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vendredi 1 septembre 2017

Jamais plus sans mon chien

Demain, je prends un chien. 
                                        C'est décidé.
                                                   Jupiter montre l'exemple,  comme d'autres avant lui.

   Je veux aller aussi En marche! Mais accompagné.
   Le premier toutou de France, c'est quelqu'un, même s'il s'appelle Nemo (personne, en latin).Venu de nulle part...
     Jupiter Ier voulait sans doute suivre le conseil de Harry Truman: «Si vous avez besoin d’un ami à Washington, il vaut mieux avoir un chien»
    Car les temps s'annoncent durs au Palais et les fidélités s'étiolent vite..Un président a souvent une vie de chien, vite lâché par les siens.
     Le chien, lui, résiste aux querelles de palais, il s'accroche à vos basques.
        Un vrai chien, pas un petit toutou de rien du tout.
                       Un chien qui aie du chien.
   On n'imagine pas un chat à l'Elysée. ça déchire les rideaux, aux frais du contribuable.
  Un chien respecte les lambris dorés et la moquette royale élyséenne.
    Et le chien obéit et garde son maître du danger. Il a du flair. Pas comme certains au parlement ou dans les ministères, pas toujours francs du collier..Et c'est bon pour la com'.
   ___ Et puis un chien oblige à faire de l'exercice et à parler, même si l'on a rien à dire.
   Il devrait être remboursé par la Sécu.
C'est mieux que les vitamines et le lexomil. C'est Top Santé qui le dit! Une référence. C'est pas fait pour les chiens.
   Le chien est un thérapeute de premièr ordre. De quoi faire rajeunir encore le Président le plus jeune parmi les plus jeunes. Et une épouse qui en a besoin.
   On n'a pas domestiqué le chien pour rien. Il nous l'a bien rendu.
      Il a traversé les cultures
        Le Président-philosophe ne sera peut-être pas cynique (de κυνός, le chien, en grec) comme Diogène, qui cherchait un homme. Jupiter, lui, a trouvé. Un homme de com'.
         Qui sera le plus sage?
            Je donne ma langue au chien chat.
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mercredi 5 janvier 2022

Une vie de chien!

     Vraiment!

                    Etre chien présidentiel, ce n'est pas ce qu'on croit. Le luxe, le protocole, le beau monde, tout ça...on s'en lasse vite. C'est d'un ch...à la longue!  Je regrette d'avoir été choisi par le patron du lieu. Même si Brigitte est sympa avec moi....          C'est même une vie de chien!                         Il y a le protocole à respecter. Ça m'énerve! Par exemple, ne pas aboyer lors de l'arrivée d'un chef d'Etat, ne pas se lâcher sur la moquette du grand salon, ne pas faire de trous dans les grand jardin pour chercher le bébéte, ne pas pouvoir aller faire un tour sur les boulevards avec les copains, donner la pa-patte sur commande au premier invité venu...tout ça...Ras la truffe!               ___  Y en a marre! Je cherche un autre maître, ordinaire, dans une maison quelconque, avec une liberté normale pour un chien qui se respecte. Nom d'un chien! Pas besoin de Canigou haut de gamme ou de coussin de velours à côté du bureau du patron, dont il faut supporter les humeurs! Le luxe, c'est pas ce que l'on croit.          On a beau avoir le poil luisant, les jours sont longs à en crever, même quand on voit l'agitation qui règne en permanence au palais. Heureusement que le personnel est sympa et que j'ai le droit d'aller aux cuisines manger quelques restes de luxe. Mais la patronne a remarqué que je prenais un peu de gras et m'a mis au régime "Comme j'aime...", comme elle. L'horreur!                         Bref, j'aspire à devenir un chien ordinaire, dans une maison normale, avec des maîtres quelconques...Est-ce trop demander?      Les prisons ont beau être dorées, il y a toujours les grilles de tous côté et les gendarmes de service qui veillent au grain.   J'ai bien envie d'en parler à Brigitte (Bardot), qui pourrait peut-être faire quelque chose, si elle ose...Mais il paraît qu'elle n'a pas ses entrées ici. Trop proche du FN m'a-t-on dit.         Le Président a lui aussi une vie de chien parce qu'il en fait trop, surtout en ce moment, à deux doigts de péter un cable, je le vois bien.  Les élections, c'est pas bon pour moi non plus. Un chien ça sent des choses... Il a besoin d'un clébard pour se calmer  D'ailleurs beaucoup de présidents ont eu besoin d'un chien. Giscard, Mitterrand...Ça en dit long sur leur fonction. Trop de solitude? Pas assez d'amis? Allez savoir;.. « Si vous voulez un ami à Washington, prenez un chien. »  disait Truman.    Tout s'explique. Mais qui en souffre? Ma pomme!...Un toutou bon pour la santé?  Je demande à voir et on a beau amuser le monde, on n'est ni un jouet ni un produit de pharmacie...Au début, ça allait encore. Mais au bout de cinq ans, marre d' être une potiche, un faire-valoir! Grr!..😡


                                                            ______________________________

dimanche 12 juin 2011

Homo caniensis

Toutoustory

Il a souvent du chien, ce
Canis lupus familiaris

J'aimerais tant avoir un chien, mais j'aime trop les voyages...
Elevé en compagnie de chiens, j'en garde la nostalgie.


-On sait que les bêtes ne sont pas si bêtes et que le chien devient parfois le maître de son maître.

_Le chien est plus qu'un simple animal de compagnie, "
c'est quelqu'un...", un compagnon, un assistant ou un guide parfois.
Un animal riche en symboles, comme l'était Cerbère chez les Grecs. Parfois objet d'un véritable culte, religieux ou laïque, parfois considéré comme "impur".

_L'homme et le chien, depuis le début du néolithique , ou déjà avant sans doute, forment un couple singulier, variant selon les périodes , les cultures et les pays.
L'ethnographie de la relation, parfois troublante, reste à approfondir. Malgré les études ethologiques les plus pointues, cette relation comportera toujours une part de mystère, de non réductible rationnellement, surtout parce que toujours subsiste une part d'anthropomorphisme.
On peut même se demander si la séparation traditionnelle nature/culture est pertinente en tous points pour le couple homme/chien?
Ce couple, devenu h
istoriquement indissociable, est marqué par une profonde ambivalence:
"...gros titres relevés au hasard des revues de presse. Violences, déjections et « pouvoirs » thérapeutiques concourent, par un excès de signifiant, à faire du chien le « seul vrai nuisible » ou le bienfaiteur de nos espaces humains. Pris dans ses rôles de « vedette », le chien médiatique témoigne cependant difficilement de ce qui se passe réellement dans sa relation quotidienne avec l’humain. On le voit alimenter les épopées de nos mythes, les catastrophes de nos journaux, les numéros de nos cirques. C’est pourquoi, pour parler de lui, nous sommes contraints à changer constamment de registres et à passer du dramatique au comique, du passionnel au conflictuel, du dangereux au merveilleux. En réalité, ce mouvement de bascule, le chien le connaît bien, tant il sollicite le contraste..."

dimanche 12 septembre 2010

Oh! my Dog!...

Quand les chiens nous parlent des hommes

- La crise, c'est pas pour les chiens...

Dog attitude

-Chers chiens!

"
A nos petits et gros toutous, nous consacrons chaque année un budget colossal de 26 milliards de dollars dans le monde. "

Vous avez dit crise?...Pas pour les chiens!


______A l'époque où tant d'hommes sont traités comme des chiens, beaucoup de chiens sont traités comme des dieux. Au Japon, on atteint la cote d'alerte...
Une vie de chiens pour certains, une vie de nababs pour d'autres...
Etant souvent une "sorte de divinité de substitution" (A.Bierce), il devient alors le maître de son maître.
_______Chien présidentiel..."«
Si vous avez besoin d’un ami à Washington, il vaut mieux avoir un chien» commentait, cynique, Harry Truman…
Les chiens et les présidents: d'étranges relations

"L'homme ne promène pas son chien, c'est lui qui est promené par son chien". (M.Tournier)
_____________
Pour une anthropologie du chien:
-Le chien: une présence paradoxale
-Des chiens et des hommes
-Présence canine

jeudi 11 avril 2019

Quelle vie de chien!

C'est bien vrai.
                  Il y a des jours comme ça où rien ne va.
   Rien ne tourne rond. Une vraie poisse. Le sort s' acharne sur nous et sur le monde.
  Les mauvaises nouvelles s'accumulent. De vraies vies de chien.
 Comme certains,  nous vivons une vie de chien sur une planète qui souvent se déglingue.
   On se demande parfois si Dieu n'est pas en RTT.
      ....Même si parfois, de temps en temps, c'est pas si mal...



        Inutile (et dangereux) de s'agiter. 
    Nous sommes programmés pour la paresse.
          Il faudrait relire Lafargue.
                            No panic!


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vendredi 24 avril 2020

Des animaux et des hommes

Ils nous étonneront toujours...
Proches ou lointains, domestiques ou sauvages...
Etonnants rapports que ceux que nous entretenons par le biais du langage avec le monde animal, finalement si peu connu. Pour le meilleur et pour le pire..Des rapports ambigus où l'anthropomorphisme et la fantaisie règnent en maître, mais parfois avec un brin d'observation et de bon sens mêlé à un imaginaire immémorial.
Pas si bêtes, les bêtes...
D'Ormesson s'est bien amusé...

«Myope comme une taupe», «rusé comme un renard» «serrés comme des sardines»...  les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

    La preuve: que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
     Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là , ... pas un chat !
    Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié: cette poule a du chien, une vraie panthère
   C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
   Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.
  Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine.
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat.
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe.
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
 C'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce.
  Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
  Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence.
  Après tout, revenons à nos moutons: vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter."

     _________________
De tuer les animaux à tuer les hommes il n'y a qu'un pas, tout comme de faire souffrir les animaux à faire souffrir les hommes. (Léon Tolstoï)   ______________

dimanche 10 août 2008

Corps parfait ?


On le sait, les normes esthétiques sont relatives dans l'espace et le temps.
L'image du corps, sa perception, est aussi largement dépendante des normes culturelles et des critères marchands.Elle conditionne une certaine attitude sociale , un certain rapport aux pouvoirs.
Son obssession, entretenue par une certaine publicité ("parce que vous le valez bien"), favorise conformisme, soumission et absence de sens critique, accapare du "temps de cerveau disponible" et engendre mal-être et frustrations , qui peuvent mener jusqu'à la haine de soi...

"...De plus en plus étroitement imbriqués, la mode, le showbiz et la publicité fabriquent chaque jour les images qui, diffusées si massivement qu’il sera à peu près impossible d’échapper à leur matraquage, serviront de modèles identificatoires à des millions de femmes à travers le monde. Il est très difficile de lutter contre leur influence : par leur omniprésence, elles se faufilent dans notre cerveau à notre insu, précédant et déjouant toute réflexion, toute démarche critique

- Normes de beauté ( Mona Chollet)

« Les Occidentaux n’ont pas besoin de payer une police pour forcer les femmes à obéir : il leur suffit de faire circuler les images pour que les femmes s’esquintent à leur ressembler. » Avec l’actuelle polémique médiatique sur le culte de la maigreur - qui fait suite à la décision du gouvernement régional de Madrid d’exclure des défilés de mode les mannequins dont l’indice de masse corporelle était jugé trop faible -, on repense à cette réflexion provocatrice de Fatema Mernissi dans Le harem et l’Occident, chroniqué ici l’année dernière (lire « Sortir du “harem de la taille 38” »). L’intellectuelle marocaine ajoutait cette phrase relevée dans Le mythe de la beauté, de Naomi Wolf : « Une fixation culturelle sur la minceur féminine n’est pas l’expression d’une obsession de la beauté féminine, mais de l’obéissance féminine. » La décision madrilène fait suite à la mort, l’année dernière, d’une mannequin uruguayenne de 22 ans, Luisel Ramos, qui s’était écroulée en coulisses au terme d’un défilé. D’après son père, depuis des mois, elle ne se nourrissait plus que de salade et de Coca light, et elle avait cessé de manger deux semaines avant la présentation des collections.

(JPG)L’obsession du corps parfait, c’est-à-dire du corps le plus mince possible, paraît cependant si profonde, si bien ancrée culturellement, qu’il y a tout à parier que cette affaire n’y changera rien. C’est en tout cas ce que laisse présager son traitement par la presse. Tout en consacrant un article au sujet dans sa rubrique d’actualités, le magazine Elle de la semaine dernière (25 septembre 2006) annonçait en couverture : « Trente conseils pour mincir sans y penser ». A la lecture, on s’apercevait rapidement qu’en réalité, le propos était d’y penser tout le temps, bien au contraire ; et même, d’organiser sa vie en fonction de cet objectif : il s’agissait de « se dresser sur la pointe des pieds en se brossant les dents », de « contracter les abdominaux au volant », de « serrer le ventre et les fesses dès qu’on y pense », de passer tout son dimanche à alterner bouillon de légumes et jus de pamplemousse (« lundi, vous aurez déjà perdu kilo »), ou même... d’acheter un chien : « Bien sûr, c’est un engagement de longue durée [ah, tiens, un éclair de lucidité]. Mais vous serez obligée de le promener plusieurs fois par jour. » Il y a quelques mois, le même magazine avait proposé des « astuces » du même genre pour mincir et se muscler en faisant l’amour. Brrr... On ne souhaite à aucun homme une maîtresse aussi névrosée - ni à aucun chien, d’ailleurs...."
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- La santé est-elle capital(e) ?
-Un corps parfait d'Eve Ensler:
...«Dans un grand nombre de pays, j'en ai rencontré des riches et des pauvres, des belles et des moches, et croyez-moi, c'est universel: toutes les femmes haïssent une partie de leur corps et mettent beaucoup d'énergie à le faire!» explique-t-elle au bout du fil. Des Africaines se font blanchir la peau. Des Coréennes se font débrider les yeux. Des Américaines font enlever une côte flottante à leurs filles de huit ans pour qu'elles n'aient pas de problème de poids plus tard. Des Pékinoises se font casser les jambes et allonger les tibias pour gagner quelques pouces. Des New-Yorkaises se font rétrécir les pieds pour les faire entrer dans leurs escarpins pointus. Bref, les préoccupations corporelles des femmes sont multiples... et éclipsent tout le reste: «[...] je sais très bien comment les ventres, les fesses, les cuisses, les cheveux ou la peau des autres femmes les obnubilent, de sorte qu'il leur reste très peu d'espace mental pour penser à la guerre en Irak – ou à quoi que ce soit d'autre, en fait»....

-Ego-mania>>Le marketing-de-l'ego

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[ZONES:Rêves de droite (M.C.)]
-Périphéries

samedi 1 juin 2019

Prolétaires du clic

Au service des géants
                              Il n'y a pas que des tâches nobles dans le numérique.
            Il n'y a pas que des concepteurs de haut vol dans l'informatique.
     Il y a aussi les basses oeuvres, les petits boulots, les opérations les plus mécaniques, les moins rentables, celles des petites mains du clavier.
    Cliquer toute la journée pour presque rien, il y a plus passionnant.
  Pourtant c'est facile et ça peut rapporter... peu.
 Une forme de travail très particulier, qui ne dit pas son nom.
     Amazon et les autres règnent dans l'ombre.


     Un aspect de la précarité masquée., dans un monde de précarité montante érigée en système.
   Quelques clics pour quelques euros.
  Pour environ 250000 personnes en France, occupées plus ou moins, selon les cas. C'est très variable.
    Les petits doigts d'Asie et de France s'animent comme elle peut au service de plate-formes invisibles.
              Les clickworkers ou travailleurs du clic sont des gens qui travaillent chez eux, derrière leur ordinateur, à des horaires qui sont dictés par les clients, pour des tâches simples et répétitives, sans aucun statut et pour une rémunération minuscule. Leur travail, ils le trouvent sur des plateformes qui ont été créées par les géants de l’Internet, dont la plus connue est le Turc mécanique d’Amazon, ce sont des place de Grève contemporaines. On estime leur nombre à 500 000, ils sont principalement américains (à 75%, avec une grande part de femmes) ou des hommes indiens (aux alentours de 20%).
En décembre dernier, le site Tech Republic effectuait une plongée fascinante dans ce monde des travailleurs du clic. Pourquoi les appelle-t-on “travailleurs du clic” ? Parce que leurs tâches consistent essentiellement à identifier des motifs sur des images, à identifier des émotions sur des photos de visages, à mettre en ordre des données.     Ces travailleurs se disent “enchaînés” à leur ordinateur. Les tâches peuvent apparaître n’importe quand, et il faut être rapide. Certains se créent des alertes qui les réveillent au milieu de la nuit. Ensuite, le temps pour réaliser le travail étant limité, il ne faut pas traîner. Avec les conséquences que l’on peut imaginer sur la vie familiale. Car, comme ces tâches sont très peu rémunérées, il faut en effectuer beaucoup. Une étude du Pew Research Institute estime que les travailleurs du clic perçoivent moins que le salaire horaire minimale aux Etats-Unis (une femme interrogée explique que quand elle touche 25 euros pour 8 heures de travail, c’est une bonne journée). D’ailleurs, la rémunération ne se fait en cash que pour les Américains et les Indiens, les autres sont payés en bons d’achat Amazon, ce qui les oblige à avoir recours à des combines pour récupérer leur rémunération. Sachant que certains clients sont mauvais payeurs (ils rejettent le travail effectué, sans explication). Les travailleurs les plus aguerris prennent le temps, avant d’accepter un travail, de se renseigner sur le client.    Ce qui gêne aussi ces travailleurs du clic, c’est que tout le monde n’est pas égal face aux offres. Certains sont désignés “Master's Level”, ce qui leur permet d’avoir accès à plus d’offres, mieux payées. Le problème : personne ne sait sur quels critères on est désigné “Master Level” (et Amazon refuse de le révéler). C’est l’objet de beaucoup de conjectures sur les forums où ces travailleurs - pour pallier le fait qu’ils ne se rencontrent jamais physiquement - partagent leurs questions, et leurs petits trucs.         A quoi sert le travail de ces gens ? C’est là où on atteint un niveau d’absurde presque magnifique. Ce dont je vous parlais tout à l’heure - identifier des objets sur des images, classer des données etc. - ça sert essentiellement à nourrir en exemple les intelligences artificielles qui ne savent pas encore le faire toutes seules. Pour bien fonctionner une intelligence artificielle de reconnaissance d’image, par exemple, a besoin d’exemples, d’énormément d’exemples - il faut qu’on lui dise “ça c’est un chien”, “ça c’est une voiture” sous tous les angles possibles, afin qu’elle soit ensuite capable de reconnaître un chien ou une voiture. Eh bien qui fournit les exemples ? Principalement ces “travailleurs du clic”. C’est pourquoi toutes les grandes entreprises du numérique (Google, Microsoft, Facebook, Apple) - toutes celles qui se sont lancées dans l’intelligence artificielle - ont créé leurs propres plateformes de micro-tâches : elles ont créé ces plateformes pour que des travailleurs du clic humains nourrissent les machines. Et d’ailleurs, au départ, Amazon a créé sa plateforme pour améliorer l’automatisation de son circuit de distribution, pour les hommes aident les machines à s’améliorer, à mieux faire le travail que faisaient les hommes jusque là. En gros, les “travailleurs du clic” travaillent pour qu’un jour les intelligences artificielles remplacent d’autres travailleurs. La question est : combien de temps aura-t-on encore besoin des travailleurs du clic, avant que les intelligences artificielles ne les remplacent eux-mêmes ? On a le temps disent les spécialistes, les machines auront encore longtemps besoin des hommes. Il faut toujours se rappeler que le Turc mécanique auquel se réfère Amazon, c’est un faux automate du 18ème siècle à l’intérieur duquel était caché un homme. Aujourd’hui, c’est une mère de famille américaine ou un Indien qui sont cachés dans la machine. Demain, ça pourrait être beaucoup plus de monde.
     Flexibilité garantie et en hausse constante.
         Le cyberprolétariat est en marche. Mechanical Turk fait des merveilles..
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samedi 15 mai 2010

Trichet: simple expert ?

A la tête de la Banque centrale européenne,

Jean-Claude Trichet, lauréat du Prix spécial du jury à titre étranger de l'Académie de la Carpette anglaise, "légitime la souveraineté des marchés financiers, l’irrationalité de leur réaction et la prédation qu’ils organisent. Des populations qui souffrent, des Etats qui se délitent et les profits des banques qui explosent !" (Malakine)

-Une politique révélatrice des impasses européennes-

-Édouard Balladur...a pointé « l’autisme d’un certain nombre de banquiers qui ne comprennent pas que la priorité, ce n’est pas la lutte contre une inflation qui n’existe pas, c’est la lutte pour plus de croissance, pour plus d’emploi et pour moins de chômage ». Avant de récidiver, le 6 mars 2007, à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise), en demandant que « la politique de surévaluation de l’euro qui est en train d’accentuer tous les problèmes d’Airbus et d’accélérer la désindustrialisation de l’Europe soit abandonnée ».

-« Ce n’est plus à Jean-Claude Trichet de décider de l’avenir de nos économies, c’est aux dirigeants démocratiquement élus ... Ce n’est pas à la BCE de prendre seule les décisions. Il ne s’agit pas de remettre en cause son indépendance mais il s’agit de ne pas la laisser exercer une omnipotence. »(Ségolène Royal)

-Dogmes en question
-Les spéculateurs en action
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-Trichet, le chien de garde du pouvoir financier:
____________"Depuis le traité de Maastricht, on nous a raconté que l'indépendance des banques centrales était la condition nécessaire pour une bonne gestion de la monnaie, qu’il fallait mettre à l'abri des décisions des gouvernants, par essence électoralistes et aux conséquences nécessairement désastreuses. Les décisions de politique monétaires ne seraient donc que des mesures d'ajustement techniques, prises objectivement et presque mécaniquement, sans que l'idéologie n'intervienne. Une pure affaire d'experts devant rester en dehors du débat public.
Le gouverneur de la BCE, Jean Claude Trichet vient de donner cette semaine une interview à l'hebdomadaire « Le point » qui me semble faire voler ce mythe en éclats. Si notre grand argentier est toujours très sourcilleux quant à son indépendance à l'égard du politique, il semble faire une bien grande allégeance à l'égard du pouvoir financier...
...interrogé sur la proposition de certains économistes, notamment ceux du FMI, d'autoriser une certaine relance de l'inflation, Trichet fait une réponse d’une étonnante franchise.__« Si je vous disais – c'est une hypothèse évidemment absurde – que je ne suis pas contre une inflation autour de 4% vous verriez en temps réel, l'ensemble des participants au marché augmenter nos taux d'intérêt de manière considérable pour tenir compte de l'inflation future. Qui plus est, s'y ajouterait une importante prime de risque pour tenir compte des nouveaux changements possibles. Les ménages perdraient confiance. Les entreprises auraient des financements plus coûteux. Et les Etats verraient le coût du refinancement de leur stock de dette augmenter massivement. L'inflation, qui est au demeurant rejetée par nos concitoyens n'est absolument pas la solution ! »
___Manifestement les rentiers d’aujourd’hui, qui pas plus qu’hier n’ont envie de se laisser « euthanasier » par l’inflation, ont trouvé en Jean Claude Trichet, mieux qu’un porte parole, un chien de garde de leurs intérêts !La réponse de Trichet en dit long sur le fonctionnement du système de domination du pouvoir financier à notre époque de « mondialisation heureuse »
-La Banque centrale européenne sous le feu des critiques
-La BCE s'appuie sur deux piliers
-Pour Jean-Claude Trichet, il est capital de "renforcer la surveillance des politiques budgétaires"
-Le dilemme de Jean-Claude Trichet
"...La crise met douloureusement à vif les plaies que l'Europe traine depuis des années sans avoir cherché à les soigner: pas de cohérence entre les politiques économiques, pas de gouvernance fiscale, budgétaire, pas de discipline commune, des principes et des règles de conduite comme le Pacte de stabilité évoqués pour être d'autant mieux foulés au pieds.
___Il ne faut donc pas s'étonner de l'attaque des marchés. C'est plutôt finalement le temps qu'ils auront mis à se lancer à l'attaque qui peut surprendre. Leur passage à l'acte a au moins un mérite: celui de contraindre dans l'urgence, et pour sauver leur peau, les Européens à prendre à bras le corps la refonte en profondeur de l'organisation de la zone. Que cela passe par la capacité d'en exclure un membre qui ne respecte pas les règles du jeu comme cela se fait dans toute communauté ou l'adoption de mécanismes de solidarité entre Etats qui assureront à l'extérieur, et aux marchés, que la muraille européenne est solide.
___Mais l'attaque des marchés risque surtout de mettre encore un peu plus l'Europe devant deux insondables dilemmes.Au même titre que la crise pose à l'Europe la question de sa gouvernance économique, elle entraîne de facto la question de l'indépendance de la BCE (Banque centrale européenne), et un choix impossible pour son président, Jean Claude Trichet. Ou bien être l'homme qui aura laissé s'effondrer la monnaie unique et la zone euro exploser en choisissant de se tenir coûte que coûte sur une position intransigeante vis à vis de la Grèce, voire d'autres Etats pris dans le maelström. Ou bien en laissant la BCE mettre le doigt dans l'engrenage du soutien aux Etats laxistes, de capituler sur son indépendance en laissant Paris et Berlin s'engouffrer dans la brèche pour rogner l'indépendance de la banque centrale...

Trichet nous renseigne aussi sur la nature totalitaire du pouvoir financier à l’âge hyper capitaliste. Frédéric Lordon est encore en dessous de la réalité lorsqu’il parle de « dictature du capital », car la dictature est assumée comme tel avec la violence qui va avec. Le capital aujourd’hui exerce sa domination de manière sournoise, cachée derrière des lois économiques présentées comme des vérités naturelles et l’absence d’alternatives envisageables.Cette domination s’exprime principalement par deux canaux. Le pouvoir de l’actionnaire dit « capitalisme actionnarial » qui conduit à garantir le paiement d’une rente quasi incompressible aux détenteurs du capital, quel qu’en soit les conséquences : réductions des coûts de production, intensification du travail, licenciements, délocalisations, suspensions des investissements. Les derniers chiffres du CAC 40 cette année l’ont exprimé avec force. Malgré la crise et la réduction du volume d’activité, le versement des dividendes est resté identique aux années passées, parfois même supérieurs aux profits !.."
-Portugal: ce n'est plus Trichet, mais Fitch qui dirige l'Europe!:
"...la véritable force de Fitch et consorts réside bien dans la faiblesse des gouvernements, qui se servent de Fitch pour abriter leur propre couardise : incapables d’imposer des plans d’austérité à des peuples à fleur de peau, les gouvernements européens brandissent la menace « Fitch » pour les faire passer sans discussion. C’est ainsi que Fitch a été l’argument massue des fillonistes pour ne pas augmenter le montant du grand emprunt. Et que l'agence a évidemment pesé dans la potion amère que le gouvernement Papandreou impose à la population grecque, sans éviter la double peine : austérité + taux d'emprunt exorbitants.
Il faut donc le savoir :
ce n’est pas Barroso ni même Trichet qui dirigent l’Union européenne, mais le patron d’une société privée qui emploie des milliers des cadres incompétents, mais devant lesquels nos gouvernants multiplient les courbettes. Jusqu'à quand ?"
-Faut-il réformer les statuts de la BCE ?
__________-Les agences de notation, agents de la spéculation?
-Les agences de notation au cœur des scandales financiers
-Les agences de notation, comment ça marche ?
-Plus scandaleux que Goldman Sachs: les agences de notation
-Le grand Guignol européen : 500 millions d'habitants abandonnés à la spéculation américaine

-Trichet: les marchés «dans la situation la plus difficile depuis la Deuxième guerre mondiale"
-La revanche des marchés
__________________________
-Fin de crise ?(2)
-Rigueur: pour qui?

- Grèce: détresse
-Europe en péril
- Où va l'Euro(pe) ?

vendredi 21 septembre 2007

Où sont les privilèges?


Un commentaire de T.Valmour sur Agoravox (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29286)

"Je me souviens d’un repas avec des amis et des amis d’amis pendant la campagne présidentielle. Il y avait une coiffeuse à domicile, une ouvrière à la chaîne, un important agriculteur, un maire d’une ville moyenne, une professeure de l’Education Nationale, une dirigeante de PME, un commerçant, un maître-chien, un cadre d’EDF, une ingénieure d’une grande entreprise, et moi, ancien professeur dans une Grande Ecole privée (donc, pas fonctionnaire), et aujourd’hui dirigeant d’entreprise. L’un des sujets portait naturellement sur les privilèges des fonctionnaires. La pauvre professeure, pourtant très sympathique, fut la cible privilégiée sur ce thème (avec le cadre d’Edf). C’est alors que j’ai fait remarquer les faits suivants:

La coiffeuse à domicile faisait la moitié de son chiffre d’affaires au noir ;

- L’agriculteur a bénéficié de maintes subventions depuis plusieurs décennies ;

- Le commerçant connaissait toutes les ficelles pour défiscaliser, et lui aussi, faisait pas mal de « black » ;

- La dirigeante de PME avait une entreprise au Delaware (paradis fiscal) qui achetait peu cher des produits pour les vendre très chers à son entreprise basée en France. Ainsi faisait-elle une forte marge au Delaware, et une faible marge en France, ce qui lui permettait de payer très peu d’impôts et taxes ;

- Le maître-chien, à temps-plein, ne travaillait que trois nuits pas semaine ;

- Le cadre d’Edf et l’ingénieure bénéficiaient de considérables avantages via le C.E. (que n’ont pas les fonctionnaires) ;

- Je ne savais rien du maire aussi ne puis-je m’exprimer sur ses avantages, mais je les suppose conséquents.

En fait, la personne la plus virulente sur ce sujet fut l’ouvrière à la chaîne, pourtant la seule à ne pas jouir de privilèges. Cela a permis de vérifier la théorie qui veut que l’on fustige principalement ceux qui sont un peu au dessus/dessous de soi sur l’échelle sociale. Mais on ne dénoncera jamais les privilèges des puissants. On ne dira rien non plus lorsqu’ils bafouent les lois au quotidien. Les médias nous ont appris que les privilèges des puissants sont justifiés, puisqu’ils travaillent, eux ! J’en ai formés quelques-uns, et je sais qu’ils ne sont ni plus intelligents, ni plus travailleurs que bien des plébéiens. Ils ont juste une estime d’eux-mêmes hors du commun, principal moteur de réussite ; estime de soi qui s’accompagne souvent d’un mépris des autres.

Maintenant, on peut également lister toutes les professions, et on trouvera beaucoup de privilèges chez les uns et les autres. Combien de salariés ne passent-ils pas une grande partie de leur temps de travail sur Internet (d’où la création de postes de surveillance dans les grandes entreprises). On continue ?

Vraiment, la lobotomisation médiatique a fait son chemin. On cherche à détruire les soit-disant « privilèges » quand il faudrait les augmenter. Une humanité qui progresse ne doit-elle pas tendre vers le meilleur ? Que ce soit dans une entreprise ou dans un foyer, il faut toujours chercher à augmenter le CA plutôt qu’à faire des économies. Le PIB n’a cessé d’augmenter, et même si l’on prend en compte la croissance démographique, le ratio est meilleur qu’au temps où ces « privilèges » aujourd’hui dénoncés ont été institués.

Le problème ne viendrait-il pas alors de la répartition de la richesse, aujourd’hui moins équitable qu’auparavant ?

La solution serait de créer des entreprises citoyennes qui vendraient les biens et les services dont nous aurions besoin sans les dérives que l’on observe. Je ne crois pas, en effet, que ce soit un privilège d’acheter un appareil garanti deux ans pour qu’il tombe en panne un mois après l’expiration de la garantie, surtout lorsque cela est voulu par le fabriquant (condamné par la justice). On en parle aussi de toutes ces heures de temps de travail perdus pour une société de consommation inique ?

On dit que les fonctionnaires sont payés avec nos taxes et impôts, ce qui est vrai. Mais les taxes et impôts ne sont-ils pas un prélèvement ? Et quand on consomme des biens et services, ne paie-t-on pas des prélèvements obligatoires ? Si, si, réfléchissons !Les dividendes versés aux actionnaires ne sont-ils pas un prélèvement aléatoire consenti par le consommateur ?"

Intervention de Ronny, à la suite:


"De fait, la "méthode Sarkosy" c’est l’opposition d’une partie de la société contre une autre. On l’a bien vu dans la campagne, avec des thèmes comme "chomeurs fainéants contre employés du privé", responsables de PME contre fonctionnaires branleurs, ou plus vicieux "habitants des cités contre francais moyens", et plus discret "vieux contre djeunz". Cela ne fait donc que continuer, avec deux thématiques populaires pour ne pas dire populistes: français contre immigrants (miniSStère de l’identité nazionale, test ADN pour les uns et pas pour les autres, au fait Sarkozy, c’est pas français comme nom !) et le classique mais lucratif (dans les sondages) fonctionnaires privilégies et branleurs contre valeureux employés du privé.

Alors je dis STOP: ne nous laissons pas avoir ! Le but de cette maneuvre d’opposition généralisée est de faire gagner une plutocratie dans laquelle on va retrouver un bon nombre de politiques - majoritairement de droite et d’archi droite - qui émargent dans les cercles financiers également , ou qui y ont leurs petites entrées (vacances en yatch, déjeuner au Fouquet’s, vacances à 200 000 euros la semaine payées par des copains PDG, apartemetns à prix réduit, au hasard). On y trouvera aussi les 500 familles les plus riches, les capitaines d’industrie et des affaires, bref la cour du prince d’aujourd’hui.

Et qui seront les perdants ? Dans un premiers temps on s’en prendra à une minorité érigée en bouc émissaire (au hasard encore les regimes spéciaux de retraite, si "injustes") puis on attaquera les autres catégories progressivement, avec, faut-il que nos concitoyens soient TF1-isés pour ne pas le voir un alignement sur le moins disant social et les plus mauvaises des conditions de travail.

Attention, français d’ici et de là bas, vieux et jeunes, nouveaux arrivants et résidents de plusieurs générations, l’attaque est violente et vise tout simplement à anhiler 50 ans de progrès et de justice sociale. On va laminer la fonction publique (FP) pour remplacer nombre des services qu’elle propose ou assure à coût modéré, et qui sont mutualisés via l’impôt, par des services tarifés non mutualisés. Ce sera du chacun pour soi, que l’on justifiera par le faux argument du coût et de l’efficacité économique.

Dernier point, la FP n’est pas parfaite, mais elle a le mérite d’exister. Elle existe parce que nombre de gens qui y travaillent sont à l’opposé de la caricature que l’on en fait. Je connais des tas de profs et d’instits qui sont bien au delà des 35 heures par semaine, qui achètent le matériel pédagogique sur leurs propres deniers. Je connais des flics qui ne comptent pas leurs heures et qui disposent de tellement de jours de récupération après des journées de travail de 20 heures qu’ils sont quasiment obligé d’en faire cadeau à l’Etat. Je connnais des infirmiers et infirmières que l’on paye une misére pour s’occuper de presonnes seules vieilles, isolées mourrantes ; je connais des chercherus qui sont systématiquement de leur poche lors de déplacements tellement les remboursements sont ridicules, des gendarmes qui travaillent sur leur propre portable.. Et pour ceux qui crachent sur EDF, rappelons la tempète de 99, ou les employés ont travaillé jour et nuit dans le froid, le week end, appuyés gracieusement par les retraités de l’entreprise... Quant aux cheminots, il faut se renseigner sur les conditions de travail, les horaires décalés, les couchages hors de la maison, la responsabilité de mener de 800 à 1600 personnes à bon port, tout seul, à 160 kmh, quel que soit le temps, avant de les considérer comme des archi-privilégies. Les archi-privilégiés sont en fait bien cachés tellement ils sont visibles. Le premier d’entre eux passe son temps à denoncer ses concitoyens, et - indice - il est petit physiquement et moralement."


Cette remarque de B.Maris peut être éclairante:


Narcissisme des petites différences
Essayons d’approcher maintenant le cœur du capitalisme en s’éclairant de la pulsion de mort. La pulsion de mort située au sein du le narcissisme, pulsion d’auto-destruction et de destruction d’autrui, se manifeste dans les aversions et répulsions des autres : « Dans les aversions et répulsions qui sans voile, se font jour à l’égard des étrangers qui sont à proximité, nous pouvons reconnaître l’expression d’un amour de soi, d’un narcissisme qui aspire à son auto-affirmation et se comporte comme si la présence d’un écart par rapport aux modalités de sa conformation individuelle entrainaît une critique de ces dernières et une invitation à les reconfigurer ». Freud, Psy des masses et analyse du moi, p 40 La « reconfiguration » peut aller jusqu’au meurtre. Ce qui est proche de moi et me ressemble, je le déteste. En vérité je déteste mon prochain. Dans cette haine du proche, du voisin, se niche «le narcissisme des petites différences ». Parfois une détestation commune peut nous unir, nous souder dans une foule prête au lynch ou à la guerre : « Il n’est manifestement pas facile aux hommes de renoncer à satisfaire ce penchant à l’agression qui est le leur (...) mais il est toujours possible de lier les uns aux autres dans l’amour une assez grande foule d’hommes si seulement il en reste d’autres à qui manifester de l’agression. » (Freud, Malaise dans la culture, MC, p 56) C’est ainsi que des peuples assez proches au fond, économiquement, culturellement, se combattent à mort. Les Allemands et les Français sont un bon exemple. « J’ai donné à ce phénomène le nom de narcissisme des petites différences. » (MC p 56). Le peuple juif a grandement mérité du « narcissisme des petites différences ». Quand un Etat prétend à l’universel, comment cimentera-t-il son peuple ? Par la haine des autres, certes. Mais quand il aura dominé les autres ? Il faudra bien qu’il trouve du ciment de mort quelque part. « Le rêve d’une domination germanique sur le monde appela son complément d’antisémitisme. » (MC p 57). Freud écrit cette phrase en 1929 ! En Russie, la haine du bourgeois a cimenté la révolution, comme celle du cièdevant cimenta la révolution française. «On peut se demander, s’inquiète Freud, ce que les Soviets entreprendront une fois qu’ils auront exterminé eur bourgeois. » (ibid). Et bien la réponse est simple : ils extermineront leurs médecins juifs, puis leurs intellectuels, puis leurs paysans baptisés « koulaks », puis eux-mêmes. En un sens l’extermination des juifs d’Europe est un autoanéantissement de l’Europe, correspondant particulièrement bien à la pulsion de mort. On peut se demander ce que fera le capitalisme lorsqu’il aura liquidé totalement la nature. Qui liquidera-t-il ? La encore, la réponse est assez évidente.
Mais revenons au « narcissisme des petites différences », cette haine spéculaire du voisin, du proche, du collègue de bureau, du confrère, de l’homme qui fait la queue pour du pain comme moi et soudain prend ma place. René Girard, freudien malgré qu’il en ait, a remarquablement interprété de narcissisme dans son concept de « rivalité mimétique ». Derrière la rivalité mimétique, la rivalité envers le semblable, narcissique et spéculaire, se trouve la jalousie, l’envie, le désir d’accaparer ce que possède l’autre, le désir de l’autre tout simplement, pour le blesser, le mutiler et le tuer. La frustration et le sadisme sont au cœur de la rivalité mimétique. Observons notre homme sortant de son trou et échangeant avec l’humanité, et, pour son malheur, l’affrontant. Un économiste dirait : « il exprime des besoins, et, dans un monde de rareté, cherche à satisfaire ses besoins ». Freud et Girard préfère dire qu’il désire ce que possède les autres, parce que les objets n’ont de valeur qu’en tant que possession des autres, et que ce que font ou possèdent les autres les autres lui paraisse admirable, imitable, en tout cas rageusement enviable. L’individu n’est pas seul face à ses propres besoins, mais « dans la recherche volontaire d’une adversité dont on est soi-même l’artisan » (op cit p 131 vérif). En fait, notre homme va se confronter à « des minables de son espèce » (Girard). C’est cruel. C’est la vie économique. Ces gens que je juge admirables et dont je désire le salaire, le poste, la voiture ou la femme sont en fait des « minables de mon espèce », et ce haut désir ou ces nobles besoins ne sont que « le souci morbide de l’autre » ( p 209 vérif).
Ici il faut s’arrêter sur deux mots chers à l’économiste. Le premier est « concurrence ». Etymologiquement, être en concurrence, c’est courir avec les autres. On peut imaginer des moutons de panurge, courant vers un destin qu’ils ignorent (la noyade), et en même temps se poussant, se dépassant, se battant pour être les premiers. La concurrence est la rivalité mimétique. Le second est « compétition ». La « compétition » ressemble à la concurrence. Mais étymologiquement elle signifie « demander ensemble ». On à envie de dire : « quémander » ensemble. Encore une fois, il s’agit de rivalité mimétique : je veux ce que possède l’autre, et l’autre veut ce que je possède. Ensemble nous quémandons. Mais la compétition possède un contenu « infantile » que n’avoue pas immédiatement la concurrence, plus adulte. Ce sont les enfants qui demandent, et qui, d’ailleurs, demandent toujours plus et sont à jamais insatisfaits. Nous reviendrons sur cet aspect essentiel du capitalisme, l’insatisfaction infantile.
Mais voilà que le narcissisme des petites différences, la rivalité mimétique si l’on préfère, éclaire l’un des plus grands mystères du capitalisme, l’un des plus grands mystères de l’humanité tout simplement : la servitude volontaire.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article732&id_mot=30





jeudi 17 décembre 2020

Il s'appelait Ludwig

 Le Grand    [En deux mots]

            Il fait la une des pages culturelles. Avec raison, Il est bon de rappeler que ce n'est pas un chien, au cas où...mais que s'il a eu parfois une vie de chien, il a laissé une oeuvre dont on n'a pas fini d'étudier la complexité et la profondeur, d'aimer l'inspiration et l'éclat, de s'étonner de sa modernité et de sa pérennité. Même si, trop (partiellement)  entendu, parfois trop distraitement, il s'est parfois banalisé, pour nos oreilles saturées de musiques en tous genres. 

          C'est le moment de le réécouter d'une oreille neuve, à l'occasion de ses 250 ans. Il s'est affranchi largement des règles établies et des conventions admises. Il faut réécouter les oeuvres moins entendues, les plus inattendues, les plus déroutantes parfois, comme les quatuors finaux. Une continuité et des ruptures annonçant des créations futures, envers et contre tout.           ____ Il sait tout, disait Schubert,  mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore, et il coulera beaucoup d’eau dans le Danube avant que tout ce que cet homme a créé soit généralement compris. __Mezzo      _________________