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samedi 24 janvier 2009

Laïcité: quelle riposte ?


GAZA , Israëliens, Palestiniens et extrêmismes religieux

Quand un conflit engendre des amalgames et des confusions sur un site pourtant nécessaire...

Quand Riposte Laïque déraille...

"Riposte laïque se trompe de combat.
J’ai jusqu’à présent soutenu les positions de Riposte Laïque dans tous ses combats, en faveur de Fanny Truchelut, contre l’annulation du mariage pour non-virginité de l’épouse, contre toutes les atteintes à la laïcité, ses dérives annoncées vers une laïcité positive, la dénonciation de l’islamo-gauchisme etc.
Mais je suis obligé de me désolidariser de vos prises de positions pro-israéliennes au nom d’un combat anti-islamiste dirigé contre le Hamas.
Dans cette affaire Riposte Laïque aurait dû se borner à une stricte neutralité pour plusieurs raisons :
Il n’est pas possible de juger un conflit de cette nature à travers la seule question de la religion ou de la laïcité. Ce qui est en cause est un conflit de souveraineté sur un territoire entre Palestiniens et Israéliens et ce n’est que très accessoirement et récemment qu’il prend la forme d’un affrontement entre une organisation islamiste et les Israéliens. Dans une telle logique absurde, Riposte Laïque aurait-elle alors dû prendre, à l’époque où le Hamas n’était pas encore au pouvoir, une position contre la Israéliens et pour les Palestiniens pour la raison qu’il n’y a pas vraiment de laïcité en Israël et qu’au contraire l’OLP était une organisation à la fois multi-confessionnelle et laïque ?
Le vol de territoires, les restrictions à la liberté de circulation, les destructions de maisons d’habitation, l’accès à l’eau, les représailles disproportionnées concernent tous les Palestiniens qu’ils soient hommes ou femmes, musulmans ou pas, islamistes ou pas ; aussi, voir appliqué à cette situation le seul prisme de la laïcité ou du statut des femmes est quelque peu surréaliste.
Lorsque l’on connaît le poids des traditions religieuses sur la société israélienne, à la fois dans son fondement et son fonctionnement, il est très surprenant que vous preniez une telle position. Certes, on est loin du projet théocratique extrémiste du Hamas, mais cela est largement suffisant pour que là-dessus, Riposte Laïque s’interdise une préférence quelconque.
Le combat légitime de Riposte Laïque en faveur d’une laïcité rigoureuse, notamment en France, ne doit pas se transformer en obsession anti-islamiste au point de participer à cette confusion relative à ce conflit : on essaie de nous faire croire à un affrontement de cultures ou de civilisations ou de religions alors que la question est, avant tout, celle de l’occupation, de la colonisation d’un peuple par un autre, laquelle est probablement responsable de sa radicalisation fanatique partielle. Cet affrontement de choix de société, au nom duquel vous prenez position, oppose les Palestiniens entre eux, et non Israël et les Palestiniens.
Les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement et de facto mes amis…

...En tant que républicains et laïcs on ne peut que dénoncer avec intransigeance la composante islamiste du Hamas ; et, pareillement dénoncer ceux qui soutiennent en France son projet théocratique et qui vont jusqu’à réclamer l’abrogation de la loi sur les signes religieux à l’école. Sur ce point nous sommes d’accord. Mais, pour ne pas soutenir le Hamas vous êtes, en réalité, conduits à approuver la politique israélienne et l’intervention en cours, comme si toute la population de Gaza pouvait et devait être punie d’avoir porté au pouvoir un mouvement islamo-fasciste....
Léon

[-
Solidarité Laïque - Gaza : refusons toute instrumentalisation communautaire]
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Le furtif
C’est la politique du On tire dans le tas Dieu reconnaitra les siens
C'est inacceptable
Paix au Proche-Orient
Dehors les envahisseurs
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Philippe Renève

Merci, Léon.
Riposte Laïque - comme d’autres - mélange Palestiniens, Hamas et extrémisme islamique.
C’est exactement la propagande du gouvernement israélien.
Comme tu le dis bien, cet amalgame amène à soutenir toute action d’Israël, même la plus criminelle, et laisse aux islamistes le monopole de la condamnation de la politique d’occupation israélienne.
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-Peut-on sérieusement considérer les sionistes comme des non-combattants protégés
-Rappels utiles face à la propagande israélienne

vendredi 23 janvier 2009

Gaza: opération pour rien ?



"Les actions d’Israël ont sérieusement entamé le soutien du public envers notre Etat. Tandis que cela ne se traduit pas toujours en une situation diplomatique immédiate, les ondes de choc arriveront un jour. Le monde entier a vu les images. Elles ont choqué tous les êtres humains qui les ont vues, même si elles ont laissé les Israéliens froids."(Gideon Levy)

La presse israélienne s'interroge après Gaza:

"La poussière des terribles destructions commises à Gaza n’est pas encore retombée que plusieurs commentateurs politiques israéliens s’interrogent sur le sens et les résultats de cette guerre de 21 jours.« IDF : Gaza smuggling resumed during offensive », de Hanan Greenberg, dans Ynet, le site en anglais du quotidien Yedioth Ahronot, 21 janvier :« Le commandement militaire israélien n’a pas été surpris par les rapports du mercredi (21) affirmant que certains souterrains entre Gaza et l’Egypte avaient recommencé à fonctionner, malgré les lourds bombardements menés par l’armée israélienne durant trois semaines.Des responsables de la sécurité ont dit que le Hamas avait tenté de reprendre la contrebande alors même que l’opération "plomb durci" était en cours. Ils ont ajouté que les souterrains bombardés seraient rapidement reconstruits. »Une information que confirme sur le site en anglais du quotidien Haaretz, Anshel Pfeffer et Barak Ravid, « Sources : Hamas arms smuggling never stopped during IDF op in Gaza » (22 janvier) :« Bien que les forces aériennes israéliennes aient bombardé tout le long du corridor de Philadelphie (à la frontière entre l’Egypte et Gaza) des centaines de fois durant l’offensive “Plomb durci”, des contrebandiers reconnaissent que certains tunnels sont restés en activité pendant les combats. Contrairement à ce qu’ont écrit les médias, l’aviation n’a pas utilisé les bombes les plus puissantes qui détruisent les bunkers. Les tunnels renforcés par des piliers de bois ont été particulièrement résistants aux attaques aériennes. »Ces informations confirment deux choses :- le Hamas a été capable de maintenir des lignes d’approvisionnement même pendant les bombardements ;
- très rapidement, les tunnels détruits sont reconstruits.Il faut rappeler que, même durant ses longues années d’occupation, Israël a été incapable d’arrêter cette contrebande. Pas plus, d’ailleurs, qu’il n’a été capable d’arrêter le tir de Qassam venant de Gaza qui ont commencé alors que l’armée occupait encore ce territoire...

Gideon Levy, l’un des rares critiques de l’opération israélienne, affirme dans Haaretz (22 janvier) que la guerre s’est terminée par un échec total israélien : « Gaza war ended in utter failure for Israel »Il écrit que le but d’arrêter les tirs de Qassam n’a pas été atteint, ceux-ci ont continué jusqu’au dernier jour et grâce au cessez-le-feu. Le Hamas posséderait encore un millier de roquettes.Le second objectif de stopper la contrebande n’a pas non plus été atteint (lire le début de cet article).Troisième but, renforcer la dissuasion. « Mon oeil, écrit-il. La dissuasion que nous avions soi-disant atteinte durant la guerre du Liban n’a pas dissuadé le Hamas. »Le quatrième objectif non déclaré, restaurer la crédibilité de l’armée israélienne n’a pas été atteint non plus. On ne restaure pas cette crédibilité en se battant avec des combattants pauvrement armés. Et les poèmes à la gloire de l’armée n’y changeront rien.Enfin, écrit-il, il ne faut pas être trompé par les parades de soutien des dirigeants européens à Olmert. Les actions d’Israël ont porté un dur coup au soutien populaire international à Israël. « Elles ont choqué tout être humain qui les a vus même si elles ont laissé de marbre l’opinion israéliénne"

-La guerre de Gaza s’est terminée en un échec total pour Israël:
"...Les actions d’Israël ont sérieusement entamé le soutien du public envers notre Etat. Tandis que cela ne se traduit pas toujours en une situation diplomatique immédiate, les ondes de choc arriveront un jour. Le monde entier a vu les images. Elles ont choqué tous les êtres humains qui les ont vues, même si elles ont laissé les Israéliens froids.
La conclusion est qu’Israël est un pays violent et dangereux, dépourvu de la moindre retenue et ignorant ouvertement les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, tout en se fichant de la loi internationale comme de l’an quarante. Les enquêtes sont en cours.
Plus grave encore est le dommage que ceci infligera à notre « colonne vertébrale » morale. Viendra le temps des questions difficiles sur ce que les FDI ont fait à Gaza, sur ce qui s’est produit malgré le brouillage opéré par les médias recrutés par l’armée.
Alors, qu’est-ce qui a été accompli, en fin de compte ? En tant que guerre livrée pour satisfaire des considérations de politique intérieure, cette opération a réussi au-delà de toutes les espérances. Le président du Likoud, Benjamin Netanyahou se renforce dans les sondages."

-Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne:
’on voit d’ores et déjà qui, outre la résolution du conflit israélo-palestinien, figurera parmi les perdants de cet épisode :
- les Américains, toujours aussi partisans de méthodes sécuritaires faisant fi du politique ;
- les Européens, inertes mais que l’on suppose quelque peu gênés de voir les Israéliens répondre de la sorte au renforcement des relations israélo-européennes décidé et annoncé il y a à peine trois semaines ;
- le Conseil de Sécurité de l’ONU, capable tout au plus, une fois encore, de l’adoption de résolutions non contraignantes ;
- et une grande partie des gouvernants arabes de la région, dont les critiques officielles à l’encontre de la stratégie israélienne ne trompent plus grand monde..."

- La diplomatie onusienne en échec ?
"...sraël est donc né d'une résolution de l'ONU et pourtant, on estime à plus d'une soixantaine les résolutions que l'Etat hébreu se refuse toujours à appliquer. L'exemple le plus célèbre sans doute reste celui de la résolution 242. Votée au lendemain de la guerre des Six Jours, cette résolution demande à Israël de se retirer des territoires occupés à la faveur de la guerre en 1967, après la victoire israélienne sur les armées jordaniennes, égyptiennes et les Palestiniens de la bande de Gaza...Israël annexa Jérusalem-Est et des territoires alentour pour en faire sa capitale « éternelle et indivisible ». Cette annexion n'est toujours pas reconnue par la communauté internationale. Israël d'autre part, au mépris de la Convention de Genève, implante toujours des colons israéliens (ils sont près de 500 000) en Cisjordanie, à l'exception de la bande de Gaza, évacuée intégralement depuis 2005.Depuis les années 70, les Etats-Unis opposent quasiment systématiquement leur veto à toutes résolutions du Conseil de sécurité défavorables à Israël. C'est donc un cercle vicieux. La seule manière de contraindre un Etat à appliquer les résolutions onusiennes, c'est d'adopter des sanctions à l'égard de cet Etat. Or, seul le Conseil de sécurité peut adopter le principe de telles sanctions, ce que Washington refuse absolument d'envisager..."
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-Gaza : droit de la guerre ?
- Gaza : tournant fatal ?

jeudi 22 janvier 2009

Obama 2015

Fictions ?

Les Etats Unis en 2015 ...

- Obama, le nouveau logo de la marque Amérique:
"...cette élection a été une formidable pulsion spectaculaire, théâtralisée, ayant pour fonction de remplir ce vide angoissant de la chute finale. Car les USA, ivres de leur puissance impotente, ont, à l’instar de Noé, par trop découvert leur réelle nudité stratégique et économique dans de désastreuses guerres et dans une crise économique mondiale dont ils sont l’épicentre.Cette élection jette sur cette réalité un voile chatoyant. Les habits neufs de l’Empire donc..
.L’élection d’Obama couvre d’abord les crises internes. En effet, aux USA, l’inégalité économique est quasi abyssale. De plus, la société américaine reste clivée par l’idée de race : les mariages mixtes y sont rares, un quart des Noirs vivent en dessous du seuil de pauvreté (contre 8% pour les Blancs), la moitié de la population carcérale est noire.La crise des subprimes a touché de plein fouet les classes populaires, surtout non blanches, qui avaient vu dans leur maison leur
american dream à eux. Ce sont celles-là même qui ont voté en masse Obama. Et pourtant, des milliards ont été et seront débloqués pour sauver un système avide quand le projet de sécurité sociale n’a jamais abouti.L’élection d’Obama a servi d’extincteur et de catalyseur à une possible colère sociale légitime en la transformant facticement en un creux regain d’espoir. Le coup de génie est d’avoir donné l’illusion d’une résolution du clivage racial horizontal blancs/non blancs par l’élection d’un métis afin de mieux faire oublier le clivage vertical riches/pauvres. Ainsi en racialisant ad nauseum l’élection, on a pu évacuer aisément les questions économiques de partage des richesses. Ou plutôt, en semblant dépasser le clivage racial, on a donné l’illusion d’avoir aussi résolu, dans le même mouvement, le clivage économique.
Sur le plan international, cette élection permet aux USA de reconquérir ce rôle d’Empire bienveillant, rôle sévèrement entamé par Bush fils. En effet, les USA ont construit leur politique internationale sur l’idée que leurs motivations sont pures quand bien même leurs mains seraient sanglantes. De même, ils se sont érigés en Empire du sens, celui par qui le monde prend une direction et une signification. Le problème est qu’ils sont clairement devenus l’empire du non-sens.Obama a pour mission de reconquérir ce leadership moral. Cependant, là encore, il s’agit d’un voile pudique couvrant d’autres réalités. En effet, les USA ont démontré leur incapacité stratégique totale quand leur volonté guerrière s’est heurtée à des réalités incontournables sur le terrain des guerres. Il ne reste plus à l’Empire que de sur-investir l’emprise symbolique sur le sens du monde pour mieux compenser sa perte de contrôle. L’Empire raconte (et se la raconte) à défaut d’être encore...Obama donne l’illusion d’en finir avec l’image de cet erratique empire tanguant sous l’hubris de sa puissance. Son slogan même, "Yes, we can", semble la réponse nette à des doutes internes et internationaux informulés. Au travers de ce slogan incantatoire, on entend surtout "Yes, we still can", nous pouvons toujours...
Enfin, cette élection permet à ceux qui ont soutenu les guerres bushiennes de ne plus avoir trop honte. Cela est particulièrement vrai en France où l’intelligentsia la plus pro-guerre peut tranquillement déclarer que ce Bush qu’elle avait pourtant ardemment soutenu n’est au final que l’accidentel et monstrueux rejeton d’une Amérique re-moralisée qu’elle s’aime d’aimer à nouveau
...
L’empire ne veut pas mourir. Et le mot d’Obama, "change", rappelle ceux de Lampedusa (le Guépard) : "Il faut que tout change pour que rien ne change et que nous restions les maîtres"... Yes, he can !"

mercredi 21 janvier 2009

Gaza : droit de la guerre ?


-"A part quelques pépins, l'opération militaire s'est bien déroulée..."(Avi Pazner -porte-parole du gouvernement israëlien)

-" Nous, organisations de paix de femmes appartenant un large spectre d'opinions politiques, exigeons la fin des bombardements et autres instruments de mort, et appelons au commencement immédiat de délibérations pour parler de paix et ne pas faire la guerre." (Femmes israëliennes)

-"Les frappes aériennes sur la Bande de Gaza constituent des violations graves et monstrueuses de la loi humanitaire internationale telle que définie par les Conventions de Genève tant pour ce qui est des obligations de la Puissance Occupante que des exigences des lois de la guerre.Ces violations incluent :La punition collective - la totalité des 1,5 million de personnes qui vivent dans la Bande de Gaza surpeuplée sont punies pour les actions faites par quelques militants.Cibler la population civile- les frappes aériennes étaient dirigées vers des zones civiles dans l’une des zones les plus densément peuplées de la terre, en tout cas, la zone la plus densément peuplée du Moyen Orient.Réponse militaire disproportionnée- les frappes aériennes ont non seulement détruit tout poste de police ou des forces de sécurité du gouvernement élu de Gaza, elles ont en outre tué ou blessé des centaines de civils ; une frappe au moins aurait touché des groupes d’étudiants tentant de trouver un moyen de transport pour rentrer de l’université à leur domicile.... (Miguel d'Escoto)
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Dans les décombres de Gaza, les civils demandent des comptes:
"Partout, des façades éventrées, des maisons rasées, des écoles brûlées, des routes défoncées, des champs labourés par les blindés, des canalisations crevées. Partout, l’odeur de la charogne à cause des bêtes mortes qui n’ont pas encore été ramassées. Partout, des habitants hébétés au milieu des ruines, cherchant à comprendre pourquoi leur maison a disparu, ou occupés à la rendre habitable si elle n’a été qu’endommagée. Partout, le chagrin. Béances. Mais il n’y a pas eu de combats à Beit Hanoun. En tout cas, on n’en voit pas la trace. Peut-être même n’y a-t-il même pas eu d’escarmouche, ce qu’assurent tous les habitants. La petite ville palestinienne a simplement eu le tort d’occuper une hauteur stratégique au nord-est de Gaza d’où l’on peut voir la mer. Elle a donc été livrée aux chars israéliens qui, après la fuite de la population, l’ont taillée en pièces. Le chemin emprunté par les blindés et les bulldozers, on peut même le suivre de maison en maison. Car ils ont préféré traverser de part en part les habitations plutôt que de suivre la route principale, dans la crainte, réelle ou non, qu’elle puisse être minée. De même pour les trajectoires des obus, que l’on devine facilement à travers les brèches et les béances qu’ils ont ouvertes dans les façades. Les écoles ont été particulièrement visées, y compris l’American School, considérée comme la meilleure institution scolaire de Gaza..."
-GAZA • Le jour d'après:
"...Des quartiers entiers ont disparu. A certains endroits, les comparaisons avec un tremblement de terre ou un tsunami semblent insuffisantes pour en rendre compte. C'est le cas des quartiers situés à l'est du camp de réfugiés de Jabaliya, qui se trouve au nord de la bande de Gaza, ou encore du quartier d'Al-Zeitoun, situé au sud de la ville de Gaza. Des centaines de maisons se sont volatilisées, au point que beaucoup ne reconnaissent plus les lieux.
Des familles entières ont été emportées...."
-Gaza : la faim, le froid, la mort | AgoraVox:
Les gazaouis qui avaient fui les combats regagnent leurs maisons. Mais ils seront nombreux à n’avoir nulle part où aller. Selon les estimations, 15% des habitations de Gaza seraient détruites, et les infrastructures ont été gravement endommagées. Mise à jour - la BBC donne une première estimation de 4100 habitations détruites et 17 000 endommagées.
-A Gaza, un médecin français raconte l’horreur
- Les gazaouis retournent dans leurs maisons - si elles existent encore
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-«La riposte automatique est aussi un crime de guerre»:
"...Avant de répondre au feu, les militaires doivent estimer si les avantages seront proportionnés aux pertes civiles qu’ils pourraient infliger. Tout aussi complexe est la question de l’utilisation par Tsahal de certaines armes, comme les obus au phosphore, non interdits par les conventions internationales mais dont l’emploi dans un environnement aussi densément peuplé «viole l’obligation faite par le droit international humanitaire de prendre toutes les précautions possibles pour éviter de tuer ou blesser des civils», comme le rappelle Human Rights Watch...."
-Le droit international de la guerre, définition juridique
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-Les 22 jours qui ont tué Israël ! | AgoraVox:
"Après le président de l’assemblée générale des Nations Unies, Miguel d’Escoto Brockman, du Nicaragua, c’est au tour du secrétaire général de l’Institution onusienne, qui demande des comptes, à ceux qui ont bombardé les écoles de l’ONU...
Je comprends ... ceux qui disent que les autorités israéliennes, ne veulent vraiment pas faire la paix car, le plus fort doit tendre la main, et non l’inverse.
Heureusement que ce point de vue est partagé par des voix autorisées comme Rony Brauman, Eric Hazan, Michael Warschawski, ou encore Pierre Stambul pour ne citer que ceux-là, qui demandent que soient jugés, Tzipi Livni, Ehud Olmert et Ehoud Barak. 22 jours pour rien. Inutiles. Laids. Sanglants. Ignobles. Résultat des courses : le renforcement du Hamas, à qui Mahmoud Abbas demande de constituer un gouvernement d’union nationale..."
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-Obama, Israël et la Palestine: où se joue la paix du monde | Mediapart:

"...La Palestine semble un point aveugle de la vision du monde de ce nouveau président qui s'est pourtant promis de réconcilier en profondeur l'Amérique avec la planète. Un président, de plus, qui, dans son itinéraire intellectuel, ne fut pas sans connaître la personne et l'œuvre d'Edward Said (1935-2003), cette figure de la Palestine en Amérique dont la voix fait aujourd'hui cruellement défaut et qui n'aurait sans doute pas manqué de l'interpeller sur le sujet. Obama n'évoque jamais en tant que telle la question palestinienne, avec ses spécificités et ses particularités. Sur ce sujet, il joue la réserve, l'absence ou la prudence. S'il mentionne le dialogue nécessaire avec l'Iran, le retrait des troupes d'Irak, la consolidation de l'engagement en Afghanistan, etc., jamais il ne souligne que le fait de laisser en souffrance la revendication palestinienne ne fait qu'aggraver les déséquilibres du monde, tant cette injustice flagrante en augmente les dangers potentiels par le ressort du ressentiment, entre souffrance et radicalisation, colère et haine. Tout au plus, dans un récent entretien au magazine Time, mentionne-t-il avec d'infinies précautions son projet de «tenter de consolider certains progrès en cours, du moins en termes de dialogue, dans le conflit israélo-palestinien».-Le silence du président élu, ces dernières semaines, face aux événements de Gaza n'était donc pas de circonstance : il vient de loin, comme si Obama s'était résigné par avance à la dimension inextricable du conflit israélo-palestinien ou comme s'il retenait sa parole, quitte à la rendre banale, tant qu'il n'aura pas su inventer une nouvelle voie vers la paix, décisive et efficace. Faisant le pari de l'espérance, on a déjà écrit ici que son élection marquait la victoire de l'imprévisible. Aussi veut-on bien croire que de discrètes révisions sont en cours, que les ouvertures promises en direction de l'Iran annoncent un nouveau jeu diplomatique et que ce politique à la fois pragmatique et visionnaire couvre d'un silence rusé des intuitions suprenantes. Mais s'il est trop tôt pour conclure, il est grand temps d'alerter : si Obama renonce, attend ou tergiverse sur le dossier palestinien, il prend le risque de perpétuer la machine infernale qui s'est emballée depuis le 11 septembre 2001 et contre laquelle il s'est dressé, ancrant sa future campagne dans un « non » aussi catégorique que fondateur, proféré dès 2002 lors d'une mobilisation anti-guerre d'Irak à Chicago...."

Aide aux banques: qui va payer ?

"Comment expliquer aux citoyens français que l'Etat -(c'est à dire nous les citoyens) - vient de prêter 10,5 milliards d'€ à ces banques, et qu'il s'apprêter à leur accorder une nouvelle ligne de crédit de 10,5 milliards, que ces établissements prêtent toujours aussi peu d'argent aux entreprises en difficulté et aux particuliers"

-"le bilan de la BNP Paribas c'est 1 800 milliards d'€, quasiment le PIB de la France. Voilà la preuve que ces 10 milliards d'€de fonds propres en plus ou en moins ne font aucune différence "Nicolas Sarkozy qui entend "moraliser le capitalisme" ne craint donc pas d'abreuver en fonds publics ces établissements bancaires qui ,pendant des années, ont engrangé des milliards de profits." (J.Marseille)


Banques: l'argent de l'Etat servira-t-il les actionnaires? | Mediapart:

"...De plus en plus de voix à gauche mais aussi dans la majorité s'étonnent de l'étrange mansuétude dont fait preuve l'Etat à l'égard des banques qu'il secourt. Les conditions devraient être un peu durcies dans le deuxième volet du plan de sauvetage bancaire, en cours de discussion. Mais pour beaucoup, les contreparties demandées par l'Etat sont encore très loin de ce qu'il serait en droit d'exiger contre 21 milliards d'euros d'aides....
Toutes les banques s'en tiennent à une position de principe, celle du droit des sociétés: les dividendes sont votés par l'assemblée générale des actionnaires sur proposition du conseil d'administration. En langage décodé, cela ressemble à une fin de non-recevoir. L'Etat n'étant pas actionnaire des banques, il n'a pas à se mêler de leur politique de distribution et de rémunération....
Que feront-elles? Les comptes n'étant pas encore arrêtés, il est difficile de savoir si toutes résistent à la tourmente financière. Mais une chose est sûre: si leur résultat le leur permet, les banquiers verseront des dividendes à leurs actionnaires. C'est ce qu'avait laissé entendre BNP Paribas dès l'adoption du plan: «Cela ne remet pas en cause notre politique de dividende», s'était alors félicitée la banque...
Une grande partie du monde bancaire est persuadée que la fin de la crise va se traduire par de nouvelles concentrations bancaires. Dès lors, chacune s'efforce de constituer des forces, de s'assurer des fidélités. Même si celle des actionnaires est toute relative: dans une bataille boursière, l'argument d'une prime l'emporte bien souvent sur un supposé affectio societatis. Qu'importe! Il faut plaire aux actionnaires. ...
Dès le lancement du plan de sauvetage bancaire, cette situation était prévisible. D'emblée, le gouvernement français a choisi de se lier les mains, et de renoncer à toutes ses prérogatives. Une démarche inverse à celle de tous les autres gouvernements. Parce qu'ils estimaient impossible de verser de l'argent public sans surveiller son utilisation, les gouvernements américain, anglais, allemand – qu'on ne peut guère soupçonner de vues étatistes – ont tous exigé d'être actionnaires, d'entrer au conseil, et ont imposé de fortes limitations sur les rémunérations voire la suppression des bonus.
L'Etat français, largement inspiré par le monde bancaire en général, et par Michel Pébereau, président de BNP Paribas en particulier, n'a rien demandé de cela. Il a refusé d'être actionnaire, d'entrer au conseil, et n'a assorti ses aides d'aucune limitation sur les rémunérations. L'auto-régulation du monde bancaire devait suffire à garantir le bon emploi de l'argent public...
Les banques ne sont pas les seules à avoir ce traitement privilégié. L'Etat envisage d'apporter plusieurs milliards d'aides au secteur automobile, dans le cadre d'un plan qui doit être annoncé le 20 janvier. De même, il compte racheter plusieurs milliers de logements pour aider les promoteurs à traverser la crise immobilière. A chaque fois, il s'agit d'argent public. Mais il semble qu'à aucun moment, le gouvernement n'ait envisagé de demander des restrictions sur le versement des dividendes ou sur les rémunérations des dirigeants à tous les groupes automobiles ou immobiliers qui en bénéficieront."
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Question à 1 000 milliards de $...
quel journal a-t-il osé titrer:

"le moment est venu d'envoyer Wall Street en prison"L'odieux coupable n'est autre que le très sérieux mensuel américain "Fortune", la bible du capitalisme anglo-saxon, celui qui publie chaque année le classement des plus gros comptes en banque de la planète.Fortune va même plus loin en sous-titrant "rendez l'argent"Sous entendu: vous, messieurs les actionnaires, qui vous êtes goinfrés de dividendes indécents pendant des années, vous messieurs les patrons, qui vous êtes gavés de revenus démentiels, vous messieurs les traders, messieurs les managers de Fonds spéculatif, qui avez été rassasiés de bonus obscènes, vous messieurs les chefs d'entreprise, qui avez bénéficié de subventions publiques et d'exonérations fiscales en tout genre, vous messieurs les banquiers, que les Etats sont en train de sauver de la faillite à coup de milliards...L'heure est enfin venue de partager et de redistribuer...osons dire...de faire preuve de solidarité, pour ne pas dire de civisme Selon le quotidien " les Echoss" les trois plus grandes banques françaises ( BNP Paribas, Société générale et Crédit Agricole ) vont dégager en 2008, 9 milliards de € de profits. Résultat inouï, sidérant, suffocant même, dont le tiers au moins, sera reversé sous forme de dividendes aux actionnaires.( Le secteur financier, de dérégulation en déréglementation, a pu acquérir, relativement à l'économie réelle, une prépondérance inconnue jusqu'à présent. Alors que les profits de la finance ne représentaient que 14% du total réalisé par les entreprises américaines en 1960, ce chiffre atteignait 37% en 2007.)

Comment expliquer aux citoyens français que l'Etat -(c'est à dire nous les citoyens) - vient de prêter 10,5 milliards d'€ à ces banques, et qu'il s'apprêter à leur accorder une nouvelle ligne de crédit de 10,5 milliards, que ces établissements prêtent toujours aussi peu d'argent aux entreprises en difficulté et aux particuliers.Situation inexplicable, injustifiable, insupportable.L'Etat va de nouveau recapitaliser les banques françaises pendant que celles-ci, comme si de rien n'était, s'apprêtent à distribuer des dividendes himalayens.Or ces banques disposent d'une autre source de financement à toute épreuve : La Banque Centrale Européenne (B.C.E) qui leur a ouvert comme jamais les vannes du crédit pour éviter la rupture totale des circuits financiers tant redoutée après la faillite de l'américain Lehman Brothers, le 15 septembre dernier.Depuis l'automne, les réseaux bancaires français ont obtenu plus de 20 milliards des fonds d'épargne de la Caisse des dépôts qu'elles ont ensuite prêtés, du moins on l'espère, aux PME au bord de l'asphyxie. Mieux encore,depuis le 1er janvier, toutes les banques commerciales ont désormais le droit de distribuer le livret A, autrefois monopole de la Caisse d'épargne, de la Poste et du Crédit mutuel.

Même Jacques Marseille, économiste et essayiste apprécié de la droite la plus libérale, s'étouffe à l'idée d'un tel gâchis "le bilan de la BNP Paribas c'est 1 800 milliards d'€, quasiment le PIB de la France. Voilà la preuve que ces 10 milliards d'€de fonds propres en plus ou en moins ne font aucune différence "Nicolas Sarkozy qui entend, affirme-t-il "moraliser le capitalisme" ne craint donc pas d'abreuver en fonds publics ces établissements bancaires qui ,pendant des années, ont engrangé des milliards de profits. Ainsi, BNP Paribas, qui fut longtemps figure de modèle ; de 2003 à 2007, a banque présidée par Michel Pébereau, par ailleurs conseiller du prince et de ses ministres, a dégagé près de 30 milliards d'€ de bénéfices nets. Sur la même période, 11,5 milliards ont été versé sous fore de dividendes et près de 5 milliards ont été consacrés aux rachat d'actions. Au total, ce sont 16,5 milliards qui ont été versés aux actionnaires. Plus de la moitié des bénéfices !Cette hémorragie a fragilisé les fonds propres de l'entreprise, alors même que son bilan grossissait avec la bulle.La solvabilité de la banque s'est fortement dégradée, son ration passant de 9,5% en 2003 à 5,9% fin 2008.En décembre dernier, BNP Paribas a donc reçu un premier chèque de 2,55 milliards de la part de la société de prise de participation de l'Etat (SPPE).

Ce prêt n'est assorti d'aucune obligation, (hormis le versement d'un intérêt de 8%). Rien n'oblige les banques à utiliser cet argent frais pour faciliter l'accès au crédit des entreprises en particulier.Mieux, les banques pourront, si elles le souhaitent, rembourser ces "obligations convertibles" à leur guise, voire les conserver "ad vitam eternam".Bref l'Etat est incapable de dire comment cet argent sera utilisé.Dans cet étrange contexte, les patrons seront aussi bien servi que les actionnaires. Le gouvernement avait promis que, grâce au code de bonne conduite du Medef, on verrait enfin disparaître bonus extravagants, parachutes dorés choquants retraites chapeau démesurées et stock-options déraisonnables; Une enquête du cabinet Hewitt Associates contredit ce voeu pieux. C'est ce que disait déjà, en décembre dernier, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. Pourquoi se gêner, d'ailleurs, puisque le gouvernement repousse chaque mois l'idée de légiférer...!

(Millésime)
-Le tour de passe-passe des bonus, par Nicolas Dupont-Aignan
-Aide aux banques : des fonds propres... un peu sales ?
-Qui paiera la dette de la crise?
-Deuxième vague d’effondrements bancaires | AgoraVox
-Recherche Google : aide aux banques
-Un Sarkozy bancal sur l’aide aux banques
-C.Lagarde conditionne l'aide aux banques
- Phase IV de la crise systémique : Début de la séquence d'insolvabilité globale:
"..Et 2009 est l'année qui va obliger tous les acteurs économiques à tenter d'évaluer concrètement l'état de leur solvabilité, sachant que nombre d'actifs continuent encore à perdre de la valeur. La difficulté est qu'un nombre croissant d'opérateurs ne font plus confiance aux indicateurs et instruments de mesure traditionnels. Les agences de notation ont perdu toute crédibilité. Le Dollar US n'est plus qu'une fiction d'unité de mesure monétaire mondiale dont nombre d'Etats tentent de se dégager au plus vite (6). Donc toute la sphère financière est à juste titre suspectée de n'être plus qu'un immense trou noir. Pour les entreprises, plus personne ne sait si les carnets de commande sont fiables (7) puisque, tous secteurs confondus, les clients annulent massivement les commandes (8) ou n'achètent plus, même quand les prix sont cassés, comme le confirme la forte baisse des ventes de détail de ces dernières semaines (9). Et pour les Etats (et autres collectivités publiques), c'est dorénavant l'effondrement des recettes fiscales qui fait craindre une envolée des déficits pouvant entraîner là aussi des faillites. D'ailleurs, des milliardaires russes (10) aux pétromonarchies du Golfe arabique en passant par l'Eldorado commercial chinois (11), ce sont toutes les « poules aux œufs d'or » des entreprises et des établissements financiers de la planète (et notamment européennes, japonaises et nord-américaines (12)) qui s'avèrent désormais insolvables ou tout juste solvables. La question de la solvabilité de l'état fédéral et des états fédérés américains (13) (comme de celle de la Russie ou du Royaume-Uni) commence d'ailleurs également à être posée dans les grands médias internationaux ; tout comme d'ailleurs celle des grands fonds de pension par capitalisation, grands acteurs de l'économie globalisée de ces vingt dernières années."

-Jusqu'à quand l'Amérique trouvera-t-elle des prêteurs ?
- Evans-Pritchard : de sérieuses inquiétudes pour la Livre Sterling
-Roubini : les pertes peuvent atteindre 3600 milliards, le système bancaire US est virtuellement en faillite
-Lorsque le pouvoir politique se heurte à celui des marchés financiers... | Mediapart
-Sauver les banques, et après ? par Paul Jorion

- Banques zombies et retour du culte du Vaudou, par Paul Krugman
-Les banquiers de la honte

mardi 20 janvier 2009

Obama: ruptures ?

La fête aujourd'hui , les larmes demain...?

"Nous faisons face aux jours difficiles qui nous attendent avec le chaleureux courage de l'unité nationale ; avec la claire conscience de rechercher de vieilles et précieuses valeurs morales ; avec la satisfaction claire provenant de l'accomplissement sérieux du devoir par l'âgé autant que par le jeune. Nous visons la sûreté d'une vie nationale complète et constante.
Nous n'avons pas perdu foi dans le... le futur de l'indispensable démocratie. Le peuple des Etats-Unis n'a pas échoué..." (B.O.)


I mean, I think personally he [President George W. Bush] is a good man who loves his family and loves his country.” (B.O.)

-Bush peut partir avec le sentiment du désastre bien fait | Rue89






-Obama passera-t-il de Lincoln à Roosevelt? | Mediapart:

Barack Obama a placé son investiture sous le signe de Lincoln, qui a rédigé le 13ème amendement, celui qui abolit l'esclavage. Pourtant, la situation qu'il va devoir gérer ressemble beaucoup plus à celle qu'a rencontré Roosevelt.Ce week-end, le "président élu" a fait le voyage de Philadelphie à Washington dans le train de Lincoln. Mardi, le "nouveau président" prêtera serment sur la bible du même. Pourtant, il ne faut pas se tromper sur les intentions véritables de ce "grand Républicain":

"Mon objectif principal dans cette lutte est de sauver l’Union, non de sauver ou de détruire l’esclavage", avouait-il. "Si je pouvais sauver l’Union sans libérer aucun esclave, je le ferais ; si je pouvais la sauver par la libération de tous les esclaves, je le ferais ; et si je pouvais la sauver en en libérant certains et en laissant les autres de côté, je le ferais également. Ce que je fais au sujet de l’esclavage et des gens de couleur, je le fais parce que je pense que cela aide à sauver l’Union." La raison d'Etat. Elle, seulement!

Plus discrètes, les allusions à un "grand Démocrate", Franklin Delano Roosevelt, sont peut-être plus pertinentes. En 1933, le président sortant, le républicain Herbert Hoover vient d'être battu alors qu'il n'a pas su réagir au grand krach de 1929, parce qu'il n'a pas sur la reconnaître, parce qu'il n'a pas su dire la vérité aux Américains.Roosevelt, dans son discours d'investiture, leur tient un autre langage: celui de la transparence. "C'est par dessus tout le moment de dire la vérité, toute la vérité, franchement et courageusement. Nous ne pouvons faire l'économie de l'honnêteté face à la situation de notre pays aujourd'hui." Mais c'est aussi un discours de combat, dont l'Histoire retiendra une formule: "la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même"....

OBAMA"...C'est par dessus tout le moment de dire la vérité, toute la vérité, franchement et courageusement. Nous ne pouvons faire l'économie de l'honnêteté face à la situation de notre pays aujourd'hui. Cette grande nation résistera, comme elle a résisté, se relèvera et prospérera. Donc, premièrement, permettez-moi d'affirmer ma ferme conviction que la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même - l'indéfinissable, la déraisonnable, l'injustifiable terreur qui paralyse les efforts nécessaires pour convertir la déroute en marche en avant. Lors de chacune des noires heures de notre vie nationale, un franc et vigoureux commandement a rencontré cette compréhension et ce soutien du peuple même qui sont essentiels à la victoire. Et je suis convaincu que de nouveau vous lui donnerez votre soutien en ces jours critiques...."
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-L'Obamania : une pure bulle spéculative:
"...L'élection d’Obama nous annonce-t-elle vraiment une nouvelle Amérique qui aurait enfin compris la nécessité de réformer en profondeur son modèle de civilisation ? Une Amérique qui aurait enfin compris qu'elle ne pouvait plus continuer vivre indéfiniment au crochet du monde ? Une Amérique qui aurait renoncé à la prétention de se croire une nation élue de Dieu, disposant de tous les droits, infaillible et prédestinée à conduire le monde ? Le discours de Barack Obama après son élection ne contenait pourtant rien qu'un storytelling dégoulinant sur le thème de l’espoir et du changement, célébrant l'Amérique éternelle et l'ère nouvelle de son avènement. Tout cela sonne vide et creux. De l'apparence, de la forme, de l'illusion. Du vent. Un vent frais et agréable après 8 ans de bushisme, mais du vent tout de même..."

-L’élection de Barack Obama : ’change’ ou donner le change ? | AgoraVox
-Sous l'intronisation d'Obama, la crise s'approfondit
- Paul Krugman : le plan de relance d’Obama est loin du compte
-M. Obama devant les décombres
-Le déclin de l’empire américain | AgoraVox
-(Pire hypothèse (?):Destruction du dollar | AgoraVox
-Obama-actualité avec Libération
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- Obama : et le changement ?...
- L'héritage d'Obama
- Obama : mandat à haut risque
- USA : séisme social
- USA : période cruciale
- Où va l'empire ?
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Reconstruire l'Amérique (?) avec MoveOn.org: Democracy in Action

lundi 19 janvier 2009

Crise: Que peut, que doit faire l'Etat ?

"À chaque phénomène, on trouve une explication technique, et surtout partielle, généralement a posteriori. Mais jamais, au grand jamais, on ne cherche à relier les problèmes les uns aux autres. Dans une société dominée par la globalisation, il ne faut surtout pas. globaliser les problèmes. Car ce serait reconnaître que la crise que le monde traverse, comme la paupérisation en marche de nos classes moyennes, ne tombe pas du ciel et qu'il s'agit bien d'une crise globale.
Elle est la conséquence des dérives d'un processus entamé, voilà près de trente ans, lorsque le capitalisme anglo-saxon a décidé de revenir aux sources du libéralisme et de s'imposer aux quatre coins du monde. Dans les années quatre-vingt-dix, l'alliance sinoaméricaine, Internet et la financiarisation de l'économie ont fait croire au triomphe définitif de la mondialisation. Trop rapide, trop forte, trop brutale, elle a débouché, après le 11 septembre 2001, sur une sorte de spirale infernale, une fuite en avant des pays occidentaux dans une économie de la dette.
Les Anglo-Saxons ont joué les apprentis sorciers..
."

-Que peut l’Etat face à une crise globale ?

"Se contenter de dénoncer les excès, les dérives du « capitalisme financier » ne veut rien dire. Le capitalisme financier est un moment du capitalisme Le problème n’est pas tant celui des dérives des financiers, sans parler des escroqueries, mais bien de tenter de comprendre que cela a été le fruit d’une autre dérive : celle d’un libre-échangisme effréné, totalement incontrôlé, qui a démarré en 1980 avec Reagan et qui s’est réellement envolé en 2001 avec l’entrée de la Chine dans l’OMC. Rien ne serait sans doute arrivé sans une alliance qu’on peut estimer contre-nature entre le parti communiste chinois et le Big business américain. Cette alliance remonte à 1978 quand Deng Xiaoping a choisi de faire entrer la Chine dans l’économie de marché. Cette longue marche s’est faite avec l’assentiment de la diaspora chinoise (qui a joué un rôle considérable), avec un lien entre le dollar et le yuan qui explique que jusqu’à aujourd’hui les multinationales, qu’elles soient japonaises puis américaines et ensuite européennes, ont eu tout intérêt à délocaliser leur production en Chine. Le dollar et le yuan étant liés, les coûts de production des multinationales baissaient au fur et à mesure qu’on s’installait en Chine. A partir de 2001, une explosion du commerce mondial et des exportations chinoises entraîna des délocalisations massives, des déficits commerciaux gigantesques, aux États-Unis, mais aussi en Europe, en Grande-Bretagne, en France (qui voit s’aggraver ses déficits commerciaux), en Espagne, aux Pays-Bas. Seule l’Allemagne échappait à la règle. On a masqué la paupérisation relative (car les déficits commerciaux sont une perte de richesse) des classes moyennes occidentales par du crédit aux États-Unis. La planche à billets a fonctionné à plein, on a fait du crédit sur des mortgages, sur les maisons, du crédit à la consommation. Le système financier a fait ses propres crédits avec le LBO (Leverage Buy-Out). On a donc construit une gigantesque bulle, alimentée par les surplus chinois et japonais et les pétrodollars qui sont venus compenser les déficits américains. C’est cette bulle qui est en train de crever aujourd’hui...
Je ne crois pas beaucoup à une véritable action régionale en Europe parce qu’il est pratiquement impossible de mettre d’accord vingt-sept pays sur un certain nombre de décisions. Même face à l’urgence climatique, alors qu’on sait que les centrales au charbon émettent massivement des gaz à effet de serre, on trouve des compromis boiteux avec les Polonais qui ne veulent absolument pas revoir leur politique énergétique. Les Allemands, toujours prêts à donner des leçons à tout le monde ne relancent pas le nucléaire et mènent leur propre politique.
Il n’y a pas d’Europe et c’est peut-être le drame de notre continent,
il n’y a pas de politique européenne et la crise le démontre. Alors on va en être réduits à mener une action nationale...
Nous avons fait un choix, nous sommes entrés dans l’Europe, parfois à reculons, avec réticence mais nous y sommes et, aujourd’hui, nous constatons que
nous n’avons plus d’outils de pilotage, le plan n’existe plus, la DATAR n’existe plus. Il y a pis : les grandes administrations ont subi une forte évolution, les hauts fonctionnaires en poste ont été nourris au biberon de l’idéologie dominante des vingt-cinq dernières années...
Si on veut mener une politique industrielle, quatre ingrédients sont nécessaires : des moyens financiers, des moyens structurels, des moyens humains et des moyens idéologiques c’est à dire avoir un discours cohérent, crédible et savoir le vendre aux opinions. Les moyens financiers. L’Etat est ruiné. François Fillon a raison de le dire, l’Etat est totalement paupérisé, il ne peut plus investir, il rogne des fonds de tiroirs vides. Il n’investit plus depuis des années. C’est aussi vrai de bien des grandes entreprises. Je pense à RFF (Réseau ferré de France), aux systèmes de distribution électrique.
Nous n’avons pas investi depuis quinze ou vingt ans, c’est la principale critique que l’on peut faire à ce capitalisme global financier. Nous avons collectivement négligé le long terme, Américains du nord et du sud, Européens... tous les pays ont négligé les investissements collectifs, les investissements de long terme, la recherche fondamentale..
La crise, en nous obligeant à passer à une vitesse supérieure sur un nouveau modèle de croissance, peut être une chance...
Rétablir les règles du jeu c’est essayer de rétablir un peu les équilibres. Aucune raison ne justifie que les classes moyennes occidentales soient les variables d’ajustement du profit des multinationales Avez vous remarqué que l’on ne parle jamais d’elles ? On parle des banquiers, des financiers, mais jamais du rôle des multinationales dans l’économie globalisée. Or ce sont elles qui ont piloté cette économie globalisée. Elle a été faite par et pour le Standard and Poor 500 et accessoirement par et pour le CAC 40. Les Chinois en ont profité, Wall Street en a profité mais les multinationales, leurs actionnaires et leurs patrons en ont aussi très bien profité. C’est ce rééquilibrage qui doit intervenir Il va falloir relocaliser les emplois en Europe..."
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Jean-Michel Quatrepoint: sortir du court-termisme
-Crise financière, Etats-Unis, mondialisation : ce que disait Jean-Pierre Chevènement
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-Retour à Keynes ?
-Un autre système financier
-Protectionnisme raisonnable ?

dimanche 18 janvier 2009

Protectionnisme raisonnable ?


"'Nothing, however, can be more absurd
than this whole doctrine of the balance of trade"
(Adam Smith - the wealth of nations")

"En remettant des barrières douanières à l’échelle de l’Union européenne, on pourrait restaurer les conditions d’une certaine loyauté commerciale et faire cesser la concurrence entre travailleurs des pays industrialisés et des pays à bas salaires. Eviter le dumping social, donc, mais aussi le dumping écologique largement pratiqué." (FC)


- " Il y a des moyens juridiques, des moyens vraiment commerciaux, éventuellement des moyens financiers, qui peuvent permettre de mieux réguler le commerce international. Sachant que l’OMC n’est vraiment pas le bon outil, puisque l’OMC est dans une logique où il faut faire le maximum de libre-échange - c’est sa mission dernière, et c’est même sa fin dernière ! Donc il ne faut pas compter sur l’OMC." (HEK)
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Dieu nous protège du protectionnisme!:

Un spectre hante l’Europe … le protectionnisme. La formule n’est pas qu’une blague de potache brodant sur la formule de Marx. Plus la crise s’approfondit, plus la crainte grandit, parmi les Yes men du néolibéralisme, de voir des nations et de peuples donner un coup de frein au libre-échangisme intégral.
L’éditorial publié par Le Monde du samedi 17 janvier est, à ce titre, un véritable bijou de rhétorique. Son auteur, qui ne semble pas si à l’aise avec les doctrines économiques, se fait le greffier de la réunion de crise du G20 du 15 novembre 2008. La résolution adoptée, rappelle-t-il, a pris l’engagement « de ne pas élever de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce des biens et des services. »
Or, constate l’éditorialiste du Monde, Bush et Sarkozy n’ont pas respecté cette promesse. Le premier en triplant la taxe sur le roquefort, et le second en conditionnant les aides à l’automobile par l’engagement des groupes du secteur à ne pas délocaliser.
La naïveté de ce raisonnement est surprenante pour un quotidien de référence. Il faut être bien distrait pour ne pas savoir que le protectionnisme américain est bien réel et fonctionne très bien dans des secteurs d’activité autrement plus importants que le fromage. Et il faut être, comme l’auteur de l’article du Monde, bien indifférent à la condition ouvrière, bien calé dans son fauteuil directorial, bien protégé par la langue française - qui empêche d’être concurrencé par un éditorialiste chinois ou indien – pour s’indigner de ce qu’un Président de la République envisage de protéger des ouvriers métallurgistes (ce qu’il ne fera sans doute pas, mais c’est une autre question).
Le Monde, regretterait-il le discours d’un Jospin annonçant aux grévistes de Vilvorde qu’il leur fallait se résigner et accepter de changer de métier ? Son éditorialiste déplore cette spirale protectionniste qui semble toucher tous les continents : la Russie qui taxe les importations d’automobiles, le Mexique qui se plaint de la Chine, etc. Il vient, surtout, au secours d’un Pascal Lamy qui éprouve les plus grandes difficultés à clore le cycle de négociations commerciales initié à Doha en 2001.
Mais agiter le spectre du protectionnisme national des années 1930 qui serait responsable de la crise – ce qui constitue un contre-sens historique – revient à poursuivre la lutte contre un communisme devenu évanescent.
Les réticences des nations et des peuples à poursuivre sur la voix de la libéralisation totale des échanges sont plus que compréhensibles, elles sont légitimes. On en revient forcément à l’analyse de la crise des subprimes. Qui l’a déclenché ? Des banquiers inconscients, des financiers irresponsables et quelques escrocs à la Madoff ? Ou bien le modèle du du libre-échange et ses ayatollah qui après avoir provoqué une compression salariale massive dans les pays développés, ont ensuite encouragé et multiplié les prêts aux familles des classes moyennes pour maintenir – provisoirement bien sûr - un taux de croissance permettant aux entreprises de continuer à vendre leurs produits à des gens qui n’avaient plus le moyens de les acheter ? Voilà la vraie raison de cette crise qu'une majorité d'experts, d'économistes et de chiens de garde médiatiques persistent à masquer en évoquant «les excès du capitalisme financier» ou «l'absence de régulation».
Continuer à diaboliser le protectionnisme est d’autant plus inacceptable que personne ne propose de «fermer les frontières». Le libre-échange intégral est d’ailleurs une utopie. Pour ne prendre qu’un exemple, le dumping monétaire des Chinois et des Américains constitue une entrave très sérieuse aux échanges puisqu’il freine et rend très difficiles les exportations des pays européens à l’exception – sans doute provisoire – de l’Allemagne qui dispose d’un quasi-monopole dans le domaine des équipements industriels. Il ne s’agit évidemment pas d’arrêter les échanges mais de leur permettre de s’effectuer dans le cadre d’une concurrence loyale, sans distorsion trop grande de coûts salariaux, de règlementations et de parités monétaires. Bref, il s’agit de réfléchir à un protectionnisme à l’échelle européenne, perspective d’autant plus réaliste que l’Europe constitue le plus grand marché mondial. Réfléchir mais vite : plus le temps passe, et plus l'échec de plans de relance qui visent davantage à sauver le système qu'à créer les conditions d'une transformation réelle nous rapproche d'une alternative radicale : le chaos social ou une sérieuse limitation de la liberté des échanges."
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- USA : retour à l'isolationnisme ?
-- Mondialisation et démocratie
-Pascal Lamy : enfin ! ?
-Pour un "localisme" ouvert
-Le retour au protectionnisme serait catastrophique
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- Emmanuel Todd : un protectionnisme européen raisonnable s’impose
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-Pour un protectionnisme européen-
-Protectionnisme ou inflation, il faudra choisir !
-L'OBSERVATOIRE DE L'EUROPE
-Un protectionnisme européen assumé contre les protectionnismes nationaux cachés
- Protectionnisme : réticences... et nécessité d’un protectionnisme européen
-Allais : Mondialisation
-Arguments-Mondialisation : non à la tentation protectionniste ...(?)

samedi 17 janvier 2009

USA : Université et marché

"L’afflux des « cerveaux » aux Etats-Unis, si souvent déploré, révèle surtout les faiblesses de l’enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l’étranger, en Chine, en Inde... ou en France.... il ne faudrait pas idéaliser le système américain." (Pierre Gervais)
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"Le désir d’accès universel au savoir, l’autonomie de gestion, la valeur attribuée aux investissements publics, l’ouverture aux mouvements sociaux, les passerelles entre recherche de pointe et instruction publique : voilà ce qui faisait la force du système universitaire américain. Aujourd’hui, ce sont les faiblesses de l’édifice qui apparaissent : un enseignement de qualité réservé aux plus riches, des investissements privilégiant un rendement rapide, une stratification sociale marquée, une concurrence engendrant des coûts prohibitifs, une concentration des ressources au sommet de la pyramide. Un tel glissement général constitue sans nul doute une victoire pour la droite américaine puisqu’il entérine l’abandon de l’ambition d’une éducation de haut niveau destinée à l’ensemble de la société
.
" (Christopher Newfield)
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M. Tom Hayden, sénateur de l’Etat de Californie, se demandait « si la recherche biotechnologique n’allait plus être désormais dominée que par l’intérêt des entreprises, et si les éventuels critiques de telles pratiques au sein du monde universitaire ne risquaient pas d’être muselés ». ...C'est en bonne voie...
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"Une enquête du Los Angeles Times a révélé que 19 des 40 articles publiés au cours des trois dernières années dans la rubrique « drug therapy » de la prestigieuse revue médicale New England Journal of Medicine avaient été rédigés par des médecins rémunérés par les fabricants des médicaments qu’ils étaient chargés d’évaluer."
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"Le poète Percy Bysshe Shelley a écrit que, dans la rapacité créée par la révolution industrielle, les gens abandonnent d’abord leur esprit ou leur capacité à raisonner, puis leur cœur ou leur capacité d’empathie, jusqu’à ce qu’il ne reste de l’équipement humain originel que leurs sens ou leurs demandes de satisfactions égoïstes. A ce stade, les humains entrent dans la catégorie de produits de consommation et de consommateurs du marché - un élément de plus dans le paysage commercial. Sans cœur et sans esprit, ils sont instrumentalisés à acheter tout ce qui calme leurs sens exigeants et apeurés - des mensonges officiels, des guerres immorales, des poupées Barbie et des enseignements en faillite."(Luciana Bohne)
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L'université américaine vampirisée par les marchands:

"EN novembre 1998, l’Université de Californie, Berkeley, concluait un accord avec la société suisse Novartis. Un don de 25 millions de dollars fut accordé au département de microbiologie (Plant and Microbial Biology). En contrepartie, l’université publique accordait au géant suisse de la pharmacie et de la biotechnologie le droit de s’approprier plus du tiers des découvertes générées par les chercheurs du département (y compris celles financées par l’Etat de Californie ou par le gouvernement fédéral), ainsi que de négocier les brevets d’invention qui en découlent. De plus, l’université accordait à Novartis le contrôle de deux des cinq sièges du comité de recherche du département, chargé de l’allocation des fonds de recherche.L’accord Berkeley-Novartis souleva un tollé. Plus de la moitié des enseignants du département en question exprimèrent leur inquiétude, car tant le principe de la « recherche pour le bien public » que le libre-échange des idées au sein de la communauté scientifique se trouvaient menacés . M. Tom Hayden, sénateur de l’Etat de Californie, se demanda « si la recherche biotechnologique n’allait plus être désormais dominée que par l’intérêt des entreprises, et si les éventuels critiques de telles pratiques au sein du monde universitaire ne risquaient pas d’être muselés »...
Depuis le début de la « révolte fiscale » déclenchée en Californie en 1978 avec la « proposition 13 » gelant la taxe foncière, les Etats, privés d’impôts, n’ont cessé de réduire leurs budgets d’éducation. En 1980, dans le but de restaurer la compétitivité de l’industrie américaine, la loi Bayh-Dole, du nom de ses deux parrains, l’un démocrate, l’autre républicain, autorisait pour la première fois les universités à breveter les inventions financées par le gouvernement. D’autres lois vinrent par la suite encourager les universités à commercialiser leurs brevets, et accorder des exemptions fiscales aux entreprises qui finançaient la recherche universitaire....
Tous les grands investissements effectués au cours des dix dernières années l’ont été grâce à des donations privées. Ainsi, pour bâtir sa nouvelle business school, l’université procéda à une levée de fonds frénétique. La famille Haas (héritière du fabricant de blue-jeans Levi Strauss), qui effectua la donation la plus importante, obtint que la business school portât son nom. De grandes entreprises financèrent des chaires. Le doyen de l’établissement porte par exemple le titre de « Bank of America Dean ». Les nouveaux bâtiments sont truffés de logos d’entreprises...
C’EST ce que MM. James Engell et Anthony Dangerfield, professeurs à Harvard, ont nommé le monde de « l’université marchande » (« market-model university ») : les départements qui « gagnent de l’argent », « étudient l’argent » ou « attirent l’argent » en sont les grands bénéficiaires . Les autres sont négligés, voire délaissés....
La logique de « l’université marchande »impose, pour les entreprises, que leurs donations soient considérées comme des investissements : publicité gratuite, éloges, respectabilité font partie, au même titre que les découvertes commercialisables, des bénéfices justifiés par la dépense (7). Et toute infraction mérite sanctions : Nike a récemment suspendu son concours financier à trois universités (Michigan, Oregon et Brown) sous prétexte que leurs étudiants avaient critiqué certaines de ses pratiques dans des pays pauvres, en particulier en matière d’emploi d’enfants...
Sur les campus, des personnages d’un type nouveau apparaissent : les professeurs-entrepreneurs pour qui l’ancrage dans une université offre la promesse d’un enrichissement rapide. Ces universitaires consacrent le plus clair de leur temps à leurs entreprises commerciales. L’affiliation universitaire leur procure la crédibilité scientifique, un point de chute en cas d’échec, et surtout la possibilité de privatiser les revenus tout en socialisant les dépenses..."

-Passé et passif de l’enseignement supérieur américain:
"... seules trente-cinq universités acceptent moins d’un étudiant sur quatre ; les cent premières en retiennent un sur deux ; la majorité est ouverte à tous. Plutôt que de garantir la qualité globale de l’enseignement, ce système de sélection légitime l’importance des moyens accordés aux établissements d’élite, qui ne représentent que 1 % à 2 % de l’ensemble. Les dix mieux dotés se sont attribué la moitié de l’augmentation des dons privés en 2006 ; l’université californienne Stanford, qui dispose déjà d’une dotation en capital (endowment) de 14 milliards de dollars, a récemment lancé une campagne afin de recueillir 4,3 milliards de dollars supplémentaires. On le voit, la sélection permet surtout d’assurer à une petite élite des ressources quasi illimitées. Une version informelle, à l’américaine en quelque sorte, des « grandes écoles » françaises . Le fait « d’aller au college », qui fut longtemps le dénominateur commun par excellence de la société américaine, sert aujourd’hui de loupe dévoilant l’inégalité croissante du système social (lire « “Diversité” contre égalité ? »).La situation tranche avec celle des années de prospérité consécutives à la seconde guerre mondiale. Washington confiait alors aux universités publiques une mission de réduction des inégalités...
l’arrivée au pouvoir de la droite dans les années 1980 en appréciant les efforts qu’elle a déployés pour détruire cette social-démocratie à l’américaine, pour en limiter le coût et contrecarrer ses effets égalitaires. La « guerre culturelle » cibla d’abord les universités des Etats à forte tradition sociale. En attaquant le « politiquement correct » et d’autres courants de pensée produits par le monde universitaire, la droite chercha à entamer le pouvoir de la « nouvelle classe ». Ses attaques se concentrèrent sur les idées qui la caractérisaient le mieux : la lutte contre la discrimination raciale, le désir d’autonomie dans le métier. Mais elles mirent aussi en cause un « enfermement » scientifique qui ne répondait pas assez à la logique du marché, un savoir sans retombées économiques immédiates.-Cette guerre des idées passa par une guerre économique engagée contre les aspirations et les exigences de la nouvelle majorité éduquée. La fiscalité et la privatisation en furent les bras armés. Des crises de financement artificiellement orchestrées aboutirent à une diminution des fonds alloués au système public d’éducation. Car la réduction des budgets des universités d’Etat ne reflète pas une baisse des revenus des contribuables (et parents), mais un recul sensible de la part de l’impôt sur le revenu affectée à ces établissements publics d’enseignement supérieur que fréquentent 80 % des étudiants américains . Ils ont vu leurs budgets réduits d’un tiers depuis vingt-cinq ans. Pour l’université de Californie, qui se situa à l’avant-garde de la recherche, la chute est de 40 % depuis 1990.Afin de combler ce manque, les universités publiques ont eu recours au mécénat, en particulier pour financer des recherches spécifiques ; elles ont également sollicité plus de fonds privés et accru considérablement leurs frais de scolarité...."

-Au coeur des universités américaines -Agoravox (témoignage)
"Les universités américaines sont largement idéalisées outre-atlantique. En réalité, certaines dérives ont rendu cette expérience universitaire moins agréable, moins intéressante et beaucoup plus coûteuse qu’auparavant...."

-Délits d’initiés sur le marché universitaire américain:
"...Le processus d’exclusion sociale opère à tous les niveaux d’un système rodé à habiller une sélection de classe sous couvert de performance universitaire. L’exemple le plus flagrant d’une telle distorsion est le traitement de faveur accordé aux « legs » (legacies) par la plupart des institutions d’élite. Ce terme désigne le traitement préférentiel en matière d’admission dont bénéficient les enfants et petits-enfants des alumni (anciens élèves). Pour les enfants de ceux qui contribuent généreusement au fonds de dotation de l’université, l’admission est presque acquise, à moins qu’il s’agisse d’un élève incapable de feindre la moindre aptitude scolaire..."
- Class Rules: the Fiction of Egalitarian Higher Education (Peter Sacks)

-L'apprentissage de l'imbécilité dans la culture de l'argent (témoignage):
"... Et cela met en relief l’incapacité de l’enseignement étatsunien à produire des cerveaux équipés du strict nécessaire pour la survie démocratique : l’analyse et la capacité de poser des questions.En d’autres termes, je ne pense pas qu’une éducation sérieuse est possible aux É.-U. Tout ce que vous touchez dans les annales de la connaissance est un ennemi de ce système de commerce et de profit, à en perdre la raison. La seule éducation permise est celle qui adapte au statu quo, comme dans les écoles coûteuses, ou qui produit des gens pour maintenir et renforcer le statu quo, comme dans l’école publique où j’enseigne....
l’état de délabrement atteint par l’enseignement étatsunien est à la fois planifié et délibéré. C’est la raison pour laquelle nos médias réussissent si bien avec leurs mensonges..."

-Oubliez Harvard
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-Les universités américaines à la diète
-Les universités américaines dans la tourmente