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mardi 17 mars 2026

USA: liberté de la presse en péril

Censure, chasse aux sorcières

                     Et propagande tous azimuths

        Le locataire de la Maison Blanche fait ce qu'il a promis: mettre de l'"ordre" dans la pensée, la lecture, la culture....Tout doit être conforme aux injonctions et aux fantaisies du mage de Washington, de la bien-pensance du moment. définie au sommet, bien sûr . Même si une certaine censure est déjà ancienne aux USA.                                             D'abord redéfinir le paysage médiatique, pour éviter toute pensée déviante et critique. Nettoyer aussi les bilbiothèques, pour éliminer tout ouvrage non conforme à la pensée officielle, surtout destiné à la jeunesse, jusqu'à produire une autocensure des institutions culturelles.  "...Cette évolution intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’accès aux livres. Depuis plusieurs années, les bibliothèques américaines se trouvent au cœur d’un affrontement sur la présence d’ouvrages abordant des thèmes tels que les identités de genre, les questions raciales ou la sexualité. Les organisations professionnelles recensent des niveaux inédits de contestation..."                                                                                                              Pas de nouvelles "déformées" dans la presse ou sur les ondes. Même CNN peut être visée.    "...Depuis son premier mandat, le président américain qualifie régulièrement les publications négatives de « fake news » et a pris des mesures pour restreindre les accès de la presse depuis son retour au pouvoir. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE), organisation américaine de défense de la liberté d’expression, a qualifié l’avertissement « autoritaire » de M. Carr de « scandaleux ». « Lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’Etat sous la menace de sanctions, c’est que quelque chose ne va vraiment pas », a-t-elle déclaré, sur X, en réponse au message de Brendan Carr.?.."   


                                                                                                     ___       " Donald Trump
revenu au pouvoir en janvier 2025 pour un second mandat, et ses fidèles du mouvement Maga, remodèlent peu à peu le paysage informationnel des États-Unis. Destruction des faits, saturation de l’attention et complotisme sont leurs outils, partagés auprès de la mouvance identitaire et conservatrice en Europe....Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.  Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destructionDonald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.   Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."


 ___  Bref, une guerre de l'information. Quelle différence avec les méthodes utilisées naguère par les fascismes européens? Contrôler la presse, c'est pouvoir diriger les esprits.                  La culture est malmenée. Un mouvement orwellien est en route.      Sans résistance significative de la part des élites  velléitaires   ou timorées                                                            Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire....

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mercredi 19 mars 2025

Culture malmenée

 Et pensée libre menacée   ______

               Jusqu'au sens des mots...Trump mène l'offensive. IL ose tout. Et ce n'est que le début. L'obcurantisme va connaître de "beaux jours"...   l'offensive intellectuelle  est en cours   A la suite de Curtis Yarvin et de  son idéal radical.  Presque du Orwell dans le terxte...      L’idée fondamentale de la novlangue, chez Orwell , dans le contexte politique, est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État, car le discours manichéen permet d'éliminer toute réflexion sur la complexité d'un problème : si tu n'es pas pour, tu es contre, il n'y a pas de milieu. Ce type de raisonnement binaire permet de favoriser les raisonnements à l'affect, et ainsi d'éliminer tout débat, toute discussion, et donc toute potentielle critique de l'État. Le phénomène de la double pensée  décrit la tension entre les valeurs et les impératifs exigés jusqu'à l'outrance par le pouvoir abusif.


                                                                                                                                                            Derrière la guerre de Trump et Vance contre le savoir, une idéologie aussi effrayante que réelle : les «Lumières obscures» :                                                                                                                                                                  S'il y a bien un trait commun qui caractérise les idéologies fascistes d'hier et d'aujourd'hui, c'est le culte de la force brute et la haine de l'intelligence. «Mort à la vie, vive la mort», «À bas l'intelligence !» s'exclamait José Millan-Astray, militaire espagnol et dignitaire franquiste dans les années 1930. On connaît aussi la célèbre phrase attribuée au dirigeant nazi Hermann Göring : «Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver». En 2025, une idéologie ressemblante se trouve à la Maison Blanche : les «Lumières obscures», le négatif des idées des Lumières. __ «Les fonds fédéraux seront coupés pour tout collège, école ou université qui autorise des protestations illégales. Les agitateurs seront emprisonnés, ou renvoyés définitivement dans leur pays d’origine. Les étudiants américains seront expulsés définitivement, ou, selon le crime, arrêtés». C’est le message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 4 mars 2025.

Pour l’extrême droite américaine, les universités sont un terrain à conquérir et à mettre au pas. Et pour cause, c’est sans doute l’un des derniers endroits où il existe encore quelques contre-pouvoirs aux USA. Nous l’avons vu lors du mouvement étudiant pour la Palestine qui a enflammé les campus l’an dernier, et qui a été férocement réprimé par l’administration Démocrate. ___

Donald Trump attaque les universités

«Les fonds fédéraux seront coupés pour tout collège, école ou université qui autorise des protestations illégales. Les agitateurs seront emprisonnés, ou renvoyés définitivement dans leur pays d’origine. Les étudiants américains seront expulsés définitivement, ou, selon le crime, arrêtés». C’est le message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 4 mars 2025.

Pour l’extrême droite américaine, les universités sont un terrain à conquérir et à mettre au pas. Et pour cause, c’est sans doute l’un des derniers endroits où il existe encore quelques contre-pouvoirs aux USA. Nous l’avons vu lors du mouvement étudiant pour la Palestine qui a enflammé les campus l’an dernier, et qui a été férocement réprimé par l’administration Démocrate.

Trump le dit très directement : il va définancer tout établissement scolaire qui n’appliquerait pas son idéologie. Il vient d’annoncer la suppression de 400 millions de dollars de subventions à Columbia, bastion des mobilisations étudiantes, qu’il a accusé d’inaction face à «des actes antisémites». Et il traite d’ors et déjà les étudiant-es comme des criminel-les.

Un étudiant traité de « terroriste » et menacé d’expulsion

Le 8 mars Mahmoud Khalil, jeune homme d’origine palestinienne et porte-parole du mouvement étudiant, a été interpellé à son domicile, sur le campus de Columbia, par la police de l’immigration. Il est résident légal des États-Unis et titulaire d’une carte verte. Il n’a pas été arrêté ni inculpé pour le moindre crime. Pourtant, il est actuellement emprisonné et le gouvernement veut lui retirer ses papiers pour le renvoyer des USA. Le compte de la Maison Blanche a osé tweeter suite à cette arrestation : «Shalom Mahmoud».

Trump ne veut pas s’arrêter là. Il a écrit : «Nous savons qu’il y a d’autres étudiants à Columbia et dans d’autres universités qui ont participé à des activités proterroristes, antisémites, anti-américaines et le gouvernement Trump ne le tolérera pas […] Nous allons trouver, arrêter et expulser ces sympathisants terroristes. Nous attendons de toutes les universités américaines qu’elles suivent les règles».

«Si Mahmoud Khalil peut se voir retirer son statut de résident permanent sans recours, alors aucun immigré ou étudiant international d’aucun campus américain n’est en sécurité», dénoncent ses camarades. Ce sont toutes les universités du pays qui vont être mises au pas par la force.

«Les Universités sont les ennemies»

Dans ce contexte, un discours prononcé par J. D. Vance, le vice-président des USA, est largement partagé sur internet. Il a été prononcé en 2021 dans le cadre d’une conférence «Nationale Conservatrice».

Celui qui est actuellement le numéro 2 des USA se lançait alors dans une charge hallucinante contre le savoir et l’enseignement supérieur. Il déclarait notamment que «nous devons attaquer franchement et violemment les universités de ce pays» ou encore «les professeurs sont l’ennemi. Les universités sont les ennemies». Aujourd’hui, il applique ses promesses.

Une scientifique en chef de la NASA virée

Dans le même registre, le gouvernement vient de licencier le 10 mars Katherine Calvin, climatologue et scientifique en chef à la Nasa. Avec elle, une vingtaine d’autres salarié-es de l’agence spatiale ont été renvoyé-es, son bureau et deux autres départements – notamment celui consacré à la diversité, l’équité, l’inclusion et l’accessibilité – de la Nasa ont été démantelés.

Leurs noms s’ajoutent à la longue liste de la purge organisée par Elon Musk, qui vire des dizaines de milliers de fonctionnaires depuis le retour au pouvoir de Trump.

Si Katherine Calvin est particulièrement visée, c’est parce qu’elle dirige un groupe de travail du GIEC, le groupe de scientifiques qui étudient sur le changement climatique. Les chercheuses et chercheurs qui documentent la pollution, les inégalités sociales ou le racisme sont mis au chômage et contraints au silence.

Le bombardier Enola Gay trop woke pour Trump

« Enola Gay », c’est le nom de l’avion de guerre qui a largué une des bombes nucléaires sur le Japon en 1945. L’avion a été nommé en référence à la mère du pilote Paul Tibbets, nommée Enola Gay Tibbets. Son nom est censuré par le ministère de la Défense.

L’administration a fait interdire de nombreux mots considérés comme «wokes» au sein de ses services depuis plusieurs semaines : une «chasse aux politiques d’inclusivité» réclamée par Trump. Parmi les 120 mots interdits, on retrouve «femme», «préjugé», «justice environnementale», «accessibilité»… Et toute référence au réchauffement climatique a été effacée de sites internet fédéraux. Certaines pages ont carrément disparu, ne laissant qu’un «404 Not Found».

Ainsi, les références au bombardier Enola Gay ont été signalées comme devant être retirées des sites du ministère de la Défense. Toute mention du mot «gay» est visée par la censure, de même que toute mention des dates commémoratives dédiées aux communautés noires, hispaniques, et aux femmes. Autre contenu menacé de censure : des photos du Corps des ingénieurs de l’armée en Californie, signalées à cause du nom d’un des membres dont le nom de famille est… Gay.

L’idéal fasciste en phase terminale c’est la réduction du langage afin d’empêcher de penser, et de tout réduire à des grognements et des coups…

Triangle rose

Le 9 mars, Trump publiait sur son réseau social un article rédigé par l’ancien capitaine du renseignement de l’armée américaine Jeremy Hunt, se félicitant du recrutement militaire qui aurait «changé sous Trump». Un texte accompagné d’une image : un triangle rose pointant vers le bas, barré par un panneau d’interdiction.

Le triangle rose orienté vers le bas est un insigne qui remonte à l’Allemagne nazie. Il était utilisé pour marquer les hommes homosexuels dans les camps de concentration. Les hommes marqués du triangle rose dans les camps nazis étaient soumis à des actes de torture, des expériences médicales, la castration et l’extermination.

Lumières obscures

Pris isolément, ces actes sont scandaleux, mais aussi parfois grotesques. Pourtant, ils répondent à une idéologie bien réelle et très sérieuse : les Lumières obscures, un retour en arrière, à rebours du siècle des Lumières et l’émergence d’une pensée rationnelle, basée sur l’érudition et la logique.

Ce mouvement de pensée qui vise à détruire la démocratie a été fondé par un certain Curtis Yarvin, connu sous le pseudonyme de Mencius Moldbug sur internet. Il est informaticien, passé par la Silicon Valley, et figure du mouvement appelé «néo-réactionnaire» aux USA. Il a d’abord publié un manifeste prônant l’emprisonnement à vie de membres improductifs de la société «dans un isolement permanent, dans une cellule scellée, sauf en cas d’urgence», mais avec l’autorisation d’accéder à «une interface immersive de réalité virtuelle qui lui permettrait de vivre une vie riche et épanouissante dans un monde totalement imaginaire». Une sorte de confinement réservé aux ennemis de l’intérieur.

Il propose aussi de transformer ces personnes en «biocarburant pour faire rouler les bus», et écrit qu’il aimerait trouver «une alternative humaniste au génocide». Yarvin imagine aussi, dans sa société rêvée, que les États deviennent «des entreprises lourdement armées et ultrarentables, qui aboliront le pouvoir de la presse, écraseront les universités, vendront les écoles publiques et transféreront les ‘populations décivilisées’ dans des enclaves sécurisées pour les rééduquer».

À partir de ces théories lugubres, un philosophe d’extrême droite anglais nommé Nick Land, ennemi de l’égalité et de la démocratie, publie un manifeste nommé «The Dark Enlightenment» – «Les lumières obscures».

Et devinez quoi ? J. D. Vance, l’un des Hommes les plus puissants du monde, est un ami personnel de Curtis Yarvin et un partisan des «Lumières obscures», ce néofascisme ultra-capitaliste qui prône la destruction de la connaissance et l’élimination des humains jugés superflus. ..." _________                                                                                                                    

samedi 18 février 2017

Culture trumpienne

Retour à la classe inférieure...
                                            Le petit Donald est-il allé à l'école?
                                                                              On peut en douter.
          Ou alors, quelle école primaire a-t-il fréquentée, s'il fut un jour scolarisé? 
    Déjà, dans sa campagne,  ses c****** à répétition ne troublaient pas grand monde et une certaine presse se régalait des sorties de ce candidat-histrion. 
    Certains se rendent compte, mais un peu tard, à Washington, que la marchandise n'est pas conforme à la pub, et estiment qu'il doit retourner en classe pour apprendre le métier.
       Président, ça s'apprend!
            D'autres commencent même à se demander avec inquiétude si Trump sait lire, 
   Le Twitter-Président n"est pas un grand lecteur, on le savait, comme beaucoup d'Américains, comme le regrettait Paul Auster, mais il n'est pas un Américain comme un autre.
    David Pakman a retrouvé une série de témoignages de proches mettant en doute sa capacité même à lire. Toutes les fuites - et elles sont nombreuses - émanant de la Maison-Blanche vont dans le même sens : le président ne s’informe depuis son arrivée à Washington que par la télévision, en priorité Fox News, qu’il regarde en boucle, tout en dictant compulsivement ses tweets à son assistante - il s’en est d’ailleurs lui même vanté : un "gain de temps", selon lui....
      C'est inquiétant, si c'est vérifié.
          A la Maison Blanche, où il a placé ses hommes, ça fait couac. Le doute s'installe.   
  Les déconvenues arrivent comme prévu, notamment au sujet de la politique étrangère, particulièrement au sujet d'Israël.
   Comme un bon redneck américain de base, il ignore la géographie et surtout l'histoire. Il faut tout lui expliquer. C'est un peu gênant.
     La nomination de  Stephen Bannon   n'est pas sans inquiéter  et celle de Mme DeVos à l’éducation interroge. Elle n'est pas la seule.  Une fine équipe.
       ... Mme DeVos s’était mise elle-même en difficulté en montrant, au cours de ses auditions par les sénateurs, qu’elle était loin de maîtriser son sujet. Elle s’était attiré en outre les sarcasmes pour avoir plaidé en faveur de l’introduction des armes à feu dans une école isolée du Wyoming afin de protéger les élèves des ours, alors que la loi de cet Etat l’interdit. Au sein d’une administration très idéologique, Mme DeVos entend militer pour le développement des établissements privés financés par des fonds publics, et pour des chèques éducation afin de favoriser « le choix ». Les premiers touchés devraient être les établissements publics qui sont sous son autorité.
    La milliardaire n’est pas la seule engagée dans un combat frontal contre le département dont elle a désormais la charge. Deux autres personnes choisies par le président Trump ont campé par le passé sur une ligne tout aussi intransigeante :..."    
      On peut se moquer, mais c'est presque à pleurer.  
                Il semble déjà soucieux de sa réélectionalors qu'il n'a pas commencé à faire ses classes, cet éléphant dans un magasin de porcelaine, cet enfant gâté dépassé par ses nouveaux joujous pouvoirs.   
   Mais les loups de Wall Street veillent...                                  
     Président, ça s'apprend. Beaucoup doutent qu'il y parvienne. L' anti-intellectualisme  qui règne n'est pour rassurer.
   Les plus alarmistes estiment qu'il y a le feu à la maison, qu'on va à l'aventure et qu'un  coup d’Etat  n'est pas impossible.
    Les formes de  résistance civile changeront-elles quelque chose? (*)
            Wait and see...
                            God save America!
_____________
(*) -Point de vue d' Amérique  (Frédéric Neyrat, professeur dans le département de littérature comparée de l’Université Wisconsin-Madison)
                                         ...Que se passe-t-il aux Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump ? Tout d’abord la remise en cause du cadre néolibéral à partir d’une politique réactionnaire. Si le néolibéralisme est la production d’un espace dans lequel les frontières nationales ne permettent pas de limiter les échanges marchands, autrement dit un espace de retrait de l’Etat (par privatisations et dérégulations successives), alors le rejet par Donald Trump de l’Alena (Accord de libre échange nord-américain avec les dirigeants du Canada et du Mexique) et du TPP (Partenariat trans-Pacifique) consiste à redonner à l’économie une armature nationale. Cette recomposition des rapports entre politique et économie ne cherche pourtant pas à abolir le libéralisme économique, mais à lui donner une autre forme. Comme l’a récemment écrit Naomi Klein, la nomination aux fonctions gouvernementales de représentants de grandes entreprises – par exemple Rex Tillerson, ancien PDG d’Exxon, au poste de Secrétaire d’Etat – revient à « supprimer les intermédiaires » : aux USA, il n’y a désormais plus aucun écart entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. En ce sens, l’élection de Trump ressemble fort à un coup d’Etat économique.
          Ce coup d’Etat économique n’a aucunement pour objectif de redonner du travail à la population, mais de sécuriser et si possible d’augmenter l’accumulation du capital. C’est dans cette optique que le nationalisme sera mis à contribution. Ainsi le décret signé le vendredi 27 janvier par Trump, qui interdit l’accueil des réfugiés et l’entrée des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, le dit Muslim ban : les effets sur le marché du travail américain seront minimes (peu d’emplois seront à l’occasion redistribués aux citoyens américains) ; mais puissant sera le renforcement de l’identité blanche et chrétienne d’un gouvernement cherchant à expurger le pays de ses composantes musulmanes. On peut à ce titre imaginer ce que sera l’étape suivante : plus il deviendra manifeste que la politique de Trump ne sert en rien les intérêts économiques des électeurs qui ont voté pour lui, plus les musulmans, mais aussi les latinos, tous les étrangers, tout ce qui sera bientôt considéré comme « unamerican », seront soumis à des restrictions quant à leurs droits, et au final à des persécutions. Certes, les tenants de l’identité américaine immaculée seront à terme vaincus par la démographie noire et sud-américaine qui les réduira au statut de minorité ; ils en seront d’autant plus féroces, éblouis par la couleur blanche de leur patriarcat écorné au point d’en oublier leur chute économique.
       Comment dès lors nommer cette monstruosité économico-politique ? Steve Bannon, le très sombre conseiller spécial de Trump, parle d’un « nationalisme économique », une expression qui occulte le fait que ce n’est pas l’économie des nationaux qu’il s’agit de défendre, mais celle des moins-qu’un-pour-cent au pouvoir qui se servent du nationalisme comme bouclier immunitaire derrière lequel ils peuvent mener leurs actions dévastatrices en toute impunité. A ce titre, on pourrait proposer l’expression de décapitalisme, terme alliant le terme capitalisme avec celui de décapitation, pour définir le nouveau cadre national-économique. C’est en effet que le capitalisme de Trump et ses alliés ne se soucie ni des pauvres (auquel l’assurance-santé « Obamacare » sera bientôt retirée), ni des classes moyennes (majoritairement urbaines et ayant voté Clinton), ni des Universités (qui ont précisément eu pour fonction de former ces classes moyennes), ni des médias (auxquels Steve Bannon a conseillé de « la boucler »), ni des femmes (qu’on peut – selon l’élégante formule du nouveau président – « attraper par la chatte (grab them by the pussy) »), ni des noirs, des musulmans, des Mexicains, ni des autres nations en général, ni de l’environnement enfin puisque le changement climatique n’est autre qu’un « canular » inventé par les Chinois. Tel est le décapitalisme, une économie obscène qui s’exerce en décapitant les populations, accomplissant ainsi le vœu secret de l’économie financière : s’extraire enfin du monde des vivants.
            Quelle est la prochaine étape ? Certains parlent aujourd’hui du passage d’un coup d’Etat économique à un coup d’Etat politique, comme Ruth Ben-Ghiat, professeur à New York University. Il est certain que le pouvoir exécutif semble s’être dangereusement autonomisé, que la communication officielle – sous le nom de « faits alternatifs » – ressemble à la propagande d’un 1984, aujourd’hui best-seller des ventes aux USA, que le vocabulaire même de Trump et de ses alliés a pour fonction de faire peur : choisissez « l’option nucléaire », disait récemment Trump aux Républicains afin de valider en force la nomination d’un nouveau juge à la cour suprême. Mais le plus inquiétant n’est hélas pas là. Imaginez un instant qu’un acte terroriste ensanglante les USA dans les jours, les semaines qui viennent ; voilà qui rendrait difficile le mouvement de manifestation actuel contre le Muslim ban, et porterait l’opinion en faveur d’un pouvoir exécutif fort. Et de la guerre, qui est aujourd’hui activement préparée contre plusieurs cibles potentielles (l’Iran, la Chine). Dès lors, pourquoi ne pas envoyer des chars dans les rues pour assurer la sécurité des populations ?
          Ce scénario peut paraître improbable. A ce jour, la population des Etats-Unis, dans sa majorité, n’est pas favorable à Trump. Un coup d’Etat politique supposerait qu’armée, police, et justice soient du côté d’un passage à l’acte anti-démocratique. Mais tous ceux qui aujourd’hui s’opposent dans les rues, dans les aéroports, à la mise en place du décapitalisme, doivent savoir que l’histoire tend à insister, et à se répéter. On croyait impossible que Trump soit le candidat des Républicains, puis impossible qu’il soit président ; réfléchissons à deux fois avant de balayer d’un revers de main l’hypothèse d’un coup d’Etat. Les voix blanches et mâles qui ont voté pour Trump ne sont pas seulement l’écho d’une erreur passagère, elles ont eu le temps de se durcir au feu glacial du néolibéralisme, elles sont armées et souhaiteraient l’être plus encore. Elles aimeraient effacer le mouvement des droits civiques, l’avortement, le droit des femmes, et la remise en cause des genres.
           Face à elles, il y a tous ceux que Trump ne trompe pas. Qui savent que les élites ne sont pas les professeurs ou les journalistes, mais les chefs d’entreprise désormais au pouvoir. Qui ont déferlé en masse le 21 janvier 2017, le jour qui a suivi l’inauguration de la nouvelle présidence. Ils sont aux abords des aéroports pour protester contre le Muslim ban. Ils s’opposent dans les Universités aux conférences des représentants de l’Alt-Right, la droite suprématiste blanche états-unienne. Ils suivent de près le cheminement de certains Démocrates qui croient – avec Bernie Sanders – en « Notre Révolution », mouvement naissant. Ils portent les couleurs de Black Lives Matter. Ils sont avec les Natifs qui s’opposent à la construction d’un oléoduc dans le Dakota du Nord. Ils échangent, s’organisent, et l’angoisse fait alors place à la colère, et la colère devient détermination. L’avenir des Etats-Unis d’Amérique dépend désormais de ceux qui n’offriront pas leur peur en guise de soumission. Au coup d’Etat possible, ils opposeront la nécessité de continuer les luttes pour l’égalité. Devant l’homme qui se croit dans le haut château, se manifesteront les peuples du pays en partage. (Mediapart)
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vendredi 1 septembre 2023

Quand l'esprit viendra-t-il à Trump (et à ses admirateurs)?

 Quand les poules auront des dents..

                       Un anti intellectualisme viscéral

             Hostile à toutes les formes de culture, il a encore des partisans en nombre et marche "à l'instinct" et à l'antiintellectualisme. un trait de culture aussi.  Réfléchir serait pour lui une menace. Il aura coulé beaucoup d'eau dans le Mississipi et le Potomac si un jour il accepte certaines évidences. Bien que menacé par plusieurs procès, l'homme garde son pouvoir de nuisances, il résiste.         Et accuse sans relâche, se prenant toujours pour une victime injustement décriée.


 

     
   Paul Auster, qui n'avait pas craint de dénoncer une certaine "folie américaine", et Philippe Roth, auteurs si connus chez nous, disaient que le nombre de lecteurs de qualité dans leur pays est très réduit, s'amenuise même, au regard de la population.
    A part quelques universités de renom (parfois surfait), le niveau des études supérieures est assez médiocre, et la marchandisation des études est un phénomène spécifique.
 Un certain anti-intellectualisme fait partie de la tradition et  des modes de vie et revient cycliquement.
          Si la percée de D. Trump a été si forte, c'est largement parce que, à sa manière provocante et peu raffinée, partisan des idées simples, voire simplistes ,il a su faire appel au bon sens de ses compatriotes, fustigeant les "intellectuels".                        L'homme de la Trump Tower revendique le bon sens, qui dans le discours politique public s'assimile souvent à de la démagogie.           
     Platon l'avait déjà signalé. Ce que Descartes appelait en son temps le bon sens était la saine raison, une raison informée et critique.
       Aux USA, on n'aime pas trop l'esprit cultivé et  les" intellos".
   Seule est valorisée la connaissance utilitaire, dans un empirisme à courte vue de tradition typiquement anglo-saxonne, que nous partageons aussi souvent. 
      L'irrationnel a pignon sur rue, la réfutation  théorie de l'évolution est objet de foi, par exemple, et,
comme l'a bien montré Richard Hofstadter, l'anti-intellectualisme s'est développé sur un terrain où la religion a pris une place importante et où les études ont le plus souvent été vues comme le moyen de réussir et de gagner de l'argent.
   Le succès de S.Palin le montre, l'anti-intellectualisme fait bon ménage avec certaines formes de populisme étroit et vindicatif.
          Dans certaines universités, le succès de D. Trump inquiète quand même.
     Heureusement, certains écrivains et journalistes sont sidérés, comme de rares médias.
                       Le ci-devant président des Américains ne cessait de le dire et de l’écrire : il déteste la réflexion et la complexité. C’est même le fondement du discours politique simpliste qu’il distille avec succès dans un pays où le niveau d’études et d’éducation fléchit dangereusement.
"J’aime à penser que j’ai de l’instinct. C’est pour cela que je n’emploie pas beaucoup de comptables pour empiler les données. Je n’ai pas confiance dans les analyses à la mode du marketing sophistiqué. Je fais mes propres analyses et j’en tire seul mes propres conclusions."
    Le livre The Art of the Deal s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires. La revendication de la primauté de l’instinct et de l’anti-intellectualisme rencontre un profond écho parmi les soutiens de Donald Trump. Ce dernier a déclaré haut et fort : "J’aime les gens sans éducation." Il a raison. D’un point de vue électoral, ces "gens sans éducation" sont un réservoir de voix qui ne cesse de grossir. Car le système éducatif des États-Unis est dans un état déplorable, pour l'essentiel..
     On avait compris qu'il était plus facile d'influencer des esprits démunis d'esprit critique.
              La question hantera sans doute longtemps encore la société américaine : "... comment un homme aussi brutal, inculte, incompétent et vulgaire que Donald Trump a-t-il pu parvenir à ce niveau de la vie politique ? Le phénomène est cependant moins étonnant qu’il y paraît.
    Trump est, à bien des égards, le produit de cette idéologie qui a accompagné la construction du pays : l’anti-intellectualisme. En 1963 déjà, l’historien Richard Hofstadter alertait sur cette face obscure de la démocratie américaine dans Anti-Intellectualism in American Life. L’hostilité envers les intellectuels, la méfiance pour tout ce qui relève de l'esprit critique et de la réflexion théorique apparaît en effet très tôt. « II est ironique, constate d’ailleurs Hofstadter, que les États-Unis aient été fondés par des intellectuels. Car tout au long de notre histoire politique, ou presque, on a traité cette figure en marginal (outsider), en serviteur ou en bouc émissaire. »L’historien l’explique notamment par la montée en puissance des sectes évangéliques au début du XIXe siècle, mouvements qui reposent (contrairement au puritanisme des origines) sur la confiance en l’intuition de l'homme du commun plus qu’en la doctrine et le savoir. Parallèlement, les Etats-Unis glorifient l’homme d’action (aventurier ou homme d’affaires). Les conditions de vie des pionniers conduisent à valoriser les connaissances pratiques, l'ingéniosité, la compétence technique. Et le système scolaire est façonné à l’avenant, pour obéir à un impératif d’utilité : l'anti-intellectualisme a toujours été présent dans l'enseignement américain, insiste Hofstadter. Selon lui, le secondaire « forme » des individus qui ne sauront rien et n'auront guère les moyens de s'en apercevoir – d'autant moins qu'ils seront ensuite soumis à un véritable matraquage publicitaire par les moyens de communication de masse aux mains des entreprises privées. Et c’est bien là le nœud du problème pour Susan Jacoby. Dans The Age of American Unreason, elle souligne que la question n’est pas seulement l’ampleur de l’ignorance des citoyens, attestée par nombre d’études qu’elle cite (un Américain sur cinq, par exemple, pense que le soleil tourne autour de la Terre). Le pire, c’est qu’ils sont persuadés que davantage de savoir ne leur servirait à rien.... " 
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samedi 4 octobre 2025

Larges horizons

 De tout, un peu

__  Politique de l'offre

             Point de vue:  Politique néolibérale en cause?

__  Trump et Butler :

               Un nouveau maccarthysme?    

__  Passivité dangereuse et extrême droite                         

__  Calcul social à la chinoise?

                 A voir...

__  Mort sociale

                   Et isolement extrême

__ Haro sur la sécu

                  Une charge pour l'économie?  

__ Transition énergétique

                   Largement un leurre

__ Pour un emprunt national?

                    Pourquoi pas?  

__ De dette en dette 

                   Récemment surtout

__ Un exemple américain 

                     Migrants: des émules en Europe

__ Chicago:  violence d'Etat

              Et ailleurs ...

__ La nature contre attaque Nous sommes (aussi) des êtres naturels

             

« Nous"...Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » Le slogan, très présent dans les luttes zadistes de la dernière décennie, porte en lui une proposition philosophique forte : celle que nous autres, Homo sapiens, ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, d’où il s’ensuit que le concept de nature, conçu en opposition à celui de culture (pensée comme propre de l’homme), doit être abandonné..."

________          Une récriture de l'histoire discutable
            
                       Comme souvent encore...                                                                                                                         _ Pour les metteurs en scène d’extrême droite, « la nostalgie est un produit commercial »                                                                                                                                                         
« Nous "...Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » Le slogan, très présent dans les luttes zadistes de la dernière décennie, porte en lui une proposition philosophique forte : celle que nous autres, Homo sapiens, ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, d’où il s’ensuit que le concept de nature, conçu en opposition à celui de culture (pensée comme propre de l’homme), doit être abandonné..."

_______              Nouvel impérialisme                                                                                                                                                                                 Philipp Roth  et son Amérique ambivalente.  A relire..?  _______Une uchronie étonnante   ______

   Il faut relire Philip Roth, qui nous éclairait indirectement sur les périls déjà anciens qui guettaient son pays et mettait en garde ses contemporains, à la lumière de l'expérience passée.   


                                                                                                                          Beaucoup, comme Henri Ford, faillirent mener le pays à une dictature


La leçon portera -t-elle?:

            Le grand repli:


     "....Le 2 décembre 1823, James Monroe déclarait : « Aux Européens, le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde ». Cela faisait juste quarante ans que l'indépendance des États-Unis avait été reconnue par les Britanniques et déjà « l'Amérique » faisait figure de grande puissance. Mais l'opinion américaine avait été marquée par la vanité de la guerre anglo-américaine de 1812-1814 qui n'était que la conséquence de l'obstination anglaise à parfaire le blocus maritime qu'elle imposait à l'Europe napoléonienne. Désormais les États-Unis tournaient leurs regards davantage vers leurs intérêts sur le continent américain que sur les péripéties de la politique européenne… La déclaration de Monroe Monroe précisait ainsi sa pensée : « Nous avons toujours été les spectateurs anxieux […] des événements qui se déroulent dans cette partie du globe avec laquelle nous avons tant de liens et dont nous tirons notre origine. » « Les citoyens des États-Unis se réjouissent de la liberté et du bonheur de leurs semblables de l'autre côté de l'Atlantique. Dans les guerres […] européennes […] nous ne sommes jamais intervenus (1) et il n'est pas conforme à notre politique de le faire. […] « C'est seulement lorsque nos droits sont atteints ou sérieusement menacés que nous ressentons l'offense ou faisons des préparatifs pour notre défense. Les événements de cet hémisphère nous touchent infiniment de plus près. […] "

 LA DEUXIÈME VIE D’HITLER ?

L’histoire qui s’écrit sous nos yeux prend les travers d’une série B dramatique. Comme si nous étions condamnés à en revivre les plus mauvais épisodes pour ne pas les avoir bien compris. Je me disais- en prenant un peu de recul ces quelques derniers jours - que le plus improbable des « miracles » pour les américains n’est finalement pas la résurrection du Christ mais celle, inattendue, d’Adolf Hitler. À coups de podcasts graveleux, de tweets rageurs et de funérailles transformées en synodes, l’extrême droite trumpiste offre à cette plaie de l’humanité une seconde carrière. Et quelle carrière! Le Führer recyclé en un homme “mal compris”, l’homme “moindre mal”, “allié raté”, voire en saint patron des familles. Une réhabilitation qui ferait rougir les nécrologues les plus imaginatifs. Prenons David Collum, professeur de Cornell et satellite du système Tucker Carlson. Sans trembler, il ose: « On peut défendre l’idée qu’on aurait dû s’allier à Hitler et combattre Staline », avant d’ajouter en prophète d’uchronie: « Peut-être n’y aurait-il pas eu d’Holocauste ». Voilà Hitler devenu plan B humanitaire, inventeur posthume de la paix universelle. Pas moins que ça… Darryl Cooper, conteur favori de la droite radicale trumpiste, joue lui au procureur de l’Histoire. Pour lui, Churchill n’était pas un sauveur mais « Le principal méchant de la Seconde Guerre mondiale ». Traduction: Londres aurait dû tendre l’autre joue pendant le Blitz. À ce stade, pourquoi ne pas ériger une statue de Hitler à Hyde Park, pour service rendu à l’humanité? Mais cette fascination n’est pas une lubie d’influenceurs. Elle plonge ses racines dans l’Amérique profonde. Henry Ford, le prophète de l’automobile, fut aussi le grand exportateur de l’antisémitisme moderne. Ses pamphlets Le Juif international, publiés dans les années 1920, nourrissaient Hitler, qui le qualifiait de « Seul grand homme inspirant en Amérique ». En 1938, Berlin lui remit la Grand-Croix de l’Aigle allemand, plus haute décoration du Reich pour un étranger. Le constructeur de Detroit en mécène idéologique de Nuremberg: l’image est si parfaite qu’elle semble inventée. On ne s’en souvient sans doute pas ici, en Europe. Saviez-vous que le German American Bund réunissait en 1939 vingt mille personnes au Madison Square Garden, hurlant sous un portrait géant de George Washington encadré de croix gammées ? L’Amérique n’avait pas encore inventé les podcasteurs MAGA, mais elle possédait déjà ses Nuremberg à domicile. Autrement dit: quand l’écosystème trumpiste réhabilite aujourd’hui Hitler sous prétexte de “provocation”, il ne fait que recycler une vieille nostalgie nationale. La continuité est implacable: de Ford décoré par Hitler à Trump célébré par ses micros, le fil rouge s’appelle haine. Comme dans le film Il est de retour, satire grinçante où Hitler surgit dans l’Allemagne contemporaine, on rit avant de réaliser que le grotesque a cessé d’être fiction. Candace Owens, égérie noire du trumpisme culturel, ose quant à elle un épisode titré: « Littéralement Hitler. Pourquoi ne pouvons-nous pas parler de lui ? ». Réponse: parce que vous finissez toujours par dire des monstruosités. La sienne? Josef Mengele n’était, selon elle, « un simple produit de propagande ». Les jumeaux mutilés apprécieront le déni postmoderne. On croirait assister à La Vague, ce film où une classe bascule en régime autoritaire en trois jours: Owens et ses acolytes rejouent la démonstration, mais cette fois à l’échelle d’une nation entière. Jake Shields, ex-combattant de MMA reconverti en philosophe de comptoir, s’offre un hommage viral: « Hitler a brûlé les cliniques trans, arrêté les banquiers Rothschild et donné des maisons gratuites aux familles. Cela ressemble-t-il à l’homme le plus malfaisant ? ». L’horreur travestie en politique sociale. Les bras nous en tombent, comme les briques de Guernica sous les bombes. Myron “Fit” Gaines, dont l’émission Fresh & Fit est devenue la salle de musculation idéologique de l’écosystème MAGA, en ajoute un coup de louche: « Hitler avait raison à propos de vous tous ». Subtil comme un uppercut, efficace comme un silence de studio. Dans la même veine, ses invités se sont permis de justifier l’Holocauste en direct. On rit, on applaudit, et pourtant personne ne débranche le micro. Liberté d’expression voyons! Et puisque la médiocrité ne suffit jamais, allons voir directement au sommet. Trump, depuis son bureau présidentiel, ne s’embarrasse pas de litotes: aux funérailles de Charlie Kirk, il lâche: « C’était un missionnaire avec un esprit noble et un grand objectif. Il ne haïssait pas ses adversaires. Il voulait le meilleur pour eux. C’est là que je ne suis pas d’accord avec Charlie. Moi, je hais mes adversaires et je ne veux pas le meilleur pour eux ». La haine nue, élevée au rang de gouvernance. Stephen Miller, son exégète, lui répond: « Nous sommes la tempête… Et à ceux qui tentent d’inciter à la violence contre nous, qui fomentent la haine contre nous, que possédez-vous ? Vous n’avez rien. Vous n’êtes rien ». Traduction: la vengeance n’est plus un fantasme, mais un programme. Nous voilà dans un décor digne du Maître du Haut Château, où les nazis règnent sur une Amérique vaincue. Quand Trump proclame sa haine et que Miller promet la tempête, la fiction cède sa place au journal télévisé. La haine et les marchands de violence d’extrême droite ont depuis longtemps planté leurs poignards dans le sol de la patrie autoproclamée de la liberté. Trump et ses sbires s’emploient désormais à faire taire quiconque refuse leur vision du monde. Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi. Ennemi ridicule, rien-du-tout exécrable : woke, détestable. Démocrate, gauchiste méprisable. …La vengeance n’est plus un fantasme, mais un programme. Nous voilà dans un décor digne du Maître du Haut Château, où les nazis règnent sur une Amérique vaincue. Quand Trump proclame sa haine et que Miller promet la tempête, la fiction cède sa place au journal télévisé.Et comme si la scène n’était pas assez absurde, l’ennemi désigné reste toujours le même : les Antifa, autrement dit les antifascistes. Résumons : réhabiliter Hitler d’un côté, vouer aux gémonies ceux qui s’opposent au fascisme de l’autre. CQFD. Pendant ce temps, les meetings de la droite religieuse américaine tiennent davantage du revival évangélique que du débat civique. Aux obsèques de Kirk, le lexique saturé - Dieu, la famille, la patrie - rejouait la vieille partition du Kinder, Küche, Kirche : enfants, cuisine, église. The Washington Post décrivait la scène: prêches, chants, promesses de croisade. Quand la politique devient liturgie, la frontière entre sacrement et propagande s’évapore....On aurait cru assister à un épisode de La Servante écarlate: foule agenouillée, pouvoir sacralisé, corps asservis au culte. La dystopie télévisée devient mode d’emploi pour l’Amérique réelle. ..."  

Toute analogie avec l'actualité...           ____________________

« Nousne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » Le slogan, très présent dans les luttes zadistes de la dernière décennie, porte en lui une proposition philosophique forte : celle que nous autres, Homo sapiens, ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, d’où il s’ensuit que le concept de nature, conçu en opposition à celui de culture (pensée comme propre de l’homme), doit être abandonné« NouNous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » Le slogan, très présent dans les luttes zadistes de la dernière décennie, porte en lui une proposition philosophique forte : celle que nous autres, Homo sapiens, ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, d’où il s’ensuit que le concept de nature, conçu en opposition à celui de culture (pensée comme propre de l’homme), doit être abandonné        ___ i__ Nouvelle guerre froide? expression « guerre froide » est apparue en 1945 sous la plume de George Orwell dans un article sur la bombe atomique. Utilisée pour la première fois dans le sens qui nous est familier en 1947 par le financier et politicien américain Bernard Baruch, elle fut popularisée la même année par le journaliste Walter Lippmann, qui l’employa comme titre d’une série d’éditoriaux puis d’un livre qui les rassemblait. Elle désigne à la fois l’état de tension et de rivalité entre les États-Unis et l’URSS dans les décennies qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale et la période de près d’un demi-siècle durant laquelle ces rapports conflictuels ont largement façonné le paysage international. L’abondante littérature sur cet épisode historique est majoritairement en langue anglaise et souvent américaine : en Union soviétique, le concept de « guerre froide » n’était pas utilisé.__ Histoire en spectacle Ces spectacles « historiques » devenus des chevaux de Troie culturels de l’extrême