Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

jeudi 8 mai 2008

Capital humain ?...




"... un oxymore saugrenu imposé par cette novlangue contemporaine qu'est le discours néolibéral... "?

Capital... humain


"Longtemps confinée dans le cercle étroit des économistes néoclassiques (1), la notion de « capital humain » s’est répandue à partir des années 1980 pour devenir un des concepts favoris des théoriciens des « ressources humaines » et des agences de recrutement. Elle occupe aujourd’hui une place de choix dans le vocabulaire des responsables politiques, comme l’a montré la récente campagne présidentielle en France. Ainsi, dressant le bilan négatif de la gestion socialiste antérieure, M. Nicolas Sarkozy déclarait dans un meeting, à Saint-Etienne, le 9 novembre 2006 : « Si l’Etat vit au-dessus de ses moyens, la France vit au-dessous de ses ressources. Elle gaspille son capital humain dans le chômage, la fuite des cerveaux et les trente-cinq heures. »
...
Individualiste voire psychologisante, la notion de capital humain dissout tous les rapports sociaux et les déterminismes plus ou moins puissants qui les affectent dans le volontarisme de la mobilisation de soi, que condense la formule populaire : « Il suffit de vouloir pour pouvoir. » Quant à la partie des travailleurs salariés qui ont encore la chance de disposer d’un emploi stable, la même formule contribue à les convaincre que c’est à leur capital humain qu’ils le doivent. Cela les conduit non seulement à se désolidariser des précédents, mais encore à se persuader qu’il leur faut se mobiliser en permanence pour conserver et accroître ce capital si précieux, en transformant ainsi leur existence hors travail, dans toutes ses dimensions, en une entreprise permanente d’accumulation de ressources de tous ordres destinées à se valoriser sur le marché du travail..."(Alain Bihr)

-« Marché » - Les mots sont importants
-Novlangue d'aujourd'hui...(1)
-Novlangue d'aujourd'hui (2)
------------------------------------------
- La santé est-elle capital(e) ?

-

mercredi 7 mai 2008

Pétrole et géostratégie US



Géostratégie de l’énergie (I/II)

"L’approvisionnement en pétrole et matières premières en voie de raréfaction est devenu l’enjeu géostratégique majeur déterminant la politique des grandes puissances. C’est dans cette optique que le Pentagone reconfigure ses forces et repense sa doctrine stratégique. De l’Asie Centrale à l’Afrique en passant par les Balkans et le Moyen Orient, les USA veulent contrôler les zones de production et les voies d’acheminement des ressources vitales. Dans ce grand jeu, la Navy se voit attribuer un rôle clé, celui de s’assurer de la maîtrise des routes maritimes face au rival chinois. Des dizaines de milliards de dollars lui sont attribués pour financer cette montée en puissance...
... le conflit opposant les Etats-Unis avec l’Iraq et l’Iran a été largement déterminé par le principe fondamental de la doctrine Carter énonçant que les États-Unis ne permettraient pas l’émergence d’une puissance ennemie qui puisse exercer un contrôle sur le flux de pétrole en provenance du Golfe Persique et donc - pour reprendre les termes employés par le Vice Président Dick Cheney - « d’être en mesure de dicter l’avenir de la politique énergétique mondiale. » Le fait que ces pays puissent vouloir se doter d’armes de destruction massive ne fait que compliquer la tâche pour neutraliser la menace qu’ils représentent, mais cela ne modifie pas la logique stratégique sous-jacente.Les préoccupations concernant la sécurité des ressources vitales ont donc été au coeur de la planification stratégique depuis fort longtemps. Mais désormais, la place accordée à cette question indique un changement qualitatif dans la pensée stratégique des États-Unis, qui n’a d’égal au plan historique que le projet impérial qui a conduit à la guerre hispano-américaine il y a de cela un siècle. A la différence que cette fois, l’évolution en cours est motivée non par une foi optimiste en la capacité des USA à dominer l’économie mondiale, mais en grande partie par l’assombrissement des perspectives en ce qui concerne la disponibilité future de ces ressources vitales ainsi que par l’intense concurrence de la Chine et des autres locomotives économiques montantes. Face à ces deux défis, les stratèges du Pentagone pensent que le fait d’assurer la primauté des États-Unis dans cette lutte mondiale pour les ressources doit constituer la priorité de la politique militaire américaine..."

-Géostratégie de la Russie
-Géopolitique du pétrole
-Les routes du pétrole
-Usa -politique de l'énergie-_(pertuzio.pdf -)
-La Chine en 2020, géopolitique et géostratégie

mardi 6 mai 2008

Inégalités destructrices...



Propos inhabituels d'un économiste bon teint dans une presse convenue...
Ce n'est ni Besancenot , ni l'Humanité qui le dit...

Des inégalités destructrices :

"...Ce qui est radicalement nouveau est la rémunération disproportionnée accordée à quelques milliers de personnes : les gestionnaires mixtes, à la fois salariés et actionnaires du nouveau capitalisme : « Alors que, écrit le CERC, Rockefeller avait autrefois préconisé aux Etats-Unis que le salaire des dirigeants d'entreprise ne dépasse pas 40 fois celui de leurs ouvriers, le salaire moyen du PDG américain est passé de 85 fois le salaire moyen d'un salarié en 1990 à 500 fois en 2000. L'évolution a été similaire en Europe, et particulièrement en France » .
Le changement de fond en comble de la donne a pour origine le tournant brutal pris par les marchés financiers à la charnière des années 1970 et 1980. Traditionnellement, ils étaient mus par l'attrait des dividendes réguliers augmentant (tel était du moins le principe évoqué) au rythme du développement de l'entreprise concernée et de la croissance économique ambiante. Ils le sont aujourd'hui par l'attente frénétiquement préparée (par les achats de ses propres actions, par des fusions-acquisitions, etc.) de plus-values. Ces plus-values, on les assimile désormais à une « création de valeur ». Elles constituent, en réalité, un « bon d'achat » sur les biens et services existants et qu'en général elles n'ont en rien contribué à produire ! Cela dit, la comptabilité nationale les enregistrent comme des gains en capital, pas comme des revenus du capital.Pourtant, c'est bien ces plus-values qui ont permis à une petite classe de la société de mobiliser un énorme pouvoir d'achat. .."

-Changer le monde (P.Fabra)
- Où sont les privilèges?
-Salaires et profits
-Salariat : à l'américaine ?
-L'écart se creuse rapidement entre les riches et les pauvres
-Observatoire des inégalités
-Liberté, Fraternité, Inégalités... et revenus stagnants depuis cinq ans

Famine mondiale : causes, remèdes ?


La famine mondiale

- Emeutes de la faim

-Face aux crises alimentaires, qui propose quoi ?


"...Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, s'en est pris aux subventions agricoles, déclarant, lors de la conférence de l'ONU sur le commerce et le développement (Cnuced), à Accra (Ghana), mi-avril : «Il est temps pour les nations les plus riches de repenser leurs programmes démodés de subventions agricoles. Elles pénalisent de façon disproportionnée les pays pauvres et contribuent à l'urgence actuelle.»
A l'issue d'une réunion le 29 avril à Berne, le Sud-Coréen a annoncé la création d'une cellule de crise regroupant 27 agences et organisations internationales, dont la FAO, l'OMC, le FMI, la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement ou encore l'OCDE. Objectif : coordonner l'aide alimentaire d'urgence et élaborer les contours d'une politique agricole de long terme.
De son côté, le patron de la Cnuced, Supachai Panitchpakdi (ex-numéro un de l'OMC), a reconnu que l'aide internationale avait «négligé» le secteur agricole dans les pays en développement. De 2003 à 2005, 1,3 milliard de dollars ont été débloqués pour récompenser la «bonne gouvernance» de certains des pays parmi les plus pauvres, contre 12 millions à peine pour le développement de leur agriculture...
Le Programme alimentaire mondial (PAM), supervisé par l'ONU, continue d'exiger de nouveaux efforts financiers de la part des pays développés. Le PAM, qui a comparé la flambée des cours à un «tsunami silencieux» à l'échelle de la planète, réclame 755 millions de dollars supplémentaires pour 2008.
Enfin, l'ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation, le Suisse Jean Ziegler, avait déclenché la polémique en octobre 2007, qualifiant de «crime contre l'humanité» la production de biocarburants, à l'origine d'une partie de la hausse des cours. Le Belge Olivier de Schutter, qui le remplace depuis le 1er mai, préfère lui s'en prendre aux organisations internationales : «Les plans d'ajustement structurel du FMI ont poussé les pays les plus endettés, notamment dans l'Afrique subsaharienne, à développer des cultures d'exportation et à importer la nourriture qu'ils consommaient. Cette libéralisation les a rendus vulnérables à la volatilité des prix», avance-t-il dans un entretien au Monde. La mise en place de mécanismes de taxation des fonds spéculatifs est envisagée..."

"...Les pays riches doivent-ils mettre fin aux subventions agricoles ?
Je suis pour une suppression graduelle. L'OCDE paye chaque année à ses agriculteurs 350 milliards de dollars, contre un milliard d'aide à l'agriculture pour les pays en développement. C'est une honte. Mais si on supprime les subventions immédiatement, les pays en développement, qui importent ces produits, devront les payer plus cher.
Avant, les Etats-Unis et l'UE déversaient l'aide alimentaire quand il y avait des surplus. Les prix baissaient mettant en difficulté les producteurs locaux. Il faut au contraire les encourager à produire , acheter leurs produits sur les marchés locaux et les donner aux plus pauvres. Au lieu des cargos de blé qui traversent l'Atlantique, il faut une aide financière."

La famine mondiale:
"En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).
Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par l'entremise du « libre marché », dans toutes les régions du monde y compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc soviétique et les « nouveaux pays industriels » (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extrême-Orient.
Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes.
(Livre de Michel Chossudovsky intitulé : Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial)

Starkochute ?



Un an déjà de Sarkofrance : Bling Blang Bing

- Du plébiscite au désaveu : un an de présidence Sarkozy

-Nicolas Sarkozy, l'impossible président:
"...L'opération "Sarkozy a changé" est sur les rails. Pour l'heure, les sondages, eux, ne bougent pas. Les municipales, le premier test électoral de son mandat, ont été une catastrophe. Le président reste encalminé dans la zone des 40% de bonnes opinions. Une misère. Ne sachant se remettre en question, il tempête contre son premier ministre, François Fillon, soupçonné de gérer sa popularité en petit rentier quand il a joué la sienne en flambeur. Son gouvernement, dont il était si fier, se révèle souvent inexpérimenté. "La prochaine fois, je les vire", menace-t-il à chaque "couac", sans que cela soit suivi d'effet. Une petite musique monte dans les rangs de la majorité excédée : "Sarkozy est un faux dur." Parfois, il aurait presque envie de tout planter là. Il rêve de ne faire qu'un seul mandat, de réformer la France et de partir. "Je ne ferai qu'un seul mandat", glisse-t-il à ses visiteurs qui n'en croient pas un mot. "Je veux faire du pognon", insiste-t-il en tâtant la poche poitrine de sa veste. Le retour du naturel? Pourtant, il a fait ce qu'on lui demandait. Il a "fait" président. S'est montré discret, a remisé ses gros chronographes Breitling au placard. A la place, il porte une Patek Philippe. Une montre suisse discrète comme le sont les vraies grosses fortunes des bords du Léman. Parfois, il la fait circuler entre ses invités qui partagent sa table de déjeuner, entre deux conversations sur les réformes et la politique étrangère. "Elle vaut quatre fois plus cher que l'autre!", s'amuse-t-il. Puis il reprend sa conversation en s'efforçant de ne pas interrompre ses hôtes comme il le faisait avant. Devant eux, il joue les fiers à bras, dit qu'il n'a dû renoncer à aucune réforme, au contraire de Giscard, de Mitterrand et de Chirac, ces modèles dont on voudrait qu'ils l'inspirent. Dédaigneux, il rappelle leurs échecs. Et, fanfaron, il lâche : "Je ne repeins pas la réalité en rose, mais finalement, gouverner, c'est plus facile que je croyais."

lundi 5 mai 2008

Dissonances cognitives


Quand nous sommes en guerre avec nous-mêmes..
Croyances et rationalisation.

Dissonances cognitives(.pdf )

"Le monde extérieur et notre univers mental nous apportent sans cesse des représentations
légèrement ou fortement en décalage.
Décalage
entre ce qui est attendu et ce qui advient (déception),
entre ce qui est souhaité et ce qui se réalise,
entre ce qui avait été prédit et ce qui advient,
entre importance de l'effort et insignifiance du résultat,
entre habitude de penser et information bousculante,
entre persistance du passé et irruption du présent,
entre image de soi et image idéale de soi (blessure narcissique),
entre éthique et pratique réelle (sentiment de culpabilité),
entre souci éthique et soif de réussite
entre besoin d'être aimé et anticipation d'un rejet par l'autre, etc.
Parfois le décalage s'aiguise en conflit …"
-Dissonance cognitive:
"Il nous est tous arrivés de nous laisser piéger : au supermarché, nous voyons, écrit en gros sur l'emballage d'un produit, « 20% de réduction »... et, pour ne pas rater l'occasion, nous achetons sans regarder de plus près. Arrivés chez nous, nous découvrons, en tout petits caractères, au-dessous de l'offre qui nous a attiré : « Valable sur l'achat de trois produits du même type dans les quinze jours »... et, bien sûr, dans l'immense majorité des cas, nous jetons l'emballage après consommation, négligeant de faire valoir nos droits. Le même principe est utilisé dans l'organisation des magasins : de grands panneaux affichent des offres mirobolantes, et, si nous regardons de plus près, nous voyons qu'elles ne concernent qu'un tout petit nombre de produits. Il nous arrive alors de résister et de quitter les lieux sans rien acheter, mais il nous arrive aussi de ne pas tenir compte de la deuxième information et, confiants dans l'affichage géant qui nous a impressionné, d'acheter les yeux fermés.

Le phénomène est bien connu en psychosociologie sous le nom de « dissonance cognitive ». Il a d'abord été étudié à propos des comportements politiques aux Etats-Unis : on a observé que les partisans d'un candidat ne croyaient jamais les révélations sur les agissements malhonnêtes de leur candidat ; ils récusaient des informations gênantes, même avérées, en mettant en cause l'honnêteté et la bonne foi des informateurs ; souvent, même, ils les censuraient mentalement... et faisaient comme s'ils n'avaient rien entendu ! Les chercheurs ont fait l'hypothèse qu'en réalité ils n'entendaient pas : ce qui venait contredire leurs convictions premières était systématiquement refoulé..."

-Dissonance cognitive - Wikipédia
-Dissonance cognitive - Psychoweb
-LA DISSONANCE COGNITIVE - Enseignement et Recherche en Psychopathologie
"...L'hypothèse de base de cette théorie est que la dissonance produit chez le sujet une tension qui l'incite au changement. L'existence d'une dissonance plonge le sujet dans un état inconfortable de sorte que ça le motive à réduire cette dissonance. Plus la dissonance est intense, plus ce 'malaise' psychologique est fort et plus la pression pour réduire la dissonance l'est aussi. Une dissonance peut-être réduite en : (1) supprimant ou réduisant l'importance des cognitions dissonantes, (2) ajoutant ou augmentant l'importance des cognitions consonantes..."
-Les Sceptiques du Québec :dissonance cognitive
-Les théories de la "soumission librement consentie"
------------------------------------------------------------
-Déni d' information

dimanche 4 mai 2008

Murdoch : Citizen Kane ?

"... Gros plan civière et on emmène
Les cheveux blancs et la froideur
D'un grand requin des profondeurs
De Monsieur Charles Foster Kane
Citizen Kane, Kane, Citizen Kane ..." (G.Lavilliers)

Rupert Murdoch, magnat des médias et suppôt des néo-conservateurs:
"... Rupert Murdoch qui est un conservateur pur et dur n’hésite pas à instrumentaliser son empire médiatique pour tirer l’Amérique vers la droite. Sans surprise, il a apporté un soutien sans failles à George W. Bush qu’il a loué comme « un homme de grande moralité et d’humilité profonde » . Pour Murdoch, ses titres de presse sont autant d’armes destinées à servir ses points de vue ultra-conservateurs comme ses intérêts commerciaux. Aussi bien dans les colonnes de « news » que dans les éditoriaux de ses médias..."

-Rupert Murdoch - Wikipédia
-Le groupe News Corp. (Rupert Murdoch)
-L’hégémonie médiatique de Rupert Murdoch
-M. Rupert Murdoch, empereur des médias
-Citizen Kane : How to run a newspaper
-----------------------------------------------
-Une presse servile ?
-(Re)penser les medias

samedi 3 mai 2008

Salariat : à l'américaine ?

« La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? »(MmeParisot)

Bientôt chez vous : le salariat à l'américaine !

"En vingt ans, plus de 30 millions d'américains ont perdu leur emploi. Ce qui fait du licenciement la principale activité aux Etats-Unis! Le journaliste du New York Times Louis Uchitelle lui consacre un livre, Le salarié jetable, enquête sur les licenciements aux Etats-Unis , où il dénonce la stratégie d'indifférence que l'ensemble de l'économie américaine a adoptée à l‘égard du salarié. Celui-ci est devenu interchangeable, quelle que soit sa qualification, son expérience, sa ténacité.
Rompant avec la tradition américaine de stabilité de l‘emploi, observable jusque dans les années 70, les grandes entreprises (United Airlines, General Electrics, Procter et Gamble…), fleurons de l'économie mondiale, ont lancé le mouvement à partir d'un principe simple: être flexible, c'est être compétitif. Brandissant sans cesse le spectre d'une mondialisation acharnée, elles ont justifié des licenciements massifs - allant de pair avec des bénéfices tout aussi massifs - par ce besoin de flexibilité, recourant de plus en plus à la sous-traitance....
...Cette politique de fusions et d'acquisitions orientée vers la quête de profits toujours plus importants, menée parallèlement à la fermeture, la diminution ou la vente d'activités moins porteuses, fut largement adoptée en Amérique par le secteur privé, à grand renfort de licenciements. Dans la mise en œuvre de cette stratégie, Jack Welch (1), nommé président de General Electric (GE) en 1981, se montra sans égal. Ses succès firent des émules parmi les dirigeants d'entreprise. La poursuite de profits toujours plus élevés faisait grimper le cours des actions, enrichissant les actionnaires, devenus de fervents partisans de toute opération qui promettait de nouvelles plus-values boursières, une promesse que les marchés en hausse des années 1980 et 1990, si ce n'est les opérations elles-mêmes, tenaient souvent....
...Louis Uchitelle décrit une économie qui va dans le mur à toute vitesse. Au fil de ces entretiens avec des salariés victimes de dégraissages et des descriptions pointues de la politique fédérale de l'emploi, on comprend que la France n'est plus très éloignée de ce sinistre tableau. Celui d'un système économique maîtrisé par des entreprises toutes-puissantes, agissant au nom de la productivité, au détriment des salariés, et finalement gravement contre-productif..."
(1)-Mes conseils pour réussir: Jack Welch,

-Vers une précarité généralisée ?
-Précarité pour tous, la norme du futur
-Observatoire des inégalités
-La-bas.org - Précarité - chômage

vendredi 2 mai 2008

Novlangue d'aujourd'hui (2)

« Les limites de ma langue sont les limites de mon monde. »
(Wittgenstein)

"Je n'essaie pas de convaincre, mais d'informer. Je ne veux pas amener les gens à me croire, pas plus que je ne voudrais qu'ils suivent la ligne du parti, ce que je dénonce - autorités universitaires, médias, propagandistes avoués de l'État, ou autres. Par la parole comme par l'écrit, j'essaie de montrer ce que je crois être vrai, que si l'on veut y mettre un peu du sien et se servir de son intelligence, l'on peut en apprendre beaucoup sur ce que nous cache le monde politique et social. J'ai le sentiment d'avoir accompli quelque chose si les gens ont envie de relever ce défi et d'apprendre par eux-mêmes."

Noam Chomsky

" C'est( d'aileurs) l'une des grandes différences entre le système de propagande d'un État totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l'État décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s'y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La «ligne» n'est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au «lavage de cerveau en liberté». Et même les débats «passionnés» dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.
Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace; il instille la ligne directrice comme l'air qu'on respire. On ne s'en aperçoit pas, et on s'imagine parfois être en présence d'un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c'est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires..." (NC)

La manufacture du consentement:

"Que la société soit prétendument démocratique ou non, il est nécessaire pour la classe dirigeante de garder le contrôle du peuple gouverné. Dans une dictature, la chose est aisée, l’Etat ayant le monopole de la violence et les décisionnaires n’ayant de compte à rendre à personne, sinon eux-mêmes. Une démocratie ne peut évidemment procéder ainsi, puisqu’il y règne la liberté d’expression et que les dirigeants sont censés prendre leur décision en fonction de ce que le peuple exprime, notamment lors des élections.
La « manufacture du consentement » s’est considérablement perfectionnée, pour devenir de nos jours le corset efficace et invisible de nos démocratie.

Une de ces caractéristiques est l’élaboration d’une véritable « Novlangue » où des mots sont véritablement investis par les médias d’un sens tout à fait inhabituel..."

-La manufacture du consentement (manufacturing consent) -video-
- Médias et censure. Les figures de l'orthodoxie
-Novlangue d'aujourd'hui...
- Premier manipulateur d'opinion ?
-L'HOMME POUR QUI LA RÉSIGNATION ÉTAIT RINGARDE
-La novlangue nazie décortiquée

jeudi 1 mai 2008

Israël : entre mythe et histoire

Toutes le nations jeunes entretiennent une part de mythologie dans le rapport à leur passé , pour justifier leur existence, des choix politiques récents ou/et actuels..?Pourquoi Israël échapperait-il à la règle ?

Quand des Israëliens parlent de leur passé...

Naissance d’une nation:
[The Lion and the Gazelle - Gush Shalom - Israeli Peace Bloc]

« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins...

...DANS LES 300 dernières années, l’Europe est devenue "nationale". La nation moderne a remplacé les modèles sociaux antérieurs, tels que la ville-Etat, la société féodale et l’empire dynastique. L’idée nationale a emporté tout ce qui était avant elle, y compris l’histoire. Chacune de ces nouvelles nations a modelé sa propre "histoire imaginaire". En d’autres termes, chaque nation a remanié d’anciens mythes et faits historiques pour constituer une "histoire nationale" qui proclame son importance et sert de ciment unificateur.
La Diaspora juive, qui - comme indiqué ci-dessus - était "normale" il y a 2.000 ans, devint "anormale" et exceptionnelle. Ceci attisa la haine des Juifs qui était d’une certaine façon rampante dans l’Europe chrétienne. Comme tous les mouvements nationaux en Europe étaient plus ou moins antisémites, beaucoup de juifs sentirent qu’ils étaient laissés "en dehors", qu’ils n’avaient pas leur place dans la nouvelle Europe. Certains d’entre eux décidèrent que les juifs devaient se conformer au nouveau Zeitgeist [esprit du temps - ndt] et transformer la communauté juive en une "nation" juive.
Pour ce faire, il était nécessaire de reconstruire et de réinventer une histoire juive et de la transformer à partir des annales d’une diaspora ethnico-religieuse en l’histoire épique d’une "nation". Le travail fut entrepris par un homme qui peut être considéré comme le parrain de l’idée sioniste : Heinrich Graetz, juif allemand qui fut influencé par le nationalisme allemand et créa l’histoire juive "nationale". Ses idées ont formé la conscience juive jusqu’à ce jour.
Graetz considéra la Bible comme si elle était un livre d’histoire, collecta tous les mythes et créa une version historique continue et complète : la période des Pères, l’exode d’Egypte, la conquête de Canaan, le "Premier Temple", l’exil à Babylone, le "Second Temple", la destruction du Temple et l’exil. C’est l’histoire que nous avons tous appris à l’école, la fondation sur laquelle le sionisme fut construit.
LE SIONISME représenta une révolution dans de nombreux domaines, mais sa révolution mentale fut incomplète. Son idéologie transforma la communauté juive en un peuple juif, et le peuple juif en une nation juive- mais sans jamais définir clairement les différences entre eux. Pour persuader les masses juives d’Europe orientale plutôt religieuses, il fit un compromis avec la religion et mélangea tous les termes en un grand cocktail - la religion est aussi une nation, la nation est aussi une religion, et plus tard il affirma qu’Israël était un "Etat juif" qui appartenait à ses citoyens (juifs ?) mais aussi au "peuple juif" à travers le monde. La doctrine israélienne officielle est qu’Israël est un "Etat-nation juif", mais la loi israélienne définit étroitement un Juif seulement comme une personne qui appartient à la religion juive..." [Heinrich Graetz ]

Shlomo Sand : Comment le peuple juif fut inventé : De la Bible au sionisme

-Le « peuple juif » : une invention...
La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël, affirme-t-il....[An invention called 'the Jewish people' - Haaretz - Israel News]

-Je suis un khazar fier de l'être
"Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines...Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. ..D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David ...
...Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs....
... Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que "la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays". » Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée...."[Shattering a 'national mythology' - Haaretz - Israel News]---[Histoire des Khazars ]---[Les Berbères de Les Juifs en terre d'Islam ]--

-Israël et sa « Destinée Manifeste »
-Israël, du mythe à l'histoire[André PAUL - Clio ]
- Israël : notre part de mensonge, par Schlomo Sand
->>>>Livnat Limor<<< -Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël
-Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible
->>La Bible dévoilée - Wikipédia (article en chantier)<< - Esther Benbassa, historienne du judaïsme
-Révolution laïque pour le sionisme, par Zeev Sternhell
-Abandonner le ghetto sioniste (I/II)
---------------------------------------------------------------
- Le monde moderne et la question juive d'Edgard Morin
-Quel rapport à la la judéité ?
-Une géographie de la violence
-C.Enderlin: un journaliste exposé
--------------------------------------------
-George Bush, croisé mystique de Sion