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mardi 15 octobre 2013

USA: La prison, vrai business

  Quand la prison profite
                                            A l'heure où on s'interroge sur l'état des prisons en France, sur leur surpopulation et sur la possibilité d'autres formes de peines pour certaines formes de délit, la prison n'étant pas la panacée...
...Aux USA, le principe de rentabilité est de rigueur depuis un certain nombre d'années, dans l'armée comme dans les prisons.
   Il s'est d'abord appliqué à certains Etats, puis à l'ensemble du pays, même si, ici ou là, les dérives constatées entraînent des remises en question. Une industrie comme une autre, surtout par temps de crise. Les noirs sont sureprésentés et les plus jeunes n'y échappent pas: 65 000 enfants sont en prison aux Etats-Unis.
___Trop souvent, des faits choquants font la une de la presse: un jour,
un enfant de 13 ans risque la prison à vie, hier une écolière de 6 ans se retrouve menottée en prison pour une grosse colère à l'école...No place for kids: des citoyens américains militants se sentent souvent impuissants face au système, bénéficiant de l'indifférence de la grande masse.

 Les USA détiennent la palme de l'incarcération (La population des États-Unis représente 5% de la population mondiale. La population carcérale américaine représente 25% de tous les détenus du monde. Autre chiffre important, celui de la progression de cette population carcérale aux States : 300.000 en 1972, 1 million en 1990, 2 millions en 2000 et 2,3 millions en 2009) , juste devant les tristes prisons de la Russie, où la torture sévit encore.) 
             La politique de détention est liée à un business, que la crise encourage:
" ...Depuis le début de la crise, en 2007, ils essayent par tous les moyens de comprimer les dépenses des prisons. Fermetures d’établissements, retard dans les investissements programmés, mais aussi allègement des peines de prison et libérations anticipées font partie de cette cure de rigueur. « Plus de 26 Etats ont réduit leurs dépenses carcérales dans le budget 2010 et de nouvelles coupes sont prévues en 2011 », explique Suzanne Kirchhoff. Car une justice plus clémente est synonyme d’économies substantielles : le raccourcissement d’un mois du séjour moyen en prison aboutirait à réduire le nombre de détenus de 50.000 personnes.
L’autre moyen de comprimer le coût passe par un recours de plus en plus fréquent au secteur privé. Le phénomène a commencé bien avant la crise - sur les 153 nouvelles prisons construites entre 2000 et 2005, 151 l’ont été par des sociétés privées -, mais il s’est renforcé avec celle-ci. En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger a par exemple recommandé dans son discours de l’Etat en janvier dernier de faire inscrire dans la constitution californienne que les dépenses consacrées aux prisons ne puissent pas dépasser le budget de l’éducation : un changement qui passerait par la privatisation de nombreux établissements...
De plus en plus sollicités, les opérateurs privés sont devenus indispensables dans l’univers carcéral américain.., contrôlant près d’un quart des 1.800 prisons américaines (contre 16% en 2000). « Au plan national, près de 8% des détenus se trouvent aujourd’hui dans des prisons privées, ce chiffre pouvant atteindre 30% dans certains Etats », détaille le rapport. Un succès qui s’explique par les coûts moins élevés du secteur privé. La comparaison des salaires est éloquente. Alors qu’un gardien de prison dans un établissement fédéral gagne 50.830 dollars par an, son collègue dans une prison privée ne perçoit que 28.900 dollars... Presque deux fois moins. C’est pourquoi les entreprises privées n’ont pas nécessairement à craindre un resserrement des budgets consacrés aux prisons : elles sont bien placées pour récupérer des « parts de marché » des prisons publiques..."
           De plus en plus de prisons sont donc maintenant construites et gérées par des entreprises privées, qui se livre ainsi à un  business juteux:
" ...Même si la criminalité diminue, des lois répressives et des "clauses d'occupation" assurent le remplissage de leurs établissements, souvent aux dépens du contribuable...
  Les entreprises pénitentiaires privées ont favorisé l'adoption de lois sur la seconde récidive [les "three-strike laws" permettent de condamner les petits délinquants à perpétuité dès la troisième infraction] et la "vérité des condamnations" [les "truth-in-sentencing laws", qui prévoient des peines incompressibles afin que celles-ci correspondent aux sentences], lois qu'elles ont même contribué à rédiger. Cette législation fait augmenter la population carcérale. Pour prospérer, ces sociétés ont besoin que les villes, les grandes agglomérations et les Etats envoient davantage d'individus dans les prisons et les y fassent croupir. On pourrait se demander ce qui se passe quand la criminalité baisse et que la population carcérale diminue dans les Etats qui ont accepté de garder leurs prisons privées pleines à 80 % ou 90 %. Prenez le Colorado. Le taux de criminalité de cet Etat s'est effondré d'un tiers au cours de la dernière décennie et, depuis 2009, cinq prisons gérées par l'Etat ont fermé parce qu'elles n'avaient plus d'utilité. De nombreuses places restent vides dans d'autres prisons de l'Etat.
Pourtant, le Colorado a choisi de ne pas occuper ces places, car le gouverneur démocrate, John Hickenlooper, et CCA ont conclu un accord prévoyant d'envoyer 3 330 prisonniers dans les trois prisons que possède le groupe au Colorado. Résultat, les contribuables de cet Etat paient la sous-occupation des prisons publiques...."
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samedi 27 février 2010

Prisons privatisables


Des prisons rentables?

Vers un modèle américain?..

Aux USA-Des politiques de détention favorisant les profits:

"Afin de maximiser leurs profits, les établissements de détention privés doivent favoriser une utilisation maximale de leurs installations, ce qui implique un nombre maximal de détenues accompagné d’une rétention maximale de ces mêmes personnes. Il faut comprendre que le travail forcé des détenuEs rapporte gros à l’entreprise privée qui vend leurs services à des entreprises externes et encaisse la différence entre ce que paie l’entreprise externe et ce qu’elle verse aux détenues.
__En mars 1997, dans un document public, la CCA reconnaissait que « le rythme de construction de nouveaux centres de détention ainsi que le potentiel de croissance de la CCA dépendra de plusieurs facteurs incluant les taux de criminalité et la tendance des sentences rendues dans les tribunaux aux États-Unis
. » En résumé, plus les juges sont sévères envers les personnes trouvées coupables de crimes mineurs ou graves, plus le potentiel de profits pour ces entreprises augmente.
____C’est ainsi que la CCA et la WCC versent d’importantes contributions financières au American Legislative Exchange Council (ALEC), une organisation située à Washington influençant les politiques publiques en supportant les législateurs conservateurs
. De tous les législateurs états-uniens, 40 % sont membres de ALEC. En plus de maintenir des pressions sur les législations pour que celles-ci suivent des principes conservateurs telle la privatisation, ALEC, par le biais d’un comité nommé Criminal Justice Task Force (ALEC-CJTF), a joué un rôle important dans la mise en place et l’adoption par plusieurs états de lois telles que la « Truth in Sentencing » et la très controversée « Three Strikes ». Alors que la première réduit considérablement ou retire complètement les possibilités d’obtenir une libération conditionnelle, forçant les détenues à purger de 85 % à 100 % de leur peine, la deuxième implique des peines de 25 ans à la prison à vie pour toute personne « récidiviste » trouvée coupable d’un troisième crime punissable par la loi. C’est alors que si vous êtes pris à fumer de la marijuana puis arrêté pour avoir fraudé une banque et que, finalement, vous êtes pris de nouveau pour avoir volé une tablette de chocolat, un juge peut décider d’appliquer cette loi qui vous fera passer les 25 prochaines années de votre vie en prison.Les entreprises privées qui gèrent des établissements carcéraux sont les principaux bailleurs de fonds du budget opérationnel de l’ALEC..." (Martin Petit)

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Privatisation des prisons - AgoraVox
...La population des États-Unis représente 5% de la population mondiale. La population carcérale américaine représente 25% de tous les détenus du monde… cherchez l’erreur ! Autre chiffre important, celui de la progression de cette population carcérale aux states : 300.000 en 1972, 1 million en 1990, 2 millions en 2000 et 2,3 millions en 2009.
On peut dès lors chercher des raisons à cette explosion du nombre de prisonnier. Manifestement les politiques sociales sont un cuisant échec, surtout lorsque l’on regarde les statistiques qui concernent les crimes, voies de faits et délits en tous genres, mais comment expliquer qu’un pays comme les États-Unis, capable de verser des centaines de milliards de dollars de fonds publics pour voler au secours des banques et des constructeurs automobiles, n’arrivent pas à mettre en place des mesures efficace pour lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté ?
Une des explications passe par l’organisation et la gestion des centres pénitenciers. De plus en plus de prisons sont maintenant construites et gérées par des entreprises privées, surtout depuis que Bush, le brillant intellectuel libéral, a fourré son nez dans ce dossier. Que voulez-vous, aujourd’hui il faut faire de l’argent avec tout.
Ces entreprises privées facturent très cher aux états ces services (en France, les libéraux, c’est-à-dire les partisans de l’UMP et du Parti Socialiste appellent ça des Partenariats Public-Privé ... Mais pour faire encore plus d’argent, ces entreprises ont eu une idée géniale : transformer les détenus et esclaves, en déguisant tout cela sous des noms pompeux comme aide à la réinsertion et formation. Cette population est corvéable à merci, payée avec des salaires qui conduiraient les chinois les plus défavorisés à la révolte, et ne bénéficient bien sur d’aucun droit. Génial comme idée non ? Du coup de nombreuse entreprises y ont vu une solution très opportune pour éviter les frais de délocalisation en Chine ou en Indes : IBM, Boeing, Motorola, Microsoft, ATT, Wireless, Texas, Dell, Compaq, Honeywell-Packard, Nortel, Lucent Technologies, 3 Com, NorternTelecom,TWA, Nordstorm, Revon, Macy’s, Pierre Cardin, Target Stores... oui, vous avez bien lu, Pierre Cardin.
Et si vous ne voulez pas bosser vous allez directo en cellule d’isolement jusqu’à ce que vous ayez changé d’idée. Elle n’est pas belle la vie ? Là où le bas blesse, c’est que ces entreprises qui gèrent les prisons, super, mais alors super rentables, ont un intérêt énorme à ce que les prisons soient pleines. Plus il y a de détenus, plus les états versent d’argent, et plus ils y a de contrats à la clef avec des entreprises qui passent des commandes pour faire travailler les malheureux prisonniers. La boucle est bouclée...
Les fameuses entreprises qui gèrent les prisons, passent des contrats avec des entreprises françaises (L’Oréal, Bouygues, EADS, Yves Rocher, BIC, etc.), pour leur proposer une main d’œuvre vraiment bon marché : un détenu est payé souvent à la pièce (ce qui est illégal en France) entre 200 et 300 euros par mois, bien sur sans aucun droit ni aucune protection sociale. L’Observatoire International des Prisons dénonce haut et fort cet esclavage moderne légal : « Non seulement les prisons en France détiennent le triste record européen du nombre de suicide, mais elle a déjà été condamnée par l’Europe pour des conditions inhumaines d’incarcération (surpopulation, hygiène, droits des détenus). Dans les prisons, les détenus qui travaillent sont dans des zones de « non droit ». François Besse, de l’OIP, connaît le problème : « En ce moment, nous aidons un détenu de la maison d’arrêt de Caen à essayer, malgré tout, d’obtenir des indemnités. L’an dernier, en restaurant des palettes en bois, il a enlevé la sécurité de son pistolet à clous. Il s’est crevé un œil. Puis, comme il avait besoin d’argent, il a repris le travail et s’est crevé le second…
Bouygues, Eiffage Construction, Sodexho-Alliance (Siges et Idex-Sogerex), Suez-Lyonnaise des eaux (Gepsa)... sont en prison. Pour y faire de l’argent, pas à cause de tout ce qu’on peut leur reprocher.
Le système carcéral offre un excellent exemple de l’interpénétration "public-privé". Le partage des tâches est simple : le "service public" fixe les lois permettant les emprisonnements (parlement), régule les flux d’entrée et de sortie de prisonniers (police, justice) et le "service privé" fait ses choux-gras de l’exploitation du système. Le principe de base de cet accouplement monstrueux, c’est la "délégation de service public", que les contrats dits PPP (Partenariats public-privé, loi du 2 juillet 2003) ont porté à son maximum. Avec les PPP, administrations et entreprises ne font pratiquement qu’un pour l’exécution du service, et deux bien distincts pour ce qui concerne les bénéfices.
La gestion en PPP est pour les entreprises privées une manne. Elles espèrent engranger, sur le modèle américain, d’immenses profits. Grâce à un accroissement progressif -et d’ailleurs programmé- de la population carcérale, le système atteindra certainement une forte rentabilité.
Les puissantes entreprises qui se sont lancées dans les PPP feront donc, avec tous les moyens dont elles disposent (les médias qu’elles contrôlent, leur copinage politique, la corruption...) tout ce qu’elles peuvent pour que la "justice" matraque de plus en plus l’habitant de base et le fasse passer par la case prison quand il leur conviendra. Leurs bénéfices en dépendent. Leur cotation à la bourse aussi.
___L’histoire de la privatisation des prisons vient de loin, mais c’est en 1987 qu’elle a été relancée par Albin Chalandon (gouvernement de droite) avec la construction de 15 000 nouvelles cellules et l’attribution à une même entreprise de la conception, la construction et la gestion d’un établissement pénitentiaire. Sur les 25 prisons prévues par son programme, 21 ont été construites avec un total de 13 000 cellules... "

-Prisons: privatisation et dérives capitalistes:
"...
pour compléter la panoplie des « contrats de partenariat », on développe les fameux Partenariats Public Privé et le système AOT-LOA (autorisation d'occupation temporaire-location avec option d'achat). L’argument est basique : l’Etat n’a pas de fric. Mais comme il a des besoins, il va passer des contrats avec le BTP qui va construire les bâtiments qu’on estime « non finançables par les utilisateurs finaux ». Les prisons entrent parfaitement dans ce cadre.

Et en échange de la construction des bâtiments (par exemple trois prisons de 400 à 700 places), de leur équipement et de leur entretien (dont le nettoyage), l’Etat paie un loyer pendant 20 à 30 ans, par exemple (mais pas plus de 70 ans). A la fin, il devient propriétaire du bâtiment. Et comme l’entreprise est choisie en fonction de sa capacité à « mobiliser les financements », seuls les plus gros du BTP et leurs banques peuvent entrer dans la compétition.__Le vrai propriétaire des bâtiments, c’est donc celui qui les a financés.En juin 2004, une « ordonnance » crée le « contrat de partenariat » (CP) pour « optimiser la répartition des taches entre Public et Privé en fonction des coûts, délais, performances et risques ». Rien qu’au jargon utilisé, on sent qu’au final il s’agit de filer de l’argent public au privé..."

-
Privatisation prisons

"...La construction de nouvelles prisons, privatisées de surcroît, en vue de réduire la surpopulation carcérale est pourtant contestée par de nombreux travaux internationaux pour ses effets pervers : loin d’être synonyme de désengorgement, elle stimulerait une extension du recours à l’incarcération. En France, le Programme 13 000 lancé en 1987 a été suivi par un Programme 4000 en 1995, et en 2005, le plus vaste programme de construction de prisons en Europe a été lancé, avec 18 nouvelles prisons semi-privées sur 28 (soit 10 000 nouvelles places) en cours33.__Par ailleurs, non seulement les prisons privées n’échappent pas à la surpopulation malgré des clauses contractuelles la prohibant34, mais en plus, la surpopulation carcérale représentant un incitant pour le marché, les entreprises n’auraient aucun avantage à ce qu’elle diminue. Aux Etats-Unis par exemple, des entreprises privées ont construit des établissements de leur propre initiative, cherchant ensuite à les louer à l’Etat.
Payées en fonction du nombre de détenus incarcérés, par prix unitaire journalier d’un « lit », elles ont tout intérêt à maintenir un taux d’occupation maximale, d'où le danger de l’influence du lobby pénitentiaire sur la politique pénale.
La « mégaprison » de 2106 lits construite en 1997 et gérée par la CCA à Youngstown, région de l’Ohio économiquement défavorisée et à la recherche d’emplois, illustre à l’extrême les dangers de cette « politique de remplissage » : comme à son ouverture, la prison n’accueillait aucun détenu et ne générait donc aucun revenu, la CCA négocia officieusement avec le gouvernement fédéral pour obtenir la prise en charge
immédiate de 1700 détenus de sécurité moyenne. Peu après, elle obtint aussi d’une prison fédérale qui dut fermer, le transfert de détenus à haute sécurité, mais reclassés en détenus moyennement dangereux pour l’occasion...
"

-PRISON.EU.ORG - Le portail de l'information sur les prisons
Observatoire international des prisons
-Privatisations à perpète

-Petite conséquence de la privatisation… des prisons
-USA : des juges ripoux au service de prisons privées
-Les juges américains seraient-ils achetés?
-Suicides en prison : le macabre record français - AgoraVox
-Proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur la situation dans les prisons françaises et ses perspectives d'évolution
-L'univers carcéral aux USA
-Prisons US:youtube
-
Fermons les prisons !
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-Prisons: notre scandale
-Les prisons, encore

vendredi 24 août 2018

Des prisons privatisées?

Privatisation des prisons: une fausse bonne idée.
                                                      La privatisation des prisons, partielle ou totale, outre son coôt, peut conduire à des dérives comme ici en Grande Bretagne.
      La triste expérience continue encore sous Thérésa May.
  Au pays de la thachérisation, de la blairisation et de la caméronisation néo-libérales des politiques  publiques, on commence à faire machine arrière dans le dogme de la gestion  privée des prisons, du rail, de la santé. C'est plus qu'un désenchantement, c'est parfois un fiasco et in fine toujours un surcoût.

    En France, les pouvoirs publics sont tentés depuis des années à aller dans cette direction.
Par exemple, une privatisation rampante s'introduit dans la gestion de certains établissement pénitentiaires, avec ses effets pervers, pas seulement en matière budgétaire. Le privé coûte toujours plus cher.
    Le PPP (partenariat public-privé) n'a pas que des vertus...seulemnet parfois des avantages à court terme. Même si cela reste en mission déléguée en France pour l'instant. (*)
    Même en Allemagne et aux USA, la privatisation n'a pas fait ses preuves. L'intérêt du privé est que les prisons ne désemplissent pas....Un business juteux, alimenté par une justice souvent approximative, comme dans certains Etats US.
      En France, avec les reours aux PPP, l'Etat s'est considérablement endetté ...;Les intérêts et les charges à verser chaque année pour la maintenance des bâtiments alourdissent toujours plus le montant à rembourser. » Le « loyer » versé par l’État aux gestionnaires privés avoisinerait 5,9 milliards d’euros par an, d’après les calculs de l’association [4].« Cela pèsera de manière exponentielle sur tous les budgets à venir », rappelle l’OIP. Et obligera l’administration pénitentiaire à faire des économies ailleurs. « Pour dégager les ressources suffisantes pour le paiement des loyers de leurs contrats de partenariat, les personnes publiques sont souvent contraintes de redéployer des moyens, voire le plus souvent de réduire leurs dépenses de fonctionnement ou d’investissement consacrées à d’autres projets. L’exemple du budget de la direction de l’administration pénitentiaire est à cet égard particulièrement éclairant », s’inquiète en ce sens un rapport du Sénat, en 2014, sur les « bombes à retardement » que sont les PPP...
       La question de la rentabilité des prisons est une question perverse, qui élude la question plus complexe de la légitimation de certaines incarcérations , de la réinsertion...
   C'est tout le système qui est en cause depuis des années, critiqué jusque dans les instances européennes: "Cinq ans après deux rapports déjà accablants, le Conseil de l’Europe vient de classer les prisons françaises parmi les pires de l’Union"
Un scandale bien français, dans l'indifférence générale, quand "la sanction est le premier outil de la prévention".
La vérité 
est cruelle. Promiscuité, surpopulation, violences... La situation empire, même dans les prisons considérées naguère comme modèles.


_______    (*) En France, plus d’un tiers des prisons sont en partie gérées par des grands groupes privés. Le mouvement de privatisation du système carcéral, entamé il y a trois décennies, prend toujours plus d’ampleur. De la gestion des repas à l’accueil des familles, de la construction des maisons d’arrêt au travail pénitentiaire, une poignée d’entreprises se sont saisies de ce nouveau marché lucratif. L’État débourse près de six milliards d’euros par an pour payer leurs services, sans que les bénéfices d’une gestion privée soient démontrés. Cette privatisation rampante pose aussi une question de fond : les entreprises privées ont tout intérêt à ce que les prisons ne désemplissent pas....
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jeudi 19 avril 2012

Des prisons enfin rentables?

« Une société se juge à l’état de ses prisons » (A.Camus)
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___La surpopulation et les conditions de détention carcérale en France deviennent critiques.______________Rien ne s'arrange, c'est un euphémisme..
C'est tout le système qui est en cause depuis des années, critiqué jusque dans les instances européennes:
"Cinq ans après deux rapports déjà accablants, le Conseil de l’Europe vient de classer les prisons françaises parmi les pires de l’Union"
Un scandale bien français, dans l'indifférence générale, quand "la sanction est le premier outil de la prévention".

La vérité
est cruelle. Promiscuité, surpopulation, violences... La situation empire, même dans les prisons considérées naguère comme modèles.
A-t-on entendu les candidats à la présidentielle évoquer le problème?
_Heureusement(!), nous sommes encore loin de
lAmerican gulag ».
...C’est ainsi que le général Barry McCaffrey, « Tsar antidrogue » de l’administration Clinton, décrivait en 1996 le système carcéral des États-Unis. Une exagération ? Non, à en juger par les derniers chiffres officiels
. Avec 2,1 millions d’hommes, femmes et adolescents derrière les barreaux en 2001, les États-Unis avaient la plus grande population carcérale au monde, et avec 686 prisonniers pour 100 000 habitants, ils battaient le record mondial du taux d’incarcération préalablement détenu par... la Russie. Le taux d’incarcération américain est de 5 à 11 fois plus élevé que celui des pays de l’Union européenne, et 7,6 fois plus que le français. Le seul Texas emprisonne plus de monde que la France, le Royaume-Uni et le Benelux réunis. Si aux adultes emprisonnés on ajoute ceux qui sont en liberté sur parole et en conditionnelle, ce sont 6,6 millions de personnes qui sont actuellement soumises à contrôle pénal, contre 1,8 million en 1980. Officiellement, cette « explosion carcérale » a été justifiée par la nécessité de réduire la criminalité aux États-Unis. Mais il est loin d’être évident qu’il existe une relation de cause à effet directe entre incarcération de masse et baisse de la criminalité ; les deux phénomènes semblent déconnectés.
.."


_________Mais il y a plus, l'Etat se désengage de plus en plus de sa fonction régalienne, la gestion des prisons, qui évolue vers un modèle de type américain, une privatisation, ouverte ou rampante.
Aux USA, le processus est déjà bien engagé: le principe de rentabilité s'est d'abord appliqué à certains Etats, puis à l'ensemble du pays, même si, ici ou là, les dérives constatées entraînent des remises en question. Une industrie comme une autre...surtout par temps de crise.
_65 000 enfants sont en prison aux Etats-Unis
___Trop souvent, des faits choquants font la une de la presse: un jour,
un enfant de 13 ans risque la prison à vie, hier une écolière de 6 ans se retrouve menottée en prison pour une grosse colère à l'école...No place for kids: des citoyens américains militants se sentent souvent impuissants face au système, bénéficiant de l'indifférence de la grande masse.
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Point de vue Prison : le fond de l’enfer.

dimanche 3 janvier 2010

Obama, un an après


Rupture ou continuité?

-Obama Closes Doors on Openness ?-Fin d'un espoir ?

-Difficile de faire un bilan au bout d'un an seulement, même s'il apparaît que les grandes lignes de la présidence sont tracées dans de nombreux domaines
Les jugements des observateurs sont tantôt réservés, voire indulgents, tantôt tranchés et sévères, peut-être excessifs Mais il est évident qu'un certain nombre d'espoirs levés sont déçus, aussi bien dans le domaine de la politique intérieure, où les intérêts de Wall Street sont préservés, voire renforcés (avec les risques de nouvelles crises financières), que dans celui de la politique intérieure, où l'erreur de l'engagement afghan notamment se trouve confirmé, où les promesses palestiniennes sont compromises...
_________La question qu'on se pose, connaissant le mode de fonctionnement des institutions US:
Qui gouverne vraiment?

« Au cours de périodes où règne le mensonge et la manipulation, dire la vérité devient un acte révolutionnaire » – George Orwell-
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-Obama, un an après - AgoraVox:
"Le 27 janvier 2009, Barack Obama prenait officiellement ses fonctions de 44ème président des États-Unis. Un noir à la Maison-Blanche, tout un symbole. L’Obamania aux USA et dans le reste du monde a cédé la place à une certaine déception quand ce n’est pas un dénigrement organisé. Que la désillusion envahisse ceux qui pensaient avoir trouvé Merlin l’Enchanteur, rien de plus normal. Pour les autres, malgré les retards et les embûches, le premier président de couleur des États-Unis demeure un formidable espoir.___Jacques Hubert-Rodier dans un excellent articlele fol espoir a laissé place à une certaine déception“, pour mieux rappeler que la politique n’est pas la Star académie et qu’un paquebot de la taille des USA ne change pas de cap aussi vite qu’une goélette.___La déception que l’on fait peser sur Obama vient en partie du fait que celui-ci renvoie à son pays, tel un miroir, sa vraie image. Une réalité qui diffère du mythe de superpuissance invincible habilement endossé par son prédécesseur. Comme l’écrit Jacques Hubert-Rodier , “l‘Amérique n’est plus l’hyperpuissance de l’après-guerre froide, mais seulement la plus forte puissance dans un monde multipolaire partagé avec d’autres puissances.“Autre facteur également souligné, le fait que, contrairement aux fantasmes et à la France, le système politique américain est marqué par un réel équilibre des pouvoirs qui implique une négociation avec le Congrès, même lorsque le président est majoritaire dans les deux Chambres.Derrière l’écume des vagues, de nombreux observateurs, à l’image de Jacques Hubert-Rodier, relèvent que, “en dépit de l’impression de doute, peu de présidents américains peuvent se prévaloir d’avoir autant changé la donne dans un laps de temps aussi court. Le changement de cap est d’autant plus remarquable qu’il intervient au milieu d’une récession économique sans précédent depuis la Grande Dépression des années 1930... publié dans Les Échos, livre une analyse très juste de la situation."


-Obama: le bilan après un an:
"Voilà déjà une année d’écoulée depuis l’élection de Barack Obama. Comme je le prédisais à l’automne dernier, ce nouveau gouvernement élu sur un vent de changement, se révèlera n’être qu’une vaste illusion, une campagne de promesses vides et de faux espoirs. L’administration Obama n’est rien de plus que la continuité de celle de Bush. L’illusion du paradigme de la gauche et la droite, des Républicains et des Démocrates s’effondre. Il n’y a qu’UN parti politique aux États-Unis: Le parti de la guerre et de Wall Street, le tout orchestré par les banquiers privés de la banque centrale, la Federal Reserve Bank (Fed). Que les Américains votent pour un parti ou l’autre, l’agenda est le même. Il y a longtemps que les États-Unis sont tombés sous un coup d’État silencieux, probablement depuis la mort de JFK.
_____Voici de nombreux exemples de ce bilan négatif de l’administration Obama:- L’administration Obama tente d’étouffer le dossier des courriels manquants de la Maison Blanche.Obama avait promis à l’Amérique plus de transparence. Cela ne s’est jamais vraiment concrétisé. Nombreux sont les exemples. L’administration Obama a décidé de suivre les pas de l’ancien président George W. Bush en tentant
d’étouffer une poursuite judiciaire visant récupérer des millions de courriels manquants liés à la Maison Blanche pouvant contenir des informations importantes quant à la gestion de l’administration Bush, effaçant ainsi potentiellement des évidences de crimes.
_____- L’argument identique du « secret d’État »
utilisé par Bush est mis de l’avant par l’administration Obama pour empêcher la divulgation d’informations troublantes et incriminant._- Le département de la Justice imite l’administration Bush en invoquant le privilège du « secret d’État » face à des poursuites judiciaires dans le dossier du programme de capture extraordinaire de la CIA (rendition program), mis en place par Bush, Cheney et Rumsfeld. La raison évoquée pour éviter que les poursuites judiciaires se poursuivent contre ce programme d’enlèvement de suspects à travers le monde, transportés secrètement vers des prisons non identifiées publiquement pour se faire torturer, est que ces poursuites pourraient révéler des informations secrètes relatives à la sécurité nationale
.__- Barack Obama avait promis que les États-Unis ne torturerait pas sous sa garde.

Mais tout comme Bush, Obama se bat pour empêcher des milliers de photos documentant la torture made by America, alors que Guantanamo n’a toujours pas fermé ses portes et que la torture se poursuit inlassablement sous son administration, tel que rapporté par une enquête espagnole. Cette dernière explique différentes techniques pratiquées comme l’écrasement de testicules, la détention dans des cellules souterraines dans un les ténèbres totales avec privation de sommeil et de nourriture pour une durée de trois semaines, inoculation à l’aide d’injections de maladies canines, torture à l’eau (waterboarding), etc. Tout cela sous l’autorité de personnel militaire américain, parfois conduit en présence de professionnels médicaux.
Le président Obama refuse de rendre public les photos de torture parce qu’il « croit que leur publication pourrait mettre en danger les troupes ».
En réalité, non seulement Obama ne poursuivra pas les responsables de la torture en justice, mais en fait, il planifie donner de l’expansion à cette torture et continuer sa pratique. Des centres de détention secrets pour des suspects terroristes seront ouverts en Mauritanie, en Éthiopie, dans quelques pays de l’Afrique du nord, du Moyen-Orient et en Asie.
- Obama a passé outre le Congrès américain pour permettre la détention de suspects terroristes pour une durée de temps illimitée, sans qu’aucune accusation formelle ne soit déposée. Dans d’autres pays du monde, on appelle cela des pouvoirs dictatoriaux. Cela permet au président de détenir unilatéralement des « ennemis combattants » sans habeas corpus, un terme légal qui signifie que les plaignants sont forcés de vous accuser formellement d’un crime pour justifier la détention d’un suspect. Le terme « ennemi combattant » qui faisait en sorte que les Accords de Genève sur les prisonniers de guerre ne s’appliquaient plus, a été abandonné par Obama dans le cas des détenus de Guantanamo, mais il a gardé le terme pour les autres prisons à l’étranger, s’assurant ainsi encore une fois de conserver des pouvoirs exécutifs impérialistes.
- Obama est du même avis que Bush: les prisonniers de Bagram, Afghanistan n’ont pas de droits constitutionnels. Pourtant, les droits ne sont pas donnés par la Constitution, ils sont reconnus. Lorsque les droits peuvent être retirés, ce ne sont pas des droits, mais bien seulement des indulgences octroyées par un maître inspirant la crainte à des esclaves qui se comportent particulièrement bien.
- Obama est allé jusqu’à menacer l’Angleterre de cesser leur coopération d’échange du renseignement pour éviter que des évidences de torture soient révélées.
- Trois provisions controversées du Patriot Act instauré Bush reçoivent l’appui d’Obama.
Le département de la Justice a indiqué que l’administration Obama donne son soutien pour le renouvellement de trois sections controversées du USA Patriot Act qui expire en décembre. La première est la Section 206 qui permet au FBI de faire de l’écoute électronique des lignes téléphoniques ou des ordinateurs des Américains. La suivante est la Section 215 qui permet aux enquêteurs d’obtenir les archives médicales, d’affaires, de librairie, bancaires et autres de quiconque, avec l’approbation de la Foreign Intelligence Surveillance Court. La dernière, surnommée le « loup solitaire », permet d’accumuler des renseignements à propos de personnes qui ne sont pas suspectées d’être part d’un gouvernement étranger ou d’une organisation terroriste.
- Toutes les pièces de législation adoptées sous l’administration Bush qui étaient profondément liberticides et allant à l’encontre de la transparence, de la Constitution et de la démocratie, sont maintenant embrassées par le régime de continuité d’Obama, qui a brisé une fois de plus une importante promesse électorale. Il en est de même pour le Commissions militaires (Military Commissions Act), qui permet de juger des détenus dans des tribunaux militaires établis à Guantanamo Bay, Cuba.
- La NSA a filtré toutes les communications des Américains et a ciblé des journalistes depuis l’instauration de ces mesures draconiennes par Bush, dans le cadre de sa guerre bidon au terrorisme. Tout le trafic de ces communications transigeant par de grandes firmes privées de communication comme AT&T étaient directement reliées à la NSA, agence d’espionnage américaine.
Depuis que les Démocrates sont au pouvoir, rien n’a changé. Obama ne veut pas tenir Bush et ses acolytes responsables de leurs crimes et violations de la Constitution parce qu’il veut conserver ces pouvoirs. Idem pour l’enlèvement d’individus étrangers, leur transport vers des nations étrangères pour ensuite être torturés.
Ainsi, l’administration Obama bloque les poursuites judiciaires contre les écoutes électroniques illégales, donne de l’expansion à la défense légale de Bush en ce domaine et invoque constamment le « secret d’État » pour défendre le programme envahisseur et criminel de surveillance de Bush.
___________________ Le parti de guerre est toujours l’oeuvre. L’industrie de la mort poursuit ses bonnes affaires sous Obama
Les États-Unis planifient déployer 25 000 troupes militaires en Géorgie d’ici 2015, à la frontière de la Russie. Les Américains ont l’intention de construire deux bases militaires sur le territoire de la Géorgie et une base navale. Ce déploiement fait suite à la provocation de la Russie en août 2008 par les États-Unis et Israël, via l’Ossétie du sud. Une guerre contre l’Iran signifierait une confrontation contre la Russie qui a déclaré qu’elle considèrerait une attaque contre l’Iran comme une attaque personnelle.
Quoi de mieux que d’avoir le prix Nobel de la Paix pour plaider en faveur du recrutement de mineurs pour l’armée? Obama veut son armée, il entend lever une armée de jeunes qui ne serviraient pas la Constitution, mais le président directement. Le plan d’Obama se nomme le « Generations Invigorating Volunteerism and Education Act», ou plus simplement, le « GIVE Act ». Ce projet de loi a été voté, à 321 contre 105, le 18 mars 2009. Ce projet de loi H.R. 1388 est donc présentement « à l’étude » au Sénat américain.
Obama a d’ailleurs annoncé, de pair avec Rahm Emanuel, qu’il comptait avoir un corps de volontaires de type milice paramilitaire aux États-Unis aussi bien financé et équipé que l’armée US elle-même.
- La guerre est toujours une option sur la table, comme on a pu le voir toute l’année dans le cas de l’Iran., quitte à nommer un anti-iranien pour gérer cette situation.
- L’administration Obama continue la doctrine américaine de dominance militaire globale.
Obama n’a pas diminué le budget militaire, au contraire. Il n’y aura pas de renversement de l’agenda militaire ni de la politique étrangère des États-Unis. Surtout pas avec Hillary Clinton, Robert Gates et Rahm Emanuel et son frère. Les États-Unis viennent de briser son record de la guerre du Vietnam en étant en Afghanistan depuis plus de 8 ans. Cela n’est pas près de se terminer, au contraire de ce Obama avait promis durant sa campagne électorale.
- Obama, son administration et différentes agences gouvernementales comme la NSA reçoivent d’ailleurs leurs instructions et conseils par la même élite dirigeante, dont fait partie Henry Kissinger, la Ford Fondation, et la quatrième branche du gouvernement, Goldman Sachs et les banquiers et financiers de Wall Sreet qui pullulent au sein du gouvernement Obama, comme Geithner.
- Obama refuse toujours de toucher à la Fed. Tant qu’il ne forcera pas une reforme entière de la Fed pour récupérer le pouvoir de la création de la monnaie, au lieu de le laisser entre les mains de banquiers la créant de nulle part et la prêtant à crédit au gouvernement (lire le peuple) avec intérêts, l’économie entière sera sous l’étroit contrôle des banquiers privés qui ont ruiné les États-Unis depuis 1913, date de la création de la Fed.
- Obama avait promis que les lobbyistes ne se retrouveraient pas dans son organisation. Une autre fausse promesse lamentablement vendue au public américain. Une douzaine de lobbyistes ont trouvé un poste au sommet de l’administration Obama. On y trouve des gens nommés au département de la Défense ayant travaillé pour Raytheon, un manufacturier d’armement, un ancien VP de Monsanto à la FDA, des anciens généraux et du Pentagone partout dans le gouvernement, et ainsi de suite.
- Obama agit de manière similaire à Bush dans le domaine des pétrolières, des énergies et est même allé jusqu’à approuver la décapitation des montagnes pour y retirer du charbon, une politique qui fut sévèrement condamnée lorsque Bush s’y adonnait. L’étroite collaboration entre les exécutifs du pétrole et Washington se poursuit de plus belle.
Il y a fort à parier qu’avec un tel bilan, les Américains ne seront pas dupes très longtemps et qu’Obama sera un président d’un terme seulement. En attendant le prochain poulain de l’establishment, du parti de la guerre et de Wall Street, nous pouvons aussi parier que l’Amérique aura le temps de s’appauvrir énormément, au point où la classe moyenne aura pratiquement disparu et où le pays sera complètement ruiné et en banqueroute, affligé d’hyperinflation et de la plus grande dépression depuis les années 30. On annoncera alors l’arrivée d’un autre président… sauveur de tous, charismatique au sourire charmeur.
"(F.Marginean)

-2010 : Bienvenue dans le monde d'Orwell
-Obama, broyé par le système
-« Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français »
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-Maison Blanche :qui gouverne?
-Afghanistan: jusqu'où ?--__Obama: otage des lobbies ?__-Obama: ruptures ?__- Obama et l'Afghanistan__-Obama et la santé__-Obama: énigme...__- Obama et l'Iran: tournant historique ?_Palestine: silences d'Obama__-USA-Israël: relations particulières__-USA: montée de populisme?
__-USA: armée toute puissante?
- USA: déclin programmé ?
-Noam Chomsky , analyste politique

samedi 1 juin 2024

Justice à l'américaine

    Notre bon La fontaine ne manquait pas de clairvoyance et voyait plus loin que son temps.

 

                   Un hors-la-loi non exclu de la course à la présidentielle. Aux USA, si vous êtes  arrêtés pour quelques grammes de shit, vous l'êtes sans ménagement et incarcérés parfois sans jugement;      Mais si vous volez à très grande échelle et suscitez une révolte contre le Capitole, si vous mettez l'Etat en danger, vous pouvez attendre... Cela laisse sans voix. Edifiant! A plus d'un titre...                      Malgré quelques grands principes. Alors que le système pénitentiaire est ce qu'il est, qu'on emprisonne plus qu'en Chine. Souvent au nom de la rentabilité.                                          Les contradictions et les paradoxes ne manquent pas:                                                                         

       " Le système de justice américain repose sur plusieurs paradoxes. Les États-Unis ont été le premier pays, il y a cela 200 ans, à se doter d'une chartre des droits. Ils ont été aussi le premier pays à mettre fin à la torture et autres châtiments corporels comme base du système de justice. Croyant à la possibilité de réformer et de rééduquer les criminels et délinquants, ils ont inventé au début du 19e siècle le système pénitentiaire moderne. Si le système judiciaire américain a longtemps servi de modèle dans le monde, il en va différemment aujourd'hui.  Le système politique américain s'est développé à l'origine autour des principes d'une justice égale et impartiale pour tous. Par conséquent, le système cherchait au début plus à réhabiliter qu'à punir les délinquants. Toutefois, ces nobles idéaux ont été depuis longtemps oubliés.  Avec plus de 2,4 millions de personnes incarcérées, les États-Unis se classent au premier rang mondial, loin devant la Chine. Cette dernière, qui a quatre fois plus d'habitants que les États-Unis, arrive au 2e rang avec une population carcérale de 1,6 million. En fait, la population carcérale américaine s'est accrue de 700 % depuis 1970, alors que la population totale du pays ne faisait que doubler.                                                                                  La croissance de la population criminelle est moins due à une croissance des actes criminels qu'à la mise en place de nouvelles normes dans l'application des lois. Une nouvelle culture judiciaire a ainsi émergé, qui privilégie l'incarcération à toute autre politique comme moyen de lutter contre la criminalité. Ainsi, plus de 50 % des cas d'arrestation et de condamnation sont liés à la possession de drogues illicites. De plus, un grand nombre d'États condamnent automatiquement les délinquants, trouvés coupables d'un troisième délit, même mineur, à une peine d'au moins 25 ans de prison.   Trop souvent, la justice américaine perpétue l'inégalité au lieu d'assurer la justice. Ainsi, les immigrants illégaux reconnus coupables de crimes sont soumis à des peines plus dures que les citoyens américains. De même, les Afro-américains, qui ne représentent que 13 % de la population américaine, sont arrêtés trois fois plus souvent que les Blancs pour possession de marijuana, en dépit de l'absence d'écart dans la consommation de cette drogue. Les Afro-américains représentent ensuite 55 % des personnes condamnées et 74 % des personnes emprisonnées pour ce délit. En ce qui concerne les femmes emprisonnées, le nombre a quadruplé depuis 1985. Quarante pour cent de ces dernières sont emprisonnées pour avoir consommé illégalement des médicaments. La plus forte augmentation touche les femmes afro-américaines qui sont emprisonnées huit fois plus souvent que les femmes blanches.  Par ailleurs, les États-Unis sont le seul pays avec la Somalie à avoir refusé de signer la convention des Nations Unies sur les droits des enfants qui exclut la possibilité de condamner des enfants à des peines à perpétuité sans possibilité de libération. Ainsi, il y a présentement plus de 2400 prisonniers qui sont incarcérés à perpétuité dans les prisons américaines pour avoir commis des crimes alors qu'ils avaient moins de 18 ans.                            Des enfants, aussi jeunes que 10 ou 11 ans, sont périodiquement jugés comme adultes dans plusieurs États. Cela est particulièrement vrai lorsqu'ils sont accusés d'avoir commis un meurtre. Ainsi, un jeune garçon de 11 ans du comté de Marion en Indiana a été arrêté pour meurtre après avoir tué son jeune frère de six ans le 30 juin dernier. Il a été accusé d'homicide involontaire pour avoir utilisé avec insouciance une arme à feu. Il risque ainsi d'être condamné à la prison à vie, s'il est reconnu coupable. L'année dernière, un jeune garçon de 12 ans qui était accusé de meurtre dans le comté de Kosciusko, en Indiana, a plaidé coupable à un crime moins grave. Il a vu ainsi sa peine réduite à 25 ans ferme de prison.                                 C'est au niveau de l'application de la peine de mort que le système judiciaire américain est l'objet de critiques internationales les plus virulentes. En 2010, encore 54 personnes y ont été exécutées. Or, des études récentes démontrent que le taux d'erreur judiciaire est très élevé. Cinquante-deux pour cent des personnes condamnées à mort dans les 34 États américains qui permettent de telle condamnation l'ont été lors de procès comportant de graves erreurs judiciaires. L'an dernier, plus de 200 personnes aux États-Unis ont vu leur condamnation annulée grâce à des tests d'ADN. Dans les trois quarts des cas, les personnes avaient été condamnées à partir de témoignages oculaires erronés. Cette situation a amené en février dernier le gouverneur Ryan de l'Illinois à suspendre temporairement toutes les exécutions dans son État.  Entre 1980 et 2006, les dépenses des États américains pour le maintien des prisons sont passées de 7 milliards $ à 53 milliards $, sans compter les 16 milliards $ dépensés par le fédéral. En 2008, ces mêmes États dépensaient comparativement 158 milliards $ pour l'éducation supérieure et 25 milliards $ en assistance publique.                                                                                      Décidément, le système pénitentiaire représente une véritable industrie. D'ailleurs, le nombre de prisons privées, autorisées depuis 1984, ne cesse de s'accroître. En 2010, 129 000 personnes, soit 7,4 % des personnes incarcérées, étaient détenues dans de tels centres dont les budgets atteignaient les 3 milliards $. Ironiquement, les subventions aux programmes de réhabilitation connaissaient entre-temps une baisse importante. Le système judicaire américain semble faire intrinsèquement partie du système capitaliste où la première règle est la rentabilité et le profit."                        _____________________

lundi 25 février 2013

Prison en débat

 D'un système à l'autre
______________________Aux USA, la privatisation de la gestion de la population carcérale va bon train, dans certains Etats plus que dans d'autres. On comprend pourquoi certaines compagnies privées, comme le groupe GEO, n'aient pas intérêt à la voire diminuer, même si cela conduit aux pires excès, comme l'emprisonnement d'enfants.
"La population carcérale y a augmenté de 700 % entre 1970 et 2005, mais l’augmentation la plus significative concerne les profits liés au secteur des prisons privées : + 1.600 % entre 1990 et 2009. Il n’y avait avant 1980 aucune prison privée à but lucratif, mais de telles sociétés ont usé ces trois dernières décennies de leurs énormes profits pour peser sur la vie politique étasunienne et accélérer la croissance de cette part singulière de marché.
Les déclarations faites par la « Corrections corporation of America (CCA)  », la plus grosse entreprise mondiale du secteur carcéral, montrent l’intérêt de la société pour le maintien par le gouvernement de mesures juridiques draconiennes qui contribuent à un taux d’incarcération massif : « notre croissance dépend de notre capacité à obtenir de nouveaux contrats… Tout changement législatif relatif à la drogue ou à l’immigration clandestine par exemple pourrait faire varier le nombre de personnes arrêtées et condamnées, et donc réduire d’autant le nombre de places occupées dans nos structures pénitentiaires  ».
Les États-Unis sont devenus une  terre de prisons et de répression  
________En France, le débat rebondit et la discussion sur les effets de certaines peines de prison reprend de la vigueur, à l'occasion de la sortie de certaines études discutées, qui tentent de faire un bilan plus ou moins objectif sur ce sujet sensible,où la passion l'emporte souvent sur l'analyse rationnelle.
Si on peut difficilement discuter certains chiffres donnés sur la montée de certains types de délinquance, on peut légitimement remettre en question certains amalgames, certaines conclusions ou certains postulats.
Par exemple, ceux-ci:


  • 1)« Seul l'emprisonnement ( ferait) baisser le crime, avec lequel il est fortement corrélé négativement. » Laurent Obertone cite l'exemple des États-Unis, où la hausse de l'emprisonnement aurait divisé par deux le nombre de crimes en trente ans 
  • (Or) Les États-Unis ont le taux d'incarcération le plus élevé au monde, avec 752 prisonniers pour 100 000 habitants en janvier 2010 (contre 94 pour 100 000 en France). Ériger les États-Unis en exemple, il fallait y penser : selon l'office des Nations unies contre la drogue et le crime, les États-Unis ont un taux d'homicide près de quatre fois plus élevé que la France (4,2 pour 100 000 habitants en 2012 contre 1,1 pour 100 000 habitants en France). ___La prison, dominante en France depuis deux siècles, n'empêche pas la récidive : près de 59 % des détenus sortis de prison en 2002 ont été condamnés à nouveau dans les cinq ans qui ont suivi leur libération, selon les démographes Annie Kensey et Abdelmalik Benaouda, du bureau des études et de la prospective de l'administration pénitentiaire.
    Et il ne s'agit pas, pour l'immense majorité, de dangereux criminels. Comme l'écrit Franck Johannès dans Le Monde, « la foule des récidivistes est d'abord composée de délinquants du quotidien, condamnés pour violences (et d'abord violences conjugales), vols et petits trafics, dégradations, conduites en état d'ivresse ou sans permis ». Le journaliste rappelle que, contrairement aux idées reçues, seuls 3,7 % des hommes condamnés pour homicides volontaire en 2010 avaient déjà tué ou tenté de tuer cinq ans auparavant et que seuls 3,9 % des criminels sexuels étaient des récidivistes.
  • 2)« Les condamnés à de courtes peines récidivent beaucoup plus que les condamnés à de longues peines. Donc il faut remplacer les courtes peines par des longues. »
(Or) Aucune étude n’établit de lien entre la sévérité des peines et la prévention de la récidive. En France, l'allongement des peines de prison, avec la mise en place des peines planchers, a même plutôt eu l'effet inverse. Entre 2006 et 2010, le taux de récidivistes est passé de 3,9 % à 6 % pour les crimes, et de 7 à 11,1 % pour les délits. La principale étude française, réalisée par les démographes Annie Kensey et Abdelmalik Benaouda, plaide a contrario pour les aménagements de peine. Environ 63 % des sortants de prison sans aménagement de peine étaient à nouveau condamnés dans les cinq ans, contre 39 % pour les sortants en libération conditionnelle
  • 3)Pour Laurent Obertone, la prison ne doit pas seulement isoler le coupable, elle doit le « faire payer », « ce n'est pas le Club Med ». « Avant, on trouvait un moyen de lui faire payer, par exemple en l'envoyant taper sur des cailloux en Guyane, écrit-il. Quant à la loi salique, elle faisait payer de son sang celui qui n'avait pas les moyens de rétribuer les victimes. » Le jeune journaliste réclame l'ouverture d'un débat sur la peine de mort.
Là encore, sans qu'aucune corrélation n'ait jamais pu être établie avec une baisse de la criminalité. « Les études menées aux quatre coins du monde démontrent, au contraire, une absence totale de lien entre la criminalité d'une société et le fait qu'elle recoure à la peine capitale », explique le chercheur Laurent Mucchielli, dans La Croix en 2010."
(Mediapart)
____La sécurité est une valeur à défendre contre TOUTES les formes de délinquance, visibles et surtout non visibles, mais souvent aux pires conséquences. Mais l'obsession sécuritaire est un risque majeur, facilement manipulable en période de désarroi social.