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samedi 1 mai 2021

Taillables et corvéables

 Boulots à la demande

                              Bienvenue dans le capitalisme de plate-forme.                                               Il y a quelques jours, Arte a diffusé une enquête sur de nouvelles activités de service, qui tournent autour du numérique et qui sont dépendantes d'algorithmes gérant l'essentiel de leur "métier" et conditionnant leur (faible et variable) rémunération.  Une armée de gens mal payés, aux emplois aléatoires et mal protégés se déploient surtout dans les villes, surtout  dans le domaine de la gestion et de la livraison.                  __Ce capitalisme de plate-forme, c'est le domaine de la souplesse, de l'adaptabilité, de la réaction numérique, de la part de personnes baptisées pour la circonstances "autoentrepreneurs", le plus souvent sans droits, sans couverture sociale, parfois à la limite de la survie. Même si une législation commence enfin à se mettre en place dans notre pays.  Des rouleurs souvent roulés. En concurrence permanente les uns avec les autres, avec des salaires et des horaires fluctuants, suivis à la trace et renvoyés parfois du jour au lendemain: il y a assez de petites mains pour pourvoir au remplacement, notamment dans le monde des précaires, toujours disponibles. Au RU, on a même inventé l'emploi "0 heure". On n'arrête pas le progrès.... Il existe les obscurs forçats du net. Le monde de la précarité, voire de l'ultra-précarite,  n'a cessé de se développer dans les dernières années. En France ou ailleurs.

                                  ___Dans une émission bien connue sur France 2, Elise Lucet s'est faite à nouveau offensive à l'encontre de certaines dérives de ce qu'on peut appeler le capitalisme numérique. D'une manière partielle et légère et parfois superficielle, certes, mais assez pour inciter le téléspectateur à aller plus loin, au delà de l'image et de la rhétorique audiovisuelle.


Le capitalisme dit numérique n'est pas un capitalisme particulier,, mais la forme qu'il prend à l'heure de la révolution numérique et des nouvelles formes de travail qu'elle engendre. De nouvelles forces productives sont déjà puissamment  à l'oeuvre, dans la production comme dans de multiples services qui poussent comme des champignons:    Un travail souvent de plus en plus dématérialisé, où l'algorithme règne en maître, pour le meilleur et pour le pire.
    C'est sur le pire qu'elle voulait insister, attentive à certains effets pervers de certaines pratiques, du point de vue humain, économique et social.
  Le nouveau capitalisme informationnel produit parfois des effets ou des applications sur lesquels on peut apporter de nombreuses réserves, parfois des criques fondées comme le font certains économistes ou certains responsables politiques de tous bords, au vu d'applications inquiétantes.
  En premier lieu le capitalisme dit de plate-forme, justement dans le viseur de certains Etats.
La marche forcée de cette forme de capitalisme ou d'affairisme pourrait même, s'il n'est pas sérieusement et collectivement régulé dans son développement rapide, mettre à mal le capitalisme, aux dires de certains.
  L'avenir radieux prôné par les gars de la Silicon Valley et leurs émules pourrait bien être une enfer social. Certaines applications dans des champs les plus divers ne laissent pas d' interroger, la pratique algorithmique sans bornes et sans contrôles apparaît comme inquiétante.
        Voici venir le règne des travailleurs atomisés, de nouvelles et subtiles formes d'exploitation humaine.
   Sans parler des forçats du clic sous-payés, souvent jetables, gentiment appelés collaborateurs.
   L'uberisation généralisée gagne du terrain. Et avec elle, l'avenir du travail et de tout ce qui découle d'une précarité en tous domaines...
  Le numérique produit parfois le meilleur, mais peut aussi engendrer le pire
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