Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 31 mai 2020

Adieu Facebook?

__________________________________________Pas si facile...______

Survol

__ Pas de bol pour les chauves

__ Vers une médecine uberisée?


Arrestation à la texane.
__ Quelle police?

__ Pandémie et surveillance

__ La bise: le retour?

__ Des soignants à soigner

__ Parce qu'il était noir...
                     Terrible routine. Le passé ne passe pas.  Constat accablant.
       Une injustice profonde, malgré Black LIves Matter
        . Rien ne change vraiment. Hélas!
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samedi 30 mai 2020

Bas de laine

C'est décidé, je vais le vider
                                         Je ne vais pas laisser un Ecureuil croquer mes noisettes ,patiemment accumulées, à la sueur de mon front.  Avec la crise, l'épargne populaire peut en prendre un coup, pas seulement au niveau des taux de rémunération.. Sûr qu'on ne fera pas payer les évadés fiscaux ou ceux qui peuvent s'acheter un troisième yacht; pour ne pas faire fuir les capitaux, donc les investissement, comme ils disent. La sur-richesse ne sera que peu touchée, si elle l'est. Dans certains secteurs, la crise aura même été profitable.

       ...Comme la lessiveuse cachée dans la remise, je vais la vider. J'en garderai un peu sous le matelas, au cas où...Rien que les frais d'obsèques, ça coûte un bras.
  Je vais m'acheter la Harley de mes rêves ou la Rover qui me tente. Las! ce ne sont pas des marques françaises. Ça ne créera pas de l'emploi chez nous. Mais combien de produits industriels made in France intègrent dans leur fabrication des composants venus d'ailleurs?
   Au nom d'un principe bien américain selon lequel un mauvais consommateur est un mauvais citoyen, je vais acheter français et dépenser un max. Comme suggéré: La ministre du travail a appelé vendredi les Français à « ressortir » et à « consommer » les 60 milliards d’euros « mis en épargne » pendant le confinement, afin de « faire repartir » l’activité....
  Acheter français, ils ont dit. Montebourg en tête. Mais quoi?
      Le patriotisme économique ne se décrète pas, mais l'Etat stratège peut réorienter bien des choix, comme on en prône l'exigence en cette période de crise profonde. Verbalement pour le moment.
   La monnaie est faite pour circuler, pour irriguer l'économie, comme le sang pour l'organisme.
Thésauriser est un facteur de stagnation ou de régression à l' échelle macroéconomique.
 Même si un grand nombre de personnes n'ont pas les moyens d'avoir même une épargne de précaution ou si le conditionnement marchand pousse en permanence à surconsommer, jusqu'à l'endettement permanent, jusque dans certains milieux pourtant favorisés. Sans parler de l'argent qui dort dans les paradis fiscaux et celui qui se perd dans les marais de la spéculation boursière internationale.
    L'épargne des Français est une des plus importantes, ce qui n'est pas sain pour l'économie, surtout en cette période, où la relance devient priorité nationale. Comme à certaines périodes, il serait bon que l'Etat, puisqu'il se reproclame "providence", stimule des emprunts garantis mieux rémunérés pour  favoriser l'investissement là où les besoins sont les plus urgents, les plus nécessaires pour l'avenir. .L'argent qui dort ou qui spécule n'a jamais garanti la richesse d'une nation.
   L'investissement productif maîtrisé est une urgence, au lieu d'abandonner des pans entiers de notre économie aux capitaux volatiles internationaux, qui asservissent et affaiblissent le pays à terme. Ce qui suppose de revoir le modèle économique ultralibéral qui sous-tend les dérives et les asservissements constatés et les effets négatifs d'une mondialisation sans contrôle. Réassigner de nouveaux objectifs que commandent les urgence planétaires en matière d'écologie bien comprise, en reconsidérant la question des valeurs, qui ne sont pas que marchandes, quantitatives.
   Nous sommes à l'heure des choix. Les proclamations de tribune ne suffiront pas. Même de gros pansements, comme ceux d'une relance massive, ne suffiront pas à eux seuls à guérir les plaies profondes que la crise révèle.
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vendredi 29 mai 2020

New Look


Pas besoin de légende...
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La royauté

N'est plus ce qu'elle était..
                       Il fut un temps (trop long selon certains coupeurs de tête) où le roi, c'était quelqu'un .
        Au-dessus du lot commun, légat de la divinité, oint du Seigneur. On y croyait. Il guérissait même des ecrouelles, disait-on. On s'abaissait à son passage, il était comme le père du bon peuple, qui priait pour lui tous les dimanches. Ciment du pays, il avait en ses seules mains la destinée de ses sujets sur toute affaire, même pour la guerre. Avec lui, on savait où on allait. Il montrait la voie. Et s'il ne vivait pas de peu, comme disait Rousseau, du moins c'était dans l'intérêt de ses ouailles, certains étant favorisés plus que d'autres, mais cela faisait partie d'un ordre sacré.

    Aujourd'hui, tout part en quenouille. On a mis en place des assemblées querelleuses, tout le monde se croit souverain, même les enfants sont rois...
   Quant à ce qui reste de la royauté, c'est triste à dire, mais c'est devenu de la pacotille, des traces fossilisées, des ruines vivantes, des décors usés...mais des bons sujets à la une de Gala. 
   Il en reste des traces encore en Europe, qu'on sort de temps en temps pour montrer aux gens devenus citoyens, comment ils sont grands et combien ils ont de la chance qu'on les incarne encore ainsi, même si ça coûte un bras pour les finances publiques.
  Certains monarques se tiennent bien, se contentant de tricoter pour les pauvres danois ou de faire quelques sorties officielles pour servir de décor au pays de Belgique, tout chamarrés de médailles qu'ils n'ont jamais gagnées. C'est assez fatigant pour eux, mais en revanche on les laisse tranquilles dans leurs châteaux où ils se livrent aux loisirs qui leur plaît, le golf où la chasse au lion en Afrique.      Mais l'ennui gagne vite les illustres familles et on sait que l'oisiveté engendre bien des dérapages. 
      Certains, estimant leurs passions trop faibles font dans le business, comme à Monaco, et ne s'en cachent pas. Pour d'autres, à Westminster, les frasques sont régulières et amusent le peuple qui aime les gros titres sur papier glacé mais suscitent l'ire de la reine, qui a beaucoup à faire avec ses chevaux. D'autres, c'est plus choquant, font des opérations plutôt frauduleuses, comme celui que Franco a désigné comme son successeur, qui a été pris la main dans le sac, comme un vulgaire malfrat. Ce n'était pas la première fois qu'on le montrait du doigt en son pays...
Goya
     ___Pour construire des châteaux en Espagne, il faut de l'argent. Beaucoup d'argent...Alors pourquoi se gêner quand on a des loisirs et une conscience morale et politique si émoussée?  C'est toute la famille qui a contracté de "mauvaises habitudes", sans doute à cause de papa, aux moeurs à géométrie variable. Certains font ça discrètement, avec plus de talent. Lui fait tout pour se faire remarquer.
  Le peuple espagnol, en ces temps si affaibli, va-t-il suggérer à notre pays de lui prêter gentiment l'appareil qui a servi à raccourcir, un jour mémorable, un certain Capet, et qui rouille au fond d'une remise?. 
    Encore une page à sensation dans Voici peut-être en vue. Veremos!
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jeudi 28 mai 2020

En attendant...

Faire travailler son imagination.

Pause bière

Biérologie en déconfinement
                          Une bière, mais pas une Corona!
             Un petit moment de détente dans l'ambiance pesante qui persiste.
    En attendant que les cafés s'ouvrent au public, après une longue période d'abstinence forcée.          Avec les précautions d'usage. A inventer.
 On va pouvoir se boire une petite bière, partagée socialement. Car il n' y a de plaisir que dans la dégustation collective. Car la bière, la vraie, ne se boit pas, elle se déguste, lentement, autour d'une table commune.

      Et cela s'apprend. Ce n'est pas un gars du pays du houblon qui vous contredira, ni surtout un citoyen d' Outre-Quiévrain.. Que ce traditionnel breuvage soit de facture légère ou de composition plus dense, plus riche ou plus ambrée, comme savent le faire certaines communautés monastiques depuis des siècles, avec leurs secrets bien gardés. A éviter les produits industriels normalisés que crachent de la petite bière par fûts multiples.
     Toute une histoire, la bière, bien plus ancienne qu'on imagine. Déjà les Sumériens...
  Une très vieille tradition, qui plonge dans la nuit des temps, favorisée pas les moines plus tard, qu'il a fallu réglementer
                            "...On raconte que ce fut le Roi Dagobert, au début du VIIème siècle, qui créa le premier monastère pour fabriquer la cervoise. La bière des moines était créée !
Il semblerait aussi que ce fut Pépin le Bref, qui offrit à l’abbaye de Saint-Denis, en l’en 768, des houblonnières.    Son fils Charlemagne a par la suite entrepris de promouvoir la boisson. Il réunit les brasseurs en corporation et crée une charte pour régir la fabrication de la bière :
  • L’art du brassage est confié aux moines.
  • Un corps d’inspecteurs itinérants, chargés de parcourir le royaume afin de veiller à sa qualité, est mis en place
  • Des moulins pour le concassage du malt voient le jour
  • Dans l’un de ses capitulaires (édit royal), il exige : « chaque métairie royale, chaque monastère doit posséder une brasserie ».    Les moines, paysans et artisans produisaient, surtout dans le nord de l’Europe, des bières qui réconfortaient pèlerins et voyageurs de passage dans les monastères et les abbayes...."
  • _______     L'antique cervoise ne fut pas seulement une affaire d'hommes. Les Romains donnèrent à la divine boisson le nom de cervoise, de Céres, déesse des moissons, et les Gaulois inventèrent le tonneau en bois, qui permit la conservation et le transport.   Ainsi commença une aventure, qui subit de continuelles transformations et améliorations.
  •                                   ____________________________________

mercredi 27 mai 2020

Demain...

Un nouveau monde?
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Bêtise managériale

Il y a management et management...
                                                         Il n'y a pas si longtemps que l'on parle de management,  mot emprunté aux pratiques anglo-saxonnes, qui dérive lui-même d'un vieux mot français, issu du mot main.    Il y a bien des façons de prendre les hommes en main. Ici, dans leurs tâches productives. L'idée était là avant le mot, dès les premières formes d'organisation industrielle, puis s'est étendu à d'autres champs d'activité, tertiaires notamment.
       La notion de management a connu bien des aléas et des variations jusqu'à devenir aujourd'hui un terme à la mode, parfois abusivement utilisé, souvent miroir aux alouettes. Si la direction des hommes s'est toujours imposée, parfois de manière rigide et très hiérarchique, elle tend à prendre aujourd'hui un sens généralisé, attractif, un peu enchanté, recouvrant une pratique devenue souvent insidieusement anxiogène, où l'individu tend à s'impliquer pleinement dans ses tâches en pensant se réaliser dans un système qui le dépasse et le contraint intérieurement.
     Nous avons hérité du nouvel esprit du capitalisme anglo-saxon, qui a introduit un peu partout, même dans les hôpitaux les méthodes de nouvelles formes d'organisation et d'évaluation, qui ont leur logique propre dans le système, celles du new public management.
    La standardisation des tâches et les nouvelles exigences de rentabilité, dans un système de production mondialisé, à produit ce que certains appellent les petits soldats du nouveau management:
     ...Ils s'appellent Bernard, Philippe, Céline, Eric ou Laurence. Leur mission ? Implanter dans un hôpital un progiciel à destination du personnel soignant supposé saisir à l'intérieur chaque acte effectué, développer le self-scanning dans un hypermarché pour éviter les gestes inutiles, envoyer à des chefs de service des lettres d'objectif et des tableaux de bord... Dans des cabinets de conseil et d'audit, ils élaborent des dispositifs standardisés pour améliorer la rentabilité des grandes entreprises privées comme des institutions publiques.
    Le lean management (le management «sans gras») qui vise à supprimer les temps morts et les tâches superfétatoires, c'est eux. Le benchmarking qui repose sur des indicateurs de performance permettant de classer les établissements et les services et de déterminer les budgets affectés à chacun, encore eux. Ces acteurs de l'ombre sont au cœur de l'ouvrage de la sociologue Marie-Anne Dujarier. Le Management désincarné réalise en effet une surprenante plongée dans les lieux où se fabriquent les prescriptions qui s'imposent aujourd'hui aux cadres d'entreprise comme aux employés administratifs, aux médecins comme aux infirmiers, aux informaticiens comme aux universitaires, aux policiers comme aux assistantes sociales. Il braque le projecteur sur la main invisible de ceux qui œuvrent, dans de lointains bureaux, à la propagation d'outils de gestion qui rythment le quotidien de nombreux salariés, sans épargner les dirigeants de proximité chargés de les faire appliquer....
       De nouvelles règles qui, sous prétexte d'efficacité, sont souvent sources de tensions, de concurrence exacerbée, de perte de temps, de stratégies absurdes  et contre performantes...
   Quand l'efficacité devient une fin en soi, c'est la qualité du travail ainsi que ses résultats, les relations dans le travail qui en souffrent. Beaucoup de formes de souffrance au travail en sont issues.
    Le lean management s'installe même au coeur de certains services publics, masquant les objectifs économiques sous-jacents.


                                  ______L'hôpital n'a pas échappé à cette tendance pour une grande partie de ses tâches, de plus en plus victime d'une dérive déjà dénoncée par Molière autrefois et par Grimaldi aujourd'hui, dans le domaine qu'il connaît bien, qui s'est engouffré dans une gestion étroite et purement comptable, dont nous payons le prix aujourd'hui. 
   Le bon sens hospitalier, oui, mais pas à en devenir technocratique et oublieux des approches humaines en même temps que sanitaires.
   Des économies oui, mais pas à tout prix, le lean managemnt peut-être générateur d'aberrations et la perte de sens n'est pas loin...
     Remettre le patient au centre du système: du simple bons sens..en évitant le souffrance au travail issue d'un gestion devenue parfois absurde.
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mardi 26 mai 2020

Le Messie et ses miracles

Alleluia! Le Messie est parmi nous
                                            Mais si! Il nous sauvera du mal. Il nous protège de la peste du jour, du coronamachintruc.
   Pas la peine de paniquer, de se protéger. Les remèdes sont là. Il y a la chloroquine  et surtout la foi en Jésus. Foi de Donald! lui même élu du Seigneur. Et l'Amérique d'abord...
  On est prié de rester sérieux. On parle du plus grand Président of the World. Il est hors-critique. Pas mégalo pour deux sous, comme son copain Bolsonaro. Même Hamlet n'y aurait pas pensé. Ni le père Ubu.

    Comment le Trés-Haut pourrait-il lâcher un des siens, le meilleur? Le tempête menace, mais la Trump's Troll Army est là, qui veille au grain.
    Car, comme Dieu a choisi Abraham, il a choisi Donald, pour diffuser sa parole et sa volonté. Indeed!
  Il est l'élu attendu, comme le Messie, celui qui fait des miracles tous les jours de sa présidence.
    C'est confirmé. Amen.
           Un peu comme le Dalai Lama ou l'ex-empereur du Japon, Trump est quasiment le représentant de Dieu sur terre. ou en tous cas son meilleur prophète.

  Ce n'est pas moi qui le dit, mais Donald  himself ou certains de ses représentants.
   Tout ce qu'il dit est de l'ordre de la Révélation. Tout ce qu'il fait est directement inspiré par le Saint-esprit. Il a avec le Trés-Haut une ligne directe, pas seulement avec le prince du Kremlin.
  Quels que soient les domaines. Sa destinée était écrite pour faire l'Amérique great again.
   On s'en serait douté.

  Dieu a un plan pour l'Amérique à travers la personne de Donald. Cela ne fait pas de doute.
   Trump et Dieu sont deux grands  complices.
      (On est prié de garder son sérieux.)

    Certes, le locataire de la Maison Blanche s'inscrit  dans une déjà longue tradition, qu'il ne fait que  se renforcer. IL n'est pas le premier à s'insérer dans une destinée singulière depuis les Pères fondateurs.
    La Destinée manifeste, c'est le fond de la logique de l'histoire américaine. où presque tous les présidents étaient chrétiens, prêtant serment sur la bible.
       Il y a peu, Bush se disait born again.
  Obama et Clinton étaient un peu plus discrets. Aujourd'hui, les fous de Dieu ont pignon sur rue.
     Tant qu'il y aura une bible et un fusil...
                                                  _________________________

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lundi 25 mai 2020

Corona-répressions

Et régression
                        Dans certains pays, on profite de la crise pour faire le ménage, rétablir "l"ordre"
Pour faire taire une opposition légitime, rien de mieux que la période de confinement et l'interdiction de manifester.
      En Algérie notamment, "...la pandémie est du pain béni  pour le pouvoir en place qui bénéficie d'une chance insolente. La période de confinement se prête à l'acharnement policier et judiciaire", abonde Karima Direche, historienne spécialiste du Maghreb. "Ce qui explique les dizaines d'arrestations de personnes connues et inconnues dans toutes les villes d'Algérie", remarque-t-elle. "Les détentions et les jugements prouvent encore une fois que le pouvoir judiciaire est totalement inféodé à l'exécutif."

        A Hong Kong aussi où l'occasion était trop belle pour juguler le mouvement de contestation et couper court à toute ouverture.
      "...La Chine profite de l’opportunité du coronavirus, selon Claudia Mo, élue pan-démocrate au parlement. Selon elle, "Pékin sait pertinemment qu’on ne peut actuellement pas descendre dans la rue pour faire du bruit. Pas de risque de manifestation d'un million de personnes", a-t-elle confié à la RTS.
     L’objectif du gouvernement central est clair: reprendre le dessus alors que l’ancienne colonie britannique se prépare à renouveler son parlement cet automne. Cette échéance électorale est celle de tous les dangers pour Pékin. Lors des dernières élections locales, un processus de nomination de chefs de quartiers sans réels pouvoirs politiques, le camp pro-démocratique avait raflé 90% des sièges à pourvoir. Une gifle inquiétante pour la Chine dans le sillage des manifestations des mois précédents. Elle redoute désormais que les partis pro-Pékin, actuellement majoritaires au parlement, puissent perdre de leur influence lors du scrutin de cet automne...."
       D'une façon générale, la crise est l'occasion pour certains régimes forts de renforcer leur pouvoir autoritaire, comme en Hongrie et en Israël, où les coudées deviennent plus franches pour l'annexion prévue d'une partie de la Cisjordanie.
     Une heureuse période, en quelque sorte, pour les régimes pour qui la démocratie est le moindre de leurs soucis...
  Jouer sur la peur et la sidération, profiter de l'immobilisation des oppositions, de la quasi-paralysie des institutions, voilà un parfait exemple de machiavélisme d'Etat.
     La peur peut être le début de la servitude. Mais les retours de flamme pourraient être violents quand le réveil aura lieu...La braise est toujours ardente sous les apparences d'un feu maîtrisé.
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dimanche 24 mai 2020

Philantrocapitalisme

Une bonne crise pour eux...
                                        Jackpot!  La crise que nous vivons, dont nous ne prévoyons pas toutes les retombées, ne fait pas que des malheureux, voire parfois des miséreux, surtout quand aucune assistance sociale ne se met en place pour au moins assurer un minimum de survie. Pas seulement en Inde, mais aussi dans nos cités, où, dans le meilleur des cas ils sont sous perfusion grâce à l'aide alimentaire de tous bords. Bouée de sauvetage qui met en évidence la précarité, parfois extrême qui affectait certaines populations.

     Mais si certains soufrent, comme certaines entreprises, certains font de juteuses affaires, parfois tout en jouant la corde humanitaire, comme c'est une tradition aux USA, où le service public de la santé est défaillant , cher et profondément inégalitaire, où l'assistance sociale est nulle ou faible, où chacun est jugé responsable de sa pauvreté.. Les Gafas, déjà devenues des puissances démesurées, des états dans l'Etat, comme Amazon, Google ou FB ont encore fait plus de profit dans les mois passés.
     Amazon, par exemple, malgré ses difficulté en France, "... a vu ses ventes progresser de 28% au premier trimestre, et l'entreprise a dû embaucher 170.000 personnes en deux mois et les réseaux sociaux de Facebook ont été deux fois plus utilisés qu'auparavant. Pour les Gafam, le confinement est une situation idéale parce qu'elle augmente les besoins de leurs produits et services. Il y a d'ailleurs toutes chances pour que, même après l'épidémie, une partie de cette croissance soit préservée, parce que les habitudes auront changé...."
    Parmi les milliardaires au grand coeur, certains un perdu quelques millions (une paille), comme Bernard Arnaud, mais la plupart ont maintenant de quoi vois venir, plus forts encore face au pouvoir des Etats, dont certains ne font pas le poids ou renoncent.
    De 1979 à 2007, la richesse des 1% des Américains fortunés s'est accrue de 281%.
        -Ils rivalisent de générosité, à la recherche de nouveaux symboles de prestige. Les "multinationales de la bonté", qui prennent d'un côté pour donner de l'autre, ne manquent pas d'étonner les grandes fortunes françaises, qui lâchent moins facilement leurs millions...
     -Comme s'ils avaient mauvaise conscience, ou peur des colères montantes, face à la pauvreté croissante de larges couches de la population et aux inégalités montantes, à la faveur d'une crise générée par les nababs de Wall Street et à leurs alliés, ils cachent pour un temps leur cynisme (
« La lutte des des classes a repris aux Etats-Unis et ce sont les gens dans mon genre qui sont en train de la gagner, disait naguère W.Buffet) en se sentant sans doute en contradiction avec certaines valeurs affichées ("La voracité d’une poignée de carnassiers mine l’évangile de la richesse pour tous, arc-boutant du rêve américain." (E.Dior))   -Parmi les plus riches que riches, les "barons pillards" du Richistan, c'est à qui donnera le plus dans les fondations humanitaires ou culturelles. Ils veulent "sauver le monde", quand ils ont contribué souvent à le détruire par leurs activités prédatrices...
___Le Charity business n'est pas nouveau Outre-Atlantique, mais il connaît, notamment avec W.Buffer et Bill Gates, une surenchère étonnante. Phénomène opportuniste?
    "Faire payer les riches" est un slogan qu'ils s'appliquent à eux-mêmes. Il faut dire que les fortunes arrivent à des hauteurs tellement stratosphériques que le sacrifice d'une partie, même importante, de leur fortune, laisse encore une grande marge de réserves pour vivre plus qu'aisément... Par exemple, "le niveau phénoménal des sommes mobilisées par Bill Gates. Quelques points de comparaison ? Le PNB du Mali : 9 milliards de dollars, Celui de Madagascar, 8,5 milliards. Haïti, 6,5. Le Laos, 5,5…. Bill Gates, sa fondation : 100 milliards. Les dons annuels de la Fondation sont plus élevés que le budget de l’Organisation mondiale de la Santé. Et quand les amis de Bill Gates répondent à son appel, cela donne Warren Buffet et 37 milliards de dollars ! Soit 40% du Viet-nam ou du Maroc !.."
 ___Une "philanthropie" qui s'inscrit dans une longue tradition. C'est une vieille histoire américaine (1/3)_-(2/3) -(3/3)
                Le "rêve américain" se poursuit sous d'autres formes, avec d'autres moyens...



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samedi 23 mai 2020

La dureté des temps

N'exclut pas la tendresse

Revers de la médaille

Une médaille pour les infirmières?
                                        C'est promis. Leur dévouement exceptionnel mérite bien cette distinction.           Pas seulement les applaudissements du public au balcon.
 Mais ce n'est pas cela qui les intéresse. Elles ne veulent pas passer pour de veilles combattantes, soulignant avec justesse que ce ne fut pas une guerre et qu'elles  ne furent pas les seules en première ligne. Tout le monde fut en action et joua un rôle essentiel, jusqu'au brancardier et à la dame de salle. Ce fut, et c'est toujours, une longue chaîne de solidarité. Ça continue...
    Elles refusent donc. De la reconnaissance certes, mais ni distinction, particulière. ni décoration.   Des crédits pour l''hôpital et des salaires décents, voilà leur demande. Cela fait si longtemps qu'elles travaillent dans une institution malade, qui les rend de plus incapables de remplir avec professionnalisme et humanité leur métier. Tant pis si le patron se vexe.
          Comme dit mon copain Cabanel:
                "...Il faut reconnaitre ici que la réaction du personnel soignant est plus que légitime quand l’on songe à ce que ce gouvernement lui a fait subir, l’envoyant au front du coronavirus, le plus souvent sans protection...    On a même pu voir des soignants remplaçant les vêtements de protection par des sacs poubelles.   C’est ce qui s’est effectivement passé par exemple à Montélimar, (et ailleurs) au mois de mars dernier, ou infirmières et aides à domicile, lassées d’attendre leurs sur-blouses, lunettes de protections et leurs masques, ont décidé de se rabattre sur des sacs poubelles pour tenter de se protéger. lien
Ajoutons que la promesse du versement d’une prime, faite fin mars, (lien) n’a finalement été effective que quasi 2 mois après, ce qui manque singulièrement de sérieux, d’autant que les concernés ne veulent pas de charité, mais d’une véritable revalorisation de leurs salaires, promise, mais toujours pas actée.    La CARMF (Caisse de Retraite des Médecins Libéraux) a dénombré à la fin avril, une vingtaine de décès parmi ses cotisants ou ses bénéficiaires, mais le chiffre doit être autrement plus important, car l’administration refuse de divulguer le décompte officiel, ce qui a provoqué la juste indignation du Docteur Philippe Vermesch lequel a déclaré : « le gouvernement s’est refusé à tenir une comptabilisation des professionnels de santé libéraux contaminés par le Covid-19 au contact des patients, puis décédés des suites de cette contamination. Le faire aurait été l’aveu public du grand mensonge d’Etat sur les masques, et d’une manière plus générale, les équipements de protection personnelle mis à leur disposition ». lien      Il apparait clairement que les autorités ne veulent pas de décompte des contaminations des personnels soignants.       D’ailleurs, Jérôme Salomon, se dit « mal à l’aise  » sur le sujet, justifiant que « des professionnels de santé (...) ne souhaitent pas que l’on tienne un décompte, un peu macabre, du nombre d’infirmières, d’aides-soignants, de médecins qui sont infectés  ».     Sur quoi base-t-il pareille affirmation ?     Et puis, SPF (Santé Publique France) assure que ce recensement n’est pas accessible à tous...    Un travail de recherche serait en cours...lien     Précisons que la colère du personnel hospitalier est d’autant plus justifiée que le versement de la prime est à vitesses : dans 60 départements, cette prime n’a été que de 500 €, alors que tous les fonctionnaires de l’Etat ou de la fonction publique recevront 1000 €, et que les soignants du privé ou du domaine libéral pourront se serrer la ceinture. lien
Et quid des petites mains, éboueurs, caissiers/ères de supermarché, routiers et livreurs en tout genre ?...Ils ont eux aussi risqué leur vie mais aucune médaille, aucune prime, ni augmentation de salaire n’est prévue à ce jour pour les remercier.    Cette colère du monde de la santé a été particulièrement visible récemment, lorsque Macron, s’invitant, sans prévenir, à la Salpêtrière, en a entendu des vertes et des pas mures.      Devant la médiocre défense présidentielle, qui s’est réfugié derrière des décisions collectives : « On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée », a-t-il commencé, et s’est vu très vite rabroué par les infirmiers-ères présents.
La rencontre a fatalement été assez agitée.    Une infirmière : « on veut du flouze, du pèze de la fraîche, on veut de l’argent »...lien   « Quand vous pourrez payer votre loyer avec une médaille, vous nous préviendrez. Et les soignants ne sont pas des militaires, la différence est pourtant évidente ». lien   Une autre enchaîne : « avant le Covid, on était désespérées depuis des années. C’est gentil la prime, on la prendra quand même, mais ce qu’on veut, c’est la revalorisation de nos salaires.   Une autre ajoute :    Sur chaque promesse, vous nous rajoutez des conditions, on ne croit plus en vous (...) il a fallu le Covid pour que vous réagissiez, ce n’est quand même pas normal (...) on est la honte de l’Europe. On n’a pas de matériel »... « Ce n’est pas vrai  » avait rétorqué Macron, tentant maladroitement de se défendre, ajoutant : « je n’ai jamais fait de promesses », assurant vouloir « mettre fin » à la « paupérisation  » des personnels soignants, admettant « sans doute » une « erreur » dans la réforme du système de santé engagée il y a 2 ans (lien), déclenchant la colère de 2 infirmières : « nos salaires, on n’y voit pas la différence (...) on est en France, on n’a pas de matériel, pourquoi on travaille avec un masque périmé depuis mars alors qu’on est en mai ! »...vidéo   Hélas, il semble que la censure existe encore dans notre beau pays, puisque la vidéo intégrale de cet échange musclé a disparu des réseaux sociaux, et il n’en reste plus que des lambeaux.    Il faut préciser que le salaire des infirmiers/ères français est l’un des plus bas, la France occupant la 26ème place sur 29.
   Ajoutons pour la bonne bouche que l’âge de leur retraite a été repoussé de 7 ans, en échange d’une modeste augmentation de 150 € par mois, alors qu’une infirmière vit en moyenne 6 ans de moins qu’une femme française. lien   Pour terminer sur le sujet, il serait dommage de ne pas évoquer la courageuse action du personnel soignant de nos voisins Belges, en écho à la « prise de bec » de la Salpêtrière.   En effet, nos voisins outre-Quiévrain ont accueilli leur gouvernement, venu les visiter avec tambour et fanfare, d’une étrange manière.    Lorsque le convoi des limousines s’est engouffré dans l’allée qui mène à l’entrée de l’hôpital, la haie d’honneur d’infirmières et infirmiers qui se trouvaient sur le passage a fait volte-face en tournant délibérément le dos aux ministres et consorts, formant une glaciale haie de déshonneur. vidéo       Nul doute, l’état sera chaud... (Merci à Cabanel)
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vendredi 22 mai 2020

C'est ben vrai ça!..


Berlin, l'UE et Karlsruhe


L'Allemagne inquiète...puis rassure. Pour un temps.
                                   Les mouvements anti-confinements et anti-restictions se répètent, la droite se divise, l'extrême-droite tente de jouer sa partition, la chancelière était réticente à toute aide partagée en ces périodes d'exception et de menaces économiques qui s'annoncent, mettant en péril les économies européennes et le fragile édifice de ce qui n'est pas encore une unité politique, mais un libre marché sous le règne d'un euro fragilisé.
    Après une phase de dé-solidarité renforcée à propos des coronabonds,  il semblerait qu'on assiste à un nouveau départ, une certaine prise de conscience berlinoise de l'urgence de l'union renforcée et de l'aide mutuelle, même si elle n'est pas à la hauteur des enjeux, même si l'aval de tous les pays n'est pas encore acquis.

 « Nous devons agir en Européens pour que l’Europe sorte renforcée par cette crise », a avancé Angela Merkel pour justifier le glissement de la position allemande. Voilà un ton nouveau, qui contraste avec les rigidités précédentes, l'orthodoxie économique imposée, l'ordolibéralisme officiel, les avis de Karlsruhe. Le renforcement européen dont elle parle est en fait un égoïsme bien compris. Que seraient la surproduction allemande sans débouchés assurés, sans partenaires solvables
     L'ancien chancelier E. Schmidt  parlait "... d’une Allemagne dont la puissance économique inquiète les autres Européens. Or, cette puissance, souligna-t-il, n’aurait pas été possible sans le plan Marshall, sans la communauté européenne, sans l’OTAN, « sans l’aide de nos voisins ni sans l’effondrement du bloc de l’Est ». Cette « solidarité reçue », l’Allemagne en était donc redevable, lorsque à leur tour, ses « voisins » frapperaient à la porte de la solidarité.  Ce chancelier qui, par dérision, conseillait aux hommes politiques se vantant d’avoir une vision d’aller voir un médecin, pouvait évidemment se montrer visionnaire lui-même : l’Allemagne, résuma-t-il ce jour-là, « a besoin de l’intégration européenne  ne serait-ce que pour nous protéger de nous-mêmes ».
    L’arrêt de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe contestant la prééminence du droit de l’Union, le 5 mai, semble avoir servi de choc, en favorisant un repositionnement européen de la chancelière.
Au milieu des turbulences et des oppositions  ouvertes ou masquées, rien n'est encore joué, quand la menace plane sur la monnaie unique, dans la montée des pulsions souverainistes ou de retrait d'un certain muticulturalisme.
     Merkel reprend à son compte, contre Karlsruhe, les paroles J. Delors:  "Il faut une union politique, une union monétaire ne suffira pas. " C'est un peur tard, mais dans l'urgence, il est plutôt rassurant que la chancelière s'engage vers plus de solidarité, d'union concertée, même si le fédéralisme est encore de l'ordre de la chimère. Mais le temps presse et les défis à court terme sont gigantesques .. L'ordolibéralisme d'outre-Rhin risque de poursuivre encore longtemps.son cours
                 ____".....Sur le plan juridique (tout d’abord), dans la mesure où la Cour allemande se dresse contre la Cour de justice de l’Union, qui avait jugé légal, en 2018, le «quantitative easing» de la Banque centrale européenne, l’arrêt pose la question de la primauté du droit communautaire sur les droits nationaux. Le principe de primauté est ancien, il a été posé par la Cour de justice de l’UE dans un célèbre arrêt de 1964, Costa c/Enel. Sans doute les États membres ne se rendaient-ils pas compte à l’époque de la portée de cette jurisprudence car aucun n’a protesté. Mais cette portée est immense.
    La CJUE écrit notamment qu’«à la différence des traités internationaux ordinaires, le traité CEE a institué un ordre juridique propre intégré au système juridique des États membres». Elle énonce ensuite que l’engagement européen des États entraîne pour eux «une limitation définitive de leurs droits souverains contre laquelle ne saurait prévaloir un acte unilatéral ultérieur». En somme, la Cour sort le droit communautaire de la catégorie «droit international» et invente un ordre juridique nouveau, intégré aux ordres juridiques nationaux. Elle le place au sommet de leur hiérarchie des normes et affirme qu’aucun acte de droit interne - même ultérieur - ne doit le contredire. Ce faisant, elle fait du droit communautaire une sorte de droit «quasi constitutionnel». Les juristes parlent d’ailleurs de «constitutionalisation des traités européens».
   Il est important de connaître la genèse de la primauté du droit communautaire et de savoir que c’est la Cour de Luxembourg qui en posé le principe. À vrai dire, lorsqu’on nous a fait voter sur le projet de Traité constitutionnel européen (TCE) en 2005, la «quasi-constitution» était déjà là. Cela dit, le principe de primauté ne vaut que si les juridictions nationales y consentent. C’est-à-dire si elles acceptent, lorsqu’elles jugent de quelque chose, de l’appliquer strictement. En France, ça a pris du temps. La Cour de cassation ne s’y est mise qu’en 1975 (avec l’arrêt société des cafés Jacques Vabre), et le Conseil d’État en 1989 (arrêt Nicolo).
     Puisqu’on parle du TCE, il faut maintenant parler de son clone, le traité de Lisbonne, et de la manière dont il a été reçu en Allemagne. Sa réception éclaire en effet beaucoup l’arrêt du 5 mai. Même s’il y a un raidissement évident aujourd’hui, la Cour de Karlsruhe avait déjà exprimé que la primauté du droit communautaire n’était pas absolue pour elle. En 2009, les juges de Karlsruhe étudient le traité de Lisbonne pour vérifier sa compatibilité avec la loi fondamentale allemande. Ils rendent alors un arrêt magistral, l’arrêt «Lisbonne», sorte de longue réflexion philosophique sur ce que sont un peuple, un État, sur ce qu’est la souveraineté. Ils rappellent que même si elle en a certaines caractéristiques, l’UE n’est pas un État fédéral mais une organisation internationale. Ils insistent sur le fait qu’il n’existe aucun peuple européen comme source de légitimité, et préviennent que la fédéralisation ne peut pas se faire «en douce» mais qu’un «saut fédéral» ne peut intervenir qu’à la suite d’une décision explicite du peuple allemand de s’autodissoudre dans plus grand.
     Concernant la primauté du droit communautaire, qu’une annexe au traité de Lisbonne prévoit de consacrer, la Cour de Karlsruhe prévient que «la République fédérale d’Allemagne ne reconnaît pas une primauté absolue d’application du droit de l’Union» et que cette primauté s’arrête là où commence «l’identité constitutionnelle» des États. Elle se réserve donc le droit d’écarter parfois l’application du droit européen («il n’est pas contradictoire avec l’objectif d’ouverture à l’égard du droit européen, c’est-à-dire à la participation de la République fédérale d’Allemagne dans la réalisation d’une Europe unie (...) qu’à titre exceptionnel et sous certaines conditions strictes, la Cour constitutionnelle fédérale puisse déclarer inapplicable le droit de l’Union européenne en Allemagne») et de s’opposer s’il le faut à la CJUE ( «La Cour constitutionnelle fédérale ne peut, toutefois, reconnaître le caractère définitif des décisions de la Cour de justice «qu’en principe».» ).
      Oui, et c’est ce qu’elle a fait le 5 mai en estimant que la jurisprudence de la CJUE sur l’action de la BCE ne la liait pas. Indépendamment du contenu de ce jugement et des mots très durs qu’il contient (les juges allemands qualifient l’arrêt de la CJUE d’«incompréhensible» et d’ «arbitraire», ce qui est d’une violence rarissime), il faut donc replacer ce conflit de légitimité dans le contexte de cette «guerre du dernier mot» entre juridictions qu’a longuement étudiée Alain SupiotCar ce sont bien deux légitimités qui s’affrontent. Celle du Tribunal constitutionnel allemand d’une part, né des dispositions de la loi fondamentale allemande qui le créent et fixent ses attributions. Celle de la CJUE d’autre part, qui s’est en quelque sorte arrogée sa propre compétence de surplomb, puisque c’est elle-même qui a décidé de la primauté du droit européen et que, ce faisant, elle s’est auto-instituée - par une simple jurisprudence - en Cour suprême...."(Coralie Delame Figarovox)
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