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lundi 11 août 2008

Quel esprit olympique ?

"Si l'important n'est pas de gagner, pourquoi compte-t-on les points" (Vince Lombarti)___________

Les événements du Tibet ont mis en évidence une nouvelle fois le fait que les JO comportent des enjeux politiques , qu'ils véhiculent des mythes (depuis leur origine) et une certaine idéologie du sport et du corps (culte de la performance) , prenant aujourd'hui des aspects économiques et marchands plus marqués, dans la compétition-mondialisation des puissances...

"De Berlin en 1936 à Munich en 1972 en passant par Mexico en 1968 , les Jeux de Pierre de Coubertin ont accompagné les convulsions du XXe siècle dans une constante ambiguïté."...
Coubertin qui ne craignait pas de faire du sport olympique "...une religion, c'est à dire une adhésion à un idéal de vie supérieure..."
[ Pierre De COUBERTIN : Le père peu présentable des jeux olympiques modernes …]






-Esprit olympique -

"Il y a des athlètes français qui pensent que l’esprit olympique, c’est œuvrer « pour un monde meilleur » (LeMonde du 7.04.2008). Pourquoi pas, bien qu’on se demande comment la tentative de courir plus vite que son ombre peut changer quoi que ce soit à la méchanceté humaine. Examinons plutôt l’article 51-3 de la charte olympique, qui dispose qu’ « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuses ou raciale n’est autorisée dans un lieu, un site ou autre emplacement olympique ». Pourquoi pas ! Mais le problème de cette expression, c’est son silence assourdissant sur la propagande économique.

Le monde actuel ne vit plus selon les règles du fair play. Le CIO n’est plus qu’un regroupement de personnes qui mettent les JO aux enchères en pensant à la visibilité médiatique à la mode et aux retombées financières parallèles. Alors que les jeux olympiques ont été privés de ressources financières jusqu’en 1972 parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme, le CIO d’aujourd’hui est devenu richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les Jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand : sur le stade comme ailleurs, la lutte entre Etats se transforme en lutte entre firmes. Déjà à Athènes, la lutte contre le « marketing sauvage » s’était traduite par l’interdiction faite au public de pénétrer dans les enceintes olympiques en arborant d’autres marques que celles des sponsors officiels ou avec une boisson gazeuse autre que Coco-Cola !.."


La flamme de la discorde ?
-Jeux olympiques de Pékin
-L’idéal olympique mis à nu par la mondialisation
-JEUX OLYMPIQUES - La politique toujours en lice
-L’humanité dénaturée | AgoraVox

dimanche 10 août 2008

Corps parfait ?


On le sait, les normes esthétiques sont relatives dans l'espace et le temps.
L'image du corps, sa perception, est aussi largement dépendante des normes culturelles et des critères marchands.Elle conditionne une certaine attitude sociale , un certain rapport aux pouvoirs.
Son obssession, entretenue par une certaine publicité ("parce que vous le valez bien"), favorise conformisme, soumission et absence de sens critique, accapare du "temps de cerveau disponible" et engendre mal-être et frustrations , qui peuvent mener jusqu'à la haine de soi...

"...De plus en plus étroitement imbriqués, la mode, le showbiz et la publicité fabriquent chaque jour les images qui, diffusées si massivement qu’il sera à peu près impossible d’échapper à leur matraquage, serviront de modèles identificatoires à des millions de femmes à travers le monde. Il est très difficile de lutter contre leur influence : par leur omniprésence, elles se faufilent dans notre cerveau à notre insu, précédant et déjouant toute réflexion, toute démarche critique

- Normes de beauté ( Mona Chollet)

« Les Occidentaux n’ont pas besoin de payer une police pour forcer les femmes à obéir : il leur suffit de faire circuler les images pour que les femmes s’esquintent à leur ressembler. » Avec l’actuelle polémique médiatique sur le culte de la maigreur - qui fait suite à la décision du gouvernement régional de Madrid d’exclure des défilés de mode les mannequins dont l’indice de masse corporelle était jugé trop faible -, on repense à cette réflexion provocatrice de Fatema Mernissi dans Le harem et l’Occident, chroniqué ici l’année dernière (lire « Sortir du “harem de la taille 38” »). L’intellectuelle marocaine ajoutait cette phrase relevée dans Le mythe de la beauté, de Naomi Wolf : « Une fixation culturelle sur la minceur féminine n’est pas l’expression d’une obsession de la beauté féminine, mais de l’obéissance féminine. » La décision madrilène fait suite à la mort, l’année dernière, d’une mannequin uruguayenne de 22 ans, Luisel Ramos, qui s’était écroulée en coulisses au terme d’un défilé. D’après son père, depuis des mois, elle ne se nourrissait plus que de salade et de Coca light, et elle avait cessé de manger deux semaines avant la présentation des collections.

(JPG)L’obsession du corps parfait, c’est-à-dire du corps le plus mince possible, paraît cependant si profonde, si bien ancrée culturellement, qu’il y a tout à parier que cette affaire n’y changera rien. C’est en tout cas ce que laisse présager son traitement par la presse. Tout en consacrant un article au sujet dans sa rubrique d’actualités, le magazine Elle de la semaine dernière (25 septembre 2006) annonçait en couverture : « Trente conseils pour mincir sans y penser ». A la lecture, on s’apercevait rapidement qu’en réalité, le propos était d’y penser tout le temps, bien au contraire ; et même, d’organiser sa vie en fonction de cet objectif : il s’agissait de « se dresser sur la pointe des pieds en se brossant les dents », de « contracter les abdominaux au volant », de « serrer le ventre et les fesses dès qu’on y pense », de passer tout son dimanche à alterner bouillon de légumes et jus de pamplemousse (« lundi, vous aurez déjà perdu kilo »), ou même... d’acheter un chien : « Bien sûr, c’est un engagement de longue durée [ah, tiens, un éclair de lucidité]. Mais vous serez obligée de le promener plusieurs fois par jour. » Il y a quelques mois, le même magazine avait proposé des « astuces » du même genre pour mincir et se muscler en faisant l’amour. Brrr... On ne souhaite à aucun homme une maîtresse aussi névrosée - ni à aucun chien, d’ailleurs...."
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- La santé est-elle capital(e) ?
-Un corps parfait d'Eve Ensler:
...«Dans un grand nombre de pays, j'en ai rencontré des riches et des pauvres, des belles et des moches, et croyez-moi, c'est universel: toutes les femmes haïssent une partie de leur corps et mettent beaucoup d'énergie à le faire!» explique-t-elle au bout du fil. Des Africaines se font blanchir la peau. Des Coréennes se font débrider les yeux. Des Américaines font enlever une côte flottante à leurs filles de huit ans pour qu'elles n'aient pas de problème de poids plus tard. Des Pékinoises se font casser les jambes et allonger les tibias pour gagner quelques pouces. Des New-Yorkaises se font rétrécir les pieds pour les faire entrer dans leurs escarpins pointus. Bref, les préoccupations corporelles des femmes sont multiples... et éclipsent tout le reste: «[...] je sais très bien comment les ventres, les fesses, les cuisses, les cheveux ou la peau des autres femmes les obnubilent, de sorte qu'il leur reste très peu d'espace mental pour penser à la guerre en Irak – ou à quoi que ce soit d'autre, en fait»....

-Ego-mania>>Le marketing-de-l'ego

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[ZONES:Rêves de droite (M.C.)]
-Périphéries

samedi 9 août 2008

Enjeux caucasiens

Dans le complexe Caucase,
Le pétrole, encore...

Ossétie du Sud: nouvelle guerre du Caucase?
Les Russes dénoncent un "encerclement"...


"Les immenses réserves gazières et pétrolières de la mer Caspienne ont accru l’importance géostratégique du Caucase, à nouveau au cœur d’un «grand jeu» opposant la Russie et les Etats-Unis. En Transcaucasie, au sud de la ligne de crête, d’anciennes républiques soviétiques comme l’Azerbaïdjan, puissance émergente grâce à ses richesses en hydrocarbures, et la Géorgie se sont rapprochées des Occidentaux."

-Géorgie : -Les dessous de l'échiquierl- (Agoravox)

Conflit Est-Ouest au cœur du Caucase:
"Derrière cette guerre géorgo-ossète se cache sans doute le premier conflit entre les Etats-Unis et la Russie depuis la fin de l’URSS. «Les Etats-Unis ont certainement donné leur feu vert au déclenchement des frappes géorgiennes», estime Vladimir Jarikhine, le directeur adjoint de l’Institut de la CEI (cercle de pays de l’ex-URSS). Il y voit pour preuve que le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni d’urgence dans la nuit de jeudi à vendredi, n’a pas réussi à s’entendre sur une déclaration d’urgence condamnant l’offensive. «La Géorgie ne fait pas le poids et nous allons maintenant installer nos troupes en Ossétie du Sud et en Abkhazie pour défendre leurs frontières», ajoute cet expert exprimant généralement un point de vue proche du pouvoir russe. «Je ne pense pas que le président géorgien Saakachvili ait convenu de son attaque avec Washington, nuance Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Foreign Affairs. Mais il était sûr que les Etats-Unis seraient obligés de le soutenir, et il lui fallait saisir l’occasion avant le changement d’administration à Washington.» Meilleur allié des Etats-Unis dans la région, Mikhaïl Saakachvili n’aurait certes pas pu défier la grande Russie sans le soutien financier et militaire que lui ont accordé les Américains depuis son élection en 2004. Remise à niveau par des instructeurs américains, l’armée géorgienne s’est aussi formée au feu en envoyant plusieurs milliers de soldats en Irak et en Afghanistan. L’étape suivante devait être l’intégration de la Géorgie à l’Otan, une provocation suprême pour Moscou, qui explique aussi la grande célérité de la réaction russe....
Les immenses réserves gazières et pétrolières de la mer Caspienne ont accru l’importance géostratégique du Caucase, à nouveau au cœur d’un «grand jeu» opposant la Russie et les Etats-Unis. En Transcaucasie, au sud de la ligne de crête, d’anciennes républiques soviétiques comme l’Azerbaïdjan, puissance émergente grâce à ses richesses en hydrocarbures, et la Géorgie se sont rapprochées des Occidentaux. Ces derniers ont financé la construction de l’oléoduc BTC, qui porte le pétrole azéri jusqu’à la Méditerranée. Un gazoduc, Nabucco, est en projet avec, pour les Européens, l’idée de réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. L’administration américaine appuie en outre la candidature géorgienne à l’Otan. L’Azerbaïdjan, musulman et turcophone, entretient d’étroites relations avec la Turquie, pilier du flanc sud-est de l’Alliance atlantique. Les Russes dénoncent «un encerclement»...
L’Ossétie du Sud (et l’Abkhazie) sont d’autant plus chères au cœur de Moscou que ce sont aujourd’hui les derniers territoires du Caucase où les Russes se sentent les bienvenus. Partout ailleurs, y compris au Caucase du Nord resté intégré à la Russie, ils paient pour leur politique coloniale passée : les Russes ont pratiquement été tous chassés de Tchétchénie ou d’Ingouchie, même si formellement ces régions relèvent de la Fédération de Russie. L’Ossétie du Sud n’a rien en elle-même de «stratégique», mais c’est aussi une question d’amour-propre pour la Russie : refoulée du Caucase où elle a perdu des positions clés en 1991 (surtout l’Azerbaïdjan et la Géorgie), elle veut garder pied dans la région...."
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-ARTE | Le dessous des cartes
-Recherche Google : Georgie
-Détonant cocktail des « révolutionnaires » géorgiens
-Alerte rouge dans la Caucase : que cherchent les Etats-Unis ?
-Du Caucase à l’Asie centrale, « grand jeu » autour du pétrole et du gaz
-« Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide »
-Ossétie du Sud : le dangereux calcul de la Géorgie
-Les vraies raisons de la guerre en Géorgie
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-Complexe échiquier causasien
-Retour en images sur vingt ans de conflits en Géorgie | Rue89

vendredi 8 août 2008

Economie chinoise : fragilités

Au-delà du spectacle...

Des colonnes s'élèvent sur la scène (Ap)

Les 26e jeux Olympiques d'été seront déclarés ouverts ce vendredi 8 août 2008 à Pékin à 8h08 du soir (soit 14h08 heure française), à l'issue d'une cérémonie de trois heures et du traditionnel défilé des 205 délégations.











Des fissures dans l'exceptionnelle croissance chinoise | Mediapart-



"...La croissance chinoise a beau être vigoureuse, elle n'en est pas moins bancale. Elle provient avant tout des exportations (35% du PIB) et des investissements publics (50%), qui servent à doper... les exportations. Mais pas assez de la consommation des ménages, malgré la constitution d'une classe moyenne de 300 millions de personnes environ... Que faut-il en déduire ? Qu'une bonne partie de la vigueur de la Chine s'explique par la performance d'entreprises étrangères présentes sur son sol, attirées par une fiscalité alléchante et des coûts de production très bas. Le fameux «Made in China», on en est (presque) toujours là....
La Chine va elle aussi subir, en décalage, la crise des «subprime». Le secteur financier reste à l'abri car les banques asiatiques sont peu exposées à ces crédits hypothécaires à risque à l'origine de la crise. Mais l'économie réelle devrait en prendre un coup. Ne serait-ce que parce que la demande américaine, qui soutient fortement la croissance chinoise, recule. «La dépendance de l'ensemble de la région vis-à-vis des marchés extérieurs,notamment américains, demeure extrêmement forte"...

Le système financier chinois n'a peut-être pas les épaules suffisamment larges. «Le secteur bancaire, écrasé par l'accumulation de prêts non performants, est toujours fragile», estime Marie-Claire Bergère, spécialiste de l'économie chinoise (lire sous l'onglet Prolonger). En 2004, on estimait à 1720 milliards de yuans (160 milliards d'euros environ) le montant des créances douteuses des principales banques commerciales du pays... Un chiffre colossal, en partie confirmé par les recapitalisations, en milliards de dollars, qu'ont dû effectuer les fleurons bancaires de l'Etat chinois au moment de leur entrée en Bourse l'an dernier, pour se défaire de leurs mauvaises créances.... "

-Craindre la Chine ?
-La Chine, une puissance fragile ?
-Recherche Google : economie chinoise
-Le degré de dépendance de l'extérieur de l'économie chinoise dépasse 60%
-La Chine cet océan...

jeudi 7 août 2008

Totalitarisme mou ?



Le psychisme et la crise ( AgoraVox):
"...Une chose est fondamentale, chez l’être humain, c’est sa formidable capacité d’apprentissage. On peut miser sur sa bêtise. On peut analyser les fonctionnements des groupes, s’en servir pour manipuler les foules, et les amener à consommer ou à voter comme on le souhaite.On peut le faire, et, en plus, ça peut marcher. Un temps.On peut, par exemple, mettre le salarié en situation d’instabilité professionnelle, dans un climat de compétition avec ses collègues, et le spectre du chômage à la clé. De façon prévisible et vérifiée, il va se donner à fond pour ne pas faire partie de la mauvaise charrette. Il va taire, et même ne pas voir, l’injustice du manager, il va avaler force couleuvres avec le sourire. Certes, il aura un peu mal au dos le soir, mais avec une bonne rééducation remboursée (pour un temps) par la Sécurité sociale, ça ira mieux. Oui, mais la variable que j’appellerais A , la variable « Apprentissage », dans quel sens va-t-elle jouer, après des années vécues sur ce mode ? La variable A, en fait, elle va faire dire au salarié intelligent que ses efforts ne servent rigoureusement à rien. Que, quoi qu’il fasse, en approchant de l’âge canonique de cinquante ans, il sera vidé parce que trop cher pour l’entreprise. Que son couple part à la dérive, qu’il ne voit plus ses enfants, que son travail n’a plus aucun sens pour cause de redéfinition permanente des objectifs et des moyens pour les obtenir, sans jamais de pérennisation des solutions efficaces. Alors, le salarié intelligent se démotive. Les autres aussi, d’ailleurs ; à part que pour eux, le cheminement est moins élaboré, mais tout aussi déterminé dans sa conclusion, et délétère pour la compétitivité de leur boîte..."(L.Bourdin)

-SOUMISSION: Fragile humanité ? >>>Analyse de la soumission<<<
-L'idée libertaire et La Boétie-Beauvois-:
"...La servitude sans contrainte est mise en oeuvre du plus puissant au plus faible, elle est le moteur de tout le système hiérarchique. Du plus pauvre au plus puissant la chaîne de la hiérarchie se maintient, il y a toujours un chef au-dessus du chef. Il existe de fait une certaine solidarité entre le haut et le bas. Cette hiérarchie est acceptée même par les plus pauvres et les plus démuni-es, qui cherchent très souvent à opprimer une ou des personnes plus faibles qu'elles. En procédant ainsi elles ou ils essaient de compenser leur propre soumission en opprimant d'autres humains. Les pauvres et les opprimé-es, se comportant de cette manière, nous font parfois désespérer de l'humanité.L'apport de la psychanalyse montre que l'autorité fonctionne bien parce qu'elle est intériorisée en nous-mêmes. Dominique Quessada nous propose une explication, une hypothèse qui montre que nous échangeons notre servitude sans y être contraint-e contre un nom, une place dans la communauté humaine et une explication qui donne sens au monde. La place du maître se crée sans que nous nous en rendions compte, la vigilance rationnelle que tu as si vaillamment utilisée est en échec.Le processus fonctionne avec des symboles et le regard, les émotions, les rituels. Les signes, les emblèmes, les images ne s'adressent pas à la raison mais au regard et aux affects, tant et si bien que tout semble inconscient et l'est de fait..."

-La démocratie post-totalitaire:
"...Beaucoup de traits nous rapprochent de ce qui fait la spécificité des sociétés totalitaires qui se veulent scientistes et en perpétuel mouvement, produisant un "état d'instabilité permanente" qui maintient la société dans une mobilisation totale où seul compte "la constante marche en avant vers des objectifs sans cesse nouveaux". Les "hommes nouveaux" doivent s'intégrer à ce "gigantesque mouvement de l'Histoire ou de la Nature" dans lequel les individus sont atomisés et pris en masse, livrés à la plus grande incertitude. "Culpabilité et innocence deviennent des notions dépourvues de sens : coupable est celui qui fait obstacle au progrès naturel ou historique" Les divisions de la société, les conflits, les inégalités sont niées au profit d'un discours purement fonctionnaliste, discours de l'organisation au nom duquel les décisions les plus cruelles sont prises en toute irresponsabilité. Au contraire de la démocratie, la division interne de la société, refoulée au nom de son unité mythique, est reportées alors sur un Autre maléfique (bouc émissaire, ennemi extérieur). Mais tout comme les démocraties, les totalitarismes prétendent à une totale "transparence à soi de la société", constamment mise en scène, affichant ses "projets de société", valorisant ses "chantiers pilotes " mais dont la contrepartie est le règne du secret comme Guy Debord le montrait déjà en 1988. Tous ces éléments "concourent à forger un univers imaginaire et à le protéger de l'impact des faits" notamment par le surmenage, les divertissements ou la multiplication d'organisations visant à se protéger du "flux toujours menaçant de la réalité" dans une sorte de "ghetto mental", une "logique d'évitement de l'épreuve du réel" 30.

Par contre les totalitarismes se distinguent radicalement des simples "régimes autoritaires", surtout par leur confusion entre la société et l'Etat, effaçant la distinction entre gouvernants et gouvernés, ainsi que par un pouvoir qui est largement informel, inlocalisable, subissant des remaniements constants et multipliant les organismes, tout en dévalorisant hiérarchies traditionnelles et médiations sociales. Ce qui correspond aux évolutions actuelles, pas seulement dans les entreprises. "La seule règle sûre, dans un Etat totalitaire est que plus les organes du gouvernement sont visibles, moins le pouvoir dont ils sont investis est grand". Bien qu'aujourd'hui le pouvoir soit devenu anonyme, qu'il n'y a plus de "pouvoir suprême", de monopole du pouvoir, Laurent Joffrin, entre autres, dénonce pourtant avec raison la perte du pouvoir démocratique au profit d'un "gouvernement invisible" (entreprises, médias, commissions européenne). Il est donc indéniable qu'il y a tout un ensemble d'effets semblables malgré des discours opposés (cf. p61). "Cela nous oblige à penser le fait qu'il est possible de s'en prendre à la liberté, à l'autonomie et au pluralisme, tout en ne cessant de les mettre en valeur et de les exalter." 63

L'idéologie de la modernisation

Avant de voir en quoi les idéologies démocratiques, totalitaires et post-totalitaire s'opposent, il faut s'attarder sur ce qu'elles ont de commun : l'idéologie de la modernisation qui voudrait combiner "une société en perpétuel mouvement" avec "un univers de certitude " inébranlable, ce qui n'est pas seulement une caractéristique des idéologies totalitaires, comme le croit Hannah Arendt, pas plus que la prétention de faire table rase du passé, mais spécifie la modernité elle-même, qui a toujours été un discours révolutionnaire, presque autant qu'aujourd'hui avec la révolution technologique, la révolution de l'information, la révolution cognitive, etc. C'est une révolution "permanente, mondiale et culturelle" qui doit produire un "homme nouveau adapté à la situation nouvelle", mieux qui devienne un "acteur du changement", chacun devenant responsable d'une modernisation qui se fait sans nous "mais aussi acteur de son propre changement". Des spécialistes sont là pour "conseiller, évaluer, motiver, impliquer, communiquer, en toute transparence" 20 dans une "logique adaptative de la survie et de l'urgence" qui exige mobilité, réactivité, flexibilité, alors que les réorganisations permanentes "s'attaquent aux libres liens de coopération et de socialité...."(c.Legoff)
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- Fragile humanité ?

mercredi 6 août 2008

Sarko : stratégie du chaos ?

Des méthodes politiques pas entièrement nouvelles, mais atypiques par bien des aspects , qui devraient inquiéter les esprits encore soucieux de valeurs républicaines...

" A vouloir tout diriger tout seul, il annihile toute concurrence, quitte à rendre impossible toute succession viable."(J.Martin)

Nicolas Sarkozy: après lui, le chaos (première partie):
"Partout où Nicolas Sarkozy passe, ses successeurs trépassent. A vouloir tout diriger tout seul, à vouloir être présent sur tous les fronts, à vouloir placer ses pions à tous les postes stratégiques, l’actuel président de la République a cadenassé chacun des postes qu’il a occupés. Au point d’annihiler toute concurrence, quitte à rendre impossible toute succession viable.Certes, il s’agit généralement de l’apanage des grands hommes d’Etat, mais ses prédécesseurs ne se sont toutefois pas révélés aussi « efficaces ». Jacques Chirac a flingué Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand a éliminé Michel Rocard, mais ils ont toujours eu à affronter une concurrence coriace au sein de leur propre camp. Tandis qu’autour de Nicolas Sarkozy, la vie politique française ressemble à un champ de ruines.Après Nicolas Sarkozy, le chaos, que ce soit à la marie de Neuilly, au Conseil général des Hauts-de-Seine, à l’UMP ou au ministère de l’Intérieur. Une manière de procéder qui a fait ses preuves et qu’il tente de reproduire à l’Elysée..."

-Nicolas Sarkozy: après lui, le chaos (seconde partie):
"Ce n’est pas lui qui l’a créée, mais l’UMP est devenue son parti, sa machine de guerre électorale. Nicolas Sarkozy a fait main basse en 2004 sur la formation fondée en 2002 par le tandem Chirac-Juppé. Il sait alors qu’une élection présidentielle ne peut se gagner sans le soutien d’un parti. Il profite donc des ennuis judiciaires du second et de la carrière finissante du premier pour en prendre les rênes..."
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- Sarko et son clan
- Sarkozisme et cynisme
- Néocésarisme ?
-Sarkozy peut-il encore gagner par la peur ?
- Starkochute ?

mardi 5 août 2008

Belgique en souffrance

Nos voisins en voie de balkanisation?
Avec un redoutable problème à la clé :l'imbroglio BHV (Bruxelles- Hal-Vilvorde)...
Situation surréaliste et bloquée , population résignée, royauté impuissante, négociations au point mort, Bruxelles sans voix : toutes les conditions semblent réunies pour créer une situation irréversible, que souhaite une minorité flamande active
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Le socialiste wallon Jules Destrée , interpellant le roi, en 1912 : " Sire, il n'y a pas de Belges."
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La crise belge, une prophétie autoréalisatrice:
"La Belgique traverse, depuis plus d’un an, une crise existentielle. Le 10 juin 2007, le parti flamand Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V, démocrate-chrétien et flamand), associé aux nationalistes flamands de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA), remportait les élections. Son homme fort, Yves Leterme, « Monsieur 800 000 voix », était propulsé premier ministre, avec, en guise de cadeau empoisonné, un programme singulier : scier la branche sur laquelle il s’asseyait, soit démanteler le pouvoir fédéral (l’Etat) au profit des entités fédérées (les Régions et/ou Communautés)..."

-BHV, les lettres sans réponse
-Cloisonnement identitaire entre Flamands et Wallons
-Lalibre.be, le débat est en ligne
-La Belgique en sursis?
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-Belgique : "L'intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats" :
"Pour Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des questions européennes à l'Institut français des relations internationales (IFRI), la crise identitaire que traverse la Belgique illustre l'affaiblissement des Etats dans un environnement démocratique prônant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Selon lui, l'intégration européenne accélère naturellement cette désintégration des Etats...."
-
L'implosion à nos portes ?
-Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’Etat nation

L'ami Tapie



Scandale d'Etat.Traitement de faveur par juridiction spéciale...à quelles fins ? Un pas de plus vers la berlusconisation du régime et de la justice?...

----------"Aujourd'hui, il n'y a pas photo : Sarkozy et Borloo ont mes faveurs. Sarkozy était jusque-là dans une logique de gouvernement sur un pied, mais depuis ce partenariat avec Borloo, il avance sur les deux".(B.T.)-----------

________"Chaque fois que Nicolas Sarkozy a été, soit au ministère des Finances, soit à la présidence de la République, comme par hasard des protections se sont déclenchées au profit de Bernard Tapie, lequel lui-même s'est enrôlé toujours sous ses bannières", ( François Bayrou sur RTL.)________

Remous autour de l'indemnisation record accordée à Bernard Tapie

-L'affaire Bernard Tapie: un triple scandale d'Etat :
"C'est un scandale d'Etat ! Par quelque versant que l'on prenne le dénouement de « l'affaire Tapie » - judiciaire, financier ou politique -, il n'y a pas d'autres constats qui viennent à l'esprit pour le qualifier. Un triple scandale d'Etat, en vérité : d'abord parce que l'Etat a choisi une procédure absolument hors norme, celle du tribunal arbitral, contraire à toutes les règles républicaines pour clore ce dossier ; parce que du même coup, il va puiser dans les deniers publics pour offrir un cadeau beaucoup plus important qu'on ne le croit, sans doute de plus de 100 millions d'euros à Bernard Tapie, qui avait connu, de son propre fait, la faillite retentissante que l'on sait en 1994, et faire de lui l'un des Français parmi les plus riches ; parce que, enfin, Nicolas Sarkozy a sans doute trouvé là le moyen de monter un traquenard politique, avec en perspective une possible candidature du même Bernard Tapie, remis de la sorte en selle, sous des couleurs radicales encore imprécises aux élections européennes...."

-France, affaires, politique, people, comédie, justice, Bernard Tapie
-Recherche Google : bernard tapie
-[Bakchich] Bernard Tapie

lundi 4 août 2008

Afghanistan : mourir pour du pétrole ?


MOURIR POURQUOI EN AFGHANISTAN ? :

"...La présence militaire américaine et de l’OTAN en Afghanistan de même que l’envahissement de l’Irak font partie d’une stratégie ayant deux objectifs 1) Établir des bases militaires à proximité de l’Iran et 2) Contrôler l’exploitation pétrolière en Irak et construire le pipeline trans-afghan pour accéder au pétrole et au gaz naturel des républiques de l’Asie Centrale au nord de l’Afghanistan. Pour y arriver les américains doivent non seulement envahir militairement pour déloger les gouvernements en place mais y maintenir une présence militaire permanente, c’est à dire au-delà de 20 ans, temps minimum requis pour implanter un gouvernement amis stable et former une armée efficace de même qu’un corps policier fiable..."

-La sécurisation de la route du pétrole rime-t-elle avec l’élimination des régimes islamo-révolutionnaires ?
- Aventure afghane ?
-2687049_a80de52528_d.pdf (Objet application/pdf)Ledegré O de la pensée stratégique

dimanche 3 août 2008

Sarko et son clan

Quand le pouvoir et les affaires s'associent pour le contrôle de l'opinion...

"Il y a bel et bien un goût commun pour le capitalisme financier, la richesse extrême et le contrôle médiatique"

Clan Sarkozy : la manipulation médiatique d’une oligarchie financière:

Clan, définition (dictionnaire Robert) : Petit groupe fermé de personnes qui ont des idées, des goûts communs

Le club Neuilly communication fondé par Sarkozy en 85 déjà (description officielle sur le site de la commune de Neuilly-sur-Seine) :

"Neuilly Communication

Catégorie : Professionnelles (associations)Favoriser les rencontres entre les Présidents du monde de la communication et des médias. Mettre en commun les moyens de développer des relations dans cet univers de la communication " (dixit)

- Ce club paraît plus ou moins répondre aux critères de définition d’un clan, mais qu’en est-il de l’évolution actuelle de l’entourage de Sarkozi?

Le Sarkozysme est-il un affairisme ?
-La forêt des médias (Pouvoir et presse)
-Sarkozisme et cynisme
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-Comment Sarkozy a effacé 90 ans d’acquis sociaux