Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

samedi 13 septembre 2014

Au fil du net

*  Même Standard and Poor's s'inquiète de la hausse des inégalités aux USA

*  Mario Draghi: pour une ouverture? 
                                                    Il a aussi fait le constat alarmant d'une dangereuse baisse des perspectives d'inflation et de la relative impuissance de la Banque centrale européenne à combattre l'atonie des prix. Mario Draghi a beau avoir ouvert à fond le robinet du crédit bancaire, le flot de liquidités n'irrigue pas l'économie, notamment faute de demande de la part des ménages et des entreprises.

*  Arabie saoudite: l'arroseur arrosé.

*  Gaza: vers un compromis, après les critiques israëliennes? (1)
             Fils de la mort - 
                                  Perspective historique du massacre de Gaza de 2014
                 Contestation dans l'air.Témoignages (et ici).

Montebourg:  politique du contretemps? 

* USA:  une fusillade par semaine dans les écoles américaines
                        Les armes automatiques ne sont pas des jouets pour enfants
      Le poids des lobbies.

*  Fukushima: ce qui est prévu et ce qui ne peut encore être chiffré
                            Fukushima: trois ans après.

*  Mutti et les psychologues

*  Gaz : l’Allemagne sous perfusion russe 

*  Le FN n’est pas aux portes du pouvoir

*  Fukushima: trois ans après...
          La gestion de la catastrophe
     Hier, aujourd'hui, demain... 
___________________
- Images de sécheresse aux USA
- Voyage autour de la terre
- Revue de presse du 13/09/2014
____________ 

vendredi 12 septembre 2014

"J'aime l'entreprise"...

 ...Disait-il devant un patronat enthousiaste...
                                                              ...  Ou plutôt devant un Medef admiratif, car le Medef et ses représentants actuels ne représentent pas l'ensemble et la diversité du monde de la production et des services...
         Divine surprise:  Rien à dire, il est meilleur que la droite...commenta-t-on dans les rangs. Ou encore: Un discours clair, courageux et historique ». « Avec dix ans de retard, la France tient son Schröder et son Tony Blair ! »  
     La profession de foi naïve et tardive de néo-converti de notre néo-premier ministre prête à sourire.
Qui ne considère les entreprises comme  créatrices de valeur?
    Mais il faudrait préciser...Quelles entreprises? Dirigées comment? Avec quels objectifs? Pour quoi faire? Avec quelles règles?
   Comme disait Martine Aubry, " «J'aime l'entreprise, quand elle fait de l'entreprise, quand elle fait de l'économie, quand elle crée des richesses, quand elle investit sur l'avenir, quand elle fait de la recherche, quand elle forme ses salariés. J'aime l'entreprise sous toutes ses composantes.»
L'entreprise qu'elle apprécie, a-t-elle insisté, c'est celle «de l'économie et pas de la finance». «Malheureusement, aujourd'hui, je n'ai pas l'impression que ce soit l'état d'esprit du Medef, puisqu'il ne répond pas, y compris à des textes qu'il a signés avec le Premier ministre sur le pacte de responsabilité», a-t-elle déploré, avant de conclure : «Il faut les appeler eux aussi à respecter leur parole, c'est comme ça que de plus en plus de Français aimeront l'entreprise

  Voilà qui est dit de manière modérée, mais avec bon sens.
          On se croirait revenu au culte béat déjà développé dans les années 85, où on ne jurait que par l'entreprise, sans nuance aucune, quand Tapie et JM Messier étaient passés au rang de saints-patrons, de superstars de l'économie...
      On a envie de dire bienvenue au "French New Labour"!
             " Le jour même, remarque JFK, où Manuel Valls proclamait son amour de l'entreprise au Medef, Pierre Gattaz, lui, exigeait que l'on dépasse le « donnant-donnant ». En clair, cela signifie que l'on ne saurait demander aux entreprises des comptes sur les prêts de 41 milliards d'euros que la collectivité s'apprête à leur octroyer. Car aujourd'hui sur les 700 branches professionnelles que compte notre marché du travail, seules deux ont conclu un accord avec les syndicats sur l'utilisation de ces fonds ! On finit par se pincer pour rêver : d'un ministre du Travail qui sifflerait la fin de la récré pour les récalcitrants en suspendant les aides aux patrons qui ne jouent pas le jeu, d'un Premier ministre qui rappellerait aux employeurs indélicats l'ampleur de l'effort que la nation leur accordent et du soin qu'il convient d'apporter à leurs salariés parfois licenciés, alors que ces aides sont redistribuées sous forme de dividendes... 
     Le pacte de solidarité, ce miroir aux alouettes, est bien mal parti. La cogestion, dans ces conditions, est un mythe.
 ___Pour Philippe Frémeaux, le pacte passe à côté de ce qu'il considère comme le problème-clé, à savoir la nécessité de mener une politique de relance.
___Christian Chavagneux estime quant à lui que baisser les cotisations sociales pour obtenir de l'emploi est un « marché de dupes », pour des raisons qui rejoignent l'analyse de Philippe Frémeaux, à savoir que la baisse des cotisations est une « mesure sur l'offre » et n'aura aucune conséquence sur la demande.
___Michel Husson, du collectif « Les économistes atterrés », affirme : « Dans ce genre de pacte, il y a toujours une dissymétrie entre les concessions, très précises, faites au patronat et les engagements complètement flous de ce dernier »
               C'est le retour de la  pensée unique ou l'expression d'une absence de projet qui fait feu de tous bois, par tâtonnements successifs. Le modèle libéral devient l'unique boussole, à l'heure où l'Etat est colonisé par les forces financières.
   Une autre voie est possible, pense la modérée Dominique Meda.
          Confusion et amateurisme sont devenus le quotidien:
" A quelques jours de la présentation du projet de loi de finances pour 2015, qui interviendra le 1er octobre, le gouvernement s’est livré à un exercice inédit. Il a admis, même si c’est à demi-mot, que sa politique économique conduisait tout droit à l’échec. Donnant implicitement raison à tous ceux qui depuis des mois dénoncent les effets récessifs induits par l’austérité et les effets d’aubaine des cadeaux aux entreprises, il a été dans l’obligation de reconnaître que toutes les prévisions économiques de Bercy, sur la croissance, les déficits ou l’inflation, devaient être revues. Toutes dans le mauvais sens....
  Michel Sapin est venu implicitement confirmer que la France, comme le reste de l’Europe, était confrontée à un grave danger, celui de la déflation. Le ministre a donc révisé la prévision d’inflation pour 2014 à seulement 0,5 % et 0,9 % en 2015.
Il y a quelque chose de confondant dans ces révisions des prévisions économiques. Car, de longue date, le gouvernement avait été prévenu que sa politique économique n’était pas la bonne et qu’elle conduirait à moins de croissance et plus de déficits. Or, c’est très exactement ce scénario qui est à l’œuvre. De nombreuses alertes ont été adressées au gouvernement depuis 2012, et auxquelles ce dernier, prisonnier de la doxa libérale à laquelle il s’est ralliée sitôt passée l’élection présidentielle, n’a jamais voulu prêter attention. Avec entêtement, il a même aggravé ces erreurs...
  dès le 6 juillet 2012, l’économiste de l’OFCE Xavier Timbeau tire la sonnette d’alarme dans un entretien prémonitoire avec Mediapart (lire Xavier Timbeau (OFCE) : « C’est l’escalade vers la catastrophe »). Avec le recul, ce que dit cet expert prend une forte résonance. Car, quand il prend la parole, le 6 juillet 2012, la gauche socialiste n’est au pouvoir que depuis quelques semaines. Et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n’a fait que prendre de premières mesures budgétaires d’économie. À l’époque, on est encore très loin du plan d’austérité de 50 milliards.
Avec le recul, il est utile de relire ce que disait cet expert : il expliquait que dans une période de stagnation ou même de récession, il était aberrant de conduire une politique restrictive car cela conduirait à casser toute possibilité de reprise. Il expliquait qu’une politique qui chercherait en priorité à réduire les déficits publics à marche forcée dans cette période de conjoncture dépressive serait radicalement contre-productive : cassant la croissance, elle conduirait à tarir les rentrées de recettes fiscales et sociales. En clair, prévenait-il, c’est une politique qui « s’auto-annule ». « On est dans un processus à plusieurs étapes : dans un premier temps, on annonce un peu plus d'austérité ; et puis on dit : “Ah! c'est pas de chance ! Il y aura moins de croissance que prévu ; il faut donc que l'on soit un peu plus dur" ; et ainsi de suite…On est dans un processus où l'objectif s'éloigne au fur et à mesure que l'on cherche à s'en rapprocher. C'est la logique à l'œuvre au niveau français, comme elle l'est au niveau européen », expliquait Xavier Timbeau....
       Que pouvait-on attendre de plus  d'un PS sans boussole, d'un Président louvoyant sans projet?
             La porte de sortie est problèmatique, pour rester dans la litote, ici comme ailleurs.
 Un “New Deal européen s'impose.
                                         Ce n'est pas la nouvelle équipe de Junker qui va aller dans ce sens... 
________
Merci à Chimulus
_____________

jeudi 11 septembre 2014

Un mal étrange

 Un mal qui répand la terreur...
                                                    Pire que la peste!
  Il faut le vivre pour pouvoir en parler.
         Un mal qui vient de loin...sur lequel la volonté n'a que peu de prise. La phorophobie...
   Tout petit déjà, je pâlissais à la vue d'un képi, de la casquette du facteur ou du chef de gare.
      Il a fallu me contraindre pour entrer en CP. Je traînais les pieds.
 L'école me terrorisait. L'instituteur faisait partie de mes cauchemars.
     Toute perspective d'examen me nouait les entrailles.
Pour mon service armé, j'ai franchi à reculons la porte de la caserne et j'évitais les gradés autant que je pouvais. Les galons m'épouvantaient.
    Tout ce qui me poussait en dehors du cocon familial me causait une angoisse indicible.
 Le jour de mon mariage tant redouté, j'ai bafouillé devant un maire un peu désemparé.
     Entrer dans un  bureau de poste pour acheter des timbres me demande encore un effort inouï.
Toute démarche administrative me donne des boutons.
    Un passage en préfecture me fait blémir et perdre mes moyens.
Quand je croise le maire de ma commune ou l'un de ses agents, je change de trottoir en baissant les yeux.
    Une simple visite médicale renforce mes symptômes. Mon médecin s'interroge toujours sur mes tremblements.
La clinique me panique
           Malgré mes scrupules et mon honnêteté reconnue, il m'est même arrivé d'oublier de payer mon loyer.
    La simple vue d'un formulaire me glace le sang.
          Mais par dessus tout, le simple fait de penser à mon percepteur me terrorise.
La feuille d'impôts est ma hantise.  Je la remplis toujours la veille de l'échéance, la peur au ventre, y passant des heures interminables, avec la crainte permanente d'oublier une pièce essentielle.
     Le plus dur (qui dira combien j'ai souffert!), ce fut d'aller un jour à l'hôtel des impôts pour réparer un oubli signalé:une prime de 50 euros non reportée sur ma déclaration.  Il faut dire que la peur affecte sérieusement ma mémoire. (*)
J'en tremblais et je  perdais ma voix. C'était si  sérieux que je dus prendre un repos de quelques jours.
     Je sais, c'est con, mais c'est comme ça. J'ai beau me raisonner, croyez-moi, c'est dur! Personne ne me comprend, même mes proches. En matière de pathologie, la condamnation n'est pas de mise.
                                          Ce mal porte un nom, je viens de l'apprendre de la bouche même d'un compagnon de souffrance, n'en déplaise à certains spécialistes médiatiquues  mal informés: 
                                                                       "phobie administrative" 
                          ____ Je sais maintenant que je ne suis pas le seul à souffrir de  cette pathologie funeste, cette maladie virale . Merci Thomas!
                                                            Cela me soulage (un peu)...☺

(*) On peut maintenant faire un déclaration de phobie administrative
_____
- Relayé par Agoravox
__________

mercredi 10 septembre 2014

L' OTAN en question

Pourquoi l'OTAN?
                                 La question ne peut pas ne pas se poser quand on repense à son acte de naissance, à ses missions premières d'après-guerre, à ses interventions diverses depuis une vingtaine d'années.
   Aujourd'hui, l'organisation apparait pour le moins comme un pur anachronisme et ses objectifs initiaux ont changé complètement.
     Les critiques n'ont pas manqué à son égard notamment lors de ses interventions au Kosovo, en Lybie (1), en Afghanistan et ailleurs...(2)
    Aujourd'hui, pour l'Ukraine, dont la situation est loin d'être claire et où les responsabilités semblent bien partagées, elles divisent, même en Allemagne.
     Klaus Hornung  en témoigne
          Il fut un temps où le Général de Gaulle décida de quitter cette organisation pour retrouver l'exercice de la souveraineté du pays.       Pour Paul Marie de la Gorce, L'OTAN, représentait clairement un instrument de l'hégémonie américaine:
                Après la fin de l'Union Soviétique et du Pacte de  Varsovie,"...l’Alliance atlantique et son organisation militaire continuèrent à fonctionner sans changement. La fin de la guerre froide aurait pu remettre en cause, sinon l’existence de l’alliance, du moins son fonctionnement, puisque sa raison d’être, toujours invoquée par les gouvernements occidentaux, était de faire face à une menace - réelle ou supposée - venant du camp de l’Est. Or ce camp n’existait plus. Pourtant, aucun des gouvernements européens n’a paru vouloir, à cette occasion, reprendre plus de liberté d’action. Tous, au contraire, se sont déclarés en faveur du maintien de l’OTAN, et même du renforcement de ses structures politiques et militaires. Les Etats-Unis, de leur côté, tout en retirant une part substantielle de leurs forces déployées jusque-là en Europe, ont tenu à maintenir une organisation qui assure leur prépondérance politique et stratégique sur le théâtre européen. Ils ont renforcé l’intégration des forces qui en dépendent, et ont obtenu qu’elles puissent intervenir hors de l’aire géographique constituée par le traité de l’Atlantique nord...."
       Au coeur de la  nouvelle stratégie militaire des Etats-Unis, l'Otan devait jouer un rôle de supervision, de contrôle, de meneur de jeu:
     On prête à Lord Ismay, premier secrétaire général de l’OTAN, la citation suivante concernant le rôle de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord : « Garder les Américains à l’intérieur, les Russes à l’extérieur et les Allemands en-bas. »  Cette phrase illustre la fonction duale de l’alliance militaire. Si celle-ci se présentait uniquement, durant la Guerre froide, comme un moyen d’assurer la sécurité de l’Europe occidentale contre la menace soviétique, cette organisation fut également la structure au travers de laquelle Washington put peser politiquement en Europe sur ses vassaux européens. Cette ingérence politique états-unienne s’embarrassa rarement de scrupules et passa même parfois par des méthodes douteuses. (Notamment en Italie: voir le rapport Andreotti) 
   Le 1er juillet 1991, l’auto-dissolution du Pacte de Varsovie, pendant de l’OTAN dans le Bloc de l’Est, mettait fin à la raison d’être officielle du traité de l’Atlantique Nord. Pourtant, aujourd’hui, l’OTAN existe toujours et est même dans une phase d’extension. Comprenant 12 membres lors de sa création le 4 avril 1949  et 16 membres lors de la dissolution du pacte de Varsovie, l’alliance atlantique en compte désormais 26..."
                   Zbigniew Brzezinski dans Le grand échiquier : L’Amérique et le reste du monde, avouait clairement les objectifs généralement occultés:
     «A court terme, il y va de l’intérêt des Etats-Unis de consolider et de préserver le pluralisme géopolitique qui prévaut sur la carte d’Eurasie. Par le biais de manœuvres politiques et de manipulations, on pourra ainsi prévenir l’émergence d’une coalition hostile qui pourrait chercher à contester la suprématie des Etats-Unis, ce qui n’empêcherait toutefois pas un Etat donné d’imaginer de le faire lui-même. (p. 253s.)
[…] L’élargissement de l’Europe et de l’OTAN serviront les objectifs aussi bien à court terme qu’à plus long terme de la politique américaine. Une Europe plus vaste permettrait d’accroître la portée de l’influence américaine – et, avec l’admission de nouveaux membres venus d’Europe centrale, multiplierait le nombre d’Etats pro-américains au sein des conseils européens – sans pour autant créer simultanément une Europe assez intégrée politiquement pour pouvoir concurrencer les Etats-Unis dans les régions importantes pour eux, comme le Moyen-Orient. Il est également essentiel pour l’assimilation progressive de la Russie dans un système de coopération mondiale que l’Europe soit bien définie sur le plan politique.» (p. 255)
                           Il serait temps que l'Europe, en état de minorité,  s'émancipe et trouve la voie d'une véritable politique étrangère autonome et d'une force commune, en sortant de l' OTAN.
         Mais ce serait  aller à l'encontre de ce pour quoi elle a été créée.
  Non seulement l'Otan, qui a ses maillons faibles,   ne fonctionne pas, mais il va toujours dans le même sens...
                          La renaissance de l’ONU est la seule solution au chaos du monde.
__________________


mardi 9 septembre 2014

Dictature de l'urgence

Il y a urgence....à ralentir 
                                          La vitesse est devenue une dimension de la production de masse depuis le fordisme, un facteur de productivité, donc de richesse, un aspect de l'organisation du travail et des loisirs, un mode de vie.
  Nous sommes devenus  prisonniers et malades de la vitesse.
           Gagner du temps, même la finance s'y met: pour le trading haute fréquence, cette guerre 2.0, la milliseconde compte. Un jeu dangereux, comme dit Krugman.
   Il est temps de trouver les conditions de rephasage entre notre vie et nos activités qui tendent à s'emballer.
         L'ébauche d'un autre monde commence à s'organiser, contre cette compression du temps qui n'est pas sans conséquences sur la vie sociale et économique, cette " course effrénée aux profits ­immédiats et ses conséquences sur la planète et sur la ­société tout entière. Un monde soumis aux serveurs informatiques et aux algorithmes, qui échappent à tout contrôle, dont l’espace temps n’est plus celui des hommes mais celui des ordinateurs. Un secteur financier qui ne bénéficie qu’à quelques personnes dans le monde. A l'image de l'Américain Thomas Peterffy, fondateur et président d'Interactive Brokers, une entreprise située dans le Connecticut. Ce malin, milliardaire et cynique programmeur informatique, pour qui « le capitalisme reflète la nature intrinsèque de l’Homme », est persuadé que ce modèle ne s’écroulera jamais. « Celui qui aura les meilleurs logiciels aura les meilleures chances de l’emporter sur les autres. »
         L'immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. « Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? » interroge le réalisateur Philippe Borrel  dans son dernier film, L’urgence de ralentir. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux ». Directement pointés du doigt, les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate.
       Illustration de cette accélération financière et technologique: le trading haute fréquence dans lequel les algorithmes ont remplacé les hommes. « Le marché est un serveur mettant en relation des acheteurs et des vendeurs qui sont désormais des algorithmes, relate Alexandre Laumonier, auteur de 6. Un ordre est exécuté au New York Stock Exchange en 37 microsecondes, soit 1350 fois moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil... » Le rythme est désormais dicté par les machines. « Celui qui compressera le temps le plus rapidement possible gagnera la partie », assène le sociologue Douglas Rushkoff. A moins que les catastrophes écologiques, économiques et sociales annoncées ne prennent les devants...
    Le court-termisme et la financiarisation de l'économie sont potentiellement destructeurs des fondamentaux de l'économie elle-même.
         " La logique de rentabilité et de compétitivité, propre à l’activité économique (« la concurrence ne dort jamais »), s’étend à tous les domaines de la vie. Le temps libre, d’autant plus précieux qu’il a été gagné, doit lui aussi être géré efficacement ; mais cette réticence à courir le risque de le dilapider a de lourdes conséquences. Il en résulte un handicap qui, pour le coup, est également partagé du haut en bas de l’échelle sociale : « Pas plus que l’exploiteur, l’exploité n’a guère la chance de se vouer sans réserve aux délices de la paresse », écrit Raoul Vaneigem. Or, « sous l’apparente langueur du songe s’éveille une conscience que le martèlement quotidien du travail exclut de sa réalité rentable » . Rosa ne dit pas autre chose : selon lui, si l’on veut reprendre la main sur le cours de l’histoire individuelle et collective, il faut avant tout se dégager des « ressources temporelles considérables » pour le jeu, l’oisiveté, et réapprendre à « mal » passer le temps.
Ce qui est en cause, ajoute-t-il, c’est la possibilité de « s’approprier le monde », faute de quoi celui-ci devient « silencieux, froid, indifférent et même hostile » ; il parle d’un « désastre de la résonance dans la modernité tardive ». La chercheuse Alice Médigue, elle aussi, identifie un « phénomène de désappropriation » qui maintient le sujet contemporain dans un état d’étrangeté au monde et à sa propre existence . Avant le règne de l’horloge — que les paysans kabyles des années 1950, rapporte Pierre Bourdieu, appelaient « le moulin du diable » —, les manières de mesurer le temps reliaient d’ailleurs naturellement les êtres humains à leur corps et à leur environnement concret. Les moines birmans, raconte Thompson, se levaient à l’heure où « il y a assez de lumière pour voir les veines de la main » ; à Madagascar, un instant se comptait à l’aune de la « friture d’une sauterelle »
Parce qu’elle plonge ses racines très profondément dans l’histoire de la modernité, la crise du temps ne se satisfera pas de solutions superficielles. D’où la prudence avec laquelle il faut considérer des initiatives comme le mouvement européen slow — « lent » : Slow Food pour la gastronomie , Slow Media pour le journalisme, Cittaslow pour l’urbanisme… Aux Etats-Unis, le penseur Stewart Brand supervise dans le désert du Texas la construction d’une « Horloge du Long Maintenant » censée fonctionner pendant dix mille ans et redonner ainsi à l’humanité le sens du long terme. Le projet perd toutefois de sa poésie lorsqu’on sait qu’il est financé par M. Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon : on doute que ses employés, obligés de cavaler toute la journée dans des entrepôts surchauffés, y puisent un grand réconfort existentiel..."
      Immense défi que celui qui consiste à s'abstraire de la tyrannie du court-terme, qui est un aspect de la crise que nous vivons, anthropologique autant qu'économique.
___________

lundi 8 septembre 2014

Peopolitique d'aujourd'hui

Autant en emporte le vent...
                              Comme feuilleton de fin d'été, on pouvait attendre mieux  que ce Harlequin à l'Elysée.
        En parler ou ne pas en parler?.. On en parle.
 Des libraires ne lui disent pas merci 
   Des libraires, eux, en ont parlé, à leur manière, non sans humour, quitte à perdre quelques euros.
      La meilleure réponse à cette non-oeuvre,  c'est pour eux  silence et dérision.
    Un non-livre donc. Un livre dont on peut se passer. La rentrée littéraire offre d'autres trésors...
        N'est pas Flaubert qui veut
              Madame Bovary résiste au temps
                 Madame T.. sera oubliée demain.
.           La mauvaise littérature de gare attire aussi ceux qui s'en défendent publiquement " Selon les informations du Journal du dimanche, dans son édition du 7 septembre, le maire de Bordeaux et candidat déclaré à la primaire UMP aurait acheté discrètement le livre de Valérie Trierweiler «Merci pour le moment», alors qu'il déclarait samedi, lors de l'université d'été des jeunes UMP à la Baule, ne pas avoir l'intention de le lire. «Non, il y a mieux à faire», avait-il alors répondu, selon le Lab politique d'Europe 1. Il aurait fait ouvrir les portes de la librairie Mollat, un peu avant l'horaire habituel pour se procurer l'ouvrage....
.       La peopolitique d'alcôve est de retour, après les romances sarkoziennes largement étalées et le peplum DSK aux rebonds nauséabonds.

  Le Président (qui a toutes ses dents!) n'a pas, dit-on, apprécié les attaques vipérines de la journaliste (?) de Paris-Match, dont les charmes l'avaient naguère séduit. Ah, les relations souvent incestueuses entre politique et journalisme!
Fallait pas y aller... ou être plus discret. Sans certaines règles, la fonction présidentielle est écornée et perd sa nécessaire distance, sa dignité institutionnelle.     Vie privée (légitime) et vie politique doivent être séparées. Cela allait de soi pour De Gaulle. Mitterand savait encore rester discret. Le grand Franklin Roosevelt eut une liaison, jamais étalée, avec sa secrétaire Lucy Mercer, au grand dam d'Eleanor, qui l'aida cependant à accomplir une grande oeuvre et le soutint dans sa maladie.
    Le déballage romancé élyséen donne la nausée.
L'hypocrisie publique aussi, qui condamne et salive. Serait-on passé de l'état de grâce (?) au coup de grâce, par une pseudo-thérapie à ciel ouvert?...
                Ce qui pose problème, c'est l'intérêt ambivalent que nous portons à cette affaire, le voyeurisme ambiant, qui a autorisé Madame à se livrer sans décence, sûre du succès commercial, dans le contexte marécageux de la politique-spectacle et des ses aléas plus ou moins croustillants. 
       Comme le dit le sociologue Christian  Salmon, nous sommes entrés dans le jeu pervers de la peopolisation des responsables politiques, voulus et subis par eux depuis les années 70-80, et  sommes devenus des crapules romanesques 
       " L'engouement provoqué par la publication du livre de Valérie Trierweiler en est un symptôme navrant. La descente aux enfers de F. Hollande est aussi celle de tout un système de représentation. "Le roi est nu" mais l'image du roi se décompose sous nos yeux dans les flammes d'une dévoration médiatique. Mais ces flammes éclairent aussi nos visages captivés par l'attente de la fin.
         « Nous sommes des crapules romanesques », écrivait Pierre Michon à propos des lecteurs. On pourrait en dire autant des électeurs, c’est à dire de nous mêmes. Nous feignons de nous intéresser à la Crise, à la Dette, au Chômage, alors que nous sommes assoiffés d’histoires, de héros et de méchants. Nous nous vautrons dans les feuilletons politiques qui n’ont d’autre but que de nous tenir en haleine. Nous suivons les campagnes comme une succession d’épisodes intrigants, un reality show permanent dont les sondages et l’audimat mesurent le succès. Nous exigeons du suspense, des coups de théâtre. Nous revendiquons notre part d’émotion. Nous sommes tous des Bovary du bulletin de vote, avides de « fausse poésie et de faux sentiments ».  Nous, le Peuple romanesque…
Les hommes politiques sont devenus des personnages de notre imaginaire quotidien, des figures éphémères de nos démocraties médiatiques. Ce sont nos présidents. Leur victoire est la nôtre. Leur folie est la nôtre. Nous les habillons et les déshabillons comme des avatars de «Second Life» ou des personnages de « Playmobil ». Nous consommons nos présidents et nous les jetons après usage…
Tous les sondages le démontrent. Nous n’avons aucune illusion sur leur capacité à dompter la crise, ce que nous leur demandons, c’est d’incarner une intrigue capable de nous tenir en haleine. Bien plus que de notre confiance ils doivent se montrer dignes de notre attention, à la hauteur de leur histoire.
Elizabeth Drew, la biographe de Bill Clinton, observe que « sa volonté délibérée de démystifier la fonction présidentielle finit par lui porter tort. Ses efforts frénétiques pour « se montrer proche des gens », « pour être accessible », pour populariser la présidence ont fini par démystifier la fonction. Selon ses conseillers, il était si connu que, lorsqu’il passait à la télévision, les gens dans les aéroports ne s’arrêtaient même plus pour le regarder.» Bill Clinton qui est allé jusqu’à confier sur MTV qu’il portait des slips plutôt que des caleçons, fut sans doute le premier à subir les effets corrosifs de cette hypermédiatisation.
A lire ses biographes, « tout semblait disproportionné chez Bill Clinton, voire pathologique et corroborait sa nature excessive ». Edith Efron, une journaliste du magazine libertarien Reason ira jusqu’à diagnostiquer chez lui des troubles cognitifs dans un article intitulé: «Le président peut-il penser? » de la même manière qu’un hebdomadaire français s’interrogeait en novembre 2007 : «Sarkozy est-il fou ?»
Clinton est qualifié par ces biographes d’hypermnésique comme le sera Sarkozy. Il a des besoins sexuels insatiables comme DSK ou Berlusconi. Il ne mange pas, il dévore. Lit plusieurs livres par nuit. L’exhibition du corps présidentiel s’effectue sous le signe de la dépense, de  l’excès, de la dévoration. Il doit sans cesse se mettre en danger. Transgresser les limites de sa fonction. Non par vain masochisme ou selon la trop fameuse conduite d’échec que les psychologues de la téléréalité politique affectionnent mais par une nécessité dramaturgique à laquelle sont soumis les hommes politiques. La vie politique doit s’ordonner comme un feuilleton intriguant, une succession d’épisodes propres à capter l’attention. Diane Rubenstein, l’auteure d’un essai sur les présidences américaines, a identifié dans les biographies de Bill Clinton, ce qu’elle appelle, une «pathographie» présidentielle liée à « la télé présence du président soumis au confessionnal quotidien des interviewers, à la fausse intimité des talk show, et à une tendance à l’hyperbole des magazines».
       La présidence, n’est plus le lieu du pouvoir, mais la scène des symptômes et des passions humaines. « La présidence est devenue un pur objet de fantasmes écrit Diane Rubenstein. Le président est moins un symbole ou un signe, qu’un lieu de projections de nos désirs contradictoires». Notre « projecteur en chef » disait Mark Crispin Miller de G.W. Bush. Et, Frank Rich, l’ex chroniqueur du New York Times à propos de Clinton: «Sa schizophrénie est la nôtre».
Nous voulons des récits intimes, des surprises, des coups de théâtre. De l’intime « Just in time ». Pas de temps mort. De l’émotion à flux tendu.
L'objectif des communiquants politiques est de synchroniser et de mobiliser les émotions. Voter c’est acheter une histoire. Etre élu, c’est être cru. Gouverner, c’est maintenir le suspense, appliquer ce qu’un universitaire américain a appelé la «Stratégie de Shéhérazade». Les détails nauséeux sont appréciés. Une certaine vulgarité de ton est encouragée ; elle authentifie les aveux. Ombre et lumière. Grandeur et décadence. Transgression et repentances. De l’affaire Lewinsky à celle de Nafissatou Diallo, des soirées "bunga bunga" de Berlusconi aux partouzes tarifées du Carlton de Lille, ce n’est pas la dépravation des individus seulement que met en lumière la chronique judiciaire, c’est un idéal type: l’expérimentation de soi soit être menée « jusqu’à la fracture».  La surexposition médiatique jusqu’à la dévoration. Le corps des puissants livré à la voracité des médias et des audiences fait le chemin inverse de celui décrit pas Ernst Kantorowicz ou Louis Marin, une désymbolisation accélérée, une démystification inexorable, au travers d’une exhibition médiatique dont la « Perp walk » de DSK serait la scène sacrificielle. Faire défiler devant une cohorte de journalistes, de caméras et de photographes, le directeur du FMI, menottes aux poings, celui que les médias s’obstinaient à appeler « l’homme le plus puissant de la planète », et qu’ils se complaisaient à décrire comme le futur président de la république française, ne peut pas ne pas signifier au delà de la mise en accusation d’un homme, la déchéance de tout un système de représentation. De l’incarnation de la fonction, on est passé à l’exhibition de la personne. Du caractère sacré de la fonction à sa profanation. L’exercice de l’Etat a perdu sa dimension sacrée pour revêtir une portée sacrificielle.
« C’est un immense pas vers la fin du système représentatif, écrivait Jean Baudrillard dans l’un de ses derniers textes, Et ceci est la fatalité du politique actuel – que partout celui qui mise sur le spectacle périra par le spectacle. Et ceci est valable pour les « citoyens » comme pour les politiciens. C’est la justice immanente des médias. Vous voulez le pouvoir par l’image ? Alors vous périrez par le retour-image. »
 (Extraits de La Cérémonie Cannibale (Fayard, 2013)

mardi 26 août 2014

Lectures de tranchées

    Et pourtant ils lisaient...
                                       Dans les tranchées, à l'arrière. 
                     Partout où ils pouvaient.
         Malgré les conditions souvent décrites par Barbusse, Genevoix, Jünger, et les autres, malgré le froid, la pluie, la maladie, la vermine, la faim, les 800 morts en moyenne par jour pendant de si longues années.
       Dans ce désastre mangeur d'hommes, usant et démoralisant, le désoeuvrement passager ou durable, l'éloignement des proches, à quoi se raccrocher?
        Dans la guerre au quotidien, pendant les périodes d'attente ou de repos, dans ces combats de position épuisants, on ne faisait pas qu'écrire (parfois journellement) et lire le courrier.
          L'Etat-major y veillait, pour le moral, régulièrement mis à mal par le feu et l'assaut, souvent inutile.
     Il fallait bien tuer l'ennui, oublier un peu la mitraille, faire mentalement quelques parenthèses dans cette boucherie inédite, retrouver un mince contact avec le monde extérieur.
            Ils lisaient énormément, moins analphabètes qu'on le croit. Des journaux tiraient en 1900 à plus de quatre millions d'exemplaires. Un adulte sur deux lisait un journal.
                   Ils lisaient tout ce qui pouvait tomber entre leurs mains, journaux et feuilletons, livres d'aventures ou patriotiques (comme Nos diables bleus), mais pas toujours. Certains osaient une littérature moins conventionnelle.
       C'était  si facile à emporter et à prêter, un livre.
          Malgré les contrôles (imparfaits, même en 1917), la propagande de guerre véhiculée par la presse recommandée qui s'autocensurait le plus souvent, comme le Petit Parisien, sauf quand quelques Albert Londres décrivaient sans fard la réalité de Verdun, tout, ou presque, pouvait arriver jusqu'aux premières lignes, même le Canard enchaîné. Sauf Jaurès
       Entre 1914 et 1918, 450 journaux, parfois éphémères, sont nés dans les tranchées, comme Le Canard du Biffin.
          On bricolait aussi, en dehors des tâches imposées, on sculptait parfois, on dessinait, naïvement ou savamment.
        La caricature de l'ennemi devenait de moins en moins crédible au cours du temps.
             La lecture n'eut aucun pouvoir subversif. Elle fut juste récréative, si l'on peut dire, du moins pour ceux que les événements dépassaient, noyés dans le séisme. La superficialité anecdotique, la censure, le conformisme militaire, l'unanimisme patriotique, la peur rendaient toute colère, toute contestation de la guerre, parfois éruptive, marginale, intime et secrète. 
          Le harassement submergeait tout. Survivre devenait le plus souvent la hantise dominante.
    _____
    * Les carnets de guerre de Louis Barthas 
    * Le blog de guerre de H. Flamant
    * Vivre et mourir dans les tranchées
    * C'était l'époque des moissons
    _________________












































    Barbier dans une tranchée française, source Wikimedia Commons

    Le feu , les liaisons dangereuses, Gaspard, le Petit Parisien (voir ici le numéro appelant à la mobilisation) ou le Canard Enchaîné  sont les livres et les journaux qui ont accompagnés les poilus (les deux tiers de la population masculine adulte de la France) dans les tranchées.
    - See more at: http://www.bu.univ-rennes2.fr/blog/09-06-2014/lectures-de-poilus-1914-1918#sthash.cNVhrpeL.dpuf
    Berger Levrault crée en 1915 la collection Bibliothèque des poilus les auteurs célèbres au bivouac  : ouvrages bon marchés facilement transportables par les soldats.
    Voir la liste des journaux des tranchées en ligne numérisés par la BDIC.
    - See more at: http://www.bu.univ-rennes2.fr/blog/09-06-2014/lectures-de-poilus-1914-1918#sthash.1eWQpiQS.dpuf
    Berger Levrault crée en 1915 la collection Bibliothèque des poilus les auteurs célèbres au bivouac  : ouvrages bon marchés facilement transportables par les soldats.
    Voir la liste des journaux des tranchées en ligne
    - See more at: http://www.bu.univ-rennes2.fr/blog/09-06-2014/lectures-de-poilus-1914-1918#sthash.PvoHN6ZT.dpuf
    Berger Levrault crée en 1915 la collection Bibliothèque des poilus les auteurs célèbres au bivouac  : ouvrages bon marchés facilement transportables par les soldats.
    Voir la liste des journaux des tranchées en ligne
    - See more at: http://www.bu.univ-rennes2.fr/blog/09-06-2014/lectures-de-poilus-1914-1918#sthash.PvoHN6ZT.dpu



lundi 25 août 2014

Vivant Montaigne

 Un ami qui nous veut du bien
                                             Qui a su trouver les mots pour parler si admirablement de l'amitié.
      Une amitié profonde et désintéressée, basée sur l'admiration, notamment celle qu'il voua à  La Boétie, 
l'auteur corrosif de la servitude volontaire.
           Parce que c'était lui....
                                    Montaigne ressort régulièrement d'une poussière qu'on croyait définitive, lui qu'on a parfois du mal à classer comme philosophe, parlant de lui comme représentant plus que lui-même, lui si peu systématique, ondoyant et divers, à la pensée parfois difficile à saisir, du fait d'une langue qui ne nous est plus familière, qu'il faut adapter.
     Beaucoup de grands penseurs l'ont rencontré et n'ont pu l'abandonner, comme Nietzsche. Plus tard, Zweig.
On découvre une autre manière de philosopher, faussement simple et souriante, engagée et distante.
     On peut être rebuté par Kant ou Heidegger. Il est difficile de ne pas s'attacher à Montaigne quand on a fait les premiers pas avec lui.
     On peut y passer plus d'un été.
Le lire et le relire, en survolant ce qui est trop anecdotique et digressif.
              Une méditation sur l'inconstance de l'homme, lucide et parfois pessimiste, mais jamais désespérée, malgré les temps troublés que vit l'auteur.
  Une pensée en perpétuel suspens. Le Que sais-je sous-tend toute sa pensée.
   Un scepticisme de bon aloi, fait de lucidité et de modestie, piqure de rappel contre tout dogmatisme, religieux surtout, dont il voit les dérives parfois meurtrières. Pascal s'en souviendra, pour un autre projet.
     Les paradoxes ne manquent pas dans cette pensée novatrice, notamment quand il aborde le problème de la barbarie, à cette époque de découvertes de nouvelles contrées et de nouvelles formes insoupçonnées d'humanité. Levi-Strauss saura s'en inspirer.
   Un   humaniste, au sens fort,  exigeant et lucide, qui parle de lui-même pour mieux parler de nous.
               Un amoureux de la vie 
                                                                                                                     ...Je la jouis au double des autres, car la mesure en la jouissance dépend du plus ou moins d'application que nous y prêtons. Principalement à cette heure que j'aperçois la mienne si brève en temps, je la veux étendre en poids; je veux arrêter la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma saisie, et par la vigueur de l'usage compenser la rapidité de son écoulement; à mesure que la possession de vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine...
. Pour moi donc, j'aime la vie...
___________

samedi 23 août 2014

Au fil du net

* Moteur en panne?
    Pas étonnant...

* Qui contrôle qui?

* Allemagne: fin d'un monde parfait?

* Proche-Orient: début de commencement de la sagesse?

* Voir Mars et....rêver.

* Afrique: USA contre Chine

* Athènes:  sites à l'abandon

* Tolérance israëlienne...et arabophobie ambiante 

* I had a dream... 

* Angela et Vladimir.
____
-Revue de presse
_____________