Ça aurait pu... et ça pourrait En 2007, les dés étaient jetés. Sous la houlette libérale de Bruxelles, la gestion de Edf basculait dans le monde de la privatisation. L'entreprise publique commençait à être taillée en pièces, au grand dam de Marcel Boiteux. A Barcelone, les 15 et 16 mars 2002, le conseil européen, auquel participent le président Jacques Chirac et son Premier ministre Lionel Jospin, entérine la libéralisation de la distribution du gaz et de l’électricité en Europe. Dès lors, le changement de statut d'EDF devient un objectif politique pour le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, après la réélection de Jacques Chirac à la présidence en 2002. « Un sujet socialement explosif, depuis que le gouvernement, par la voie du ministre de l’économie de l’époque, Nicolas Sarkozy, annonce l’ouverture du capital d’EDF, ses salariés ne cessent de donner de la voix » explique le reportage placé en tête d'article, diffusé le 24 octobre 2005 sur France 2. « Malgré des actions spectaculaires, et des coupures d’électricité... EDF devient une société anonyme [par la loi du 9 août 2004, NDLR], première étape d’une ouverture de capital annoncée aujourd’hui [le 24 octobre 2005,NDLR]/// »
On parlait pudiquement à l'époque d'ouverture du capital. Une privatisation en trompe l'oeil, qui amena des situations presque ubuesques, parfois peu compréhensibles. Avec l’intention de « relancer les investissements dans la filière hydroélectrique » et de mettre fin à au contentieux avec la Commission européenne, le Sénat s’apprête à adopter une proposition de loi qui laisserait à l’État la propriété des barrages pour une durée de 70 ans. En contrepartie, Électricité de France (EDF) devra mettre à disposition des entreprises purement privées au moins 40 % des capacités de production. Au nom du dogme de la « concurrence », cette solution sera très défavorable aux consommateurs, avec un prix de marché complètement déconnecté du coût réel. Le droit européen permet pourtant une autre solution, avec une exploitation des barrages en « quasi-régie » par une véritable entreprise publique, alors qu’EDF relève désormais du droit commercial..." Aujourd'hui, quels succès va remporter l'équipe de France de l'électrification? ______________
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