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mercredi 15 juin 2016

Barbaries

L'inhumain au programme
                                         Les jeunes philosophes qui planchent aujourd'hui auront peut-être à se pencher sur un de ces sujets, qui revient périodiquement, sous une forme ou sous une autre, jamais démodé:
   L'homme peut-il être inhumain?
         En ces temps où les nouvelles d'horreurs plus grandes les unes que les autres nous accablent tous les jours, tandis que d'autres plus importantes encore sont oubliées ou refoulées, ou restent lointaines et  abstraites, la question est d'importance, quoique apparemment paradoxale.
    C'est qu'il y a humanité et humanité. L'humanité comme fait naturel et culturel et l'humanité comme valeur morale. On imagine mal un dompteur en danger dire au  tigre en appétit: sois un tigre!. L'animal ne peut-être que ce qu'il est. Génétiquement programmé. Nulle conscience morale ne peut le ramener à des devoirs.
         Mais être une homme... c'est un équilibre difficile et précaire.  une tâche toujours recommencée.
    L'humanité n'est qu'en puissance, toujours seulement partiellement réalisée, parfois en régression.
     On a pu parler à son sujet de vernis d'humanité, de fragilité éducative et culturelle, qui peut se craqueler ou sauter, sans vigilance responsable, individuelle et collective. 
     L'hybris nous menace toujours, l'inhumain nous guette, la folie meurtrière peut vite nous contaminer.
            Ose penser par toi-même, disait Kant
                   Ose être un homme, nous suggère A.Kahn, Les dérives sont toujours possibles et  Il n'y a pas plus humain comme comportement que l'inhumanité
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mercredi 27 novembre 2024

Somnambulisme?

 A l'Est, rien de nouveau...

   Pour paraphraser le titre d'un livre bien connu.   


                                                                            D'inquiétants bruits de bottes continuent à se faire entendre du côté de l'Ukraine. Ou plutôt ceux de missiles d'un nouveau genre entrant en action à distance. Jusqu'où? La situation est périlleuse pour toute l'Europe, qui risque bien d'être entrainée dans un enclenchement incontrôlé de réactions irrationnelles. Le jeu des alliances porte en lui-même ce risque géopolitique, comme certains le redoutaient déjà depuis le temps que dure cette sale guerre, qui a déjà fait trop de victimes et produits tant de malheurs. La guerre on sait comment ça commence, mais...Soit des heures sombres nous attendent, soit nous allons vers une résolution rapide et pacifique d'un processus mortifère, peut-être cataclysmique... Un peu comme au début de la guerre de 14, où les puissances engagées et le jeu des alliances allaient engendrer le pire, comme des somnambules...Le début de la fin des combats n'étant pas exclu. Mais par quelle médiation, étant donné le jeu des intérêts croisés et les enjeux souterrains? Mas comment le savoir, dans un processus aussi irrationnel? Qui pourrait dire  que l'escalade fatale n'aura pas lieu.

La question de la guerre revient...

            De manière lancinante, réactualisée. Elle l'a jamais quitté notre horizon à vrai dire, même si on a fini par oublier  la violence armée à nos portes. Même si la rhétorique de guerre reste d'actualité. Même si les déchirements meurtriers, notamment dans les Balkans, ne sont pas si loin et que des braises couvent encore, comme au Kosovo.   Si elle n'est plus le moyen classique de régler les conflits, de redessiner les frontières, comme ce fut le cas en Europe pendant si longtemps, si elle devient plus insupportable pour nos esprits euphorisés par les progrès matériels, on finit par oublier que la menace est toujours possible, malgré les contrepoids, les parades et les alliances.     Nous finissons par oublier le si fragile vernis d'humanité qui nous caractérise toujours. Quel que soit le type de conflit réel et potentiel. L'inhumanité nous guette, toujours prête à se manifester, sans vigilance constante, sans institutions solides.

        "La guerre est le père de tout", disait le vieux Héraclite, évoquant la dialectique qui caractérise d'abord l'antagonisme constitutif  des forces de la nature . Démocrite évoquait, dans des accents pascaliens, la futilité d'une humanité trop facilement mobilisable pour des affrontements incertains  

      « Je voudrais, (disait Démocrite) que l'Univers entier se dévoilât tout d'un coup à nos yeux. Qu'y verrions- nous, que des hommes faibles, légers, inquiets, passionnés pour des bagatelles, pour des grains de sable ; que des inclinations basses et ridicules, qu'on masque du nom de vertu ; que de petits intérêts, des démêlés de famille, des négociations pleines de tromperie, dont on se félicite en secret et qu'on n'oserait produire au grand jour ; que des liaisons formées par hasard, des ressemblances de goût qui passent pour une suite de réflexions ; que des choses que notre faiblesse, notre extrême ignorance nous portent à regarder comme belles, héroïques, éclatantes, quoiqu'au fond elles ne soient dignes que de mépris ! Et après cela, nous cesserions de rire des hommes, de nous moquer de leur prétendue sagesse et de tout ce qu'ils vantent si fort. »   
                           Les théories sur la guerre ("justes" ou injustes") restent toujours objets de débats et les pratiques du combat, des anciens chinois à Clausewitz, restent toujours une référence dans les écoles de guerre.                      
  ____Aller aux racines psychologiques, anthropologiques du problème est un problème plus ardu. Il nous fait revenir aux échanges entre Einstein et Freud (1- 2), à la veille de la Seconde guerre mondiale.______

lundi 7 avril 2014

Rwanda: 20 ans après

Questions sur une terrible énigme
                                                              "En 1994, entre le lundi 11 avril à 11 heures et le samedi 14 mai à 14 heures, environ 50000 Tutsis, sur une population environ de 59000, ont été massacrés à la machette, tous les jours de la semaine, de 9h30 à 16 heures, pas les miliciens et voisins Hutus, sur les hauteurs de la commune de Nyamata, au Rwanda..."
   Froide relation d'un aspect d'une catastrophe d'une plus grande ampleur, menée comme un "travail" obligatoire, relatée par Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes.
      Quand le meurtre de masse devient un devoir...
Sidération! C'est encore le sentiment qui domine...20 ans après.
  Comment en parler, quand l' ampleur de l'horreur rend muet, pétrifie, quand l'inimaginable nous ébranle? 
                Malgré la compréhension des racines (qui ne furent pas tribales!), des causes, proches et lointaines, connues ou encore mal éclaircies, d'un tel cataclysme, l'esprit se heurte à un mur, comme après les horreurs de la Shoah, du Cambodge, celles de l'ex-Yougoslavie: comment fut-ce possible?
      Comment la mécanique de l'horreur a-t-elle pu se propager si vite et si systématiquement, pendant les 100 jours d'extermination, planifiée tous les matins, dans chaque localité?
    Comment parler de l'indicible souffrance vécue par les Tutsis et les Hutus opposants?
La démesure de ce crime de masse inaudible met en évidence ce que nous oublions souvent: le fragile vernis d'humanité, affectant même les plus cultivés ou religieux...
    Mise en évidence aussi de la normalisation de la haine, de l'incroyable force du conditionnement, de la propagande, de la  haine programmée, à partir d'une histoire manipulée depuis longtemps.
   Un traumatisme toujours  présent, malgré le silence des survivants, celui qui suit les immenses frayeurs collectives.
    La peur cultivée à jouée contre de faciles boucs émissaires
Des hommes comme les autres...
 Le génocide des Tutsi n a pas été improvisé en fonction d une conjoncture. Il n était pas non plus une fatalité inscrite dans les gènes de la population rwandaise : ce n est pas un objet ethnographique. Il est le produit, très moderne, d une option politique extrémiste, jouant ouvertement du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. Les médias qui en ont été les vecteurs efficaces l' attestent sans ambages. Mais cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l inscription durable dans la culture de la région des Grands lacs d une idéologie intrinsèquement raciste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, une majorité naturelle et une minorité perverse, le « vrai peuple » rwandais et une race de « féodaux ». (JP Chrétien)
      Oui, les  medias ont joué un rôle clé, la propagande de la  radio a été permanente, l'appel au meurtre constant, entre deux émissions de variétés (Radio Mille collines)
   Ce  génocide de proximité a été favorisé par un intégrisme ethnique, que les occupants coloniaux ont contribué à développer très tôt, dans leur intérêt.  Toujours diviser pour mieux gérer.
     La vérité sur le génocide rwandais reste encore à écrire.
                          La part prise par la France fait encore l'objet de polémiques. 
On a parlé de neutralité coupable...qui ne pouvait profiter qu'aux assassins.  Certains ont fait un pas de plus:
 "On a déjà beaucoup écrit sur l’histoire de la présence française à Bisesero, en particulier le remarquable livre de Patrick de Saint-Exupéry, L’Inavouable. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États.. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États..."
                  Des questions encore sans réponse... Le débat est loin d'être clos. (*)
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(*)    " Le génocide n'est pas un massacre soudainement provoqué par un peuple hutu en colère après l'assassinat de son président, une sorte de dérapage monstrueux d'habituelles tueries interethniques, comme ont voulu le faire croire les responsables politiques français en charge en 1994. Il est l'aboutissement d'une planification méthodique, pensée, voulue, organisée par le régime d'Habyarimana. Ce qui pose directement la question du rôle de la France qui, depuis 1990, n'a cessé de soutenir, d'armer, de former les futurs génocidaires, jusqu'à combattre à leurs côtés en 1992 et 1993 contre la rébellion tutsie du FPR conduite par Paul Kagamé. Jusqu'à 1 000 soldats français ont été déployés au Rwanda au début des années 1990.
C'est toute la qualité du livre que publient Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France », guerres secrètes au Rwanda (éditions La Découverte), que d'explorer ces quatre années qui ont précédé le génocide. Les deux journalistes travaillent depuis des années sur le Rwanda, le premier ayant réalisé de nombreuses enquêtes pour France Inter, le second ayant déjà publié un livre important, en 2007 avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994).
Ce que révèle ce livre, c'est d'abord l'ampleur de l'engagement français auprès des troupes du régime dictatorial d'Habyarimana. Formation, armement, construction d'une gendarmerie rwandaise qui sera ensuite l'instrument du quadrillage de la population et de sa mobilisation pour participer aux massacres, opérations spéciales, assistance technique dans les phases de combat : à partir de 1990, l'armée française s'engage crescendo pour sauver un régime qui, en parallèle, met en place les structures qui permettront le génocide.
Or, et c'est là le point clé, la France ne peut ignorer ce projet génocidaire. Car, dès 1990, les alertes sont faites. Elles se multiplieront ensuite, venues de militaires, des agents de la DGSE, des diplomates et des ONG. En 1993, un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avec trois autres organisations humanitaires documente parfaitement les massacres survenus en 1992, premier acte du génocide. Que fait la diplomatie française ? Elle s'inquiète de son retentissement médiatique ; la politique française restera inchangée... Les alertes se font-elles encore plus détaillées, lorsqu'il est, par exemple, signalé l'achat de cargaisons entières de machettes  à la Chine ? Il ne se passe rien de plus.
C'est ce naufrage politique français que documente le livre de Benoît Collombat et David Servenay. Le choix initial de François Mitterrand n'est jamais contesté ni même questionné durant ces quatre années qui précédent la catastrophe. À partir de 1993, le régime de cohabitation ne vient pas plus remettre en question cette politique. François Mitterrand, sa cellule Afrique, son fils Jean-Christophe Mitterrand, Hubert Védrine, Édouard Balladur, François Léotard, Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin, et l'état-major de l'armée, tous persistent dans leur soutien au régime criminel. Un seul homme prend ses distances en envoyant deux notes très critiques à François Mitterrand : Pierre Joxe, lorsqu'il est ministre de la défense avant 1993. Son avis n'est pas écouté..."
                 -Elements d'éclaircissements.  ___(1)
                 - Le carnet de Colette Braeckman
                  - Les idiots utiles de Kagamé
                 - Le déshonneur de la France 
                  - Un pays brisé 
                   -Négationnisme structurel
                  - Des intérêts géoéconomiques 
                  - Le chaos dans l'Afrique des Grand Lacs
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Relayé par Agoravox 
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vendredi 4 mars 2022

Pourquoi la guerre?

La question revient

            De manière lancinante, réactualisée. Elle l'a jamais quitté notre horizon à vrai dire, même si on a fini par oublier  la violence armée à nos portes. Même si la rhétorique de guerre reste d'actualité. Même si les déchirements meurtriers, notamment dans les Balkans, ne sont pas si loin et que des braises couvent encore, comme au Kosovo.   Si elle n'est plus le moyen classique de régler les conflits, de redessiner les frontières, comme ce fut le cas en Europe pendant si longtemps, si elle devient plus insupportable pour nos esprits euphorisés par les progrès matériels, on finit par oublier que la menace est toujours possible, malgré les contrepoids, les parades et les alliances.     Nous finissons par oublier le si fragile vernis d'humanité qui nous caractérise toujours. Quel que soit le type de conflit réel et potentiel. L'inhumanité nous guette, toujours prête à se manifester, sans vigilance constante, sans institutions solides.

        "La guerre est le père de tout", disait le vieux Héraclite, évoquant la dialectique qui caractérise d'abord l'antagonisme constitutif  des forces de la nature . Démocrite évoquait, dans des accents pascaliens, la futilité d'une humanité trop facilement mobilisable pour des affrontements incertains  

« Je voudrais, (disait Démocrite) que l'Univers entier se dévoilât tout d'un coup à nos yeux. Qu'y verrions-nous, que des hommes faibles, légers, inquiets, passionnés pour des bagatelles, pour des grains de sable ; que des inclinations basses et ridicules, qu'on masque du nom de vertu ; que de petits intérêts, des démêlés de famille, des négociations pleines de tromperie, dont on se félicite en secret et qu'on n'oserait produire au grand jour ; que des liaisons formées par hasard, des ressemblances de goût qui passent pour une suite de réflexions ; que des choses que notre faiblesse, notre extrême ignorance nous portent à regarder comme belles, héroïques, éclatantes, quoiqu'au fond elles ne soient dignes que de mépris ! Et après cela, nous cesserions de rire des hommes, de nous moquer de leur prétendue sagesse et de tout ce qu'ils vantent si fort. »   
                           Les théories sur la guerre ("justes" ou injustes") restent toujours objets de débats, les pratiques du combat, des anciens chinois à Clausewitz, restent toujours une référence dans les écoles de guerre.                    
               ____Aller aux racines psychologiques, anthropologiques du problème est un problème plus ardu. Il nous fait revenir aux échanges entre Einstein et Freud (1- 2), à la veille de la Seconde guerre mondiale.______

jeudi 20 décembre 2012

La bible et le fusil

 Une petite ville si tranquille...
_____________________Les mots manquent encore pour qualifier et expliquer l'horrible drame de Newtown, qui consterne l'Amérique.
Une fois de plus!
Comme le signale avec tristesse et un certain fatalisme Michael Moore, auteur d'un documentaire sorti en 2002 sur la fusillade de Columbine, qui a aussitôt publié sur Twitter : "Trop tôt pour débattre d'une nation dingue de flingues ? Non, trop tard. Au moins TRENTE-ET-UNE fusillades dans des écoles depuis Columbine", déclare-t-il.
Obama se sent obligé de réagir, mais il s'avance en territoire miné, connaissant le pouvoir d'influence de la NRA (aujourd'hui bouleversée...-sic!-), qui tient la politique...:"Nous reconnaissons les traditions de la possession d’arme qui ont été transmises de génération en génération, que la chasse et le tir font partie de notre héritage national le plus cher..." 
Le président démocrate n’a pas vraiment d’intérêt politique à adopter une approche trop favorable à un contrôle des armes à feu "Mais je crois aussi qu’un grand nombre de propriétaires d’armes à feu conviendraient que des AK-47 doivent être entre les mains de soldats, pas de criminels. Que ces armes de guerre appartiennent aux champs de bataille, pas aux rues de nos villes",
 __ Le lobby pro-armes est un véritable poison, la liberté de tirer 100 cartouches sans recharger ne pose pas problème et il est plus facile d'acheter une arme qu'un camembert...
______Certes les armes parlent aussi ailleurs sur ce continent, surtout au Brésil et au Mexique (où les narcos criminels s'alimentent aux USA) , mais le rapport aux armes, surtout de gros calibre, est spécifique aux USA, enraciné dans une culture et une histoire particulière et encouragé par des lobbies puissants, dont le  NRA.. est la plus connu (Armez-les tous, disent-ils...) On connaît le slogan largement diffusé: ce n'est pas l'arme qui tue, mais l'homme. Jamais on ne s'interroge sur les conditions qui rendent certains hommes capables de se livrer régulièrement à des tueries sans nom...
L'hypocrisie règne, même en plus haut lieu. La compassion et la prière tiennent lieu d'analyse, jusqu'au prochain massacre...
________________Comme le dit un internaute qui pointe des valeurs sous-jacentes à une certaine culture de mort, propre à son histoire:
" Le fait que cet événement se soit passé encore une fois de plus aux States, n’est pas étonnant. Il est à la croisée de plusieurs paramètres, qui ne peuvent que le réamorcer.
Toutes les larmes de crocodiles versées, médiatiquement, par les responsables politiques et les habitants, ne veulent dire qu’une seule chose : Nous préférons l’émotion à la réflexion. Dans ce sens, nous ne voulons pas changer.Nous assumons donc le prochain passage à l’acte.
Les enfants sont les victimes expiatoires de notre manque de courage,Nous préférons garder nos panoplies de cow boys, et nos postures infantiles.Ce pays a une particularité. Il s’est construit sur l’expropriation des terres, sur le meurtre et sur le crime. Il s’est construit sur un mensonge : Un pays vide, pour des gens sans terres.L’ouest, la frontière, c’était le modèle, le pays où l’on pouvait tout se permettre, où l’on pouvait prendre sa revanche. Le fait est que les pionniers, dans leur grande majorité, étaient des exclus de l’ancien monde, pour ne pas dire des repris de justice, avides de prendre leur revanche, et de le montrer ensuite. Il existe sans doute à l’état inconscient une culpabilité, une peur que l’histoire ne soit pas finie. Un retour de ce qu’on a volé. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont là tous à hurler sur la bible, comme dans un exercice conjuratoire. Le fusil, la bible, voilà les deux composantes de l’identité. N’essayez pas trop de leur prendre. Autant tenter de piquer une de leur drapeau,accroché au toit de leur maison
" (sic)
_____________________Difficile de discerner la véritable personnalité du jeune tueur, si on y arrive un jour....
Une  pulsion de mort aux composantes multiples a sans aucun doute été à l'oeuvre, qui relève probablement de la psychiatrie, mais pas seulement...Une chose semble sure: les conditions de l'environnement particulier dans lequel il baignait contribuent à mieux comprendre comment la peur (dont on sait qu'elle est un puissant ressort de violence potentielle) a pu conditionner une psychologie envahie par une certaine folie apocalyptique:
 La mère du tueur de Newtown « se préparait au pire », accumulant les armes, au cas où...
Elle" se préparait à la faillite économique. C’est une crainte à la mode chez les preppers ces derniers mois. Arte a consacré un reportage aux preppers anglais et rencontré Simon Dillon, un habitant de la banlieue de Manchester qui craint une bulle inflationniste en Angleterre, comme dans les années 20.‘"Je me prépare à l’effondrement de l’économie. Regardez ce qui se passe en Grèce. Les gens ont faim et n’ont plus les moyens de s’acheter à manger pour la simple raison que le pays est en faillite. Et ça peut arriver n’importe où ailleurs. Donc si tout part en vrille, c’est bien de faire des réserves.’.."
Influencés par les rumeurs de fin du monde,  toujours réactualisées depuis les mythes ancestraux, relayées par certains films, comme 2012, ces gens entretiennent une sorte de besoin de catastrophe
 L'apocalypse n'est certes pas pour demain, mais les peurs alimentées par la crise, ou ce qui en est perçu à travers le prisme de certains medias, renouent avec celles des vieux messianismes.
Quand la raison s'égare ou s'éclipse, il n'est pas étonnant de voir surgir un monstre sous le fragile vernis d'humanité.
Dans ce pays qui comporte bien des valeurs et bien des failles, le mythe américain, ou ce qu'il en reste, est une fragile construction. La Destinée Manifeste bat de l'aile...
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-_Les armes ne tuent pas...
-Pauvreté: un mot banni 
- Après la tuerie de Newtown, les ventes d'armes ont bondi aux Etats-Unis
- Les professeurs américains bientôt armés ?
- Pourquoi tue-t-on aux États-Unis beaucoup plus qu'ailleurs ?
- Armer les professeurs : après la tuerie de Newtown, l'idée fait son chemin
- Une ex-élue du congrès américain, rescapée d'une fusillade, face au lobby des armes à feu
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Paru dans Agoravox

samedi 3 septembre 2011

Solidarité: valeur en baisse

Intérêt bien compris...

_Le repli de l'individu sur lui-même, le chacun pour soi , qui détruit les solidarités anciennes, sous l'effet de la montée du chômage, du consumérisme compulsif et de l'imprégnation des valeurs libérales, est palpable depuis une trentaine d'années, même en milieu non urbain.
Il irrigue tant le tissu social que la cellule familiale, mise à mal par un individualisme souvent destructeur de liens. Le ciment s'effrite, qui permettait naguère des échanges denses et multiples, une vie associative développée, un certain souci de l'autre.
_Sans idéaliser le passé, nous glissons, sans nous en rendre compte, vers une sorte de régression (provisoire?), où la concurrence devient la règle et l'individualisme le principe, affiché ou tacite.
"...Il ne fait pas de doute qu'une des pentes des sociétés marquées par l'éclatement des encadrements familiaux et religieux ainsi que par l'argent-roi ne conduise à l'affaiblissement de la force d'obligation de tout un ensemble de devoirs, au primat des intérêts privés, au « après moi le déluge », autrement dit un individualisme sans frein, sans souci des autres, sans respect de la loi. Tout simplement un individualisme irresponsable." (Hanse-love)

___La solidarité ne va pas de soi.
Elle résulte de volontés individuelles conditionnées par un certain type d'éducation et par des institutions qu'il faut sans cesse entretenir, améliorer et recréer, un "esprit du temps", qui la stimule ou l'affaiblit. L'ethnologie nous apprend beaucoup là-dessus.
Le souci de l'a
utre n'est pas donné à la naissance. Le narcissisme est plutôt ce qui caractérise tout un chacun dès le début de la vie. L'enfant est naturellement d'abord autocentré, comme la psychanalyse le montre bien. Mais il se socialise peu à peu, sauf si les conditions font défaut.
L'enfant-roi et parfois tyran n'est-il pas souvent le produit de parents infantilisés?

_Pourtant, un certain égoïsme, l'intérêt personnel, reste bien souvent de fait notre moteur d'action essentiel que nous le voulions ou non, même au coeur de nos attitudes que nous jugeons morales (La Rochefoucault allait jusqu'à dire que "Toutes les vertus des hommes se perdent dans l'intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer"
Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citati

Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citations

Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citati

). La morale est toujours ambivalente et notre humanité est un fragile vernis, qu'il faut entretenir.
On peut affirmer, comme les économistes classiques, que la somme des intérêts individuels concourt à produire l'intérêt collectif, la richesse globale. En tant qu'agent économique, l'égoïsme ( et non la cupidité) est apparu très tôt comme un moteur créatif de liens sociaux, d'échanges et de progrès (Mandeville... A Smith..).
La théorie de l'individualisme possessif a été une des origines du capitalisme anglo-saxon, au développement spectaculaire des biens et des injustices. Revue et adaptée à la théorie hayekienne, elle a abouti à l'intransigeance sociale reaganienne, la
dureté thatcherienne, _l'Etat ne jouant plus son rôle régulateur et redistributeur_ et aux crises d'aujourd'hui, qui sont d'abord des crises de l'inégalité et de la cupidité. Le sacro-saint marché devient roi et représente" une démocratie de consommateurs."(Ludwig von Mises)
_L'accumulation aveugle et sans justice a fini par produire des formes d'(auto)destruction. On aboutit à une sorte de chaos néolibéral où les dépossédés sont amenés à des formes d'expression désespérées, comme on l'a vu récemment à Londres.L'enrichissement croissant des plus riches, les coupes sombres dans les budgets sociaux, l'abandon de couches sociales de plus en plus paupérisés créent une désespérance qui menace la société toute entière...
"Si l'on ajoute à cela le sentiment que les banquiers, qui ont provoqué la crise financière de 2008 à la City, s'en sont sortis avec beaucoup d'égards et aujourd'hui pas mal de bénéfices, il n'est peut être pas si surprenant que les jeunes au bas de l'échelle sociale souhaitent, eux aussi, profiter d'une certaine impunité en brûlant et pillant. « J'ai le sentiment que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale dans les rangs les plus élevés de la société britannique moderne », écrit l'éditorialiste du Daily Telegraph Peter Oborne. « La culture de la rapacité et de l'impunité que nous avons vue sur nos écrans de télévision lors des émeutes s'étend jusque dans les conseils d'administration et au gouvernement. Elle inclut la police et de nombreux médias. Ce n'est pas seulement la jeunesse dérangée qui a besoin d'être réformée, mais la Grande Bretagne dans son entier. »

__Le développement de la culture du narcissisme, du consumérisme infantilisant, de l'ego-mania érigé en culte, fruits amers du système, dont nous sommes plus ou moins à la fois auteurs et victimes, ne pourra que renforcer la perte d'une certaine solidarité, sans laquelle une société ne peut être viable...
Seul un individualisme socialisé et désensauvagé, civilisé, pourra être un gage d'un avenir supportable. Reste à en créer les conditions...
Ce n'est pas parce que l'égalité au sens strict est irréalisable qu'on doit abandonner les principes de justice et qu'on doit cesser de lutter pour une société plus solidaire, à la richesse plus équitablement répartie
L'homme n'est un loup pour l'homme que si les institutions de l'Etat démocratique ne jouent plus leur rôle.

"Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté l'individualisme qu'elle fait naître" (J.de Lacretelle)

lundi 7 novembre 2022

Solidarité

Une valeur en baisse.

                                   L'esprit de la novlangue libérale, surtout depuis une quarantaine d'années, continue à produire ses effets de délitement social, de repli sur soi, sur ses propres intérêts à court terme. en même temps que continue à se développer un consumériste stimulé par des intérêts privés qui s'insèrent de plus en plus dans l'espace public. L'individu tend à devenir plus un consommateur, toujours sollicité, qu'un citoyen averti, soucieux du bien public, condition du sien propre. L'horizon de ses choix et de ses perspectives tend à ne pas dépasser les valeur que dispensent les cercles marchands.                             

_             Le repli de l'individu sur lui-même, le chacun pour soi,  qui détruit les solidarités anciennes, sous l'effet de la montée du chômage, du consumérisme compulsif et de l'imprégnation des valeurs libérales, est palpable depuis une trentaine d'années, même en milieu non urbain. Il irrigue tant le tissu social que la cellule familiale, mise à mal par un individualisme souvent destructeur de liens. Le ciment s'effrite, qui permettait naguère des échanges denses et multiples, une vie associative développée, un certain souci de l'autre._Sans idéaliser le passé, nous glissons, sans nous en rendre compte, vers une sorte de régression (provisoire?), où la concurrence devient la règle et l'individualisme le principe, affiché ou tacite.
"...Il ne fait pas de doute qu'une des pentes des sociétés marquées par l'éclatement des encadrements familiaux et religieux ainsi que par l'argent-roi ne conduise à l'affaiblissement de la force d'obligation de tout un ensemble de devoirs, au primat des intérêts privés, au « après moi le déluge », autrement dit un individualisme sans frein, sans souci des autres, sans respect de la loi. Tout simplement un individualisme irresponsable." (Hanse-love)

___La solidarité ne va pas de soi.
Elle résulte de volontés individuelles conditionnées par un certain type d'éducation et par des institutions qu'il faut sans cesse entretenir, améliorer et recréer, un "esprit du temps", qui la stimule ou l'affaiblit. L'ethnologie nous apprend beaucoup là-dessus.
Le souci de l'a
utre n'est pas donné à la naissance. Le narcissisme est plutôt ce qui caractérise tout un chacun dès le début de la vie. L'enfant est naturellement d'abord autocentré, comme la psychanalyse le montre bien. Mais il se socialise peu à peu, sauf si les conditions font défaut.
L'enfant-roi et parfois tyran n'est-il pas souvent le produit de parents infantilisés?

_     Pourtant, un certain égoïsme, l'intérêt personnel, reste bien souvent de fait notre moteur d'action essentiel que nous le voulions ou non, même au coeur de nos attitudes que nous jugeons morales (La Rochefoucault allait jusqu'à dire que "Toutes les vertus des hommes se perdent dans l'intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer"
Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citati

Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


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Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


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). La morale est toujours ambivalente et notre humanité est un fragile vernis, qu'il faut entretenir.
       On peut affirmer, comme les économistes classiques, que la somme des intérêts individuels concourt à produire l'intérêt collectif, la richesse globale. En tant qu'agent économique, l'égoïsme ( et non la cupidité) est apparu très tôt comme un moteur créatif de liens sociaux, d'échanges et de progrès (Mandeville... A Smith..).
La théorie de l'individualisme possessif a été une des origines du capitalisme anglo-saxon, au développement spectaculaire des biens et des injustices. Revue et adaptée à la théorie hayekienne, elle a abouti à l'intransigeance sociale reaganienne, la 
dureté thatcherienne, _l'Etat ne jouant plus son rôle régulateur et redistributeur_ et aux crises d'aujourd'hui, qui sont d'abord des crises de l'inégalité et de la cupidité. Le sacro-saint marché devient roi et représente" une démocratie de consommateurs."(Ludwig von Mises)
_L'accumulation aveugle et sans justice a fini par produire des formes d'(auto)destruction. On aboutit à une sorte de chaos néolibéral où les dépossédés sont amenés à des formes d'expression désespérées, comme on l'a vu récemment à Londres. L'enrichissement croissant des plus riches, les coupes sombres dans les budgets sociaux, l'abandon de couches sociales de plus en plus paupérisés créent une désespérance qui menace la société toute entière...
"Si l'on ajoute à cela le sentiment que les banquiers, qui ont provoqué la crise financière de 2008 à la City, s'en sont sortis avec beaucoup d'égards et aujourd'hui pas mal de bénéfices, il n'est peut être pas si surprenant que les jeunes au bas de l'échelle sociale souhaitent, eux aussi, profiter d'une certaine impunité en brûlant et pillant. « J'ai le sentiment que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale dans les rangs les plus élevés de la société britannique moderne », écrit l'éditorialiste du Daily Telegraph Peter Oborne. « La culture de la rapacité et de l'impunité que nous avons vue sur nos écrans de télévision lors des émeutes s'étend jusque dans les conseils d'administration et au gouvernement. Elle inclut la police et de nombreux médias. Ce n'est pas seulement la jeunesse dérangée qui a besoin d'être réformée, mais la Grande Bretagne dans son entier. »

__Le développement de la culture du narcissisme, du consumérisme infantilisant, de l'ego-mania érigé en culte, fruits amers du système, dont nous sommes plus ou moins à la fois auteurs et victimes, ne pourra que renforcer la perte d'une certaine solidarité, sans laquelle une société ne peut être viable...
Seul un individualisme socialisé et dés-ensauvagé, civilisé, pourra être un gage d'un avenir supportable. Reste à en créer les conditions...
Ce n'est pas parce que l'égalité au sens strict est irréalisable qu'on doit abandonner les principes de justice et qu'on doit cesser de lutter pour une société plus solidaire, à la richesse plus équitablement répartie
L'homme n'est un loup pour l'homme que si les institutions de l'Etat démocratique ne jouent plus leur rôle.

                  "Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté l'individualisme qu'elle fait naître" (J.de Lacretelle)     _____________________                           

mercredi 25 février 2026

Solidarité en question

Un constat inquiètant

       Le lien social n'est pas dans sa meilleure forme. On peut même dire qu'il se délite de plus en plus du fait de la montée des individualismes, sous l'effet notamment du néolibéralisme libéral, du consumérisme galopant, des tensions sociales qui se développent, de la tendance au repli de chacun sur la sphère privée ou uniquement familiale. La solidarité est une valeur en baisse.  Le lien social tend à se déliter. Le moi-je  n'est pas seulement dans les réseaux sociaux. Les associations dédiées n'ont plus la forme. Les crises  sont passées par là.    Les valeurs républicaines en souffrent.                                                                                         Le repli de l'individu sur lui-même, le chacun pour soi , qui détruit les solidarités anciennes, sous l'effet de la montée du chômage, du consumérisme compulsif et de l'imprégnation des valeurs libérales, est palpable depuis une trentaine d'années, même en milieu non urbain.

Il irrigue tant le tissu social que la cellule familiale, mise à mal par un individualisme souvent destructeur de liens. Le ciment s'effrite, qui permettait naguère des échanges denses et multiples, une vie associative développée, un certain souci de l'autre.
_Sans idéaliser le passé, nous glissons, sans nous en rendre compte, vers une sorte de régression (provisoire?), où la concurrence devient la règle et l'individualisme le principe, affiché ou tacite.
"...Il ne fait pas de doute qu'une des pentes des sociétés marquées par l'éclatement des encadrements familiaux et religieux ainsi que par l'argent-roi ne conduise à l'affaiblissement de la force d'obligation de tout un ensemble de devoirs, au primat des intérêts privés, au « après moi le déluge », autrement dit un individualisme sans frein, sans souci des autres, sans respect de la loi. Tout simplement un individualisme irresponsable." (Hanse-love)

___La solidarité ne va pas de soi.
Elle résulte de volontés individuelles conditionnées par un certain type d'éducation et par des institutions qu'il faut sans cesse entretenir, améliorer et recréer, un "esprit du temps", qui la stimule ou l'affaiblit. L'ethnologie nous apprend beaucoup là-dessus.
Le souci de l'a
utre n'est pas donné à la naissance. Le narcissisme est plutôt ce qui caractérise tout un chacun dès le début de la vie. L'enfant est naturellement d'abord autocentré, comme la psychanalyse le montre bien. Mais il se socialise peu à peu, sauf si les conditions font défaut.
L'enfant-roi et parfois tyran n'est-il pas souvent le produit de parents infantilisés?

_Pourtant, un certain égoïsme, l'intérêt personnel, reste bien souvent de fait notre moteur d'action essentiel que nous le voulions ou non, même au coeur de nos attitudes que nous jugeons morales (La Rochefoucault allait jusqu'à dire que "Toutes les vertus des hommes se perdent dans l'intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer"
Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citati

Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citations

Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.


Source : Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer. | Blog Dicocitations - Dico citati

). La morale est toujours ambivalente et notre humanité est un fragile vernis, qu'il faut entretenir.
On peut affirmer, comme les économistes classiques, que la somme des intérêts individuels concourt à produire l'intérêt collectif, la richesse globale. En tant qu'agent économique, l'égoïsme ( et non la cupidité) est apparu très tôt comme un moteur créatif de liens sociaux, d'échanges et de progrès (Mandeville... A Smith..).
La théorie de l'individualisme possessif a été une des origines du capitalisme anglo-saxon, au développement spectaculaire des biens et des injustices. Revue et adaptée à la théorie hayekienne, elle a abouti à l'intransigeance sociale reaganienne, la 
dureté thatcherienne, _l'Etat ne jouant plus son rôle régulateur et redistributeur_ et aux crises d'aujourd'hui, qui sont d'abord des crises de l'inégalité et de la cupidité. Le sacro-saint marché devient roi et représente" une démocratie de consommateurs."(Ludwig von Mises)
_L'accumulation aveugle et sans justice a fini par produire des formes d'(auto)destruction. On aboutit à une sorte de chaos néolibéral où les dépossédés sont amenés à des formes d'expression désespérées, comme on l'a vu récemment à Londres.L'enrichissement croissant des plus riches, les coupes sombres dans les budgets sociaux, l'abandon de couches sociales de plus en plus paupérisés créent une désespérance qui menace la société toute entière...
"Si l'on ajoute à cela le sentiment que les banquiers, qui ont provoqué la crise financière de 2008 à la City, s'en sont sortis avec beaucoup d'égards et aujourd'hui pas mal de bénéfices, il n'est peut être pas si surprenant que les jeunes au bas de l'échelle sociale souhaitent, eux aussi, profiter d'une certaine impunité en brûlant et pillant. « J'ai le sentiment que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale dans les rangs les plus élevés de la société britannique moderne », écrit l'éditorialiste du Daily Telegraph Peter Oborne. « La culture de la rapacité et de l'impunité que nous avons vue sur nos écrans de télévision lors des émeutes s'étend jusque dans les conseils d'administration et au gouvernement. Elle inclut la police et de nombreux médias. Ce n'est pas seulement la jeunesse dérangée qui a besoin d'être réformée, mais la Grande Bretagne dans son entier. »

__Le développement de la culture du narcissisme, du consumérisme infantilisant, de l'ego-mania érigé en culte, fruits amers du système, dont nous sommes plus ou moins à la fois auteurs et victimes, ne pourra que renforcer la perte d'une certaine solidarité, sans laquelle une société ne peut être viable...
Seul un individualisme socialisé et désensauvagé, civilisé, pourra être un gage d'un avenir supportable. Reste à en créer les conditions...
Ce n'est pas parce que l'égalité au sens strict est irréalisable qu'on doit abandonner les principes de justice et qu'on doit cesser de lutter pour une société plus solidaire, à la richesse plus équitablement répartie
L'homme n'est un loup pour l'homme que si les institutions de l'Etat démocratique ne jouent plus leur rôle.

           _____  "Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté l'individualisme qu'elle fait naître" (J.de Lacretelle)
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