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mardi 24 mars 2026

Toujours plus

     Qui arrêtera Elon dans son élan?

                Plutôt lunaire

                             No limit!

                                                                                        _________________

jeudi 27 mars 2025

Miracle à Jérusalem?

  Rencontre surréaliste dans ce noeud gordien

    Jordan, Marion  et d'autres à Jérusalem,  invités par Bibi            

           Une dédiabolisation jugée nécessaire, mais totalement amnésique...Un rapprochement controversé.

    Il y a comme un malaise...devant la grande confusion.

                 "...Une nouvelle occasion pour le président du RN de prétendre que son parti est « le meilleur bouclier pour les juifs de France », selon l’élément de langage martelé par les caciques du mouvement depuis le 7-Octobre. Le soutien sans réserve à la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou depuis dix-huit mois a permis un rapprochement voulu de longue date par un parti fondé par un ancien Waffen-SS et un membre de la Milice, et dirigé pendant quarante ans par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour des propos antisémites ou négationnistes..."
          Comme dit  Charles Enderlin: ...

   "Il y a une certaine surprise en France à voir le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou inviter une figure comme Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), héritier du Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, et plus largement des représentants de l’extrême droite européenne, qui seront présents à la conférence sur la lutte contre l’antisémitisme organisée à Jérusalem mercredi 26 et jeudi 27 mars. Pourquoi franchir cette ligne rouge maintenant ?    Cette ligne est franchie depuis longtemps. Simplement, jusqu’à présent, on évitait d’inviter officiellement ces personnalités de l’extrême droite européenne pour ne pas trop énerver certains gouvernements, et surtout les communautés juives en Europe qui luttent contre l’antisémitisme. Cela faisait trop de bruit. Mais il faut rappeler que le gouvernement Netanyahou est le plus à droite, le plus religieux et le plus annexionniste de l’histoire d’Israël. L’idéologie dominante aujourd’hui, et depuis le retour de Netanyahou en 2009 [le pouvoir lui ayant échappé durant une parenthèse d’un an et demi en 2021-2022], est une idéologie d’extrême droite, radicalement opposée à la gauche. Plusieurs ministres, qu’ils soient du Likoud [la formation de Netanyahou], du Parti sioniste religieux ou d’Otzma Yehudit [« Puissance juive » en hébreu, composé des héritiers du rabbin raciste Meir Kahane], sont des ultranationalistes religieux. Et ce qui unit ce gouvernement avec les droites nationalistes européennes, c’est une opposition générale à l’immigration arabe. C’est le socle idéologique commun à tous ces mouvements...Israël n’exporte pas que des start-up, il exporte aussi une idéologie. Yoram Hazony, par exemple, est un intellectuel religieux messianique. C’est lui qui a édité le livre-programme de Netanyahou en 1993 où celui-ci exposait son idéologie : refus d’un Etat palestinien, défense d’une forme de suprématie juive. Hazony est aujourd’hui le grand promoteur du nationalisme intégral. Il a publié « la Vertu du nationalisme », un best-seller dans les milieux nationalistes européens. Il est invité chez Orbán, chez les Polonais, chez les Italiens. Il participe à toutes les grandes conférences du National Conservatism. Il a même créé à Washington une fondation nommée Burke, du nom d’un parlementaire britannique du XVIIIe siècle farouchement opposé à la Révolution française et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ironie de l’histoire : cette déclaration qui a marqué l’émancipation des juifs est donc aujourd’hui combattue par un intellectuel juif israélo-américain. Marion Maréchal a déjà participé à des conférences du National Conservatism où Hazony était le principal intervenant...."




   Des raisons surtout  électorales, bien entendu...




LE RN INVITÉ D'HONNEUR EN ISRAËL : OFFICIALISATION DE L'UNION DES FASCISTES ET DES SIONISTES
C'est l'aboutissement d'une opération monstrueuse de renversement du réel, qui fait passer les héritiers de Pétain et d'Hitler pour les défenseurs des juifs, et les héritiers des forces issues de la Résistance, celles qui soutiennent aujourd'hui la Palestine, pour des antisémites.
⚫ Bardella invité d'honneur en Israël pour parler d'antisémitisme
Ce mercredi 26 mars et jeudi 27 mars, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, est reçu officiellement en Israël à l'invitation de Netanyahou, alors que le génocide à Gaza reprend avec férocité.
Le représentant du plus grand parti d'extrême droite français, créé par des pétainistes et des SS, et dont le fondateur Jean-Marie Le Pen a tenu des propos antisémites et révisionnistes jusqu'à son dernier souffle, est donc convié en grande pompe par les plus hautes autorités israéliennes. Jordan Bardella assistera à une conférence, tenez-vous bien, sur «la lutte contre l'antisémitisme». L'événement se conclura par une allocution de Netanyahou, par ailleurs visé par un mandat d'arrêt international pour «crime contre l'humanité». Parmi les autres invités, Marion Maréchal, ancienne élue du RN, qui a un temps été membre de Reconquête, parti ouvertement pétainiste. Pour l'extrême droite française, c'est un immense pas en avant dans sa stratégie de dédiabolisation : le RN qualifie cette invitation «d'historique».
À l'initiative de ce rapprochement officiel, le ministre d’extrême droite israélien chargé de la diaspora, Ami’hai Chikli. Il y a quelques semaines, la presse révélait que le ministère des Affaires étrangères israélien avait chargé ses ambassades de discuter avec le Rassemblement National en vue d'alliances, en échange d'un soutien inconditionnel. Le RN rêvait depuis longtemps d'être reçu en Israël, c'est chose faite.
⚫ Le Likoud sur les bancs de l'extrême droite européenne
Le Likoud, le parti de Netanyahou, vient de rejoindre les rangs de l'alliance d’extrême droite baptisée «Patriots.eu», sur les bancs du parlement européen. Comment est-ce possible, puisqu'Israël n'est pas membre de l'Union Européenne ? Le Likoud a été nommé «membre observateur». C'est la première fois qu’un parti non européen rejoint cette coalition.
«Patriots.eu» est une alliance de partis d'extrême droite fondée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Vous savez, ce président qui autorise et protège des marches néo-nazies en Hongrie, où des milliers de personnes défilent en uniformes SS ou avec des symboles du Troisième Reich, mais qui traque et arrête les antifascistes. Visiblement, Israël n'y voit pas d’inconvénient. Ce même groupe est dirigé par Jordan Bardella. On y trouve aussi le Parti de la Liberté (FPÖ), grand parti fasciste autrichien, héritier direct des nazis. Le parti allemand néo-nazi Alternative pour l’Allemagne (AfD) souhaite également rejoindre Patriots.eu, et y sera probablement bientôt admis.
Il faut se rendre compte de la charge symbolique affolante de cette jonction. Le parti qui gouverne Israël rejoint les forces politiques européennes directement issues des fascismes qui ont planifié et mis en œuvre le génocide des juifs d'Europe. Des forces elles-mêmes héritières de l'antisémitisme séculaire européen et de persécutions terribles contre les juifs. C'est une union monstrueuse, une jonction opérée sur la base d'une entente raciste et coloniale commune, motivée essentiellement par la haine des arabes en général et des palestiniens en particulier.
⚫ Verrou républicain
Les fascistes israéliens sont gagnants : ils tissent ainsi un réseau de partis alliés dans toute l'Europe, qui les appuiera quels que soient les crimes commis à Gaza ou en Cisjordanie. Les fascistes français sont gagnants eux aussi, puisque ce soutien permet de blanchir leur image. L'ancien chef du Front National, Louis Alliot, expliquait dès 2013 que le seul «verrou» à «faire sauter pour réussir à conquérir le pouvoir était l'antisémitisme».
Ce verrou a aujourd’hui sauté. Dès le 12 novembre 2023, le RN marchait avec les macronistes dans une prétendue «manifestation contre l'antisémitisme» qui était en réalité une grande célébration de l’alliance de la droite et de l’extrême droite contre la gauche et les arabes. C'était l'explosion définitive du verrou «républicain» et de toutes les boussoles politiques. La porte-parole des macronistes Yaël Braun-Pivet déclarait alors que «c'était toute la république qui défilait». Voilà comment était redéfinie la République : du Rassemblement National à Macron. Tout le reste étant désormais considéré comme antisémite et anti-républicain.
Cette manifestation de novembre 2023 a été un coup politique énorme. Il se poursuit avec l'officialisation du rapprochement qui a lieu actuellement. À présent, le Rassemblement National veut même pousser l'avantage. Alors que le CRIF, institution française pro-Israël, a émis quelques réserves sur l'accueil de Bardella à Jérusalem, Marine Le Pen a contre-attaqué en déclarant : «Le CRIF est une structure de gauche. C'est à nos compatriotes de confession juive, peut être de dégauchiser le CRIF». Le CRIF n'a pourtant rien de gauche, il passe son temps à diffamer LFI et les luttes pour la Palestine. Mais ce n'est pas suffisant pour le RN, qui entend bien inféoder les officines pro-israéliennes de France à son parti.
⚫ De l'antisémitisme au soutien à Israël
Pourquoi des antisémites et parfois même des nostalgiques d’Hitler se rangent-ils derrière Israël ? Cela paraît fou mais c’est très simple : l’extrême droite occidentale aime Israël pour la même raison qu’elle haïssait les juifs il y a 100 ans. L’antisémitisme européen voyait les juifs comme des «déracinés», des «apatrides» des «cosmopolites», sans État dont suspects par nature, déloyaux et vus comme potentiellement révolutionnaires, donc impossibles à assimiler.
C’est la même extrême droite qui adore Israël en tant qu’État militarisé, religieux, ethnique, ancré sur un territoire, expansionniste et raciste. Elle adorerait appliquer les mêmes mesures en France. Il n’y a aucune contradiction, même si cela parait déconcertant : les fascistes sont antisémites pour les mêmes raisons qu’ils sont pro-Israël !
Il n'y a pas d'incompatibilité entre l’antisémitisme européen séculaire et le sionisme. De son côté, Netanyahou lui même tient des propos plus révisionnistes que les pires néo-nazis européens. En 2015, il déclarait que «Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs», affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. Le 23 janvier 2025, après le salut nazi du milliardaire propriétaire de Tesla lors de l’investiture de Trump, il écrivait sur le réseau X : «Elon Musk est faussement diffamé. Elon Musk, c’est un grand ami d’Israël». Ainsi, dans un pacte mortifère, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.
Nous assistons à une coalition des nationalistes et des suprémacistes partout dans le monde, qu’ils soient en Israël, en Europe ou en Amérique, unis par le même élan : coloniser, tuer, expulser, écraser les plus faibles. _____

mercredi 13 novembre 2024

Elon et Donald

Sont dans une fusée...

    Pour un élan  stratosphérique

          Copains comme cochons 

               Pour prendre le contrôle 

                             Un business comme un autre...

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mardi 17 septembre 2024

Demain l'Amérique

      Où va Washington?

              Si on regarde la situation politique du moment, le pays apparaît dramatiquement clivé, à quelques semaines des élections, dont l'issue n'est pas certaine. Le trumpisme fait feu de tout bois. Il avait déjà lâché la bride à la régulation financière lors du premier mandat, au nom d'un libéralisme inconditionnel, pour le plus grand bonheur des banques. De quoi relancer d'autres crises...L'administration Biden, à marche forcée, a relancé l'économie, à coup de milliards, pour répondre notamment au défit chinois, en attirant des secteurs industriels européens, notamment. L'économie américaine, jadis en crise, passe par des phases de "stop and go", avec la prétention de rester toujours la première économie du monde, avec un dollar-roi et une hégémonie militaire encore incontestable. Même si certains s'interrogent sur la durabilité du système, en en montrant les failles.                                                                               Le "rêve amércain" n'est plus ce qu'il était. L'exception le devient de moins en moins, malgré de beaux restes. Depuis le défi américain de JJSS, l'eau a coulé dans le Potomac, malgré les rebonds et les innovations. Malgré une dette abyssale. Les incertitudes restent grandes, au niveau politique surtout, beaucoup d'Américains ne reconnaissant plus leur pays. qui avait déjà suscité la perplexité d'un célèbre visiteur: Freud, après un unique voyage Outre Atlantique, disait: « L’Amérique est une erreur, une erreur gigantesque il est vrai, mais une erreur tout de même. »                                                            ________Point de vue"11 septembre 2024. Le premier débat Kamala Harris-Donald Trump en vue des présidentielles du 5 novembre illustre la métamorphose des États-Unis. Les changements de population et la crise sociale laissent entrevoir une société en déliquescence selon l'historien Emmanuel Todd. Mais est-ce si sûr ? Le même historien a montré il y a vingt ans que le pays était capable de rebondir sans trop de soucier du reste du monde et de l'Europe en particulier...                                                    En qualité d'historien et d'anthropologue, Emmanuel Todd brasse l'Histoire longue avec une aisance sans égale. Il s'autorise de ce fait à juger le monde en devenir et la pertinence de ses analyses a rarement été démentie par les faits.   Dans un entretien vidéo accordé au Figaro le 3 septembre, Todd présente les États-Unis comme une puissance en déclin rapide, où les inégalités sociales s'aggravent et le niveau éducatif s'effondre. La mortalité infantile remonte (comme en URSS à la veille de l'effondrement du régime soviétique !) et l'espérance de vie décroît, du moins dans les classes populaires blanches qui constituent le socle électoral de Donald Trump (ceci expliquant cela).    Plus grave que tout, aux yeux de l'historien, le déficit commercial abyssal des États-Unis reflète sa faiblesse industrielle et détermine ses objectifs géopolitiques. Ce déficit, de l'ordre de 800 milliards de dollars en 2023 (3% du PIB), est dû au commerce avec l'Europe davantage qu'avec la Chine. Aussi Washington fait-il en sorte de maintenir le Vieux Continent sous sa dépendance stratégique et éviter ainsi qu'il ne lui réclame des comptes.  D'où sa gestion de la guerre en Ukraine. En se prolongeant, celle-ci place l'Europe sous la dépendance toujours plus étroite du Pentagone. Qui plus est, cette guerre affaiblit l'Allemagne, dont le modèle industriel subit la crise la plus grave de son histoire. Tout cela fait l'affaire des États-Unis et Emmanuel Todd en conclut qu'un cessez-le-feu sur le front russo-ukrainien desservirait les Américains en soulageant les Européens (et les belligérants)... Quel que soit le vainqueur des élections présidentielles du 5 novembre 2024, n'attendons donc pas un règlement rapide du conflit !   


                                                                                                                               Toutes les données rappelées par Emmanuel Todd sont vérifiées. Devons-nous pour autant conclure à l'affaissement de la puissance américaine ? Des considérations empruntées à l'Histoire, la démographie et l'économie permettent d'en douter.                                                                   Si nous devions chercher dans le passé quelque chose qui se rapproche de la situation actuelle, tournons-nous vers l'Angleterre victorienne du milieu du XIXe siècle. Ayant triomphé de Napoléon et de la France révolutionnaire (comme les États-Unis de Hitler), l'Angleterre a consolidé sa place de première puissance mondiale déjà revendiquée à la veille de la Révolution.  Sa démocratie suscite l'admiration universelle mais n'en souffre pas moins de graves carences démontrées par les aberrations du système électoral et les émeutes sociales. La monarchie elle-même, à l'avènement de la reine Victoria, en 1837, paraît discréditée par les scandales.     Le sort des classes laborieuses, dénoncé par Charles Dickens, est à bien des égards pire que sur le Continent. Les inégalités sociales entre ces classes laborieuses et les élites issues des public schools (Oxford, Cambridge) sont abyssales comme le souligne Emmanuel Todd lui-même : pour ces élites, les pauvres, si Britanniques qu'ils soient, relèvent d'une autre « race », sans rien à voir avec eux !    Concomitamment, l'Angleterre victorienne tarde à généraliser l'instruction. Au début du XIXe siècle, la moitié tout au plus des hommes et le quart des femmes savent lire et écrire ; vers 1870, c'est 80% des hommes et 70% des femmes.   Les Irlandais, bien que citoyens du Royaume-Uni, souffrent quant à eux de violences au moins comparables à celles des Noirs américains à l'époque des lois « Jim Crow ».    La puissance britannique se montre d'une brutalité tout aussi grande à l'extérieur qu'à l'intérieur. Elle n'a rien à envier à celle des États-Unis contemporains, que ce soit en Chine (guerre de l'opium), aux Indes ou en Afrique australe... Cela ne l'empêche pas de subir de terribles défaites face à des ennemis sous-évalués : les Afghans (déjà) en 1841 dans la passe de Khiber et les Zoulous plus tard, en 1879. Malgré cela, Londres affiche une arrogance jamais égalée à ce jour en la personne de Palmerston, ministre des Affaires étrangères (1846-1851) puis Premier ministre (1855-1865).                                                          Là où s'arrête le parallèle étasunien-britannique, c'est en démographie et en économie. La population du Royaume-Uni a connu une croissance très forte au XIXe siècle en dépit d'une forte émigration vers le Nouveau Monde, passant d'environ 10 millions en 1815 à 20 millions en 1850 et plus de 40 millions en 1914 (soit autant que la France, dont la population n'a cru que de dix millions entre 1815 et 1914). En matière d'innovation et d'industrie, le Royaume-Uni tient la tête jusque dans le dernier quart du XIXe siècle, avant d'être concurrencé et devancé dans certains secteurs par l'Allemagne bismarkienne et les jeunes États-Unis.                                                         Cela étant, en dépit de faiblesses évidentes, le Royaume-Uni a pu conserver son leadership mondial tout au long du XIXe siècle, jusqu'au traité de Versailles de 1919 qui a vu les États-Unis s'imposer dans tous les domaines. Autant dire que nos amis étasuniens peuvent regarder l'avenir avec confiance. Sur la base de cette comparaison, ils sont assurés de conserver leur leadership encore un bon demi-siècle !...Les États-Unis connaissent depuis la fin du XXe siècle une forte chute de la fécondité (dico), le nombre moyen d'enfants par femme se rapprochant de 1,5 quand il en faudrait deux pour éviter que la population diminue et vieillisse de trop. Cette chute atteint aussi tous les autres pays développés et semi-développés avec une intensité variable.     

                                                 Parallèlement, les États-Unis connaissent depuis cinquante ans, comme l'Europe occidentale, une très importante immigration en provenance de pays pauvres extra-européens. Il s'ensuit que depuis 2023, les naissances dans la population étasunienne d'origine européenne (
« Blancs non-hispaniques ») sont devenues moins nombreuses que les naissances dans les foyers afro-américains, latinos ou d'origine indienne ou chinoise.  C'est un phénomène tout à fait inédit. Jusque dans les années 1960, l'excédent des naissances sur les décès a toujours été aux États-Unis supérieur aux entrées, y compris pendant les grandes vagues d'immigration venues d'Italie ou d'Europe orientale, à la fin du XIXe siècle. La grande fécondité des premiers colons anglo-allemands et de leurs descendants, comparable à celle des Québécois, a permis à l'élite WASP (White Anglo-Saxon Protestants) de demeurer aux commandes du pays.       Nous n'en sommes plus là. L'immigration d'Amérique latine, d'Asie et aussi d'Afrique change du tout au tout la population du pays et ses élites. Emmanuel Todd lui-même se plaît à souligner que le gouvernement de Joe Biden ne comptait aucun WASP, le président étant lui-même catholique). Nous assistons à une refondation des États-Unis par l'immigration.                                          Mais à la différence de l'immigration qui change le visage de l'Europe, cette immigration-là, plus sélective, assimile instantanément les valeurs qui ont fait et font encore la puissance de l'Amérique et notamment son civisme, son esprit d'initiative et son âpreté au travail. D'ores et déjà, les personnes d'origine indienne et chinoise affichent un revenu moyen supérieur à celui de leurs concitoyens, y compris les « Blancs non-hispaniques » ! Et ce sont des natifs d'Inde qui dirigent Google, Microsoft, IBM, Alphabet, etc. Cette immigration très dynamique venant compenser la faible fécondité de toutes les couches de la population, la population étasunienne va croître d'au moins cent millions d'ici la fin du siècle, à plus de 430 millions d'après les projections de l'ONU (5% de la population mondiale contre 6% en 1950). Le pays est donc assuré de faire encore longtemps la course en tête.                                                                                                                                      Simplement, les États-Unis de demain n'auront plus rien à voir avec ceux des présidents Thomas Woodrow Wilson et Franklin Delano Roosevelt... Le lien particulier que ceux-ci entretenaient avec l'Europe n'existera plus. Vu de Washington comme de New York ou de San Francisco, l'Europe ne comptera pas plus que la Chine ou l'Inde, d'un point de vue ethnique comme d'un point de vue culturel.                                                                                Dans les années 1980, chacun s'extasiait sur les performances du Japon, dont le décollage en trombe avait débuté avec les Jeux Olympiques de Tokyo (1964). Les prospectivistes envisageaient le jour où il allait dépasser les États-Unis ! Cet élan s'est brisé net en 1989 sous l'effet de la récession démographique et l'Empire du Soleil levant est dès lors entré dans une stagnation interminable. Le scénario s'est renouvelé avec la Chine populaire, au firmament de la gloire lors des JO de Pékin (2008).                                                                           Jusqu'à ces dernières années, la Chine paraissait vouée à dominer le XXIe siècle par sa puissance industrielle. Mais la baisse accélérée de sa population a rendu ces perspectives caduques. Les projections des démographes de l'ONU n'excluent pas que la population chinoise soit dépassée en nombre à la fin du siècle, en 2100, par celle du... Nigeria !   Les craintes des gouvernants américains à l'égard de Pékin sous les présidences Obama et Trump n'ont donc plus de raison d'être : avec une population appelée à vieillir et diminuer très vite, la Chine de Xi Jinping est condamnée à une stagnation durable comme avant elle le Japon des « décennies perdues » (1989-...). Il n'y a pas d'exemple en effet dans l'Histoire de société prospère et dynamique avec une population vieillissante et en diminution.    Aussi soudain que celui du Japon, le recul de la Chine est illustré par un fait inouï : l'année 2023 a vu le Mexique lui ravir sa place de premierpartenaire commercial des États-Unis, qu'elle détenait depuis plus de 20 ans ! Cette année-là, Pékin a vendu 430 milliards de dollars de biens et services aux États-Unis (110 milliards de moins qu'en 2022) contre 480 milliards pour le Mexique.                                                                                          Ne croyons pas pour autant que les Mexicains, nouveaux « Jaguars de l'Amérique », aient remplacé les « Tigres de l'Asie ». Simplement, les industriels étasuniens ont multiplié les investissements au sud du Rio Grande pour tirer parti d'une main-d'oeuvre bon marché, travailleuse et docile. Dénommées en espagnol maquiladoras, les usines de montage et d'assemblage ont ainsi poussé comme des champignons après la pluie autour de villes mexicaines comme Monterrey mais aussi dans l'isthme centre-américain. Elles approvisionnent les États-Unis en vêtements, pièces automobiles et composants électroniques bon marché.

Dans la comptabilité nationale, ces importations contribuent au déficit commercial de Washington mais il ne s'agit que d'une illusion d'optique puisqu'elles renforcent en fait la compétitivité de l'industrie étasunienne. 

Les relations entre les États-Unis et l'Europe donnent lieu à une autre illusion d'optique. Le déficit commercial de Washington avec l'Union européenne (biens et services) reste très élevé mais il n'inclut pas les revenus tirés des services en ligne (tous américains), lesquels ne figurent pas dans le solde commercial mais dans les transactions courantes. Avec Uber, Booking, Airbnb, Amazon, etc., c'est jusqu'à 15% à 25% du chiffre d'affaires des VTC, commerçants en ligne, hôtels, etc. qui sont ainsi ponctionnés et remontent vers les sièges américains. Cette forme de tribut ou de prédation a été rendue possible par l'indifférence des pouvoirs publics et des citoyens à l'établissement de ces monopoles.                                                                                                                         Autrement dit, le déficit commercial étasunien n'est pas forcément une manifestation de faiblesse ou de déclin comme tendrait à le penser Emmanuel Todd. Il signifie que les États-Unis n'ont plus autant besoin que par le passé de produire des biens manufacturés sur leur sol. Il leur suffit d'avoir une poignée de cerveaux (indiens, chinois ou sud-africains comme Elon Musk) pour concevoir de puissants services en ligne... ainsi que de solides juristes et politiciens qui vont imposer le monopole de ces services chez leurs « partenaires ». Rien de nouveau sous le soleil : les Athéniens du temps de Périclès ne procédaient pas autrement avec leurs « alliés » de la ligue de Délos.

Gardons-nous d'en faire reproche aux Américains. L'Union européenne n'a pas besoin des États-Unis pas plus que de la Chine ou de la Russie pour se suicider. Elle y arrive très bien toute seule, depuis la monnaie unique, qui devait, promis-juré, conduire à la convergence des économies européennes, jusqu'au « Green Deal » en voie de ruiner ce qui reste d'industrie automobile sans profit pour l'environnement, en passant par la délocalisation massive des industries en Asie et l'ouverture à une immigration hors contrôle. Tout cela dans une logorrhée bureaucratique sans égale : Bruxelles aurait ainsi produit 13 000 textes réglementaires en 2023 contre 3000 pour Washington, lit-on dans le rapport publié par Mario Draghi le 9 septembre 2024.   Le décrochage de l'Union européenne par rapport à l'Amérique depuis la création de l'euro il y a vingt-cinq ans devient manifeste, tant en économie qu'en innovation. Il conduit l'ancien président du Conseil italien et président de la Commission européenne à prédire une « lente agonie » de l'Union européenne... Sauf à espérer que les médias et les citoyens français et européens sortent de leur apathie. "     ________________________

mardi 26 mars 2024

L'élan d'Elon

 


      L'homme-fusée?                                                                                                                                                                        Mais une fusée peut aussi exploser en vol...  Un libertarien pur sucre ou un chien fou dans le domaine du néocapitalisme numérique tous azimuts. Un drôle de citoyen, qui reste dans l'esprit des grands aventuriers de la Silicon Valley, tout en voulant les dépasser. Un "visionnaire" un peu fou, qui n'hésite pas à sacrifier sur l'autel de la technologie sans frein les idéaux sociaux et démocratiques. Utopiste à ses heures, positiviste comme pas un, il croit en l'avenir radieux de l'humanité libérée de toutes contraintes.  Un temps collaborateur de Trump, très proche de l'aile républicaine, il avoue ses choix: "...Adepte du courant libertarien, il est hostile à l'existence de syndicats dans les entreprises. En , il accueille très froidement la proposition de Bernie Sanders d'augmenter la taxation des grandes fortunes.  Il critique régulièrement la politique du président Joe Biden et notamment son âge (79 ans) pour l'exercice du pouvoir présidentiel en déclarant « Il existe déjà des conditions d’âge minimum pour la Chambre, le Sénat et la présidence. Réciproquement, il devrait y avoir aussi des limites d’âge maximum ». D'une manière globale, il déplore la gérontocratie en ajoutant « Je pense que nous avons déjà un problème assez sérieux avec la gérontocratie, où les dirigeants de tant de pays sont extrêmement âgés. Pour qu’une démocratie fonctionne, les dirigeants se doivent être en contact avec la majorité  de la population »    


                                                                                                     
Son idéologie est affichée, prête à se faire le relais de fake news qui arrangent ses intérêts. Il imagine pendant longtemps la Silicon Valley comme une sorte de "terre promise" Sa volonté de sauver le monde, ses rêves quasi christiques peuvent faire sourire plus d'un scientifique.. L'"innovation disruptive" est son moteur. il "serait « l’ADN » de l’entrepreneur à succès au tournant du XXIe siècle, et la carrière de Musk l’illustrerait de manière exemplaire. Or il s’agit, rien de moins, et tous secteurs confondus, de détruire : par l’introduction – parmi les stratégies possibles – d’idées, de concepts, de technologies ou de méthodes industrielles en contradiction plus ou moins radicale avec l’ordre existant, et de les exploiter sans ménagement pour faire vaciller le statu quo. Cette personnification du mythe de l’entrepreneur incréé et créateur se retrouve dans la pensée spontanée de l’innovation et son modèle linéaire (de l’idée-étincelle à l’application sur le marché), copié-collé dans les readers, les livres de recettes et les cours de savoir-vivre entrepreneurial en business school. La destruction créatrice schumpétérienne est l’horizon désiré d’une économie capitaliste animée par l’« ouragan permanent » de la rupture. Les start-ups, les compagnies et les simulacres de compagnies créées ou cofondées par Musk en fournissent autant de cas d’étude. PayPal ? Détruire l’industrie bancaire par la généralisation d’un procédé de paiement en ligne. SpaceX ? Détruire le complexe militaro-industriel de l’astronautique par le développement de lanceurs à bas coût et en partie recyclables. Tesla ? Détruire les mastodontes de Detroit qui n’ont toujours pas pris le pli de la voiture électrique et autonome. Solar City ? Détruire l’industrie des combustibles fossiles par une généralisation de l’accès à l’énergie solaire. Détruire, par la bande ou frontalement, et par le contrôle de l’ensemble d’une production intégrée verticalement, de la chaîne logistique jusqu’à la livraison des services. Ce principe de la « full-stack start-up  » est répliqué à l’envi. La chronologie des percées technologiques disruptives de Musk est désormais bien établie. L’ennui est que, linéaire et a posteriori, ce grand récit donne à croire qu’il déploie une sorte de master plan latent. Or la carrière dont la trame est aujourd’hui stabilisée n’a pas été sans échecs ni ajustements, et c’est aussi un ressort de son aura. Musk n’est certes pas parti de rien. Ces ruptures technologiques exploitent un fonds commun de savoirs, de process industriels, d’infrastructures et de ressources publiques accessibles sous certaines conditions pour parvenir à des objectifs marchands. D’abord, Zip2, première start-up que Musk crée en 1995 à Palo Alto avec son frère, et rachetée par Compaq en 1999 pour intégrer le moteur de recherche AltaVista : l’annuaire/portail en ligne tire parti d’informations largement publiques, et bénéficie des abonnements au service souscrits par les entreprises locales et la presse. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre ainsi, le programmeur Musk travaille à partir des codes disponibles et vend la bonne solution au bon moment. De même la start-up X.com que Musk a fusionnée en 2000 avec une autre, Confinity, à l’origine de PayPal, met en scène un sens stratégique du placement « mafieux » : les génies du codage s’engouffrent dans la brèche de la « nouvelle économie », avant l’explosion de la bulle des sociétés dot.com. L’expérience est de courte durée. Musk quitte avec profit PayPal – qui a survécu au krach et est racheté par eBay en 2002. C’est alors que, multimillionnaire désœuvré, il fonde une nouvelle start-up, cette fois investie dans l’industrie spatiale. Space Exploration Technologies Corp. promet le développement de lanceurs low cost pour banaliser l’accès à l’espace et, à terme, sa « colonisation » sur Mars. Là encore, il a fallu démontrer les techniques, convaincre les investisseurs et faire taire les sceptiques. Il a fallu, surtout, s’inviter dans la cour de compagnies aussi installées et tentaculaires que Boeing et Lockheed Martin, et gagner la confiance des gate-keepers de la NASA. Le défi que représente Tesla n’est pas moins difficile. Bâtir à partir de zéro une entreprise qui promet de rompre avec le business as usual d’une industrie structurée autour de grandes marques et d’habitudes de consommation d’énergies fossiles, par le développement d’autos électriques de haut de gamme, à l’apparence d’Aston Martin, à peu près autonomes, alimentées par une énergie verte et livrée gratuitement via le réseau de stations maison, à des prix jugés attractifs, et le tout sous couvert d’une croissance industrielle soutenable et respectueuse de l’environnement..."  
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