Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par date pour la requête souveraineté alimentaire. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête souveraineté alimentaire. Trier par pertinence Afficher tous les articles

mardi 9 juin 2026

Multinationales et pouvoir mondial

Gigantisme et pouvoir politico-économique

            Elles sont partout, ne connaissent pas les frontières, ont un pouvoir politique considérable.   Leur hégémonie est souvent sans égal sur les choix des pays, surtout les plus vulnérables: choix économiques, écologiques, sanitaires, informationnelles  ... La souveraineté des pays est souvent remise en question de par leur poids et leurs choix, n'allant pas toujours dans le sens de l'intérêt général, du développement économique, du bien être et de la santé collective. Certaines, comme Palentir, posent des problèmes redoutables.     "Présentées tantôt comme des havres de développement économique, tantôt comme des enfers sociaux, les multinationales sont dans tous les cas le symptôme d’économies et de sociétés mondialisées et remettent en cause des régulations édictées par les États et les organisations interétatiques sur une base nationale..."                                                      Le problème est aussi que les multinationales bénéficient souvent de conditions financières particulièrement favorables, qu'elles ne manquent pas d'exiger. Il est question régulièrement, faute de mieux, de les taxer, faute de pouvoir toujours les contrôler.  


           Cela paraîtrait d'une grande logique                                                                                                                                                                 Pour une justice élémentaire.  Malgré des réticences attendues. Une mesure qui n' a rien de  "bolchevique" On comprend les cris d'orfraie de certains...Comme pour la taxe Zucman à un autre niveau.                 " Un étonnant vent de révolte contre les multinationales a soufflé sur l’Assemblée nationale dans la soirée du mardi 28 octobre. Malgré l’opposition résolue du gouvernement, les députés qui examinent le projet de budget pour 2026 ont adopté coup sur coup deux mesures marquantes visant à taxer les bénéfices des grandes entreprises étrangères d’une part, l’activité des géants du numérique de l’autre. Ensemble, elles pourraient rapporter plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’Etat, selon leurs initiateurs..."    Mais le Sénat risque fort de passer outre.                       On est encore loin du compte.    C'est au niveau mondial que le problème se pose . Au-delà des mythes.                                                                                                                                                                           


       __Depuis la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, les sociétés multinationales ont fait leur chemin, mais ont explosé surtout à partir des années 1970. Une multinationale" est une société qui produit des effets économiques dans plusieurs pays. C'est-à-dire que les actionnaires ne viennent pas du même pays ou elle implante ses sièges dans deux ou plusieurs pays. Selon Charles-Albert Michalet, la multinationalisation d'une entreprise répond à cinq déterminants principaux :
  • La recherche d'un accès direct aux matières premières, notamment durant la colonisation.
  • Le besoin de contourner certaines entraves à l'échange. Il s'agit par exemple de produire sur le marché où le produit sera consommé afin de ne pas être affecté par les tarifs douaniers à l'importation.
  • La recherche de débouchés extérieurs suite à l’intensification de la concurrence sur le marché intérieur. De plus, dès lors qu’une firme adoptera cette stratégie elle sera probablement imitée par les firmes concurrentes.
  • La perte d’un avantage technologique sur le marché national peut contraindre les entreprises à le produire à l’étranger, à moindre coût, afin de pouvoir continuer à le produire de façon rentable.
  • La recherche de coûts du travail plus faibles.
  • ____Il définit une multinationale comme une entreprise « le plus souvent de grande taille, qui, à partir d'une base nationale, a implanté à l'étranger plusieurs filiales dans plusieurs pays, avec une stratégie et une organisation conçue à l'échelle mondiale ». Cathal J. Nolan, professeur d'histoire à l'université de Boston, insiste sur les « capitaux, biens et technologies extrêmement flexibles » de ces entreprises qui « pensent globalement », qui n'ont « pas de loyauté spécifique » et qui prennent leurs « décisions selon des questions d'économie d'échelle, de politique fiscale et de rapatriement des profits ».__Le Cetim insiste sur une certaine centralisation, en définissant une multinationale comme une « entité légale de droit privé, agissant dans plusieurs États, mais avec un seul centre ou un centre principal dé décision ». Dans le même sens, René Sandretto la définit comme une « firme généralement de grande taille, dont l'organisation et la gestion sont le plus souvent centralisées, développant leur activité productive grâce à des filiales implantées dans plusieurs pays ».
        _Ces sociétés, que d'aucuns appellent MAÎTRES DU MONDE ( le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés), ne font pas dans la philanthropie, elles se moquent bien de leur pays d’origine . “Dans l’idéal, il faudrait installer chacune de nos usines sur une barge qui se déplacerait au gré des fluctuations des monnaies et des changements dans l’économie.” C’est avec cette formule lapidaire que Jack Welch, alors à la tête de General Electric, résumait en 1998 sa conception de l’entreprise américaine. On comprend pourquoi le libre échange sans limite soit leur thème d'élection. La mondialisation sans frein leur convient.
__Ne connaissant pas de frontières, s'efforçant d'affaiblir les Etats et les réglementations, elles sont aussi les premières bénéficiaires des paradis fiscaux .
_A vocation mondiale, elles sont de puissants acteurs de délocalisation.
        "...A chaque année qui passe, la croissance des grands groupes américains est de plus en plus découplée de l’économie américaine. Leurs intérêts concordent de moins en moins avec ceux de nos travailleurs, de nos consommateurs et de notre économie. Cette rupture se reflète dans leur chiffre d’affaires. En 2001, 32 % des revenus des 500 premières sociétés américaines qui composent l’indice boursier Standard & Poor’s provenaient de l’étranger. En 2008, cette proportion atteignait 48 %. Ce changement a de profondes – et terrifiantes – conséquences sur le comportement des multinationales. Dans cette période où les PME ne peuvent pas se développer parce que le chômage élevé et le fléchissement de la valeur des logements ont déprimé la demande des ménages, les grandes entreprises sont plus soucieuses d’accroître leurs ventes et leur production à l’étranger plutôt que dans leur pays d’origine. C’est pourquoi la récession en cours ne ressemble pas aux précédentes. A la différence de toutes les crises économiques qu’a connues l’Amérique, le ralentissement de l’activité se poursuit alors que les principaux employeurs peuvent renouer avec les profits sans procéder à des embauches massives aux Etats-Unis. Les bénéfices des sociétés ont battu un record au troisième trimestre – 1 659 milliards de dollars – et ils ont progressé de 28 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est la plus forte augmentation en glissement annuel jamais enregistrée. Mais cette hausse de la rentabilité ne s’est pas accompagnée d’une augmentation de l’emploi, des salaires ou du revenu national..."
_Le projet de grand marché transatlantique vise surtout à favoriser encore plus leur pénétration et leur hégémonie.
_Leur puissance financière dépasse parfois le PIB de certains pays,
_Il arrive souvent qu'elles dictent leur loi , même en Europe, en ce qui concerne en particulier les ressources naturelles.On sait l'influence des lobbies, notamment de Monsanto, sur les instances européennes bruxelloises.
_Les Etats abdiquent le plus souvent face à leurs exigences.
_Elles opèrent une captation de richesses, aux dépends des moins favorisés.
_Elles sont très présentes en matière d'agriculture, au coeur du système alimentaire, s'efforçant de contrôler toute la chaîne : le commerce des semences est au main de 10 multinationales.  ____________________

vendredi 29 mai 2026

Le poulet français bat de l'aile

 Est-ce ainsi que les poulets vivent?

                                                   Et que les hommes se nourrissent..

      La malbouffe est aujourd'hui pas chère, dans le  marécage alimentaire qui nous est proposé, quand on est pressé ou fauché comme un étudiant. Il faut bien survivre. Tout le monde ne peut s'offrir un poulet de Bresse, élevé comme un prince.                        Du côté de la majorité des poulets pas chers, c'est le plus souvent la folie.   Une malbouffe pas comme les autres, bien adaptée aux tout petits budgets.     Vive la concurrence internationale!   Mais pas de quoi faire ripaille....   


                                                   " ...Pour répondre à l’appétit grandissant pour la viande de poulet en Europe, la Pologne a tout misé sur les élevages intensifs, qui alimentent notamment la France. Mais près de la moitié des poulaillers industriels du pays exerceraient sans autorisation, selon une récente enquête du média The Bureau of Investigative Journalism. Des méga-fermes fantômes, qui font peser une menace sanitaire et environnementale sur l’ensemble des consommateur·ices du continent.                                                                                                              Master Poulet, Chicken Street, Tasty Crousty… Depuis quelques années, les chaînes de fast-food spécialisées dans le poulet se déploient à toute vitesse dans les grandes villes. La recette de leur succès ? Des pilons rôtis ou des « tenders » (bâtonnets) frits vendus seulement quelques euros, et promus par une myriade de vidéos sur les réseaux sociaux.              

     Un élément reste cependant bien mystérieux : l’origine de la viande utilisée par ces enseignes. Interrogé récemment sur le sujet, le dirigeant de Master Poulet, qui compte une cinquantaine de points de vente en France, avoue que sa volaille « vient principalement de Pologne et d'Espagne », sans plus de précisions. Voilà quelques années que le poulet consommé en France est en effet majoritairement importé, principalement de Pologne. Le pays en a livré pas moins de 648 540 tonnes en 2025, selon les données des douanes françaises compilées par Disclose. Entier ou désossé, frais ou congelé, vivant ou mort, le poulet polonais est acheminé en France par camion, sous toutes ses formes.       
               Face à la hausse de la demande, le nombre d’élevages intensifs se multiplie dans le pays, dans la plus grande opacité. Une enquête publiée en mars dernier par le média britannique The Bureau of Investigative Journalism révèle que près de la moitié des poulaillers industriels de Pologne exercent sans autorisation administrative. Ils ne sont, de fait, jamais contrôlés par les services sanitaires, ni par les inspecteur·ices de l’environnement.                                                                                                                         Des bactéries mortelles pour les humain·es.
Janek fait partie des victimes de ce défaut de surveillance. Alors qu’il est âgé de 11 mois, le nourrisson qui vit à Czepielin, un village de l’est de la Pologne, est touché par un mal soudain. « Au départ, le médecin nous a rassuré·es en nous disant que ce n'était qu'un mal de gorge », témoigne sa mère. Mais l’état de Janek se dégrade rapidement. Sa peau devient jaune, la fièvre monte en flèche et les vomissements ne s’arrêtent plus. Le bébé frôle la mort.    
       D’autres enfants du village sont frappés par les mêmes troubles. Devant l’inaction des autorités, les habitant·es mènent l’enquête. Ils apprennent qu’en trois ans, leur eau potable a été contaminée à huit reprises par des bactéries E. coli, des coliformes et des entérocoques. Autant de pathogènes causant des troubles digestifs ou cardiaques, qui peuvent s’avérer mortels. Très vite, les habitant·es suspectent un élevage avicole géant, qui borde le captage d’eau du village, d’être à l’origine de la pollution. Après avoir alerté l’administration locale, les villageois·es découvrent que l’élevage a multiplié les infractions : il ne disposait d’aucun permis de rejets de polluants, ni de captage d’eau ou d’épandage. Et alors qu’il était censé accueillir au maximum 70 000 volailles, il en a hébergé jusqu’à 120 000.                                                             Le cas de cette méga-ferme est loin d’être isolé. En Pologne, près de la moitié des élevages industriels de poulet ne disposent d’aucun permis de rejets de polluants, d’après l’enquête du Bureau of Investigative Journalism. La faute à un empilement d’administrations, régionales et nationales, qui estiment que l’identification des fermes non-enregistrées « ne fait pas partie de leurs missions », comme l’explique un fonctionnaire. Une faille administrative aux conséquences dramatiques : aucune inspection n’est menée dans ces fermes fantômes. De quoi mettre en danger les riverain·es, comme le petit Janek, mais aussi les consommateur·ices finaux·ales de poulet.                                                      
­ En France aussi, des élevages hors de contrôle.
    Car, et c’est là une autre spécificité des méga-fermes polonaises, les animaux y reçoivent des doses d’antibiotiques particulièrement élevées. Selon le Bureau of Investigative Journalism, un poulet polonais est traité en moyenne pendant la moitié de ses six semain
es de vie. La Pologne est, de fait, le troisième pays d’Europe qui recourt le plus à ce type de médicaments dans l’agriculture, derrière l’Espagne et Chypre. Administrés pour éviter la prolifération de maladies, les antibiotiques rendent les bactéries toujours plus résistantes aux médicaments, autant chez les animaux que pour les humains qui les côtoient ou qui les mangent. Une « antibiorésistance » que l’Organisation mondiale de la santé considère comme l'une des principales menaces sanitaires pour l'humanité.   
­     Est-ce à dire que le poulet élevé en France est plus vertueux que son voisin polonais ? Pas forcément. Si la quantité d’antibiotiques utilisée y est quatre fois plus faible qu’en Pologne, les élevages français ne sont pas épargnés par les problèmes sanitaires. À commencer par la grippe aviaire, dont plus de 100 foyers ont été identifiés ces derniers mois, faisant de la France le deuxième pays le plus touché en Europe. Favorisée par la concentration des animaux, la désormais célèbre « grippe A » est transmissible aux humains.
­  Autre entaille dans la communication bien huilée du lobby français de la volaille : la souffrance animale. En 2024, plus de la moitié des contrôles du ministère de l’agriculture dans les poulaillers industriels ont détecté des « non-conformités » en matière de bien-être animal. Et encore, ces chiffres ne concernent que les élevages inspectés cette année-là par les autorités. Soit 0,03 % du total des poulaillers, selon les données compilées par Disclose. Qu’elles soient en Pologne ou en France, les méga-fermes mettent en danger le vivant dans son ensemble. À contre-courant, le projet de loi d’urgence agricole, présenté il y a quelques jours par le gouvernement, veut faciliter leur agrandissement au nom de la « souveraineté alimentaire ».                       Lire l’enquête du Bureau of Investigative Journalism [en anglais] [Merci à Disclose]        ___________________________