Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 14 janvier 2020

Feu la forêt?

Disparition programmée?
                                       Ce ne sont pas les feux de forêts en tant que tels et réguliers qui commencent à donner du souci. Il ont toujours existé.
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    C'est leur répétition à grande échelle, leur intensité, leur durée, leur fréquence et leur extension progressive à tous les continents. Même la Sibérie n'est pas épargnée par ce phénomène qui interrogent les spécialistes eux-mêmes.
   Une répétition, voire une généralisation de ce phénomène, effet assuré du réchauffement global de la planète, c'est ce à quoi s'attendent les plus pessimistes (ou les plus lucides?) qui voient dans le global warming la cause essentielle de la multiplication des méga-feux qui semblent bien s'emballer depuis quelques années.
   L'extension de tels feux, devenus vite immaîtrisables à de quoi susciter la crainte, voire la terreur pour les premiers concernés.
   Les relations de l'homme avec le feu ont depuis l'origine été ambigüs. Avant d'être maîtrisé et ]domestiqué, il fut redouté. A la fois destructeur, mais aussi purificateur, transformateur et auxiliaire à bien des égards, il devint une force productive depuis les sociétés industrielles débutantes où l'on découvrit sa puissance motrice (Carnot)
   Il a depuis longtemps des connotations symboliques très fortes, dans les sociétés païennes et chrétiennes, vénéré ou redouté. L'enfer est encore le terme utilisé pour désigner le feu de grande ampleur. Quel tourment et châtiment supérieur que celui d'être la proie des flammes? Mourir à petit feu est passé dans nos expressions familières.
   La mythologie grecque et les proto-philosophes, dans leur chimie élémentaire, faisaient du feu un des éléments fondamentaux de l'univers, comme la terre, l'eau et l'air.
           La culture sur brûlis, fertilisant les sols pour un temps est une vieille pratique, dont on ne connaissait pas les conséquences parfois durablement néfastes, même si savait faire la part du feu.
Les mégafeux d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les feux accidentels d'autrefois. Même les canadairs y montrent leur impuissance et les hommes leurs limites. Les embrasements immenses et auto-entretenus sur de larges fronts sont des défis nouveaux et redoutables, comme on a pu le voir en Sibérie, au Portugal, en Grèce, en Californie, notamment dans un Paradise infernal. Des scènes de guerre totale, comme on a pu les voir notamment à Dresde, dans un autre contexte.
   L' embrasement prend alors des proportions gigantesques. Malgré les dénis de Bolsonaro, les feux changent de nature et d'ampleur en Amazonie, quoi qu'en pense Amazon. On peut craindre le pire pour l'avenir. Près de 20% de la forêt amazonienne a déjà disparu en cinquante ans, pour des raisons qui ne tiennent pas toutes aux feux.
   Si l'Australie doit survivre, il est urgent qu'elle prenne des mesures rapides et draconiennes. Les animaux ne sont les seuls en péril. Jusqu'à la prochaine pluie, le "monstre" a encore de quoi s'alimenter.
   L'attentisme et le doute n'ont plus leur place.
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      ...Le premier feu de l’histoire se serait consumé il y a environ 420 millions d’années, assure le géologue Andrew C. Scott qui étudie l’histoire du charbon depuis quarante ans. Cependant précise-t-il dans son livre Burning Fire, la végétation était rare à cette époque et les incendies ne devaient donc pas être très importants. Les grands feux de forêt dateraient d’il y a 350 millions d’années. Du charbon retrouvé en Irlande laisse à penser que les flammes auraient alors ravagé une surface équivalente à celle des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg réunis
     C’est lors de l’ère du Permien, il y a 250 à 300 millions d’années, que le feu a vraiment pris ses aises, assure Scott. L’étude de couches de charbon datant de cette époque en Sibérie et en Antarctique montre que les incendies étaient alors particulièrement fréquents et intenses, plus qu’aujourd’hui. Le feu a peut-être même alors joué un rôle dans la plus importante extinction de masse de l’histoire de la Terre95 % des espèces vivantes ont disparu à la fin du Permien.
     Les causes de cette catastrophe font encore débat. Mais il semblerait que la Terre se soit brutalement réchauffée. Scott souligne qu’il n’est pas possible de savoir si les méga incendies survenus à cette époque sont la conséquence ou une des causes de ces bouleversements. Mais il suppose que de gigantesques feux auraient recouvert de cendre de grandes surfaces enneigées ou glacées. Ces étendues blanches qui renvoyaient les rayons solaires, une fois noircies, se sont mises à les absorber et donc à fondre, conduisant peu à peu au réchauffement de la Terre.Pour le feu lui-même, l’extinction de la fin du Permien a changé la donne : la baisse du niveau d’oxygène dans l’atmosphère et le peu de flore survivante ne lui a plus permis des s’embraser aussi puissamment qu’avant....
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