mercredi 12 mai 2021

Il nous a quittés trop tôt

                    * Le philosophe du langage et de la connaissance, modeste mais exigeant, s'en est allé discrètement.

               Il s'est penché sur les problèmes les plus ardus de la logique en s'appuyant sur Wittgenstein notamment, défrichant des territoires encore peu explorés, aussi préoccupé de la question de la littérature et de la presse, des problèmes soulevés par son objectivité, toujours problématique. Un esprit assez rare. Sa critique n'a pas épargné une certaine forme de philosophie. De ce point de vue, il a côtoyé de près la pensée peu connue encore de K Kraus, engagé profondément dans les luttes de son temps, contre la bêtise organisée. Une presse qui est loin d'être en bonne santé.                                                                         ____________________Sur ce point, il a livré à Médiapart quelques propos qui ne sont pas près de perdre leur actualité:               " C’est avec le philosophe Jacques Bouveresse, depuis longtemps attentif à la question du journalisme, que nous poursuivons notre série d’entretiens autour de la crise de la presse et de la politique. Professeur au Collège de France, il y enseigne, dans la tradition de Jules Vuillemin, la philosophie des sciences, du langage et de la connaissance. __[ A écouter ici.]

           _____Commentateur internationalement reconnu de l’œuvre de Wittgenstein, il s’est aussi intéressé de très près à l’écrivain Robert Musil et au publiciste Karl Kraus. Il vient de publier La Connaissance de l’écrivain, un livre sur lequel nous reviendrons très vite sur Mediapart.                                                                                                           ___Pourquoi, selon vous, la presse a t-elle aujourd'hui en France si mauvaise presse ?   ___Les réponses à ce type de question sont, je crois, connues depuis fort longtemps et apparaissent clairement dans les enquêtes qui sont publiées régulièrement sur ce point. Les lecteurs reprochent, en particulier, aux journaux de ne pas être suffisamment indépendants par rapport au pouvoir politique et économique, de ne pas faire preuve d’une rigueur suffisante dans le contrôle et la vérification de l’information, de manquer d’impartialité et d’objectivité dans le traitement de celle-ci, de se permettre trop facilement des intrusions inacceptables dans la vie privée des individus, de disposer d’un pouvoir excessif en ce sens qu’il ne semble pas être limité par des contre-pouvoirs suffisants, d’éprouver une difficulté extrême à accepter la critique et à pratiquer une autocritique réelle, et également à reconnaître clairement les abus et les fautes qu’ils commettent, y compris quand ils ont des conséquences destructrices pour la personne et la vie des individus qui en sont les victimes.     ____Deux choses à ce propos m’étonnent tout particulièrement. La première est la façon dont on croit généralement pouvoir désarmer la critique en lui reprochant simplement de ne faire, pour l’essentiel, rien d’autre que de répéter des choses bien connues. Il devrait être clair, justement, que l’existence de maux d’une espèce bien connue doit être rappelée sans cesse et le sera tant que leur existence sera acceptée comme normale et qu’aucun effort n’aura été fait pour les corriger. La deuxième chose est le temps qu’il a fallu à la presse pour commencer à s’inquiéter réellement du résultat pour le moins peu flatteur des enquêtes auxquelles j’ai fait allusion. L'éditorial de Laurent Joffrin dans Libération du 20 août 2007 posait une question cruciale, dont je m'étonne, je l'avoue, depuis des années qu'elle ne le soit pas plus souvent et plus sérieusement: «Constatation élémentaire, valable depuis au moins dix ans: dans l'opinion la presse a mauvaise presse. Chaque année le journal La Croix étudie avec la Sofres la confiance accordée aux médias. Le résultat n'a rien de rassurant: le nombre de ceux qui se défient des journalistes dépasse régulièrement les 40%. Souvent il est majoritaire. Certes la radio tire son épingle du jeu. Certes Internet a gagné un début de crédit face aux médias officiels. Mais ce sont de piètres consolations. Que dirait-on d'une industrie dont 40% des consommateurs se défient ? Où en serait la construction automobile si plus d'un tiers des conducteurs jugeaient leurs véhicules dangereux? Et les laboratoires pharmaceutiques si les patients ne croyaient pas dans les médicaments? C'est pourtant le score constant obtenu depuis dix ans par l'industrie de l'information.» Oui, en effet, suis-je tenté de dire, quelle profession pourrait se permettre d'ignorer aussi longtemps que l'a fait la presse le genre d'avertissement que devrait, semble-t-il, constituer le type de sondage dont il est question? Le moins que l'on puisse dire est que la prise de conscience de l'existence d'un problème majeur et même peut-être vital pour elle que révèlent depuis longtemps les enquêtes est singulièrement tardive. Et on peut craindre, de toute façon, qu'il ne s'agisse une fois de plus d'un de ces problèmes que l'on signale périodiquement avec une certaine emphase pour passer ensuite, sans perdre une minute, à autre chose et sans en tirer la moindre conséquence réelle.        Je pourrais ajouter que certains d’entre nous avaient soulevé depuis longtemps déjà cette question (je l’ai fait par exemple dans mon premier livre sur Kraus (Schmock ou le triomphe du journalisme) et cherché (vainement) à attirer l’attention de la presse sur elle.

Karl KrausKarl Kraus

Mais il faut remarquer qu’elle n’accepte pas volontiers les critiques venant de gens qui n’appartiennent pas à son milieu, sauf quand elles sont d’un type suffisamment aimable et compréhensif pour ne pas tirer à conséquence et ne pas lui poser de problème réel. Et il est vrai aussi que l’on peut vivre longtemps et même assez confortablement avec une mauvaise réputation. C’est ce qui explique sans doute que les journaux aient appliqué pendant aussi longtemps le principe que j’avais formulé de la façon suivante dans mon livre: «Qu’ils méprisent, pourvu qu’ils lisent !». J’ai cru tout de même percevoir, en lisant l’article de Laurent Joffrin, un certain progrès : il y était suggéré clairement que les maux dont souffre la presse n’ont pas été inventés par des lecteurs grincheux ou des critiques mal disposés et que c’est à elle-même qu’il incombe de prendre l’initiative de se réformer si elle veut avoir une chance de survivre.
               ___La presse serait-elle passée, comme ce fut le cas dans l'Autriche de Karl Kraus que vous citiez, d'une relation de connivence à une relation de soumission au pouvoir ?
     Vous avez sûrement remarqué que, sur pratiquement chacun des problèmes que nous venons d’évoquer, Kraus avait déjà dit à peu près tout ce qui a besoin de l’être et avec une force qui, selon moi, n’a pas été égalée depuis. Il avait, du reste, compris également que la presse, qu’il percevait comme une auxiliaire dévouée dans le système du marché universel, était entraînée de façon à peu près inéluctable dans un processus de descente progressive et d’uniformisation finale au plus bas niveau. Cela ne me réjouit évidemment en aucune façon, mais je suis bien obligé de constater que ce qui est en train de se passer en ce moment lui donne largement raison. La seule presse qui se vende encore suffisamment et qui n’ait pas de problèmes économiques sérieux est désormais, si je comprends bien, la presse people, autrement dit celle qui vit principalement de la satisfaction de la curiosité malsaine du public pour des choses qui ne le regardent la plupart du temps en rien et dont il n’a aucun besoin de savoir quoi que ce soit. Le problème est que, comme le confirment certains événements récents, la presse dite «sérieuse» sera vraisemblablement de plus en plus tentée d’imiter en partie son exemple.
       Pour ce qui est de la question de l’indépendance, Kraus était convaincu qu’il n’y a pas d’indépendance réelle en matière intellectuelle et morale sans indépendance à la fois par rapport au pouvoir politique et par rapport au pouvoir économique et financier. Il est remarquable que, jusqu’à une date récente, quand certains d’entre nous suggéraient que la presse, de ce point de vue-là, pourrait avoir aujourd’hui un problème et que celui-ci allait probablement devenir de plus en plus préoccupant, ils s’entendaient répondre généralement avec commisération par les journalistes que les représentants de la presse jouissent d’une liberté de pensée et d’action complète et ont la possibilité d’écrire absolument ce qu’ils veulent. C’est un point sur lequel il est toujours difficile d’argumenter avec eux, parce qu’ils pensent, comme le font, du reste, la plupart des gens, qu’il suffit d’avoir la sensation d’agir librement pour être réellement en train de le faire. Or c’est une banalité de remarquer que l’on peut parfaitement faire preuve, dans son comportement, d’un conformisme, d’une docilité et même d’une servilité extrêmes, et en même temps avoir le sentiment de se déterminer tout à fait librement. Un snob est par définition quelqu’un qui ne se perçoit jamais comme tel (voir à ce propos ce que Proust écrit, dans A la recherche du temps perdu, sur le cas de Legrandin) et ceux qui pensent et agissent à peu près uniquement en fonction de l’air du temps et de la mode, dans le domaine intellectuel aussi bien que dans n’importe quel autre, sont toujours convaincus de faire des choix absolument libres et même originaux et courageux.   
Si je vous dis cela, c’est parce que les journalistes, qui sont condamnés par essence à penser essentiellement en fonction de l’actualité, de la vérité du jour et des évidences du moment, sont particulièrement exposés à la tentation de se comporter comme des suiveurs tout en ayant l’impression d’être, au contraire, des pionniers. Sur la question de l’indépendance de la presse, le point important est évidemment qu’une succession d’épisodes très inquiétants et très révélateurs qui ont concerné des journaux divers, y compris dernièrement Le Monde, ont montré que, loin d’être résolue, elle était plus que jamais actuelle et cruciale, et que la menace qui pèse sur la liberté et le pluralisme avait toutes les chances de devenir de plus en plus précise et concrète. J’aurais préféré évidemment que la prise de conscience soit un peu moins tardive. Si on doit résister, il vaut sûrement mieux commencer à le faire à un moment où on en a encore à peu près les moyens. Mais il n’est pas certain, malheureusement, que la presse en ait jamais eu réellement les moyens. Ce qui me frappe est justement la prévisibilité désolante de tout ce qui est en train de se passer.          ______Peut-on rêver d’une presse réellement libre et autonome, dévouée à la cause de la vérité et de la justice, dans un monde où l’information est devenue une simple marchandise soumise comme toutes les autres à peu près exclusivement à la loi de l’offre et de la demande, et où le règne du marché et le pouvoir de l’argent sont devenus à ce point absolus et tyranniques ? Comment ce qui, aux yeux des nouveaux réalistes qui font désormais la loi, est un non-sens économique pourrait-il ne pas apparaître également de plus en plus comme un non-sens pur et simple ? Rêver du genre de presse dont la plupart d’entre nous continuent à rêver pourrait bien être à peu près aussi déraisonnable que de rêver d’un capitalisme qui aurait fini par devenir moral, ce qui est pourtant le genre de chose que nous font espérer et auquel font semblant de croire les détenteurs actuels du pouvoir politique et économique. Il est, paraît-il, indispensable et urgent de « dédiaboliser » l’argent. C’est le genre de discours que tiennent aussi bien le président de la République que le penseur qui semble être devenu depuis quelque temps l’intellectuel de référence de la gauche, Bernard-Henri Lévy. Je croyais plutôt, pour ma part, qu’il fallait avant tout éviter de diviniser l’argent au degré où il l’est actuellement. Au point où nous en sommes déjà arrivés, j’aime mieux, je vous l’avoue, ne pas penser à la situation dans laquelle se trouvera le monde quand ce que certains demandent aura été réalisé complètement et que le dernier reste de gêne et de mauvaise conscience, pour autant qu’il y en ait encore un, aura disparu. Si je me suis permis d’évoquer cette question, c’est parce que je ne sais pas quelles sont aujourd’hui les chances réelles d’une presse soucieuse de défendre les valeurs qui ont inspiré initialement sa création et qui justifient son existence face au pouvoir moralement, socialement et humainement destructeur de l’argent-roi.     _____Le nouveau président de la République se comporte comme une véritable agence de communication, maîtrisant totalement l'agenda, quelle est la part de responsabilité des médias ?    Kraus a dit, dans une formule dont la brutalité, même en faisant la part de l’exagération satirique, peut choquer, que l’état naturel de la presse était la prostitution. Il vaudrait sans doute mieux dire, « la soumission », ce qui est déjà suffisamment préoccupant. C’est malheureusement encore une chose qu’elle vient de confirmer récemment de façon éclatante. J’ai été, je le confesse, bien qu’il n’y ait décidément plus grand-chose dans ce domaine qui puisse encore me surprendre réellement, complètement sidéré par la complaisance et la docilité avec lesquelles elle s’est prêtée dans sa très grande majorité, pour ne pas dire sa quasi-totalité, aux désirs et aux exigences du nouveau président. Avant la Première Guerre mondiale, un ministre autrichien, que cite Kraus, avait dit qu’il était impossible en Autriche de gouverner sans la presse. C’était, bien entendu, déjà en train de devenir impossible à peu près partout. Mais nous avons maintenant en France un président de la République qui a décidé de gouverner non seulement avec la presse et les médias, mais de façon plus ou moins littérale, par eux. Et cela n’a été évidemment possible qu’avec le concours empressé de ceux-ci.    Il est vrai que les choses sont déjà en train de changer, puisque l’heure est plutôt désormais, semble-t-il, à la prise de distance et à la critique systématique, au point que Jean-François Kahn, avec le sens de la mesure qui le caractérise, a éprouvé le besoin de protester contre ce qu’il considère comme une tentative de lynchage inacceptable. Mais le changement dont je parle n’a absolument rien de réconfortant, d’une part parce que la place accordée à la personne et aux faits et gestes, aussi bien privés que publics, du chef de l’Etat continue à être absolument disproportionnée, et, d’autre part, parce que cela signifie simplement que la presse, obéissant une fois de plus à la nécessité de se conformer à la vérité du moment, a compris que le vent était peut-être en train de tourner et qu’il ne fallait surtout pas risquer de prendre du retard sur ce point.     Kraus, analysant le comportement des journaux dans certaines situations politiques critiques, a dit qu’ils attendaient, de façon générale, prudemment de savoir qui était le plus fort pour se ranger de son côté. Je ne suis pas surpris que les journalistes qui entendent dire des choses de cette sorte protestent avec indignation. Mais ils seraient sûrement mieux placés pour le faire, si la presse ne fournissait pas aussi régulièrement la preuve que c’est bien de cette façon qu’elle a tendance à se comporter. Si on compare l’attitude qu’elle a eue, de manière générale, avant l’élection présidentielle à la façon dont elle a commencé à se comporter immédiatement après, il est difficile de voir les choses autrement.      ____Pour Kraus, la presse devenait en Autriche une véritable menace pour la vie privée, est-ce précisément ce qui nous arrive ?   J’espère que non, ne serait-ce que parce que la vie privée est sûrement mieux protégée aujourd’hui par la loi contre les intrusions abusives de la presse qu’elle ne l’était en Autriche à l’époque où Kraus est entré en guerre contre le monde du journal. On n’insistera jamais assez sur l’importance déterminante qu’il a accordée à cet aspect de son action. Il considérait la vie privée et la sphère privée comme un territoire inviolable dans lequel les journaux devraient, être empêchés de pénétrer, par des moyens aussi rigoureux et aussi répressifs que cela pouvait se révéler nécessaire. Il n’a jamais cru un seul instant que l’on puisse compter essentiellement sur le sens moral des journalistes et sur ce qu’ils appellent leur « déontologie » pour que les choses se passent de façon à peu près acceptable. Ce qui s’est produit en Autriche, au début des années vingt, n’était évidemment pas fait pour le rassurer, puisqu’on a pu assister à l’apparition d’un « nouveau journalisme », encore plus cynique, à ses yeux, que l’ancien et même parfois franchement crapuleux. Il y a eu justement une évolution de l’espèce qu’il avait prévue et qu’il redoutait, dans la direction du journalisme à sensation et d’une presse de caniveau du type le plus répugnant, allant même, comme cela a été le cas avec Békessy (le propriétaire tout-puissant d’un empire de presse de nature criminelle, qu’il a réussi pour finir à démasquer complètement et à faire chasser de Vienne en 1926), jusqu’à pratiquer ouvertement le chantage et l’extorsion de fonds.          Je ne dis pas, bien entendu, que nous sommes menacés réellement par quelque chose de ce genre ; et nous le sommes même, pour le moment, probablement encore beaucoup moins que dans des pays comme l’Angleterre ou l’Allemagne. Par bonheur, nous avons échappé récemment, si je me souviens bien, au risque d’avoir une version française de la Bild-Zeitung. Mais pendant combien de temps encore resterons-nous à l’abri ? Il ne faut pas oublier que le risque existe, malgré tout, aussi chez nous et que la tentation de franchir la ligne de démarcation qui sépare la vie publique de la vie privée, pour autant que l’on soit encore disposé à admettre qu’il en existe une, est permanente et forte, précisément parce que c’est ce que semblent réclamer un nombre de plus en plus grand de lecteurs et que c’est cela qui fait le plus d’effet, attire le plus nombre de lecteurs et rapporte par conséquent le plus. Comme en témoigne la façon dont vient de se comporter le Nouvel Observateur, en rendant public un message du président de la République qui, de toute évidence, aurait dû rester privé, ce qui a entraîné les conséquences que vous savez, on peut penser que même les journaux en principe les plus sérieux auront désormais de plus en plus de mal à résister. Et ce que l’on peut constater à cette occasion est une fois de plus la difficulté considérable qu’ont les journaux à reconnaître clairement et à regretter franchement la mauvaise action commise.     ____Qu'attendez-vous d'un nouveau projet journalistique dans ces conditions ?   Je ne vous surprendrai sûrement pas en vous disant que je suis sur ce point plutôt pessimiste. Il me semble que les exigences que l’on est en droit d’avoir à l’égard d’une presse digne de ce nom sont parfaitement connues et le sont d’une certaine façon depuis toujours. Ce sont d’ailleurs également elles que les journaux qui se veulent respectables affichent comme étant celles qui guident en permanence leur comportement. Le problème est, pour parler à nouveau comme Kraus, la différence frappante qu’il y a entre la façade honorable qui donne sur la rue et les choses souvent peu ragoûtantes qui se passent derrière elle de façon plus ou moins invisible et inavouable. Ce que je veux dire est qu’aussi bien les idéaux dont il est indispensable de continuer à s’inspirer que les maux parfois criants auxquels il faudrait absolument remédier ont été rappelés je ne sais combien de fois et de je ne sais combien de façons dans la période récente, sans que malheureusement cela change grand-chose à ce qui se passe. C’est justement une des plaies qui résulte de la tendance qu’a la presse à parler un instant d’un problème qui semble tout à coup urgent et à l’oublier presque immédiatement pour passer à autre chose. Elle ne se comporte évidemment pas autrement quand les problèmes dont il s’agit sont justement les siens. Ce que je pourrais souhaiter, en matière de presse, ressort, je crois, suffisamment de ce que j’ai dit antérieurement. Mais je ne me fais pas beaucoup d’illusions sur la possibilité de l’obtenir. Et je n’ai pas besoin de vous dire que je me méfie particulièrement des professions de foi, des déclarations d’intention, des chartes, des codes de bonne conduite, etc., qui jusqu’à présent n’ont pas empêché grand-chose et ne le feront jamais. Cela ne signifie pas, naturellement, que je ne sois pas disposé à considérer avec sympathie un nouveau projet journalistique. Mais je crains bien d’être obligé de dire avant tout que j’espère sincèrement, pour ce qui est de la seule chose qui compte véritablement, à savoir la réalisation, être surpris en bien...."   _______________

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