Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mercredi 10 février 2021

Serfs du numérique

Le numérique et ses petites mains

               Il y a les "grands" du numérique, les seigneurs des plateformes, les rois du click, ceux qui dominent de leur hauteur et de leur profits exorbitants la masse des tâcherons qui oeuvrent anonymement. Il y a les inventeurs, créateurs et les exécutants, aux tâches répétitives et lassantes. Ceux qui sont au bas de l'échelle, les OS devant écran.. Même à la Silicon Valley.   Tous participent, en le sachant ou pas, à une nouveau "féodalisme", dont des Etats critiquent aujourd'hui l'emprise parfois démesurée. La puissance des Gafa dépasse l'entendement. Leur pouvoir s'étend plus loin qu'on ne l'imagine et contribue à façonner, par le biais d'algorithmes de plus en plus sophistiqués, une nouvelle forme d'économie où l'emprise sur les individus devient de plus en plus prégnante et le contrôle de plus en plus effectif et insidieux. Une emprise de plus en plus marquée.

                  Les Etats tardent à réagir pour briser des monopoles, au développement géométrique et tentaculaire, qui savent se rendre indispensables, dans la production comme la consommation.  Une régression à bien des niveaux, sous le couvert d'une modernité inédite.  "...Les sources de cette régression sont à rechercher dans l’idéologie qui s’est imposée dans les années 1990-2000 et qui, au nom de l’espoir technologique, a permis de renforcer et d’accélérer le mouvement néolibéral à l’œuvre depuis déjà deux décennies. Le « consensus de la Silicon Valley » a alors rajeuni le « consensus de Washington » des années 1980 en promettant de renforcer l’efficience du capitalisme. C’est le discours de la « start-up nation » porté au pouvoir en 2017 par Emmanuel Macron et qui constitue toujours son cadre de pensée : la France a pris du retard parce qu’elle n’a pas su monter dans le train de l’innovation à cause de ses pesanteurs.  Car le consensus de la Silicon Valley formule les mêmes exigences que celui de Washington : la mise au service du capital de l’État ; les « réformes structurelles » de flexibilisation du travail et des marchés, et de financiarisation. Mais le tout est enrobé dans un discours reprenant les thèmes utopiques des années 1970, qui vise à redonner confiance dans la force du capitalisme. D’où l’insistance sur la « destruction créatrice » perçue comme le moyen de cette régénérescence..."______

mardi 9 février 2021

Visitez le Luxembourg

 Un pays si discret

                         Mais opulent. Riche et peu loquace. On fait semblant de découvrir ce qui est le secret de ce petit pays qui a une niveau de vie record au sein de l'UE. Mais à lui seul il est une expression de qui ne va pas dans l'esprit et les institutions voulus par Delors: il symbolise au plus haut point l'absence de régulation, loin de l'harmonie fiscale, sans laquelle les règles du jeu sont faussées. Les grandes fortunes, même les fonds les plus douteux adorent ce petit pays si discret et si accueillant.                                                             L’enquête Open Lux, conduite par Le Monde avec seize médias partenaires pendant plus d’un an, révèlent que  "..;55 000 sociétés offshore y gère des actifs dont la valeur atteint au moins 6 500 milliards d’euros..."           Loin des règles de l'harmonisation fiscale européenne, présentées comme l'idéal vers lequel il faut tendre. Il n'y a pas que ce petit pays, mais il est vraiment un champion, malgré les apparences. Pas de grands établissements; de modestes boîtes aux lettres suffisent. Très discrètes. Même des Français s'y trouvent bien.

          Un Grand Duché d'une grande discrétion. De pures holdings financières le plus souvent attirées par des impôts légers, légers...; On sait y faire. Demandez à Amazon  comment il se trouve bien là-bas. Et bien d'autres. Et plus qu'on le pense. Les Français ne sont pas à la traîne. Un pays au grand coeur, peu regardant sur l'origine des fonds qui prospèrent à deux pas de chez nous. Pas besoin d'aller aux îles Caïmans. Un pays de cocagne au pays de Robert Schuman. "...Pour ce qui est du Luxembourg, OpenLux nous a permis de déconstruire le discours policé du Grand-Duché. Le vocable de « centre financier international » cache bien mal un paradis fiscal de très grande ampleur, parmi les cinq premiers de la planète. L’environnement favorable que le pays a installé pour la création de sociétés a favorisé un détournement massif de ces structures par des individus et des entreprises qui les exploitent pour payer moins d’impôts, sans s’y installer réellement. Dans ce système hors-sol, ou offshore, près de la moitié des 124 000 sociétés commerciales enregistrées dans le pays sont de pures holdings financières sans ancrage dans l’économie réelle, de simples boîtes à lettres sans bureaux ni salariés. Ces sociétés offshore concentrent 85 % du total des actifs des entreprises du Grand-Duché, soit plus de 6 500 milliards d’euros, selon les révélations d’OpenLux...."   Une paille...           Qu'en pense Mr l'ancien Président de la Commission européenne, Mr Junker le luxembourgeois, qui se disait démocrate. Quand on sait que l'évasion fiscale mine nos démocraties.  On ne lui en a peut-être pas parlé...😲 Pourtant il aurait dû savoir depuis longtemps... Et que dit Mme Von der Leyen? Faudrait lui en dire deux mots....et lui rappeler l'idée proclamée d'Europe exemplaire et solidaire....   ____Un investisseur comme un autre...__

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lundi 8 février 2021

Critiquer Israel?

Tabou ou normalité?

                                 Tous les Etats, tous les régimes peuvent et parfois doivent être soumis à la critique politique, au niveau d'une décision particulière prise ou d'une orientation générale. C'est dans l'ordre des choses dans toute démocratie. Sans remise en question, elle cesse d'être.  Pourquoi, l'Etat d'Israël ferait-il exception, au même titre que tous les autres?     D'ailleurs les choix de Netanyahou, pas seulement ses frasques judiciaires, sont régulièrement objets de critiques dans son pays comme sa politique "coloniale".                   Pas seulement dans la presse, comme dans Haaretz, mais aussi dans la rue. Par exemple,  le statut juif donné récemment au pays n'est pas admis par  ceux qui furent proches du pouvoir, comme  Burg. Le sionisme revisité ne fait pas l'accord de tous, loin de là, qu'ils soient croyants, athées ou arabes. L'ONU ne ménagent pas ses critiques dans ses résolutions contre la politique d'extension et d'apartheid de fait qui se développe et se renforce à l'égard des populations cisjordaniennes de plus en plus enclavées.   Tout cela dans la plus grande confusions qui visent à neutraliser les critiques. Les lobbies de la politique israëlienne oeuvrent aussi bien aux USA, dans divers secteurs, que dans les pays européen, notamment l'Allemagne et la France. Mais la critique purement politique a beaucoup de mal à s'exercer et le plus souvent c'est le silence, gêné ou pas qui prévaut, tandis que beaucoup de voix d'intellectuels israëliens sont plus critiques.

                       Point de vue:   "...Aujourd’hui, critiquer Israël en France tient de la mission dangereuse, et c’est, en apparence du moins, un grand succès pour tous ceux qui s’activent à délégitimer l’expression même de toutes les interrogations sur la politique du gouvernement israélien. Le ton est donné : faire oublier le sort de la Palestine au profit de relations politiques et économiques en plein renouveau. Et pourtant l’opinion publique française n’est pas au diapason.  « Je n’en ai que trop parlé ». « Je ne m’exprime plus sur ce sujet ». « Que voulez-vous que je vous dise ? » « En ce moment, vous comprendrez que je n’ai pas envie de vous parler ». « Vous avez sûrement raison, mais la bataille est perdue ». « Bonne chance pour votre enquête » pour les plus aimables. Vouloir interroger des leaders d’opinion, élus, patrons, journalistes, intellectuels, sur les relations entre Israël et la France, sur un éventuel lobby (car l’usage même de ce mot fait débat) agissant en défense d’Israël revient à s’exposer à une grande solitude. Pour cette enquête, j’ai contacté par mail et téléphone environ 200 personnes entre février et novembre 2020. Moins d’une trentaine m’ont répondu.       Circulez, il n’y a rien à dire. Pourtant, c’est une longue histoire que celle des rapports entre la France et Israël, qui remonte aux origines du sionisme et rebondit avec la création de l’État d’Israël en 1948. Et pour beaucoup de témoins lucides, la politique israélienne actuelle s’avère navrante. « De quoi a accouché le rêve sioniste ? De Caterpillar blindés et de systèmes de surveillance des opposants », synthétise Rony Brauman. Réalité basée sur des chiffres : Israël est le huitième marchand d’armes au monde, selon le classement établi par le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), et ses parts de marché ne cessent d’augmenter. Les ventes des trois principales entreprises d’armement du pays, Elbit Systems, Israel Aerospace Industries et Rafael, se sont élevés à 8,7 milliards de dollars (7 milliards d’euros) en 2018, précise le Sipri, et toutes trois figurent dans le top 100 des compagnies mondiales d’armement établi par l’institution suédoise.        Né en 1950 à Jérusalem où il a grandi, médecin, longtemps président de Médecins sans frontières, puis théoricien de l’action humanitaire d’urgence, Rony Brauman (et j’espère qu’il ne m’en voudra pas de ce terme) est ce qu’on appelle une grande conscience. Homme ouvert, affable, curieux de tout, il a coréalisé en 1999 avec Eyal Sivan un remarquable film documentaire sur le procès d’Adolf Eichmann, Un spécialiste, d’après l’ouvrage d’Hannah ArendtEichmann à Jérusalem. Israël, « c’est le seul pays d’extrême droite ouvertement raciste qui est célébré comme une démocratie. C’est une réussite diplomatique certaine pour Israël, mais c’est une réussite discutable : les juifs américains s’éloignent à grande vitesse des pro-Israéliens, les drapeaux israéliens et les collectes pour l’armée sont bannis de synagogues américaines, et c’est un sujet d’embarras pour un nombre croissant de juifs à travers le monde », explique-t-il.  Et pas seulement pour les juifs, et pas seulement en France et aux États-Unis. « Il y a un sentiment d’injustice ressenti par beaucoup de jeunes générations arabes et c’est une donnée très importante dans cette région du monde, dit Gwendal Rouillard, député de La République en marche (LREM) de Lorient dans le Morbihan. Cela nourrit le ressentiment. Quand je dis cela, j’ai l’impression d’être un ancien combattant et pourtant ce discours est d’une modernité totale. Avec ce sentiment d’injustice à l’égard des droits des Palestiniens, nous charrions de telles incompréhensions, de telles humiliations qu’on aurait tort de sous-estimer l’impact de décisions politiques dans les pays arabes. Le conflit israélo-palestinien n’est pas périphérique, il est central ».   Et pourtant le lobby pro-israélien et ses supporters font tout pour le banaliser, l’oublier, n’en faire qu’un maillon du vaste combat mondial entre le terrorisme islamiste et l’Occident, le réduire à un terreau où croitraient les antisémites de tout poil — dont il serait vain par ailleurs de négliger le poids — sous couvert d’antisionisme.      En vingt ans, la grille d’analyse dominante du conflit a changé. La lutte du peuple palestinien contre l’occupation est désormais présentée par les pro-Israéliens comme une forme parmi d’autres de terrorisme. Et les systèmes de surveillance des populations testés par la startup nation contre les Palestiniens dans les territoires occupés qu’évoquait Brauman sont vendus dans le monde entier, à des pays comme la Chine ou l’Arabie saoudite qui ne sont pas des modèles démocratiques.   Il ne faut pas non plus oublier que depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux juifs se sont opposés au sionisme politique, à commencer par les militants communistes et du Bund

1, ou le grand philosophe et théologien juif allemand Martin Buber, qui pensait qu’on ne pouvait pas fonder un État en Palestine sans les Arabes et militait pour un État unique, utopie qui semble aujourd’hui redevenir possible, malgré plus de 70 ans de colonisation. L’extraordinaire personnage qu’était Buber, dont l’ouvrage essentiel Je et Tu influença Martin Luther King, ne pouvait imaginer le sionisme sans justice, et l’écrivit avec force dans Une terre et deux peuples (republié en 1985 par Lieu commun). « Ce que la Bible nous enseigne avec tant de simplicité et de force, et qui ne peut s’apprendre dans aucun autre livre, c’est qu’il y a la vérité et le mensonge et que l’existence humaine se tient inexorablement du côté de la vérité ; c’est qu’il y a la justice et l’injustice et que le salut de l’humanité réside dans le choix de la justice et le rejet de l’injustice ».     Mais « l’embarras » dont fait part Rony Brauman — et quelques autres qui en France sont de moins en moins nombreux à l’exprimer publiquement, contrairement aux États-Unis —, « l’injustice » qui révolte Gwendal Rouillard et d’autres députés (plus nombreux qu’on le croit, mais assez silencieux) n’ont plus droit de citation, tant le courant favorable à Israël semble dominant dans le débat public. Aujourd’hui, critiquer Israël tient de la mission dangereuse, et c’est, en apparence au moins, un grand succès pour tous ceux qui s’activent à en délégitimer l’expression même. Pascal Boniface publiait ainsi Est-il permis de critiquer Israël ? en 2003 chez Robert Laffont. Le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) écrivait alors : « Il n’y a pas de lobby juif, tout simplement parce que la communauté des juifs de France est diverse », mais il y a un « lobby pro-israélien, il comporte bien sûr des juifs, mais aussi des gens qui ne le sont pas ».    Quand il en parle aujourd’hui, Pascal Boniface constate que « les choses n’ont pas changé, mais c’est plus compliqué qu’il y a dix-sept ans. Le débat s’est durci sur place. J’ai eu du mal à publier Est-il permis de critiquer Israël en 2003, mais plus encore de mal pour Les intellectuels faussaires en 2011. Et depuis, je suis persona non grata pour de nombreux médias ».    Et puis il y a ce bruit de fond, que décrit en termes simples un universitaire français bon connaisseur de la région, et qui préfère rester anonyme : le débat sur la laïcité, nourri de projets de loi comme celui sur le séparatisme et alimenté par des courants politiques (en particulier le Printemps républicain, on y reviendra). « Il y a un lien entre l’offensive contre les pro-Palestiniens en France et l’offensive contre le voile et les musulmans. Ce sont finalement les mêmes qui développent l’islamophobie et importent le conflit israélo-palestinien en France, paradoxalement. »   Et puis il y a ce bruit de fond, que décrit en termes simples un universitaire français bon connaisseur de la région, et qui préfère rester anonyme : le débat sur la laïcité, nourri de projets de loi comme celui sur le séparatisme et alimenté par des courants politiques (en particulier le Printemps républicain, on y reviendra). « Il y a un lien entre l’offensive contre les pro-Palestiniens en France et l’offensive contre le voile et les musulmans. Ce sont finalement les mêmes qui développent l’islamophobie et importent le conflit israélo-palestinien en France, paradoxalement. »   Pour les cercles d’influence favorables à Israël, ce n’est donc plus de succès d’estime qu’il s’agit, mais bien de victoire au moins partielle. On est loin de la propagande à deux sous de nombreux sites internet francophones israéliens, comme JSSNews, Le Monde Juif.info, dreuz.info qui déforment et torturent l’information, pratiquent le harcèlement et le mensonge. Contre « l’Arabe » et « le musulman », point de nuance.      Mais ces sites pratiquent un entre soi limité, sous influence de la communauté francophone d’Israël. Environ 50 000 juifs d’origine française vivent dans des colonies et une partie d’entre eux s’ennuie ferme dans ses pavillons climatisés et grillagés. Ils inondent la toile « d’infos » tournant en boucle sur Israël, d’un ton assez pénible. Ils avaient par exemple laissé entendre en 2014 que le jeune Mohamed Abou Khdeir avait été battu et brûlé vif par des Palestiniens parce qu’homosexuel, alors qu’il avait été exécuté par des colons.     Plus encore, la multiplication depuis quatre ans de voyages d’élus, nationaux et locaux — dont Anne Hidalgo, la maire de Paris, à plusieurs reprises — qui publient de belles photos et des témoignages enamourés sur leurs sites ou dans leurs gazettes électorales, de groupes de journalistes choisis à l’influence non négligeable comme on le verra plus loin, et peut-être et surtout de chefs d’entreprise montre que la relation France-Israël est en train de changer. Certes la crise sanitaire a mis un terme provisoire à ces missions d’information et ces séjours de découverte. Je devais ainsi accompagner au printemps 2020 une délégation de chefs d’entreprises de l’est de la France dont le voyage a été évidemment remis sine die. Mais, par exemple en octobre 2018, 185 patrons bretons ont débarqué à Tel-Aviv pour un voyage exploratoire organisé par l’union des entreprises d’Ille-et-Vilaine. « Israël leur a fait du charme », résume Ouest-France. On a parlé investissements, marchés, mais pas « guerre et conflits ». « J’étais un peu inquiet au départ, raconte un des patrons bretons, c’est plus ou moins la guerre, croyais-je ». Les perspectives l’ont enchanté, les interlocuteurs étaient affables, les hôtels agréables.      Israël est un marché petit, mais dynamique et la présence économique française y est encore modeste. L’ambassadrice de France en Israël d’alors, Hélène le Gall, elle-même issue d’une famille du Morbihan, a reçu les patrons bretons dans les jardins de sa résidence de Jaffa et les a encouragés à suivre l’exemple de la startup nation pour faire de la Bretagne une « startup région ». Pas de politique au programme, pas de Palestine, ou par incidence, rapport au climat des affaires. Il y eut aussi, en 2019, une délégation de leaders de plusieurs grands groupes français, dont des dirigeants du mastodonte Bouygues (au cœur du business et du pouvoir, BTP, télécoms, médias). Tous reviennent emballés de leur voyage initiatique dans les rouages de la startup nation.              À Tel-Aviv, la diplomatie économique fait son job. La cellule locale de Business France, structure de Bercy chargée d’accompagner les investissements français à l’étranger chère au cœur d’Emmanuel Macron, sert d’interlocutrice aux entreprises qui souhaitent se développer sur place.   Un chef d’entreprise français installé de longue date en Israël que j’interroge par téléphone sur la Palestine ne me répond pas. Silence sur la ligne. Je répète ma question, il reste silencieux. Je répète une troisième fois et puis j’ai compris. Il s’en fout. « L’économie n’est plus dirigée par la politique, confirme-t-il un peu plus tard dans notre conversation. Il y a des Israéliens qui font du business, il y a des Palestiniens qui font du business, ils s’en foutent de Nétanyahou, ils veulent juste travailler ensemble. » J’interpelle un député français de LREM sur la position de son parti au sujet du conflit israélo-palestinien, tant il semble y avoir un grand écart entre les positions de ses collègues comme Sylvain Maillard, qui s’affiche tout sourire au Cercle interallié à Paris avec des représentants des colonies, et Gwendal Rouillard qui s’oppose avec détermination à l’expansion des mêmes colonies. Il reste lui aussi muet. Je lui repose ma question à deux reprises. Il se contente d’argumenter sa non-réponse en me répétant « trois petits points de suspension »…Ces silences semblent d’autres signes d’une victoire des pro-Israël en France. « La Palestine semble une cause perdue et en plus, en s’y engageant, on craint d’être qualifié d’antisémite. Cela ne va pas du tout, cela ne tourne pas rond », s’indigne Clémentine Autain, députée de La France insoumise (FI) de Seine-Saint-Denis. Et pourtant, l’opinion publique n’est pas au diapason, et s’obstine à soutenir la Palestine. Selon un sondage IFOP réalisé en mai 2018 pour le compte de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), 71 % des Français pensent « qu’Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociations avec les Palestiniens ». Ils le disent peu, mais ont pour 57 % une « mauvaise image » d’Israël et pour 69 % le sionisme est « une idéologie qui sert à Israël à justifier sa politique d’occupation et de colonisation des territoires palestiniens ». Mais ils agissent peu à ce sujet, peut-être par crainte de cette confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme, très présente dans les esprits. Pour 54 % des Français en effet, « l’antisionisme est une forme d’antisémitisme ».     Pourtant là encore, la manœuvre n’est pas un franc succès. Ajoutant l’antisionisme à la définition de l’antisémitisme, en s’inspirant de l’International Holocaust Remembrance Alliance (Ihra) la « résolution Maillard » a été adoptée en novembre 2019 par une chiche majorité à l’Assemblée nationale : 154 pour contre 72 et 43 absentions sur un total de 577 députés, plus de 300 élus pour beaucoup du parti du président n’ayant pas pris part au vote, ce qui indique de véritables fractures, j’y reviendrais. « On ne joue pas avec l’antisémitisme, écrit Esther Benbassa, sénatrice Europe Écologie Les Verts (EELV) de Paris. Arrachons la critique d’Israël aux griffes de la propagande du gouvernement israélien actuel. Une critique politique, nullement antisémite ».     Mais l’autrice de Être juif après Gaza, publié en 2009, qui se demandait alors, dans la lignée de Buber, comment « en devenant israéliens, ces juifs ont-ils été frappés d’amnésie jusqu’à oublier les principes premiers de l’éthique, socle de leur être juif ? » se sent parfois bien isolée. « Le fait que je soutienne la cause palestinienne signifie que je ne suis pas la personne la plus aimée des juifs français », confiait-elle au journal Haaretz l’été dernier. Historienne, Esther Benbassa s’inquiète autant de la montée du racisme en Israël et en France que de la progression de l’antisémitisme dans notre pays. Que des esprits faibles abreuvés depuis des années par les atrocités révisionnistes du militant d’extrême droite Alain Soral ou de son compère l’ancien comique Dieudonné proclament sur la toile et parfois dans la rue un antisionisme qui n’est que le cache-sexe de leur veulerie antijuive, c’est une évidence.   Mais il est une autre évidence : jamais les partisans d’Israël n’ont été aussi actifs dans les institutions et les sphères publiques. On peut l’appeler « lobby », ou préférer le terme plus neutre de « cercles d’influence », le débat n’est pas sémantique, mais bien politique. On ne semble pas avoir saisi l’activisme en profondeur des « pro-Israël » à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les conseils des mairies de Paris, à Nice et dans d’autres grandes villes, dans les chambres de commerce et les salles de rédaction..." (suite) -2-  ____________

dimanche 7 février 2021

Today

__  Ecoles et Covid

__ Bienvenue en absurdie

__ On le savait

__ Négationisme

__ Le "trou" de Balladur

__  Europe et vaccins. -Désolant.

__ Le bon moment?

__ Macron-scepticisme

__ Médecine scolaire?

__ Repentance ou vérité?

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samedi 6 février 2021

On (n') a (pas) tout essayé

 On (n')a (pas) tout essayé                          (Bis repetita...)

                               On nous raconté de belles histoires depuis les années 80, ou plutôt on nous a masqué les évolutions (les choix) en cours, présentées comme modernes, voire inéluctables.
  On a dévoyé la notion de libéralisme politique, née de la Révolution Française et celle, bien tempérée, d'un certain libéralisme économique contrôlé, au service du plus grand nombre, pour une plus équitable redistribution..
      L'Etat est sorti de ses rails et  a donné aux marchés un espace de plus en plus important jusqu' à être phagocyté par eux. D'où les renoncements et les abandons, les collusions et le piège s'est installé: on a tout essayé, comme disait L.Jospin, impuissant.
   Les conflits d'intérêts et les passages continus des décideurs du public au privé et vice-versa ont favorisé une évolution observée à peu près partout, sous l'influence d'une finance mondialisée de plus en plus puissante et d'une rente qui atteint des sommets.. Les instances étatiques se trouvaient entravées dans leurs décisions et favorisaient même le développement de puissances financières qui imposaient leur loi, la spéculation prenant le pas sur la production.
    A la suite des "révolutions libérales" de Thatcher et Reagan, la loi des marchés devaient devenir la loi et les prophètes pour la plus grande prospérité des peuples au niveau mondial, disait-on.
   There is no alternative, disait Maggie, qu'on a pris l'habitude de traduire par le sigle TINA.
      L' 'Etat était devenu le problème et non la solution, selon les dogmes de Reagan.
  L'ultralibéralisme gagnait des points dans les choix et les orientations majeures. L'extrême, c'est le minarchisme, dont la principale égérie fut Ayn Rand.  Hayeck et l'école de Chicago, avec Milton Friedman, conseiller de Pinochet, furent les livres de chevet de la Dame de fer, dont Fillon, il y a peu, vantait les choix politiques et économiques, l'Etat abandonnant ses fonctions de contrôle et de régulateur et ne gardant que le minimum, ses fonctions régaliennes.
    L'Etat est peu à peu devenu le servant des groupes financiers et des multinationales, facilitant leur pénétration et leurs concentration. Ce que Roosevelt avait condamné en son temps.
          ___Assisterait-on à un début de retournement?
  Des signes sembleraient l'indiquer: des économistes, qu'on dit atterrés, veulent remettre les choses à l'endroit, contre la colonisation par de puissants intérêts privés de certaines structures de l'Etat, notamment dans le courant né de la crise.
   On constate aussi que des voix s'élèvent, au sein du très conventionnel FMI, pour remettre en cause des choix politiques asservis à des intérêts qui font du lobbying permanent et du chantage à l'emploi, critiquant même les décisions funestes prises à l'égard de la Grèce par une Europe à la ligne étroitement néolibérale.
    Un autre monde est possible, disent certaines voix, qui veulent changer un logiciel aux effets pervers.
  Le retour à l'Etat régulateur est enfin de plus en plus demandé, au service de l'intérêt général, pour retrouver les principes fondateurs et démocratiques.
    Oui, il faut envisager des alternatives, retrouver de nouveaux chemins, sortir du tunnel, du piège, qui peut mener à de nouvelles crises, l'Etat ayant déjà renfloué les banques en notre nom et nous faisant payer les intérêts d'une dette qui n'était pas fatale.
     Comme le signale Gilles Ravaud, le monde a changé ! Si vous plongez dans les travaux de recherche des économistes, dans les gros rapports des institutions internationales, voici ce qui ressort : il y a trop d'inégalités, trop de finance, les salaires ne progressent pas assez, il faut plus d'investissements publics, lutter contre les paradis fiscaux et promouvoir la lutte contre le changement climatique !
   Le libéralisme économique a perdu la bataille intellectuelle. Il peut perdre la bataille politique. Une mondialisation régulée, c'est possible, une finance au service de l'économie aussi. L'Europe n'empêche pas les politiques nationales : la France peut développer sa propre politique industrielle, faire reculer le chômage, réduire les inégalités, sortir du " tout croissance ". Et pas besoin d'en passer par le rejet de l'autre, comme Trump, ou par le rejet de l'Europe, comme avec le Brexit. On peut, aujourd'hui, suivre une voie progressiste et écologique sans sortir de la mondialisation ou de l'Europe.
    Laisser faire les marchés, livrés à eux-mêmes est le contraire des tâches bien comprises de l' Etat investisseur et stratège, qui doit retrouver ses fonctions, dans l'esprit de Philadelphie, largement oublié.
  La loi du marché n'a pas que des conséquences matérielles.
     La régulation est une nécessité, de plus en plus affirmée. Toute la question est celle du passage réel à une autre logique, à un renversement des priorités,  au delà de l'échelle nationale. Avant qu'une nouvelle crise, plus cruelle, nous oblige à le faire.. Piketty nous ouvre quelques voies, après d'autres.
       Au moins au niveau européen. Il y a encore du chemin à faire...
          A condition de sortir de l'ornière d'une certaine économie de complaisance 
et des bréviaires en vogue. ___________________

jeudi 4 février 2021

Géopolitique du vaccin

Y en aura pas pour tout le monde

                  Ou dans les temps voulus.     C'est la guéguerre et la course, selon La Tribune, se référant au magazine britannique The Spectator "...dans son grand dossier sur la « Guerre des vaccins, la bataille globale pour une ressource précieuse »  paru la semaine dernière, le monde est face à une situation de « nouvelle guerre froide vaccinale », illustrée par ce raccourci saisissant : « Des douaniers qui inspectent les poids lourds et les ferrys à la recherche, non pas d'armes ni d'immigrés clandestins, mais d'une mystérieuse potion biochimique, des services d'espionnage et de communication qui abreuvent les réseaux sociaux de récits d'épouvante pour descendre en flammes tel ou tel champion national. ». Il serait en effet naïf de résumer la situation actuelle à un combat entre nations riches en capacité de financer et produire des vaccins et pays pauvres tentant d'accéder au sérum en surpayant.       ___De manière plus profonde, cette guerre des vaccins reflète les distorsions économiques issues de la globalisation, ainsi que les luttes d'influences des puissances mondiales, reléguant les autres au statut de spectateurs. Les géants de la pharma savent en effet que leur réputation ainsi que leur impact à long terme dépendront en grande partie de leur capacité à répondre à la pandémie à travers le vaccin. Quand aux grandes puissances émergentes, prouver leur réactivité et leur agilité sur le front du vaccin constitue la meilleure projection de puissance possible..."     Il y a les grands oubliés.

          Cependant, face à une telle concurrence et de telles distorsions, certains élus réclament la levée des brevets sur les vaccins, qui devrait être un bien commun. Malgré les critiques. Mieux vaudrait réguler la course au profits à laquelle se livrent les grands groupes pharmaceutiques et retrouver une souveraineté dans ce domaine comme dans d'autres.. Des stratégies peu cohérentes. La solidarité reste encore à démontrer.
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Les femmes et la préhistoire

Retour sur certains préjugés

             Jusqu'à une époque récente, il paraissait évident à tous que le "sexe faible" avait dû avoir un rôle secondaire dans la cercle des relations familiales et collectives de la préhistoire proche ou lointaine. Comme elle l'eut longtemps après. Ce schéma réducteur s'est longtemps retrouvé dans les représentations simplistes du dessin ou de la caricature, était largement partagé par l'opinion et les spécialistes de la préhistoire ne se posait guère de question sur le sujet ou restait prudent.      Or aujourd'hui, un certain nombre de préjugés commencent à être battus en brèche sur cette question dans le monde des préhistoriens, attentifs au moindre signe matériel, aux indices qui s'offrent à eux.  Comme en histoire, quoique de manière beaucoup plus lente et hypothétique, la préhistoire a sa propre histoire.  

               "..La femme, au cours d'une partie de la préhistoire, celle qui nous est la moins lointaine, étaient réduite à ses fonctions traditionnelles postérieures ou était invisible, comme le signale une chercheuse en la matière. Les chercheurs ont eu tendance à plaquer les schémas de la famille "moderne" sur une longue période où cette notion n'existait pas encore sous la même forme. Le rôle secondaire de la femme allait de soi. Or..Cette idée du rôle mineur des femmes dans l’évolution culturelle de l’humanité est très présente dans les écrits des préhistoriens du XIXème et du début du XXème siècle. Souvent de manière inconsciente, mais c’est bien cette vision qui prédomine et qui biaise leur perception du rôle et de la place des femmes dans les sociétés préhistoriques. Ces présupposés vont perdurer durant la seconde partie du XXème siècle, renforcés par les études ethnographiques. Un grand nombre d’entre elles révèle que chez les peuples de chasseurs-cueilleurs, il existe une division sexuée du travail : les hommes à la chasse, les femmes à la cueillette..."          _----Il faut sortir les femmes des cavernes de l'histoire...Elles participaient activement aux activités du groupe, pour autant que nous le sachions, à partir de multiples indices. Elles ne furent pas celles que nous croyions, à bien des égards.  L'ethno-archéologie préhistorique nous en apprendra encore beaucoup sur les rôles de la femme et la constitution des groupes à des époques qui ne devaient rien aux schémas des périodes récentes._______

mercredi 3 février 2021

Ça gaze

Une histoire de tuyaux

           Depuis un certain nombre d'années, le gaz devient de plus en plus la source d'énergie recherchée, en Europe notamment, pour se substituer à d'autres, soit défaillantes ou contestées. Au niveau de la consommation domestique et industrielle aussi bien que comme source de production électrique.     Une nouvelle dépendance s'installe en Europe, qui n' a pas ou plus de réserve disponibles (les gisements de Groningue vont être abandonnés). Par contre, nous sommes entourés de pays aux réserves immenses ou prometteuses, en Méditerranée ou dans la proche Russie.      Cette nouvelle géostratégie des matières premières, si fondamentales, ne vont pas sans négociations rudes, sans tensions, sans conflits larvés. L'énergie est la base de tout.    En mer Baltique, un projet de gazéoduc presque achevé est très discuté, jusqu'à Washington, contestant la main mise de Poutine sur des infrastructures vitales pour l'Europe de l'Ouest. Une guerre des tuyaux en quelque sorte, qui s'insère dans des rivalités plus larges et plus anciennes, comme l'indique aussi ce dossier.     Une riche information ici

            Une géopolitique des tuyaux, qui va jusqu'à Pékin. La sécurité énergétique des pays industriels s'inscrivent dans des relations parfois difficiles, voire conflictuelles. "..;A partir des deux chocs pétroliers , le commerce du gaz naturel a pris de l'ampleur, mais la valorisation du gaz naturel, pour un même contenu énergétique, est toujours très inférieure à celle du pétrole. Les sites de grande taille, et à proximité d'un port, sont plus facilement rentables. La géopolitique du gaz naturel commence à présenter des points communs avec la géopolitique du pétrole, mais toujours avec des différences importantes ; en particulier, le gaz naturel fait souvent l'objet de contrats à long terme, qui permettent de financer les gazoducs, ou les stations de liquéfaction, nécessaires à ce commerce. Ce type de contrat lie pour dix ou quinze ans un client et un fournisseur, rendant ce marché peu dynamique. Ce mode de fonctionnement commercial, qui concerne un petit nombre d'acteurs, ne facilite pas son développement..."   De nouvelles données émergent depuis les années 2010, ce qui n'est pas sans conséquences, à nos portes, en Méditerranée, comme il est facile de le comprendre. Un problème qui dépasse largement la sphère de notre petite mer intérieure.  ___________

mardi 2 février 2021

Corona-inégalités

                Le virus en cours ne crée pas les inégalités, il les révèle et les exacerbe. Il met à nu le prodigieux fossé qui sépare de plus en plus un noyau de favorisés et d'extrêmement riches et des catégories vivant dans la précarité ou dans la détresse matérielle et sociale. Et cela à l'échelle mondiale.      A Davos, pas de soucis pour les riches qui tiennent colloque. Ils ont tout de même parlé un peu des pauvres entre cocktails et ski.  Emmanuel Macron, ancien banquier d’investissement et familier du WEF, y a fait savoir que "le seul moyen d’éviter la pandémie consistait à s’appuyer sur une économie réfléchissant davantage à la lutte contre les inégalités”, et a déploré “les profits qui ne sont pas liés à l’innovation ou au travail”. Quand même...

          Mais la misère, elle, est bien là. Le creusement des inégalités ne cesse pas, tandis que les dépenses militaires explosent comme jamais: autour de 2000 milliards, dont le dixième suffirait largement à réduire une grand partie des détresses mondiales.   Ce que révèle cruellement la pandémie actuelle, c'est qu'il est des biens qui sont au dessus de la richesse matérielle.    Les plus fragiles sont les plus touchés. Il n'y a pas de mystère. Comme le dit le prix Nobel Stiglitz: « ."...Covid is not an equal opportunity killer » (Stiglitz, 2020). D’autre part, la crise du Covid-19 vient ajouter un mécanisme supplémentaire et nouveau dans sa nature et son ampleur dans l’histoire des épidémies : les inégalités face au confinement. Des travaux antérieurs sur de précédentes pandémies comme la grippe espagnole ou la grippe H1N1, ou d’autres maladies infectieuses comme la tuberculose ou la rougeole, insistaient déjà sur l’importance de la prise en compte des différents facteurs d’inégalités sociales afin de mieux maîtriser l’impact différentiel des prochaines pandémies "       ___  " En octobre 2020, Oxfam a publié son Index sur l’engagement des États à réduire les inégalités (ERI) qui analyse la réponse de 158 gouvernements face à l’enjeu de la réduction des inégalités. Il les classe en fonction de leur engagement en se concentrant sur trois piliers : fiscalité – services publics (santé, éducation et protection sociale) – droit du travail. Trois domaines clés au cœur des politiques de réduction des inégalités : le premier favorise la juste redistribution des richesses, le second est le garant de l’égalité des chances et le dernier permet de rendre l’économie plus humaine. Les principales conclusions de ce rapport sont sans appel : la grande majorité des gouvernements n’était pas préparée à une telle crise sanitaire par manque d’investissement en termes de santé publique, de filets sociaux ou de droit du travail, et tous pourraient intensifier leur stratégie de lutte contre les inégalités socio-économiques. Celles-ci risquent, par ailleurs, d’être exacerbées par la pandémie de Covid-19...."  Selon une étude de l'Inserm, il n'y a pas de hasard. Et cela internationalement.                    Selon Alternatives économiques, "...tandis que les milliardaires ont retrouvé leur niveau de richesse d’avant le Covid, au moins 200 millions de personnes ont basculé sous le seuil de pauvreté en 2020. Publié à l’occasion du forum de Davos, le rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités mondiales dresse un bilan social de l’an I de la pandémie. Effrayant.   Farida, qui travaillait dans une usine de confection au Bangladesh, a perdu son emploi en avril. Elle était alors enceinte de huit mois, mais n’a reçu aucune des allocations de maternité auxquelles elle avait pourtant droit. « Avec la grossesse, la peur du virus, le chômage et le non-versement des allocations (…) j’ai parfois l’impression que je vais devenir folle. »    De son côté, Jeff Bezos, alors l’homme le plus riche au monde, aurait pu, avec les bénéfices réalisés entre mars et août, verser une prime de 105 000 dollars à chacune des 876 000 personnes employées par Amazon dans le monde, tout en restant aussi riche qu’il l’était avant la pandémie...._____________

lundi 1 février 2021

Bafdad désastre

 "A l'âge de pierre"

                  Réduire ce pays à l'âge de pierre: ce fut le projet avoué de ceux qui, autour de Busch Junior, Rumsfeld et les néo-conservateurs de l'époque à Wahington, faisaient mine de chercher à Bagdad les traces de Ben Laden et les "armes de destructions massives", qui devaient fournir un prétexte à la guerre, puis à l'occupation du pays. Malgré les déclarations de Villepin à l'ONU. Et le projet aboutit, au delà des espérances, avec les alliés de circonstance, et les effets annoncés par certains ne manquèrent pas de se produire: des destructions dans un pays déjà affamé naquirent des foyers de résistances et de radicalismes politiques islamistes, dont les effets sont encore aujourd'hui bien présents, dans et hors des frontières du pays. Toute cette sinistre aventure, au lendemain du 11 septembre, se fit au nom d' idéaux moraux les plus "noblement" proclamés, de justifications les plus bancales, qui apparurent vite comme des mensonges d'Etat éhontés, comme le reconnut plus tard Colin Powell, des motivations les plus mercantiles: tout ça pour du pétrole!..comme l'avoua plus tard un des responsables de cette "croisade morale".

              Ce fut la Destruction d'une nation. France 5, hier soir, dans un documentaire assez long en retraça l'histoire assez circonstanciée. Un excellent rappel d'une croisade bushienne qui vira au cauchemar humain et politique. Le bilan de cette entreprise funeste fut astronomique. Toutes les conséquences de cette barbarie ne sont pas encore apparues, malgré les "regrets" de quelques-uns.

_____Donald Rumsfeld, ancien Secrétaire à la défense (ministre de la Défense) insistait sur le fait que l’invasion de l’Irak n’avait «rien à voir avec le pétrole». Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale, a rejeté cette explication: «Il est gênant politiquement d’admettre ce que chacun sait», écrit-il dans ses mémoires«La guerre d’Irak est pour l’essentiel une guerre pour le pétrole.»    __le NY Times fit le bilan d'une guerre et des massacres impunis. La "destruction créatrice" eut bien lieu, mais sans l'effet prétendu.

"..Le Washington Post égrène d'autres drames et erreurs de cette guerre. L'éditorialiste David Ignatius juge ici que la plus grande erreur américaine n'aura pas été de faire tomber Saddam Hussein mais d'avoir détruit les infrastructures d'un pays: America’s greatest mistake in Iraq wasn’t toppling Saddam but detonating the infrastructure of the government, the army and the educational and social institutions that made civilized life possible..."_________