne semblent pas, en fait, tellement affectées par cette matérialisation. Les histoires étant plutôt focalisées sur des présences plus immatérielles, ou dont la matérialité procède par « détournements », comme lorsque des signes prennent des formes émanant du monde naturel ou des En revanche, ces récits s’accordent plutôt à ce que Dominique Memmi décrit comme une obligation au « travail du deuil », et cela au moins de deux façons, relativement contradictoires.         D’une part, du côté des pratiques, les personnes endeuillées affirment leur opposition à ce qu’elles vivent comme une éradication des morts, leur mise à l’écart sociale. Non seulement elles s’y opposent mais elles affirment clairement leur volonté de faire autrement à l’égard de ceux qui ne sont plus.     En ce sens, on pourrait penser qu’elles manifestent une sensibilité ou une adhésion au discours bien décrit par Memmi, discours enjoignant le fait de « prendre soin » des morts.  Mais d’autre part, ces personnes disent ne pas se sentir en accord avec la théorie du deuil, telle qu’elle circule dans les discours des institutions autour de la mort....
Comme l'ont montré les travaux de Jean Allouch et de Magali Molinié au sujet du travail du deuil), cette « réalité » s’est trouvée imposée, parmi d'autres réalités possibles, par le concours de circonstances comme les luttes contre le pouvoir de l’église et les « croyances populaires »...
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dimanche 13 mars 2011

Tremblement et stupeur

De Lisbonne à Tokyo

Deux puissances frappées au coeur


__I° novembre 1755: Lisbonne est détruite par un tremblement de terre suivi d'un tsunami puissant, qui affecte une bonne partie des côtes atlantiques. Lisbonne, la grande puissance coloniale, est touchée au coeur. Un jour de la Toussaint, où nombre d'églises ne résistent pas.
Un choc considérable sur les esprits partout en Europe où la nouvelle s'étend très vite. Personne n'a alors en mémoire une catastrophe d'une telle ampleur.
Un tsunami dans le débats théologiques et philosophiques de l'époque
.
_______"Le tremble
ment de terre eut une forte influence sur de nombreux penseurs européens de l’époque des Lumières. Plusieurs d’entre eux mentionnèrent ou firent allusion à cet événement dans leurs écrits, notamment Voltaire dans Candide ou dans son poème sur le désastre de Lisbonne. Le caractère arbitraire avec lequel les personnes mouraient ou survivaient fut souligné par Voltaire dans la critique du meilleur des mondes possibles qui l’opposait à Leibniz. Comme l’a écrit Theodor Adorno en 1966, « le tremblement de terre de Lisbonne suffit à guérir Voltaire de la théodicée de Leibniz » (Dialectiques Négatives, 361). Une violente controverse s'est d'ailleurs déroulée entre Voltaire et Rousseau au sujet de l'optimisme et de la question du mal sur la Terre, un thème qui suscitait de nombreux débats entre théologiens, philosophes et savants au XVIIIe siècle. D’autres auteurs du XXe siècle, à la suite d’Adorno, ont rapproché cette catastrophe de l’Holocauste, en ce sens que les deux événements ont eu un impact suffisamment bouleversant pour transformer la culture et la philosophie européennes." (Wiki)
_Le poème sur le désastre de Lisbonne eut une importance considérable, en s'inscrivant dans le débat sur les Lumières, où la religion officielle voit sa puissance contestée, la foi fragilisée. La remise en question du dogme de la Providence, de la bonté divine gagne les esprits les plus éclairés, ce qui ne sera pas sans conséquences sur l'ébranlement futur des pouvoirs de droit divin.
Puissance et fragilité des hommes et des empires . Une nature aveugle qui suit des propres lois, sans égard pour le sort de hommes, favorisés ou déshérités. Réaction tardive et dérisoire des hommes, qui sont rappelés à leur condition, mais aussi à leurs erreurs.


_Tokyo: Mars 2011

A Lisbonne, on ne savait pas, on n'avait pas d'archives et la probabilité du désastre était faible. Au Japon, superéquipé, supercontrôlé, supersismographié, on pouvait anticiper/imaginer théoriquement le pire scénario
Le "Big One"? Peut-être. Un record absolu en tous cas dans l'archipel, si on se réfère aux archives disponibles.

La technologie des constructions a permis d'éviter le pire en milieu urbain.
"En 1923 s'était manifesté le précédant séisme géant, qui rasa une bonne partie de la capitale nipponne et provoqua la mort ou la disparition de quelque 140.000 personnes (en raison notamment des incendies dans une métropole alors construite surtout en bois puis des massacres expiatoires visant Coréens et Chinois). Penser à relire l'hallucinant témoignage de Paul Claudel, alors ambassadeur de France à Tokyo, parti à pied vers Yokohama à travers la ville dévastée...( Mediapart)
__Une des premières puissance technologiques du monde est ébranlée par un événement qui n'est qu'un effet "prévisible" d'un jeu de plaques, d'un banal événement géologique, d'une planète qui suit son cours et qui en remettra une couche, ici ou ailleurs...

_Au Japon, nul débat théologique, mais une crise profonde va sans doute s'ouvrir: crise politique vis à vis de certains choix énergétiques, crise économique (la reconstruction s'annonce gigantesque et longue), crise morale (même si les Japonais en ont vu d'autres), remises en question technologiques (le débat sur le nucléaire n'est pas nouveau). Comment a-t-on pu miser autant sur le nucléaire dans un pays que l'on savait perpétuellement menacé? Oublierons-nous de si tôt
Fukushima?

__Philosophiquement, c'est , une fois de plus, la disproportion qui frappe l'esprit des hommes: faiblesse de l'humanité, malgré sa puissance prométhéenne, le potentiel de ses moyens, puissance d'une nature qui peut réveiller des forces inimaginables et trahir nos meilleurs calculs.
L'esprit japonais peut composer avec la souffrance, mais dans certaines limites seulement.
Des larmes pour le Japon, on le comprend, même si l'on s'épanche moins quand un tel événement se produit au Pakistan et si l'on oublie les cicatrices encore béantes de Port-au-Prince.
_______Un internaute disait en termes simples la complexité et l'ambivalence des sentiments qui nous animent en de telles circonstances:

"...Chaque événement de ce type nous ramène à notre pauvre impuissance, et à des choses plus obscures, indéfinissables, quasi animales. Cela nous fait relativiser un temps nos petits problèmes, nos querelles ridicules. Toutes ces maisons et ces trains emportés comme fétus de paille nous laissent abasourdis, tétanisés par la réalité brute et sauvage de la vie, par l’absurdité du destin. Survient la satisfaction d’avoir été épargnés, d’avoir été du bon coté de barrière. Que nous refoulons bien vite, comme ces miasmes qui nous agitent parfois l’intestin. Nous compensons notre culpabilité par une compassion de bon aloi. Puis, au delà des mots, nous rêvons tout à coup à cette véritable communauté humaine qu’il faudrait réaliser, et qui se révèle tout à coup.. L’aide massive des uns et des autres. Le partage des richesses. De vrais économies solidaires, et non prédatrices. Il semble bien qu’on ne s’en sortira pas sans ça. Car c’est sous nos pieds demain que la terre tremblera. Les failles sismiques se moquent bien de nos pauvres frontières, de nos querelles de religion et de clocher, et nous font réaliser que la terre n’est qu’un organisme global, et que l’on ferait bien de s’en apercevoir au plus vite. Indécence totale : Les chroniqueurs radio parlant d’emblée de la chute de bourse à Tokyo ! "
________________
-Le nucléaire au Japon: histoire d'un long désamour
______________
Article paru dans Agoravox

samedi 29 octobre 2016

Duel au sommet...


...Pour la Maison Blanche
                                                       Le processus électoral aux USA est comme une alchimie complexe et anachronique: 
       Les élections sont devenues catastrophiques, désolantes.
            Pas seulement pour les petits cailloux dans la chaussure.
                                                                            Pas très Hillarant.
              Ça en dit long sur la dégradation de l'état politique des USA, en crise profonde.
                   Un processus peu démocratique, manipulé par les lobbies de diverses natures, où aucun problème de fond n'est analysé et soumis au peuple, reproduisant l'hégémonie d'une caste américaine.
      (Pour Benjamin Barber, ancien conseiller de Clinton, "Le plus gros problème d’Obama, c’est qu’en quatre ans, il n’a pas fait grand-chose, même si ce n’est pas complètement de sa faute. Je blâme surtout le système politique américain qui a été créé pour ne pas marcher. Sans une supermajorité au Sénat (100 élus) et au Congrès (435 représentants), n’importe quel Président aurait du mal à faire passer ses projets. Et encore. Il lui faut composer avec les intérêts régionaux qui obligent ses propres élus à prendre des positions contraires parfois aux intérêts de son parti. Ce système a été imaginé au XVIIIe siècle par des gens qui avaient peur d’un pouvoir central trop fort. Du coup, ils ont parié sur le fédéralisme, la décentralisation du pouvoir avec un Sénat très puissant où les petits Etats peuvent bloquer les plans du Président et des régions les plus peuplées ou une Cour suprême qui peut également tout arrêter...", dit-il
   JR Mac Arthur estime que   "Le financement des campagnes américaines est corrompu" et que Obama, produit d'un système verrouillé, est largement une illusion.....
       Du spectacle. Mais du spectacle triste.  
           C'est un grand barnum, où l'inattendu est ordinaire. 
    On a les mêmes à la maison, ou presque.... 
Mais  Il y a eu des antécédents: Les élections américaines de 2016 ont surpris avec l'irruption de candidats « anti-système », le démocrate Bernie Sanders et l'inclassable Donald Trump. Mais rien à voir avec la surprise Roosevelt, effet de la désastreuse politique de Hoover, dans une crise autrement plus profonde et dévastatrice. Faut-il croire que l'Oncle Sam soit au bord du gouffre pour se donner des hommes à la hauteur?
    Il faut remonter à 1828 pour observer une séquence comparable.
C'est la victoire d'Andrew Jackson, que l'on qualifierait aujourd'hui de « populiste », au demeurant l'un des principaux présidents du XIXe siècle avec Jefferson et Lincoln.
     Dans la longue liste des présidents américains,  certains furent  bizarrement élus, notamment le self made-man  Jackson.
                       Une élection complexe
                                              Désireux de garder la mainmise sur le choix du président et de limiter son pouvoir de nuisance, méfiants également à l'égard du vote populaire, les délégués de la Convention de Philadelphie ont imaginé une élection très complexe à deux niveaux :
  1– les citoyens élisent dans chaque État des electors (« grands électeurs ») en nombre égal au nombre de sénateurs et de représentants de l'État au Congrès (aujourd'hui, cela fait un total de 538 personnes, y compris les trois electors du district fédéral de Washington. La majorité absolue est de 270 voix).    L'élection a lieu traditionnellement le mardi qui suit le premier lundi de novembre (désir d'éviter la Toussaint catholique, de faciliter les déplacements des fermiers éloignés du lieu de vote, qui entament leur voyage jusqu'au lieu de vote le dimanche...).
  2– les grands électeurs n'ont mandat que pour une élection. Ils se réunissent à leur tour le lundi qui suit le deuxième vendredi de décembre pour choisir le futur président.__Dans les premiers temps, les grands électeurs étaient libres de leur choix : le candidat qui recueillait la majorité de leurs suffrages devenait président et le second vice-président. Ainsi, en 1796, s'impose une cohabitation difficile entre le fédéraliste John Adams et son vice-président républicain-démocrate Thomas Jefferson. 
  À l'élection suivante, pour éviter la multiplication des candidats, les élus fédéraux des deux partis constituent un caucus (une réunion informelle) et choisissent chacun leur candidat, en invitant les grands électeurs à suivre leur choix.
   Il n'empêche que l'élection de 1800 se solde par une mauvaise surprise : Thomas Jefferson arrive ex-aequo avec le médiocre sénateur de New York Aaron Burr en nombre de grands électeurs ! Il appartient à la Chambre des représentants de les départager. Après 36 tours de scrutin, Alexander Hamilton convainc les représentants de donner la primeur au plus intègre, soit Jefferson. Il paiera de sa vie son intervention : le vice-président Burr le tuera plus tard en duel.
Duel entre Alexander Hamilton et Aaron Burr le 11 juillet 1804, d’après une peinture de J. Mund.
    En conséquence de quoi les candidats à la présidence ne tardent pas à prévenir de qui sera leur vice-président en cas de succès : ainsi peuvent-ils ratisser plus large en formant un « ticket » avec une personnalité d'une région ou d'une sensibilité différente de la leur (par exemple, Ronald Reagan, ancien acteur établi en Californie, choisit un patricien de l'Est, George Bush, comme vice-président).
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mercredi 1 novembre 2023

Toussaint: jour partculier

 L'occasion de sorties particulières

         Et d'une fête très particulière en Guadeloupe, dans des cimetières très singuliers, où la tristesse n'est pas la règle.

Lee rites funérires sont variés. On peut faire une histoire des rapports de l'homme  à ce qu'on nomme parfois l'indicible, même si on ne cesse d'en parler. Comme l'a fait Philippe Ariès pour une partie de l'histoire occidentale.

Le deuil peut avoir des visages différents selon les époques et les cultures. La morte reste, quoi qu'on en pense, le principe du vivant.    Et les morts nous habitent, consciemment ou non.  
           
                                  Chaque année, chez nous, c'est le même rituel. On vient fleurir les tombes.
        Par habitude ou par conviction. Par convention ou choix.
  Chacun avec ses propres souvenirs, qui aident souvent à exister, même s'ils peuvent longtemps peser ou parfois paralyser.
    On a beau savoir que la mort est nécessaire, incontournable, elle restera toujours une expérience existentielle spécifique, suscitant par anticipation appréhension sourde et parfois angoissée. La crainte de la mort peut être atténuée, mais elle est rarement domestiquée, abolie.
  Même si on se répète, comme Brel, la belle affaire!, si on suit Epicure, pour qui la mort n'est rien pour nous, puisqu'elle est par définition absence d'expérience vécue, si on lit Montaigne.
    Il n' empêche, la mort fait de la résistance.
     Elle ne se laisse pas facilement et d'emblée maîtriser', même quand son parti est pris, même dans la sérénité affichée, la rationalité affirmée. Il restera toujours non pas la mort en soi, mais les conditions d'une mort que la nature ou les circonstances nous imposent.. Même si certains choisissent avec détermination et paix intérieure, dans certaines situations, de l'anticiper pour mourir dans la dignité.
    Le problème est le morbide, pathologique ou culturellement entretenu. qui par anticipation compromet l'instant et sa possible jouissance.
  L'ambiguïté à l'égard de l'échéance suprême perdure et ce qu'il est convenu d'appeler chez nous le travail du deuil est diversement perçu:
           "En France, le deuil est encouragé par les institutions et les professionnels, un phénomène que décrit la sociologue Dominique Memmi dans La Revanche de la Chair. Elle montre comment la mort est cadrée, notamment matérialisée dans les corps, les lieux, les objets. ...
              "....Dans l'enquête que j'ai menée et qui a donné lieu à l'ouvrage Au bonheur des morts , les personnes m’ont raconté des histoires qui ne semblent pas, en fait, tellement affectées par cette matérialisation. Les histoires étant plutôt focalisées sur des présences plus immatérielles, ou dont la matérialité procède par « détournements », comme lorsque des signes prennent des formes émanant du monde naturel ou des En revanche, ces récits s’accordent plutôt à ce que Dominique Memmi décrit comme une obligation au « travail du deuil », et cela au moins de deux façons, relativement contradictoires.         D’une part, du côté des pratiques, les personnes endeuillées affirment leur opposition à ce qu’elles vivent comme une éradication des morts, leur mise à l’écart sociale. Non seulement elles s’y opposent mais elles affirment clairement leur volonté de faire autrement à l’égard de ceux qui ne sont plus.     En ce sens, on pourrait penser qu’elles manifestent une sensibilité ou une adhésion au discours bien décrit par Memmi, discours enjoignant le fait de « prendre soin » des morts.  Mais d’autre part, ces personnes disent ne pas se sentir en accord avec la théorie du deuil, telle qu’elle circule dans les discours des institutions autour de la mort....
Comme l'ont montré les travaux de Jean Allouch et de Magali Molinié au sujet du travail du deuil), cette « réalité » s’est trouvée imposée, parmi d'autres réalités possibles, par le concours de circonstances comme les luttes contre le pouvoir de l’Eglise et les « croyances populaires »...                        L'humour noir n'est pas interdit.
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