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lundi 5 octobre 2026

Un certaine justice

 Gabriel Zucman dans la bataille des idées

           Il n'est pas un révolutionnaire, mais un économiste  formé aux meilleures écoles, approuvés par certains de ses pairs, juste soucieux de faire un pas de côté, de ne pas se plier au conformisme du métier. Une activité d'ailleurs à l'objectivité toute relative, où la scientificité pose problème, où doit régner régner le débat interne sur les options de base, les choix fondamentaux inhérents à la recherche. L'économie n'est pas une science exacte et l'unanimité ne peut être que de façade, comme le montre l'histoire de cette discipline humaine, indispensable, mais aux postulats souvent discutables.       


     ___ Zucman a fait des choix et ses calculs, au vu des inégalités  qui se creusent stratosphériquement  en France  en cette période ou l'impôts  devient un  problème de premier plan. Il propose, avec d'autres un  impôt différentiel, adopté par l'Assemblée, mais refusée par le Sénat, pour rétablir une justice minimale. Surtout à une époque où les écarts de revenus se creusent comme jamais, où l'évasion fiscale prend une ampleur inédite, contribuant au déclin des ressources si nécessaires pour investir.    Une  richesse cachée qu'il importe de divulguer et de réduire.  Une régression fiscale, dénoncée depuis déjà des années, s'exerçant dans le dos ou avec la complicité de Bercy?   Un détournement de grande ampleur.                                                     "  ...Les partisans de cette mesure, dont Gabriel Zucman, Olivier Blanchard, Jean Pisani-Ferry et plusieurs lauréats du « prix Nobel » d’économie comme Esther Duflo, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, fondent leur argumentation sur un constat d’inégalité fiscale.  Selon leurs recherches, les ménages les plus riches, et notamment les milliardaires, sont proportionnellement moins imposés que le reste de la population. Gabriel Zucman avance que si le taux de prélèvements obligatoires moyen en France avoisine 52 % du revenu national, le taux effectif d’imposition des milliardaires se situerait plutôt aux alentours de 26 % de leur revenu économique.  Cette différence s’expliquerait par le fait que la richesse des « ultra-riches » est principalement constituée d’actifs financiers et professionnels dont la valeur augmente sous forme de plus-values latentes. Ces gains ne sont imposés que lorsqu’ils sont réalisés (par exemple, lors de la vente d’actions), ce qui permet aux détenteurs de ces fortunes d’afficher un revenu imposable très faible par rapport à l’accroissement réel de leur patrimoine. Pour les promoteurs de la taxe, l’impôt plancher viendrait donc corriger cette distorsion et renforcerait le principe d’égalité devant les charges publiques, un enjeu qu’ils jugent essentiel pour la cohésion sociale et le financement des services publics et de la transition écologique. Les recettes estimées par Gabriel Zucman se situeraient entre 15 et 25 milliards d’euros par an..."                                                                                                        L'auteur s'adressait récemment aux plus hautes instances:                                       "....    Au lieu de faire payer aux milliardaires leur juste contribution, le gouvernement a choisi de s’en prendre d’abord aux retraités : 5 milliards de baisses de revenus pour nos parents et grands-parents. 5 milliards, c’est ce que rapportait l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) qui a été supprimé par Emmanuel Macron en 2017. Protéger les milliardaires et s’acharner sur les grands-mères et grands-pères : ce qui se prépare est inacceptable. Mais ce n’est pas tout : fiscalisation des indemnités pour maladies du travail et pour accidents professionnels, nouveaux impôts sur les biscuits et les barres céréalières, baisse de l’allocation rentrée scolaire, etc. Reconnaissons la créativité dont le gouvernement fait preuve pour défendre les privilèges fiscaux des ultra-riches : il n’y a dans ce budget aucune mesure pour les faire rentrer dans le champ de la solidarité nationale. Aucune. Ces derniers ont pourtant vu leur richesse exploser ces 30 dernières années. Selon le magazine Challenges, en 1996, la richesse des 500 plus grandes fortunes s'élevait à 80 milliards d'euros, soit 6 % du PIB de l'époque. En 2026 : 1076 milliards d'euros, soit 35 % du PIB. Ce qui signifie que si ces 500 plus grandes fortunes dépensaient tout leur argent, elles pourraient acheter plus d’un tiers de tout ce qui est produit en France (biens et services) une année donnée. Malgré l’explosion de leur fortune, les milliardaires ne contribuent pas aujourd’hui à hauteur de ce qui est demandé aux autres catégories sociales — salariés, cadres, indépendants, etc.Ils jouissent d’un privilège fiscal qui bafoue le principe fondamental d’égalité devant l’impôt affirmé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’impôt plancher de 2 % que je défends vise à corriger cette anomalie. Cette mesure ne concernerait que les foyers fiscaux possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine, au nombre de 1 800 environ. Elle permettrait simplement de s’assurer que les ultra-riches contribuent aux charges communes à la même hauteur que les autres citoyens. Cette mesure rapporterait de l'ordre de 20 milliards d'euros par an. Pour avoir un ordre de grandeur, mettons cela en rapport avec le budget proposé par le gouvernement. Baisse des retraites : 5,5 milliards d’euros attendus. Baisse des allocations familiales et de l’allocation rentrée scolaire : 1,1 milliardTaxes sur les biscuits : 300 millions Les annonces de M. Lecornu vont perpétuer la rupture de l’égalité devant l’impôt. Elles consolident le triomphe de l’injustice fiscale et sociale. Et mettent en péril nos finances publiques. Car les faveurs consenties aux grandes fortunes et aux grandes entreprise se trouvent au cœur du dérapage de nos finances publiques : contrairement à ce qu’affirment un certain nombre de médias et de responsables politiques, nous avons avant tout un problèmes de recettes publiques et non de dépenses publiques. Le gouvernement a choisi de réduire les recettes fiscales du pays. Depuis 2017, ce sont 2 points de PIB de recettes qui manquent à l’appel, soit 60 milliards d’euros par an. C’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale qui s’est volatilisé. D’après les travaux de l’OFCE, ce manque à gagner provient de différentes réformes et cadeaux fiscaux : suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, “flat tax” sur les revenus du capital, suppression de la taxe d’habitation, etc. Nombreux ont bénéficié aux acteurs économiques les plus privilégiés. D’autres choix budgétaires sont devenus impératifs. Peut-on continuer à tolérer que les grandes multinationales aient des taux d’imposition plus faibles que les PME, artisans et boulangers ? Peut-on continuer à tolérer que TotalEnergies ne paie pas ou presque d’impôt sur les sociétés en France ? Peut-on tolérer que les grands groupes multinationaux, dont les profits explosent, puissent payer encore moins en 2027 qu’en 2026, comme le prévoit le budget ? Non, bien évidemment que non. Il n’y a guère de raison de mettre à contribution qui que ce soit avant de s'être assuré que les milliardaires ne paient pas moins d’impôt que les classes moyennes et que les grandes entreprises ne paient pas moins que les PME. C’est simple, c’est basique. Nous comptons sur la représentation nationale et les partis politiques attachés à la justice pour défendre le principe d’égalité devant l’impôt et l’abolition du privilège fiscal des ultra-riches..."
                         __ Problème climatique                             ________________________


samedi 19 septembre 2026

Le boum des prisons

    Aux USA                                                                                                                                                      Le business continue.       Tous les records sont battus. "... le pays a atteint le taux faramineux de 730 personnes incarcérées pour 100 000 habitants (contre 102 pour la France), prenant sur ce terrain le leadership mondial.     Accompagnée d'une privatisation galopante.    "  Les enjeux économiques sont tels que les pressions exercées par le secteur privé de l’enfermement ne connaissent pas de limites. L’ACLU rappelle ainsi la condamnation d’un juge de Pennsylvanie ayant accepté près d’un million de dollars des responsables d’un centre de détention pour mineurs en échange de condamnations – un système que le tribunal a qualifié de Kids for Cash, « des enfants pour de l’argent ».   Un document qui laisse sans voix. 


                       Un marché comme un autre...Un business juteux.  En France, certains rêvent d'un modèle de ce genre. Une sorte de prison-entreprise où le séjour serait payant. Une prison qui rapporte, quoi! Un concept pervers. Une fausse bonne idée.     Le budget de la justice reste en Europe un des moins bien dotés et l'état de nos prisons et des conditions de détention  peuvent faire honte.     On est loin encore du modèle scandinave, de sortir de la logique  du surveiller et punir.                                                              Il est temps de repenser la prison...

samedi 29 août 2026

L'empire

         Dans les empires                                                                                                                                         C'est Forbès qui le dit: B. Arnault fait partie de la prestigieuse galaxie des plus fortunés du monde, qui ne cesse de s'étendre. Il n'est pas en tête du peloton, bien sûr, mais il a de quoi assurer ses arrières. Même s'il vitupère contre l'excès d'impôts dans son pays, contre ceux qui prônent un peu plus de justice fiscale, notion qu'il abhorre. Il est un winner, tient à le faire savoir, lui qui a su faire sa place à l'Académie , vient d'être reçu pas le pape et a eu sa chaise lors de l'intronisation de Trump à la Maison Blanche, au côté de Musk, and Co. Cultiver ses relations ne nuit pas aux affaires, tout le monde sait ça...


  "Monsieur"  n'aime pas trop l'
impôt, qui pourrait venir écorner ne serait-ce qu'une toute petite partie de sa fortune. A chacun son mérite. Il s'est octroyé récemment, entre autres folies, un nouveau yacht, le plus grand et le plus luxueux, de plus exonéré d'impôts. Ce n'est pas une histoire belge!  un nouveau yacht à 500 millions €, qui émet mille fois plus de gaz à effet de serre que toute la consommation d'un français ordinaire pendant 1 an. Mais Monsieur n'est pas un français ordinaire et on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, comme disait ma grand-mère..


__ Une chance pour lui: le "contexte" lui est très favorable, comme le remarque une certaine personne, forcément jalouse:

En        "...En France, la dernière décennie a été marquée, d’une part, par un phénomène d’accumulation des richesses entre les mains de quelques milliardaires (Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, Vincent Bolloré, etc.) encore jamais vu auparavant ; et, d’autre part, par le développement à bas bruit d’une finance de l’ombre, non régulée, dont les acteurs, méconnus du grand public, sont les fonds de capital-investissement (KKR, Blackstone, Apollo, Ardian, PAI, etc.).  Ces deux pans du capitalisme financiarisé sont en train de faire main basse sur l’économie française. Ils ont par ailleurs pour point commun de développer une vision libertarienne et autoritaire de la société, faisant craindre qu’ils ne s’accommodent très bien de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir..."                                                                        Si l’on en croit son ami Vincent Bolloré sur le réseau social X, BA est une personne […] d’un grand cœur » (sic), s’est senti profondément blessé par une série de six articles parue dans Le Monde et titrée « L’empire Bernard Arnault ». Encore un journal "communiste", sans doute.... 👺                                                                 Mais faut-il l'envier? Comme disait quelqu'un peut-être un peu jaloux, mais plutôt sage: "...Quand je lis tous les jours la formidable enquête sur la vie de Bernard Arnault dans Le Monde, je suis sidéré par la misère de cet homme. Pas d'amitié, pas d'amour, que des calculs et des méfiances. Sa peur des autres, son horreur des contacts. Son obsession maladives des profits, ses stratégies avec les puissants du monde indépendamment de leurs valeurs morales...Sa peur panique de lamaladie et des malades. Son seul plaisir tous les matins prendre un spa en regardant CNews. je suis bien plus riche que lui, parce que je possède quelque chose qu'il n'aura jamais : Je suis aimé par des gens qui n'attendent rien d'autre que mon affection et mon bien-être . Un trésor inaccessible pour ce pauvre Arnaud...."

Un monde à part.

Qu'est-ce que la richesse? _______________

EFrance, la dernière décennie a été marquée, d’une part, par un phénomène d’accumulation des richesses entre les mains de quelques milliardaires (Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, Vincent Bolloré, etc.) encore jamais vu auparavant ; et, d’autre part, par le développement à bas bruit d’une finance de l’ombre, non régulée, dont les acteurs, méconnus du grand public, sont les fonds de capital-investissement (KKR, Blackstone, Apollo, Ardian, PAI, etc.).Ces deux pans du capitalisme financiarisé sont en train de faire main basse sur l’économie française. Ils ont par ailleurs pour point commun de développer une vision libertarienne et autoritaire de la société, faisant craindre qu’ils ne s’accommodent très bien de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir..." ... Ah ça, c'est plus embêtant.

mercredi 26 août 2026

Un Israëlien parmi d'autres

 il s'appelle A.Burg

                     Il se veut un peu, parmi d'autres, la voix d'Israël. Sans prétention, mais avec détermination. Comme d'autres aujourd'hui. Alors que les colons sévissent de plus belle en Cisjordanie, que Bibi impose la force. Animé par des valeurs qui ont guidé son pays aux meilleurs moments. Ancien haut responsable d'Israël, dont il connaît les rouages et leurs limites. Athée el le revendiquant, laïque, comme plus d'un en Israël, donc loin des fous de Yahweh qui aujourd'hui mènent la danse et inspirent la droite israëlienne jusqu'au plus haut niveau du Likoud et leurs rêves expansionnistes et leur bellicisme, condamné depuis des années.   Il va plus loin que les opposants de la première heure et d'autres plus connus, comme Barnavi, ancien ambassadeur en France, etc...   Des intellectuels et hommes politiques israëliens s'interrogent aussi, comme David Grossman, Amos Oz. Les enfants de Gaza, eux, ne se posent pas de telles questions(*)... Certains vont plus loin dans l'interrogation: Omer Bartov met en garde (*). Elie Barnavi avait proposé très rapidement un premier diagnostic des événements. Certains Juifs sont cependant tiraillés. Le journaliste de Haaretz, Gideon levy n'y est pas allé par quatre chemins, très critique à l'égard de la politique de Netanyahou, que Didier Fassin ne ménage pas non plus. Comme Yaniv Icskovits                                                                            Un homme de paix, accroché à ses idéaux démocratiques, qui voit son pays partir à la dérive, déchiré comme jamais, ne présageant rien de bon pour l'avenir proche, tant que Israël sort des rails dessinés par les meilleurs fondateurs de son pays. Il ne mâche pas ses mots, face à la dérive des extrêmistes de Tel Aviv, présageant le pire encore... "...La révolution sioniste reposait sur deux piliers : la soif de justice et une équipe dirigeante soumise à la morale civique. L’une et l’autre ont disparu. La nation israélienne n’est plus aujourd’hui qu’un amas informe de corruption, d’oppression et d’injustice. La fin de l’aventure sioniste est déjà à notre porte. Oui, il est devenu probable que notre génération soit la dernière du sionisme. Après elle, il resterait ici un Etat juif méconnaissable et haïssable. Qui de nous voudra en être le patriote ?.." 


                   Une force digne de certains prophètes de l'Ancient Testament à l'égard des dérives de leur pays " ...
Alors qu'en Israël des personnalités de premier plan, civiles et militaires sont vent debout contre l'aveuglement meurtrier de Bibi, surtout depuis l'acharnement meurtrier des derniers mois.. Comme Burg, qui réfute les principes ségrégationnistes actuellement en cours dans son pays, allant juqu'à'  dire: "...« La révolution sioniste est morte », lâche-t-il en 2003 dans un article du quotidien Yediot Aharonot, avant d’affirmer qu’Israël, « ghetto sioniste », court à sa perte en se définissant comme État juif. Il y a quelques semaines, Avraham Burg, qui estime désormais que le sionisme aurait dû être aboli après la création d’Israël, a demandé au tribunal de district de Jérusalem d’effacer son inscription en tant que juif sur le registre de population du ministère de l’intérieur.   Dans le droit administratif israélien, la nationalité ne se confond pas avec la citoyenneté. À la rubrique « nationalité » du registre de la population comme de la carte d’identité figure un terme qui indique la nation du point de vue ethnique (juif, arabe, druze…) et non la citoyenneté de l’intéressé(e). En 2011, l’écrivain Yoram Kaniuk (1930-2013), qui jugeait le judaïsme en Israël synonyme de racisme, a demandé et obtenu du tribunal que, dans son cas, la mention « juif » soit remplacée, dans le registre de population, par « sans religion ».                                                              __Pourquoi avez-vous demandé de ne plus être inscrit comme juif sur le registre du ministère israélien de l’intérieur ? __   Avraham Burg : Parce que je ne me sens plus identifié à la nationalité juive, au collectif juif. Dans la Déclaration d’indépendance de 1948, qui n’est pas une constitution mais le document le plus proche d’une constitution dont nous disposions en Israël, il existe un équilibre très intéressant.  On y lit d’une part qu’Israël est un État juif, un État pour les juifs, mais aussi qu’Israël est résolument engagé à pratiquer la non-discrimination entre ses citoyens. Et qu’il assure à tous ses habitants une égalité des droits sociaux et politiques, sans distinction de sexe, de croyance, d’origine ethnique ou d’opinion politique.                                                                  C’est une prise de position très puissante. Si elle n’est pas parfaite, elle a le mérite d’être là depuis l’origine de l’État. Les gens comme moi qui n’aiment pas l’état actuel des choses peuvent toujours se dire : ce n’est pas l’idéal, mais nous avons un lieu pour vivre car les principes fondateurs de 1948 sont bons.    Mais depuis l’adoption, en juillet 2018, de la loi sur l’État-nation du peuple juif , tout est changé. Ce qui définit Israël, désormais, c’est le seul monopole juif. Sans l’équilibre constitutionnel des droits et libertés. En vertu de cette loi, un citoyen d’Israël qui n’est pas juif est assigné à un statut inférieur. Comparable à celui qui a été assigné aux juifs pendant des générations. Ce qui fut odieux pour nous, nous l’infligeons maintenant à nos citoyens non juifs.    Cette législation est en fait une nouvelle définition des relations entre majorité et minorité en Israël. Elle constitue aussi un changement dans ma définition existentielle. Dans mon identité. Dans ces conditions, ma conscience m’interdit désormais d’appartenir à la nationalité juive, d’être classé comme membre de cette nation, ce qui impliquerait pour moi d’appartenir au groupe des maîtres, statut que je refuse. Je ne veux pas appartenir à un collectif défini par les promoteurs de cette loi...."          ____________

samedi 8 août 2026

Figure israëlienne

 Il manque à son peuple... 

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:

« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement et de plus en plus divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 

 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.

      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés. 
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
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- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
- "En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
- L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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lundi 3 août 2026

Services publics (suite)

Pas de fatalité

          Dans le sillage de la révision des politiques publiques inaugurées par N.Sarkozy et F.Fillon, dans le contexte néolibéral inauguré plus tôt tendant à réduire, parfois drastiquement, le rôle de l'Etat, dans des domaines parfois cruciaux, les services publics, ou encore appelés tels, parfois réduits à la portion congrue, sont devenus des cibles de choix...

           Le manque de moyens apparus lors des incendies en cours, sans parler de l'état souvent désastreux de nos hôpitaux, a mis en évidence une nouvelle fois l'état dégradé de nos services publics. Tout cela est le processus de choix politiques qui ne sont pas si lointains et qui ont provoqué un infléchissement de l'engagement de l'Etat sous l'effet de choix néolibéraux. Réduire les coûts, quelles qu'en soient les conséquences, diminuer les personnels et les crédits alloués, sans perspectives à long terme, sinon favoriser le secteur privé,  libéraliser à tout va, dans le sens contraire des objectifs fixés initialement. N. Sarkozy et F.Fillon, qui se comparait à M. Thatcher, ont donné le ton, avec quelques précautions oratoires d'usage. Le logiciel est resté inchangé, malgré quelques aménagements circonstanciels.                        Depuis l’instauration de la révision générale des politiques publiques (RGPP) imaginée par Nicolas Sarkozy à son arrivée à la présidence en 2007 – devenue par la suite modernisation de l’action publique (MAP) –, la feuille de route du ministère des finances n’a pas changé. Chaque loi de finances est l’occasion de donner un coup de rabot supplémentaire dans les services publics, considérés comme dépensiers et improductifs, de supprimer des effectifs, de lancer des réorganisations permanentes alimentant l’impuissance.                                                                                                                                                                                            Point de vue           « Le logiciel gouvernemental reste le même : il faut réduire la dépense publique. Alors que les besoins augmentent, qu’il faudrait investir massivement pour faire face aux dérèglements climatiques, on assiste à un définancement des services publics. À l’exception de l’intérieur, de l’armée et, dans une moindre mesure, de la justice, mais dans des proportions nettement insuffisantes, tous les budgets des services publics sont en baisse », relève Marie Pla, coporte-parole de l’association Nos services publics, qui documente depuis plusieurs années la mise à sac de nos biens communs.                                     Aussi essentielle soit-elle, la sécurité civile n’a pas échappé à la règle. Vivement critiqué par toutes les oppositions pour le manque de moyens dévolus aux pompiers, le gouvernement se défend d’avoir sacrifié la sécurité de la population et des territoires.   Du côté de Renaissance, on assure que « depuis 2017, les moyens pour la sécurité civile ont été augmenté de plus de 70 % », et notamment chez l’ancien premier ministre Gabriel Attal, sur la sellette après avoir annulé, en 2024, la commande de deux canadairs, pourtant promis en 2017 (lire l’encadré).                             Les chiffres relativisent, toutefois, l’effort de l’État. Il consacre chaque année 800 millions d’euros à la sécurité civile. C’est presque soixante fois moins que le budget de l’armée. Cela représente à peine 10 % des dépenses totales pour les services incendies et de sécurité.  Car l’essentiel est payé par les départements et les collectivités locales. Mais depuis des années, le budget stagne autour de 7 milliards d’euros. « On dépense [deux ou trois fois plus] pour nos déchets » que pour la lutte contre les incendies, constate le député La France insoumise (LFI) Damien Maudet, coauteur de deux rapports sur la sécurité civile...Alors qu’en 1983 la France disposait de 24 canadairs, elle en possède deux fois moins aujourd’hui. Et encore, près de la moitié est clouée au sol. En effet, Sabena Technics, la société sous-traitante chargée de la maintenance, n’a pas tenu ses engagements de disponibilité à l’été, faute de pièces détachées suffisantes, comme l’a expliqué Éric Durand, secrétaire général adjoint du Syndicat du personnel navigant de l’aéronautique civile dans Le Monde.      Au mieux, la France disposera de deux nouveaux appareils en 2030-2032. Le constructeur canadien De Havilland a arrêté la production des canadairs en 2017, faute de commandes suffisantes. Il a accepté de la relancer en 2019 après que l’Union européenne (UE) lui a passé commande de 24 canadairs dans le cadre du plan « Reset ». Mais il a les plus grandes difficultés à retrouver son rythme de production antérieur.   À voir les délais imposés pour seulement obtenir deux avions, la situation est inexplicable. Alors que le secteur aéronautique français est reconnu dans le monde, pourquoi le gouvernement ne lui a-t-il pas demandé de plancher sur des projets de bombardiers d’eau ou de drones capables de lutter contre les feux de forêt ? Pourquoi lui a-t-il préféré De Havilland ?         Certains expliquent que les grands constructeurs aéronautiques ne sont pas tellement intéressés par des projets qui, pour l’instant au moins, ne représentent que des marchés de niche. Le gouvernement français n’aurait donc pas eu d’alternatives industrielles. Dans les faits, elles existent, comme le relève le rapport parlementaire « sur la stratégie de renouvellement de la flotte aérienne de la sécurité civile ». L’entreprise Hynaero est en train de développer un bombardier d’eau dit Frégate F-100, avec le soutien d’Airbus.  Mais le projet le plus avancé est celui mis au point par les ingénieurs de Positive Aviation à Toulouse. Il consiste à transformer des modèles de l’ATR-72, avion de transport régional, en bombardiers d’eau, ce qui permet de réduire les coûts de production. Le premier avion sera disponible en 2029.    Ce qu’il manque pour que ces projets décollent vraiment ? « Le soutien de l’État et des commandes publiques », dit le député insoumis Damien Maudet, coauteur d’un rapport à ce sujet. Même Bpifrance, la banque publique d’investissement, ne semble s’engager qu’avec précaution.     Alors que les moyens stagnent, les charges, elles, explosent. Elles ont augmenté en moyenne de 30 % sur les dix dernières années. D’autant que les services de sécurité doivent assumer de nouvelles missions, comme le transport de malades, à la suite des demandes du gouvernement de centraliser les appels d’urgence afin d’éviter l’engorgement des services d’urgence hospitaliers et de diminuer le coût des ambulanciers privés.       « Cela nous mobilise pendant 80 % de notre temps », dénoncent les syndicats de pompiers. Mais ces missions supplémentaires ne sont pas compensées par les caisses d’assurance-maladie.     Résultat ? Des services de sécurité sous tension permanente ; des pompiers mal payés et mal considérés qui ne veulent plus renouveler leur engagement volontaire après cinq ans ; des équipements hors d’âge et insuffisants ; des moyens financiers qui se réduisent comme une peau de chagrin, au point que certains départements ne peuvent leur acheter des masques filtrants pour les protéger.  Cette description de leurs conditions de travail faite par les pompiers pourrait tout aussi bien être faite par les professeur·es, les personnels de santé, les chercheurs et chercheuses, les personnels pénitentiaires et tant d’autres, tant le secteur public souffre d’un sous-investissement chronique.Pressées de toutes parts, les collectivités territoriales – départements et villes – disent qu’elles ne peuvent guère faire plus. Au nom de la rigueur budgétaire, les gouvernements successifs n’ont cessé de rogner leur autonomie financière et de renforcer la tutelle de Bercy, en les privant de recettes indépendantes (suppression des taxes professionnelle et d’habitation, par exemple) et en ne compensant pas intégralement le manque à gagner. Le ruissellement espéré par ces suppressions d’impôt devait participer à cette compensation. Il est toujours attendu.                                  Dans le même temps, l’État n’a cessé de leur demander d’assumer de nouvelles charges, sociales pour l’essentiel. En 2022 et 2023, deux rapports de l’Assemblée des départements de France (ADF) décrivaient « un système à bout de souffle » et demandaient une remise à plat du système de financement de la sécurité civile. Les catastrophes en cours les amènent à renouveler leur alerte.  « On ne peut pas demander aux départements d’investir toujours davantage alors qu’eux-mêmes sont au bord de l’asphyxie financière. À force d’attendre, c’est notre capacité collective à protéger les Français qui est fragilisée », dit François Sauvadet (UDI), président de l’ADF.                Jusqu’alors, le gouvernement a joué la montre. La dernière grande loi de programmation de la sécurité civile remonte à 2003, reposant sur des bases de taxation à partir des immatriculations qui n’ont jamais été révisées et sont devenues obsolètes. Depuis lors, plus rien.                                                                                              Un Beauvau de la sécurité civile, qui a bien été réuni en 2025, était censé aboutir à une grande réforme permettant la remise à plat du système de financement du secteur. Promis début 2026, le texte a été renvoyé aux calendes grecques, comme le dénonce la députée écologiste Sandra Regol, autrice de nombreuses propositions de loi sur le sujet.                     « La sécurité civile, ce n’est pas un sujet politique. Après l’été, tout le monde oublie les feux de forêt et on passe à autre chose », constate l’insoumis Damien Maudet. Sans guère rencontrer d’opposition, le gouvernement a pu ainsi réécrire une disposition adoptée au Parlement accordant des trimestres supplémentaires pour le calcul de retraite des pompiers. Au lieu de six trimestres supplémentaires, l’exécutif a décidé mesquinement de limiter la compensation à trois trimestres au bout de quarante années de service volontaire. La mesure devait concerner une poignée de pompiers. C’est ce qui s’appelle une gestion « en bon père de famille », sans doute.                                               Dans le même élan, outre la suppression de la commande de deux canadairs en 2024, le gouvernement a décidé, dans sa réécriture du budget 2026, de supprimer l’amendement prévoyant l’achat supplémentaire de retardateur d’incendie, dispersé aujourd’hui lors des vols d’A400M. Il a déjà prévenu les collectivités territoriales qu’elles seraient associées aux nouveaux efforts de réduction du déficit et devaient prévoir des budgets en baisse.    Le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, peut désormais mesurer les effets de ses réductions budgétaires, dont il était un fervent défenseur quand il était ministre des comptes publics (2023-2024). Aujourd’hui, il réclame l’aide de l’État. « Quand on fera l’addition financière des catastrophes de cet été, il est probable, compte tenu de l’ampleur des sinistres, qu’elle sera plus élevée que le budget consacré à la sécurité civile », prédit Damien Maudet. Mais Bercy ne compte jamais comme cela : il note les dépenses mais jamais ce qu’elles apportent ou les dégâts qu’elles évitent.                                                                                                                           Une erreur, selon le député socialiste Philippe Brun. Reprenant une idée émise dans un des rapports parlementaires, il préconise que l’État évalue aussi le montant des catastrophes évitées grâce au système public de protection civile et que les assurances participent à son financement.                                                                                     À peine émise, l’idée paraît déjà mort-née. Par principe, le gouvernement se refuse à demander au privé de participer à l’effort général. Et s’il s’est tant désintéressé de la sécurité civile ces dix dernières années, c’est que ces missions ne peuvent pas être déléguées au privé, qu’il n’y a pas moyen d’en tirer profit. Au contraire. Ce ne sont que des externalités négatives qu’il importe de faire supporter au public.                     Quand les missions de service public peuvent être déléguées au privé, l’État s’empresse de les encourager, quel qu’en soit le prix pour la collectivité. Alors que les moyens et les effectifs diminuent partout, les transferts de financement et l’externalisation des missions de service public n’ont jamais été aussi nombreux. Selon les calculs de Nos services publics, l’externalisation s’élève désormais à 160 milliards d’euros par an.                                                                                                                   Tout y passe : de l’établissement des cartes grises, qui donne lieu à des fraudes gigantesques, à la perception des amendes, en passant par certaines tâches douanières ; les réseaux de cliniques privées prospèrent sur le dos du système de santé ; les transporteurs ferroviaires concurrencent la SNCF sans assumer aucune charge pour l’entretien du réseau ; les producteurs indépendants d’électricité sont assurés d’une rente garantie sans aucune obligation, tandis qu’EDF paie toutes les charges.                                                                                                                                            Tandis que les fermetures de classes s’accélèrent dans l’Éducation nationale, les financements de l’enseignement privé ne cessent d’augmenter et dépassent désormais celui de la sécurité civile. Quelques dizaines de milliers d’élèves valent bien qu’on leur consacre plus d’argent qu’à 66 millions d’habitant·es.                                   « Il serait temps de se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. Car l’État verse de l’argent au privé sans contrôle, sans évaluation. Ces dépenses doivent être conditionnées, voire, pour certaines, totalement supprimées », dit Marie Pla.  En tout cas, cette politique de réduction du secteur public et de transfert au privé n’a pas permis de diminuer l’endettement : en dix ans, il s’est accru de 1 300 milliards d’euros. Aucun gouvernement n’a affiché un bilan aussi désastreux.                                      Le gouvernement ne semble pas prêt à en prendre le chemin. Les ravages forestiers pourraient même lui donner l’occasion d’étendre encore la politique de mise en coupe réglée des services publics. Depuis quelque temps, l’Office national des forêts (ONF), lointain héritier des services royaux institués par François Ier pour protéger le domaine patrimonial forestier, est entré dans le champ d’intérêt d’Emmanuel Macron.      Une vaste réforme de l’organisme a été entreprise. Objectif : faire le plus d’argent possible en se mettant au service des intérêts privés. Un tiers des effectifs de l’ONF a été supprimé, créant un malaise interne profond. « L’État fait obligation aux propriétaires de débroussailler ses terrains. Mais il n’est pas sûr que l’ONF soit lui-même en capacité de le faire, tant il a supprimé d’emplois », dénonce Damien Maudet.                                                                                                                                  Avec les incendies, le chef de l’État voit une occasion d’accélérer son projet. Comme après l’incendie de Notre-Dame, il a promis, lundi 27 juillet depuis la Gironde, de reconstituer la forêt disparue, mais une « forêt différente » qui tienne compte des changements climatiques, ainsi que de la pression urbaine. Ce même jour, lors du conseil des ministres, il a rappelé qu’il s’agissait d’« un enjeu de premier plan ».                                                                                                                       La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, semble poser les premiers jalons de cette ambition présidentielle. Le week-end des 25 et 26 juillet, alors que les habitant·es, les pompiers et les autorités étaient en pleine panique dans la région bordelaise, elle a annoncé la création d’un fonds, associant public et privé, pour préserver et replanter les massifs forestiers en France, afin de les rendre plus résistants aux dérèglements climatiques. Elle pourrait surtout donner lieu à une vaste redistribution territoriale et foncière entre public et privé.  Les expériences récentes de ce mélange public-privé pour défendre des enjeux climatiques ou environnementaux, que ce soit dans l’énergie, l’automobile ou ailleurs, aboutissent souvent aux mêmes résultats : à la fin, ce sont toujours la vision et les intérêts privés qui priment, et le public paie, surtout en cas d’échec. Nos biens communs, nos services publics, l’intérêt général et, désormais, comme le prouvent les catastrophes en cours, notre sécurité valent mieux que cela..."(Martine Orange _ Merci à Médiapart)     _________