Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par date pour la requête rire. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête rire. Trier par pertinence Afficher tous les articles

lundi 17 août 2026

Au début était le rire

   Du sérieux au rires multiformes

           Le rire, cette attitude humaine jugée souvent peu sérieuse, divertissante, légère, parfois objet de condamnation pendant une période où il fut fustigé, voir diabolisé: qu'on songe au Nom de la rose de U.Eco, où l'auteur reprend une certaine tradition monacale où le rire était banni, souvent perçu même comme "diabolique". Une perception que n'avait pas le monde grec, où la notion de péché était exclue, ce qui n'excluait pas le tragique. L'humour avait sa place dans le monde gréco-romain. Plus qu'on ne le pensait. L'"innocence" du monde et de la destinée humaine, jugée sans jugement final, donnait, selon Nietzsche, une légèreté particulière, sans culpabilité.           


                                                                                                                              Le rire grec était considéré comme "sagesse". L'autodérision avait même sa place, contre l'esprit de sérieux. Une certaine légèreté de l'être, comme aurait dit Kundera. Pas de tristesse chez Proclus. Aristophane s'autorise tout:  "...Le théâtre d’Aristophane n’épargne personne, il s’attaque aussi bien aux hommes politiques qu’aux philosophes, comme Socrate qui devient le « pontife des subtils radotages ». Le comique grec va jusqu’à mettre en dérision les emblèmes religieux de la communauté grecque en parodiant l’épopée et en ridiculisant à la fois le sacré et le profane. Aristophane s’en prend aussi au peuple, dans sa comédie Les Banqueteurs, le dramaturge met en scène deux jeunes gens de mœurs opposées : l’un vertueux, l’autre débauché. Cette pièce représente sans nul doute le début de la comédie de mœurs qui se développe lors du XVIe siècle, mais le sujet qui suscite davantage l’intérêt d’Aristophane et qui l’inspire profondément dans son art demeure le sujet politique. L’auteur s’oppose rigoureusement à la politique de certains démagogues comme Cléon, et ne peut s’empêcher d’exprimer ouvertement son opposition sur la scène du théâtre. Dans Les Babyloniens, Aristophane dénonce la politique de Cléon, le démagogue athénien et successeur de Périclès. Cette pièce valut à Aristophane une condamnation, il est alors accusé de haute trahison et sa comédie est publiquement diffamée.....   À la fin du Ve siècle, pendant cette période de crise qui se caractérise par la déchéance de la démocratie, mais aussi celle des croyances religieuses, Aristophane se permet de bafouer et les dieux et les athées. Fidèle au rire archaïque de Dionysos, le dramaturge grec refuse de se plier aux exigences des politiciens et offre à son rire une liberté démesurée..."                                       


                         L'impertinence était déjà au rendez-vous. Comme elle l'était finement chez David Lodge.  L'humour, cette légéreté de l'être, avait sa place. Discret ou appuyé. Sans atteindre cependant les sommets shadokiens.                  Ou l'humour noir de notre époque tragique.                                                                                     Sérieux, les Anciens? Pas toujours....    

      Rabelais:   il « vaut mieux de rire que de larmes écrire », reprenant une idée déjà présente chez les Anciens comme Aristote.    _________________

mardi 21 juillet 2026

L'angliche partout?

 Presque...  

           ____  Comme disait de Gaulle à son époque...                                                                                                                      Certes  les temps ont changé. Le néolibéralisme est passé par là avec la langue des affaires et de la diplomatie sous le signe de la puissance des USA, qui ont imposé leurs règles comme leur langage, celles du vainqueur. Le monde anglo-saxon est devenu hégémonique. Comme son mode de pensée. L'anglais est même parfois devenu un mode de communication exclusif en interne pour les cadres de certaines firmes, par mimétisme.    Un globalisme en vogue, dont on peut rire parfois...                                                                  Il serait temps de ne pas singer les anglos-saxons. de la manière la plus ridicule qui soit, au sein même de  nos institutions.              "... La dernière étude d’Education First, publiée ce mois-ci, place la France à la 31ème place des pays maîtrisant l’anglais, derrière le Costa Rica, le Nigéria, l’Estonie et l’Argentine. Pas de quoi fanfaronner..."                         ______ "Publicité, ministères, grandes administrations, conseils régionaux… les anglicismes ont envahi tous les champs lexicaux. On est loin de l’injonction gaullienne intimant de stopper « l’emploi exclusif de l’anglo-saxon ».  Quand Clairefontaine, marque bien connue des écoliers, vend son slogan « September is coming » tout en revendiquant son ancrage économique français, on se gratte la tête. Idem quand Roche Bobois évoque son « French art de vivre » ou Michelin son « motion for life ». À la tête du Conseil de l’éthique publicitaire, le sociologue Dominique Wolton s’agace du ridicule assorti à la prétention de certains slogans pour lesquels « il semble impossible de justifier le non-usage du français, particulièrement lorsque ceux-ci s’adressent aux Français et plus encore lorsqu’ils émanent d’entreprises hexagonales ». Malgré les efforts de la loi Toubon, qui fête ses 30 ans, les termes anglo-américains pullulent dans la publicité, le commerce et l’entreprise. Mais il y a plus grave. L’Académie française, qui a publié un rapport sur le sujet, désormais disponible en librairies – N’ayons pas peur de parler français (Plon) –, dénonce une présence massive et nouvelle du franglais dans « le langage des responsables des institutions »                     Une "modernisation" dérisoire

                                                Les Français sont en train d'être "managés" rapidement , insidieusement. Sous prétexte de "modernisation". Cela ne date pas d'aujourd'hui et le phénomène restait dans des limites acceptables. Toutes les langues participent à des échanges linguistiques au cours de leur histoire, mais là on assiste actuellement à un mimétisme accéléré, généralisé, encouragé par le business ambiant et certaines élites américano-centrés, un tropisme étrange, qualifié de  ridicule par ceux qui nous jugent, même sur les bords de l'Hudson. Ce n'est plus seulement: parlez-vous franglais? Tous doivent s'y mettre pour ne pas être jugés has been. Il suffit de parcourir les rues d'une ville pour s'apercevoir que les rues sont bourrées d'anglicismes plus ou moins douteux. Même Paul Bocuse s'y met allégrement. Mais où va-t-on?...                                                                                                                                                              L'anglomanie domine, au fur et à mesure que notre langue s'affaiblit, que son apprentissage se réduit. Le globish se répand à grande vitesse. Ce qui stupéfierait un Québecois. François 1er se retournerait dans sa tombe. Le Général aussi. Si encore on utilisait un anglais de bonne tenue, modérément, à l'égal des autres, même au sein du Conseil de l'Europe, ce serait un moindre mal, mais c'est tout le contraire qui se produit: un mauvais globish sans retenue et à tous propos fleurit dans tous les domaines, pas seulement commercial. Dans les aéroports, on comprendrait, mais dans le commerce de base notamment, c'est l'envahissement, voire la colonisation. Même chez mon coiffeur et mon chauffagiste... Le globish business est partout..   La loi Toubon, c'est pas tout bon. Les barrages symboliques ont cédé. Un dispositif qui a largement échoué dans la course à la mondialisation sans frein sous hégémonie anglo-saxonne. La loi linguistique du vainqueur s'est imposée, ou plutôt des sous-produits. Pourtant ce n'était pas inéluctable. Les résistances canadiennes le prouvent.                 ________  "....En 1994 cette loi était passée pour « protéger le patrimoine linguistique français  ». Déjà, le Conseil Constitutionnel en avait limité la portée au service public. Vingt-sept ans après, elle est tellement inefficace que notre future carte d’identité sera bilingue, et le globish bourgeonne dans bien des communications de nos services publics, sans même parler du secteur privé. La France a donc besoin d’une nouvelle loi pour rétablir le français comme seule langue de communication de notre pays...."                                                                                                                                                                             Globish is fun. Il est partout, même là où il n'a pas lieu d'être, et gagne du terrain tous les jours., cet anglais rétréci à quelques centaines de mots, qui est a mille lieues de la langue-mère, fine et complexe. Utile dans certains usages techniques et professionnels, il devient en dehors parfois du plus haut ridicule dans ses usages quotidiens de plus  plus fréquents, se voulant sans doute une pratique de la plus haute modernité.

     "... What did you expect ? », « what else ? », la gamme « make up » de l’Oréal : lentement, mais sûrement, la langue anglaise gagne du terrain sur notre territoire, dans tous les domaines. Slogan publicitaire, noms de produits ou de magasins, noms des films. A quand le coup d’arrêt ?
  Il est sacrément paradoxal de constater que depuis le vote de la loi Toubon, insidieusement, mais sûrement, notre belle langue perd des parts de marché dans notre espace public national
      "..;Tout le problème vient du fait que cette progression, aussi certaine soit-elle, est lente, et donc peu spectaculaire. Pourtant, pour qui parvient à se souvenir de la situation d’il y a 20 ou 30 ans, la situation s’est largement dégradée. Nous allions faire nos courses dans des Atac ou des Champion, et non des Simply Market ou des Carrefour Market. Le nom des films était presque toujours traduit dans la langue de Molière. Relativement peu de produits avaient des noms aux consonances anglo-saxonnes.

   Mais le pire est sans doute atteint dans la communication, où il semble qu’aujourd’hui une communication sur trois comporte un mot d’anglais. On trouve « l’art de vivre, by Roche Bobois ». On se demande bien quel est l’intérêt de mettre « by » au lieu de « par ». Et on ne compte plus les marques qui adoptent des signatures en anglais, certes traduites, mais le plus souvent de manière trop discrète. Schweppes demande « what did you expect ? », Nespresso, « what else ? », Adidas affirme « get ready ! », Sony soutient « this is for players » pour sa nouvelle console, Evian promet « live young ». On ne voit pas bien l’intérêt qu’il y a à ne pas traduire en français ces slogans, qui ne sonnent pas moins bien qu’en anglais. Et passons sur le « motion and emotion » de Peugeot, absolument incompréhensible...."
   Bien vu. Et ça continue, jusqu'à la saturation, ce qu'éviteraient de faire les Québécois Voilà notre langue bien mise à mal. Et le mimétisme se répand en tous domaines.
           Un choix qui n'est pas neutre:
   "...Ceux qui prônent l’anglais comme langue internationale voient moins clair, moins net et moins loin que David Rothkopf, ancien conseiller de l’administration Clinton qui, en 1995, avait écrit : "Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent." (In Praise of Cultural Imperialism, Foreign Policy, Number 107, Summer 1997, pp. 38-53)
     Le globish évolue souvent en proportion inverse de la maîtrise de sa propre langue, dont on finirait presque par avoir honte..face à la langue des "maîtres".
       Il colonise la toile
                                 Pas seulement nos rues. 
         Hors de lui, point de salut.
   L'anglais, du moins celui que nous parlons mal facilement, comme disait Churchill, est devenu notre nouveau latin, avec la montée en puissance technologique de l'Empire, avec le triomphe de la Silicon Valley, avec la numérisation galopante d'une grande partie de notre vie, dont les clés sont ailleurs.

   La langue ou la sous-langue du colonisateur fait florès jusque dans nos rues, se niche dans moindre aspect de notre vie quotidienne, jusqu'au coiffeur du coin qui a mis son enseigne à l'heure de Londres ou le petit restaurateur qui ne fait plus la cuisine, mais des happy meal..
       Un globish à tout faire, en quelque sorte, pour faire "moderne".
   Dans le monde des open space, on jargonne sans retenue un globish douteux.. A Science Po, on se démarque du vulgum pecus. Les élites se délitent.
   La langue dénaturée de Shakespeare et ses dérivés ont  pris le haut du pavé dans notre enseignement.
       Certains résistent encore, mais au Québec on fait de la résistance. La dérive est constante depuis plus de vingt ans
        C’est dès les années 60 qu’apparaissent les prémisses de la démission linguistique de nos élites.   Le général de Gaulle comme Georges Pompidou ont une conscience aiguë du danger. Ce dernier définira clairement l’importance de l’enjeu : « Si nous reculons sur notre langue, nous serons emportés purement et simplement. C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi les autres ». 
    Mais ce phénomène de démission, jusque-là marginal, prendra une autre dimension quand l’exemple du renoncement viendra de la tête de l’État.   Le signal, l’acte spectaculaire de capitulation linguistique, date du 27 mai 1974, jour de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing : reléguant le français au rang d’un patois local, c’est en anglais qu’il commenta sa victoire devant la presse étrangère. Le nouveau président enfoncera le clou en 1976 à la Nouvelle-Orléans où il prononcera son discours exclusivement en anglais devant des milliers de Cajuns catastrophés par une telle trahison !  Avec Jupiter, n'en parlons pas...
        A Bruxelles, le français, pourtant langue officielle, est délaissé de plus en plus. Chez nous, dans des grandes entreprises, des notes de services circulent maintenant en anglais, sans justification aucune.
     Le globish déferle dans tous les secteurs:
     
          Bafouant leurs propres règles, les gouvernants ignorent l’article II de la constitution (« la langue de la République est le »), ainsi que la loi de 1994 (dite loi Toubon), votée unanimement par le Parlement, et qui dispose que « le français est la langue de l’enseignement, du travail et des services »). 
      En effet, La a institué l’ comme langue de l’Université et les quelques restrictions cosmétiques apportées à cette loi ne sont pas respectées--Les services publics et les entreprises détenues et/ou pilotée par l’Etat (Poste, SNCF, Air-France, EDF, etc.) multiplient les produits dénommés en anglais au mépris des usagers francophones et des étrangers non anglophones qui résident dans notre pays--Les publicités diffusées aux heures de grande écoute par les médias, y compris publics, sont fréquemment rédigées en anglais ou en franglais sans que cela n’émeuve en rien le « Conseil supérieur de l’audiovisuel »--Le gouvernement s’apprête à céder au chantage d’un magnat de la production cinématographique qui prétend obtenir des fonds publics pour tourner ses superproductions en anglais--Une initiative de l’Inspection d’anglais invite les professeurs de cette discipline à militer pour l’enseignement en anglais des autres disciplines !--Un cartel de radios commerciales prétend de fait en finir avec les quotas de chanson francophone passant à l’antenne, alors même que les jeunes chanteurs francophones ont de plus en plus de mal à trouver des lieux d’accueil, de lancement et de diffusion--Nombre de colloques universitaires ou scientifiques se tenant en France contournent la langue de Victor Hugo et d’Aragon bien que ces institutions bénéficient du financement public issu des impôts de tous : que devient le devoir pour les intellectuels et des savants, que proclama initialement Descartes en 1637 (Discours de la méthode), de s’exprimer dans la langue d’usage de la population ? --Que devient le droit de comprendre de nos contemporains quand trop de pseudo-experts, de publicitaires, de journalistes s’adressent au public avec des expressions que la majorité des citoyens ne comprend pas ou que pire, elle comprend de travers ?__Nombre d’entreprises imposent à leurs salariés de travailler en anglais ou en jargon franglais, ce qui est source d’humiliation, de discriminations et d’insécurité ; certains secteurs économiques ne recrutent plus que des cadres supérieurs « English Mother Tongue », ce qui institue une préférence nationale à l’envers, symétrique de la honteuse « préférence nationale » lepénisteLes quelques protections qui subsistent encore autour de notre langue commune sauteraient bien évidemment avec la mise en place du « Grand Marché Transatlantique », dit TAFTA, que les autorités françaises et européennes négocient actuellement dans le dos des citoyens__L’UE révèle sa nature dictatoriale en méprisant ses propres traités qui l’obligent à respecter le plurilinguisme : l’anglais devient de facto la seule langue officielle de l’UE et le gouvernement français tolère que Pierre Moscovici, actuel commissaire européen et ancien ministre français, écrive ses « lettres de cadrage » (fustigeant tous les acquis sociaux de notre peuple) en anglais à Michel Sapin. __Déjà, la ministre sarkozyste Christine Lagarde, dite « Lady The Guard », prétendait obliger les hauts cadres du ministère des finances à correspondre en anglais à l’interne !__Le patronat « français » et européen pousse honteusement à la roue : on se souvient du mot du Baron Seillières devenu président du super-syndicat patronal « Businesseurope » et déclarant devant Jacques Chirac : « désormais je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ».__La langue de travail de l’armée française asservie à l’OTAN et à ses entreprises prédatrices devient l’anglais sans que cela émeuve le haut encadrement de la défense de moins en moins « nationale » et de plus en plus atlantique et néocoloniale...
       And so on...
  Alors que le français (entre autres) a façonné l'anglais.
      Oui à l'anglais. Non à l'anglais envahissant!
       Résister à la pulsion mimétique anglo-saxonne, c'est résister à une forme de sujétion, car une langue n'est jamais neutre, elle véhicule et impose ses modèles.
   L'anglomanie vire vite à l'anglocratie.
   On l'a déjà dit: La fuite en avant vers le tout-anglais correspond à des rapports de forces politiques clairement explicités:
   A  l'heure ou le libre-échange euro-américain va se mettre en place, il faut se remettre en mémoire quelques affirmations non dépourvues d'ambiguïtés:
  -"L'Anglais est la langue du vainqueur", disait le général Jean Béca
  -« L’anglais est l’avenir de la francophonie », osait B.Kouchner
   -Dans son rapport de 1987/88, le directeur du British Council écrit «  Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond.  »
  Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais et que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ...affirmait David Rothkopf dans Praise of Cultural Imperialism, 1997)       
         Une langue n'est pas neutre et son abandon ou son affaiblissement progressif a des incidences sur les structures de la pensée, sur sa maîtrise.
                                     Mais le soft power a sa logique._____
   Le New York Times lui-même se moquait avec mordant de ce que nous sommes devenus:
               "...Ce phénomène d’anglomanie qui semble se généraliser dans toute la France et dont les illustrations ne laissent pas d’étonner. La langue de tous les jours en est affectée ; dans les commerces, les médias, les publicités, en politique, on emprunte directement à l’anglais pour faire moderne, tendance, à la page, pour se distinguer de la « plèbe » restée franchouillarde, pour marquer son appartenance à un monde unifié, globalisé, interconnecté, électrostatique, sans frontières. Les emprunts à l’anglais sont de plus en plus délibérés, choisis à la manière d’une signature, d’un logo, d’une image de marketing qu’on lance à la volée pour épater le Gaulois ; plus l’emprunt est fracassant, grossier, tonitruant, meilleure est la réclame. Ainsi à la télévision française organise-t-on des « Talk », comme si la langue française était sans ressource pour nommer une émission de variété. Même le monde de la littérature se place sous le patronage de l’anglo-américain. Ainsi, s’inspirant du Courrier International, pourtant fondé comme une entreprise d’ouverture à la diversité linguistique, un magazine de recensions de livres a pris le nom de Books , façon désinvolte d’annexer une publication française au modèle anglo-saxon de revue littéraire (comme le New York Review of Books). Sur la scène parisienne, se faire jouer les trésors de la littérature française en anglais semble être du plus grand chic : ainsi le renommé théâtre du Châtelet a-t-il mis à l'affiche du 28 mai au 4 juillet 2010 une production anglaise de la comédie musicale Les Misérables d'Alain Boublil et de Claude-Michel Schönberg originalement conçue en français d'après le célèbre roman de Victor Hugo. (Quand verra-t-on sur les scènes londoniennes une comédie musicale Hamlet ou King Lear en français?)
Dans les grandes entreprises françaises, l’anglais a supplanté le français dans les rouages névralgiques; mêmes les entreprises à vocation strictement nationale voient arriver à leur tête des armées de jeunes managers formés à l’anglo-saxonne, pressés d’appliquer les recettes apprises en anglais à la lecture de manuels américains. Les universitaires français se convertissent aussi frénétiquement à l’anglais. Le prestige des publications dans les grandes revues et maisons d’éditions françaises a faibli ; les embauches dans les universités, les promotions, les honneurs se jouent de plus en plus sur la capacité à publier en anglais dans les forums mondialement cotés, à s’insérer dans les réseaux de recherche « européens » où tout se décline en anglais. Les grandes écoles et les universités françaises, au nom d’une autonomie fraîchement accrue, multiplient les programmes et les formations bilingues ou donnés strictement en anglais, dans l’espoir de toucher une part du marché lucratif des étudiants étrangers qui rêvent de vivre « a french experience » sans dépaysement linguistique. Il n’est pas rare que des professeurs français se vantent de donner leur cours en anglais, sans protestation des bacheliers français, au grand dam des étudiants…. étrangers que la France séduit encore par la langue et la culture
. Même le vocabulaire de la politique française se ressent de cette anglomanie. Le secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a proposé en avril 2010 de renouveler les politiques sociales françaises en s’inspirant du « care » britanniquev. La diplomatie française s'est mise aussi à l'english, en publiant, sous l'impulsion de Bernard Kouchner, ses cahiers (Mondes) en version bilingue. On applaudit même en France à « l'impérialisme cool de l'anglais », ainsi que l'a fait le thuriféraire de la culture américaine Frédéric Martel, dans un texte publié dans Le Point du 28 juillet 2010, « Français, pour exister, parlez English », où il clame sans ambages sa conviction que le français est incapable d'être autre chose qu'une langue de Gaulois rétifs à la modernité, sans dimension internationale ni même européenne. ______

samedi 7 mars 2026

Pray and Bomb

 Le grand Ayatollah en prière

                                              "Que ta grâce accompagne nos troupes!"

                    Donald a besoin du soutien de son ami divin dans sa sainte croisade  contre les infidèles et aussi de la prière de ses proches.                                                                                                                                  Dans cette aventure sacrée, cette fureur épiqque,  Dieu reconnaîtra les siens....

                             On est prié de ne pas rire...

 __________________

samedi 7 février 2026

Larges horizons

 __Les cardinaux contre le Trumpistan                                                                                                                                                                        Donald voit rouge

__ La démocratie meurt en silence 

                                                          Un phénomène lent et insidieux

__ Far West numérique 

                                                     La gouvernance numérique es question

__ Trumperies en tous genres                                                                                                                                                                            Parfois on pourrait en rire, mais pas toujours...





__ Le Kremlin en trop simple:
                                                     La conspiration n'explique pas tout


____ Une affaire russe aussi?        
                                                C'est déjà assez compliqué comme ça 

__ Question de pétrole   
                                            Dans un secteur stratégique      

__ Changement de paradigme  
                                                       L'énergie, oeil du cyclone

    
                                                       Ce serait trop simple... 

__ Miettes philosophiques                                                                                                                                                                         
                                                       


mercredi 26 novembre 2025

Aux armes citoyennes!

Pour un réarmement démographique

                      Une question centrale, sans doute, mais incertaine et paradoxale.                                                                                                                                                                        L'heure est grave, a-t-il dit. Le réarmement s'impose, même si on peut en rire... On ne va pas suivre les pas de l'Allemagne ou même de la Chine. Il faut réagir, car on va manquer de bras si ça continue.           Même si la baisse récente de la natalité  n'est pas facile à expliquer, même si les causes sont multiples et interdépendantes. . Pour le démographe Hervé Le Bras, l'expression utilisée à l'Elysée est "grotesque":   "....il y a eu beaucoup d’études réalisées sur la relation entre croissance économique et croissance démographique, et on n’a jamais pu mettre en évidence la moindre causalité. L’Allemagne en fournit la preuve : le pays a mieux réussi économiquement que la France en ayant une fécondité, pendant près de 50 ans, d’un demi-enfant de moins qu’en France. ..." Et le type 'économie de demain, de plus en plus digitalisée, va-t-elle demander une main d'oeuvre aussi importante que pendant les périodes antérieures.. On n’est plus du tout aujourd’hui dans cette idée du nombre qui fait la force..."    conformément à la doctrine de Bodin ou des obsessions nationales, voire nationalistes de la III° République, ou de l'après-guerre.         Voilà un signal qui plaît à l'extrême-droite, comme il était au coeur des discours de Pétain, dans la perspective culpabilisante du "redressement national"                 Donner des injonctions ne suffit pas, surtout sans réflexion sur les causes d'un phénomène peut-être provisoire, circonstanciel. Cela relève de la pensée magique. En tout cas, le message passe mal, surtout auprès des femmes. Cela se comprend.


                                                                                   ___                                   
"...C’est une rhétorique nataliste. Ce phénomène est ancré dans le temps long : déjà à l’époque de la IIIe République, il y avait cette idée que les individus « doivent » des bébés à l’État pour participer à l’effort collectif. Historiquement, c’est quelque chose qu’on retrouve dans les mouvements conservateurs - de droite comme de gauche - et qui a été largement dénoncé par les progressistes.   Je n’ai pas connaissance d’un autre usage, dans l’histoire, des mots « réarmement démographique ». Mais simplement faire référence au réarmement, c’est utiliser un champ lexical très viriliste, guerrier et violent. Quand je l’ai entendu, j’y ai immédiatement vu un écho à la période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe : une période de développement conjoint du capitalisme et du nationalisme, où sont apparus les termes de « chair à canon » et de « chair à usine », pour parler de personnes qui n’avaient pas de droits, si ce n’est de produire quelque chose pour la nation.  S’inscrire dans cette lignée, c’est tenir un discours très conservateur. L’usage de cette expression rejoint un discours gouvernemental qui met l’accent sur le travail, l’apologie de la productivité... Elle donne une ligne claire : pour répondre à la crise économique et à la crise démographique, il faut se reproduire. C’est un cadre très patriarcal et hétéronormé, duquel découlent plusieurs problèmes.  Si on fonde un projet social sur la reproduction, il y a forcément le risque d’instrumentaliser le corps des personnes qui peuvent enfanter. Ce fut le cas en 1920, au moment de la criminalisation des publicités sur la contraception et de la répression de l’avortement.  Sans que ce soit explicite, ces termes renforcent un projet de société dans laquelle la vie doit suivre un ordre linéaire : le couple, le mariage, la grossesse. Il y a alors le risque que toutes les personnes qui ne se reconnaissent pas dans ce modèle, notamment les personnes LGBT, soient encore plus invisibilisées et précarisées....Les politiques natalistes ne sont pas l’apanage de l’extrême droite et ont historiquement été également tenues par la frange conservatrice de la gauche de l’échiquier politique. Toutefois, dans ce discours, il y a aussi l’idée de faire « barrage à l’immigration », et l’affichage d’un choix clair : faire des futurs travailleurs plutôt que d’accueillir des travailleurs immigrés comme cela a été le cas pendant les trente glorieuses, par exemple...".                                                                                  Le natalisme national laisse des souvenirs mitigés.                                                                                   "...Il y a un autre problème qui semble important. À une période ou des associations, des chercheurs et chercheuses n’arrêtent pas d’appeler à transformer nos pratiques, choisir de s’inscrire dans la lignée de la rhétorique capitaliste et nationaliste du XIXe siècle, c’est nier toutes les crises sociales et écologiques que nous vivons. De nombreux chercheurs et chercheuses ont écrit sur les tendances d’Emmanuel Macron à « flirter avec l’extrême droite », aujourd’hui, c’est quelque chose d’absolument décomplexé. Un terme comme « réarmement démographique », c’est un signal extrêmement inquiétant, et qui appelle à la vigilance quant aux évolutions politiques à venir...."                                            _______________________________________________                                                   La question de la natalité n'est pas que franco-français, mais aussi européen et mondial. __ Les démographes sont en pleine interrogation. Ils savent qu'ils ne pratiquent une science exacte (il n'en existe aucune dans les sciences humaines), mais ils se donnent les moyens d'y voir plus clair dans les mouvements de populations à un moment donné et surtout les tendances profondes sur le long terme ou le court terme. Modifications sur le taux de natalité, qui a des incidences sur l'histoire d'un peuple ou d'un continent, chutes brutales d'une population après un événement naturel, comme la peste noire ou une profonde modification climatique, etc... Autant d'objets d'étude qui peuvent en apprendre beaucoup sur l'histoire locale, régionale, voire mondiale...                                                                                                                                                   Aujourd'hui, beaucoup de spécialistes en la question s'interrogent sur les tendances de la population mondiale, qu'on a vu monter rapidement depuis le début de l'ère industrielle. Assistons-nous en ces dernières décennies à une chute programmée de la population mondiale, de manière différenciée, une chute qui ne serait pas provisoire, mais tendancielle, sous l'effet de facteurs divers, naturels comme culturels? Certains pays s'interrogent déjà sur une moindre natalité en leurs sein, leur apparaissant problématique en leur, comme l'Allemagne qui peine à renouveler sa population. Mais ce pays n'est pas le seul. D'autres voient leur natalité baisser régulièrement, comme certains pays de l'Afrique du Nord, tandis que le Sahel connaît une explosion problématique, pour des raisons surtout culturelles. La démographie peut souvent aider l'historien sur les modifications profondes à venir.   


                                                                                 __  La France n'est plus la grande puissance quelle était au XVIII° siècle, mais sa politique de soutien familial lui permet de ne pas être affectée comme certains de ses voisins. Mais des données nouvelles pourraient modifier la tendance: les effets (relatifs) de la covid sur l'espérance de vie, les données récemment enregistrées sur la baisse de la fécondité masculine, les résistances psychologiques liées à une certaine angoisse écologique...Quelques facteurs partiels qui ne sont pas sans doute à eux seuls des éléments explicatifs, mais qui contribuent à mieux saisir ce qui s'annonce sans doute comme une régression, voire une stabilisation de la population mondiale. Ce qui ne serait pas en soi un drame, si l'économie s'adapte aux nouvelles donnes, ce qui serait pour d'autres une chance de voir se réduire une pression excessive sur le milieu vital, aux ressources limitées. Un débat en cours qui n'est pas anodin...                                                                                              En tout cas la "bombe démographique" n'aura pas lieu, si les tendances constatées continuent à se vérifier. Des questions d'ordre moral et politique se posent. Faut-il d'urgence "arrêter le enfants" comme il est parfois préconisé?... Un grand défi attend l'humanité, que ne résoudront pas les démographes, qui ne peuvent que poser des diagnostics à partir de leurs données chiffrées et de leurs projections et leurs hypothèses..   ___________________

jeudi 23 octobre 2025

Loyauté contestée

 Des faits occultés

            Selon que vous serez puissants ou misérables....


                                 –... Cellule de luxe, réception chez Macron, visite de Darmanin, gardes du corps personnels au sein de la prison, manifestation de vieux riches et soutien médiatique. La République des privilèges : comment les puissants se déclarent au-dessus des lois – Ce mardi 21 octobre, le malfrat Nicolas Sarkozy faisait ses entrées à la prison de la Santé. C’est la première fois qu’un chef d’État européen se retrouve derrière les barreaux. Condamné à cinq ans de réclusion pour association de malfaiteurs dans l’affaire des financements libyens pour sa campagne de 2007, il est condamné aux côtés de cinq autres prévenus, dont ses anciens acolytes Brice Hortefeux et Claude Guéant. Il ne passera certainement que quelques semaines en prison, le temps pour la Cour d’appel de Paris de statuer sur la demande de mise en liberté déposée après l’incarcération. Nicolas Sarkozy est pourtant l’homme du tout sécuritaire, qui réclamait la tolérance zéro envers les délinquants. Il a mis en place la politique du chiffre au sein de la police et de la gendarmerie, faisant exploser le nombre de gardes à vue et d’incarcérations. Il a en outre mis en place les peines planchers pour les récidivistes. Rappelons que Sarkozy avait déjà été condamné à 3 ans de prison dans l’affaire Bismuth, puis à un an de prison dans l’affaire Bygmalion. Il devrait donc être le premier satisfait de la fermeté de la justice, tout comme ces bourgeois qui squattent habituellement les plateaux télés pour hurler au laxisme de la justice, et qui aujourd’hui hurlent à sa trop grande fermeté. Ne leur en déplaise, l’exécution provisoire n’est pas l’exception, elle est la norme. 57% des peines de prison ferme sont assorties d’une exécution immédiate. Ce taux grimpe à 86% pour les comparutions immédiates. Mais les puissants ne supportent pas qu’on touche à l’un des leurs.

⚫ Le rouleau-compresseur médiatique et politique pour imposer un discours victimaire
Depuis des années, le rouleau-compresseur médiatique tente d’imposer un récit : celui d’un pauvre homme innocent, harcelé par une justice et des magistrats «rouges» qui veulent sa peau. Ces dernières semaines, ce récit propagé par les médias des milliardaires s’est intensifié. Tous les éditocrates bourgeois et femmes ou hommes politiques véreux se sont ligués autour d’un des leurs, qu’on a osé attaquer. Ils se pensent au-dessus des lois. Qu'un membre de leur clan soit condamné, même si sa culpabilité est évidente, leur paraît impensable. C’est un crime de lèse-majesté.
Ils reprennent une tactique savamment orchestrée par Sarkozy lui-même, qui se présente depuis 12 ans comme la victime d’un complot organisé par Mediapart, le parquet financier, et tous ces fameux «juges rouges». Passant sous silence le fait que cinq autres personnes ont été condamnées à ses côtés, prenant garde de ne jamais rappeler qu'il s'agit d'une association de malfaiteurs avec un dictateur ayant commis des actes terroristes, qu'il y a eu 12 ans d'enquête approfondie et plusieurs recours, mobilisant de nombreux magistrats.
Rappeler de simples éléments du dossier à la population serait remettre en question l’image intouchable de Sarkozy. Le tribunal reconnaît notamment le pacte de corruption avec le terroriste Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, commanditaire de l’attentat contre le vol DC 10 de la compagnie UTA au Niger, en 1989, qui a tué 170 personnes. En tant que ministre de l’Intérieur, Sarkozy avait promis la levée du mandat d’arrêt contre le terroriste, en échange du soutien financier de sa campagne. Des familles de victimes s’étaient d’ailleurs portées partie civile dans le procès de Sarkozy, mais ces dernières n'ont jamais été invitées sur les plateaux télé. Leur parole n’existe tout simplement pas.
Sur ces plateaux en revanche, toute la classe bourgeoise se met en branle pour défendre l’un des leurs. Ses avocats sont partout, criant à l’injustice, au “jour funeste pour la France” que constitue cette incarcération. Sur Europe 1, l’homme d’affaires Jean-Claude Darmon expliquait très bien : «C’est un choc pour des gens comme nous ! Nous ne sommes pas faits pour la prison, nous ne sommes pas des animaux, c’est terrible». Le sous-entendu est clair : la prison, c’est pour les animaux, donc les personnes non blanches, les pauvres, les sans-papiers. Pas pour les puissants.
Ses défenseurs tournent en boucle sur l’absence de preuves, se permettant de refaire le procès. Dans cette histoire, tout le monde devient juge. Pourtant, les juges - véritables ceux-ci - ont acté qu’il y avait bien eu transfert d’argent depuis la Libye, et que le trésorier de Sarkozy, Eric Woerth, était bien au courant. La note révélée par Mediapart, où est inscrite noir sur blanc l’accord du régime libyen pour un financement de 50 millions d’euros, a bien été jugée irrecevable par la présidente du tribunal le 25 septembre. Néanmoins, la justice avait déjà tranché deux fois sur ce document, à la demande même de Nicolas Sarkozy, et affirmé qu’il ne s’agissait ni d’un faux intellectuel, ni d’un faux matériel. Mais ça, personne n’en parle.
Une chose est sûre, on n’en aura jamais autant appris sur le système carcéral français que ces derniers jours. Les médias, si peu enclins à partager les chiffres sur la surpopulation carcérale (le taux d’occupation moyen des prisons françaises est à plus de 130% et certaines montent à 200%) ou sur le taux de suicide dans les prisons (6 fois plus élevé qu’à l’extérieur), nous offrent une foule de détails. Ils nous apprennent qu’il s’est lancé dans l’écriture de son nouveau livre en prison, qu’il aurait amené la biographie de Jésus et le Comte de Monte-Cristo avec lui… On connaîtra bientôt le contenu de ses repas et l'heure où il va aux toilettes.
Le Parisien, le journal de Bernard Arnault - qui faisait partie des 55 prestigieux invités de l’ancien Président au Fouquet’s le soir de son élection de 2007 - révélait carrément dans ses pages le plan de la cellule du Président. Celle-ci est la copie – en plus salubre – d’un logement du CROUS où vivent des centaines de milliers d’étudiant·es en France. Mais cela semble déchaîner les passions des Bourgeois, scandalisés qu’on inflige un tel traitement à l’un des leurs.
Ici, plus personne pour dire que la prison serait un Club Med. Il bénéficie pourtant de conditions infiniment plus confortables qu’un détenu lambda, bénéficiant d'une cellule individuelle avec télévision, ligne de téléphone fixe personnelle pour continuer ses activités de malfrat, une salle de bain individuelle. Il se trouve dans l'aile VIP de la prison, avec une cour de promenade séparée et un accès privilégié aux activités sportives, jeux de société, lecture… Et il dispose même de ses gardes du corps à plein temps dans des cellules voisines !
À l’heure actuelle, plus de 4.500 détenus, eux, dorment à même le sol dans des cellules à 3 ou 4 personnes, dans des conditions insalubres, parfois infestées de cafards. On se doute que celle de Sarkozy sera d’une propreté immaculée. Mafieux parmi les mafieux, il était défendu par Patrick Balkany sur RTL, qui lui donnait ses petits conseils pour “survivre” à la prison : ne pas porter de bleu marine et ne pas avoir d’eau de Cologne. Sans rire.
⚫ La mise en scène de Nicolas Sarkozy
Le condamné lui-même se met en scène dans cette séquence, et la journée de son incarcération était orchestrée au millimètre. Dans la Tribune du dimanche, il expliquait qu’il allait écrire un livre s’inspirant du comte de Monte-Cristo et des lettres écrites par le capitaine Dreyfus… Convoquer l’imaginaire de ces deux illustres – l’un réel, l’autre fictif – condamnés à tort, Sarkozy n’a honte de rien. Le matin, il publiait un communiqué, affirmant “ce n’est pas un ancien président de la République que l’on enferme ce matin, c’est un innocent”, parlant de “chemin de croix”. Son fils chéri Louis Sarkozy avait également organisé un rassemblement à la Villa Montmorency, ce repère de riches parasites, où les Sarkozy ont un hôtel particulier.
Des dizaines de vieux bourgeois fanatisés y hurlaient leur amour comme à une rockstar. Des t-shirts avec le visage du multirécidiviste étaient même distribués, sur lesquels on pouvait lire : «la fin de l’histoire n’est pas écrite» et des hurlements de retraités du 16ème arrondissement contre «la gauche» et «la justice» retentissaient. L’ancien président, lui, marchait au pas, le visage grave, Carla au bras, au son de la Marseillaise, au milieu de la foule en délire. Une véritable scène de télé-réalité à l’américaine. Et ironiquement, les médias nationaux ont beaucoup plus couvert cette pathétique manif de soutien que le procès en lui-même !
⚫ La fin de la séparation des pouvoirs
L’un des fondements de la démocratie est la séparation des trois pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire. Mais cela n’est pas un problème dans la France de Macron. On apprenait que Nicolas Sarkozy était reçu à l’Élysée par le président vendredi 17 octobre, quelques jours avant son incarcération, pendant plus d’une heure. Recevoir un multirécidiviste, cela ne gêne pas le président, ces gens sont des mafieux. Emmanuel Macron a également profité de l’incarcération pour proposer un débat sur l’exécution provisoire, afin d’assurer à ses petits copains de pouvoir éviter la case prison à l’avenir.
Gérald Darmanin, ministre de la justice et violeur, a exprimé sans honte sa «profonde tristesse» face à l’incarcération de celui qu’il considère comme son mentor – avoir un multi-condamné pour mentor quand on est ministre de la Justice, ça ne s’invente pas – et qu’il rendrait visite au repris de justice en prison, lors d’une interview à France Inter le 20 octobre. Il a même déclaré : «Je ne peux pas être insensible à la détresse d'un homme». L’indépendance des juges, le respect d’une décision de justice ? Il n’en a que faire : ce qui prime, c’est la loyauté entre les puissants. Et tant pis si cela représente une forme de pression sur les magistrats. Le Syndicat de la magistrature s’est d’ailleurs inquiété de cette annonce, déplorant que «toutes les personnes détenues méritent l'attention du garde des Sceaux, y compris celles qui ne sont pas ses amies».... _________