CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT.
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" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile."
[Thucydide]---------------------
" Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus]
Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
Le MILLION de visites est atteint.
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_L'eau est un bien trop précieux pour être confiée à des entreprises privées, qui la gère surtout en vue du profit et de l'intérêt des actionnaires. Ce n'est pas une marchandise comme les autres. "Water Makes Money, réalisé par Leslie Franke et Herdolor Lorenz, montre les méthodes qui permettent, à Veolia en particulier, de s'enrichir sur le dos des usagers. " _____Scandale de l'eau à prix d'or"..Le film rappelle par exemple que lors de la signature du contrat de concession avec Toulouse, Veolia a versé à la ville 473,5 millions de francs, une manne inespérée que Dominique Baudis, le maire de l'époque, a notamment utilisé pour subventionner la construction de bâtiments publics et baisser les impôts. Les années suivantes, l'usager a vu le prix de l'eau augmenter régulièrement. Selon les estimations, fin 2020, Veolia aura encaissé plus du triple de sa mise de départ. Merci les Toulousains ! Plus largement, Water Makes Money dénonce les financements opaques, le manque de contrôle démocratique, les augmentations continues de prix à long terme, le mauvais entretien des canalisations (peu importe les fuites puisque l'eau est payée par l'usager), l'utilisation systématique et parfois inutile de chlore... Il montre à quel point Veolia est bien introduit dans les hautes sphères politiques (quelques exemples parmi d'autres : Stéphane Richard, ex-chef de Veolia Transport est devenu en 2007 directeur de cabinet au ministère de l'Economie et des Finances ; Dominique de Villepin fut brièvement conseiller international chez Veolia...). Et à en croire un spécialiste des lobbys interrogé, Veolia est très ancrée dans les arcanes de l'Union Européenne. Les auteurs évoquent même dans le film une corruption structurelle..." __Si la gestion de l'eau a un coût, elle ne peut être confiée à la spéculation, à des prédateurs financiers. _________Après l’or noir, l’or bleu : le marché de l’eau est-il déjà plus rentable que le pétrole ?"Le secteur français de l'eau est de ce fait en constante évolution. La remunicipalisation de l'eau à Paris en est un exemple. La Ville de Paris a en effet décidé qu'à partir du 1er janvier 2010, la gestion de l'eau dans la capitale sera désormais confiée à un seul opérateur public. _______"Veolia veut censurer le document, sans doute trop dérangeant, l'accusant de diffamation ____Une régie publique de l’eau est possible et nécessaire: "... 80% de la population en France vit sous un système de délégation du service public de l'eau’. En s'appuyant sur un rapportUFC-Que Choisir, il dénonce ‘un système pervers’ dans lequel ‘les marges nettes de bénéfices’ réalisées par les grands groupes privés de l'eau représentent ‘de 40 à 61%’ du prix de l'eau." _ Business de l’eau : les géants français s’exportent"Il n’est pas imaginable pour les multinationales de l’eau d’abandonner l’export. Elles sont en effet face à un double défi : en France, un tiers des collectivités qui vont renouveler leurs contrats d’ici à 2012 envisagent de “remunicipaliser” leurs services de l’eau. Et, au niveau mondial, moins de 10 % de ces services sont gérés par des entreprises privées. Dès lors, quelle est la stratégie à adopter ? Réponse : viser les pays politiquement stables et miser sur des marchés rentables. Leurs cibles privilégiées sont donc les grands projets dans des métropoles de plus d’un million d’habitants et dont le budget est souvent supérieur à 100 millions d’euros.Forts de leurs pétrodollars et confrontés à une pénurie d’eau, les pays du Moyen-Orient sont ainsi devenus le nouvel eldorado des opérateurs privés. À travers sa filiale Degrémont, spécialisée dans la construction de stations d’épuration, Suez Environnement est présent dans les Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn, à Oman. De son côté, Veolia Eau a été choisi par Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, pour construire et exploiter pendant vingt-deux ans deux usines de traitement des eaux usées. Un contrat de 364 millions d’euros ! Il assurera aussi la distribution d’eau potable pour les 4,5 millions d’habitants de Riyad, la capitale de l’Arabie saoudite..." _VÉOLIA S’ÉCLATE AUSSI AU SÉNÉGAL ...et ailleurs. -Dossiers sur l'eau - Attac _Le business de l'eau en bouteilles en Inde _Veolia critiqué par la Chambre régionale des comptes d'IDF ________ De l'eau et des hommes
En un combat douteux. Un marché biaisé. ___ Quels actionnaires vont surtout y gagner? Faut-il confier la gestion de l'eau à des mastodontes internationaux, dont le rendement financier est d'abord l'objectif, la ligne d'horizon? Certaines grandes agglomérations ont compris qu'il était dans l'intérêt de tous de gérer autrement cette ressource pas comme les autres. La gestion publique de l'eau revient comme une évidence, en dehors du Water business dans lequel nous somme plongés, comme d'autres pays._L'eau est un bien trop précieux pour être confiée à des entreprises privées, qui la gère surtout en vue du profit et de l'intérêt des actionnaires. Ce n'est pas une marchandise comme les autres. L'eau redevient peu à peu une affaire de gestion publique, en dehors de la question purement financière du prix de l'action. Les "villes rebelles" y voient leur intérêt, come Paris. Pour un bien si précieux et universel. Parfois rare. "...Aujourd'hui, ce sont aux collectivités territoriales qu'incombent le traitement et la distribution de l’eau. Face à une concurrence saine, elles peuvent jouer sur ce levier pour obtenir des prix raisonnables auprès de ces entreprises du secteur privé (à qui elles délèguent la gestion de l'eau). Si un tel "géant" en situation de quasi-monopole voyait le jour, il serait capable d'imposer ses prix auprès des collectivités, et ainsi faire grimper le coût de l'eau, faute de concurrents. "Les collectivités locales et leurs administrés seraient soumis au bon vouloir d’un groupe dont le monopole est assuré. Quelles garanties de ne pas avoir à payer plus cher tous ces services au quotidien ?", détaille ainsi le député du Nord, Fabien Roussel, auprès del'association UFC-Que choisir.
Le monopole ou quasi-monopole qui se met en place est très discutable, pas seulement aux yeux des syndicats les plus modérés. On sait bien quelle est la tendance des prix dans ce cas-là: jamais à la baisse Une affaire qui n'est pas seulement privée, où l'Etat s'est discrètement investi. __ "....L’attaque lancée par Veolia sur Suez a tout sauf été une opération répondant aux « principes de transparence et d’intégrité du marché, de loyauté dans les transactions et la compétition, ainsi que du libre jeu des offres et de leurs surenchères », pour reprendre la définition de l’Autorité des marchés financiers. Dès le 30 août, jour de l’annonce de Veolia, une mécanique implacable s’est mise en route....Cela s’est confirmé par la suite. Des discussions ont eu lieu à l’Élysée entre Antoine Frérot et Emmanuel Macron dès le début juin 2020. Puis un accord de principe a été signé dès juillet – avant même que Jean-Pierre Clamadieu ait annoncé publiquement son intention de céder sa participation dans Suez –, entre Veolia et Suez,comme l’a révélé Mediapartsur la foi de la consultation d’un document de CSE de Veolia du 28 septembre 2020. Les salariés de Suez ont assisté impuissants à l’enchaînement des événements. Un premier coup fatal est porté avec la cession des 30 % du groupe détenus par Engie à Veolia. L’opération se ponctuele 1er octobre par une journée des dupes : l’État met alors en scène sa propre impuissance, en organisant la défaite de ses administrateurs, censés avoir été vaincus par les forces supérieures du marché et de la gouvernance « indépendante » des entreprises. Mais des fuites feront apparaître très vite qu’Alexis Kohler a lui-même participé à cette débâcle en faisant pression sur les administrateurs CFDT pour qu’ils ne participent pas au vote. Un dernier coup sera porté le 2 avril par l’Autorité des marchés financiers (AMF), menaçant les administrateurs de Suez de poursuites pénales, et faisant pression pour qu’ils s’inclinent. Entre-temps, tous les moyens seront employés, les tentatives de séduction, les manœuvres pour influencer, les pressions, les menaces.« Un marigot bien pourri », dit Wilhem Guette. L’arrivée de la plainte sur ce dossier « hautement sensible » risque de tendre encore un peu plus les relations déjà très dégradées entre le PNF et le pouvoir, Matignon ayant pris le relais du ministre de la justice pour faire rendre gorge à cette autorité indépendante, trop indépendante, dont la mission principale est d'enquêter sur les liens entre le pouvoir politique et le pouvoir financier (lire nos articles ici ou là). Elle risque de provoquer une certaine nervosité chez les principaux protagonistes de cette obscure affaire, notamment à l’Élysée : Alexis Kohler fait déjà l’objet d’une plainte déposée par Anticor pour trafic d’influence et prise illégale d’intérêt dans le dossier MSC (voir notre dossier).Les dirigeants de Veolia, Meridiam, Engie, soutenus par le pouvoir, pourraient peut-être regretter un jour d’avoir voulu pousser leur avantage jusqu’au bout, sans offrir la moindre concession, la moindre issue à Suez. Ils se trouvent aujourd’hui face un corps social du groupe révolté, animé par la stratégie du désespoir, prêt à tout. « Nous n’avons rien à perdre. Nous avons déjà tout perdu. Par sa complicité, le gouvernement a accepté que Suez qui fait partie du patrimoine industriel du pays soit dépecé par son concurrent »,dit Jeremy Chauveau.« Il faut tout remettre à plat,poursuit de son côté Wilhem Guette.La justice peut nous y aider. Mais a-t-on raison de faire confiance à la justice ? Mais si ce n’est pas à elle, à qui ? ».... __ Une bataille boursière à connotation politique. "....Comme à l’habitude, la victoire de Veolia est saluée comme la création d’« un nouveau champion mondial dans l’eau, les déchets et l’énergie ». À l’issue de l’opération, le groupe devrait totaliser un chiffre d’affaires de 37 milliards d’euros, contre 27 milliards d’euros aujourd’hui, distançant largement son concurrent Suez. Antoine Frérot s’est engagé à maintenir les activités arrachées à Suez pendant quatre ans. Ainsi se finit cette bataille boursière comme toutes les batailles boursières : par l’argent, les actionnaires de la dernière demi-heure ayant plus de droits que les salariés de toute une vie. Mais pour de nombreux observateurs et connaisseurs du dossier, la bataille Suez-Veolia est loin d’avoir été une pure opération de marché, comme certains veulent le faire croire. À tous les instants, l’État a été présent, non pas comme médiateur, ainsi que le ministre des finances veut se présenter, mais comme partie prenante, ayant délibérément choisi son camp depuis le début : celui de Veolia. « C’est une opération réussie par complicité politique », analyse un connaisseur des allées du pouvoir. Dans un tweet vengeur, l’ancien ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, dénonce « une stratégie à la Poutine ». Cette comparaison avec « l’oligarchie russe » est revenue chez plusieurs interlocuteurs, certains dénonçant « la mise à disposition de l’État au profit d’un clan », d’autres « les menaces et les intimidations dont ont été victimes tous ceux qui s’opposaient à l’opération ». .... À un moment, vous ne pouvez plus vous battre tout seuls », commente un connaisseur du dossier.« Ce qui s’est passé est indigne de l’État français. Tout l’appareil d’État s’est ligué contre nous. Dans cette bataille, nous avons été seuls, tout le temps », dit Carole Pregermain, porte-parole de l’intersyndicale de Suez...." __________________________
L'eau est top précieuse pour être laissée aux marchands d'eau
Elle est la source de la vie, LE bien public numéro 1 et devrait relever partout d'une gestion commune Elle ne devrait pas être une marchandise comme une autre, soumise aux règles du marché et de spéculation, de concurrence parfois effrénée.. Surtout quand elle devient une matière rare. Or les capitaux se sont rués sur cette précieuse matière dont tout le monde a besoin. Un marché captif, par excellence. Certaines communes ont renoncé à entrer dans l'engrenage ou ont repris leurs droits à la gestion de l'eau et sont sorties de contrats léonins. Comme Paris. Partout ailleurs, on assiste à une guerre des eaux entre compagnies privées, dont les actionnaires réclament une plus grande part de gâteau. Deux méga-compagnies entre en guerre pour des profits maximaux: l'heure est à l'hyper-concentration, voire bientôt au monopole (?) et on sait ce qui se passe quand un seul fait la loi sur le marché. Il y a de l'OPA dans l'air...
"..Le leader mondial des services à l’environnement Veolia veut racheter le numéro deux, Suez, pour former un géant de l’or vert. Coulisses et enjeux d’une bataille boursière qui divise le capitalisme français et pose quantité de questions.. " Une histoire insensée, où tous les coûts sont permis. On savait que les requins aiment l'eau et que la haute finance a de grandes dents...
______"...Suez-Veolia, Lyonnaise des eaux-Générale des eaux… cela fait des décennies que des banquiers d’affaires phosphorent sur un tel rapprochement. À intervalles réguliers, les deux groupes français des services dans l’environnement se sautent à la gorge et essaient de tuer l’autre. En 2006, Suez avait dû appeler le gouvernement de Dominique de Villepin pour contrer l’attaque inamicale de Veolia, ce qui lui avait au passage permis d’obtenir la privatisation de GDF et de mettre la main dessus. En 2012, cela fut le schéma inverse, c’est Suez qui tenta de prendre le contrôle de Veolia puis renonça pour des raisons de concurrence. Pourquoi en serait-il autrement cette fois ? Parce que Veolia assure avoir trouvé les remèdes adaptés pour répondre aux problèmes de concurrence, en vendant notamment toute l’activité eau de Suez à un tiers, assurent ses soutiens. Surtout, parce que le gouvernement paraît prêt à soutenir cette opération et même à la faciliter en mettant l’argent public à disposition. Cette absence de neutralité des pouvoirs publics dans ce dossier pose question. Car cette fois, il ne s’agit pas de créer un champion national, comme cela nous est servi à chaque partie de Monopoly financier : Veolia et Suez sont respectivement numéro un et numéro deux mondiaux des services à l’environnement, des secteurs appelés à connaître de forts développements avec la transition écologique. Les exemples abondent de ces grandes fusions où un plus un ne fait pas deux mais plutôt 1,5 voire 0,75. C’est la menace qui pèse sur cette opération. Mais ce n’est pas la seule. Car ce projet concerne quasiment toutes les communes de France qui ont délégué soit la gestion de l’eau, de l’assainissement, des déchets à l’un ou à l’autre de ses deux groupes. Ce sont tous les services publics locaux et leurs salariés, ceux qui étaient en première ligne pendant le confinement, qui peuvent être touchés.... Comme à chaque changement de stratégie du groupe, ce nouveau cap s’accompagne d’un vaste Monopoly financier : 13 milliards d’euros d’actifs sont appelés à être vendus, dont les deux tiers des activités de service du groupe. « Et Suez ? », lui demande-t-on. La question du maintien du numéro deux mondial des services à l’environnement dans le portefeuille d’Engie est le caillou dans la chaussure du groupe depuis des années. Avant même la fusion avec GDF en 2008, le maintien des activités historiques de Suez, issues de l’ancienne Lyonnaise des eaux, était posé. Alors principal actionnaire du nouveau groupe aux côtés de l’État, l’homme d’affaires belge Albert Frère exigeait sa vente. Et sans l’opposition farouche de Gérard Mestrallet, alors PDG de Suez, il y serait parvenu. Par la suite, alors qu’Engie diminuait sa participation dans le groupe de services pour la faire tomber à 32 %, ce qui lui permettait de conserver malgré tout une position de contrôle, la question s’est reposée de façon régulière. Fin 2019, le conseil d’administration approuvait encore le maintien de Suez dans le giron d’Engie. Isabelle Kocher militait même pour que le groupe en prenne le contrôle total et l’intègre dans le groupe afin à la fois de profiter les proximités dans certaines activités, notamment la méthanisation des déchets, et d’assurer des revenus récurrents et sûrs au groupe au moment où le monde de l’énergie est totalement chahuté. Six mois plus tard, tout est remis en cause. « Tout est ouvert », répond Jean-Pierre Clamadieu, laissant entendre qu’il est disposé à vendre. La boîte de Pandore est ouverte, au risque de provoquer un immense séisme dans les collectivités locales. La direction de Suez, en place depuis à peine un an, prend alors du temps pour étudier sa suite et organiser sa sortie d’Engie. C’est en tout cas ce que lui a affirmé Engie, laissant entendre que tout se ferait dans le calme et la concertation. Erreur ! « Ils ont été très naïfs », reconnaît un proche du dossier qui conseille Suez...." Comprenne qui pourra... Le Water business continue, en France comme ailleurs
Les effets de la crise, de l'incurie, de la privatisation d'un service public fondamental L'eau, c'est la vie. L'accès à une eau de qualité est un des premiers droits vital. AFlint, la dégradation de la qualité de l'eau, devenue dangereuse, est la conséquence directe de l'appauvrissement de la cité, qui fut pourtant un des fleurons de Général Motors. Les délocalisations des grandes firmes automobiles, conséquences de la crise de 2008, ont laissé un lieu de friches urbaines et de pauvreté galopante. Comme à Détroit, qui entame enfin un certain renouveau, des zones entières de la ville sont à l'abandon, dans le pays où la concentration de la fortune privée est à son zénith. Le principe toujours moins d'Etatétale ses effets.. Reflet d'une pauvreté, dont la population noire est surreprésentée, à resituer dans le cadre de l’histoire de la désindustrialisation, de la paupérisation, de
l’austérité. L’histoire, aussi, de la discrimination à l’encontre des
plus pauvres et des Noirs américains, qui sont d’ailleurs souvent les
mêmes. Pendant un an et demi, entre avril 2014 et l’automne 2015, les
habitants de cette ville de 100 000 habitants située au nord de Détroit
(Michigan) ont utilisé et consommé une eau contaminée au plomb. Si le problème est enfin en voie de résolution, après une longue incurie, les conséquences sanitaires sont encore incalculables. La crise sanitaire continue. La privatisation de ce service de base n'a rien arrangé, bien au contraire.L'eau est trop précieuse pour être confiée à des entreprises privées ou à des municipalités ruinées ou corrompues. Veolia, notamment, s'est trouvé mis en cause dans ce scandale de grande ampleur, comme à Pittsburgh:: "Depuis le mois d’octobre, Flint est à nouveau connectée au réseau de
distribution d’eau de Detroit, tandis que le Michigan a débloqué
240 millions de dollars (211 millions d’euros) pour tenter de résoudre
les conséquences du scandale. Selon la plainte, les dommages réclamés
par la justice, qui pourraient, dans le cas de Veolia et LAN, s’élever à
plusieurs centaines de millions de dollars, devraient être utilisés
pour remplacer les kilomètres de canalisations endommagées." Mais la ville ne connaît pas que ce malheur ( it's not just about the water). Elle est classée comme une des plus violente qui soit : Ceci explique cela. _______________________________________
Des besoins encore immenses pour une grande partie de l'humanité. Pas seulement en quantité, mais aussi en qualité (5000 enfants meurent chaque jour non seulement par déficit d'eau, mais à cause d'une eau non traitée ._2,5 milliards de personnes n'ont pas d'accès direct à l'eau et à une eau de bonne qualité). Plaidoyer pour une eau citoyenne, bien commun de l'humanité. Déjà en 2009, les urgences ont été soulignées. __Marseille: une méga-organisation, de belles déclarations, mais... ".... 300 conférences, 800 heures de débats, plus de 1200 solutions publiées sur la plateforme des solutions, le Forum Mondial de l'Eau se veut force de proposition... ...Maisl'organisation de ce Forum fait polémique. Les ONG se rassemblent à part, dans le Forum Alternatif Mondial de l'Eau, car elles dénoncent le fait que le Forum soit organisé par le Conseil Mondial de l'Eau, dont le directeur, Loïc Fauchon, est également président de la Société des Eaux de Marseille, une filiale de Veolia. Les ONG dénoncent le conflit d'intérêt et le fait que le forum ne soit pas organisé par l'ONU..." __"Suez, Veolia et la Banque mondiale ont rendez-vous cette semaine à Marseille pour un Forum mondial de l’eau. Leur objectif : tirer davantage profit de la crise mondiale de l’eau et des privatisations engagées depuis des décennies. Une dynamique qui commence à prendre l’eau, grâce à l’action de ceux qui se battent pour la reconquête de ce bien commun de l’humanité." _________Pour les contre-forum des associations d'usagers pour la gestion publique de l'eau et pour la Fame, la gestion de l'eau est une chose chose trop importante pour être laissée aux intérêts des groupes privés. Le conflit entre les deux logiques est aussi médiatique Pour le forum Alternatif Mondial de l'eau, l'eau doit être source de vie, pas de profit et sa gestion doit sortir de la logique du calcul égoïste L'eau, bien commun de l'humanité, doit sortir du water business dispendieux et souvent inefficace dans les zônes ou les micro-réalisations locales ont montré leur efficacité. Les moyens manquent? Pourtant une toute partie des dépenses militaires, toujours en augmentation, suffirait à résoudre rapidement et assez simplement le problème... __________________ Eau: problème politique
Il paraît déjà loin le temps où l'on parlait surtout de développer les services aux dépends d'une industrialisation jugée désuète et confiée à d'autres, dans le cadre d'une "mondialisation heureuse", comme disait alors le gourou A. Minc. Le réel nous rattrape depuis un certains temps, bien avant la phase critique de la covid et de la prise de conscience qu'elle a opérée. Déjà Montebourg avait alerté: il y va de notre souveraineté dans plus d'un domaine d'activité d'importance.. En vain. Les sirènes de la mondialisation sans frein et de la financiarisation à outrance couvraient la voix de ceux qui voyaient venir le danger. Il est venu plus vite que prévu. Les pénuries actuelles nous rappellent à l'ordre, dans des domaines d'importance. Une prise de conscience verbale s'esquisse. E.Macron en serait-il devenu planificateur "socialiste", aux dernières nouvelles? ___Il y a peu, après des négociations ou un simulacre de pourparlers, après une mobilisation et un engagement jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, c'est la fin d'une grande entreprise béthunoise. Les Japonais ont dit non, après avoir bien profité des soutiens de l'Etat et l'UE. La désindustrialisation se poursuit dans notre pays. Une logique trop connue qui n'est pas la première et qui souligne, une fois de plus, notre étroite dépendance vis à vis de grands groupes étrangers et leurs pratiques de délocalisation en fonction de la rentabilité à un moment donné, quelle que soit leur puissance.
"...La fin de l’usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) est tristement exemplaire d’un processus bien connu : une entreprise mondialisée cherchant la rentabilité à tout prix délocalise vers des pays où la rémunération des ouvriers est moins lourde et la fiscalité plus légère, accélérant sans états d’âme la désindustrialisation d’un territoire déjà marqué au fer par la litanie des plans sociaux… Jeudi, le groupe Bridgestone a donc confirmé la fermeture de son site de Béthune le 1er avril 2021. Cette décision sans appel entraînera la destruction de 863 emplois directs. C’est une histoire de mondialisation malheureuse, qui fait écho à des événements survenus dans la même industrie du pneumatique il y a quelques années, au détriment des salariés de Continental à Clairoix (Oise) et de Goodyear à Amiens (Somme). ..." __L’agitation des pouvoirs publics n’y a rien fait... A. Minc appelait ce processus la mondialisation heureuse. On est loin de la relocalisation prônée aujourd'hui. Les décisions d'Etat se retrouvent piégées comme dans tant d'autres affaires, comme dans l'affaire Alstom/Général Electric. Les multinationales font le loi, au gré de leurs intérêts et de leurs actionnaires ...Des promesses (ou de vent). Des solutions alternatives qui, si elles ont lieu, désertifieront encore plus le secteur. Le gigantisme de l'entreprise n'y a rien fait; il fallait aller ailleurs, vers le pays le moins disant salarial. ____Elles ne manquent pas d'aplomb, les grandes multinationales. Ni de sens de leurs intérêts et de leurs actionnaires. Déjà qu'elles s'attachent à faire la pluie et le beau temps dans le monde, allant jusqu'à monopoliser parfois des pans importants d' économies mondiales, à s'ingérer dans les affaires des Etats souverains pour leur dicter leurs normes et les contraindre à se plier à leurs exigences , à leurs intérêts économiques. Les voilà, en cette période de récession généralisée, qui atteignent le comble de l'indécence. Avec la complicité de puissants cabinets d'avocats d'affaires, elles veulent que l'Etat leur rembourse les pertes qu'elles ont subies du fait du covid à l'échelle mondiale: "...Les multinationales réfléchissent à demander des comptes aux Etats pour avoir pris des mesures contre le coronavirus qui auraient nui à leur business. Un comble. En effet nombreuses sont celles qui ont été grassement soutenues ces derniers mois par les pouvoirs publics à coups de baisses, voire d’annulations de charges et d’impôts pour faire face à la pandémie ; sans parler des plans massifs de soutien à certains secteurs… Las, tout serait de la faute des États. Partout dans le monde, elles vont donc engager des poursuites judiciaires, en espérant récupérer des milliards.... __ "Le nombre de ces plaintes pourrait être sans précédent et imposer des charges financières considérables aux gouvernements qui croulent déjà sous le fardeau des crises sanitaires et économiques dévastatrices", alertaient plus de 600 ONG provenant de 90 pays le 23 juin. "Les mesures prises pour restreindre les activités des entreprises afin de limiter la propagation du virus, pour mobiliser les établissements hospitaliers privés, pour obliger des entreprises à produire tel ou tel bien médical d’urgence, pour permettre aux ménages de reporter ou annuler le paiements de loyers ou prêts immobiliers, pour empêcher les investisseurs étrangers de racheter des entreprises, pour garantir l’accès à l’eau potable ou aux médicaments, etc. pourraient être concernées" par ces plaintes, craignaient les ONG...." Pour les Etats les plus faibles, la puissance de certaines firmes pourraient avoir des conséquences dramatiques. Mais les Etats se sont mis souvent eux-mêmes dans le pétrin en favorisant leurs expansion par abandon de souveraineté, dans la plus parfaite logique libérale. A force de vouloir attirer à tout prix, par des conditions avantageuses, aux dépends de leurs voisins, les plus grands fleurons de l'industrie mondiale, les Etats, surtout s'ils sont faibles, se mettent dans des conditions périlleuses dans certaines circonstances et se retrouvent comme dans un piège, certaines grandes multinationales pouvant avoir une puissance financière égale ou supérieure à certains petits Etats. Sans parler des Gafas. Il serait temps de repenser une autre mondialisation, comme le chef de l'Etat le suggérait lui-même récemment, peut-être par inadvertance ou par opportunisme. Les incantations ne servent à rien, tant que des règles internationales ne sont pas édictées pour réguler se qui apparaît comme une jungle financière.________
_____________Point de vue: Emmanuel Macron le sait. L’industrie est son talon d’Achille. D’autant qu’en ce domaine il a un passé et un passif de dix ans et non de cinq. Dès son arrivée commesecrétaire général adjoint de l’Élyséepuis comme ministre de l’économie, il s’est occupé, souvent en sous-main, des grands dossiers industriels et du sort des grands groupes français. Rien n’a changé depuis son arrivée à l’Élysée : c’est au Château que s’arbitrent les grandes décisions industrielles, selon des choix jamais expliqués, et dont on ne sait s’ils procèdent d’Emmanuel Macron lui-même ou du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. Au point que cette dyarchie a provoqué des conflits ouverts et publics avec le ministre des finances Bruno Le Maire,comme dans l’affaire Suez-Veolia. ______Dix ans d’interventions et de choix, cela laisse le temps d’imprimer une politique. En matière industrielle, son bilan n’est guère convaincant. Pourtant, entre les différents allégements, suppression d’impôt, l’État a versé plus de 60 milliards d’euros par an aux entreprises depuis le début du quinquennat. C’est la grande victoire proclamée de Bruno Le Maire : l’hémorragie industrielle a été stoppée.«Grâce à notre politique, nous avons réussi à stabiliser l’emploi industriel en France depuis deux ans »,dit-il dans Les Échos. Mais il était difficile de tomber plus bas. En dix ans, l’économie française a perdu plus d’un million d’emplois industriels. La part de l’industrie dans le PIB est passée de 20 % à 10 %. À l’exception de Chypre, de Malte et du Luxembourg, aucun autre autre pays de la zone euro n’affiche un taux aussi bas. Ascoval,GM&S,Doux,Saint Louis Sucre,Roquette,Luxfer,Arjowiggins, La Chapelle Darblay,Bosch,Ferropemet aujourd’hui les fonderies du Poitou, de MBF, les fonderies de Bretagne,la Société de métallurgie aveyronnaiseet tant d’autres… La chronique de cette destruction industrielle sans précédent s’est déclinée ces dernières années en une litanie sans fin. Plus de 100 usines ont été sacrifiées chaque année. Il a fallu la crise sanitaire du Covid-19 pour que le gouvernement réalise soudain l’ampleur du désastre, prouvant au passage le désintérêt qu’il avait jusqu’à présent porté à la question industrielle. Non seulementSanofi, censé être le leader mondial des vaccins, n’était pas capable d’en élaborer un, mais le pouvoir découvrait que la France n’était plus en capacité de produire des masques, du gel, des petits matériels médicaux, et même des principes actifs aussi essentiels et basiques que le paracétamol. Sans parler des composants électroniques, des semi-conducteurs, du bois, etc. Cet affaissement industriel trouve sa traduction dans les comptes de la nation. Alors que la France affichait un excédent commercial jusqu’en 2004, sa situation se dégrade année après année. Les exportations n’ont cessé de baisser en volume et en valeur, tandis que les importations grimpent. Fin 2021, le déficit commercial atteignait 84,7 milliards d’euros. Un niveau jamais atteint. Alstom. Le nom lui collecomme un sparadrapdepuis des années et Emmanuel Macron ne parvient pas à s’en débarrasser. Car cette affaire est emblématique de toute sa politique industrielle. À la manœuvre dès 2012 à partir des soupentes de l’Élysée, il a œuvré activement au démantèlement accéléré de ce qui fut le premier conglomérat français (CGE puis Alcatel-Alstom).La branche électromécanique d’Alstoma été vendue à GE, et Emmanuel Macron a veillé à neutraliser les rares défenses mises en place par son prédécesseur, Arnaud Montebourg. Alcatel a été cédéau Finlandais Nokia et l’essentiel des emplois détruits. Sans l’opposition de la direction européenne de la concurrence,la partie ferroviaire d’Alstomaurait d’ailleurs été absorbée par l’Allemand Siemens. En parfait« connaisseur de la grammaire des affaires », Emmanuel Macron n’a jamais eu la moindre critique contre la financiarisation débridée des capitaines d’industrie. Au contraire. Il en épouse toutes les vues : le Monopoly financier – vendre, acheter, fusionner, scinder, démanteler – tient lieu pour lui de stratégie industrielle. Il s’agit toujours de créer un géant mondial, peut-être européen, en tout cas un champion français. Avec à chaque fois des centaines de millions de commissions pour les banquiers d’affaires, les avocats et bien sûr les cabinets de conseil. Et, à chaque fois, des productions délocalisées, des sites fermés, des emplois directs et indirects détruits. Avec les encouragements de l’Élysée, quand ce n’est pas à son initiative, des groupes entiers ainsi ont été essorés, liquidés pendant cette mandature. Car il n’y a pas eu qu’Alstom. Il convient d’y ajouter Lafarge, Essilor, Rhodia, Suez pour ne citer que quelques noms de groupes privés. Mais l’État mérite une mention spéciale pour les entreprises dont il est actionnaire. Le secteur de l’énergie, jadis un des points forts de l’économie française, a été particulièrement saccagé.Le groupe parapétrolier Technipest ressorti vidé de sa substance après l’échec, prévisible dès le départ, de sa fusion avec l’Américain FMC. EDF, à qui Emmanuel Macron a imposé d’assumer une partie des pertes liées à la faillite cachée d’Areva, puis la construction de deux EPR sur le site britannique de Hinkley Point, est affaibli, endetté etmenacé d’être démantelépour pouvoir reverser une partie de la rente nucléaire au privé. Quant à Engie, l’ancien GDF,il est vendu à la découpe à Total, Bouygues, Veolia et autres fonds. En attendant que Total, le grand gagnant de cette mise à sac du secteur de l’énergie, rachète les restes de l’ancien monopole public gazier. Le secteur automobile a été un peu plus préservé. Mais Renault a failli aussi sombrer dans le scandale provoqué parCarlos Ghosn, que les pouvoirs publics ont laissé prospérer pendant des années, bien qu’ils aient été parfaitement informés de la situation. PSA, lui, s’est mariéavec Fiat pour créer Stellantis. Et sa première décision a été d’implanter son siège social aux Pays-Bas avec l’assentiment de l’État actionnaire. En septembre 2020, le gouvernement, déclarant avoir tiré quelques leçons de la crise sanitaire, annonçait la création du Haut-Commissariat au plan, disparu dans les années 1990.Nommé président, François Bayroua pour mission« d’éclairer les choix collectifs que la nation aura à prendre pour maintenir ou reconstruire sa souveraineté ». Un an plus tard, impossible de trouver la moindre trace de l’apport de ce Haut-Commissariat au plan. Il n’a même pas été officiellement associé au plan « France 2030 », censé tracer les pistes de l’avenir et présenté en grande pompe par Emmanuel Macron en octobre 2021. 30 milliards d’euros pour répondre«aux défis de notre temps », pour aider à« l’émergence des futurs champions technologiques », à « la transition de nos secteurs d’excellence que sont l’automobile, l’aéronautique, ou l’espace ». 30 milliards d’euros surtout saupoudrés en de multiples projets, répondant tous à la croyance absolue du numérique, dutout électrique,du nucléaire.Bien entendu, tout est placé sous la responsabilité du privé, l’État n’entendant avoir ni droit de regard ni effet d’entraînement. Et il ne demande aucune contrepartie. Mais c’est une question d’habitude. L’État a distribué plus de 40 milliards d’euros d’allégements fiscaux et sociaux, d’aides diverses chaque année, sans que les dépenses en R&D n’augmentent, sans que l’investissement productif ne progresse significativement, sans que les productions manufacturières ne montent en gamme, sans que la productivité ne s’améliore. Avec le « quoi qu’il en coûte » adopté depuis le Covid-19, les largesses publiques ont été encore plus abondantes. Sans le moindre contrôle. Alors que les groupes français figurent depuis des années parmi les firmes mondiales qui reversent le plus de dividendes à leurs actionnaires, ils s’apprêtent cette année à battre tous les records : les entreprises du CAC 40 ont prévu de redistribuer 98 % des profits engrangés en 2021. Des profits en partie améliorés grâce aux subsides de l’État. En dix ans, Emmanuel Macron, qui se voulait le président de la« start-up nation », a surtout confortéles rentes existantes. Au lieu des Gafam, la France a les LHOCK (LVMH, Hermès, L’Oréal, Chanel, Kering), cinq groupes de luxe qui dominent la vie des affaires et le CAC 40. [Martine Orange] __________________________________
...Pour les actionnaires En France, où c'est le jackpot, mais pas seulement. Au dépends des salaires et des investissements. Une grosse entreprise a besoin de salariés et d'actionnaires. Mais de manière équilibrée. Or le divorce s'accentue entre les deux, surtout depuis la libéralisation dans la finance dans les années 80 sous l'effet des doctrines hayekienne et friedmanienne. Comme le reconnaît un rapport du Sénat Les richesses produites par les grandes firmes du fameux CAC 40 donnent parfois le vertige. Le problème qui est posé n'est pas celui de leur ampleur, toujours le plus souvent bienvenue, mais de leur répartition. En fait, au lieu d'une répartition selon la règle des trois tiers, telle que rappelée par Sarkozy (un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés, un tiers pour l'investissement), la réalité est toute autre, surtout en France. Ce sont les actionnaires, les gros, qui se taillent la part du lion. Et pas qu'un peu. Surtout en France. On le savait depuis quelques années, mais la tendance s'accentue. Dans l'économie à dominante financière dans laquelle nous sommes, des rapports récents convergent pour dénoncer ce déséquilibre grandissant dans la répartition.des richesses produites, aux dépends de l'investissement d'avenir et des producteurs, sans lesquels aucune richesse ne verrait le jour. Un économie de rente s'installe et de super-profits pour les managers. ..Actionnaires, qui ne sont pas ou peu des particuliers. ... Près de la moitié de ces dividendes partent vers l'étranger. 55% seulement restent en effet en France, tandis que 20% prennent la direction de la zone euro et 16% celle des Etats-Unis. En France, les particuliers ne détiennent finalement que 9% de CAC40 et leur part a été divisée par quatre en trente ans. Ce sont des sociétés d'investissement ou des fonds de pension qui possèdent la quasi-totalité des entreprises cotées Ce sont les actionnaires qui font la loi, impulsant ainsi des tendances plus spéculatives que productives. Le rendement à court terme est privilégié par rapport à l'investissement à long terme, ce qui est un facteur de risques et de crises. ...En 2016, les entreprises du CAC 40 ont distribué plus de 66% de leurs bénéfices aux actionnaires, contre 30% dans les années 2000. Une exception française, car en Europe continentale les entreprises du CAC 40 sont de loin celles qui versent le plus d'argent à leurs actionnaires. On est loin de la règle des trois tiers prônés par Nicolas Sarkozy. "Ça fait bien longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle. Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 qui reviennent aux salariés, 33 qui vont directement dans la poche de l'actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l'entreprise. Parce qu'une entreprise doit investir pour continuer à être compétitive", déclarait-il le 5 février 2009...déclaration de bon sens, mais qui a fait long feu.
La France est championne du monde des dividendes reversés aux actionnaires:...Les richesses n'ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l'investissement", a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam France, citée dans le communiqué. Par exemple, ...le sidérurgiste ArcelorMittal, l'énergéticien Engie et le leader mondial de la gestion de l'eau Veolia sont, dans l'ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG. Les organisations Oxfam et Basic, notamment, dans le sillage de nombre d'économistes dénonçant les dérives financières d'un capitalisme ....appellent le gouvernement "à reprendre la main sur cette économie déboussolée avec des mesures de régulation ambitieuses", "en préservant la capacité d'investissement et en interdisant que la part des bénéfices reversée aux actionnaires dépasse celle qui est reversée aux salariés". Ce partage déséquilibré des bénéfices n'est pas seulement un facteur de risques dans une économie mondialisée mais constitue aussi une menace pour le développement.
Cette machine à dividendes… et à inégalités, cette tendance aux « profits sans partage »contribue à anesthésier le risque entrepreneurial et à créer et favoriser les conditions d'une précarisation des emplois. L'actionnariat a changé de nature comme la gestion des entreprises, avec toutes les conséquences visibles ou invisibles, notamment les nouvelles formes de management brutal et la souffrance au travail. ___ Un début de prise de conscience en cours?... __________________________