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mardi 10 mars 2009

A quoi sert le CRIF ?

Ou: qui sert le CRIF ?

Une organisation contestée



Le CRIF est-il encore crédible , quand il développe à ce point l'amalgame, en taxant d'antisémites les critiques légitimes de la politique israeliennes du moment , notamment dans sa récente action contre Gaza ?
Certaines déclarations équivoques ne trompent guère:"Le 4 janvier 2009, nous avons manifesté dans la dignité et le calme notre solidarité à l’égard de l’Etat d’Israël comme c’est notre droit de citoyens français, a rappelé Prasquier lors de son discours. Nous n’avons pas manifesté contre les Palestiniens".

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Il ne s’agit pas d’être "contre Israël" mais contre, en l’occurrence, les exactions perpétrées vis-à-vis d’une population civile, et de façon plus générale l’oppression subie depuis soixante ans par le peuple palestinien. Et aussi contre la violation par l’Etat d’Israël des résolutions de l’ONU, l’édification illégale du mur de séparation d’avec les territoires palestiniens, la construction de nouvelles colonies, illégales elles aussi." (O.B.)
"Que penser de la sortie du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, déclarant durant la manifestation organisée par le CRIF que "la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes", en pleine offensive sur Gaza (propos recueillis par Libération) ?" (O.B.)
-La taxation d'antisémitisme n'est-il pas parfois une arme idéologique commode et parfaitement intéressée dans certains cas, comme le reconnaissent certains Juifs de France , qui n'adhèrent pas aux thèses du Crif ?


L’antisémitisme sous toutes ses formes est condamnable sans restriction.
Mais l’accusation d’antisémitisme peut être un alibi , le produit d’arrière-pensées manipulatrices, d’une volonté de culpabilisation, de victimisation, d’un refus de toute critique de la politique israëlienne, d’un sionisme intégriste, dont beaucoup de Juifs de par le monde condamnent les pratiques...

-"La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique" (Esther Benbassa)
- " Les juifs ont-ils un avenir ? Les juifs ont survécu au pire. Ils se sauveront eux-mêmes, à leur manière, et ils changeront. Mais la qualité de leur avenir dépendra largement de la capacité qu’ils auront à ne plus céder à la fascination de la souffrance, à ne plus voir dans l’hostilité des autres, réelle ou supposée, le principal ciment de leur identité. Au judaïsme s’impose le devoir de relever le défi de la vie." (J.C.Attias)
- "La judéomanie est un nom que j’ai inventé pour qualifier un phénomène pas vraiment récent, mais qui a pris au fil des années des proportions inquiétantes. Je la définis comme l’admiration outrée pour la communauté juive, qui génère de l’antisémitisme par retour de boomerang. En d’autres termes, la judéomanie permet de qualifier la discrimination positive dont la communauté juive est l’objet en France, et comment ce qui peut a priori apparaître comme un privilège se révèle en fait être un piège pour les juifs de France." (J.Robin)

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J’accuse le CRIF | AgoraVox (O.Bonnet)

"La relaxe de Siné peut bien résonner comme un signal fort à leur adresse, il en faudrait plus pour calmer ceux qui ont coutume d’utiliser l’accusation d’antisémitisme comme une arme de terrorisme intellectuel - ce qui dessert in fine les juifs, en renforçant le vrai antisémitisme, comme l’explique Philippe Cohen dans son retentissant coup de colère contre Bernard Kouchner. Quelques jours après l’énoncé du verdict déboutant la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme se rptenait en effet le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Son président, Richard Prasquier, y a déclaré durant son discours : "Les manifestations prétendaient soutenir la population de Gaza contre les attaques d’Israël, contre qui aucun qualificatif n’a été épargné : génocidaire, nazi, honte de l’humanité. Mais il y a eu aussi ces cris de "mort aux juifs !", cette insulte monstrueuse de l’étoile de David impunément identifiée sur les banderoles à la croix gammée, il y a eu ces maquettes de fusées Qasam glorieusement transportées dans les rues de Paris par des militants cagoulés. Pour bien des organisateurs, nous l’avons compris, l’objectif réel était de glorifier le Hamas. Nous sommes dans un pays libre : manifestations de soutien à la population palestinienne, manifestations d’hostilité à la politique israélienne, tout cela est normal. Mais comment admettre qu’on défile sous les drapeaux de ce mouvement architerroriste qu’est le Hamas avec des banderoles de haine et des slogans de mort ? Je comprends celui qui vient aider des populations en détresse et qui se laisse manipuler ; mais comment croire ces militants politiques aguerris de l’extrême gauche qui prétendent n’avoir rien vu et rien entendu de ces débordements ? Sur les photos on ne les voit pourtant pas fermer les yeux ou se boucher les oreilles !" Quant à François Fillon qui lui succédait à la tribune, il en a remis une louche : "Nous n’acceptons pas que des manifestations prétendument pacifistes dégénèrent en débordements de violence, cautionnés par la complaisance de certains responsables politiques", s’est-il ainsi vertueusement indigné...
L’Union juive française pour la paix rejoint cette position, qui a adressé aux dirigeants du CRIF une lettre ouverte : "Les masques sont tombés et maintenant, ça suffit ! Vous n’avez absolument aucun droit de parler, ni en notre nom ni au nom de tous les nôtres qui ont été parqués dans les ghettos, assassinés dans les pogroms, anéantis dans les camps de la mort, mais qui aussi ont été de toutes les luttes, de celles de l’Internationale pour un monde meilleur à celles de la Résistance à l’envahisseur nazi, contre le colonialisme et pour la liberté, la justice, la dignité et l’égalité des droits.
Vous avez applaudi, encouragé les crimes de l’armée israélienne écrasant sous les bombes la population dans ce que vous appelez « entité hostile », réduisant en tas de gravats ses maisons, dévastant ses cultures, prenant pour cible les écoles, les mosquées, les hôpitaux les ambulances et même un cimetière….Dès lors vous vous êtes placés dans le camp des tenants de l’apartheid, des oppresseurs et des nouveaux barbares , et le sang de leurs victimes rejaillit sur vous.Ce faisant, vous avez perdu tout sentiment humain, toute compassion devant cette détresse, vous nous avez outragés et salis en assimilant tous les Juifs à des supporters d’une bande de criminels de guerre comme vous avez déshonoré la mémoire de Rachi, d’Edmond Fleg, d’Emmanuel Lévinas et de tant d’autres, enfin de tout ce que le judaïsme français comportait de richesse humaine, d’intelligence et de lumières.Vous avez voulu faire d’un conflit colonial et géopolitique un conflit communautaire et en prétendant que «
95 % des Juifs français approuvent l’intervention israélienne », vous attisez l’antisémitisme dont vous prétendez vous inquiéter de la résurgence, en pompiers pyromanes."

-Dérapages du CRIF
-Affaire Rudy H. : antisémitisme, extrémisme sioniste et récupération politique
-Des forces de Gauche dont le PCF indésirables | AgoraVox
-Le Crif doit s'ouvrir aux critiques de la politique israélienne | Rue89
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-L'antisémitisme comme arme ?

mercredi 25 février 2015

A propos du CRIF

  Mais quelle mouche a piqué Roger Cukierman ?
                                       CRIF: Conseil Représentatif...
                                                 Mais que représente-t-il vraiment?
        Dans sa dernière déclaration, le président de cette organisation  s'est fait remarquer par des propos aussi sommaires que peu nuancés, qui ne pouvaient pas ne pas déclencher, surtout dans le contexte actuel, une vive polémique, même s'il s'est repris plus tard, devant un parterre choisi et mondain.
   Mais le mal était fait, l'amalgame grossier était lancé. Certains tropismes se font jour.
Un rite annuel, assez ridicule: ce rassemblement est typiquement français, faisant partie de ce qu'on a pu appeler une judéomanie singulière.
      La majorité des Juifs de France, croyants ou non, se taisent ou protestent contre ceux qui prennent en leur nom des positions presque toujours alignées sur la politique israëlienne du moment.
     Netanyahou le sait et en profite. Au fur et à mesure que Tel-Aviv glissait vers la droite, voire l'extrême droite, le Crif se radicalisait, en phase avec Israël, comme si c'était sa patrie de rattachement, confondant judaïsme et sionisme. Ce qui n'a pas toujours été le cas, notamment sous la présidence de Théo Klein.
      Une institution qui désert souvent les Juifs français, selon une parole juive et une organisation qui se sont trahie.
        Le Crif, lui, fait sentir pesamment sa présence, même s'il ne représente qu'un minorité de Juifs de France, en se donnant le droit de critiquer ceux qui contestent sa ligne comme S. Hessel, juif à l'esprit libre. ou ceux qui militent dans La Paix maintenant
          "La communauté juive n’est pas un bloc, et seul un petit quart tout au plus des 600 000 à 700 000 Juifs français se sentent liés, à un degré plus ou moins fort, à une institution communautaire. Reste que, aussi bien le terrorisme né de la seconde Intifada, que la montée des actes antisémites ont considérablement renforcé un consensus minimum qui repose sur le soutien total à l’existence d’Israël en tant qu’État" ...
    Il existe grosso modo trois sens du mot « juif » : les gens d’origine juive, les gens de religion juive, et les juifs "identitaires," athées ou non, qui agissent au plan communautaire, dont le plan politique international. La France compte (cet article) de 530 000 à 555 000 personnes attachées au judaïsme, la quatrième religion après le catholicisme, l'islam et le protestantisme...
     Il existe (même)des juifs anti-sionistes organisés en réseau international.
         Ils se reconnaissent dans une Charte du réseau international juif anti-sioniste dont voici l'introduction:
Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s'engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l'émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d'apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique..."
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lundi 20 janvier 2014

Israël, judéité, antisémitisme. (1)

Malentendus et mauvaise foi.                   (Notes et questions)
                                                    L'affaire Dieudonné remet au premier plan des polémiques que l'on croyait dépassées, quel que soit le positionnement que l'on adopte face à l'humoriste aux multiples dérapages et le traitement dont il a fait l'objet.
     Les critiques adressées à certaines de ses prestations pour le moins équivoques paraissent fondées, mais elles ne sont pas toujours bien ciblées, révélant quelques confusions courantes, que certains groupes et lobbies s'efforcent d'exploiter.
    Ne sont pas toujours bien distinguées les critiques portant sur l'antisémitisme et celles portant sur le fonctionnement de l'Etat d'Israël, ses pratiques politiques à un moment donné, sa politique intérieure et ses ambitions territoriales.
  Tous les Juifs ne se reconnaissent pas dans les institutions et les projets sionistes et israëliens, même au sein de l'Etat hébreu.
     Tous les Israëliens ne sont pas croyants ni sionistes et la société israëlienne est profondément divisée. Tous les Juifs non israëliens ne partagent pas les vues sionistes, radicales ou modérées, et parfois les critiquent avec force, que ce soit en France ou aux USA. (1)
        Mis à part les USA qui possèdent un puissant groupe de pression pro-israëlien, il existe en France, plus que dans d'autres pays,  une tendance constante à confondre critique politique antiisraëlienne et antisémitisme et à accorder au CRIF, se disant seul représentant des Juifs de France, nettement aligné aujourd'hui sur les intérêts israëliens, qu'un auteur pourtant sioniste a pu qualifier de judéomanie, un statut privilégié. Mais le Crif n'a pas toujours eu la position qu'il a aujourd'hui, notamment sous la présidence de Théo Klein.
       Critiquer Israël n'est pas un acte antisémite croit bon de rappeler un professeur qui se revendique en partie juif, marié à une juive.
    Tout se passe souvent comme  si l'horreur indicible de la  Shoah était instrumentalisée à des fins politiques, pour justifier Israël en tant qu' Etat ou pour innocenter certaines de ses pratiques.
Des Juifs critiques américains, comme Norman Finkelstein, évoque l'Industrie de l'Holocauste
     Tout critique d'Israël, comme celle de Stéphane Hessel, a été par certains assimilée à une forme d'antisémitisme.
     Jacob Cohen fait le procès de toute manipulation de ce genre de la part notamment du lobby judéo-sioniste et met en évidence l'impasse d'un Etat ethnocratique, dont l'isolement apparaît plus que jamais évident.
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__-"Il ne s’agit pas d’être "contre Israël" mais contre, en l’occurrence, les exactions perpétrées vis-à-vis d’une population civile, et de façon plus générale l’oppression subie depuis soixante ans par le peuple palestinien. Et aussi contre la violation par l’Etat d’Israël des résolutions de l’ONU, l’édification illégale du mur de séparation d’avec les territoires palestiniens, la construction de nouvelles colonies, illégales elles aussi." (O.B.)
__"Que penser de la sortie du grand rabbin de France, Gilles Bernheim, déclarant durant la manifestation organisée par le CRIF que "la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes", en pleine offensive sur Gaza (propos recueillis par Libération) ?" (O.B.)
______________La taxation d'antisémitisme n'est-il pas parfois une arme idéologique commode et parfaitement intéressée dans certains cas, comme le reconnaissent certains Juifs de France , qui n'adhèrent pas aux thèses du Crif ?

______L’antisémitisme sous toutes ses formes est condamnable sans restriction.Mais l’accusation d’antisémitisme peut être un alibi , le produit d’arrière-pensées manipulatrices, d’une volonté de culpabilisation, de victimisation, d’un refus de toute critique de la politique israëlienne, d’un sionisme intégriste, dont beaucoup de Juifs de par le monde condamnent les pratiques...-"La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique" (Esther Benbassa)
" Les juifs ont-ils un avenir ? Les juifs ont survécu au pire. Ils se sauveront eux-mêmes, à leur manière, et ils changeront. Mais la qualité de leur avenir dépendra largement de la capacité qu’ils auront à ne plus céder à la fascination de la souffrance, à ne plus voir dans l’hostilité des autres, réelle ou supposée, le principal ciment de leur identité. Au judaïsme s’impose le devoir de relever le défi de la vie." (J.C.Attias

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-Non-violence en Israël

jeudi 27 mars 2025

Miracle à Jérusalem?

  Rencontre surréaliste dans ce noeud gordien

    Jordan, Marion  et d'autres à Jérusalem,  invités par Bibi            

           Une dédiabolisation jugée nécessaire, mais totalement amnésique...Un rapprochement controversé.

    Il y a comme un malaise...devant la grande confusion.

                 "...Une nouvelle occasion pour le président du RN de prétendre que son parti est « le meilleur bouclier pour les juifs de France », selon l’élément de langage martelé par les caciques du mouvement depuis le 7-Octobre. Le soutien sans réserve à la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou depuis dix-huit mois a permis un rapprochement voulu de longue date par un parti fondé par un ancien Waffen-SS et un membre de la Milice, et dirigé pendant quarante ans par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour des propos antisémites ou négationnistes..."
          Comme dit  Charles Enderlin: ...

   "Il y a une certaine surprise en France à voir le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou inviter une figure comme Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), héritier du Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, et plus largement des représentants de l’extrême droite européenne, qui seront présents à la conférence sur la lutte contre l’antisémitisme organisée à Jérusalem mercredi 26 et jeudi 27 mars. Pourquoi franchir cette ligne rouge maintenant ?    Cette ligne est franchie depuis longtemps. Simplement, jusqu’à présent, on évitait d’inviter officiellement ces personnalités de l’extrême droite européenne pour ne pas trop énerver certains gouvernements, et surtout les communautés juives en Europe qui luttent contre l’antisémitisme. Cela faisait trop de bruit. Mais il faut rappeler que le gouvernement Netanyahou est le plus à droite, le plus religieux et le plus annexionniste de l’histoire d’Israël. L’idéologie dominante aujourd’hui, et depuis le retour de Netanyahou en 2009 [le pouvoir lui ayant échappé durant une parenthèse d’un an et demi en 2021-2022], est une idéologie d’extrême droite, radicalement opposée à la gauche. Plusieurs ministres, qu’ils soient du Likoud [la formation de Netanyahou], du Parti sioniste religieux ou d’Otzma Yehudit [« Puissance juive » en hébreu, composé des héritiers du rabbin raciste Meir Kahane], sont des ultranationalistes religieux. Et ce qui unit ce gouvernement avec les droites nationalistes européennes, c’est une opposition générale à l’immigration arabe. C’est le socle idéologique commun à tous ces mouvements...Israël n’exporte pas que des start-up, il exporte aussi une idéologie. Yoram Hazony, par exemple, est un intellectuel religieux messianique. C’est lui qui a édité le livre-programme de Netanyahou en 1993 où celui-ci exposait son idéologie : refus d’un Etat palestinien, défense d’une forme de suprématie juive. Hazony est aujourd’hui le grand promoteur du nationalisme intégral. Il a publié « la Vertu du nationalisme », un best-seller dans les milieux nationalistes européens. Il est invité chez Orbán, chez les Polonais, chez les Italiens. Il participe à toutes les grandes conférences du National Conservatism. Il a même créé à Washington une fondation nommée Burke, du nom d’un parlementaire britannique du XVIIIe siècle farouchement opposé à la Révolution française et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ironie de l’histoire : cette déclaration qui a marqué l’émancipation des juifs est donc aujourd’hui combattue par un intellectuel juif israélo-américain. Marion Maréchal a déjà participé à des conférences du National Conservatism où Hazony était le principal intervenant...."




   Des raisons surtout  électorales, bien entendu...




LE RN INVITÉ D'HONNEUR EN ISRAËL : OFFICIALISATION DE L'UNION DES FASCISTES ET DES SIONISTES
C'est l'aboutissement d'une opération monstrueuse de renversement du réel, qui fait passer les héritiers de Pétain et d'Hitler pour les défenseurs des juifs, et les héritiers des forces issues de la Résistance, celles qui soutiennent aujourd'hui la Palestine, pour des antisémites.
⚫ Bardella invité d'honneur en Israël pour parler d'antisémitisme
Ce mercredi 26 mars et jeudi 27 mars, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, est reçu officiellement en Israël à l'invitation de Netanyahou, alors que le génocide à Gaza reprend avec férocité.
Le représentant du plus grand parti d'extrême droite français, créé par des pétainistes et des SS, et dont le fondateur Jean-Marie Le Pen a tenu des propos antisémites et révisionnistes jusqu'à son dernier souffle, est donc convié en grande pompe par les plus hautes autorités israéliennes. Jordan Bardella assistera à une conférence, tenez-vous bien, sur «la lutte contre l'antisémitisme». L'événement se conclura par une allocution de Netanyahou, par ailleurs visé par un mandat d'arrêt international pour «crime contre l'humanité». Parmi les autres invités, Marion Maréchal, ancienne élue du RN, qui a un temps été membre de Reconquête, parti ouvertement pétainiste. Pour l'extrême droite française, c'est un immense pas en avant dans sa stratégie de dédiabolisation : le RN qualifie cette invitation «d'historique».
À l'initiative de ce rapprochement officiel, le ministre d’extrême droite israélien chargé de la diaspora, Ami’hai Chikli. Il y a quelques semaines, la presse révélait que le ministère des Affaires étrangères israélien avait chargé ses ambassades de discuter avec le Rassemblement National en vue d'alliances, en échange d'un soutien inconditionnel. Le RN rêvait depuis longtemps d'être reçu en Israël, c'est chose faite.
⚫ Le Likoud sur les bancs de l'extrême droite européenne
Le Likoud, le parti de Netanyahou, vient de rejoindre les rangs de l'alliance d’extrême droite baptisée «Patriots.eu», sur les bancs du parlement européen. Comment est-ce possible, puisqu'Israël n'est pas membre de l'Union Européenne ? Le Likoud a été nommé «membre observateur». C'est la première fois qu’un parti non européen rejoint cette coalition.
«Patriots.eu» est une alliance de partis d'extrême droite fondée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Vous savez, ce président qui autorise et protège des marches néo-nazies en Hongrie, où des milliers de personnes défilent en uniformes SS ou avec des symboles du Troisième Reich, mais qui traque et arrête les antifascistes. Visiblement, Israël n'y voit pas d’inconvénient. Ce même groupe est dirigé par Jordan Bardella. On y trouve aussi le Parti de la Liberté (FPÖ), grand parti fasciste autrichien, héritier direct des nazis. Le parti allemand néo-nazi Alternative pour l’Allemagne (AfD) souhaite également rejoindre Patriots.eu, et y sera probablement bientôt admis.
Il faut se rendre compte de la charge symbolique affolante de cette jonction. Le parti qui gouverne Israël rejoint les forces politiques européennes directement issues des fascismes qui ont planifié et mis en œuvre le génocide des juifs d'Europe. Des forces elles-mêmes héritières de l'antisémitisme séculaire européen et de persécutions terribles contre les juifs. C'est une union monstrueuse, une jonction opérée sur la base d'une entente raciste et coloniale commune, motivée essentiellement par la haine des arabes en général et des palestiniens en particulier.
⚫ Verrou républicain
Les fascistes israéliens sont gagnants : ils tissent ainsi un réseau de partis alliés dans toute l'Europe, qui les appuiera quels que soient les crimes commis à Gaza ou en Cisjordanie. Les fascistes français sont gagnants eux aussi, puisque ce soutien permet de blanchir leur image. L'ancien chef du Front National, Louis Alliot, expliquait dès 2013 que le seul «verrou» à «faire sauter pour réussir à conquérir le pouvoir était l'antisémitisme».
Ce verrou a aujourd’hui sauté. Dès le 12 novembre 2023, le RN marchait avec les macronistes dans une prétendue «manifestation contre l'antisémitisme» qui était en réalité une grande célébration de l’alliance de la droite et de l’extrême droite contre la gauche et les arabes. C'était l'explosion définitive du verrou «républicain» et de toutes les boussoles politiques. La porte-parole des macronistes Yaël Braun-Pivet déclarait alors que «c'était toute la république qui défilait». Voilà comment était redéfinie la République : du Rassemblement National à Macron. Tout le reste étant désormais considéré comme antisémite et anti-républicain.
Cette manifestation de novembre 2023 a été un coup politique énorme. Il se poursuit avec l'officialisation du rapprochement qui a lieu actuellement. À présent, le Rassemblement National veut même pousser l'avantage. Alors que le CRIF, institution française pro-Israël, a émis quelques réserves sur l'accueil de Bardella à Jérusalem, Marine Le Pen a contre-attaqué en déclarant : «Le CRIF est une structure de gauche. C'est à nos compatriotes de confession juive, peut être de dégauchiser le CRIF». Le CRIF n'a pourtant rien de gauche, il passe son temps à diffamer LFI et les luttes pour la Palestine. Mais ce n'est pas suffisant pour le RN, qui entend bien inféoder les officines pro-israéliennes de France à son parti.
⚫ De l'antisémitisme au soutien à Israël
Pourquoi des antisémites et parfois même des nostalgiques d’Hitler se rangent-ils derrière Israël ? Cela paraît fou mais c’est très simple : l’extrême droite occidentale aime Israël pour la même raison qu’elle haïssait les juifs il y a 100 ans. L’antisémitisme européen voyait les juifs comme des «déracinés», des «apatrides» des «cosmopolites», sans État dont suspects par nature, déloyaux et vus comme potentiellement révolutionnaires, donc impossibles à assimiler.
C’est la même extrême droite qui adore Israël en tant qu’État militarisé, religieux, ethnique, ancré sur un territoire, expansionniste et raciste. Elle adorerait appliquer les mêmes mesures en France. Il n’y a aucune contradiction, même si cela parait déconcertant : les fascistes sont antisémites pour les mêmes raisons qu’ils sont pro-Israël !
Il n'y a pas d'incompatibilité entre l’antisémitisme européen séculaire et le sionisme. De son côté, Netanyahou lui même tient des propos plus révisionnistes que les pires néo-nazis européens. En 2015, il déclarait que «Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs», affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. Le 23 janvier 2025, après le salut nazi du milliardaire propriétaire de Tesla lors de l’investiture de Trump, il écrivait sur le réseau X : «Elon Musk est faussement diffamé. Elon Musk, c’est un grand ami d’Israël». Ainsi, dans un pacte mortifère, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.
Nous assistons à une coalition des nationalistes et des suprémacistes partout dans le monde, qu’ils soient en Israël, en Europe ou en Amérique, unis par le même élan : coloniser, tuer, expulser, écraser les plus faibles. _____

mardi 1 juin 2010

Israël: impunité

Une erreur? non, une faute...

-L'arraisonnement musclé par Tsahal de bateaux au large d'Israël n'est pas nouveau
Mais ce qui vient de se produire est exceptionnellement grave et n'est pas un "regrettable incident" (B.Kouchner)



  • « Il faut combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de négociations, et négocier comme s'il n'y avait pas de terrorisme. »
  • « La Bible n'est pas un cadastre. »
  • « Sans un accord pour l'eau, il n'y aura pas d'accord.» (Rabin)

____________________-Plus qu'une erreur , une stupidité... une faute, où les autorités de Tel Aviv se présentent comme victimes, qui va dégrader un peu plus l'image d'Israël dans le monde (surtout après l'affaire de Dubaï), contribuer un peu plus à son isolement international ,aux dires mêmes de certains observateurs israëliens.
____-La presse israélienne dénonce un «fiasco en pleine mer-
__-
En Israël, l'écume de la flottille-

-La désinformation, comme d'habitude, alors que "A bord des bateaux, "il y a (aussi...)des socialistes, des écologistes, des démocrates qui ne partagent pas les orientations politiques du Hamas (qui contrôle la bande de Gaza ) mais qui s’inscrivent dans une tradition de soutien au peuple palestinien", a déclaré la députée européenne socialiste française Françoise Castex au cours d’une conférence de presse. Du fait du blocus israélien, "Gaza est devenu un camp de concentration de 1,5 million personnes", s’est indignée Michèle Sibony, porte-parole de l’Union des Juifs français pour la Paix"

-Une balle dans le pied aussi, dans la mesure où le Hamas va en sortir renforcé. Mais peut-être cela était-il intentionnel, alors que l'on commençait à reparler de paix. Comme si Netanyahou la redoutait , car elle compromettrait les projets anciens d'extension territoriale, une colonisation renforcée , pour aboutir à un point de non retour: l'impossibilité d'un Etat palestinien.Tragique et grotesque

___Le poids des USA, soutien constant d'Israël, compromet le débat à l'ONU, qui ne débouchera que sur des protestations verbales,faisant dans la dentelle diplomatique, où chaque camp trouvera son compte...pour que rien ne change
________________________[Israël est-il pour les USA un fardeau coûteux ou un allié précieux , avec l'appui de l' AIPAC -____Obama peut-il tordre le bras d’Israël ? C’est, au bout du compte, la véritable inconnue de cette équation.Il y a quelques semaines, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rapportait dans son tchat sur Rue89 une conversation qu’il avait eue avec Henry Kissinger, l’ancien grand architecte de la diplomatie américaine. Kissinger lui avait dit :"Tout le monde sait comment résoudre le conflit du Proche-Orient, la seule chose qui manque, c’est la volonté politique."Cette volonté politique existe-t-elle cette fois à Washington ?..."
-
Obama parle d’Israel et de Palestine: Obama ne dit pas un mot sur l’extension du peuplement et des constructions en Cisjordanie, ni sur les mesures alambiquées pour contrôler la vie des Palestiniens, dans le dessein de détruire les perspectives d’une solution pacifique à deux états..."]

_____Comme d'habitude, il n'y aura que des "regrets"
Le Crif semble "embarassé", comme le pape..La "compassion", comme d’habitude...:"
Le Crif "déplore profondément" l’opération militaire israélienne contre le convoi maritime destiné à Gaza, jugeant que "ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix", a déclaré lundi Haïm Musicant, directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France.______"Nous déplorons ce qui est arrivé, même si Israël avait annoncé qu’il ne laisserait pas ce débarquement se faire", a-t-il ajouté. "Malheureusement, cela arrive au moment où il y avait des espoirs de paix entre Palestiniens et Israéliens, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix". "Nous déplorons profondément qu’il y ait des victimes", a-t-il ajouté. "On est sincèrement dans la compassion et la tristesse", a encore déclaré Haïm Musicant."

____Et pendant ce temps-là à Gaza...malgré les dénégations grossières: "« Il n'y a pas de problème humanitaire à Gaza » ( Colonel Moshe Levy de l'armée israélienne)

A quand la voix (la voie) de la raison ?

Mais même les Juifs de la dispora sont divisés... Certains ne mâchent pas leurs mots

Pas de quoi être optimiste dans l'immédiat .

La solution viendra-t-elle d'une crise interne du "système" israëlien, malgré (ou à cause de) ses contradictions? Peut-être un nouveau Rabin... ןיבר קחצי

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-«Israël veut montrer qu'il reste maître chez lui» -
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De Paris à Istanbul, la colère contre le raid meurtrier israélien
-Israël accuse les passagers de la flottille d'avoir «déclenché les violences»
________-Israël, l'impunité jusqu'à quand ?
____-Atermoiements de l’Union européenne face à Israël
__Nous, juifs de la diaspora, disons non à l'égarement d'Israël
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La course à l'abîme de l'Etat d'Israël
-Israël : comment disparaître en 10 leçons
_______________-ContreInfo - Israel/Palestine
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-Gaza: jours ordinaires
-Israël: rompre l'engrenage
- Palestine: blocus

jeudi 24 mai 2018

Préjugés, confusions et amalgames

Ici et ailleurs.
             L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!
                Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres.
                    De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.
       L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.

        Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
    Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée.
     Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
         L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
     Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
    Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
          Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
   Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
  L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
 Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
                 ... Amalgame entre, d’une part, des violences et des actes meurtriers perpétrés contre des citoyens juifs français par des terroristes déclarés et, d’autre part, des assassinats de type crapuleux, comme celui de madame Knoll, dont la preuve qu’il relèverait de l’antisémitisme ne repose que sur la connaissance, par l’auteur du crime, de la religion de sa victime.
   Amalgame entre une idéologie politico religieuse, le salafisme, et une religion essentialisée comme seule porteuse de violences, l’islam. Quant à la nécessité de réviser les textes sacrés, ni la Bible ni les Evangiles n’ont été critiqués ou remis en cause par Vatican II qui a fait supprimer de la liturgie, certains passages accusant les juifs de déicide, sauf dans les églises intégristes qui ne reconnaissent pas l’intervention pontificale. Les textes sacrés restent sacrés. Seules leur lecture et interprétation ont été revisitées (cf. Rachid Benzine, « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique », La Croix, 23/04/2018). S’appuyer sur les prêches et interprétations du Coran des imams salafistes pour demander que « des versets du Coran soient frappés d’obsolescence », c’est attribuer à l’ensemble des croyants multiformes musulmans une attitude haineuse envers les juifs.       C’est aussi leur attribuer une identité ethno-religieuse, à l’instar de l’image façonnée, au cours des siècles, des juifs comme « race à part ».
    Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
    Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?
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Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid
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