Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

lundi 9 juillet 2018

Tour sans détour

C'est reparti
                    Il fut un temps où il enthousiasmait, où l'on ne se déplaçait pas pour voir des robococks serrés comme des harengs, filant à 50 km à l'heure, caméras partout, attendant la prochaine chute, guettant la demi-seconde qui fera la différence...
    Avec Albert Londres, Antoine Blondin et après...Quand le Tour ressemblait à un tour, non à un produit commercial.
     Aujourd'hui, le Tour est fatigué. C'était quand même mieux moins pire avant...
           Le Tour est cadenassé (capteurs de puissance, oreillettes et divers produits de plus en plus indétectables...qui faussent les données et la spontanéité, etc...)
    Une déjà vieille histoire...
 On peut être journaliste, même philosophe ou être un simple amoureux du vélo, sans partager les excès et les dérives d'une aventure qui est loin de celle de naguère, par exemple,celle de Bartali, Robic, Geminiani, etc...
      Le cyclisme a changé.C'était quand même mieux moins pire avant.
             [On annonce que Jupiter fera une étape de montagne. Il s'y prépare...Non pour rehausser un sport qui s'est depuis longtemps déconsidéré, comme d'autres, mais...pour se montrer. Il y a tant de caméras...]
                     Malgré tout, le vélo (le vrai) ira loin...Certains ont plus d'un tour.
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Assiste-t-on à un cycle infernal?
        On parle bien d' "enfer du Nord" pour une épreuve plus modeste, plus cahotique.
           Alors que le Tour de France remonte en selle ce samedi 7 juillet pour sa 105ème édition, plusieurs titres de presse relayent les affaires et les soupçons de dopage : condamnation de l’entraîneur Patrice Ciprelli, le coureur Christopher Froome hué… L’enthousiasme généré par la course mythique se double désormais d’un regard critique. Mais cela n’a pas toujours été le cas...
     « C'est un coup monté (…) » Ce mercredi 4 juillet, à l’antenne de France bleu Isère, la championne cycliste Jeannie Longo a vivement réagi à la condamnation en appel de son époux et entraîneur. Patrice Ciprelli a écopé d'un an de prison avec sursis et 5 800 euros d’amende pour avoir importé de l’érythropoïétine (EPO), une hormone qui favorise la performance en augmentant les nombres de globules rouges dans le sang. Cette même substance avait été à l’origine de l’affaire Festina, en 1998 : elle figurait parmi les 400 doses de substances interdites retrouvées dans le coffre du soigneur de l’équipe éponyme.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
    Festina n’empêcha pas le « miracle Armstrong » : encensé par les journalistes, le texan est parvenu à se frayer un chemin jusqu’aux podiums, malgré les scandales. Pierre Ballester, un ancien de « L’Équipe » raconte de l’intérieur une presse en roue libre dopée aux exploits de ses champions. Un récit mis en images par Youssef Daoudi et à retrouver dans le numéro #20 de La Revue Dessinée.
     Lance Armstrong a captivé pendant plusieurs années les journalistes sportifs. Dès la Grande Boucle de 1999, ses performances hors normes et sa récente rémission du cancer ont fait de lui un véritable mythe de l’asphalte. Des longs parcours plats aux hautes montagnes, rien ne semble résister à « la petite reine ». Pas même les médias spécialisés, qui exultent devant ses échappées spectaculaires.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
Parmi les journalistes, ils ne sont que quelques uns à s'étonner. Plutôt dans la presse généraliste. Ainsi, toujours en 1999, le journal Le Monde révèle un contrôle positif du coureur aux corticoïdes. Mais sur le Tour, l’ambiance reste euphorique. L’émotion sportive et le grand récit priment. Les journalistes qui s’intéressent à l’éventualité du dopage passent pour des troubles-fêtes.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
    Le journaliste Hugues Huet a lui aussi fait les frais du mépris de ses collègues après la diffusion de son reportage sur France 3. Il y faisait état des déchets médicaux, jetés par l’équipe du champion à 150 km de son hôtel, qui laissaient soupçonner la prise d’EPO.
         Les scandales qui ont émaillés la carrière de Lance Armstrong n’ont pas eu tout à fait raison de sa popularité et ne l'ont pas empêché de participer aux courses : il se retire après 7 victoires consécutives sur le Tour. « Strong » remet même le pied à la pédale en 2009, malgré une image sulfureuse et les nombreuses casseroles qu’il traîne derrière lui.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
Depuis, la caméra a élargi sa focale : le Tour de France est désormais l’occasion de faire découvrir les paysages aux téléspectateurs. Une manière de s'adresser à une audience plus large et de s’éloigner des affaires de dopage. 
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
      Ce jeudi 5 juillet, sur la place Napoléon de La Roche-sur-Yon, munie de drapeaux rouges et blancs, la foule a accueilli avec enthousiasme les coureurs du Tour de France. Tous sauf un : Christopher Froome, de l’équipe britannique Sky. Lundi 2 juillet, l'Union cycliste internationale (UCI) a clos la procédure antidopage qui pesait sur Christopher Froome. 
      Malgré un contrôle anormal au salbutamol révélé en décembre dernier par Le Monde et The Guardian, il sera donc possible au coureur britannique de s'aligner au départ du Tour de France samedi. Cette décision n'est pas sans rappeler celle prise par la même institution à propos d'un certain Lance Armstrong, il y a quelques années…


 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester [ Merci à Médiapart]_____________________________

dimanche 8 juillet 2018

De choses et d'autres

__Nouvelle version du débat sue le sexe des anges, mais un degré au-dessus:
                  Le sexe de dieu

__ La non-violence oui. 
                             Mais qui l'instrumentalise parfois?

__ Verrou de Bercy: le retour?

__ Pénitence:
                      Ce n'est pas le bagne de Cayenne. S'agit-il de se faire oublier ou de faire pénitence?

__ Revenus des multinationales: ça va pour elles.

__ Retraites: dérive stoppée?

__ Nucléaire: un constat tres lourd, voire accablant
            Le  débat continue.

__ Ils se suivent et se ressemblent, du CNPF au Medef.
               Mais quelle est leur vraie représentativité?

__ Points d'histoire:
           * Quand les rois avaient des dettes et ...ne les payaient pas.

            * Les Accord Haavarah, grâce à Sam Cohen.
            * L'après guerre de 14: période oubliée.
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samedi 7 juillet 2018

Washington, Pékin et les autres

Une balle dans le pied?
                                     Après des années de relations plus ou moins apaisées, d'échanges économiques intenses et favorables aux grands groupes comme Wal Mart, qui faisaient des marges considérables avec les produits à bas prix de Pékin, ou comme les fabricants qui délocalisaient tout ou une partie de leur production, que ce soit dans le domaine de la chaussure ou de l'électronique, il semble que le vent tourne à Washington.
     La baisse des prix favorisait la pression sur les salaires et chaque partenaire y trouvait plus ou moins son compte, la Chine étant grande pourvoyeuse de fonds permettant de masquer l'énorme dette de Washington. Le dollar restait un pilier sûr et les deux pays se tenaient par la barbichette, dans un équilibre relatif. Mais cela pourrait ne pas durer.
    Depuis l'ouverture de Nixon à Pékin, les relations ne firent que se renforcer.
  Mais dans la perspective plus isolationniste imposée par Trumpus imperator, le ton monde contre le phénomène croissant des importations décrites comme destructrices d'emplois, malgré les réticences des grands groupes, californiens notamment, qui ne pourraient tenir leur prix et exporter si massivement.
    La Chine paiera, comme les autres. Une forme de guerre commerciale inédite se met en place, de manière assez brutale, même vis à vis d'alliés de longue date.
   Trump destrutor fait ce qu'il a dit au grand dam des agriculteurs californiens. Mais jusqu'où pourra-t-il le faire, même s'il flatte une grande partie de son électorat, dans sa vision à court terme.
    Washington se met une balle dans le pied, disent les plus clairvoyants de la presse américaine.
  Le multiculturalisme n'a jamais été un dogme absolu, mais le repli économique, qui n'est pas nouveau aux USA, se déroule dans un contexte particulier, non seulement d'échanges intenses  mais de très fortes imbrications technologiques et financières.
    Que les règles de libre-échanges soient revues, cela se disait depuis longtemps, mais là c'est un basculement soudain et violent qui ne lésera pas que l'Europe. L'habileté de Trump est d'utiliser, d'exploiter les faiblesses des Européens, trop longtemps atlantistes. L'Europe est dans l'impasse.
    Une guerre commerciale, qui ne dit qu'à moitié son nom, si elle est destinée à durer, peut être à l'origine de conflits pour l'instant larvés et de régressions économiques partagées par tous.
     Une Autre amerique est en train de naître et c'est tout le relatif équilibre né de la dernière guerre qui est en train de basculer.
     Un relatif processus de dé-mondialisation est en cours, qui ne pourra durer sans crises majeures, voire sans affrontements partiels, dans la Mer de Chine ou ailleurs. Pékin s'y prépare, par intimidation pour l'instant. Elle pourrait aussi nous coûter cher. Mais le retrait des fonds chinois du Trésor américain serait cataclysmique pour les USA. En tous cas, les tensions financières augmentent.
     Les enjeux sont énormes et il s'agit d'éliminer ou d'affaiblir les rivaux, au nom de principes que l'on n'a guère respectés.
  Au nom de la loi...américaine
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vendredi 6 juillet 2018

Un putain de pognon

Soyons sérieux!
                        Il ne faut pas raconter n'importe quoi.
                                                                Certains sont bien trop pessimistes.
     La croissance existe bien...elle est même spectaculaire.
                  Elle peut entraîner le plus grand nombre dans son sillage.
                          C'est une conviction forte à l'Elysée.
    Même si la théorie du ruissellement est aujourd'hui officiellement contestée, il y a de quoi se dresser sur ses ergots Un vrai motif de fierté. Les écarts se creusent, me direz-vous. Mais à qui la faute? Il y en a trop qui s'en remettent au loto pour s'en sortir...
      C'est Challenges qui le dit, pas n'importe quel journal people. Merci à Bernard, à François et aux autres.
  Une fortune multipliée par trois depuis la crise,  l'industrie du luxe en tête.
      Mais comment font-ils?
   Les 1% des plus fortunés ont accaparé plus de 80% des richesses créées en France, nous dit la Tribune.
     C'est stupéfiant. Des exemples dont il faut parler, pas seulement à l'Elysée, mais aussi dans les chaumières HLM, pour redonner fierté et envie de réussite. Et ils ne manquent pas.
  Les 10% de pauvres y trouveraient la stimulation qui leur manque. De même pour les autres, qui vivent au plus juste.
    Et puis les pauvres peuvent encore attendre, ils en ont l'habitude, tandis que l'appât du gain, des coups financiers doit placer l'individu en vigilance constante. Et puis on verra, après la piscine.
   Pour tous ceux qui épargnent, combien sont endettés?
       Les décalages s'amplifient dans le temps, nous dit-on. Mais à qui la faute? Chacun n'a qu'à se soucier de son patrimoine, de l'immobilier, source principale d'inégalités, au lieu de consommer bêtement à Carrefour ou à Lidl des produits pas toujours très sains.
    On peut représenter la chose sous la forme d'un immeuble, dont les plus favorisés occuperaient le dernier étage. On comprend qu'il ne peut y avoir de la place pour tout le monde. Et si tous bénéficiaient des mêmes avantages, quel intérêt y aurait-il à avoir beaucoup de pognon? Logique.
      Heureusement, la précarité n'est pas le seul fait de la France.
   Voue me direz, les plus riches paient aussi des impôts. C'est vrai. Mais certains racontent qu'il est plus facile d'y échapper, d'une manière ou d'une autre, quand la richesse atteint des sommets.           Encore des mauvaises langues ou des jaloux.
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jeudi 5 juillet 2018

Dites "gouvernance"

Une notion résolument "moderne"?
                                             Il fut un temps, pas si lointain, où dans le domaine politique, il était d'usage courant d'utiliser le mot "gouvernement" pour désigner, non seulement l'équipe élue au pouvoir  dans notre tradition républicaine, mais aussi la fonction consistant pour elle à gérer les affaires essentielles de l'Etat, surtout dans ses fonctions régaliennes, suivant une ligne déterminée, contestée ou pas, des choix supposés connus et approuvés par une démarche élective périodique et constitutionnelle.
     Mais aujourd'hui, vous n'y êtes plus. On a évacué peu à peu ce mot supposé vieilli et considéré comme trop "politique". Il faut parler de "gouvernance" pour être moderne et supposé neutre.
     Simple mutation sémantique? Non, vous n'y êtes pas encore.
   Dans les cabinets ministériels, dans les discours officiels, on s'est mis à adopter le vocabulaire propre au monde des affaires, notamment celui des entreprises, qui demandent un bonne gouvernance pour être performantes, une saine gestion comptable, notamment.
    On pourrait croire ce glissement de sens innocent. Que nenni! Il est le révélateur d'une mutation dans l'art de gérer les choses de l'Etat, ou plutôt dans son idéologie, qui veut se rapprocher de la supposée rigueur en usage dans le monde des affaires.
   Une osmose qui a bien fonctionné: le chef de l'Etat se voit de plus en plus comme un gestionnaire moderne, dont l'efficacité est devenu le seul critère. Du moins en parole, du moins c'est ce que l'on veut nous faire croire. La fonction politique ne peut, on le sait, se ramener à la pure gestion de données chiffrées, à une pure conduite technocratique même si certains discours présentent tel chef d'Etat ou tel ministre comme un gestionnaire suprême.
    La langue technocratique, légitime à un certain niveau, a envahi le domaine où les choix qualitatifs, les orientations politiques au sens noble, le sens du bien commun,  doivent demeurer la priorité. Une vision de l'avenir doit guider les choix du présent. Il suffit de relire Aristote pour retrouver ces perspectives que l'on oublie trop souvent. Mais aussi Montesquieu, Jaurès, Mendès-France, De Gaulle...
    Depuis Giscard d'Estaing, l'Etat se veut "moderne". Aujourd'hui, tout se passe comme si le chef d'équipe qui dirige la start up France, le premier de cordée, se voulait un super-technicien, à la tête d'une équipe d' experts. L'apparence de la rationalité a pris la place du débat permanent et de l'affrontement nécessaires des points de vue. Les parlementaires sont priés d'entériner.
          Mais il faut souvent se méfier des mots, propres à leurrer les esprits, malgré leur aspect apparemment anodin.
     Certains ne sont pas  tout à fait innocents et leur emploi à tout propos, dans certains domaines, doit engendrer la suspicion.
       Orwell nous a là-dessus mis en garde. 
  L'inflation de la notion de gouvernance notamment, surtout depuis les années 80, pose problème. Un brave new word pour un brave new world?
___Selon A. Deneault, "Dans les années 1980, les technocrates de Margaret Thatcher ont habillé du joli nom de « gouvernance » le projet d’adapter l’État aux intérêts et à la culture de l’entreprise privée. Ce coup d’État conceptuel va travestir avec succès la sauvagerie néo­libérale en modèle de « saine gestion ». Nous en ferons collecti­vement les frais : dérèglementation de l’économie,privatisation des services publics, clientélisation du citoyen, mise au pas des syndicats... ce sera désormais cela gouverner.
    Appliquée sur un mode gestionnaire ou commercial par des groupes sociaux représentant des intérêts divers, la ­gouvernance prétend à un art de la gestion pour elle-même. Entrée dans les mœurs, évoquée aujourd’hui à toute occasion et de tous bords de l’échiquier politique, sa plasticité opportune tend à remplacer les vieux vocables de la politique..une « révolution anesthésiante »..."
        Un changement sémantique qui n'est donc pas sans conséquences politiques, malgré son apparente banalité, mais qui renvoie à la conception politique du néolibéralisme:
        " L'application des techniques managériales d'efficacité, de productivité et d'utilité à la chose publique par le thatchérisme cherchait tout simplement à évacuer le politique de la vie sociale. Il n'y a plus de démocratie, de vie politique, mais tout simplement une gestion rigoureuse et efficace des affaires publiques - lesquelles rigueur et efficacité se mesurent à l'aune de la qualité de leur «système de gouvernance». La philosophie politique ultralibérale à laquelle adhérait Margaret Thatcher ne lui permettait pas de concevoir la société comme rien d'autre qu'un amalgame de divers acteurs privés. En ce sens, l'État n'est plus l'organisation politique d'une société ou d'un peuple, constitué de diverses institutions, mais un ensemble d'organisations publiques qu'on doit soumettre aux mêmes «règles de gouvernance» que les organisations privées. Le gouvernement est alors «restreint lui-même au simple rôle de partenaire dans l'ordre de la gouvernance, n'encadre plus l'activité publique, mais y participe à la manière d'un pair.»  
     La vie politique se soumet, dès lors, aux règles du management et de la gestion efficace - et, ultimement à celles de la concurrence. On met en concurrence les diverses composantes de l'administration publique avec les entreprises privées, forçant les organismes gouvernementaux non seulement à singer la logique du secteur privé, mais surtout à les coincer dans un double rôle insoutenable: adopter les règles du privé tout en continuant à servir l'ensemble de la communauté et à préserver le bien commun. Aporie insoluble - le langage lisse et neutre de la gouvernance évacuera en douce la véritable vie politique de nos sociétés.
     Évacuer le politique de la vie publique implique une annihilation radicale de la dissidence et de la pensée critique - les dogmes de la gouvernance revêtant des «airs de pensée critique...» 
      ______Un mot qui traîne encore dans le vocabulaire de nos politiques du jour., même et plus encore à Bruxelles, au niveau européen.
      Le moins que l'on puisse dire est que la notion de gouvernance, portée aux fonds baptismaux par Margaret Thatcher, est révélatrice d'une certaine soumission de la politique à l'économique, d'un effacement du rôle de l'Etat, inspiré par la parole libérale de Hayek et de ses épigones.
         Mais, évacuez, même discrètement, la politique par la porte, elle reviendra par la fenêtre.
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mercredi 4 juillet 2018

Information et propagande

Influencer les esprits

          « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire. »
                                                                                                                                     [Noam Chomsky.]
                             Singulier destin que celui du neveu de Freud, né à Vienne puis exilé aux USA, que l'on peut considérer comme le théoricien des relations humaines, posant les bases des techniques de persuasion pour amener le consommateur vers l'acte d'achat, dans une société qui commence à mettre la consommation comme le but et l'idéal de l'acte citoyen. Un bon américain est un américain qui consomme.
         On peut trouver ici l'oeuvre de celui qui connut la célébrité et fut enrôlé dans de nombreuses causes, pas toujours orthodoxes, et qui disait notamment;
       ... La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.
Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. C'est là une conséquence logique de l'organisation de notre société démocratique. Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d'une société au fonctionnement bien huilé.
Le plus souvent, nos chefs invisibles ne connaissent pas l'identité des autres membres du cabinet très fermé auquel ils appartiennent.
       Ils nous gouvernent en vertu de leur autorité naturelle, de leur capacité à formuler les idées dont nous avons besoin, de la position qu'ils occupent dans la structure sociale. Peu importe comment nous réagissons individuellement à cette situation puisque dans la vie quotidienne, que l'on pense à la politique ou aux affaires, à notre comportement social ou à nos valeurs morales, de fait nous sommes dominés par ce nombre relativement restreint de gens – une infime fraction des cent vingt millions d'habitants du pays – en mesure de comprendre les processus mentaux et les modèles sociaux des masses. Ce sont eux qui tirent les ficelles : ils contrôlent l'opinion publique, exploitent les vieilles forces sociales existantes, inventent d'autres façons de relier le monde et de le guider....
   Edward Bernays fut un des premiers à mesurer la force que pouvait avoir sur des esprits non critiques les idées au service d'une cause.
   Bernays, tout au long de sa vie, va user d’une doctrine parfois froide et assez cynique doublée d’une justification idéologique basée sur le long terme, afin de justifier ses agissements.
   Il considère sa tâche comme un effort à long terme destiné à l’avènement doucement forcé d’une démocratie basée sur l’économie et le commerce dirigé par une élite.
    Il pose assez honnêtement et naïvement d’ailleurs, comme postulat, le fait que la masse est incapable de parvenir à un état de paix collective et de bonheur par elle-même, et que donc cette masse a besoin d’une élite qui la contrôle et qui la dirige à son insu en ce qui concerne les décisions importantes.
    Pour lui le bon sens commun n’existe pas, et s’il existe, il ne peut porter l’appellation "bon sens" car il induit un mode de consommation trop lent pour les capacités industrielles et leur besoin de croissance... Il doit donc être refondu par des élites...
         L'inventeur du marketing connut un destin hors du commun. Avec parfois une singulière conception de la démocratie.

  Le storytelling comme méthode gouvernement st issu de ses conceptions et les diverse méthodes de manipulation ne manquèrent d'en tirer parti jusqu'à la caricature. 
   Stratégie que Noam Chomski ne manqua pas de démonter et de stigmatiser, montrant que ces méthodes véhiculent aussi une image du monde, des comportements et des styles de conduite dont l'individu est rarement conscient.
   Au niveau de l' hyperconsommation aussi, dont Benjamin Barber a montré jusqu' à quels abandons de l'esprit critique, à quelle infantilisation  elle pouvait mener.
        Mais ce n'est pas sans consternation que Bernays, dans les années 1930, se rendit compte qu’il avait inspiré Goebbels, mais il en conclut simplement à la nécessité de distinguer entre de bonnes et de mauvaises applications de la propagande [Bernays, 3965, p. 652]. Dès 1932, Goebbels revendiquait l’usage « des méthodes américaines et à l’échelle américaine » pour faire élire Hitler. 
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mardi 3 juillet 2018

D'une mondialisation à l'autre

Démondialisation en question
                                                 Après la vaste extension des échanges internationaux, par phases successives, entrecoupées de périodes parfois plus isolationnistes, nous serions entrés, nous dit-on, dans une époque de démondialisation, suite aux excès d'une mondialisation exubérante qui suit l'après-guerre et surtout la fin de la guerre froide.
     Une certaine démondialisation serait en cours, après l'expansion des échanges tous azimuts, des produits, des cerveaux comme celle des capitaux, sous l'égide de l'OMC, du FMI et d'autres instances internationales.
  Il semble que nous soyons à un tournant
      La mondialisation heureuse dont parlait Alain Minc serait révolue, du moins sous ses formes les plus optimistes, les plus libérales, où le marché le moins régulé possible serait la loi et les prophètes et un facteur nécessaire de rapprochement des peuples, en créant des interdépendances bénéfiques, ce que Montesquieu évoquait déjà à son époque comme le doux commerce, facteur d'interdépendance, donc de paix.
      Mais vu son ampleur et les déséquilibres qu'elle crée, la globalisation, telle qu'elle s'est développée depuis ces trente dernières années, est devenue une source d' âpres débats, de contradictions,  et aussi une source d'inquiétudes, Les effets attendus officiellement ne sont pas toujours au rendez-vous ou créent des tensions qui incitent à freiner sa logique. Le pouvoir politique perd la main et les souverainetés sont mises à mal, au profit des multinationales qui imposent leurs intérêts, directement ou indirectement.
    Le phénomène n'est pas nouveau et a toute une histoire. Mais les formes nouvelles depuis les années 80, qui ont vu le retour en force d'un libéralisme sans frein, ont changé les données d'une tendance ancienne. L'histoire de la mondialisation  a connu un tournant sans précédent.
                La mondialisation semble avoir atteint ses limites. Les délocalisations rapides et brutales installent des conditions de mutations socio-économiques qui sont sources de tensions et de déplacement des inégalités en même temps que de leur creusement.
   Des économistes "orthodoxes" comme Allais, et plus proches de nous, comme Stiglitz ou même Lenglet ont mis le doigt sur un système qui connaît des dérives visibles ou méconnues. L'idée d'un libéralisme raisonnable, d'une mondialisation contrôlée,  refait son chemin, après les avertissements de Mendès-France au Traité de Rome.
      Certains évoquent même la notion de balkanisation pour décrire  certains effets dissolvants des abandons de souveraineté.
...Le GMT prévoit de soumettre les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique aux règles du libre-échange, qui correspondent le plus souvent aux préférences des grandes entreprises. Les Etats consentiraient, à travers l’accord, à un abandon considérable de souveraineté : les contrevenants aux préceptes libre-échangistes s’exposent en effet à des sanctions financières pouvant atteindre des dizaines de millions de dollar.    Selon le mandat de l’Union européenne, l’accord doit « fournir le plus haut niveau possible de protection juridique et de garantie pour les investisseurs européens aux Etats-Unis » (et réciproquement). En clair : permettre aux entreprises privées d’attaquer les législations et les réglementations, quand elles considèrent que celles-ci représentent des obstacles à la concurrence, à l’accès aux marchés publics ou à l’investissement.   L’article 4 du mandat précise : « Les obligations de l’accord engageront tous les niveaux de gouvernement. » Autant dire qu’il s’appliquerait non seulement aux Etats, mais également à toutes les collectivités publiques : régions, départements, communes, etc. Une réglementation municipale pourrait être attaquée non plus devant un tribunal administratif français, mais devant un groupe d’arbitrage privé international. Il suffirait pour cela qu’elle soit perçue par un investisseur comme une limitation à son « droit d’investir ce qu’il veut, où il veut, quand il veut, comme il veut et d’en retirer le bénéfice qu’il veut. »  Le traité ne pouvant être amendé qu’avec le consentement unanime des signataires, il s’imposerait indépendamment des alternances politiques.
              Que serait une mondialisation partielle, régulée et raisonnée?
       Le processus de démondialisation, dont on pouvait voir les premiers signes dans le courant des années 2000, s’est radicalement accéléré. Il est probablement devenu irréversible, du moins pour la période historique dans laquelle nous sommes entrés.
       Mais, qu’appelle-t-on « démondialisation » ? Certains confondent ce terme avec une interruption volontaire des flux d’échanges qui courent tout à travers la planète. Ils confondent ainsi un protectionnisme, qui peut être amplement justifié dans la théorie économique et la pratique de l’autarcie. Mais, surtout, ils oublient que les échanges, échanges de bien mais aussi échanges culturels voire échanges financiers, sont bien plus ancien que le phénomène nommé « mondialisation » ou « globalisation ». Car la « mondialisation » pour ne garder que ce seul mot, ne se réduit pas à l’existence de ces flux. Ce qui avait fait émerger le phénomène de la mondialisation était un double mouvement. Il y avait à la fois la combinaison, et l’intrication, des flux de marchandises et des flux financiers ET le développement d’une forme de gouvernement (ou de gouvernance) où l’économique semblait l’emporter sur le politique et les entreprises sur les Etats. Or, sur ce point, nous ne pouvons que constater une reprise en mains par les Etats des flux, un retour victorieux du politique.
     Alors, disons-le, la démondialisation ce sera le grand retour du politique sur le « technique », et le « technique » est ici incarné dans l’économique et le financier. Non que les raisonnements économiques et financiers perdront toute importance. Ils continueront de devoir être pris en compte. Mais, il deviendront désormais second par rapport au politique, qui recouvrera ses droits. L’économique et le financier redeviendront des instruments au service du politique. Et, avec ce retour en force du politique, nous pourrons avoir celui de la démocratie, d’un ordre qui tire sa légitimité non du marché mais du peuple, qui est mis au service des intérêts du peuple, et qui se matérialise dans le pouvoir du peuple. La phrase de Lincoln[1], « Du peuple, pour le peuple, par le peuple » va retrouver tout son sens. La démondialisation, doit donc être comprise comme le retour de la souveraineté, celle des Nations bien sûr que l’on avait analysée dans un ouvrage de 2008[2], mais une souveraineté qui prend la forme en démocratie de la souveraineté du peuple.
               Le protectionnisme et ses différents avatars récents ne peuvent être la solution. Par ses rodomontades, Trump se tire une balle dans le pied.
      En pleine escalade dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, après l'annonce de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises par le président Trump la semaine dernière, les tensions protectionnistes sont au cœur des préoccupations des chefs d'État et des banques centrales. Le protectionnisme constitue même l'un des « deux grands risques mondiaux », avec l'instabilité financière, identifiés par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau dans sa "lettre introductive au rapport annuel" de l'institution adressée au président de la République.
    « Le protectionnisme ne fait que des perdants », a déclaré François Villeroy de Galhau ce mercredi 20 juin lors d'une présentation à la presse. « L'augmentation des prix des importations pénalise davantage les ménages défavorisés qui consomment en proportion plus de produits importés. L'incertitude qu'induit [le protectionnisme] pèse sur l'investissement des entreprises et sur les marchés financiers », a-t-il souligné.
                      La voie vers une mondialisation modérée reste à réinventer, à renégocier. 
Pour une mondialisation modérée
         En 2003, le très libéral hebdomadaire britannique The Economist écrivait: « Désastres financiers périodiques, crises de la dette, fuites de capitaux, crises de change, faillite de banques, krachs boursiers… c’est assez pour forcer un bon libéral à s’arrêter pour réfléchir ». Le coup de semonce était donné la même année par l’économiste en chef du tout aussi libéral FMI, Kenneth Rogoff, affirmant qu’il n’y avait aucun élément pour « soutenir l’argument théorique selon lequel la mondialisation financière en soi permet d’obtenir des taux de croissance plus élevés. » Le célèbre économiste et Prix Nobel 2008 Paul Krugman en rajoutait une couche en 2007 en se montrant désormais circonspect quant au faible impact jusque-là affirmé de la montée des émergents sur la répartition des revenus des pays riches.
      Dans ce numéro, Alter-éco fait un compte-rendu du dernier livre de Dani Rodrik (The Globalization Paradox. Democracy and the Futur of the World Economy), économiste turc connu pour ses analyses originales de la mondialisation, ni libérales, purement dénonciatrices, comme certains altermondialistes. Dans ce livre, Rodrik pose un dilemme triangulaire (donc un trilemne), à l’image du célèbre triangle d’incompatibilité de Mundell...
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lundi 2 juillet 2018

Quel avenir mexicain?

     Avec Obrador aux commandes       [Notes et hypothèses]
                                     Quelles seront ses marges de manoeuvre, dans ce pays en partie en déshérence, où la violence, la loi des cartels et la corruption dominant le quotidien de nombreux Mexicains?
   On peut se prêter à espérer, sur la base de l'exaspération populaire.
-A télécharger-
     Si des espoirs sont permis, il faudra du temps, du courage et de la ténacité pour remettre en fonctionnement des institutions qui ont failli depius longtemps.
     Les cartels notamment défendront le pouvoir qui leur fut laissé sous la pression de la terreur, de la complicité et des intérêts financiers internes et externes.
        Le Mexique peut sortir des ornières où la droite l'a mis depuis des décennies.
             La moitié des Mexicains et le tiers des entreprises du pays déclarent verser des pots-de vin aux fonctionnaires. Selon la Banque mondiale, l’activité économique liée à la corruption aurait représenté 9 % du PIB en 2015 ! Le pays est malade du narcotrafic, comme l’illustre le taux record d’homicides en 2017 (25 339 homicides). Des meurtres en hausse de 58 % depuis l’arrivée au pouvoir de Peña Nieto en 2012, selon le site d’information indépendant Animal politico. L’élection de l’actuel président avait alors été facilitée par les lobbies pétroliers et Televisa, le n°1 des médias au Mexique, au détriment déjà de Lopez Obrador.     La violence n’a pas non plus épargné la campagne électorale. Depuis septembre 2017, au moins 116 personnalités politiques ont été assassinées. et 400 agressées, toutes tendances politiques confondues, à un rythme qui ne cesse d’augmenter à mesure que le scrutin s’approche.
         Les relations, déjà compliquées avec le voisin du Nord, vont devoir changer, pour sortir de la dépendance établie et, actuellement, avec les provocations de Trump
« Depuis quarante ans, avec des hauts et des bas, les présidents américains avaient toujours souligné l'importance du partenariat avec le Mexique, explique Andrew Selee, directeur du Migration Policy Institute de Washington et auteur de Vanishing Frontiers, un livre qui vient de paraître aux États-Unis et raconte comment les deux pays, au-delà des anathèmes, sont en réalité toujours plus interconnectés....
    Malgré les dépendances largement unilatérales.
       « Mais avec Trump, dit-il, c'est la première fois qu'une administration reprend à son compte de tels propos sur les Mexicains...L'époque de l'immigration de masse des Mexicains est terminée, les études montrent par ailleurs que les immigrés commettent moins de crimes que les Américains, mais rien n'y fait : pour une partie du pays, le Mexique symbolise toutes les peurs, poursuit Selee. Donald Trump et ses soutiens n'en parlent pas de façon rationnelle. Pour eux, ce n'est pas un vrai pays, pas vraiment un voisin : c'est une métaphore des maux de la société, le miroir de leur interrogation sur la place des États-Unis dans le monde. ».....Lopez obrador a le projet de défendre les intérêts du Mexique. Ce discours « mexicaniste », qui remet en cause le suivisme des administrations précédentes vis-à-vis du voisin américain, est une des raisons majeures de sa popularité, dans un pays gangréné par les inégalités sociales, la corruption et une sanglante décennie de guerre aux cartels.
    Cette « guerre contre la drogue », menée depuis 2006 et soutenue militairement par les États-Unis, n'a guère eu de résultats probants. Si ce n'est une spirale de règlements de comptes et un atroce bain de sang : 240 000 morts – dont la moitié sous le seul mandat du président sortant Enrique Peña Nieto –, 340 000 déplacés et de très nombreux disparus.
     Depuis dix ans, le Pentagone américain fait ce qu'il veut au Mexique, poursuit Laura Carlsen. La guerre contre la drogue et la gestion de la frontière sont devenues les sujets principaux de la relation entre les deux pays. Pour beaucoup de Mexicains, c'est la preuve que leurs gouvernements successifs ont bradé l'intérêt national. » López Obrador n'a pas promis la fin de la guerre contre la drogue mais il est favorable, dit la chercheuse, « à un nouveau paradigme ». À part une amnistie pour les petits producteurs de drogue, ses projets en la matière restent toutefois peu précis.
  Quant à l'immigration, « Obrador est sceptique sur le rôle de tampon migratoire que son pays joue pour les États-Unis », juge Andrew Selee, le directeur du Migration Policy Institute. « Le Mexique expulse aujourd'hui plus de ressortissants de pays d'Amérique centrale que les États-Unis. Va-t-il pour autant changer de politique ? Pas sûr, à moins que les politiques de Trump vis-à-vis des migrants ne placent ce sujet au cœur de l'agenda médiatique au Mexique. »
   Une guerre qui est aussi économique.
      On attendait le changement... Le narcoétat va-t-il enfin changer de nature, en restaurant l'Etat de droit?
          Est-ce cette fois-ci l'occasion d'un tournant  radical?
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