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jeudi 5 juin 2025

Embarras et contradictions

 Des paroles et les actes vis à vis d'Israël          

              En Allemagne, traditionnellement fidèle parmi les fidèles à Israël, on durcit le ton officiellement, tardivement, avec précaution. Pour ne pas sans doute trop contrer une population qui se réveille un peu et une presse qui  commence à s'inquiéter.. Certains n'acceptent plus l'inconditionnalité du soutien jusque là sans faille de leur pays à Jérusalem. Toute critique politique du gouvernement de l'Etat d'Israël était jusqu'ici considéré comme de l'antisémitisme, dans la confusion la plus tenace et la repentance non critique.   Les vagues voix politiques récentes, face aux outrances à Gaza, n'empêchent pas l'aide militaire discrète. Business first...Contrairement aux pays qui ont pris sur ce point des mesures radicales. La France joue l'ambigüité même si elle prétend prendre les devants dans la protestation contre une situation jugée "honteuse" par l'Elysée.   L'extrême-droite, réputée jadis antisémite, joue la carte de l'extrême-droite isralienne: logique!     


                                                                                                     Alors qu'en Israël des personnalités de premier plan, civiles et militaires sont vent debout contre l'aveuglement meurtrier de Bibi, surtout depuis l'acharnement meurtrier des derniers mois.. Comme Burg, qui réfute les principes ségrégationnistes actuellement en cours dans son pays, allant juquà' à dire: "...« La révolution sioniste est morte », lâche-t-il en 2003 dans un article du quotidien Yediot Aharonot, avant d’affirmer qu’Israël, « ghetto sioniste », court à sa perte en se définissant comme État juif. Il y a quelques semaines, Avraham Burg, qui estime désormais que le sionisme aurait dû être aboli après la création d’Israël, a demandé au tribunal de district de Jérusalem d’effacer son inscription en tant que juif sur le registre de population du ministère de l’intérieur.   Dans le droit administratif israélien, la nationalité ne se confond pas avec la citoyenneté. À la rubrique « nationalité » du registre de la population comme de la carte d’identité figure un terme qui indique la nation du point de vue ethnique (juif, arabe, druze…) et non la citoyenneté de l’intéressé(e). En 2011, l’écrivain Yoram Kaniuk (1930-2013), qui jugeait le judaïsme en Israël synonyme de racisme, a demandé et obtenu du tribunal que, dans son cas, la mention « juif » soit remplacée, dans le registre de population, par « sans religion ».                                                              __Pourquoi avez-vous demandé de ne plus être inscrit comme juif sur le registre du ministère israélien de l’intérieur ? __   Avraham Burg : Parce que je ne me sens plus identifié à la nationalité juive, au collectif juif. Dans la Déclaration d’indépendance de 1948, qui n’est pas une constitution mais le document le plus proche d’une constitution dont nous disposions en Israël, il existe un équilibre très intéressant.  On y lit d’une part qu’Israël est un État juif, un État pour les juifs, mais aussi qu’Israël est résolument engagé à pratiquer la non-discrimination entre ses citoyens. Et qu’il assure à tous ses habitants une égalité des droits sociaux et politiques, sans distinction de sexe, de croyance, d’origine ethnique ou d’opinion politique.                                                                  C’est une prise de position très puissante. Si elle n’est pas parfaite, elle a le mérite d’être là depuis l’origine de l’État. Les gens comme moi qui n’aiment pas l’état actuel des choses peuvent toujours se dire : ce n’est pas l’idéal, mais nous avons un lieu pour vivre car les principes fondateurs de 1948 sont bons.    Mais depuis l’adoption, en juillet 2018, de la loi sur l’État-nation du peuple juif , tout est changé. Ce qui définit Israël, désormais, c’est le seul monopole juif. Sans l’équilibre constitutionnel des droits et libertés. En vertu de cette loi, un citoyen d’Israël qui n’est pas juif est assigné à un statut inférieur. Comparable à celui qui a été assigné aux juifs pendant des générations. Ce qui fut odieux pour nous, nous l’infligeons maintenant à nos citoyens non juifs.    Cette législation est en fait une nouvelle définition des relations entre majorité et minorité en Israël. Elle constitue aussi un changement dans ma définition existentielle. Dans mon identité. Dans ces conditions, ma conscience m’interdit désormais d’appartenir à la nationalité juive, d’être classé comme membre de cette nation, ce qui impliquerait pour moi d’appartenir au groupe des maîtres, statut que je refuse. Je ne veux pas appartenir à un collectif défini par les promoteurs de cette loi...."                                                                          (*)   ___________________ La retenue actuelle de Berlin dans l'affaire de Gaza, sa complaisance parfois à l'égard de Bibi, sa gêne diront certains, sa hâte à taxer parfois d'antisémitisme toutes les critiques légitimes des décisions de Netanyahou font problème et suscitent des critiques internationales.  Pour beaucoup d'Allemands eux-mêmes, qui estiment qu'une époque est dépassée. 
D'une façon générale,  L'Allemagne sort de son apparente réserve diplomatique depuis un certain nombre d'années. Depuis la chute du Mur, elle s'efforce d'entrer dans la cour des grands, discrètement, mais dans un esprit atlantiste qui ne se démet jamais.   ___ On l'a déjà vu dans les événements de l'ex-Yougoslavie, qui mirent en évidence ses capacités d'intervention, notamment dans son action au Kosovo, très critiquée en interne.

     Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier (FWS), déclarait au quotidien Die Deutsche Zeitung : «L’Allemagne est trop grande pour se contenter de commenter les affaires du monde.»
On le voit aujourd'hui dans l'affaire ukrainienne.
    ____________En ce qui concerne ses relations avec Israël, les rapports sont étroits depuis fort longtemps.
Surtout depuis le très spécial Traité de réparation  de 1952.
    Relations  diplomatiques sans ombres, sans critiques, timorées même, malgré quelques tensions récentes.

          Relation d'affaires aussi, peu ébruitées.
En fait, des relations très spéciales, notamment dans le domaine de l' armement, question épineuse  et trouble s 'il en est. (*)       "La sécurité d'Israël relève pour l'État allemand de la raison d'État",  "Pour des raisons historiques, l'Allemagne est plus proche d'Israël que ne l'est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d'antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."
     ____________________Des relations où le  poids du passé tient une place centrale.
           Sachant ce que l'on sait, on peut considérer comme normal que l'Allemagne ait une dette vis à vis de la communauté juive décimée par un régime qui fut porté au pouvoir par une majorité d' Allemands. Mais qu'en est-il de tous les Juifs d'aujourd'hui, dont beaucoup n'ont plus de rapport avec les descendants des victimes, pas seulement ceux qui vivent en Israël, dont beaucoup contestent la légitimité de ses lignes politiques successives. 
   .Sous le signe de la culpabilité, d'un passé qui passe mal.. 
Le Crif, qui en rajoute, parle d'expiation, évoquant le passage de l'Allemagne de bourreau à ange gardien...
   Est-il normal que le poids d'une culpabilité collective continue encore à conditionner des relations privilégiées entre deux Etats, dont l'un se croit obligé, comme en otage, de favoriser tous les objectifs de l'autre, même les plus contestables?
                       La récente visite d'A.Merkel en Israël a semblé rompre la belle harmonie, l'opinion allemande changeant peu à peu. La température fut plutôt fraîche, malgré l'apparence polie et gênée des échanges. Le problème de la colonisation commence à poser problème à Berlin comme à Washington, le courant passant toujours bien entre les deux capitales, malgré les écoutes.
  Dans le journal  Maariv, journal de centre droit israëlien, le commentateur Shai Golden va jusqu'à évoquer...« la trahison du principe de l'expiation auquel chaque Allemand doit s'engager pour toujours en parlant d'Israël et des juifs ».
     La Chancelière était vraiment embarrassée: "...Invoquant la condamnation récente par l'Allemagne de la réponse d'Israël au vote de l’ONU, qui a vu Netanyahu annoncer un plan de constructions en Cisjordanie, Mme Merkel a déclaré que l'opposition de son pays à des actions unilatérales des deux côtés signifiait que "sur la question de la colonisation, nous sommes d'accord pour dire que nous ne sommes pas d’accord".    Elle a cependant souligné qu'il s'agissait de la recommandation d'un pays ami. "Israël prend ses décisions lui-même. Nous ne pouvons que donner une recommandation", a-t-elle dit.   Soulignant une fois de plus que l'Allemagne considère Israël comme "la seule démocratie de la région ", elle a insisté que c’est "un pays que nous aimons et avec lequel nous entretenons des relations amicales".
     Le Premier ministre israélien a reconnu l'importance de la relation d’Israël avec l’Allemagne : "Ce n'est pas n'importe quelle relation. Il s'agit d'une relation privilégiée, une relation que nous apprécions profondément. Je suis très reconnaissant du temps que vous consacrez dans le renforcement de cette amitié et de ce partenariat". "Je voudrais profiter de cette occasion pour dire clairement que je n'ai absolument aucun doute sur la profondeur de votre engagement pour la sécurité et le bien-être de l'État d'Israël", a-t-il dit. "Je pense que la racine du problème, ce ne sont pas les implantations. J'espère que nous allons engager une discussion sur une coexistence mutuelle, une paix mutuelle, avec au moins une partie des Palestiniens", a dit Benjamin Netanyahu. "Je n'y ai pas renoncé. Nous ne renonçons pas si vite", a-t-il insisté, ajoutant : "La racine du problème est l’opposition à l’État d’Israël quelles que soient ses frontières".
       A cette occasion, dans la presse israélienne, M. Steinmeier a rappelé mardi le caractère extrêmement singulier des relations germano-israéliennes. Le lien entre les deux États apparaît « comme un miracle » étant donné le contexte historique, souligne-t-il.
   Un miracle de langue de bois?...
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mardi 24 juillet 2018

Israël: vers un apartheid renforcé?

Un pas important vers un apartheid de fait.
                       Beaucoup d'Israëliens, qui ne sont pas tous juifs ou croyants le disent et s'en alarment:
   Certains Israëliens semblent avoir la tête ailleurs.
       Alors que d'autres, et non des moindres, sonnent le tocsin.
              IL y a une absolue priorité actuellement.
 Le chef d'orchestre israëlien Daniel Barenboim s'exprime avec véhémence.
      On se demande si c'est la vraie nature du régime qui se révèle ainsi?
      En effet, sachant qu'il y a tant d'arabes en Israël, on peut s'inquiéter, dans l'intérêt même du pays, du fait que le Parlement israélien a adopté jeudi 19 juillet un projet de loi définissant Israël comme "l'Etat-nation du peuple juif", dont un article controversé qui prévoyait de réserver de nouvelles localités à des juifs a été amendé. Ce texte adopté par 62 voix contre 55 stipule notamment que l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient jusqu'à présent tous les deux considérées comme des langues quasi-officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.  Le projet de loi stipule également que les "implantations juives en Israël relèvent de l'intérêt national".
    Une régression, que cette démocratie seulement définie pour les citoyens juifs.
     Un réel renforcement des discriminations, les arabes  étant déjà des citoyens de seconde zône, qui ne réclament, en tant qu' Israëliens, que d'être des citoyens à part entière et parfois de ne plus être des arabes méprisés.
  La droite extrême, majoritaire à la Knesset, se rend t-elle compte qu'elle prépare des jours plus que difficiles en votant une telle loi?
  L'obstination et l'aveuglement continuent sous Netanyahu, dans sa vision à court terme et étroitement identitaire et nationaliste.
   Un Netanyahu qui ne craint pas des fréquentations douteuses en politique étrangère, même vis à vis de régimes peu favorables à la judéité: Nos amis les antisémites, comme titrait Haaretz; ironiquement, mais amèrement....
   Et il est de moins en moins admis de critiquer la politique d'israel, comme si cela revenait à se ranger du côté de l'antisémitisme. Argument bien rodé, maai qui passe de moins en moins bien.
         [Composant près de 18 % de la population israélienne, soit près de 1,4 million d'habitants, ces descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'État d'Israël possèdent en théorie les mêmes droits que leurs compatriotes juifs israéliens. Ils disposent même de 13 députés au Parlement (la Knesset), au sein de la Liste unifiée, une coalition regroupant le parti d'extrême gauche Hadash ainsi que trois formations arabes...]
         Est-ce que les critiques minoritaires qui fusent à Tel Aviv parviendront à se faire entendre?
             ... C'en est fini du camouflage hypocrite : le parlement israélien a adopté le 19 juillet une loi qui reconnaît la vraie nature de l’État d’Israël : nationaliste, ségrégationniste, raciste et communautaire. Par 62 voix contre 55, avec deux abstentions et un absent, la Knesset a approuvé un texte qui définit Israël comme « l’État-nation du peuple juif ». La loi  proclame  « le droit d’exercer l’autodétermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif », déclare l’hébreu seule langue nationale, rétrograde l’arabe à un « statut spécial » et affirme que « Jérusalem entière et unifiée »est la capitale de l’État.
    Ce document législatif qui confère « une valeur nationale » au « développement et à la consolidation d’implantations juives » entre dans la catégorie des « lois fondamentales » qui font, en Israël, office de constitution. C’est dire son importance historique.
    Abolie, donc, la vieille fiction de « l’État juif et démocratique » telle qu’il était défini par la déclaration d’Indépendance. « Si l’État est juif, il ne peut être démocratique, observe dans Haaretz l’éditorialiste Gideon Levy, car il n’existe pas d’égalité, dans ce cas, entre les citoyens juifs et les citoyens non-juifs. S’il est démocratique, il ne peut être juif car la démocratie ne peut instaurer un privilège fondé sur l’ethnicité. Israël déclare qu’il est l’État-nation du peuple juif et non l’État de ses citoyens ou l’État des deux peuples qui vivent en son sein, poursuit Gideon Levy, il a donc cessé d’être une démocratie égalitaire, pas seulement en pratique, mais aussi en théorie. C’est pourquoi cette loi est aussi importante. C‘est une loi de vérité ».
      Cette « loi de vérité », qui organise l’établissement de communautés séparées, fondées sur l’ethnicité ou la religion et crée les conditions d’une situation légale d’apartheid dénoncée par les défenseurs des droits humains, a été a adoptée après un débat incendiaire au terme duquel les 13 députés représentant la minorité arabe (près de 20 % de la population israélienne) ont quitté la salle après avoir déchiré le texte soumis au vote.
     « C’est la fin de la démocratie, a tweeté le député arabe Ahmed Tibi, membre de la Knesset depuis près de vingt ans. Et le commencement officiel du fascisme et de l’apartheid. Un jour noir. Un nouveau jour noir. » Yael German, député du parti centriste d’opposition Yesh Atid estime, de son côté, que « cette loi est une pilule de poison pour la démocratie ». « C’est une loi raciste », résume Dan Yakir, conseiller juridique de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI).
   Proposée et défendue par la majorité d’extrême droite, ultranationaliste et religieuse sur laquelle s’appuie Benjamin Netanyahou, elle a été combattue en vain par ce qui reste du centre et de la gauche dans ce parlement qui dérape un peu plus vers le culte de l’intolérance et de la violence à chaque élection. Un dérapage que Netanyahou, menacé par plusieurs poursuites judiciaires pour corruption et enrichissement illicite, se garde bien de contenir, multipliant au contraire les postures et propos démagogiques à l’encontre des Palestiniens et de leurs droits, pour conserver le soutien du noyau dur de ses partisans.
           Même le président de l’État, Reuven Rivlin, pourtant membre du Likoud, – parti du premier ministre –, et le procureur général de l’État Avichai Mandelblit, ancien procureur militaire, ont manifesté leurs réserves ou leurs réticences. En vain. « Cette loi, a averti le chef de l’État, sera une arme entre les mains des ennemis d’Israël ». « Attention aux ramifications internationales », a insisté le magistrat. Ni l’un ni l’autre, manifestement, n’ont été entendus par le premier ministre et sa majorité de colons et de religieux, favorables à la ségrégation entre les citoyens juifs et arabes et partisans de l’annexion de la Cisjordanie occupée.
     Il est vrai que depuis la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël, puis le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, et les multiples manifestations d’amitiés et signes d’encouragement prodiguées par Donald Trump, Netanyahou juge avoir les mains libres pour agir à sa guise. Ce dont il ne se prive pas.
   Après avoir fait abattre par les tireurs d’élite de l’armée plusieurs centaines de Palestiniens non armés qui manifestaient le long de la barrière qui sépare Israël de la bande de Gaza, il a renforcé le blocus de ce territoire surpeuplé qui manque déjà de tout – à commencer par l’eau potable – avant d’ordonner des frappes aériennes contre des cibles du Hamas. Le tout dans l’impunité totale et l’indifférence quasi globale de la communauté internationale. Malgré le risque d’embrasement que les attaques du Hamas et les offensives israéliennes font peser sur la région.... [René Bacckman]
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- ...La langue arabe étant jusqu'à présent  une langue nationale ; désormais, elle ne bénéficie plus que d'un « statut spécial ». Ce point contredit une des conditions posées par l'ONU en 1949 lors de l'entrée d'Israël dans l'organisation internationale.
Les craintes portent donc désormais sur le caractère discriminatoire de cette loi : puisque le mot « démocratie » en est absent et que le caractère juif de l'État est renforcé, comment être sûr que cela ne donnera pas lieu à une inégalité entre citoyens ? demandent les députés arabes de la Knesset...
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mardi 24 novembre 2009

Juifs déchirés

Désarroi profond



Un certain nombre de Juifs français, fidèles à leurs origines, leurs traditions..ne sont pas ou plus en accord avec la politique israëlienne du moment et rejoignent les critiques d'Israëliens hostiles à la politique menée notamment depuis Sharon et au processus de colonisation, comme Burg,WARSCHAWSKI ,Grossman,La Paix Maintenant, un certain nombre de journalistes(Haaretz) comme Gideon Levy et d'intellectuels
Coincés entre leur judéité et la réalité d'une politique prétendant agir au nom de leurs valeurs essentielles, ils s'estiment trahis , dénoncent les dérives d'un nationalisme qui ne dit pas son nom et prennent leurs distances, comme cette organisation
Esther Benbassa est de ceux-là
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Esther Benbassa : «On ne peut plus être juif aujourd'hui comme avant Gaza» | Mediapart
"«Comment être juif après l'offensive israélienne contre Gaza ? Mais peut-on cesser d'être juif ?» Directrice d'études à l'École pratique des hautes études, Esther Benbassa est aussi l'auteur, parmi de nombreux ouvrages, d'Etre juif après Gaza, paru au début de l'automne. Moins d'un an après l'offensive israélienne qui fit 1400 victimes palestiniennes, dont au moins 700 civiles, l'intellectuelle franco-israélienne s'interroge : quel est le rôle d'un Juif de la diaspora aujourd'hui? Le fait d'être juif ne convie-t-il pas à une certaine «éthique», au regard de l'histoire et de la souffrance passée? Israël est-il condamné à s'enfermer dans un autisme caractéristique des «nationalismes qui ont mal tourné»? «Juif, nous dit Esther Benbassa, en tout état de cause, probablement le reste-t-on, si du moins être juif relève d'abord d'une posture fondatrice, celle du regard constant porté sur soi et sur autrui pour établir invariablement la balance entre soi et le monde. À ce Juif-là, Gaza, de toute évidence, lance plus d'un défi.» Entretien._____Esther Benbassa, pourquoi poser la question des Juifs après Gaza, et non pas simplement des Israéliens, alors même que, selon vous, de plus en plus de Juifs de France et des États-Unis se détournent d'Israël __Ce n'est pas en tant qu'Israélienne que j'ai fait ce livre, même si je possède la nationalité. C'est en tant que Juive. Et aujourd'hui, pour beaucoup de Juifs, le judaïsme en Occident n'est pas envisageable sans identification à Israël. C'est devenu un marqueur identitaire. Et c'est un vrai problème. Aujourd'hui, ce judaïsme ne se définit que par Israël et l'histoire de la Shoah qu'il partage.Or, sans la diaspora, Israël n'existe pas non plus. Le soutien, politique et financier de la diaspora, est très important pour Israël, ce qui est amusant si on se souvient qu'au début de son histoire, le sionisme a en quelque sorte malmené le Juif de la diaspora, qui n'avait pas choisi «la voie du salut», celle de l'émigration en terre sainte. Il y avait d'ailleurs, au début de la création de l'Etat, des affiches montrant une caricature du Juif de la diaspora, malingre, pâle, faible, opposé au nouveau Juif d'Israël, fort, élancé, beau, qui avait profité du soleil et surtout qui travaillait la terre. Cela ressemblait étrangement aux codes d'autres nationalismes qui ont mal tourné.
Aujourd'hui évidemment, comme Israël dépend d'eux, les Juifs de la diaspora sont plutôt bien vus.
Mais la majorité des Juifs de la diaspora n'existent, en tant que Juifs, que par rapport à Israël, qui représente un «lieu de survie», de protection. C'est un investissement dans sa sécurité pour que les Juifs, dans des temps durs, puissent avoir un endroit où aller.
C'est donc un lien très compliqué, d'autant que la majorité des Juifs qui soutiennent Israël ne sont pas pratiquants. Et, de fait, ceux qui critiquent Israël sont très peu nombreux.

C'est dans cette perspective que j'ai voulu montrer mon propre désarroi en tant que Juive, qui est favorable à l'existence de l'Etat d'Israël, même si je le critique. Comment serais-je juive aujourd'hui à côté de cet Israël qui a commis ces crimes de guerre ? Je pense donc vraiment qu'il y a un tournant : les Juifs en diaspora ne pourront plus l'être comme avant. Pourquoi Gaza serait-il un tournant ? Israël a été régulièrement impliqué dans des conflits depuis sa création. Conflits qui ont fait de nombreuses victimes civiles...Il s'est certes passé des choses terribles avant Gaza, qui est un «aboutissement», si on peut dire, et certainement pas un début. Mais quelque chose s'est passé, dans le sens où les images qui ont défilé sur Internet ou à la télévision étaient terriblement choquantes, insupportables. Israël a perdu la guerre de l'information. Je ne crois pas qu'il y ait eu jadis un tel changement dans la perception d'Israël par l'opinion publique. Les gens ont été bouleversés par ce qu'ils ont vu. ___A l'inverse, j'étais en Israël pendant Gaza, et à la télévision israélienne, on ne voyait pas grand-chose... Je suis arrivée à Tel-Aviv le 24 décembre, et même à partir du 27, quand l'offensive a débuté à Gaza, c'était comme s'il ne se passait rien. On ne parlait pas beaucoup de la guerre. Les gens continuaient à vivre comme d'habitude. À la télévision, on voyait les interviews des habitants de Sderot, qui subissaient les roquettes du Hamas, qui avaient quelques tuiles cassées.... mais les habitants de Gaza, on n'en parlait pas, ils n'existaient pas. ___Et quand je suis rentrée en France, j'ai été impressionnée par ce que les gens avaient ressenti ici, par ce décalage, par cet autisme israélien. Et je me suis demandé s'il n'était pas temps, pour les Juifs de la diaspora, de dire non à Israël, et ne plus soutenir tout ce qu'Israël fait. Parce que ce n'est plus possible.L'histoire que nous, les Juifs, avons derrière nous, cette histoire nous convie à une certaine éthique, face à ceux qui sont opprimés, colonisés, maltraités. Nous sommes dans l'obligation de suivre cette éthique, qui est en quelque sorte la genèse de ce livre....
Je crois que les Juifs n'étaient pas faits pour le nationalisme. À force de vivre en diaspora, d'avoir même presque oublié le souvenir d'un Etat hébreu dans l'Antiquité, ils ne connaissaient pas le nationalisme. Au XIXe siècle, le sionisme, projet autant européen que juif, est une réponse au nationalisme. Sauf que jusque-là, les Juifs n'avaient pas cette habitude. Je cite d'ailleurs une correspondance d'un instituteur de l'alliance israélite universelle qui écrit que, du fait des souffrances que les Juifs ont subies à cause des nationalismes, s'ils devenaient nationalistes eux-mêmes, ils deviendraient les pires nationalistes. C'est vrai, car en Israël aujourd'hui, il y a une sorte de zèle, comme s'il fallait avoir un nationalisme encore plus ravageur que les autres, qui ont fait beaucoup de mal : on connaît l'histoire du XXe siècle, quand même...
On ne peut pas nier que ce qui se passe aujourd'hui en Israël est une dérive du nationalisme. D'autant que la création de l'Etat d'Israël n'est pas liée à la Shoah : s'il n'y avait pas eu le sionisme avant, il n'y aurait jamais eu d'Etat. Le génocide a hâté sa fondation, mais Israël est davantage issu d'un long parcours.
Bref, il faut le dire : on n'a pas le droit en tant que Juifs de soutenir ce qu'Israël fait subir aux Palestiniens. J'ai encore été très choquée quand j'ai lu qu'Israël s'opposerait à l'indépendance des Palestiniens s'ils la proclamaient devant l'ONU. Car pour l'heure, il n'y a plus d'autre issue....
La Shoah est ensuite passée par là. Et l'on a regardé toute l'histoire des Juifs avec les yeux de ceux qui avaient subi le génocide. Mais souffrir ne rend pas meilleur. Et la souffrance des Juifs les empêche aujourd'hui de percevoir celle des autres. C'est tout le problème.
"

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Edgar Morin, juste d’Israël ?
-La Paix Maintenant
- "La critique d'Israël ne constitue pas une "nouvelle forme d'antisémitisme"
-Parti socialiste : l’impossible critique d’Israël
-Criminaliser la critique envers Israel
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-Quel rapport à la la judéité ?
-Union Juive Francaise pour la Paix
- Israël : divisions et dérives
- Israël - Palestine : enlisement
- Israël : crises
-Gaza: autre regard
-Israël: pacifisme en recul
-A quoi sert le CRIF ?
-Israël : entre mythe et histoire

dimanche 21 juin 2009

Etat palestinien compromis?


[-Une photo qui fait illusion-Un grand bond en arrière au P.O.]

-Discours de Netanyahou: Quand un "oui mais" peut sous-entendre un "jamais"...

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- Centre Israélien des Droit de l’Homme B’tselem :

« Lorsque le Likoud est arrivé au pouvoir en 1977, un changement est apparu dans la politique du gouvernement, et des initiatives ont été présentées pour établir des colonies à travers la Cisjordanie ».

« Israël a créé dans les Territoires Occupés un régime de séparation basé sur la discrimination, en appliquant deux systèmes de loi séparés dans la même région et en basant les droits des individus sur leur nationalité. Ce régime est le seul de ce type dans le monde, et est réminiscent des régimes affligeants du passé, tel que le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud ».

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Discours de Netanyahou : L'Etat palestinien dans mille ans - AgoraVox:(Pr. C.E. Chitour)
"Les évènements s’accélèrent au Moyen Orient. Dans son discours prononcé au Caire, le président américain a poussé l’Etat hébreu à revoir les termes de son alliance avec les Etats-Unis. « Comment réagira le gouvernement israélien ? écrit Allouf Ben (…) Il n’a pas davantage paru tomber dans l’excuse facile ou l’autojustification lorsqu’il a évoqué la nécessité de tourner la page en mettant les erreurs de son prédécesseur, George W. Bush, sur le compte du traumatisme des attentats du 11 sep­tembre 2001. Pour Israël, le “discours du Caire” n’est autre qu’une révolution stratégique. Jusqu’au discours du Caire, Obama ne parlait qu’en termes d’intérêts. Mais, au Caire, il a usé du vocabulaire et du discours de la gauche libérale américaine. Il a parlé sans détour de “l’occupation” et de “l’aspiration des Palestiniens à la dignité, à l’égalité des chances et à un Etat indépendant”. Il a également promis que les Etats-Unis ne tourneraient pas le dos aux Palestiniens. Il a demandé au Hamas de se montrer responsable en reconnaissant à Israël le droit d’exister Nétanyahou devra peut-être prononcer un discours de réponse à Obama et annoncer une rupture idéologique historique. A moins qu’il n’espère que, d’ici là, le discours du Caire se sera enfoncé dans les sables mouvants de la diplomatie du Moyen-Orient ».

Avant même son discours Obama a été traité d’antisémite lors d’une manifestation par l’extrémiste Itamar Ben-Gvir comme le rapporte le journal Ha’Aretz :Il est mauvais pour le peuple et l’Etat d’Israël, et sa politique pourrait nous mener vers un désastre.« Le discours d’Obama au Caire dont chaque terme a été bien pesé a divisé aussi les Juifs américains. On sait que »78 % des Juifs américains ont voté pour Barack Obama. Mais, depuis qu’il a souligné que les Etats-Unis attendaient d’Israël qu’il se conforme à son engagement de geler la construction des colonies dans les Territoires palestiniens et de démanteler les colonies illégales, la plupart de ces électeurs sont maintenant dans l’expectative. Ils se demandent si leur engagement en faveur d’un candidat de gauche aux Etats-Unis n’était pas contradictoire avec leur engagement vis-à-vis d’Israël", souligne Ha’Aretz Mais, du côté des organisations juives de gauche, une campagne a été lancée pour convaincre Obama de ne pas céder sur la solution de deux Etats et de faire pression sur Nétanyahou en ce sens.Quel est justement ce discours ? plusieurs types de lecture ont été faites . celle des Etats-Unis , de l’Europe et celle sans épaisseur des Arabes et curieusement celle plus « courageuse des éditorialistes israéliens.

« Finalement écrit Michel Bôle-Richard du Monde, Benyamin Nétanyahou veut bien d’un Etat palestinien mais à ses conditions, et celles-ci sont telles que les chances de voir cet Etat se créer sont infimes. le premier ministre israélien s’est déclaré prêt à accepter un Etat palestinien démilitarisé, mais à condition qu’auparavant les dirigeants palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif. Si nous recevons ces garanties concernant la démilitarisation et les dispositions qu’Israël requiert pour sa sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’Etat du peuple juif, alors nous serons prêts lors d’un accord de paix futur à accepter qu’un Etat palestinien démilitarisé existe aux côtés de l’Etat juif. » Nous ne voulons pas d’un autre « Hamastan »« . Ce qui implique notamment que les frontières de cet Etat palestinien soient placées sous surveillance pour empêcher toute contrebande. En outre, le chef du gouvernement israélien a répété avec force que »le problème des réfugiés palestiniens doit être résolu en dehors des frontières d’Israël« , ce qui exclut toute discussion sur le droit au retour, affirmant que »le lien entre le peuple juif et la terre d’Israël existe depuis plus de 3 500 ans. C’est la terre de nos ancêtres !« M. Nétanyahou a également rejeté toute idée de partage de Jérusalem qui »doit rester la capitale unie d’Israël« . Il a insisté sur »la nécessité d’Israël d’avoir des frontières défendables« , repoussant le règlement de »la question territoriale« lors »d’un accord de paix final« . En attendant, il n’est pas question de geler le processus de colonisation Certes, il n’y aura pas de nouvelles colonies ni »d’expropriations de nouvelles terres« , mais »il est nécessaire que les résidents puissent mener une vie normale, c’est-à-dire permettre aux parents d’élever leurs enfants comme toutes les familles dans le monde« . Dernière condition : »L’Autorité palestinienne devra rétablir la loi à Gaza et renverser le Hamas. Enfin , le premier ministre a réagi à la réélection du président iranien, « La plus grande menace pour Israël, le Proche-Orient et le monde entier, c’est la rencontre entre l’arme nucléaire et l’islam radical ». Il appelle « à une coalition internationale contre l’armement nucléaire de l’Iran »". ..

D’une façon remarquable la presse israélienne pratiquement dans son ensemble a été très critique envers ce discours. Pour Ari Shavit, grand éditorialiste à Ha’Aretz, « Benyamin Nétanyahou a franchi le Rubicon. Pour servir le pays, il a quitté le foyer idéologique de son propre père. Shalom Yerushalmi, dans les colonnes de Maariv, se veut lui aussi optimiste. »Certes, ce dimanche, Nétanyahou a en quelque sorte ôté sa kippa politique, mais il ne l’a pour autant pas encore mise dans sa poche arrière. De même, les conditions impossibles qu’il pose aux Palestiniens – et qui reviennent à leur suggérer de se convertir au sionisme – donnent l’impression qu’il cherche plus à esquiver la paix qu’à la prendre à bras-le-corps." (4) Mais la majorité des commentateurs de la presse écrite restent sur leur faim. Dans Yediot Aharonot, Yoram Kaniuk estime que Benyamin Nétanyahou a prononcé « des paroles douces aux seuls Israéliens, mais son discours n’a pas été celui d’un dirigeant généreux et courageux. En outre, si les Palestiniens savent intuitivement qu’Israël est un Etat juif, il est déraisonnable d’exiger qu’ils nous reconnaissent comme ’foyer historique du peuple juif’, dès lors que 1 million d’entre eux vivent dans cet Etat. » Dans le même ordre d’idées, Akiva Eldar écrit dans Ha’Aretz que « le discours de Nétanyahou est de la meilleure veine néoconservatrice, insensible, paternaliste et colonialiste. On doute qu’il se trouvera un seul responsable palestinien digne de ce nom pour accepter cette camelote. » En somme, à qui le discours de Nétanyahou s’adresse-t-il ? Vu les conditions posées aux Palestiniens, Nétanyahou peut rassurer ses adversaires au sein du Likoud : l’Etat palestinien n’est pas pour demain.« Dans Maariv, Ofer Shelah ironise : Ce discours prouve une fois de plus que les choses ne bougent ici que lorsque les Américains nous y contraignent.” Ce que confirme Gidéon Lévy dans Ha’Aretz : »Le discours de Nétanyahou n’a ouvert aucune porte..« L’ancien responsable du parti de gauche israélien Méretz, Yossi Sarid, a évoqué dans le quotidien Haaretz »un discours de pastèque composé de 92 % d’eau"...

Les prédécesseurs de monsieur Netanyahou depuis Isaac Rabin ,en passant par Ehud Barck et Ehoud Olmert ont tous accepté la création d’un Etat palestinien moins cohérent que ce que propose l’actuel premier ministre. Sur le site Internet du quotidien israélien Haaretz Benjamin Hartman, écrit « M. Nétanyahou a clairement affirmé qu’il suivra la ligne de sa coalition et ne fera aucun vraie concession », mais le journaliste note que le chef du gouvernement a mentionné à plusieurs reprises l’idée de deux Etats. « Donc, les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme un Etat juif, renoncer à leurs réfugiés, et désarmer leur Etat, le tout dans un territoire non encore défini, et Jérusalem ne sera pas divisée », ironise M. Hartman. Nous ajouterons que sur la Palestine initiale, les 22 % acceptés par Arafat seront une peau de léopard sur laquelle végéteront les Palestiniens sans perspective de réelle indépendance En définitive toute la communauté internationale semble d’accord sur un point : les Palestiniens ont droit à un Etat vivant en paix aux côtés de l’Etat d’Israël. Mais de quoi parle-t-on quand on prononce le mot d’Etat palestinien ?...

Cerise sur le gâteau , on nous dit qu’une forte majorité d’Israéliens soutient la création d’un Etat palestinien démilitarisé, sans toutefois croire qu’un tel Etat verra le jour bientôt, selon un sondage publié par le quotidien Haaretz. Nous y voilà ! les Israéliens et les Palestiniens sont d’accord sur une chose : L’Etat de Palestine sera créé dans mille ans.

Il reste ce rappel lancinant à « l’état juif ». Personne en Occident ne s’offusque de cette idéologie de la race. Il est connu selon les historiens que les Juifs n’ont jamais été une ethnie. Les descendants des Juifs de l’Antiquité sont restés en Palestine et se sont convertis au christianisme et à l’islam : ce sont les Palestiniens d’aujourd’hui. Il n’y a jamais eu d’exil du peuple juif en 70 après la destruction du temple par les Romains. Les Juifs actuels sont les descendants des Hamyarites, des Berbères et des Khazars judaïsés. Pour les défenseurs de la thèse d’un « peuple juif » ayant droit à une terre, le livre du professeur israélien Shlomo Sand « Comment le peuple juif fût inventé » est à lire. Il faut peut être analyser en profondeur cet entêtement « nouveau » à parler de l’Etat juif, qui pour rappel avait un autre sens dans la déclaration du partage de l’ONU de 1947. A moins que cela ne cache le fait qu’à la longue, les Arabes israéliens n’auraient pas vocation à rester dans un Etat « Juif »Ils seraient alors « invités » à rejoindre le Bantoustan palestinien.. Ce sera la deuxième Nekba qui fera oublier la première… Ainsi va le Monde…"

- La réponse « Oui mais ! » de Netanyahu à Obama - AgoraVox
-M. Nétanyahou prépare sa réponse aux exigences américaines
-Netanyahou-Obama : des visions opposées du Proche-Orient | Rue89
-N'est-il pas temps de revoir – enfin sérieusement – la plan de partage de la Palestine ?
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-Israël: l'effet Obama
-Israël : crises
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-Israël - Palestine : enlisement
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-ISRAEL-Gaza: et après ?
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-Israël: une armée "morale"?



mardi 7 mai 2024

De Gaza à Rafah

La tragédie se poursuit au sud de Gaza

              Nous sommes face à un nouvel échec pour une trêve éventuelle, pour une négociation entrevue. L'ONU lance des appels en vain. Comme elle l'avait fait à chaque grande étape de la colonisation masquée ou ouverte en Cisjordanie, surtout depuis Sharon. Le gouvernement israëlien actuel va tout droit dans le mur, sourd même des appels qui viennent de Tel-Aviv.  On va dépasser plus que largement les limites de l'acceptable et même de l'imaginable. La "logique" israëlienne finit par ne plus étonner.  Le  Likoud va jusqu'au bout de ses propos.                                                                                                                                                                       Les avertissements de Einstein, notamment, auront été vains. L'idéal sioniste s'est fracturé depuis longtemps, comme le confirme aussi Marius Schattner.   

                     ____    Mise au point. _____ICI aussi...Et... _____


                                                                                        Libres propos: ambigüités du sionisme

                   "... Depuis l’échec des accords d’Oslo en 1993, et en particulier l’assassinat d'Yitzhak Rabin en 1995 par un ultranationaliste juif, ce sont avant tout les partisans du « Grand Israël » – dont la figure de proue n’est autre que Benjamin Netanyahu – qui détiennent le pouvoir politique et miliaire en Israël depuis une vingtaine d’années ? Et que les conséquences pour nombre de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza ont été désastreuses : Colonisation à marche forcée, exactions répétées des colons envers les Arabes avec le soutien implicite de Tsahal, expropriation des terres des Palestiniens en Cisjordanie, détentions arbitraires, prison à ciel ouvert à Gaza. Au point que Amnesty international dans un rapport bien étayé datant de 2022, n’hésite pas à utiliser le terme « d’apartheid » pour qualifier la politique discriminatoire menée par les autorités israéliennes : (https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2022/02/israels-system-of-apartheid/)        ___Comment en outre nier que Benjamin Netanyahu lui-même a contribué dès 2007 à l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza au détriment de l’Autorité palestinienne, pensant pouvoir tirer cyniquement profit de cette organisation ouvertement antisémite et terroriste, pour justifier de sa politique vexatoire envers les Gazaouis et les Palestiniens dans leur ensemble ?Que penser enfin de l’indifférence manifeste d’une majorité de l’opinion publique de nombreux pays arabes depuis deux décennies, vis-à-vis du triste sort des Palestiniens ?                                                                                             Quoi qu’il en soit, d’aucuns affirment que l’antisionisme et l’antisémitisme se rejoignent d’une manière ou d’une autre. Cette problématique est en effet délicate, mais ce sont pourtant deux notions bien distinctes, étymologiquement et historiquement.                                                                                             J’observe pour ma part deux approches philosophiques bien différentes, voire opposées, relatives à la création d’un État juif : celle portée notamment par le physicien Albert Einstein (1879-1955), très critique à l’égard du sionisme nationaliste et religieux, et celle défendue par Théodor Herzl (1860-1904), considéré comme l’un des pères fondateurs du sionisme, et qui avait écrit en 1896 « l’État des Juifs ».Il serait en effet difficile de réfuter le fait que Herzl appréhendait la création d’un État juif au travers d’une vision colonialiste. Dans son essai de 1896, Herzl tâche de justifier pourquoi l’autorisation d’une puissance européenne serait nécessaire à la colonisation du territoire destiné à la création de cet État :« Deux territoires sont à l’étude, la Palestine et l’Argentine. Dans les deux pays, d’importantes expériences de colonisation ont été faites, elles ont toutefois été menées sur le principe erroné d’une infiltration progressive des Juifs. Une infiltration est vouée à mal se terminer. Elle se poursuivra jusqu’au moment inévitable où la population indigène se sent menacée, et oblige le gouvernement à stopper un nouvel afflux de Juifs. L’immigration est par conséquent futile si nous ne disposons pas du droit souverain de poursuivre cette immigration ».Herzl prévoyait en effet qu’une telle initiative démarre dans un premier temps « sous le protectorat des puissances européennes ».  En outre, dans une lettre que Herzl écrivit en 1902 à Cecil Rhodes (richissime homme d’affaire britannique considéré comme l’un des plus grands colonialistes de son époque, installé en Afrique du Sud, et que certains considèrent comme ayant pu jouer un rôle indirect dans l’avènement de l’apartheid), il lui dit ceci : « Nous vous invitons à contribuer à l’histoire. Non pas à celle de l’Afrique, mais à celle d’un morceau de l’Asie Mineure ; cette histoire ne concerne pas des Anglais, mais des Juifs… Comment se fait-il que je me tourne vers vous, puisque cette question ne vous concerne pas ? Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une affaire coloniale ».              Certains pourraient nous reprocher de faire preuve d’anachronisme, et qu’il faudrait resituer les propos de Théodor Herzl dans le contexte de son époque. Pourtant, dès cette époque, en Europe comme aux États-Unis, certaines grandes figures intellectuelles ou politiques n’hésitaient pas à condamner fermement les méfaits des grandes puissances coloniales. Nous pourrions notamment citer Georges Clémenceau, qui à la Chambre des députés en 1885, contre la volonté de Jules Ferry d’entraîner la France dans de nouvelles conquêtes coloniales, déclarait ceci :                                                                                    « Non, il n’y a pas de droit de nations dites supérieures contre les nations inférieures ; il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation, nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir.La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires, pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit prétendu civilisateur. Ce n’est pas le droit, c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie… »                             ___Qu’est-ce donc en effet que la colonisation, sinon partout et toujours un crime contre l’humain ? Car coloniser, c’est conquérir par la force ou la ruse un territoire, et déposséder les populations autochtones de leurs terres, ou les assujettir. Comment dès lors une quelconque colonisation pourrait avoir joué « un rôle positif » puisqu’il s’agit là d’un crime ineffaçable et impardonnable ?    A l’opposé de la conception sioniste de Herzl, Einstein s’est très tôt méfié de celles et ceux qui prônaient la création d’un État juif, avec des arrière-pensées souvent messianiques. En effet, dans une lettre écrite en 1929 à Chaim Weizmann (premier président de l’État d’Israël en 1949), il lui dit ceci : « Si nous nous révélons incapables de parvenir à une cohabitation et à des accords honnêtes avec les Arabes, alors nous n’aurons strictement rien appris pendant nos deux mille années de souffrances et mériterons tout ce qui nous arrivera ». Aujourd’hui, avec le recul, les propos d’Einstein pourraient étrangement apparaître comme prémonitoire.    En 1930, dans une lettre à Chaim Koffler, membre de la Fondation pour la réinstallation des Juifs en Palestine, le père de la psychanalyse Sigmund Freud confiait aussi tout son scepticisme à l’égard du projet de création d’un État juif en Palestine, persuadé que cela produirait d’interminables guerres de religions entres Juifs, Chrétiens et Musulmans, sur la terre des Lieux saints. Il préconisait « de fonder une patrie juive sur un sol historiquement non chargé ». Cette lettre de Freud à Koffler fut cachée pendant près de soixante ans, de peur de mettre en échec le projet sioniste au Proche-Orient.  Les persécutions dont furent victimes les citoyens de confession juive en Europe, puis la Shoah avec l’extermination de près de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, ébranlèrent les consciences occidentales, découvrant ébaubies que les pays dits « civilisés » avaient produit au cœur même du Vieux Continent, la pire des barbaries : « un crime contre l’humanité ». Les dirigeants occidentaux se démenèrent alors pour prendre fait et cause pour le projet sioniste, tel qu’échafaudé auparavant par Théodor Herzl, et l’État d’Israël fut proclamé en 1948, après que l’ONU ait voté un plan de partage de la Palestine, entre Arabes et Juifs, mais qui ne fut jamais respecté.   1948 symbolise pour les Palestiniens la Nakba (« la catastrophe »), avec l’exode forcé de plusieurs centaines de milliers d’entre eux.   En dépit du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et du paroxysme antisémite européen, Albert Einstein maintint sa critique du sionisme tel qu’il se mettait en place. En décembre 1948, pour protester contre la venue aux États-Unis de Menahem Begin qui venait de fonder le parti Herout, ancêtre du Likoud, il publie dans le New York Times avec d’autres éminents intellectuels d’origine juive, dont Hannah Arendt, une lettre très acerbe envers l’extrême droite israélienne de l’époque : « Parmi les phénomènes politiques les plus troublants de notre époque, est l’émergence dans le nouvel état d’Israël d’un parti politique proche de par son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et sa propagande, des partis nazi et fasciste. Il est issu de l’Irgoun, une organisation terroriste, d’extrême droite et chauviniste en Palestine… » Ces mots, certes arides, résonnent avec une certaine acuité quand l’on sait que c’est le Likoud de Benyamin Netanyahou qui est au pouvoir aujourd’hui en Israël, avec une coalition de suprémacistes juifs, et tout particulièrement le très sulfureux ministre Itamar Ben-Gvir.     Il y a donc historiquement plusieurs approches différentes sinon divergentes du sionisme au sein de la communauté juive, certains ayant même été opposés au principe de création d’un État juif. Freud pressentait notamment qu’un tel État créé exclusivement sur des bases religieuses, pourrait difficilement devenir laïc. Et il serait absurde de qualifier Albert Einstein ou Sigmund Freud d’antisémites.      Cependant, force est d’admettre que c’est la conception colonialiste du sionisme qui s’est imposée dès la création de l’État d’Israël, telle que planifiée par Théodor Herzl, et qui a produit depuis plus de soixante dix ans, tant de souffrances parmi les Palestiniens. Et qui ne peut produire ad vitam aeternam que haines, violences et guerres réciproques.                                                                   L’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023 est une horreur absolue, et ne peut d’une quelconque manière trouver le début d’une justification ou d’une légitimation. Et le parti d’extrême gauche LFI a commis une double faute morale et politique en s’obstinant à n’y voir qu’« un crime de guerre », alors qu’il s’agit à l’évidence d’un acte terroriste abject. Mais la réponse militaire totalement disproportionnée des autorités israéliennes sur la bande de Gaza, est tout autant condamnable. Plus de 30 000 morts, dont une majorité de femmes et d’enfants, plus de 70% des maisons et des infrastructures détruites, dont les écoles et les hôpitaux, une population assoiffée et affamée et n’ayant plus accès aux soins les plus élémentaires, des pourparlers secrets entre les autorités israéliennes et celles du Congo pour exfiltrer une majorité de Gazaouis vers ce pays d’Afrique, qu’est-ce donc si ce n’est d’une part probablement des « crimes de guerre », mais d’autre part une entreprise de nature de génocidaire ?  La convention internationale de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, décrit en effet le génocide comme « un crime commis dans l’intention de détruire, ou tout, ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Rappelons en outre que dans une décision datant du 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice a demandé expressément à Israël d’empêcher d’éventuels actes de « génocide » et de « prendre des mesures immédiates » pour permettre la fourniture « de l’aide humanitaire à la population civile de Gaza ».     Pendant ce temps en Occident, une majorité des responsables politiques, avec le soutien des grands médias d’opinion, minimisent ou sont dans le déni, certains allant même jusqu’à légitimer le massacre en cours à Gaza, en fournissant notamment les armes nécessaires à Israël, avec les États-Unis en premier plan. Dans un article récent paru dans l’Orient-Le Jour, l’essayiste Soulayma Mardam Bey avance l’idée que « les deux rives de la méditerranée sont unies par une histoire coloniale qui tarde à se clore définitivement » :(https://www.lorientlejour.com/article/1411826/au-royaume-de-france-la-palestine-muselee.html)                                                                                                                                                                Il est grand temps néanmoins de clore le chapitre de la colonisation ou de la néo-colonisation, dont Israël symbolise aux yeux d’une grande partie des anciens pays colonisés le dernier fer de lance du colonialisme occidental. Aimé Césaire dans « Discours sur le colonialisme », nous met pourtant en garde : « Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde… »                          Je combats depuis toujours tous les fanatismes et les obscurantismes d’où qu’ils viennent, de même que tous les racismes (racismes phénotypiques, l’antisémitisme, l’islamophobie, …). Par ailleurs, je demeure attaché à l’esprit laïc et républicain, que des forces réactionnaires s’obstinent pourtant à opposer à l’esprit d’ouverture et de respect de toutes les différences, dévoyant en cela l’idéal républicain. Enfin, la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 ne doit pas devenir une relique d’un temps révolu, mais plus que jamais nous devons exiger par tous et partout de par le monde, le respect du droit international ! Nous devons donc espérer que dans un avenir proche, Benyamin Netanyahou et d’autres hauts responsables israéliens, auront à répondre de leurs actes devant la Cour pénale internationale, dans le cadre d’un procès équitable. De même, nous devons espérer que tous les responsables – commanditaires et exécutants – de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023, seront jugés devant cette même Cour pénale internationale. Nous devons en outre exiger un cessez-le-feu immédiat et définitif à Gaza.   L’écrivaine et rabbin Delphine Horvilleur affirme dans une interview récente, qu’elle ne croit pas « que la solution viendra des généraux ou des politiques, mais davantage des poètes, de ceux qui ont la capacité de construire par leurs mots d’autres possibles. C’est pourquoi mon livre s’ouvre avec un poète palestinien et se termine avec un poète israélien. Ils sont ceux qui m’aident à croire encore ».  Albert Einstein quant à lui, considère que « le lien qui a uni les Juifs pour des milliers d’années et les unit encore aujourd’hui est, par-dessus tout, l’idéal démocratique de justice sociale, couplé à un idéal d’aide mutuelle et de tolérance entre tous les humains ».   Les Israéliens et la diaspora juive gagneraient sans doute à davantage prêter attention à ces poètes et éminents penseurs, et à réinterroger l’histoire du sionisme, à l’aune de l’impasse dans laquelle ils se trouvent, par la faute des partisans d’une ligne dure, suprémaciste et colonialiste.  Les Israéliens et les Palestiniens, loin des fanatismes religieux qui ne peuvent produire qu’exclusion et haine de l’Autre, devront trouver la force en eux-mêmes, malgré toutes les rancœurs quasi-insurmontables nourries de part et d’autre, de dialoguer à nouveau ensemble, d’égal à égal. La solution ne pourra être in fine que politique. Freud évoquait l’idée d’un État laïc. Certains évoquent l’idée à terme d’un seul État binationnal. Et si finalement la solution n’était autre que l’avènement d’un État laïc et républicain, dans lequel tous les citoyens seraient égaux, quelles que soient leurs croyances religieuses ou leurs cultures ? Les utopies d’aujourd’hui constituent parfois les réalités de demain ou d’après-demain.[Merci à Mediapart]    ________________