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mercredi 19 mars 2025

Culture malmenée

 Et pensée libre menacée   ______

               Jusqu'au sens des mots...Trump mène l'offensive. IL ose tout. Et ce n'est que le début. L'obcurantisme va connaître de "beaux jours"...   l'offensive intellectuelle  est en cours   A la suite de Curtis Yarvin et de  son idéal radical.  Presque du Orwell dans le terxte...      L’idée fondamentale de la novlangue, chez Orwell , dans le contexte politique, est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État, car le discours manichéen permet d'éliminer toute réflexion sur la complexité d'un problème : si tu n'es pas pour, tu es contre, il n'y a pas de milieu. Ce type de raisonnement binaire permet de favoriser les raisonnements à l'affect, et ainsi d'éliminer tout débat, toute discussion, et donc toute potentielle critique de l'État. Le phénomène de la double pensée  décrit la tension entre les valeurs et les impératifs exigés jusqu'à l'outrance par le pouvoir abusif.


                                                                                                                                                            Derrière la guerre de Trump et Vance contre le savoir, une idéologie aussi effrayante que réelle : les «Lumières obscures» :                                                                                                                                                                  S'il y a bien un trait commun qui caractérise les idéologies fascistes d'hier et d'aujourd'hui, c'est le culte de la force brute et la haine de l'intelligence. «Mort à la vie, vive la mort», «À bas l'intelligence !» s'exclamait José Millan-Astray, militaire espagnol et dignitaire franquiste dans les années 1930. On connaît aussi la célèbre phrase attribuée au dirigeant nazi Hermann Göring : «Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver». En 2025, une idéologie ressemblante se trouve à la Maison Blanche : les «Lumières obscures», le négatif des idées des Lumières. __ «Les fonds fédéraux seront coupés pour tout collège, école ou université qui autorise des protestations illégales. Les agitateurs seront emprisonnés, ou renvoyés définitivement dans leur pays d’origine. Les étudiants américains seront expulsés définitivement, ou, selon le crime, arrêtés». C’est le message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 4 mars 2025.

Pour l’extrême droite américaine, les universités sont un terrain à conquérir et à mettre au pas. Et pour cause, c’est sans doute l’un des derniers endroits où il existe encore quelques contre-pouvoirs aux USA. Nous l’avons vu lors du mouvement étudiant pour la Palestine qui a enflammé les campus l’an dernier, et qui a été férocement réprimé par l’administration Démocrate. ___

Donald Trump attaque les universités

«Les fonds fédéraux seront coupés pour tout collège, école ou université qui autorise des protestations illégales. Les agitateurs seront emprisonnés, ou renvoyés définitivement dans leur pays d’origine. Les étudiants américains seront expulsés définitivement, ou, selon le crime, arrêtés». C’est le message posté par Donald Trump sur son réseau Truth Social, le 4 mars 2025.

Pour l’extrême droite américaine, les universités sont un terrain à conquérir et à mettre au pas. Et pour cause, c’est sans doute l’un des derniers endroits où il existe encore quelques contre-pouvoirs aux USA. Nous l’avons vu lors du mouvement étudiant pour la Palestine qui a enflammé les campus l’an dernier, et qui a été férocement réprimé par l’administration Démocrate.

Trump le dit très directement : il va définancer tout établissement scolaire qui n’appliquerait pas son idéologie. Il vient d’annoncer la suppression de 400 millions de dollars de subventions à Columbia, bastion des mobilisations étudiantes, qu’il a accusé d’inaction face à «des actes antisémites». Et il traite d’ors et déjà les étudiant-es comme des criminel-les.

Un étudiant traité de « terroriste » et menacé d’expulsion

Le 8 mars Mahmoud Khalil, jeune homme d’origine palestinienne et porte-parole du mouvement étudiant, a été interpellé à son domicile, sur le campus de Columbia, par la police de l’immigration. Il est résident légal des États-Unis et titulaire d’une carte verte. Il n’a pas été arrêté ni inculpé pour le moindre crime. Pourtant, il est actuellement emprisonné et le gouvernement veut lui retirer ses papiers pour le renvoyer des USA. Le compte de la Maison Blanche a osé tweeter suite à cette arrestation : «Shalom Mahmoud».

Trump ne veut pas s’arrêter là. Il a écrit : «Nous savons qu’il y a d’autres étudiants à Columbia et dans d’autres universités qui ont participé à des activités proterroristes, antisémites, anti-américaines et le gouvernement Trump ne le tolérera pas […] Nous allons trouver, arrêter et expulser ces sympathisants terroristes. Nous attendons de toutes les universités américaines qu’elles suivent les règles».

«Si Mahmoud Khalil peut se voir retirer son statut de résident permanent sans recours, alors aucun immigré ou étudiant international d’aucun campus américain n’est en sécurité», dénoncent ses camarades. Ce sont toutes les universités du pays qui vont être mises au pas par la force.

«Les Universités sont les ennemies»

Dans ce contexte, un discours prononcé par J. D. Vance, le vice-président des USA, est largement partagé sur internet. Il a été prononcé en 2021 dans le cadre d’une conférence «Nationale Conservatrice».

Celui qui est actuellement le numéro 2 des USA se lançait alors dans une charge hallucinante contre le savoir et l’enseignement supérieur. Il déclarait notamment que «nous devons attaquer franchement et violemment les universités de ce pays» ou encore «les professeurs sont l’ennemi. Les universités sont les ennemies». Aujourd’hui, il applique ses promesses.

Une scientifique en chef de la NASA virée

Dans le même registre, le gouvernement vient de licencier le 10 mars Katherine Calvin, climatologue et scientifique en chef à la Nasa. Avec elle, une vingtaine d’autres salarié-es de l’agence spatiale ont été renvoyé-es, son bureau et deux autres départements – notamment celui consacré à la diversité, l’équité, l’inclusion et l’accessibilité – de la Nasa ont été démantelés.

Leurs noms s’ajoutent à la longue liste de la purge organisée par Elon Musk, qui vire des dizaines de milliers de fonctionnaires depuis le retour au pouvoir de Trump.

Si Katherine Calvin est particulièrement visée, c’est parce qu’elle dirige un groupe de travail du GIEC, le groupe de scientifiques qui étudient sur le changement climatique. Les chercheuses et chercheurs qui documentent la pollution, les inégalités sociales ou le racisme sont mis au chômage et contraints au silence.

Le bombardier Enola Gay trop woke pour Trump

« Enola Gay », c’est le nom de l’avion de guerre qui a largué une des bombes nucléaires sur le Japon en 1945. L’avion a été nommé en référence à la mère du pilote Paul Tibbets, nommée Enola Gay Tibbets. Son nom est censuré par le ministère de la Défense.

L’administration a fait interdire de nombreux mots considérés comme «wokes» au sein de ses services depuis plusieurs semaines : une «chasse aux politiques d’inclusivité» réclamée par Trump. Parmi les 120 mots interdits, on retrouve «femme», «préjugé», «justice environnementale», «accessibilité»… Et toute référence au réchauffement climatique a été effacée de sites internet fédéraux. Certaines pages ont carrément disparu, ne laissant qu’un «404 Not Found».

Ainsi, les références au bombardier Enola Gay ont été signalées comme devant être retirées des sites du ministère de la Défense. Toute mention du mot «gay» est visée par la censure, de même que toute mention des dates commémoratives dédiées aux communautés noires, hispaniques, et aux femmes. Autre contenu menacé de censure : des photos du Corps des ingénieurs de l’armée en Californie, signalées à cause du nom d’un des membres dont le nom de famille est… Gay.

L’idéal fasciste en phase terminale c’est la réduction du langage afin d’empêcher de penser, et de tout réduire à des grognements et des coups…

Triangle rose

Le 9 mars, Trump publiait sur son réseau social un article rédigé par l’ancien capitaine du renseignement de l’armée américaine Jeremy Hunt, se félicitant du recrutement militaire qui aurait «changé sous Trump». Un texte accompagné d’une image : un triangle rose pointant vers le bas, barré par un panneau d’interdiction.

Le triangle rose orienté vers le bas est un insigne qui remonte à l’Allemagne nazie. Il était utilisé pour marquer les hommes homosexuels dans les camps de concentration. Les hommes marqués du triangle rose dans les camps nazis étaient soumis à des actes de torture, des expériences médicales, la castration et l’extermination.

Lumières obscures

Pris isolément, ces actes sont scandaleux, mais aussi parfois grotesques. Pourtant, ils répondent à une idéologie bien réelle et très sérieuse : les Lumières obscures, un retour en arrière, à rebours du siècle des Lumières et l’émergence d’une pensée rationnelle, basée sur l’érudition et la logique.

Ce mouvement de pensée qui vise à détruire la démocratie a été fondé par un certain Curtis Yarvin, connu sous le pseudonyme de Mencius Moldbug sur internet. Il est informaticien, passé par la Silicon Valley, et figure du mouvement appelé «néo-réactionnaire» aux USA. Il a d’abord publié un manifeste prônant l’emprisonnement à vie de membres improductifs de la société «dans un isolement permanent, dans une cellule scellée, sauf en cas d’urgence», mais avec l’autorisation d’accéder à «une interface immersive de réalité virtuelle qui lui permettrait de vivre une vie riche et épanouissante dans un monde totalement imaginaire». Une sorte de confinement réservé aux ennemis de l’intérieur.

Il propose aussi de transformer ces personnes en «biocarburant pour faire rouler les bus», et écrit qu’il aimerait trouver «une alternative humaniste au génocide». Yarvin imagine aussi, dans sa société rêvée, que les États deviennent «des entreprises lourdement armées et ultrarentables, qui aboliront le pouvoir de la presse, écraseront les universités, vendront les écoles publiques et transféreront les ‘populations décivilisées’ dans des enclaves sécurisées pour les rééduquer».

À partir de ces théories lugubres, un philosophe d’extrême droite anglais nommé Nick Land, ennemi de l’égalité et de la démocratie, publie un manifeste nommé «The Dark Enlightenment» – «Les lumières obscures».

Et devinez quoi ? J. D. Vance, l’un des Hommes les plus puissants du monde, est un ami personnel de Curtis Yarvin et un partisan des «Lumières obscures», ce néofascisme ultra-capitaliste qui prône la destruction de la connaissance et l’élimination des humains jugés superflus. ..." _________                                                                                                                    

samedi 17 janvier 2009

USA : Université et marché

"L’afflux des « cerveaux » aux Etats-Unis, si souvent déploré, révèle surtout les faiblesses de l’enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l’étranger, en Chine, en Inde... ou en France.... il ne faudrait pas idéaliser le système américain." (Pierre Gervais)
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"Le désir d’accès universel au savoir, l’autonomie de gestion, la valeur attribuée aux investissements publics, l’ouverture aux mouvements sociaux, les passerelles entre recherche de pointe et instruction publique : voilà ce qui faisait la force du système universitaire américain. Aujourd’hui, ce sont les faiblesses de l’édifice qui apparaissent : un enseignement de qualité réservé aux plus riches, des investissements privilégiant un rendement rapide, une stratification sociale marquée, une concurrence engendrant des coûts prohibitifs, une concentration des ressources au sommet de la pyramide. Un tel glissement général constitue sans nul doute une victoire pour la droite américaine puisqu’il entérine l’abandon de l’ambition d’une éducation de haut niveau destinée à l’ensemble de la société
.
" (Christopher Newfield)
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M. Tom Hayden, sénateur de l’Etat de Californie, se demandait « si la recherche biotechnologique n’allait plus être désormais dominée que par l’intérêt des entreprises, et si les éventuels critiques de telles pratiques au sein du monde universitaire ne risquaient pas d’être muselés ». ...C'est en bonne voie...
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"Une enquête du Los Angeles Times a révélé que 19 des 40 articles publiés au cours des trois dernières années dans la rubrique « drug therapy » de la prestigieuse revue médicale New England Journal of Medicine avaient été rédigés par des médecins rémunérés par les fabricants des médicaments qu’ils étaient chargés d’évaluer."
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"Le poète Percy Bysshe Shelley a écrit que, dans la rapacité créée par la révolution industrielle, les gens abandonnent d’abord leur esprit ou leur capacité à raisonner, puis leur cœur ou leur capacité d’empathie, jusqu’à ce qu’il ne reste de l’équipement humain originel que leurs sens ou leurs demandes de satisfactions égoïstes. A ce stade, les humains entrent dans la catégorie de produits de consommation et de consommateurs du marché - un élément de plus dans le paysage commercial. Sans cœur et sans esprit, ils sont instrumentalisés à acheter tout ce qui calme leurs sens exigeants et apeurés - des mensonges officiels, des guerres immorales, des poupées Barbie et des enseignements en faillite."(Luciana Bohne)
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L'université américaine vampirisée par les marchands:

"EN novembre 1998, l’Université de Californie, Berkeley, concluait un accord avec la société suisse Novartis. Un don de 25 millions de dollars fut accordé au département de microbiologie (Plant and Microbial Biology). En contrepartie, l’université publique accordait au géant suisse de la pharmacie et de la biotechnologie le droit de s’approprier plus du tiers des découvertes générées par les chercheurs du département (y compris celles financées par l’Etat de Californie ou par le gouvernement fédéral), ainsi que de négocier les brevets d’invention qui en découlent. De plus, l’université accordait à Novartis le contrôle de deux des cinq sièges du comité de recherche du département, chargé de l’allocation des fonds de recherche.L’accord Berkeley-Novartis souleva un tollé. Plus de la moitié des enseignants du département en question exprimèrent leur inquiétude, car tant le principe de la « recherche pour le bien public » que le libre-échange des idées au sein de la communauté scientifique se trouvaient menacés . M. Tom Hayden, sénateur de l’Etat de Californie, se demanda « si la recherche biotechnologique n’allait plus être désormais dominée que par l’intérêt des entreprises, et si les éventuels critiques de telles pratiques au sein du monde universitaire ne risquaient pas d’être muselés »...
Depuis le début de la « révolte fiscale » déclenchée en Californie en 1978 avec la « proposition 13 » gelant la taxe foncière, les Etats, privés d’impôts, n’ont cessé de réduire leurs budgets d’éducation. En 1980, dans le but de restaurer la compétitivité de l’industrie américaine, la loi Bayh-Dole, du nom de ses deux parrains, l’un démocrate, l’autre républicain, autorisait pour la première fois les universités à breveter les inventions financées par le gouvernement. D’autres lois vinrent par la suite encourager les universités à commercialiser leurs brevets, et accorder des exemptions fiscales aux entreprises qui finançaient la recherche universitaire....
Tous les grands investissements effectués au cours des dix dernières années l’ont été grâce à des donations privées. Ainsi, pour bâtir sa nouvelle business school, l’université procéda à une levée de fonds frénétique. La famille Haas (héritière du fabricant de blue-jeans Levi Strauss), qui effectua la donation la plus importante, obtint que la business school portât son nom. De grandes entreprises financèrent des chaires. Le doyen de l’établissement porte par exemple le titre de « Bank of America Dean ». Les nouveaux bâtiments sont truffés de logos d’entreprises...
C’EST ce que MM. James Engell et Anthony Dangerfield, professeurs à Harvard, ont nommé le monde de « l’université marchande » (« market-model university ») : les départements qui « gagnent de l’argent », « étudient l’argent » ou « attirent l’argent » en sont les grands bénéficiaires . Les autres sont négligés, voire délaissés....
La logique de « l’université marchande »impose, pour les entreprises, que leurs donations soient considérées comme des investissements : publicité gratuite, éloges, respectabilité font partie, au même titre que les découvertes commercialisables, des bénéfices justifiés par la dépense (7). Et toute infraction mérite sanctions : Nike a récemment suspendu son concours financier à trois universités (Michigan, Oregon et Brown) sous prétexte que leurs étudiants avaient critiqué certaines de ses pratiques dans des pays pauvres, en particulier en matière d’emploi d’enfants...
Sur les campus, des personnages d’un type nouveau apparaissent : les professeurs-entrepreneurs pour qui l’ancrage dans une université offre la promesse d’un enrichissement rapide. Ces universitaires consacrent le plus clair de leur temps à leurs entreprises commerciales. L’affiliation universitaire leur procure la crédibilité scientifique, un point de chute en cas d’échec, et surtout la possibilité de privatiser les revenus tout en socialisant les dépenses..."

-Passé et passif de l’enseignement supérieur américain:
"... seules trente-cinq universités acceptent moins d’un étudiant sur quatre ; les cent premières en retiennent un sur deux ; la majorité est ouverte à tous. Plutôt que de garantir la qualité globale de l’enseignement, ce système de sélection légitime l’importance des moyens accordés aux établissements d’élite, qui ne représentent que 1 % à 2 % de l’ensemble. Les dix mieux dotés se sont attribué la moitié de l’augmentation des dons privés en 2006 ; l’université californienne Stanford, qui dispose déjà d’une dotation en capital (endowment) de 14 milliards de dollars, a récemment lancé une campagne afin de recueillir 4,3 milliards de dollars supplémentaires. On le voit, la sélection permet surtout d’assurer à une petite élite des ressources quasi illimitées. Une version informelle, à l’américaine en quelque sorte, des « grandes écoles » françaises . Le fait « d’aller au college », qui fut longtemps le dénominateur commun par excellence de la société américaine, sert aujourd’hui de loupe dévoilant l’inégalité croissante du système social (lire « “Diversité” contre égalité ? »).La situation tranche avec celle des années de prospérité consécutives à la seconde guerre mondiale. Washington confiait alors aux universités publiques une mission de réduction des inégalités...
l’arrivée au pouvoir de la droite dans les années 1980 en appréciant les efforts qu’elle a déployés pour détruire cette social-démocratie à l’américaine, pour en limiter le coût et contrecarrer ses effets égalitaires. La « guerre culturelle » cibla d’abord les universités des Etats à forte tradition sociale. En attaquant le « politiquement correct » et d’autres courants de pensée produits par le monde universitaire, la droite chercha à entamer le pouvoir de la « nouvelle classe ». Ses attaques se concentrèrent sur les idées qui la caractérisaient le mieux : la lutte contre la discrimination raciale, le désir d’autonomie dans le métier. Mais elles mirent aussi en cause un « enfermement » scientifique qui ne répondait pas assez à la logique du marché, un savoir sans retombées économiques immédiates.-Cette guerre des idées passa par une guerre économique engagée contre les aspirations et les exigences de la nouvelle majorité éduquée. La fiscalité et la privatisation en furent les bras armés. Des crises de financement artificiellement orchestrées aboutirent à une diminution des fonds alloués au système public d’éducation. Car la réduction des budgets des universités d’Etat ne reflète pas une baisse des revenus des contribuables (et parents), mais un recul sensible de la part de l’impôt sur le revenu affectée à ces établissements publics d’enseignement supérieur que fréquentent 80 % des étudiants américains . Ils ont vu leurs budgets réduits d’un tiers depuis vingt-cinq ans. Pour l’université de Californie, qui se situa à l’avant-garde de la recherche, la chute est de 40 % depuis 1990.Afin de combler ce manque, les universités publiques ont eu recours au mécénat, en particulier pour financer des recherches spécifiques ; elles ont également sollicité plus de fonds privés et accru considérablement leurs frais de scolarité...."

-Au coeur des universités américaines -Agoravox (témoignage)
"Les universités américaines sont largement idéalisées outre-atlantique. En réalité, certaines dérives ont rendu cette expérience universitaire moins agréable, moins intéressante et beaucoup plus coûteuse qu’auparavant...."

-Délits d’initiés sur le marché universitaire américain:
"...Le processus d’exclusion sociale opère à tous les niveaux d’un système rodé à habiller une sélection de classe sous couvert de performance universitaire. L’exemple le plus flagrant d’une telle distorsion est le traitement de faveur accordé aux « legs » (legacies) par la plupart des institutions d’élite. Ce terme désigne le traitement préférentiel en matière d’admission dont bénéficient les enfants et petits-enfants des alumni (anciens élèves). Pour les enfants de ceux qui contribuent généreusement au fonds de dotation de l’université, l’admission est presque acquise, à moins qu’il s’agisse d’un élève incapable de feindre la moindre aptitude scolaire..."
- Class Rules: the Fiction of Egalitarian Higher Education (Peter Sacks)

-L'apprentissage de l'imbécilité dans la culture de l'argent (témoignage):
"... Et cela met en relief l’incapacité de l’enseignement étatsunien à produire des cerveaux équipés du strict nécessaire pour la survie démocratique : l’analyse et la capacité de poser des questions.En d’autres termes, je ne pense pas qu’une éducation sérieuse est possible aux É.-U. Tout ce que vous touchez dans les annales de la connaissance est un ennemi de ce système de commerce et de profit, à en perdre la raison. La seule éducation permise est celle qui adapte au statu quo, comme dans les écoles coûteuses, ou qui produit des gens pour maintenir et renforcer le statu quo, comme dans l’école publique où j’enseigne....
l’état de délabrement atteint par l’enseignement étatsunien est à la fois planifié et délibéré. C’est la raison pour laquelle nos médias réussissent si bien avec leurs mensonges..."

-Oubliez Harvard
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-Les universités américaines à la diète
-Les universités américaines dans la tourmente

mercredi 17 mai 2017

Quand les étudiants font des bulles

Vers une marchandisation des études
                                                                        Le savoir comme retour sur investissement.
                                                 Arte a eu la bonne idée de diffuser hier soir un document sur l'évolution de la condition étudiante dans les principaux pays de monde. Un dossier déjà évoqué par ailleurs, mais peu traité en profondeur.
      Une évolution qui laisse songeur et presque sceptique, quand on voit comment fonctionnent aujourd'hui beaucoup d'universités, notamment en Angleterre et aux USA. Sommes-nous à l'abri de telles dérives où la connaissance devient un enjeu essentiellement lucratif?
   : "Compétitivité, marketing ou retour sur investissement sont des termes qui circulent désormais dans les couloirs feutrés des grandes universités. De Shanghai à New York en passant par Paris et Berlin, la transmission des connaissances devient une marchandise, dans le sillage de "l'économie du savoir". Cette doctrine a été érigée à la fin des années 1990 par les instances financières internationales – OCDE et Banque mondiale en tête. L'enseignement supérieur, reconnu comme un moteur de productivité et de croissance économique, doit se mettre au service du développement des pays. Victimes de ce nouveau système, les étudiants sont contraints d’investir pour apprendre. Ils s'acquittent de frais d'inscription de plus en plus élevés, et s'appauvrissent avant même d'entrer dans la vie active. Aux États-Unis, la dette étudiante a dépassé le coût du logement et de la santé, menaçant l'économie nationale. Les jeunes Européens suivront-ils la même voie ? Si certains pays d'Europe du Nord résistent à cette commercialisation du savoir, considérant l'éducation comme un acquis social, d'autres s'inspirent de plus en plus du modèle anglo-saxon. En France, les établissements les plus prestigieux, comme Sciences-Po et Paris-Dauphine, se sont déjà engagés sur le chemin du payant..."
                   Selon l'enquête de Jean-Robert Viallet, "Les universités sont devenues des entreprises, soumises à un modèle libéral, et si le phénomène est encore émergeant en France, observer son fonctionnement et ses répercussions sur les étudiants aux USA, donnés par beaucoup comme un modèle, ou en Grande-Bretagne, permet de comprendre les risques d’un tel système. Plongée, glaçante et instructive, dans un monde en pleine mutation.... Les grandes institutions américaines dominent le monde, par leur prestige, leur envergure, leur attractivité. L’Europe ne peut rester hors jeu et, en mars 2000, propose une déclaration commune, à Lisbonne, centrée sur la volonté de mettre l’enseignement supérieur au service de l’économie et de l’emploi....L’Angleterre est à la pointe de cette volonté de réforme. Le gouvernement de Tony Blair applique le modèle du système privé au service public pour le rendre plus performant, ou, pour le dire en un mot si cher au monde du travail, compétitif. C’est la fin du principe de l’éducation gratuite pour tous, les droits d’inscription dans les facultés anglaises s’envolent : de 1000 £ à 9000 £, en 2010 sous le gouvernement Cameron. Les débats au Parlement ont eu beau être houleux, les manifestations monstres, désormais un étudiant anglais (ou un étudiant étranger suivant ses études au Royaume-Uni) devra s’endetter pour suivre son cursus universitaire."
        On peut parler de marchandisation des savoirs, dans des facs où domine l'argent-roi 
    Pour les étudiants anglais, dont les moins fortunés vont poursuivre leurs études à l'étranger, comme en Suède, c'est l'endettement permanent, avec l'incertitude d'un remboursement hypothétique, d'un retour sur investissement problématique.
         Les dettes issues de prêts impayés grimpent de manière inquiétante, surtout aux USA, constituant une bulle qui monte dangereusement.
        Malgré les mouvements sporadiques de révolte étudiante, comme au Canada récemment, l'endettement devient parfois cauchemardesque, véritable piège pour les familles et nouvelle menace pour le monde financier .
                  Une bulle qui monte, qui monte...
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vendredi 30 novembre 2018

Etudiants US en résistance

Une résistance d'un genre particulier.
                                    Qui se développe de manière inquiétante: L'opposition, parfois systématique, aux savoirs enseignés, même au coeur des universités. parfois même des plus prestigieuses.
         Il ne s'agit pas de l'exercice nécessaire et et salutaire de la critique rationnelle des savoirs enseignés. Les connaissances sont toujours perfectibles et la parole de l'enseignant n'est jamais un dogme arrêté, La parole du "maître" mérite réflexion et discussion, quelle que soit la discipline, à condition que l'esprit critique soit de bonne foi et suffisamment éclairé.
     Or on voit de développer, jusque dans les universités américaines un tout autre genre de critique, systématique et irrationnelle, vis à vis de l'autorité de savoirs constitués.
    Un climat d'intolérance épistémologique se développe, comme si la parole enseignante était offensante par nature, dès lors qu'elle remet en question les idées communes, les a priori admis comme non critiquables, les préjugés considérés comme des vérités établies.
   On sait que le relativisme et certaines croyances ou tabous font obstacle très tôt à une connaissance éclairée, comme la contestation des théories de l'évolution, du moins dans certains états. Le créationnisme continue, par exemple, à s'imposer comme dogme intangible dans les écoles primaires de certains Etats.
      Mais ce que pointent maints enseignants, c'est une attitude systématique de résistance aux savoirs, qui se développe de plus en plus au coeur même de l'université.
    Tout ce qui vient déranger le "mol oreiller" du dogmatisme, comme disait Montaigne, ne trouve plus grâce aux yeux de certains. Toute idée qui dérange finit par être considérée comme violente.
    Une résistance qui s'enracine dans une enfance où l'enfant-roi ne doit pas êtres contesté, sans doute, dans une société où le sens critique s'abolit, où le relativisme règne en maître, alimentée par des médias pour qui la vérité n'est pas les souci majeur.
    ....On a affaire à une génération de jeunes Américains qui ont été trop protégés sur le plan émotionnel durant leur enfance. Leurs parents s’étant exagéré leur fragilité, les ont maternés. Ils ne supportent tout simplement pas la contradiction. En outre, on leur a trop répété qu’ils devaient se fier à leurs impressions, protéger leur susceptibilité, préserver leur authenticité. Personne ne les a prévenus que nos jugements pouvaient être biaisés par nos émotions. Au contraire, leur éducation les a habitués à considérer que leur vérité particulière devait être respectée et jamais questionnée.Par ailleurs, leur manichéisme ne fait que refléter l’ambiance politique américaine actuelle, terriblement polarisée depuis l’élection de Trump. « Leur monde est composé de bons et de méchants ». Le juste combat, c’est « nous » contre « eux ». Enfin, il faut compter avec les bureaucraties universitaires, créées, au départ, pour lutter contre le racisme, le sexisme et les discriminations. Elles ont été parfois détournées de leur fonction et justifient leur existence en montant des sortes de procès contre des enseignants, coupables de péché plus ou moins imaginaires, comme cela a été illustré par un certain nombre de romans récents....
     Attitude infantile et inquiétante, source de dérives multiples.
      On sait que beaucoup d'universités américaines, même abondamment financées, sont dans dans une situation difficile. La marchandisation du système n'arrange rien.
            La privatisation-chartérisation de l'activité enseignante va aussi bon train.
     Une récente tentative, comme en Suède ne serait pas concluante, loin de là.
  Le système du chèque  éducation a voulu être tenté chez nous par les plus libéraux.   Dans les universités, la privatisation a déjà fait des avancées tellement spectaculaires, que les droits d'inscription deviennent presque inaccessibles à la grande masse ou peuvent peser sur presque toute une vie, créant une ségrégation de fait  et une bulle problématique
  La vampirisation dans l'enseignement secondaire par les marchands, compromet l'avenir et peut être considéré comme un carnage pour l'ascenseur social.
   Au Québec, on observe des tendances qui vont dans le même sens, stérilisant le recrutement et la diversification des talents, au coeur d'une ségrégation sociale masquée.
    Aux USA, l'intrusion marchande est spectaculaire et sans frein, la finance et l'élite formant une symbiose toujours plus forte, que dénoncent certaines élites américaines, voyant un avenir très sombre pour le pays. 
    Même Harvard ne fait plus rêver...
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lundi 13 février 2012

Quand l' Empire s'effrite...

On achève bien les empires...

__A Davos, ce n'est plus ce que c'était.
L'ambiance est morose, les cénacles sont désertés. La messe est triste.
Les représentants des USA y font des constats désabusés, comme en 2009 déjà. La foi au développement économique n'y est plus. Le rêve américain s'étiole.
Même les secteurs de pointe se font rejoindre ou doubler par les puissances montantes. Le dépassement par la Chine, qui talonne déjà l'Oncle Sam dans certains secteurs, est programmé pour plus tôt que prévu. Les universités perdent leur substance, des cerveaux fuient et le recrutement d'élites étrangères se tarit ou ne fonctionne plus.
Si on ajoute à cela un endettement phénoménal, une monnaie en péril, des institutions dégradées, le tableau est sombre pour l'avenir de ce pays aux clivages toujours plus marqués. L'économie US, ou ce qu'il en reste, ne pourra durer que tant qu'elle sera financée par les créanciers. La montée en puissance des rivaux met en péril le monopole qu'elle exerçait sur les affaires mondiales. La dépendance économique par rapport à la Chine notamment la rend vulnérable aux vicissitudes de sa "partenaire", atelier du monde, fournisseur essentiel de Wall Mart et bailleur de fonds, sans lequel le niveau de vie plongerait dangereusement. Le pays vit sous perfusion et ne tient que par le souvenir de son aura passé, par le pouvoir de battre monnaie à son gré et par sa puissance militaire déclinante.
____Le thème du déclin de l'empire est récurrent aux USA depuis la fin de la guerre du Vietnam, mais se renforce depuis une dizaine d'années et ne semble plus un mythe aujourd'hui.
Il n'y a pas que des intellectuels, tel Paul Craig Roberts, Robert Reich ou certains responsables politiques qui font ce constat, le pessimisme gagne toutes les couches de la population:
"
Insidieusement depuis la crise financière, le "déclinisme" s'est introduit dans le débat public américain. Appuyée par une abondante littérature, l'idée a fait son chemin dans l'opinion publique : selon un sondage publié en octobre par le magazine Time, 71 % des Américains pensent que leur pays est en déclin. Une idée que relayait d'ailleurs Freedom, le roman de Jonathan Franzen, publié aux Etats-Unis en septembre 2010 (éditons de l'Olivier, 2011). Ce roman, qui a remporté un immense succès, scrutait les dérives de la société américaine, et la fragmentation des idéaux sous l'effet de l'argent et du consumérisme...En 1978, l'adoption d'une série de lois a consacré l'emprise de l'argent sur la politique. Pour George Packer, "l'argent organisé et le mouvement conservateur ont saisi ce moment pour ent
reprendre un transfert massif, générationnel, de la richesse du pays vers les Américains les plus riches". Toujours dans Foreign Affairs, d'autres intellectuels, Francis Fukuyama - qui, après avoir annoncé la fin de l'Histoire, pose à présent la question de "l'avenir de l'Histoire : la démocratie libérale peut-elle survivre au déclin de la classe moyenne ?" - et Charles Kupchan, qui décrypte "le malaise démocratique", font des analyses proches de celle de Packer...
Barack Obama, succédant à George Bush qui voyait dans les Etats-Unis le pays "choisi par Dieu et par l'Histoire pour servir de modèle au monde", veut, lui, plus modestement, que l'Amérique reste "la nation indispensable".

_Comme la France est devenue une puissance (très) moyenne, depuis la fin de la décolonisation et la montée des pays émergents, les USA peuvent assez vite et peut-être brutalement perdre leur hégémonie économique et financière, la crise pouvant rebondir. L'hégémonie militaire qui resterait serait juste capable, à grands frais, d'en préserver des lambeaux.
Le déclin est-il vraiment programmé ? Difficile de faire dans la voyance, mais quand un pays doute ainsi de lui-même, quand l'ennemi est intérieur, on peut légitimement se poser la question.
Le leadership mondial de l'empire se réclamant naguère d'une destinée manifeste essaie désespérément de durer. Le keynésianisme militaire ne saurait durer. Le miroir est brisé.
"En janvier 1900, le sénateur américain Albert J. Beveridge déclarait, à propos de l’annexion des Philippines par les États-Unis : « Dieu a fait de nous les maîtres organisateurs pour établir un système dans un monde où le chaos règne. Il nous a insufflé l’esprit du progrès pour renverser les forces de la réaction sur toute la Terre. Il a fait de nous les adeptes du gouvernement que nous devons administrer sur les peuples sauvages et séniles. Sans cette force, le monde sombrerait à nouveau dans la barbarie et l’obscurantisme. » Plus de quatre-vingt-dix ans plus tard, à l’issue de la guerre du Golfe, le général américain Colin Powell annonçait à son tour : « L’Amérique doit assumer la responsabilité de sa puissance. Nous devons diriger le monde. (…) C’est notre rendez-vous avec le destin. (…) Nous ne devons pas laisser l’Histoire nous échapper. »
_____Too big to fail ?
Combien de puissances n'ont pas survécu à leur obésité et leurs dysfonctionnements?
Sic transit...
E.Todd ne manquait pas de clairvoyance.
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_Le déclin du rêve américain

samedi 13 août 2016

Un lobby pas comme les autres

          Jamais sans mon flingue.  
                                           Aux USA, les lobbies ont officiellement droit de cité
                            Pour le meilleur et pour le pire.   Plus souvent pour le pire et toujours pour le business. A tel point que l'éditorialiste du Harper's Magazine, John Mc Arthur, et d'autres Américains, parle d'un système de type  ploutocratique.
       Ils sont de toutes natures: industries de l'armement, firmes  pharmaceutiques,,etc...
   Un des plus importants, au moins celui qui a des incidences presque quotidiennement tragiques, est celui de l'industrie d'armement pour les particuliers, en vertu du 2° amendement, toujours invoqué de manière dogmatique, jamais remis en question, malgré les multiples tentatives périodiques de citoyens et d' hommes politiques pour réformer.
     Mais aux yeux de la NRA et d'une partie de l'opinion, le droit de porter une arme, même à répétition, même de guerre, en accès facile ou très peu réglementé, est un droit sacré, qu'il faut défendre à tous prix, surtout lors des campagnes électorales, meilleur moment pour agir sur les élus et sur l'opinion.
    La cause des armes et la cause divine se rejoignent parfois assez facilement.
        Un business qui se porte très bien et qui gouverne l'Amérique
        Notre Père, qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié [...]. Que la liberté de porter des armes soit préservée, et celle de protéger nos familles. Amen.
        C'est par cette prière collective réunissant 80.000 personnes que s'est ouvert le Salon annuel de la National Rifle Association (NRA) il y a deux semaines à Louisville, Kentucky. Trois jours durant, ces fans de Charlton Heston et de John Wayne ont fraternisé sur des airs de country, offrant l'un des spectacles les plus authentiques du Midwest américain. L'un des plus glaçants aussi, à l'image de ces petites filles réunies autour du stand « shoot like a girl », prouvant qu'il n'est jamais trop tôt pour manier un pistolet outre-Atlantique.___Le « business » des armes ne s'est, de fait, jamais aussi bien porté. Les Etats-Unis comptent désormais plus d'armes à feu que d'habitants. Leur nombre s'établirait à 357 millions, pour une population d'un peu moins de 320 millions. La montée du terrorisme a évidemment accentué la tendance. Mais encore plus décisives ont été les menaces de Barack Obama de limiter les ventes d'armes, via un contrôle systématique des acheteurs. « Les chiffres le prouvent : la peur de restrictions sur les ventes a un effet plus puissant que les tueries et les attaques terroristes. Barack Obama est le meilleur vendeur d'armes de la planète », résume Louis Navellier, qui dirige un fonds d'investissement du même nom à Reno (Nevada).___Rien qu'en décembre dernier les fabricants ont vendu 1,6 million d'armes aux Etats-Unis - leur meilleur mois depuis deux décennies, à l'exception de celui qui a suivi la réélection de Barack Obama en 2012. Le plus gros fabricant américain, Smith & Wesson, a ainsi vu ses profits doubler l'an dernier. Sa valeur en Bourse a décuplé depuis que Barack Obama est entré à la Maison-Blanche (+1.087 %).
           Le révolver de papa, c'est dépassé..  Le Colt n'a plus la cote...Il deviendra un mythe. Le beau cow-boy ne dégainera plus, plus vite que son ombre.  On a trouvé mieux que cette arme  d'un autre âge.
  Mais c'est une symbole: pas un membre de la toute-puissante NRA, qui  possède au moins une arme du célèbre fabricant dans un pays où l’on a coutume de dire que «Colt a autant fait pour la liberté qu’Abraham Lincoln»!!
    On n'arrête pas le progrès....du marché des armes aux USA. Au Texas, les affaires tournent du feu de dieu.
    Aux USA,  le lobby des armes, si puissant   agit sans complexes
          Il bénéficie de nombreux appuis politiques solides, qui sont récompensés en retour, jusqu'au Congrès..
   Peu importe que de nombreux citoyens se désolent de ce cauchemar américain, comme dans l'Oregon pourtant paisible.
de cette violence ordinaire, qui suscite régulièrement larmes et résolutions, jamais tenues.
 La NRA progresse plutôt: le port d’armes est maintenant autorisé dans les universités publiques du Texas:
  Contre Hillary Clinton, qui ne manque de faire la critique du système, comme Obama, mais sans résultats, Donald Trump appelle aux pro-armes.
              La NRA a monopolisé le débat sur les armes aux Etats-Unis.
     Ses premières heures de gloire, la NRA les a connues avec l’élection du républicain Ronald Reagan en 1980. Premier président soutenu par l’organisation, Ronald Reagan va permettre aux conservateurs de la NRA d’inscrire dans la législation leur interprétation du second amendement, notamment par la loi de 1986 sur la protection des détenteurs d’armes à feu. A partir de cette date, la NRA s’investira systématiquement dans le financement d’hommes politiques opposés au contrôle des armes.
    L’influence politique que le lobby des armes a acquise est telle qu’on lui prête la défaite d’Al Gore à l’élection présidentielle de 2000. Le candidat démocrate avait perdu les Etats de l’Arkansas, du New Hampshire et du Tennessee, où l’opinion est très majoritairement acquise au lobby pro-armes. Instruits par cet échec, les démocrates ont dès lors cessé de militer pour le contrôle des armes, trop dangereux en termes électoraux. Et de fait, analyse Vincent Michelot, spécialiste des Etats-Unis à l’Institut de sciences politiques de Lyon, « le port d’armes est un très fort indicateur de vote » avec la pratique religieuse et la question de l’avortement.
    L’organisation excelle dans les primaires républicaines, où elle est capable de susciter des candidatures concurrentes à celles de candidats qui n’auraient pas adopté une position claire sur le contrôle des armes. « La NRA a une remarquable capacité d’intervention dans l’espace public et de mobilisation de ses soutiens politiques. Ils ne travaillent jamais seuls. Quand ils voient monter un homme politique qui est contre les armes, ils vont travailler avec d’autres groupes conservateurs sur les questions de l’avortement, du mariage homosexuel, etc., pour proposer un adversaire à cet homme ou femme politique. Cela s’est vu dans les dernières élections depuis 1996 », analyse Vincent Michelot....
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