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lundi 7 décembre 2009

Noam Chomsky , analyste politique



La voix critique et assez solitaire d'un homme dans la cité

Un intellectuel ,engagé depuis la guerre du Viet-Nam, se penche sur son pays, un empire autiste, où domine les "castes" , la fabrique de l'opinon publique,où la guerre a souvent servi de politique étrangère

- "Je n’essaie pas de convaincre mais d’informer. Je ne veux pas amener les gens à me croire, pas plus que je ne voudrais qu’ils suivent la ligne du parti, ce que je dénonce - autorités universitaires, médias, propagandistes avoués de l’Etat, ou autres. Par la parole comme par l’écrit, j’essaie de montrer ce que je crois être vrai, que si l’on veut y mettre un peu du sien et se servir de son intelligence, l’on peut en apprendre beaucoup sur ce que nous cache le monde politique et social. J’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose si les gens ont envie de relever ce défi et d’apprendre par eux-mêmes » (N.C.)

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Démocratie US : mirage ?-
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-Une politique asservie-« Le Moment unipolaire et l’ère Obama » : une conférence de Noam Chomsky:
"...Aujourd’hui, les principaux architectes politiques ne sont pas des « marchands et fabricantsthéorie d’investissement des politiques », élaborée par l’économiste politique Thomas Ferguson, qui considère que les élections sont des occasions pour des groupes d’investisseurs de s’allier afin de contrôler l’État, fondamentalement en achetant les élections. Ferguson a démontré que cette théorie était un très bon outil pour prévoir la politique sur une longue période.En 2008, donc, nous aurions dû anticiper le fait que les intérêts des industries financières auraient la priorité dans l’administration Obama : elles étaient ses plus gros donateurs et nombre d’entre elles préféraient Obama à McCain. On en eut très vite confirmation. Le principal hebdomadaire économique, Business Week, exulte maintenant que le secteur des assurances a gagné la bataille du système de santé et que le secteur financier, responsable de la crise actuelle, en ressort indemne et même renforcé par cet énorme renflouage public, préparant déjà le terrain pour une prochaine crise comme l’indique le rédacteur en chef. »..._________________« En 2008, nous aurions dû anticiper le fait que les intérêts des industries financières auraient la priorité dans l’administration Obama. »__Les autres sociétés ont tiré de profitables leçons de ces triomphes et organisent désormais de grandes campagnes contre toute tentative, y compris modérée, de mise en place de mesures énergétiques et environnementales, sachant pertinemment que leurs succès priveront leurs petits-fils de tout espoir quant à une survie décente. Ce n’est pas que leurs dirigeants soient mauvais ou ignorants bien sûr, mais plutôt que les décisions sont des impératifs institutionnels. Ceux qui choisissent d’ignorer les règles sont exclus, quelquefois par des voies surprenantes.__Les élections aux États-Unis sont des aberrations largement dirigées par l’énorme industrie des relations publiques, laquelle s’est développée il y a un siècle de cela dans les pays les plus libres, l’Angleterre et les États-Unis, là où les luttes populaires avaient arraché assez de liberté pour que le public ne puisse facilement être contrôlé par la force. Par conséquent, les architectes politiques en ont déduit qu’il serait nécessaire de contrôler les attitudes et opinions. Le contrôle des élections est un des éléments de ce travail. Les États-Unis ne sont pas une « démocratie dirigée » comme l’Iran, où les candidats doivent être approuvés par les ecclésiastiques régnants. Dans les sociétés libres comme les États-Unis, ce sont les concentrations de capital privé qui approuvent les candidats, et pour ceux qui passent ce filtre, les résultats sont quasi déterminés par les sommes dépensées pendant la campagne.Les dirigeants politiques sont bien conscients que l’opinion n’est pas du tout du même avis que les architectes sur de nombreux sujets. Par conséquent, les campagnes électorales se détournent des problèmes au profit des slogans, des bons mots, des personnalités et des commérages. Chaque année, l’industrie publicitaire décerne un prix pour la meilleure campagne marketing. En 2008, ce prix a été remporté par Obama devant Apple. Les cadres politiques étaient euphoriques. Ils se vantaient ouvertement du fait que c’était leur plus grand succès depuis qu’ils avaient commencé à vendre des candidats comme ils le font pour du dentifrice et des médicaments branchés. Cette technique a décollé pendant la période néolibérale, avec Reagan..."________-Noam Chomsky, regard critique sur l'Amérique
-Noam Chomsky et ses calomniateurs

-Noam Chomsky: « Obama soutien dans les faits la politique d'Israël »:
"...Si l’Administration Bush a été marquée par une arrogance sans limites et un total mépris de l’opinion internationale, en ne tenant même pas compte de l’avis des ses alliés les plus proches, celle d’Obama utilisera, sans doute, une rhétorique plus agréable à entendre et plus plaisante. Mais l’évidence à laquelle nous sommes confrontés en ce moment tend à soutenir les prévisions de Condoleezza Rice quand elle a dit que le style qui sera adopté par Obama pour traiter du conflit israélo-arabe ressemblera beaucoup à celui du deuxième mandat de George W. Bush._______- Pensez-vous qu’il serait possible de poursuivre les responsables israéliens pour crimes de guerre contre les Palestiniens lors de l’offensive de Gaza ? Les Etats-Unis risquent-ils d’apposer leur veto au cas où l’affaire serait portée devant le Conseil de sécurité ?___- Si une telle demande parvient au Conseil de sécurité, les Etats-Unis lui imposeront certainement leur veto. Mais il serait très difficile qu’une telle possibilité vienne à voir le jour. Si cela a lieu, alors les Etats-Unis devraient être, eux aussi, poursuivis. Car l’invasion de Gaza a été une opération israélo-américaine. A part le soutien diplomatique de Washington, les armes étaient pour leur majorité américaines, et ont été utilisées en violation des lois américaines et aussi, bien entendu, du droit international. Mais les Etats-Unis ont toujours pris leurs distances par rapport à toute juridiction internationale, que ce soit la Cour pénale internationale ou la Cour internationale de justice..."

-La mauvaise réputation de Noam Chomsky, par Jean Bricmont

-Textes politiques en français de Noam Chomsky

-Medias vassalisés-La fabrication du consentement, de Noam Chomsky et Edward Herman:
« Dans cet ouvrage, désormais un classique outre-Atlantique (1988, rééd. 2002), les auteurs présentent leur « modèle de propagande », véritable outil d’analyse et de compréhension de la manière dont fonctionnent les médias dominants. Ils font la lumière sur la tendance lourde à ne travailler que dans le cadre de limites définies et à relayer, pour l’essentiel, les informations fournies par les élites économiques et politiques, les amenant ainsi à participer plus ou moins consciemment à la mise en place d’une propagande idéologique destinée à servir les intérêts des mêmes élites...."
-Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l'analyse critique des médias,

- Noam Chomsky : " Il n'y a plus de sentiment d'espoir "
-Le capitalisme contre la démocratie:
"...« La politique est l’ombre portée des grandes entreprises sur la société », a conclu John Dewey, le principal philosophe du 20e siècle, et elle le restera aussi longtemps que le pouvoir résidera dans les « monde des affaires, mu par le profit privé à travers le contrôle de la banque, de la terre, de l’industrie, renforcé par celui de la presse et autres moyens de publicité et de propagande ».___Les États-Unis ont effectivement un système de parti unique, le parti des entreprises, avec deux tendances, Républicains et Démocrates. Mais il existe cependant des différences entre eux. Dans son étude « Démocratie Inégale : l’économie politique du Nouvel Age Doré », Larry Bartels montre qu’au cours des six dernières décennies le « revenu réel des familles de la classe moyenne a augmenté deux fois plus vite sous les gouvernements Démocrates que sous les républicains, tandis que les revenus réels des familles d’employés pauvres ont augmenté six fois plus vite sous les Démocrates que sous les Républicains.... ».
-Noam Chomsky - Wikipédia
-Noam Chomsky [Voltaire]
-Livres de Chomsky
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- USA-Israël : nouvel éclairage
-Bush : héritage irakien
-USA et complexe militaro-industiel
-USA: armée toute puissante?
- Maison Blanche :qui gouverne?
-Où va l'empire ?

dimanche 6 décembre 2009

(Petite?) révolution dans l'évolution

Tout se complique..
Lucy a pris un coup de vieux...

Darwin n'aurait sans doute pas pu l'imaginer
Coppens aurait-il pu le prévoir?.
____Nous ne sommes pas au bout de nos découvertes, comme c'est prévisible en paléontologie

Ardipithecus ramidus nous donne du fil à retordre...

Cette créature est en fait une mosaïque intéressante, ni chimpanzé ni humain...Ce n'est pas un fossile ordinaire. Ce n'est pas un chimpanzé. Ce n'est pas un humain. Cela nous montre d'où nous venons..." »(T.White)

-On ne peut rien conclure quant aux caractéristiques proprement humaines et culturelles. "On ne peut plus penser, avec le grand préhistorien A.Leroi-Gourhan, que l'entrée dans la culture découle des transformations engengrées naturellement par la bipédie parfaite" (R.Legros)

->> Ardi en vidéo sur le site du Guardian
-Ardi, plus vieille que Lucy, éclaire les origines de l'Homme:
"Avec ses 4,4 millions d'années, la petite Ardy devient le plus ancien Hominidédont on dispose du squelette complet. Elle nous en apprend beaucoup sur nos ancêtres et sur nos cousins les grands singes.______Dix-sept ans de travail, quarante-sept scientifiques de dix pays différents, plus de cent individus extraits du sable du désert et onze publications dans Science ont fini par permettre la description complète d'un des plus vieux représentants connus de la lignée humaine, . La découverte initiale date de 1992 quand une équipe du Middle Awash Project a repéré des ossements dans la vallée du RiftGraben , en Ethiopie. Fragiles et souvent en miettes, ces restes étaient très difficiles à extraire et il a fallu un patient labeur de grattage, puis de reconstruction,Le travail valait cette peine. Le Gisementétait exceptionnel par la quantité de restes fossilisés et par leur âge. Le premier squelette complet d'une femelle, baptisée Ardi, date de 4,4 millions d'années. C'est elle qui vient de faire l'objet d'une publication exhaustive dans la revue Science, laquelle met également en ligne une galerie de photos et même un site Web dédié à Ardipithecus, où sont compilés les onze articles qui lui sont consacrés (les résumés seuls sont librement accessibles).Nettement plus vieille que Lucy l'australopithèque, exhumée en 1974 dans la même région, et qui vivait il y a 3,2 millions d'années, Ardy n'est cependant pas le plus ancien hominidé connu (Ardipithecus kadabba est daté de 5,8 à 5,2 millions d'années). Mais son squelette est de loin le plus complet et cette petite femelle, haute de 1,20 mètre pour probablement une cinquantaine de Kilogrammes donne de nouveaux indices pour résoudre une ancienne énigme. La question était de savoir si les ancêtres communs aux hommes et à nos plus proches cousins actuels, les chimpanzés et les bonobos (les panidés), ressemblaient davantage à des singes.

Les images de droite montrent le crâne d'un chimpanzé (à droite) et celui d'Ardy. A gauche, comparaison de la capacité crânienne et de la taille des dents des chimpanzés actuels (marques rouges) et des Fossile. La capacité crânienne, de 400 à 550 cm3, est nettement supérieure à celle des actuels chimpanzés (300 à 350 cm3)Pas plus près des singes actuels que de nous. Dans l'affirmative, la branche humaine aurait évolué en acquérant des caractères propres tandis que la lignée des grands singes aurait été plus conservatrice. Comme un écho à la vieille idée du chaînon manquant, l'Australopithèque dont Lucy, était vu comme un intermédiaire entre un ancêtre ressemblant beaucoup aux grands singes actuels et l'homme moderne, Homo sapiens. Pour éclairer cette zone de l'histoire de nos ancêtres, il manquait des fossiles, d'humains mais aussi des ancêtres des chimpanzés.
_______Ardi vient donner un élément de réponse. Elle ne ressemblait pas plus à un chimpanzé qu'à un homme moderne. Avec ses longs bras, elle devait être à l'aise dans les arbres mais son bassin et ses pieds rigides étaient ceux d'un marcheur. Cependant, sa voûte plantaire n'étant pas arquée, Ardi ne devait pas pouvoir courir et les pouces étaient opposables, comme chez les chimpanzés et à la différence de Lucy.___________Avec ses mains plus fines que celles des chimpanzés, Ardi devait avoir des gestes plus précis et, les paléontologues en sont sûrs, ne s'appuyait pas sur ses phalanges pour marcher à quatre pattes, comme le font les grands singes. Par ailleurs, ses canines étaient déjà petites alors qu'on pensait ce caractère plus récent dans la lignée humaine. Conclusion des auteurs, les caractères propres aux panidés et qui n'existent pas dans la lignée humaine ne sont pas nécessairement des reliques mais des adaptations apparues après la séparation des deux branches, il y a environ 6 millions d'années, chacune ayant évolué de son côté.Le tableau final montre un animal moins bien adapté que les chimpanzés à la vie Arboricole. Ardi vivait dans mais aussi autour des arbres, qui devaient être pour elle un refuge contre les prédateurs et une chambre à coucher où elle faisait peut-être des nids, à la manière des chimpanzés actuels. Avec une dentition adaptée à un régime varié, Ardy et ses compagnons vivaient dans une région arborée, comme en témoigne l'étude conjointe des sols où ont été retrouvés les fossiles, mais pas une savane.Ils disposaient de leurs caractères propres (comme les dents moins résistantes que celles des australopithèques) mais avaient déjà les habitudes conservées par la suite chez tous les hominidés, comme la bipédie et une tendance à la grosse tête, avec un Cerveau plus volumineux que les chimpanzés (entre 400 et 550 cm3, contre 350 environ)." (JL.Goudet)
-Ardi, le plus vieil ancêtre connu de l'homme, dévoile ses secrets
-Ardi : Le singe descend de l'homme !
-"Avant « Lucy », il y a eu « Ardi »
-Ardi, notre plus vieille grand-mère
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-Bon anniversaire Darwin!
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Article repris ici:Lucy a pris un coup de vieux ! - AgoraVox

samedi 5 décembre 2009

Copenhague 2009 (suite)


Un accord sur quoi et pourquoi ?

Un débat difficile, à la mesure de la complexité du problème...et des intérêts en jeu (les libertariens nient le problème

-Quels modèles prendre en compte?

__Le débat est ouvert__

Une unanimité problématique
(Controverses en cours)
- Les climatosceptiques donnent de la voix-

-Débat sur le climat: une affaire (aussi)humaine, trop humaine

Le débat sur le climat est vraiment trés compliqué, il ne faut pas se le cacher.Sur ce dossier complexe, il n’est pas sûr d’ailleurs que Courtillot ait tout à fait tort.D’ailleurs récemment , il n’excluait pas une part d’influence anthropique, mais se disait incapable de la mesurer... Le débat est bien sûr brouillé par des querelles d’experts et des chapelles pas toujours épistémologiquement correctes...Mais les analyses du Giec restent à mes yeux une base de travail utile, provisoire , forcément partielle, en opposition avec un certain discours écolo simpliste, moralisateur, culpabilisant, parfois justement dénoncé

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Changements climatiques : le grand tournant (Blog du Diplo)
"Lundi 7 décembre 2009 s’ouvrira la conférence de Copenhague. Organisée par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), elle regroupera les 193 nations membres, plus d’une soixantaine de chefs d’Etat et nombre d’institutions internationales et d’organisations non gouvernementales qui tenteront de trouver un accord et de nouveaux objectifs pour poursuivre les efforts (modestes) engagés en 1997 lors de la création du Protocole de Kyoto. Ratifié par 175 pays (tous sauf les Etats-Unis…), il viendra à expiration en 2012. Les participants auront deux semaines pour s’entendre sur un nouveau chiffre de réduction pour les émissions de gaz à effet de serre, et surtout sur la répartition des efforts entre les pays riches et les pays pauvres.Le président des Etats-Unis, M. Barack Obama, qui sera de la fête, a annoncé fin novembre, à la surprise générale, des objectifs chiffrés : une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport au niveau de 2005. Cette annonce a déjà été jugée insuffisante par les mouvements écologistes qui ont demandé aux Etats-Unis de faire plus d’efforts. En réponse, Washington s’est dit prêt à s’engager sur 30 % de réduction en 2025 et 42 % en 2030. Quasi simultanément, Pékin dévoilait ses propres chiffres : une réduction de 40 % à 45 % de son « intensité carbonique » (émissions polluantes par unité de PIB) d’ici 2020 par rapport à 2005, soit un objectif beaucoup plus ambitieux. Par ailleurs, l’Union européenne s’est engagée sur une réduction de 20 % et s’est dit prête à aller jusqu’à 30 %._______Les scientifiques, par la voix du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), estiment qu’une réduction de 25 à 40 % d’ici 2020 par rapport au niveau de 2005 est indispensable pour contenir l’élévation de la température à moins de 2 degrés, chiffre au delà duquel les dérèglements climatiques vont s’aggraver de manière irréversible.Les responsables onusiens restaient pessimistes jusqu’à l’annonce surprise des objectifs chiffrés des deux plus gros pollueurs de la planète.Comme pour mieux préparer le public à ce sommet qui promet d’être le plus médiatisé de la planète, nombreuses ont été les sorties de livres et de films promettant le chaos — sinon l’apocalypse —, confirmant ou infirmant la réalité du réchauffement climatique. Puis, le spectaculaire piratage du serveur du prestigieux centre de recherche sur le climat de l’université britannique d’East Anglia, avec la mise à disposition du public d’une sélection de courriels qui prétendaient montrer que les scientifiques manipulaient les données. Tout cela aura fait long feu : quelles que soient les tentatives de désinformation des climato-sceptiques, il est indéniable aujourd’hui que les activités humaines contribuent pour une part non négligeable à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et de ce fait, entraînent un réchauffement global de la planète.__(Ci-dessous, une série de cartes, figures et explications essentielles pour comprendre les enjeux du Sommet).Le système climatique.__Quels sont les facteurs à l’origine des changements de climat ?
La science du climat repose pour l’essentiel sur des observations de phénomènes actuels (mesure directe des précipitations, des températures ou de la salinité de l’eau) ou passés (à travers des éléments qui ont capté et conservé les traces d’événements climatologiques, comme la glace, les dépôts sédimentaires ou même les troncs d’arbres). Pour comprendre et prédire les évolutions climatiques de la manière « la moins fausse possible », il est important de bien identifier tous les phénomènes qui contribuent à la variabilité du climat.
Ces phénomènes forment un système interconnecté très complexe, dont l’observation permet de déterminer des modèles à partir desquels on peut élaborer des scénarios pour l’avenir du climat.Des modèles — jamais parfaits — sont élaborés à partir des composantes majeures du système climatique : atmosphère, biosphère, cryosphère et hydrosphère, ainsi que des très complexes transferts d’eau, d’énergie, de particules chimiques entre ces quatre grands ensembles.S’ajoute à cela la grande inconnue des catastrophes majeures (par exemple une éruption volcanique importante) ou de la manière dont les sociétés humaines modifient le « système terre-atmosphère » par leurs activités industrielles et agricoles. Or, dans les deux cas, les conséquences sur le climat sont radicales..." -C'est bien l'homme qui est à l'origine du réchauffement ! - AgoraVox
-Le sens de Copenhague
-La polémique Courtillot-Giec : vrai débat?
-Soleil et climat. L'affaire Courtillot
-Claude Allègre et Vincent Courtillot sévèrement critiqués dans La Recherche
-Climat: les drôles de lecture de Vincent Courtillot | Mediapart
-Climat : le scepticisme, un nouveau poujadisme ? | Rue89

vendredi 4 décembre 2009

Identité nationale: dérapage?



Quand un débat légitime s'égare

Une droite piégée?

Le sujet est sensible , les questions mal posées, le calendrier discutable

"L'objectif de Nicolas Sarkozy est de consolider les positions qu'il a prises en 2002 sur l'électorat traditionnel du Front national, en vue des régionales"

-"Il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République"

-"Quand on pose de mauvais questions, on obtient de mauvaises réponses. Avec ce questionnairepréparé par le ministère de l'immigration], on est dans un vrai foutoir. Je regrette qu'on ne réfléchisse pas avant de lancer des débats pareils...
Au fond, la seule question identitaire qui vaille, c'est «qu'est-ce que l'homme?» Or pour moi, c'est une question universelle, pas nationale... En ces temps où l'on redécouvre toute l'humanité d'Albert Camus (Nicolas Sarkozy ayant proposé de transférer au Panthéon les cendres de l'écrivain, mort il y a bientôt 50 ans), comment peut-on ouvrir un débat aussi douteux? Pour éviter les crispations, j'aurais préféré qu'on se demande: «Qu'est-ce que la Nation?» Pour moi, c'est tout simplement la République. A partir de là, les élus auraient pu s'interroger sur les politiques mises en œuvre à l'école, dans les quartiers, à travers l'urbanisme, pour apprendre à être français..."
[ (M.Piron -UMP]
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-Identité nationale : Sarkozy piégé:
"Jusque-là, le pouvoir avait toute raison de se féliciter de son idée de débat sur l'identité nationale, lancé depuis la case « immigration ». Cela marchait comme sur des roulettes. Malgré quelques protestations -justifiées- contre les arrières-pensées électorales de l'Elysée, le débat a « mordu » dans l'opinion et a pris de l'ampleur.______Les intellectuels s'y sont plongés avec délice, noircissant les pages « opinion » des journaux ; les Français se pressent aux réunions organisées sur le sujet ; Eric Besson, traître à la gauche devenu sa cible, est désormais auréolé de ce succès, au point que même Libération juge qu'il « trahit avec panache ». Le pouvoir, quand à lui, anime le « grand débat » sans grande orientation : l'essentiel est que l'on entende les mots « national », « immigration » et « sécurité ».______L'objectif de Nicolas Sarkozy est de consolider les positions qu'il a prises en 2002 sur l'électorat traditionnel du Front national, en vue des régionales. Et pour y parvenir, il n'hésite pas à aiguillonner ses lieutenants. Sur l'immigration, leur a-t-il déclaré, »allez y à fond la caisse » ! Sur l'identité nationale, il leur a lancé : « Je veux du gros rouge qui tache » (traduire : ciblez les milieux populaires)… L'UMP s'y est mise à coeur joie. Mariages gris, burqa, expulsions et couvre-feu… tout est bon pour nourrir les passions.Problème, le gros rouge tache plus fort que prévu. Il éclabousse. L'affaire des minarets suisses, imprévue, a libéré la parole. Les inhibitions tombent, avec des bruits de vase. La xénophobie suinte sur le site mis en place par le ministère. Un maire UMP peut même déclarer sans honte qu'il est « temps de réagir » pour ne pas « se faire bouffer » par ces « dix millions » (il ne les nomme pas) que l'on « paye à ne rien foutre »… Ajoutez à cela l'apparition de sondages sur les mosquées, et le tableau est complet.Tel le docteur Frankenstein, la droite voit sa créature prendre son autonomie et détruire tout sur son passage. Conçue pour siphonner les voix du Front national, elle vient gonfle l'extrême-droite dans les têtes d'abord, en attendant de gagner le fond des urnes en 2010. La machine, devenue folle, se retourne contre ses créateurs : elle fabrique désormais du FN, du bon gros FN qui tache..."


-Identité nationale: le débat dérape:
"Et si le grand débat bessonien sur l’identité nationale n’était finalement qu’un piège à c… dans lequel l’UMP est tombée après l’avoir tendu ? L’affaire semblait imparable : une majorité gouvernementale «décomplexée» «posait les vrais problèmes» et se faisait la garante d’une certaine intégrité française face aux menaces supposées de la mondialisation et - surtout - de l’immigration. L’opposition était embarrassée et l’extrême droite concurrencée sur son propre terrain. Quinze jours plus tard, la belle machine a dérapé. Organisés sous le contrôle des préfets, comme sous le Second Empire, les débats n’attirent que quatre pelés et trois tondus (lire page 4) plus ou moins xénophobes ; la majorité se divise et les plus lucides, tels Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin, expriment tout haut leurs doutes sur cette équipée qui fait le jeu de l’extrémisme....
on arrive au non-dit à peine dissimulé de toute cette affaire : la place de l’islam dans la société française, devenu par l’effet de l’immigration la deuxième religion du pays. Les initiateurs du débat voulaient user de la peur pour accroître leurs soutiens. Ils s’aperçoivent un peu tard qu’ils ont ouvert une boîte de Pandore. Certains y trouvent l’occasion d’exprimer une intolérance jusque-là occultée par le discours calibré des responsables. Républicaine, une partie de l’UMP craint désormais les dérapages qui nourriront le Front national. Mais là encore, la négation bien-pensante des difficultés ne sert à rien. La seule stratégie consiste à rechercher avec les minorités religieuses ou culturelles une identité commune. Pour mettre les points sur les i : l’islam fait et fera partie intégrante de l’identité française contemporaine, comme le protestantisme et le judaïsme. Ce qui passera par des conflits mais débouchera sur un enrichissement : l’identité multiple est l’avenir du monde. Les efforts seront partagés. Les musulmans doivent se couler dans les principes de la laïcité républicaine. La République doit en échange leur garantir une place égale et juste, comme aux autres citoyens. Une partie de l’opinion s’y refuse : telle est la bataille à venir. C’est le seul sens légitime de cette discussion, à la fois douloureuse et positive....
"

-"Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l'immigration":
"«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de "l’Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger - et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.____«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un "débat" sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration", car il met en danger la démocratie

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L'Appel de Mediapart: «Nous ne débattrons pas»:
"Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples. .."
À l'attaque du ministère de l'identité nationale! | Mediapart:
"...Ils sont historiens, sociologues ou anthropologues, leurs recherches croisent les questions d'identité, et ils ne supportent plus l'usage idéologique qui est fait d'une notion aux contours multiples et mouvants. Nombre d'entre eux se sont exprimés, depuis deux ans, dans la revue Vacarme, qui n'a pas attendu le «grand débat sur l'identité nationale» pour s'interroger sur l'entreprise identitaire engagée par le pouvoir exécutif et sur les dangers que renferme ce processus de fabrication de normes excluantes.___La création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, a servi de déclencheur à une réflexion visant à «faire face» à la nouvelle donne politique. Pour la déconstruire et la défaire, une série de textes ont été publiés, à l'initiative de l'anthropologue Michel Agier, directeur du centre d'études africaines de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur de Gérer les indésirables (Flammarion, 2008). Rémy Bazenguissa-Ganga, Saïd Bouamama, Christian Cécile, Marie Cosnay, Achille Mbembe et Sophie Wahnich ont ainsi été mis à contribution pour décrire les soubassements et mesurer les conséquences du clivage instauré arbitrairement entre un «nous» national et «les étrangers», ou ceux qui en ont les apparences.___À la tête du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, Brice Hortefeux d'abord, Éric Besson ensuite, se sont appliqués à mettre en œuvre cette stratégie de la division, dont les effets sont déjà bien visibles: entre autres, des dizaines de milliers de sans-papiers ont été enfermés dans des centres de rétention partout en France, beaucoup ont été expulsés, des rafles ont été organisées dans les quartiers des grandes villes et des campements où se retrouvaient des exilés afghans ou irakiens ont été détruits dans le Calaisis.___Face à un «débat» imposé par le gouvernement, Mediapart a jugé utile de rassembler ces textes, complémentaires de la démarche de démontage de la politique migratoire française engagée par Cette France-là, collectif de chercheurs, militants et journalistes. Cet ensemble d'articles résonne aussi avec l'appel «pour la suppression du ministère de l'identité nationale et de l'immigration»Libération. Vingt chercheurs y dénoncent le «rapt nationaliste de l'idée de nation». Parmi eux, outre Michel Agier: Gérard Noiriel et Patrick Weil, tous deux démissionnaires de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, après la création du ministère..."

-Saber Mansouri, historien : «Nous sommes en pleine régression par rapport à la IIIe République» | Mediapart:

-Comment défendre les mythes nationaux avec l'outillage mental du XXIe siècle?» «...Comment avez-vous perçu le discours de Nicolas Sarkozy à La Chapelle-en-Vercors le 12 novembre dernier ?Tel un florilège croulant sous les accumulations. Il a ainsi déclaré: «Quand je regarde ce drapeau qui s’est couvert de gloire au nom de la liberté sur tous les continents, quand j’entends La Marseillaise chantée avec ferveur, quand je lis les noms inscrits sur les monuments aux morts de nos villages, quand je vois dans l’armée française qui défile magnifiquement le 14 juillet le long travail des siècles, quand je rencontre des ouvriers dans les usines ou quand j’entre sous la coupole de l’Académie, je me sens honoré d’être français. Être français est un honneur. Il nous appartient à tous de le mériter.»Songez que la veille, il était avec la chancelière allemande à Paris, que trois jours avant, il était à Berlin, toujours avec Angela Merkel. Et le voilà qui se livre à cette tirade régressive rédigée par un Henri Guaino, revue et corrigée par un Max Gallo, qui semblent avoir «tapirisé» un président de la République inconsistant, sans aucune envergure intellectuelle, s’en laissant littéralement conter. Y croit-il seulement ? Jusqu’où va son opportunisme ? Comment peut-il jongler avec de telles vieilles lunes alors qu’il s’est fait élire sur le dogme de la rupture ?..."

-Yazid Sabeg: "Je déplore les termes de ce débat

-ReSPUBLICA » Nicolas Sarkozy et la boite de Pandore

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-Histoire revisitée
-Identité nationale: diversion?
-Les minarets de la discorde

jeudi 3 décembre 2009

Afghanistan: jusqu'où ?

"Finir le boulot?"


Faire du Bush sans Bush, avec une opinion toujours plus divisée

Avec les mêmes objectifs
...

-"Le New York Times du 31 décembre vend la mèche en écrivant : « Les États-Unis cherchent à élargir les routes d’approvisionnement dans la guerre en Afghanistan. » C’est également ce que décrit un ancien diplomate indien, M. K. Bhadrakumar, dans un article du 20 décembre dans Asia Times. « La présence américaine en Afghanistan fait partie d’une grande stratégie de l’Asie centrale. Même si la guerre s’y est très mal déroulée, cet effort a connu un certain succès, le Pentagone réussissant à établir une présence militaire à long terme dans le pays. » De plus, poursuit l’auteur, « Washington utilise la détérioration de la situation en Afghanistan comme prétexte pour établir de nouvelles bases américaines en Asie centrale, notamment en Ouzbékistan et au Kazakhstan ». Plus globalement encore, note Bhadrakumar, « les États-Unis pourraient préparer une autre route caspienne qui traverserait la Géorgie sur la mer Noire, en direction de l’Azerbaïdjan sur la mer Caspienne et puis des États d’Asie centrale. Cela pourrait aussi servir de route du pétrole et du gaz indépendante de la Russie et étendre potentiellement l’OTAN dans le Caucase et en Asie centrale. Si les puissances européennes acceptent la nécessité d’une défense des sources d’énergie vitales, conduite par les États-Unis ». (D.Bari)
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?-

-"Le plan McChrystal prévoit ce que les Soviétiques avaient fait à l'époque: tenir les villes. Cela n'a pas marché pour les Soviétiques et je ne vois pas comment cela pourrait marcher avec nous, compte tenu de l'empreinte militaire que nous avons déjà laissé" (Christine Fair :enseigne au Centre d'études pour la paix et la sécurité de l'université de Georgetown.)

-L’éditorial du quotidien Le Monde, (28 mars) consacré à « Obama l’Afghan »:« Si rupture il y a dans l’approche américaine, c’est surtout dans une évaluation plus réaliste des réalités régionales : les racines du conflit afghan se situent largement au Pakistan, où les chefs d’Al-Qaida et de la mouvance talibane ont établi des sanctuaires. Or l’impunité dont ils jouissent n’existerait pas sans la complicité des services secrets d’Islamabad. La bonne solution est-elle de tripler l’aide au Pakistan, comme l’a annoncé M. Obama, et une telle approche est-elle conciliable avec un accroissement des frappes militaires contre des cibles situées au Pakistan ? »-« Le président américain a récemment reconnu que la situation sécuritaire connaissait une dérive en Afghanistan, tout en soulignant qu’il fallait songer à une stratégie de sortie. “Obama l’Afghan” est en train de mesurer à son tour que la tâche consistant à pacifier un pays qui a tenu en échec plus de 100 000 soldats soviétiques ne sera pas aisée. »
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-Afghanistan : Obama choisit de "finir le boulot" laissé par Bush:
"Le pari d'Obama est colossal : il a décidé de porter le nombre de soldats américains en Afghanistan à près de 100 000 hommes, soit 30 000 de plus d'un seul coup, une escalade majeure dans un pays où aucune armée étrangère n'a jamais réussi à gagner une guerre depuis la défaite cinglante des Britanniques dans la première moitié du XIXe siècle en passant par l'armée soviétique dans les années 80. A ces 100 000 soldats américains il faut ajouter 42 000 soldats des autres nations coalisées, auxquelles Obama demande un effort supplémentaire. L'infographie de notre partenaire laGraphique sur la montée en puissance du nombre de GI's est de ce point de vue très parlante. ...____________Si Barack Obama veut « finir le boulot », selon sa propre formule, il entend aussi amorcer le retrait des troupes dès l'été 2011, sans en spécifier la fin - un calendrier destiné à « sauver » sa campagne électorale de 2012. Annoncer la fin de la mission d'entrée de jeu est tactiquement dangereux, comme l'ont aussitôt fait observer les Républicains, et rappelle justement toutes les escalades guerrières précédentes, à commencer par celle du Vietnam.________« Finir le boulot », c'est évidemment une question de définition : pour les Etats-Unis et leurs alliés, qui sont engagés dans ce conflit depuis déjà huit ans, depuis le renversement du régime des talibans au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, il s'agit, au minimum, de laisser une armée nationale afghane et une administration capables d'empêcher le retour des fidèles du Mollah Omar à Kaboul.Le pari est loin d'être gagné car l'histoire des escalades militaires montre qu'on sait quand elles commencent, pas quand elles s'achèvent… Que se passe-t-il si le « boulot » n'est pas fini en 2011 ?_____________Gérer l'héritage de George W. BushBarack Obama a fait de l'Afghanistan « sa » guerre alors que ce conflit fait partie de l'héritage empoisonné de George Bush. Obsédé par l'Irak, Bush et son entourage d'idéologues néo-conservateurs (Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz…) ont rapidement délaissé l'Afghanistan après leur victoire de 2001, pour s'attaquer à Saddam Hussein, un enjeu plus à leur mesure pensaient-ils.L'administration républicaine a laissé derrière elle un champs de ruines en Irak, une Amérique épuisée et discréditée, et, surtout, un Afghanistan en proie depuis 2006 à une incroyable résurgence des talibans qu'elle croyait avoir éliminés.Obama a choisi d'assumer cet héritage, au grand dam d'une partie de ses partisans. estimant sans doute qu'il ne pouvait pas faire un choix qui donnerait aux auteurs du 11 septembre la chance de crier victoire, et d'encourir le reproche d'avoir « perdu l'Afghanistan ».Le président américain a ensuite pris son temps pour redéfinir sa stratégie, période d'attentisme pendant laquelle le soutien des Américains à cet engagement militaire a fondu dans les sondages, rendant sa tâche plus complexe encore.Barack Obama espère faire en dix-huit mois ce que George Bush n'a pas fait en huit ans..."

-Obama et l'Afghanistan-Pakistan
-Afghanistan : peu croient à une issue rapide pour un conflit enlisé:
-M. Obama ne va pas au bout de la logique d’une guerre limitée à Al-Qaida:
"...M. Obama, qui avait l'air si sombre à West Point, donne toutefois l'impression de ne pas être convaincu de la justesse de sa stratégie. Il a hésité de longs mois. On sent qu'il devient chef de guerre à contrecœur. Le président américain n'est en fait pas allé au bout de la logique qu'il exprimait clairement durant sa campagne électorale: retirer l'armée américaine d'Irak et se concentrer sur le combat contre Al-Qaida. Car il aurait alors fait un double constat: premièrement, qu'aucune trace d'Al-Qaida n'a été décelée en Afghanistan depuis la chute des talibans fin 2001; deuxièmement, que ce n'est pas avec une armée de 100000 hommes que l'on combat Al-Qaida..."

-Afghanistan: Barack Obama prend ses soutiens à contre-pied
:
"Barack Obama a attendu la fin de son discours sur l'Afghanistan, mardi, devant les cadets de West Point, pour prononcer la phrase clef: « Il est facile d'oublier que, quand cette guerre a démarré, nous étions unis. » Et d'ajouter, telle une supplique : « Je refuse d'accepter que nous ne soyons pas capables de retrouver cette unité. Je crois de toutes les fibres de mon être que nous – Américains – pouvons toujours nous rassembler derrière un but commun. »Cela fait en effet longtemps que la guerre en Afghanistan a cessé de faire l'unanimité aux États-Unis. Ainsi, en prenant la décision d'envoyer 30.000 soldats supplémentaires en renfort du contingent américain sur place (la fourchette haute de ce que demandaient les militaires, une augmentation de 45% des effectifs sur le terrain), Obama prend aussi le contre-pied de son opinion publique. En particulier de la gauche américaine, qui l'a soutenu durant les primaires démocrates, et a fortement contribué à le faire élire contre John McCain il y a un an.__Si les derniers sondagesWashington Post), cette proportion augmente singulièrement quand on ne considère que les démocrates : les deux tiers d'entre eux sont opposés à la poursuite de la guerre et à l'envoi de troupes supplémentaires...

Les promesses de prendre en compte la réalité économique du moment sont destinées à se démarquer des pratiques de l'administration Bush, qui a constamment cherché à dissimuler le coût de ses aventures extérieures. Obama a également pris d'autres précautions : il a annoncé un début de retrait dès juillet 2011, il a essayé de rassurer le Pakistan alors qu'il va probablement étendre la guerre sur son territoire, et il a expliqué qu'il entendait responsabiliser les Afghans en aidant les administrateurs non corrompus et les projets de développement « pratiques » dans le domaine de l'agriculture....
Comme l'a constaté Obama, l'unité du pays n'existe plus, et ce sont ses propres alliés qui renâclent à le suivre. Il est probable qu'en écoutant le discours de mardi, ceux-ci n'ont pas seulement entendu les paroles rassurantes du chef d'État, mais également toutes les phrases qui rappelaient son prédécesseur, jusque dans l'emploi du mot « surge » (la poussée) pour qualifier la nouvelle stratégie : « Nous n'avons pas sollicité de combat » ; « Si je ne pensais pas que la sécurité des États-Unis et des Américains était en jeu en Afghanistan, je ferais rentrer avec plaisir l'ensemble de nos troupes dès demain »; « Avec un Pakistan nucléaire, l'enjeu est bien plus élevé, car nous savons qu'Al-Qaïda et d'autres extrémistes recherchent des armes nucléaires qu'ils n'hésiteraient pas à utiliser ».
De l'avis de tous les analystes politiques américains, Obama a pris là la décision la plus importante de son mandat. Il s'est approprié cette guerre en Afghanistan, et les solutions qu'il entend apporter pour la terminer sont les siennes, et non pas celles de ces prédécesseurs – contrairement à l'Irak. Reste à savoir si la majorité d'Américains qui ne voient pas cette stratégie d'un bon œil s'y rallieront.__Pour l'instant, les augures ne semblent pas favorables. Selon le New York Times, en apprenant le contenu du discours présidentiel, un des responsables d'une association de démocrates de gauche s'est dit « vraiment pas heureux du tout ». Dressant une comparaison avec le Viêtnam, il a estimé : « Nous sommes devant le cas d'un président qui s'enfonce encore et encore, tout en proclamant qu'il aperçoit la lumière au bout du tunnel. »

-Barack Obama met l'US Army au pied du mur en Afghanistan

-En Afghanistan, Obama fait du Bush sans Bush

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-Afghanistan :Obama s'obstine
-- Bourbier afghan
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?
- Aventure afghane ?

mercredi 2 décembre 2009

Les minarets de la discorde

Minorer les minarets...
[-Mises en perspectives sur un vote contesté-]

Comment faire peur sur des détails , en escamotant les vrais débats de fond et la complexité.
>-"On n’aime pas les musulmans en Suisse, mais on veut bien leur vendre des armes ou accueillir leurs avoirs…"(J.Q.)-
>-
« On est en droit de se dire que ce vote suisse risque d'inspirer des partis peu scrupuleux à la recherche désespérée des voix de l'extrême droite », a déploré Noël Mamère. Le FN qui en a profité pour demander l'organisation d'un « référendum sur le communautarisme » en France.

Une campagne haineuse, savamment orchestrée depuis des mois:

[A part lorsqu'il s'agit de riches touristes venus des émirats, la Suisse ne connait pas le problème de la burqa, ce qui n'a pas empêché les anti-minarets d'agiter le chiffon rouge par le biais d'affiches où l'on voyait une musulmane voilée devant un drapeau suisse transpercé de minarets en forme d'obus !]-En Suisse, l'UDC affiche son racisme sans complexe-

"... Les affiches de la campagne n’y vont pas par quatre chemins. On y voit des minarets sombres dressés, comme autant de dangereux missiles, sur un drapeau suisse. Ils sont accompagnés d’une femme en burqa, noire, invisible. Des affiches racistes, interdites dans certaines villes du pays (Lausanne, Zurich), mais pas partout, puisque leur censure relève de compétences communales.___Cette communication politique ultra-agressive est la marque de fabrique de l’UDC : il y a deux ans, à l’occasion des dernières élections législatives, les étrangers étaient stylisés en moutons noirs sur les affiches, venant disputer la croix blanche sur fond rouge à d’innocents moutons blancs « nationaux », sous ce slogan : « Qualité suisse ». Auparavant, on avait aussi eu droit à un montage photo douteux montrant un passeport suisse au nom d’un certain Oussama ben Laden, manière d’indiquer qu’en ne fermant pas à double tour les portes du réduit alpin, le risque est de les ouvrir aux pires terroristes islamistes.__Certes ultraminoritaire dans le pays, cette islamophobie est en totale contradiction avec le pedigree des musulmans de Suisse, très éloigné de l’extrémisme d’Al-Qaeda. Car qui sont-ils, au fond ? Pour l’écrasante majorité, ce sont des Européens en provenance des Balkans, ou des Turcs .... Ils sont bien intégrés dans la société, ne vivent pas dans des ghettos ethniques. Ainsi les Kosovars font partie du paysage helvétique depuis plus de deux décennies, filière d’immigration bien utile quand le secteur du bâtiment avait besoin de bras sur les chantiers. Du fait des regroupements familiaux, ils sont désormais près de 200 000 dans le pays : 10% de la population totale du Kosovo ! Mais avant l’initiative antiminarets, personne ne parlait d’eux en tant que « musulmans ». Pragmatisme helvétique ou ignorance de l’autre ? Un peu des deux. Dans un récent sondage publié par le quotidien romand 24 Heures, 68% des personnes interrogées considèrent que l’on peut « être un vrai Suisse en étant musulman ». Ils sont 63% à estimer que les communautés musulmanes ne constituent pas une menace pour la stabilité et la sécurité de l’Etat. Mais ils sont 49% à penser que l’islam mène plus facilement à l’extrémisme qu’une autre des religions pratiquées en Suisse. Un sondage qui fait écrire à l’éditorialiste du journal qu’il y a, en Suisse, un paradoxe avec la chose musulmane : « Une grande acceptation des musulmans, mais une certaine méfiance envers l’islam. En somme, c’est de cohérence qu’il s’agit. Les Suisses sont tolérants envers les individus et les communautés, mais ils se méfient des doctrines. »..(.Serge Enderlin- Nouvel Obs-)_______________________

-Jean Ziegler:" Il s’agit d’un vote raciste qui fait honte à la Suisse. C’est une insulte à 1,5 milliard de musulmans et particulièrement aux 400 000 d’entre eux résidant en Suisse, qui sont pour la plupart d’honnêtes travailleurs obéissant aux lois et faisant tout pour être bien intégrés. Le problème est encore aggravé ici par l’argumentation utilisée par les partisans de l’initiative, pour qui l’islam est une religion par essence violente, antidémocratique, dangereuse, et avec laquelle on ne peut cohabiter. Le minaret devenant ainsi le symbole de cette agressivité inhérente à cette religion… C’est une diffamation collective d’une communauté et, en cela, elle touche au fascisme. C’est un argument fasciste que de dire que tel type d’homme est par essence dangereux et criminel  !Quant à la Suisse, par son aura de neutralité et sa politique équilibrée dans les instances internationales et l’ONU (comme dernièrement sur le rapport Goldstone, sur les crimes de guerre à Gaza), elle avait gagné une crédibilité internationale qui lui permettait d’agir au plan diplomatique et humanitaire. Tout cela est parti en fumée.."

______________.

-Suisse, une victoire de l'islamophobie, une défaite de la raison:

" Tandis que les Suisses rejetaient, par près de 70 %, une proposition visant à bannir les exportations de matériel de guerre, ils votaient massivement en faveur de l’interdiction des minarets. Comme le note le site du quotidien suisse Le Temps le 29 novembre : « Contrairement à ce qu’avaient prédit les sondages, l’initiative contre la construction des minarets est acceptée à une large majorité, avec 57,5% des voix (résultats officiels). La majorité des cantons est acquise. Dix-neuf et demi d’entre eux sont en faveur de l’initiative, la palme revenant à Appenzell Rhodes-Extérieures (71,5%) et Glaris (68,8%). Seules exceptions, à Genève (59,7%), Bâle-Ville (51,6%), Vaud (53%) et Neuchâtel, le Non l’emporte. Le Conseil fédéral prend acte du résultat dans un communiqué qui tend la main aux musulmans. »__________Dans son éditorial « La peur et l’ignorance », sur ce site, François Modoux écrit :« L’image maudite qui colle à l’islam depuis de nombreuses années – un intégrisme religieux qui se décline dans des formes aussi choquantes que le terrorisme, la charia, la burka, la lapidation des femmes infidèles, etc. - est certes en total décalage avec la réalité de l’islam vécu par la très grande majorité des musulmans en Suisse. La campagne l’a très bien démontré, elle qui a amené les musulmans du pays à se présenter au grand jour et à s’expliquer sur leurs valeurs, lesquelles puisent à un islam européen, très éloigné d’un islam conquérant et intégriste. Mais c’est pourtant bien cette image négative de l’islam, ancrée dans les esprits de Suisses désécurisés, qui a tout emporté. »_____Le conseil fédéral a publié un communiqué stipulant qu’il acceptait le résultat et que, désormais, il était interdit de construire des minarets en Suisse et qu’il fallait prendre les craintes qui s’exprimaient au sérieux.« Les quatre minarets existants ne sont pas touchés par cette interdiction. Les mosquées et autres lieux de prière musulmans peuvent toujours être construits et utilisés en Suisse. Mme Widmer-Schlumpf souligne que la décision prise par le peuple ce dimanche ne vise que la construction de nouveaux minarets et ne constitue pas l’expression d’un rejet de la communauté musulmane, de sa religion ou de sa culture ; le Conseil fédéral s’y engagera. La paix religieuse est un élément essentiel du modèle qui a fait le succès de la Suisse. »Les Verts, pour leur part, annonçaient qu’ils pourraient saisir la Cour européenne des droits de l’homme. « Les musulmans de Suisse n’ont pas reçu une claque, mais un coup de poing en pleine figure », a déclaré Ueli Leuenberger qui s’est dit consterné par la décision du peuple suisse. C’est le résultat d’« une propagande extrêmement bien faite, qui a joué sur les préjugés ».

Il y a trois ans, dans un texte intitulé « Peut-on encore critiquer l’islam », je notais :« Car la vraie question est là. Pourquoi certains journalistes, certains éditeurs, certains intellectuels se plaisent-ils à jeter de l’huile sur le feu ? Pourquoi l’incompétence est-elle une clef pour pouvoir publier des pamphlets approximatifs, non étayés, schématiques ? Les exemples sont multiples de ces nouveaux spécialistes de l’islam intronisés par les médias. On pourrait citer, parmi d’autres, Caroline Fourest ou Mohamed Sifaoui, dont les travaux d’“enquête” sont à la vérité, pour reprendre une formule du chanteur Renaud, “ce que le diable est au bon dieu”. Il suffit de se promener dans n’importe quelle librairie pour mesurer le nombre de livres consacrés aux musulman ou à l’islam. La grande majorité sont très critiques (ce qui est parfois tout à fait légitime, quand cette critique s’appuie sur un vrai savoir). »« Le débat autour de l’islam est-il impossible ? inutile ? nuisible ? Sûrement pas. De nombreuses questions se posent sur l’islam, le monde dit musulman, à condition de toujours utiliser le “pluriel” : les musulmans sont au nombre de plus de 1 milliard, ils sont majoritaires dans une soixantaine de pays de plusieurs continents : ils vivent sous des dictatures, des régimes autoritaires, des démocraties ; ils pratiquent leur foi de manière différente et les musulmans ne se réduisent sûrement pas à une foi dont les interprétations sont multiples. »En novembre 2001, dans Le Monde diplomatique, j’écrivais un article intitulé « Islamophobie ». Nombre de lecteurs semblaient alors sceptiques face à ce concept. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et la Suisse montre à quel point l’islamophobie est désormais présente dans les sociétés européennes.Et tous nous en portons la responsabilité. Une partie de la gauche a agité le chiffon rouge de la menace islamique, pour avoir fait croire que la laïcité était ébranlée, que « nos » valeurs étaient menacées. Elle a participé, avec nombre d’éditorialistes, à la création d’un climat qui permet à la droite de triompher et aux idées du choc des civilisations de progresser.Les médias aussi qui utilisent n’importe quel prétexte, d’une burqa dans une banlieue à un foulard dans le public de l’Assemblée, pour « faire événement », pour créer les amalgames entre islam, immigration, identité nationale, délinquance et terrorisme.Désormais, il n’est plus possible de discuter sereinement des musulmans en Europe et de leur place dans notre société. Il est ironique de constater que les Suisses, par leur vote, ont infligé une terrible défaite à la raison elle-même..."

Pour la droite populiste, l'islam permet un processus de mobilisation
-Les minarets suisses se fracassent sur la démocratie directe - Coulisses de Bruxelles, UE: "on n’aime pas les musulmans en Suisse, mais on veut bien leur vendre des armes ou accueillir leurs avoirs…"
-Les minarets interdits en Suisse par votation populaire : le choc !
-L'UDC préfère "résilier" les traités internationaux que plier sur l'interdiction des minarets
-Du Bloc identitaire au FN, l'extrême droite française se concentre sur la peur de l'islam
-Au delà de l'interdiction des Minarets en Suisse
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mardi 1 décembre 2009

Travail : idées reçues

Mutations en cours

Michel Husson craint qu'en sortie de crise, la recherche de rentabilité n'accélère la précarité de ceux qui ont un emploi. Ce qu'il résume d'une formule : la généralisation du «bricolage social».
«Dans la récession, bien des dispositifs qui ont permis d'amortir le choc sur l'emploi s'apparentent à une RTT de fait : chômage partiel, baisse des heures sup. Dans la période de sortie de crise, les entreprises vont chercher à rétablir leur rentabilité en ajustant à la baisse les effectifs ou en multipliant les contrats précaires. La question qui se pose maintenant est celle de la répartition du volume global de travail : après tout, le chômage est une forme-limite de réduction du temps de travail. Il faudrait une modification radicale du mode de partage du travail (moindre durée du travail, plus d'emplois) et de la répartition des revenus (moins de dividendes, plus de salaires). Si cette modification n'est pas amorcée, on va vers un bricolage social qui va durcir toutes les tendances déjà à l'œuvre, que l'on peut résumer par un fractionnement du salariat avec une multiplication des statuts précaires, sous la double pression de la quête de rentabilité des entreprises et du rééquilibrage des finances publiques.»________A en croire Pierre Concialdi, cette précarisation est déjà à l'œuvre à travers le Revenu de solidarité active (RSA). Pour le chercheur, ce dispositif qui remplace le RMI risque de rater son but proclamé d'endiguement de la précarité via l'incitation à reprendre un travail.«Ce dispositif encourage encore davantage qu'auparavant les salariés à accepter ces emplois à temps partiel. Les premiers bilans – certes partiels – tirés de l'expérimentation du RSA confirment que ce risque existe bel et bien. Dans les zones tests où était expérimenté le RSA, les emplois retrouvés se concentrent davantage sur les temps partiels et ils sont moins rémunérateurs que les emplois retrouvés dans les zones témoins (où le RSA n'était pas expérimenté). Dans ces conditions, le risque existe que le RSA – comme les dispositifs analogues de soutien aux bas salaires du type de la PPE – ne soit pas une solution à la précarité mais, au contraire, un des éléments qui contribuent, sinon à son développement, du moins à son maintien.»

-Vers une précarité généralisée ?
-Précarité pour tous, la norme du futur
-Observatoire des inégalités
-La-bas.org - Précarité - chômage
-Vers du travail gratuit?
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-Le livre qui dynamite les idées reçues sur le travail | Mediapart:
"Dans La France du travail, passionnant ouvrage d'économie critique paru récemment (éditions de l'Atelier), les chercheurs de l'Ires (Institut de recherches économiques et sociales, créé en 1982 pour nourrir la réflexion économique des syndicats) tentent une gageure : enfoncer un coin dans ces vraies-fausses idées reçues sur le travail, l'emploi et la précarité assenées tour à tour par plusieurs décennies de crise, la normalisation idéologique de la gauche dans les années 80-90 et, plus récemment, le slogan sarkozyste du “travailler plus pour gagner plus”.________Objectif collectif : «apporter des éclairages de longue durée sur les principaux sujets du débat social» en questionnant ces «fausses évidences asssenées quotidiennement». Tout y passe : pauvreté, protection sociale, restructurations. Les analyses les plus décoiffantes concernent l'analyse du marché du travail, l'emploi et le chômage. Les auteurs démolissent ces soi-disant évidences scientifiques qui se révèlent bien fragiles une fois confrontées à la réalité des chiffres : le lien mécanique entre la croissance et l'emploi, le bilan négatif des 35 heures ou la rigidité supposée du marché du travail, etc. Entretien à trois voix avec les auteurs : Florence Lefresne, Pierre Concialdi et Michel Husson.

Idée reçue n°1 : «C'est la croissance qui crée l'emploi»
De la droite la plus libérale à la gauche de la gauche, en passant par toutes les chapelles du Parti socialiste et les centristes bon teint, voilà une certitude bien arrimée dans les esprits : pas d'emploi sans croissance, nous répète-t-on à longueur de journée. Un point de vue qu'ont aussi en partage syndicats et patronat. Pourtant, la crise nous amène à rompre avec cette «tradition keynésienne» bien ancrée, martèle Michel Husson :
«La crise conduit à réévaluer une certaine tradition “keynésienne” qui consiste à rechercher les moyens d'une croissance plus forte pour créer des emplois. Cette vision est partagée par la gauche et la droite, qui ne diffèrent (de moins en moins) que sur les politiques susceptibles de doper la croissance : relance budgétaire et salariale pour la gauche, politique d'offre (baisse du coût du travail, flexibilité, déréglementation, etc.) pour la droite. Compter sur une croissance plus forte pour résorber le chômage est une illusion. Parce que les moteurs de la croissance sont durablement cassés par la crise, et que dans le meilleur des cas on devrait, selon le FMI, revenir à une croissance de 1,5 % jusqu'en 2014. Parce que la crise actuelle a conduit à l'accumulation d'un nouveau stock de chômeurs et que la reprise sera une reprise sans emploi. Il faut donc raisonner autrement en se posant la question du contenu de la croissance, et surtout de la répartition d'une croissance durablement faible.»

D'autant que le lien entre croissance et emploi n'est pas du tout aussi clair. Michel Husson parle même d'une «illusion»... _________________«La croissance ne crée pas d'emplois à long terme. Certes, l'emploi fluctue avec la croissance et c'est bien pourquoi il plonge en ce moment. Mais ce n'est pas vrai si on gomme les fluctuations en raisonnant sur une période plus longue. Cette proposition iconoclaste peut être étayée à partir de quelques chiffres : durant les 15 années précédant la crise actuelle (1993-2008), l'emploi a augmenté en France de 15 %, pour une croissance annuelle moyenne de 2,1 %. Mais si l'on considère les 15 dernières années (1959-1974) des Trente Glorieuses, on constate que l'emploi avait moins progressé (9 % )... pour une croissance du PIB pourtant très supérieure (5,8 par an au lieu de 2,1 %). Bref, la capacité d'une économie de créer des emplois est largement indépendante de sa croissance.»_______Déconnexion assez logique, soutient Husson, puisque plus l'économie croît, plus elle gagne en productivité. Ce qui, mécaniquement, annule les effets de la croissance sur les créations d'emploi.«Le constat sur longue période est que les progrès de la productivité compensent bon an mal an l'effet de la croissance sur l'emploi. Il y a en effet un lien très fort entre les deux : la productivité soutient la croissance, et la croissance permet d'investir et d'introduire des méthodes de production plus efficaces. Si la compensation est exacte, le volume de travail (le nombre total d'heures travaillées) est constant.»____________Mais alors, si la croissance n'est pas en cause, quel est le facteur décisif de la création d'emplois ? A rebours de l'air du temps, l'économiste met en avant le rôle décisif de... la réduction du temps de travail.

Idée reçue n°2 : «La réduction du temps de travail est néfaste pour l'emploi»______Depuis le début des années 2000, la réduction du temps de travail, vantée à la fin des années 90 comme une avancée décisive, est vouée aux gémonies, à droite mais aussi à gauche. Husson en ressuscite crânement les vertus.«Si on regarde l'évolution de l'emploi dans le secteur privé depuis 30 ans (graphique ci-dessous) on constate qu'il a faiblement augmenté durant 20 ans, entre 1978 et 1997. Puis, l'emploi franchit une véritable marche d'escalier entre 1998 et 2002 qui équivaut à 1,8 million d'emplois. Depuis, la progression de l'emploi retrouve un rythme moins rapide, et la récession a déjà annulé toutes les créations d'emplois depuis 2002. Dans cette progression, le fait majeur est évidemment la réduction de la durée du travail.»__________Selon l'économiste, on peut évaluer à 500.000 le nombre d'emplois créés par le passage aux 35 heures sous le gouvernement Jospin. Des emplois «pérennes», qui ont résisté au retournement conjoncturel du début du XXIe siècle : «Sur l'ensemble du XXe siècle, on ne trouve aucune période aussi courte associée à une telle progression de l'emploi. Sur les 2,7 millions d'emplois créés dans le secteur privé depuis 1978, les deux tiers (64 %) l'ont été sur la période 1997-200________Ces faits devraient faire réfléchir tous les économistes. Or ils ont plutôt tendance à le relativiser, avec deux arguments. D'abord, ils évoquent la croissance. Certes, elle a certes aidé, mais l'explication est un peu courte : à cette époque, beaucoup plus d'emplois n'ont été créés que durant la reprise de la fin des années 1980, reprise qui était d'ailleurs plus marquée. Autre argument : ces créations d'emplois seraient l'effet différé des baisses de cotisations sociales de la période précédente (1993-1997). Mais on ne comprend pas pourquoi il aurait fallu attendre si longtemps pour en voir les effets! Et puis, si les 35 heures ont été une catastrophe économique à cause du renchérissement du coût du travail (ce qui est par ailleurs factuellement faux), comment expliquer que cela n'ait pas pesé sur l'emploi ? L'estimation économétrique conduit à dire que la RTT a créé 500 000 emplois. Mais l'important est que ces emplois se sont révélés pérennes : ils ont résisté au retournement de conjoncture, contrairement aux cycles précédents. L'acquis de cette période représente alors environ 1,8 million d'emplois.»______La réduction du travail serait donc encore une idée neuve? Oui, soutient Michel Husson :«Si le discours sur le caractère néfaste de la RTT peut dominer, ce n'est donc pas en raison de son bilan-emploi, mais plutôt à cause des modalités pratiques du passage aux 35 heures : intensification du travail, annualisation, gel des salaires, non-création d'emplois compensatoires dans le secteur public.»...
Idée reçue n°3: Le marché serait trop rigide
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Idée reçue n°4: Le coût du travail est trop élevé
Or il a surtout contribué à augmenter les dividendes des actionnaires...].... (M.Magnaudeix)