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dimanche 31 août 2008

Ce cher Royaume ...


Nos amis-ennemis de Riyad...

Des relations troubles , intéressées, à géométrie variable-___

"L’opinion publique américaine a, depuis le 11 septembre 2001, une très mauvaise image du Royaume saoudien, géniteur de terroristes et financier de l’islamisme radical wahhabite. Bush est alors dans l’obligation d’exiger du Royaume saoudien des réformes politiques et institutionnelles qui vont dans le sens de la démocratie, des droits de l’homme et de l’émancipation de la femme. Pourra-t-il obtenir des Saoudiens et le pétrole et la démocratie ? Difficile pari pour le président américain." (A.B.)___________________

Les relations USA-Arabie Saoudite en reconstruction:

"...Les USA pensaient pouvoir s’installer durablement en Irak et pouvoir remplacer progressivement le pétrole saoudien par le pétrole irakien, ainsi que l’espace stratégique saoudien par l’espace stratégique irakien pour le contrôle de la région. Nous savons tous que les USA n’arrivent pas à gérer leur occupation de l’Irak et risquent de s’y embourber. Alors, le pétrole saoudien et le rôle géostratégique que pourraient jouer les USA à partir de Ryad sont les bienvenus.

La chaleureuse accolade de Bush au prince Abdelaziz trouve ici toute sa signification. Il reste tout de même que l’opinion publique américaine a, depuis le 11 septembre 2001, une très mauvaise image du Royaume saoudien, géniteur de terroristes et financier de l’islamisme radical wahhabite. Bush est alors dans l’obligation d’exiger du Royaume saoudien des réformes politiques et institutionnelles qui vont dans le sens de la démocratie, des droits de l’homme et de l’émancipation de la femme. Pourra-t-il obtenir des Saoudiens et le pétrole et la démocratie ? Difficile pari pour le président américain.

De son côté, le prince Abdelaziz, qui avait refusé en 2003 l’invitation que lui avait adressée le président américain pour une visite officielle aux USA, attend aujourd’hui du président Bush une aide militaire pour éradiquer le terrorisme qui se développe en Arabie Saoudite et surtout une politique musclée contre l’Iran chiite, puissance nucléaire potentielle, qui, profitant de la crise irakienne, pourrait réussir à déstabiliser le royaume. Ainsi, le deal américano-saoudien pourrait être le suivant : oui à l’approvisionnement énergétique des USA, oui à la coopération géostratégique avec les USA, oui à quelques réformes institutionnelles mais limitées dans leur portée politique. En contrepartie, les USA devraient faire accélérer le règlement du conflit israélo-palestinien en collaboration avec l’Arabie Saoudite (la feuille de route américaine et le plan Abdelaziz pourraient être réunis dans une démarche commune), maintenir l’Iran sous la menace d’une attaque américaine pour le dissuader de fabriquer l’arme nucléaire et renforcer la coopération militaire avec l’Arabie Saoudite dans toutes ses formes : armement, formation, couverture militaire..."

-Arabie saoudite et USA
-LA FACE CACHEE DU PETROLE
-Limites de la puissance pétrolière saoudienne
- Les USA soutiennent les sunnites contre les chiites partout où ils le peuvent
-L'Arabie saoudite, le terrorisme et... les Frères musulmans
-Les Saoudiens financent les rebelles Irakiens
-Les neocons à nouveau en guerre contre l’Arabie Saoudite
- La crise des relations entre les USA et l'Arabie Saoudite

-Geoscopies: Arabie Saoudite:
"...Théologiquement, la monarchie saoudienne est régie par l'austère doctrine Wahhabite, encore strictement appliquée dans l'ensemble du pays. Mais la manne pétrolière a transformé les puritains saoudiens en jouisseurs impénitents. Cette contradiction provoquent de grandes réactions en dehors du pays. Les Chiites par exemple ont ainsi récemment demandé que les lieux saints soient placés sous le contrôle de représentants de la communauté islamique et non plus sous celui de la dynastie saoudienne dont ils dénoncent l'hypocrisie et la dépravation. Premier producteur mondial de pétrole, l'Arabie saoudite utilise ses richesses énergétiques pour garder son leadership régional et jouer un rôle politique sur la scène internationale. Le pays est tout d'abord la tête de pont du dispositif militaire des Etats-Unis dans le Moyen-Orient, installé notamment en direction des "frères" musulmans d'Iran ou d'Irak, dont les influences grandissantes, au sein de la communauté musulmane, déplaisaient fortement au régime saoudien. Dans le même temps, Riyadh finance divers mouvements islamistes présents dans de nombreux pays (Algérie, Soudan...) et constamment montré par Washington comme étant des organisations terroristes. Ce paradoxe est clairement visible depuis la guerre du Golfe de 1991. Ce conflit a démontré qu'au sein d'un monde musulman dont elle est le phare théologique, l'Arabie saoudite est esseulée et ne peut être défendu que par les Etats-Unis, qui sont avant tout les alliés d'Israël, alors que l'Etat Hébreu subit régulièrement les opérations terroristes du Hamas, soutenu par les fonds saoudiens. Une situation interne fragilisée. Avec un quart des réserves pétrolières mondiales, c'est un véritable trésor que foulent chaque jour les 15 millions de Saoudiens. Mais cette richesse est en grande partie accaparée par la famille royale et ses quelques milliers de princes qui la gère sans aucun contrôle extérieur possible. En Arabie, la frontière entre argent public et revenus princiers est des plus ténus, voire quasi-inexistante. Pour ne pas devoir partager, le pactole pétrolier fourni par les plus grands gisements du Moyen-Orient, la dynastie saoudienne a choisi l'immobilisme politique, en gardant entre les mains tout les leviers du pouvoir, sous la bénédiction des oulémas wahhabites alliés traditionnels de la monarchie..."

jeudi 3 juillet 2008

Démocratie US : mirage ?

La démocratie vaut ce que vaut sa presse...
« Le journalisme américain est l’objet d’une uniformisation abrutissante qui porte préjudice à l’exercice de la citoyenneté » (JRMA)

"Ayant acquis le goût pour le pétrole arabe (et iranien) pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’Amérique avait appris les règles du jeu pour manipuler les nations arabes inventées par les Britanniques et les Français afin de mieux exploiter les biens des tribus et des clans rivaux. La règle diviser pour mieux régner continue d’une certaine manière d’être appliquée"(John R.MacArthur)
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_________"J'appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l'on ne peut rien faire sans être riche, où l'objet principal de l'ambition est de devenir riche, où la capacité et la moralité s'évaluent généralement par la fortune..."
(Ernest Renan)
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-Frank Sesno, vice-président du réseau CNN News“L’éducation est un système d’ignorance imposée....Des centaines de milliards de dollars sont dépensés chaque année pour contrôler l’opinion publique.”
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Henry Ford (1863-1947);“Nous travaillons présentement discrètement de toutes nos forces, pour retirer du fonctionnement des états nations du monde cette mystérieuse force appellée souveraineté.”
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« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. (...) Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? ».( A. de Tocqueville- Extrait de La Démocratie en Amérique vol. II, Quatrième partie, Chapitre VI)
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« Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français »
John R. MacArthur.
"Dans « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français » (Les Arènes),John R.MacArthur , directeur du « Harper’s magazine », dépèce méthodiquement le cadavre de la démocratie américaine. L’auteur du livre explique en quoi la démocratie états-unienne est une illusion, soigneusement entretenue par les médias. Pour ceux qui en douteraient encore, aux États-Unis, illustre patrie des libertés, la souveraineté populaire sombre doucement dans les eaux troubles du néolibéralisme et de la grande consommation. Tel est le message qu’adresse MacArthur au lecteur effaré par la longue revue de détails d’une démocratie en perdition. Tout passe sous le scalpel de l’écrivain-journaliste averti : l’impasse concertée du duel démocrate-républicain, les tricheries électorales, l’argent puissant des lobbyistes, les amours vénales entre politiques et grands industriels, l’hyperconsommation, et la mollesse servile des médias. .." [ Propos du directeur du Chicago Tribune, James Warren : « Je ne suis pas le rédacteur en chef d’un journal ; je suis le patron d’une entreprise de contenu »]
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-Livre : Une caste américaine. Les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français
-John R. MacArthur
-Rick Shenkman : "L'Amérique est une démocratie mal en point"
-Journalistes à tout faire de la presse américaine
-Black List: Kristina Borjesson,
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- Elections USA : jeu de dupes ?
-Alexis de Tocqueville -
-De la démocratie en Amérique
-American parano - Jean-Philippe Immarigeon

vendredi 2 octobre 2020

US Barnum

En rire ou en pleurer?

     Ne parlons pas de débat, mais plutôt de pugilat. Est-on jamais descendu aussi bas dans un affrontement entre rivaux qui sont sensés diriger ce qui reste encore la plus grande puissance mondiale.   Pas l'ombre d'un idée, d'un projet. Des invectives à souhait, des coups bas comme s'il en pleuvait, en dessous de la ceinture du décent. L'artillerie trumpienne avait sorti ses plus grosses pièces, bien décidé à faire feu sur tout ce qui bougeait, devant un adversaire quasi absent, incapable de remettre sur les rails un train fou sous les yeux ahuris  de spectateurs encore sensés.    Mais est-ce bien étonnant après quelques années de folie gouvernementale, de dérapages voulus, de provocations intentionnelles, d'extrêmismes encouragés?  De folie et de peur...

               Etonnant même que certains soient étonnés, on était dans la logique ordinaire de la Maison Blanche en temps de dérives populistes et de suprémacisme encouragé. Loin des idéaux des pères fondateurs. Une bagarre de caniveau.      "...En réalité, ce n'était pas un débat. Pas même un numéro de cirque (des artistes de cirque se sont plaints que l'on compare le débat à un cirque mais, LOL, il n'ont rien dit sur le label de clown attribué à Trump par Biden).   Plutôt une bagarre de caniveau. Ou même pas. Pour cela, il faut deux voyous soucieux d'en découdre. Sur le plateau, il n'y en avait qu'un, qui se trouve être président des Etats-Unis. On s'attendait à ses insultes, bien sûr, il avait déjà fait le coup avec Hillary Clinton. Mais on ne s'attendait pas à ce qu'il se lance dans la bataille comme un mustang sorti du corral, sans feuille de route, sans stratégie, sans... rien. Il a rué, voilà tout, interrompant Biden tous les deux mots. Même dans les rangs des Républicains, ça ne passait pas. Rick Santorum, l'ex-sénateur de Pennsylvanie devenu brosse à reluire de Trump sur CNN, a dû avouer: "Le président a été blessé, ce soir, il a  démarré trop "chaud"."   La notion même de démocratie a perdu totalement sons sens, qui suppose au minimum un débat d'idées sur l'intérêt commun Parlons plutôt, et ce n'est pas nouveau, de ploutocratie populiste. D'un côté comme de l'autre, la dérive s'accentue, sous les yeux d'un peuple sidéré, indifférent, exclu ou marginalisé.                                                                                                              Mais le vers était depuis longtemps, dans le fruit, comme le pressentant déjà A. de Tocqueville:   « Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. (...) Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? ».( A. de Tocqueville- Extrait de La Démocratie en Amérique vol. II, Quatrième partie, Chapitre VI).  Mais Orestes Browndon allait plus loin. Comme le démontrait J.R. MacArthur


« Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français »
John R. MacArthur.
"Dans « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français » (Les Arènes),John R.MacArthur , directeur du « Harper’s magazine », dépèce méthodiquement le cadavre de la démocratie américaine. L’auteur du livre explique en quoi la démocratie états-unienne est une illusion, soigneusement entretenue par les médias. Pour ceux qui en douteraient encore, aux États-Unis, illustre patrie des libertés, la souveraineté populaire sombre doucement dans les eaux troubles du néolibéralisme et de la grande consommation. Tel est le message qu’adresse MacArthur au lecteur effaré par la longue revue de détails d’une démocratie en perdition. Tout passe sous le scalpel de l’écrivain-journaliste averti : l’impasse concertée du duel démocrate-républicain, les tricheries électorales, l’argent puissant des lobbyistes, les amours vénales entre politiques et grands industriels, l’hyperconsommation, et la mollesse servile des médias. .." [ Propos du directeur du Chicago Tribune, James Warren : « Je ne suis pas le rédacteur en chef d’un journal ; je suis le patron d’une entreprise de contenu »]
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-Livre : Une caste américaine. Les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français
-John R. MacArthur
-Rick Shenkman : "L'Amérique est une démocratie mal en point"
-Journalistes à tout faire de la presse américaine
-Black List: Kristina Borjesson,
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- Elections USA : jeu de dupes ?
-Alexis de Tocqueville -
-De la démocratie en Amérique_
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mardi 24 juillet 2007

Les USA et la dernière guerre


Les USA et la guerre 1939-1945 : une "bonne" guerre ou un engagement très intéressé ?
"Le mythe de la bonne guerre": Le livre récent de l’historien belge, enseignant à l’Université de Toronto, Jacques R.Pauwels, fait certainement date dans la recherche historique sur la dernière guerre mondiale, par la thèse qu’il défend, sur la base d’une recherche documentaire impressionnante.
Remettant en question les poncifs de l’histoire officielle et convenue sur cette époque , non pas tellement sur les faits, mais sur l’interprétation des faits, le sens général de l’engagement des USA dans la lutte contre l’Allemagne nazie, il bouscule toutes les idées reçues, les images d’Epinal concernant cet aspect de l’histoire, l’idéalisation entretenue sur la prétendue "croisade" contre la barbarie nazie, considérée alors comme une forme de lutte du Bien contre le Mal. Il s’agit en fait d’une sorte de contre-histoire.
Faisant la synthèse de nombreuses études effectuées aux USA et en Allemagne notamment ,il défend la thèse que la conduite de la guerre par les USA , leur intervention armée ,leurs motivations ont été avant tout guidées par des intérêts commerciaux et industriels à court ou à moyen terme. Les rapports de l’Amérique aux puissances de l’Axe ont de plus subi des variations , parfois des renversements brusques, en fonction des intérêts du moment.

J’ai été amené à la découverte et à la lecture de ce livre par plusieurs commentateurs d’AgoraVox, qui en avaient souligné le grand intérêt et l’aspect subversif, très dérangeant, mais passionnant.On ne lâche plus le livre quand on s’en est emparé...
Difficile d’en donner un compte rendu exhaustif, tant il est riche de données, plus économiques qu’événementielles. J’avais moi-même cinq ans quand j’ai été baigné, comme tous à l’époque, dans l’euphorie de la Libération, et il me reste encore quelques vagues souvenirs de la liesse du moment et de la fascination qu’avait provoquée sur mon jeune esprit l’apparition des GI’s sauveurs et généreux. J’ai vécu longtemps sur cette mythologie enfantine, confortée par l’histoire enseignée en classe. C’est peu dire que l’interprétation de Pauwels a changé mon regard, même si certaines illusions s’étaient déjà envolées bien avant.
On est frappé par la continuité et la cohérence de la politique de Washington avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, politique guidée par les intérêts de l’industrie américaine plus que par des idéaux de justice, de liberté et de démocratie. Certains historiens américains avaient déjà attiré l’attention là-dessus, comme William Appelman, Gabriel Kolko, Gar Alperovitz, Charles Higham , Ed Cray, etc., mais ils sont restés plutôt "ignorés" par les historiens officiels.
Le dernier conflit mondial, du point de vue américain, paraît une "bonne guerre" (l’historien Michael Adams parlait naguère de "The best war ever", la "meilleure de toutes les guerres") si on la compare aux nombreuses mauvaises guerres de l’histoire des USA, telles les guerres indiennes ou la Guerre du Vietnam... Pour l’auteur, ce fut une "bonne guerre" (du point de vue américain) pour trois raisons : elle mit un terme à la grande dépression en suscitant la demande économique, elle profita beaucoup à l’élite au pouvoir en générant des profits considérables, elle contribua à donner au monde des affaires une aura exceptionnelle et une influence beaucoup plus grande sur les centres de décision politique. De plus, comme le dit Pauwels, la "pax americana qui s’annonça promettait de poser les fondations d’un libre-échange mondial, sources de bénéfices permanents pour les dirigeants d’entreprises américains" (p. 282).
Avant l’entrée en conflit de l’Allemagne nazie, des intérêts économiques puissants étaient déjà à l’oeuvre au coeur du système industriel de ce pays.On ne peut les citer tous, mais on peut noter la présence depuis les années vingt des firmes comme Coca-Cola, Opel , Ford, IBM, la Standard Oil, partenanaire de IG Farben. La politique de réarmement d’Hitler déboucha sur des contrats juteux pour les industriels américains, par l’intermédiaire de banquiers comme Schacht, de groupes financiers allemands et... suisses. Ces groupes industriels appréciaient d’autant plus le régime que les syndicats avaient été réduits au silence." A la veille de Pearl Harbor, la valeur totale des participations industrielles en Allemagne était estimée à 475 millions de dollars." (p.35) A noter que l’Union Bank fut associée à l’ empire industriel de Thyssen, sans le soutien financier duquel Hitler n’aurait sans doute pu accéder au pouvoir. Cette banque fut dirigée par Prescott Bush, grand-père de GW Bush senior... Du Pont avait investi dans l’industrie d’armement allemand et fourni au Reich des armes et des munitions, via la Hollande. Le fondateur d’ITT, Sosthenes Behn, avait des relations très étroites avec le régime nazi, de même que Torkild Rieber, grand patron de Texaco. Le président de General Motors décrivait ce qui se passait en Allemagne en 1933 comme "le miracle du vingtième siècle".
Il faut dire que, dans ces années, le fascisme ne posait guère problème aux USA. Il existait même un certain antisémitisme. Henri Ford lui-même, décoré plus tard par Hitler, avait publié, dans les années vingt, un livre virulent : Le juif international, qu’Hitler lut avec passion, et finança également la campagne pro-nazie inaugurée par le fameux aviateur Charles Lindbergh. Ces campagnes associaient antisémitisme et anticommunisme, comme le faisait la propagande nazie elle-même.On comprend mieux pourquoi les intérêts allemands et américains ont pu fusionner à ce point. Pour la petite histoire, Hitler conservait une photo de H. Ford sur son bureau. L’auteur va jusqu’à dire que "sans les camions, chars, avions fournis par les filiales de Ford et de GM, sans les grandes quantités de matières premières stratégiques, notamment le caoutchouc, l’huile de moteur, le gazole et autres carburants acheminés par Texaco et la Standard Oil via des ports espagnols, les forces tant terrestres qu’aériennes n’auraient sans doute pas battu aussi facilement leurs adversaires en 1939-1940... Sans la technologie la plus avancée de communication et d’information fournie par ITT et IBM, Hitler n’aurait pu que rêver de "guerres-éclair." (p.43)
Même si l’opinion américaine était partagée au début de la guerre en Europe, les élites étaient prêtes à sacrifier l’Europe de l’Ouest sur l’autel de l’anti-soviétisme. Le mouvement "America first" s’opposait à toute intervention dans le conflit européen, bien que Roosevelt fût favorable à une intervention aux côtés de l’Angleterre. Mais, dés que l’Allemagne s’installa dans une économie plus "fermée", sans mettre en péril les intérêts américains si nécessaires à la poursuite de la guerre, et lorsque la Grande-Bretagne apparut comme un marché énorme grâce à sa demande de matériels militaires, la politique de Washington s’infléchit : grâce au "prêt-bail", qui ne fut pas un cadeau, la puissance impériale de l’Angleterre pouvait s’affaiblir, sa politique économique s’ouvrir à plus de concurrence, et sa position géographique servir de tête de pont aux intérêts futurs des Américains en Europe.
Mais les USA ne voulaient initialement pas être des belligérants actifs. Ils finirent par accepter que l’URSS, nouvel ennemi des Allemands, soulage l’effort de guerre des Britanniques, qui rapportait beaucoup, même si l’on ne croyait pas à un possible succès de l’Armée rouge. On commença donc à fournir à Moscou les premières armes, moyennant paiement comptant... "Un triomphe nazi sur les Soviétiques n’était plus souhaité parce que cela se serait traduit par une mauvaise opération économique. Une telle victoire hitlérienne aurait en effet asséché l’abondante source de bénéfices que générait le prêt-bail." (p.77) Truman, au début de l’opération Barbarossa, s’exprimait ainsi cyniquement : "Si nous voyons l’Allemagne gagner, nous devrions aider la Russie et, si la Russie est en train de gagner, nous devrions aider l’Allemagne, pour que le plus grand nombre possible périsse des deux côtés."
Mais, en fait, l’attaque allemande contre l’Union soviétique n’aurait pas été possible sans les produits pétroliers venant des USA. L’écroulement allemand sur le front Est entraîna la décision rapide d’élaborer des plans pour une traversée de la Manche. Il fallait aider Staline, "allié mal-aimé mais indispensable", mais aussi se préparer à limiter ses succès et son avancée rapide possible vers l’ouest. Obligé d’abréger une analyse très longue et très détaillée, je renvoie le futur lecteur aux chapitres où l’auteur analyse finement le sens des accords de Yalta, le bombardement parfaitement inutile de Dresde, à seule fin d’impressionner Staline et de l’arrêter dans ses possibles ambitons territoriales, sur l’attitude plutôt conciliante de Roosevelt à l’égard de Staline, sur le rêve un temps caressé par certains chefs militaires d’une croisade anti-soviétique avec ce qui restait des troupes allemandes, sur les conditions assez troubles de la capitulation allemande et du rôle des forces américaines..
Il est intéressant de s’attarder sur le chapitre 16, sur le climat de confiance et d’inquiétude qui régnait aux USA, face à leur nouvelle puissance conquise, dangereusement dépendante des immenses commandes militaires de l’Etat, aux marchés extraordinaires qui s’ouvraient pour eux en Europe et à la nécessité d’inonder la planète de leur produits d’exportation. Désormais, selon l’auteur,"une Union soviétique hostile était désormais beaucoup plus utile qu’une Union soviétique alliée" (p.217) et "pouvait justifier des dépenses titanesques, dites de défense, qui pourraient servir à maintenir l’économie en plein essor dans l’après guerre." Cette option de "keysianisme militaire" (ou de "warfare state") profita évidemment aux plus grandes entreprises, qui bénéficièrent des campagnes anti-syndicales menées sous Mc Carthy, désireux de détruire la puissance des organisations ouvrières qui s’étaient développées pendant la période faste de plein-emploi, durant l’effort de guerre. D’où la propension à développer toujours plus l’industrie militaire (ce qui avait beaucoup inquiété Eisenhower) et la nécessité de se trouver toujours de nouveaux ennemis.
L’auteur, ensuite, décrit la dénazification "sélective" opérée par les troupes d’occupation américaine. On réduisit l’interprétation du nazisme à une opération d’un groupe de "gangsters" ayant pris en otage le peuple allemand, (thèse qui est revenue récemment dans la bouche de Benoît XVI). Il insiste sur l’"indulgence" vis-à-vis des grands groupes industriels qui avaient profité du nazisme et qui l’avaient aidé, sur le redémarrage rapide des usines américaines déjà installées, ayant souvent miraculeusement échappé aux bombardements. Pourtant, Opel avait été déclaré par les autorités nazies "entreprise de guerre exemplaire". IG Farben ne fut pas inquiété... L’Allemagne devint une terre promise, et les USA s’accomodèrent très bien de la partition de l’Allemagne, la partie la plus industrialisée étant sous leur zone d’influence. Le plan Marshall, " qui fonctionna comme une carte de crédit collective dans le but que l’Europe de l’Ouest devienne cliente de l’industrie américaine... et qui permit à l’industrie américaine de tourner à plein régime" (p.275) fut le puissant moyen d’américanisation de l’Europe, avec de magnifiques retours sur investissements.
Le dernier chapitre, intitulé : "Après 1945 : de la bonne guerre à la guerre permanente", ouvre sur l’après-guerre et sur les conflits dans lesquels les USA ont été impliqués afin surtout de ne pas ralentir la production des groupes fournisseurs de matériels militaires. La guerre froide, notamment, "força à investir massivement dans l’armement... et fut également une force de sabotage de la reconstruction de l’URSS"(p.286). Ce fut un effort énorme et délibéré, comme l’affirme l’auteur allemand Jürgen Bruhn, visant à pousser l’Union soviétique vers la ruine économique par le biais de la course aux armements. Les conflits dans lesquels sont engagés actuellement les USA ne visent-ils pas toujours le même but, malgré les dénégations et les justifications idéalistes : faire tourner le "Warfare State" ?
Voilà un livre qui va susciter des controverses. Des historiens pourront sans aucun doute contester telle ou telle interprétation. L’auteur ne cherche pas à être exhaustif, mais fait des choix, et veut mettre en évidence un aspect de la politique américaine qui a été trop souvent méconnu, refoulé, parfois systématiquement occulté. Mais il faut le lire pour en saisir toute la richesse d’informations.
Peut-être arrive-t-il encore trop tôt pour l’opinion américaine, actuellement chauffée à blanc par l’idéologie de nouvelles "croisades" contre le " Mal"...
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ZEN


mardi 6 janvier 2026

Le temps des ingérences brutales

Il l'avait promis. Il l'a fait.                                                                                                                                                                        Fidèle à sa parole. Il assume. On ne peut lui reprocher le contraire. MAGA s'invite avec ses gros sabots...   '...Désormais, Washington ne cache plus l’aspect économique de son impérialisme. Même si l’enlèvement de Nicolás Maduro a été justifié a posteriori par la « liberté » du peuple vénézuélien et la lutte contre le trafic de drogue, l’expansionnisme économique a été immédiatement mis en avant par l’administration Trump. Dès samedi, le président états-unien avait annoncé : « Nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes du monde, vont se rendre sur place et dépenser des milliards de dollars. » Plus tard, il pouvait affirmer : « Nous allons extraire du sol [du Venezuela] une quantité colossale de richesses. »     Ce n'est pas inédit. Mais on a connu plus de ruse avec Bush et Cheney au Moyen-Orient,  avec un dessein comparable et les conséquences que l'on connaît                                                                                                                                                Quel sera le pays suivant: ColombieNicaragua? Mexique? Groenland?... Sans le moindre avis du Congrès, bien sûr. Il est assez grand pour prendre ses décisions tout seul et comme l' Onu est sans voix, paralysée, pourquoi se gêner?                                           Il est le maître de Amériques, SON continent, son "hémisphère", selon la doctrine Monroe retrouvée et adaptée. Washington avait déjà ses habitudes Outre Atlantique: le Chili, Panama, etc. L'oncle Sam est "chez lui", notamment depuis qu'il s'est beaucoup agrandi aux dépends du Mexique...La Pax Americana, c'est un leurre.                                                                                     Ce n'est pas tant que Maduro soit un garçon toujours recommandable, mais il a du pétrole, beaucoup de pétrole, mais il n'y a pas que cela.   Et la Chine lorgne sur cette ce trésor.    C'est le nouvel âge de Washington. Le début d'un nouvel mpérialisme prédateur, un nouvel âge d'or. LEurope aussi est visée, indirectement, c'est sûr. Plus sûrement que par le passé. Après tout, elle dépérit...  Le Business par la force, sans vergogne,il fallait y songer, même si les précédents historiques ne manquent pas. L'Europe a bien mis à genoux l'empire chinois, au début du 20° siècle.                                                                                                                Bon début d'année dans le tableau de chasse de Demolition Man! Que devient l'ordre  international   ou ce qu'il en restait? Machiavel en serait-il revenu? C'est le retour de la politique du gros bâton...

«Où trouve-t-il toute cette énergie ?», se demandent les admirateurs français de Donald Trump, fascinés par son autoritarisme et son usage de la force brute. Dans les années 1930, l'extrême droite était déjà subjuguée par la brutalité et la violence des fascismes conquérants. Le président des USA démarre l'année 2026 par un coup d’État militaire. Il a bombardé la capitale du Venezuela puis a kidnappé son président, avant de l'exhiber de manière humiliante devant le monde entier : menotté avec un bandeau sur les yeux, comme un trophée. Cette mise en scène sert à montrer que le droit international n'existe pas pour les USA. Que l'Empire peut faire ce qu'il veut, où il veut. Qu'il peut enlever n'importe quel chef d’État s'il en a envie. Que la loi du plus fort l'emporte. Histoire d'être encore plus clair, Trump a donné une conférence de presse pour la chaîne conservatrice Fox News et une «adresse à la nation». Il assume pleinement le pillage des ressources du Venezuela et ne s'embarrasse même plus de formules creuses sur la «démocratie». Dans son discours, il assure que les Etats-Unis vont «gouverner» le Venezuela, et vont exploiter le pétrole du pays : «Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées et partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus». Comme un chef de gang, Trump vient donc de faire main basse sur les plus grandes réserves d'or noir du monde. Plus grave encore, il menace désormais tous les pays d'Amérique Latine. Le président de Colombie, Gustavo Petro, un homme de gauche qui a dénoncé le coup d’État au Venezuela, est visé : il devrait «faire gaffe à ses fesses» selon Trump. «Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe». Méthode mafieuse : une annonce à peine voilée qu'il pourrait renverser le gouvernement élu de ce vaste pays de 51 millions d'habitants, doté d'une puissante économie. Puisqu'il n'y a plus aucune limite, Donald Trump affirme aussi sur FoxNews que «quelque chose va devoir être fait avec le Mexique», estimant que «les cartels dirigent le pays». Il s'agit de l'un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d'âmes, avec une présidente de gauche élue en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n'ont jamais été aussi précises. Enfin, Cuba aussi reste dans le viseur. Marco Rubio, secrétaire d’État de Trump, déclare : «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet». C'est donc une annonce de guerre contre tout le continent américain. Il y a les pays déjà gouvernés par l'extrême droite qui se soumettent totalement à la domination des USA, et les autres, qui subiront des attaques. Trump a même menacé le Canada l'an dernier. Le président des USA invoque la «doctrine Monroe», instaurée au 19ème siècle, qui consistait à faire des USA les «protecteurs» de tout le continent américain, pour ses propres intérêts. Cette doctrine avait permis à la puissance impériale d'installer une suprématie sur tout le continent, et de faire et défaire les gouvernements qui lui déplaisaient. Trump ose même ce 3 janvier : «les doctrines Monroe sont très importantes. Mais nous les avons largement dépassées». Tout cela est malheureusement cohérent avec son programme, publiquement annoncé. En décembre, un document de 33 pages était publié par la Maison Blanche, pour définir les contours de la «stratégie de défense nationale» des USA. Le texte, clairement néofasciste, parlait de «l'effacement civilisationnel» de l’Europe, de stopper les flux migratoires et de «restaurer la suprématie américaine» en Amérique Latine. Les USA, qui disposent de l'appareil militaire le plus puissant de la planète, sont la principale menace pour la paix mondiale. Un fasciste mafieux impose sa loi par les armes, et personne ne bouge. Pire, la France et ses voisins continuent à lui servir de paillasson, à lui acheter des armes, à soutenir ses actions, à confier à ses entreprises des missions cruciales. Ce jeudi, en début de soirée, neuf pays seulement avaient condamné l’attaque contre le Venezuela : la Chine, le Bélarus, le Brésil, le Mexique, le Chili, Cuba et la Colombie. Aucun pays européen.

   Pour Gabriel  Zucman" C’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires. Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité. __ L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA. Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore. La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production. Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial. Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers. Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle. En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !
L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays. Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés. Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants. C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire. C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes. Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ? Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage. À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées. Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela. Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960. S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain. Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017. Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant. Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet. Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an. $100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro. " _____________
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mardi 8 février 2011

Demain l'Egypte...


Gagner du temps?...

Nul ne sait où va l'Egypte _

L'insurrection est là. La révolution tarde, qui pourra déboucher sur un changement de structures et un vrai projet démocratique.
Une chose semble sûre:
Moubarak ne pourra pas tenir très longtemps le pouvoir.
Quelle transition? Difficile à dire...L'ancien et le nouveau sont en conflit. L'armée garde la haute main sur les institutions. Entre aussi en scène l'acteur américain non désintéressé , qui tente de jouer les "arbitres", ou d'imposer ses vues...par des contournements préparés.
L'Egypte n'est pas la Tunisie.
Dans le processus irréversible qui touche le monde arabe, Le Caire est
de la plus haute importance pour Washington:
"...Il sera beaucoup plus difficile d'aller au bout de la révolte en Egypte ou ailleurs qu'en Tunisie, notamment en raison des intérêts économiques et géostratégiques des USA dans le pays et la région. L'Egypte est l'un des piliers de la politique américaine au Proche-Orient depuis trente ans. Les USA n'auraient pas pu faire les deux guerres en Irak sans le soutien logistique de l'Egypte. Il faut également rappeler l'importance du canal de Suez par où transite 7,5% du commerce mondial. De plus, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre une déstabilisation de ce pays à cause de sa pr
oximité avec Israël et de la présence des frères musulmans. Les USA préféreraient voir un autre homme fort succéder à Moubarak afin de maintenir la stabilité du pays et de protéger leurs intérêts. Ils ne lâcheront pas Moubarak, sauf si un nouvel homme fort s'impose, comme Omar Souleyman ou le général Hussein Tantaoui par exemple. Il faut d'ailleurs rappeler que l'armée est au pouvoir directement ou indirectement en Egypte depuis plus de cinquante ans. Mais toutes ces tendances fortes (me) font penser que c'est un processus irréversible à moyen terme. Ces régimes sont condamnés mais ils peuvent encore gagner du temps...."
__Où va l'Egypte ? La crainte d'une montée en force des Frères musulmans, souvent divisés, dont l'importance et le poids politiques sont difficiles à apprécier, constitue u
ne sorte de frein, crée des réticences dans l'appui occidental. On oublie que " C'est le manque de démocratie qui a permis aux forces fondamentalistes religieuses d'occuper l'espace. "
Certains observateurs (Sfeir) pensent que, dans le jeu démocratique futur, le mouvement perdra de sa radicalité, de sa légitimité et de son influence, surtout si l'Etat prend en charge le social, que les Frères ont investi pour se populariser. Les nouvelles générations ne semblent pas se soucier de charia et pencheraient plutôt vers le modèle turc.

-Certains chroniqueurs français, plutôt pro-israëliens, expriment leur réticence à soutenir le mouvement de révolte. "Le quotidien Libération rappelle que ces intellectuels médiatiques avaient refusé de condamner l'intervention américaine en Irak, "au nom de la démocratisation du monde arabe". Ils ont également été prompts à soutenir les manifestations contre les régimes prosoviétiques à l'Est dans les années 1990 ou, plus récemment, contre la réélection contestée, et contestable, de Mahmoud Ahmadinejad en Iran.__Mais pour l'Egypte et la Tunisie, c'est une autre histoire. "Dans les pays de l'Est, il y avait une tradition démocratique dont les intellectuels dissidents, notamment tchécoslovaques ou polonais, étaient les héritiers. Une telle tradition existe-t-elle en Egypte? Je l'espère, mais je n'en suis pas sûr", assène Alain Finkielkraut. Il rejette la comparaison, souvent citée, des mouvements islamistes de Tunisie ou d'Egypte avec le parti "islamo-conservateur" AKP en Turquie. "L'AKP doit composer avec les laïcs et ceux-ci ont, en Turquie, une force et une légitimité sans équivalent dans les pays arabes", explique-t-il.... __Curieusement, nos vedettes médiatiques qui s'inquiètent fortement de l'arrivée au pouvoir d'un mouvement intégriste religieux, n'ont jamais rien dit contre le fait qu'en Israël un parti de cette nature soit membre depuis longtemps de la coalition gouvernementale. Le parti Shass, un parti extrémiste religieux (et raciste), est au pouvoir en Israël avec un autre parti d'extrême droite, celui-ci laïc et tout aussi raciste, Israel Beiteinu", s'étonne Pascal Boniface ..."

-_La révolution n'est pas du goût de l'oligarchie américaine. Il est à craindre que "malgré les voix faussement dissonantes des responsables américains", il y ait des pressions pour imposer une succession conforme au pouvoir du moment. "Il semble que l’administration US a décidé finalement de torpiller la révolution du peuple égyptien. Elle le fait, d’abord, en confiant à l’oligarchie, représentée par Frank Wisner qui, plus, est un vieil ami de Moubarak, de s’occuper du casse-tête égyptien. La position de l’émissaire américain indique qu’en coulisses, les USA sont entrain de faire le contraire de ce qu’avait martelé Obama, en juin 2009, lors de son discours du Caire à l’adresse du monde musulman ; supporter la dictature au détriment de la liberté, le règne de l’arbitraire au détriment de la démocratie, un régime voyou contre un peuple pacifique qui n’aspire qu’à recouvrer ses droits humains, les plus basiques. La position de Wisner traduit celle de l’oligarchie américaine
."
Frank G. Wisner est en effet arrivé au Caire. Il n'est pas n'importe qui...
En Egypte, l'armée est formée et équipée par le Pentagone.
La politique de la Maison Blanche oscille entre ouverture et maitrise des événements, entre
"Realpolitik" et "conflit d'intérêts": "Je veux un gouvernement représentatif en Egypte, a déclaré le président Barack Obama, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision conservatrice Fox. Nous l'avons dit, vous devez engager la transition immédiatement (...). Une transition ordonnée."__L'expression "transition ordonnée" a été façonnée spécialement pour l'Egypte, rappelle le Washington Post, par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui l'a reprise toute la journée de samedi en écumant les plateaux de télévision – cinq au total... __les messages contradictoires et les revirements de la politique américaine sont surtout le reflet d'une politique "faite à la volée", causée par l'impréparation des Etats-Unis à un tel scénario, explique un responsable américain sous le couvert de l'anonymat au New York Times. "Nous avons eu des séances stratégiques sans arrêt pendant ces deux dernières années, sur la paix au Proche-Orient, sur la manière de contenir l'Iran. Combien d'entre elles prévoyaient la possibilité que l'Egypte passe de la stabilité à la tourmente ? Aucune."__Pour le journal britannique The Independent, il n'y a ni "realpolitik" ni "politique à la volée" dans le jeu américain. "Les Etats-Unis, encore une fois, travaillent en infiltrés pour servir leur propres intérêts au Proche-Orient", assène un éditorial du quotidien. Dans cet article, on apprend en effet que Frank Wisner, émissaire américain en Egypte qui a plaidé samedi pour que Moubarak reste en fonctions, serait employé par un cabinet d'avocats et de lobbyistes qui travaille pour le régime de Moubarak et plusieurs "familles les plus influentes dans les affaires en Egypte". "Ce n'est rien de moins qu'un conflit d'intérêts".
_Si Obama hésite entre intérêts politiques et économiques, c'est parce qu'il sait qu'il ne peut réitérer l'erreur de Carter, lors des événements d'Iran en 1979...
Mais pour
Mahmoud Hussein : "L'Egypte ne peut pas devenir un nouvel Iran".
Nul ne peut donc prévoir le scénario des événements qui vont affecter l'Egypte dans les prochains mois et les prochaines années.
Rien n'est joué .Mais une chose est sûre: rien ne sera plus comme avant...
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-L'étrange front du refus

Photos Abdelhafiz

mardi 20 octobre 2009

USA: Torture programmée


Torture en question aux USA

"...Les administrations précédentes gardaient sous le manteau leurs « opérations noires », les crimes étaient punis mais ils étaient commis dans l’ombre, désavoués officiellement et condamnés. L’administration Bush a rompu ce contrat : au lendemain du 11 septembre, elle a requis le droit de torturer sans honte, un droit qu’elle a légitimé par de nouvelles définitions, de nouvelles lois..." (Naomi Klein)
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Torture made in USA»| Mediapart

« Torture made in USA », le nouveau documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin, coproduit par Galaxie Presse et le CFRT, sera lancé le 19 octobre sur le site d’information Mediapart.frCette diffusion en accès libre pendant deux mois – une première sur le web, a été rendue possible par Mediapart avec le soutien de l’ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch. Alors que Barack Obama vient d’être récompensé du prix Nobel de la paix, les représentants de l’administration Bush peuvent-ils être poursuivis pour « crimes de guerre » ? C’est à cette question, ouvertement débattue aux Etats-Unis depuis quelques mois, que tente de répondre « Torture made in USA ». Ce documentaire s’appuie sur des interviews exclusives de grands témoins, tels que le Général Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak ou encore Michel Scheuer, concepteur du programme des détentions secrètes de la CIA, et des archives inédites d’auditions parlementaires. Le film décortique la machine qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture à Guantanamo et en Irak notamment. Le programme de torture a néanmoins généré des résistances au sein du département d’Etat, mais aussi chez les chefs militaires, attachés aux conventions de Genève, et opposés à cette « conspiration criminelle ». Depuis plus d’un an, malgré sa pertinence éditoriale et les encouragements, « Torture made in USA » n’a pas trouvé sa place sur le petit écran. Aujourd’hui, grâce à Internet, cette remarquable enquête ne restera pas dans les tiroirs. Elle trouvera son premier public sur le web. Une page spéciale du site de Mediapart sera consacrée au film et renverra sur une page « participative » où les internautes pourront échanger et débattre à partir du 19 octobre. " (Amnisty Int.)[Verra-t-on un jour “Torture made in USA” ?]

« Il n’y a aucun doute, nous avons commis des crimes de guerre. A ce jour, ceux qui nous ont conduits sur cette pente sinistre n’ont toujours pas rendu de comptes. »(Général Ricardo Sanchez )

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-Comment l'Amérique de Bush a fait de la torture une banalité bureaucratique | Mediapart:

"«Il y a depuis longtemps trop de secrets dans cette ville», avait déclaré le président Obama en prenant ses quartiers à Washington le 20 janvier dernier. Le 2 mars, en réponse à une demande ancienne de l’Aclu (Association de défense des libertés civiles américaines), le nouveau gouvernement divulguait neuf documents secrets du ministère de la justice détaillant les lois inavouées pouvant, en cas de prétendue nécessité, mettre au pas les libertés outre-Atlantique dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Tout était prêt pour une sorte de capitalisme de guerre...
L'Aclu réclamait d'autres documents, notamment quatre mémorandums de la CIA justifiant et encadrant l'usage de la torture au nom de la lutte antiterroriste. Le 16 avril 2009, ces documents, en partie censurés cependant, sont communiqués. Jameel Jaffer, de l'Aclu, s'en félicite le jour même, tout en appelant à ne pas s'en tenir à la transparence pour aller jusqu'à rendre des comptes.
Ces documents sont aujourd'hui disponibles en français grâce aux éditions des Équateurs. Celles-ci avaient, en septembre 2004, publié la traduction française du Rapport sur les attentats du 11 Septembre. Avec Techniques d'interrogatoire à l'usage de la CIA (174 p., 15€), l'éditeur Olivier Frébourg écrit dans son avant-propos: «Ces quatre textes doivent avoir les mêmes conséquences qu'en leur temps l'Affaire Callas de Voltaire, le J'accuse de Zola, ou La Question d'Henri Alleg sur la torture en Algérie. Ils doivent entraîner des bouleversements salvateurs qui empêcheront l'humanité de basculer dans le chaos.»

-Une Amérique traumatisée, emmenée par Dick Cheney, s'est résolue à la torture | Mediapart:
"...Quand, le 11 septembre 2001, les Tours jumelles s'effondrent, qu'un avion s'écrase dans le Pentagone et un autre dans un champ en Pennsylvanie, le sentiment de tragédie ne se mesure pas seulement au nombre de morts ou aux méthodes utilisées. Le sentiment d'invincibilité - d'inviolabilité - des Américains tombe de son piédestal. Et, inévitablement, après le temps des larmes et de l'Union sacrée, vient celui de la réplique. Il y a ceux qui veulent comprendre (voir la couverture de Newsweek : « Pourquoi nous haïssent-ils ? ») et ceux qui désirent se venger, façon far west. Et tous ceux qui veulent les deux à la fois : comprendre pour apprendre sur les réseaux terroristes et les démanteler, punir les responsables et leurs acolytes avec suffisamment de brutalité pour leur faire passer le goût de recommencer - c'est le « Shock and Awe » cher à Donald Rumsfeld.C'est ainsi que, très vite, émerge le débat sur la torture. D'une certaine manière, la question leur apparaît comme théorique : c'est une méthode, certes un peu limite, pour parvenir à ses fins. C'est peut être pour cette raison que l'un des premiers à soulever la question de la torture est le chroniqueur de Newsweek, Jonathan Alter, qui est clairement un homme de gauche. Dans l'édition du 5 novembre 2001, il publie un point de vue intitulé « Il est temps de songer à la torture ». Le texte mérite d'être cité sur la longueur :

« En cet automne de la colère, même une personne de gauche voit ses pensées se tourner vers... la torture. D'accord, pas des électrodes à bestiaux ni des tuyaux d'arrosages, au moins pas aux États-Unis, mais quelque chose qui fasse avancer rapidement l'enquête sur le plus grand crime de l'histoire américaine. À l'heure actuelle, quatre suspects de détournement d'avions ne parlent pas. Ne pourrions-nous pas au moins les soumettre à une torture psychologique, comme des enregistrements de lapins en train de mourir ou du rap bruyant ? L'armée a déjà fait cela, au Panama entre autres. Pourquoi pas du sérum de vérité administré par intraveineuse forcée ? Ou la déportation en Arabie Saoudite, terre des décapitations ? Certains persistent à expliquer que nous n'avons pas besoin de revoir nos vieilles assomptions sur la maintien de la loi, mais ces gens-là sont désespérément « 10 septembre » - ils vivent dans un monde qui n'existe plus. »« (...) Certaines formes de torture fonctionnent. La Jordanie a brisé Abou Nidal en menaçant sa famille. La police philippine a aidé à résoudre les attentats de 1993 contre le World Trade Center, ainsi qu'un projet de détournement d'avion, en convainquant les suspects qu'ils allaient être remis à la police israélienne. Et puis il y a aussi la douloureuse justice islamique, dont le grand bénéfice est qu'elle est acceptée par les Musulmans. Nous ne pouvons pas légaliser la torture, cela serait contraire aux valeurs américaines. Mais, alors même que nous continuons à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme dans le monde, nous devons garder l'esprit ouvert à certaines mesures pour combattre le terrorisme, comme des interrogatoires psychologiques approuvés par la justice. Et nous devons réfléchir au transfert de suspects vers certains de nos alliés avec moins de scrupules, même si cela est hypocrite. Personne n'a dit que [ce combat] serait propre. »Huit ans plus tard, cette chronique écrite par un intellectuel de gauche dans un de plus grands hebdomadaires des États-Unis, continue de faire froid dans le dos. Elle révèle la mentalité du pays à ce moment de son histoire : la peur, la paranoïa, la schizophrénie, la volonté de régler des comptes quitte à jeter par-dessus bord des décennies de lois et de principes..."

-Pour torturer, la CIA a suivi les consignes de la Maison Blanche | Mediapart:

______ A Guide to the Memos on Torture

-Guantanamo va continuer longtemps de hanter les Etats-Unis | Mediapart
-Comment la torture a été légalisée sous George W. Bush
-Guerre contre le terrorisme
-Des révélations sur la pratique de la torture par les États-Unis illustrent le besoin d'une commission d'enquête indépendante | Amnesty International
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-Torture « made in USA »
-Etats-Unis: Torture et sévices en Irak, et ailleurs...
-La Maison Blanche légalise la torture
-Débat d'amnésiques sur la torture, par Naomi Klein