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samedi 25 juillet 2026

Mérite: une notion souvent problématique

     Une notion devenue centrale avec l'avènement de l'idéal républicain, où elle remplace celles de la naissance et de l'héritage, du privilège aussi. Il est demandé à chacun de faire ses preuves. A chacun selon ses mérites, dans la mesure de ses moyens: un slogan souvent exprimé. Mais cette notion reste toujours pleine d'ambiguïtés, source de nombreuses confusions et de dérives méritant analyse et critiques.                                        Si on suit, par curiosité, ce qu'en dit l'IA? (qui, comme elle le dit elle-même, "peut commettre des erreurs"), on voit déjà poindre la prudence demandée concernant l'usage de cette idée, surtout dans un certain contexte, surtout de la part de ceux qui se revendiquent comme "méritants", du fait de leur spectaculaire réussite sociale, souvent sur la base d'un héritage exceptionnel.   


         

              Comme dit un critique        : "Pendant des décennies, on nous a raconté une belle histoire. Si quelqu'un devenait milliardaire, c'était forcément grâce à son talent exceptionnel, à son travail acharné et à son génie entrepreneurial.      La fortune était la récompense naturelle du mérite. Fin de la discussion. Ceux qui osaient poser des questions étaient aussitôt accusés de jalousie, de populisme ou, pire encore, de ne rien comprendre à l'économie.                                            Et puis les citoyens ont commencé à faire un calcul tout simple. Comment un seul être humain peut-il produire à lui seul plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliards d'euros de richesse ? Même en travaillant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, même en dormant avec son ordinateur, même en étant le plus brillant entrepreneur de la planète, cela reste impossible. La réalité est beaucoup moins romantique. Une immense fortune ne se construit jamais seul. Elle repose sur le travail quotidien de milliers, parfois de centaines de milliers de salariés. Ce sont eux qui conçoivent, fabriquent, transportent, vendent, entretiennent, innovent et font vivre les entreprises. Sans oublier les infrastructures financées par l'argent public : les routes, les écoles qui forment les employés, les universités, les hôpitaux, les réseaux de communication, la justice qui protège les contrats... Bref, toute cette société sans laquelle aucune multinationale ne pourrait fonctionner une seule journée.                  Cela ne signifie pas que les entrepreneurs ne créent aucune valeur. Beaucoup prennent des risques, innovent et bâtissent des entreprises remarquables. Mais il devient de plus en plus difficile de soutenir qu'une fortune de plusieurs dizaines de milliards d'euros serait uniquement le fruit du mérite individuel. À partir d'un certain niveau, la question n'est plus celle du talent, mais celle de la répartition de la richesse créée collectivement.                                  C'est dans ce contexte que Bernie Sanders propose une taxe annuelle de 5 % sur le patrimoine des milliardaires américains. Une idée qui, il y a encore quelques années, aurait été immédiatement rangée dans la catégorie des utopies dangereuses. Aujourd'hui, elle fait l'objet d'un véritable débat politique, y compris aux États-Unis, pourtant considérés comme le temple du capitalisme.   Ce changement est révélateur. Les citoyens ne contestent plus seulement les inégalités de revenus. Ils s'interrogent désormais sur l'accumulation de patrimoines gigantesques qui confèrent aussi un pouvoir immense : pouvoir économique, pouvoir médiatique, pouvoir d'influence sur les décisions publiques. Lorsqu'une poignée d'individus possède davantage que des dizaines de millions d'autres réunis, la question n'est plus uniquement économique ; elle devient profondément démocratique.                                               Peut-être sommes-nous en train d'assister à un changement de regard. La réussite entrepreneuriale reste admirable lorsqu'elle crée de la richesse, des emplois et de l'innovation. Mais l'idée selon laquelle une poignée de personnes pourrait accumuler des fortunes sans limite pendant que ceux qui produisent cette richesse peinent parfois à vivre de leur travail est de moins en moins acceptée.  Pendant longtemps, on nous a expliqué que cette concentration extrême des richesses était le fonctionnement naturel de l'économie. Aujourd'hui, de plus en plus de citoyens commencent à se demander si elle n'est pas surtout le résultat d'un rapport de force entre le capital et le travail. Et lorsque cette question commence à être posée jusque dans le pays qui a le plus célébré le culte du milliardaire, c'est peut-être le signe que quelque chose est en train de changer..."                          _________________________

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